Dernières séances: Yesterday – So long my son

Yesterday : Affiche

de Danny Boyle

Himesh Patel, Lily James, Kate McKinnon

2.5/5

Jack rêve de devenir une star du rock ou pop rock depuis son  enfance. Eli sa meilleure amie l’encourage depuis le collège. A l’âge adulte, Jack n’a toujours pas percé avec ses chansons, il enchaine festival obscur sur concert perdu au milieu de nulle part qui n’intéresse personne. Malgré la motivation d’Eli qui est son manager les soirs et week end, Jack décide de tout laissé tomber et de reprendre le cours de sa vie, à savoir redevenir prof des écoles comme Eli. Mais après un grave accident de la route, le voilà qui se réveil dans un monde perturbé. Certaines choses semblent avoir disparus de la mémoire collective des humains, notamment l’existence du groupe les Beatles. Jack décide donc de chanter tous leurs tubes afin de devenir célèbre.

Yesterday : Photo Himesh Patel

J’étais curieuse de voir le film. Jack comme tous les enfants, grandit avec l’espoir d’accomplir son rêve, mais comme 90% des gens, une fois adulte il se rend compte que ce rêve ne se réalisera pas; Là où tous ses amis ont tourné la page des rêves d’enfant, Jack lui espère encore, grâce notamment au soutien d’Eli sa meilleure amie.

Yesterday : Photo Himesh Patel, Lily James

Certains moments sont très drôles, notamment lorsque Jack découvre que d’autres choses n’existent pas dans le monde dans lequel il s’est réveillé après son accident, le coca cola, le groupe Oasis, ou encore Harry Potter! L’idée de départ est donc rigolote, mais le reste du film est parfois un peu ennuyeux, parfois un peu niais, notamment le personnage d’Eli qui porte toujours le même style de robe, du genre enseignante fleur bleue. Elle fait plutôt pensée à un personnage de dessin animé bateau, lisse et sans personnalité. Jack est plus intéressant à suivre. Le film passe le message que la célébrité n’apporte pas le bonheur, notamment quand Jack, devenu célèbre grâce aux chansons des Beatles, comprend que le vrai bonheur se trouve auprès d’Eli et qu’il devra choisir, mouais…(ou encore quand on découvre que John Lennon n’est pas devenu le chanteur qu’on connait, mais qu’il mène une vie simple et qu’il a vécu très heureux…).

Un film gentillet, quelques touches d’humour bienvenu, mais qui ne restera pas dans les mémoires.

 

So Long, My Son : Affiche

de Wang Xiaoshuai

Wang Jinchung, Young Mei

4.5/5

Au tout début des années 80 (ou fin 70?), Liyun et Yaojun forment un couple uni. Dans la chine communiste où le Parti fait la pluie et le beau temps, Yaojun et Liyun sont deux ouvriers qui tentent de suivre toutes les directives du régime afin de gravir les échelons. Bientôt ils sont parents d’un petit garçon né le même jour que le petit garçon de leurs voisins et meilleurs amis. Mais un drame viendra mettre un terme à leur entente parfaite, et les deux couples s’éloigneront l’un de l’autre progressivement jusqu’à couper complètement les ponts durant les décennies suivantes.

So Long, My Son : Photo

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Dure de se motiver pour aller voir So long my son, car le film dure 3h. Mais heureusement que je l’ai vu car c’est probablement un des meilleurs films de l’année. 3h qui ne sont pas du tout de trop au finale. Aucune lenteur, aucune longueur, aucun ennui, j’ai quasi pas cligné des yeux devant cette fresque familiale et historique. L’histoire est racontée sans suivre la chronologie ce qui rend le film moins classique et plus vivant. Suivre la destinée de ces personnages fut prenant, intéressant et fort. Liyun et Yaojun forment un couple tellement attachant, mais dans la chine communiste, celle du Parti omniprésent, du qu’en dira-t-on, de la politique de l’enfant unique, les drames vont s’imposer à ce couple si volontaire, si travailleur.

So Long, My Son : Photo

 

Le film passe en revu, au travers de la vie et des épreuves de ce couple, 30 ans de la Chine actuelle. Les usines ouvrières menées par le parti communiste, le sacrifice de tout une génération pour le bien économique du pays, la cruelle politique de l’enfant unique et de ces conséquences, l’ouverture du marché, le sacrifice des ouvriers tous licencier comme s’ils étaient devenus indésirables, la disparition des logements ouvriers pour mieux construire les nouveaux centres commerciaux. Liyun et Yaojun, contrairement à leurs voisins et meilleurs amis, auront vécu des choses trop dures pour s’intéresser aux évolutions de leur pays et ne s’enrichiront pas au passage.

“Le temps s’est arrêté il ne nous reste plus qu’à attendre de vieillir”.

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Wang Jinchung et Young Mei qui jouent les deux personnages principaux sont exceptionnels, toutes les émotions qui passent dans un regard, une parole, une posture. On va jusqu’au bout avec eux en leur souhaitant juste un peu de bonheur pour rééquilibrer la balance.

Un très beau film, je n’ai pas vu le temps passé une seconde. Les histoires personnelles des personnages s’entremêlent dans la grande histoire du pays. C’est fort, puissant et très bien filmé. A voir.

 

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Dernières séances: Men in black international – Nevada – Le daim

Men In Black: International : Affiche

de F Gary Gray

Chris Hemsworth, Tessa Thompson, Emma Thompson, Liam Neeson

2.5/5

Quand Molly était petite fille, elle découvre un petit extraterrestre dans sa chambre. Les men in black débarquent et effacent la mémoire de ses parents qui ont vu certaines choses, mais pas la mémoire de leur petite fille. Molly grandit passionnée par les extraterrestres et les men in black. Toutes ses études et sa vie sont tournées vers la quête des men in black avec l’espoir d’être embauchée. Un jour, elle atteint enfin son but. Elle est envoyée par sa chef au bureau de Londres pour une enquête et fait la connaissance de l’agent H, la vedette régionale. Il a sauvé la Terre avec l’aide de son chef “grand T”, en mettant en déroute la redoutable race extraterrestre “la ruche” quelques années plus tôt.

Men In Black: International : Photo Chris Hemsworth, Tessa Thompson

J’avais bien aimé le Men in black de 1997 avec Tommy Lee Jones et Will Smith, un peu moins les deux volets suivants. Je n’étais pas contre un nouvel épisode. Chris Hemsworth joue les agents héros mégalo, qui s’est endormi sur ses lauriers passées et vit désormais en mode feignasse. Molly c’est la nouvelle agent hyper motivée, elle qui a cherché quasiment toute sa vie à intégrer un jour les MIB. Leur duo fonctionne plutôt bien, l’histoire n’est ni ennuyeuse ni longuette.

Men In Black: International : Photo Chris Hemsworth, Tessa Thompson

Très vite le film prend des airs d’Indiana Jones, en faisant voyager les deux héros à la recherche d’artefacts.  Je ne pense pas en garder un souvenir impérissable. Il y a quelques touches d’humour mais personnellement je n’ai pas beaucoup ri durant le film. Les deux personnages principaux sont assez attachants dans leur genre, et j’irais peut être voir un 2e volet si il sort un jour, mais concernant ce film, il s’oublie assez vite au final.

Nevada : Affiche

de Laure de Clermont Tonnerre

Matthias Schonaerts, Jason Mitchell, Bruce Dern

4/5

Au Nevada, Roman est enfermé pour une période longue durée, et pour un crime lourd. Après avoir été prisonnier dans plusieurs prisons depuis une dizaine d’années, et souvent à l’isolement, une conseillère estime qu’il est temps pour lui et sa future réinsertion de retourner en zone pénitentiaire collectif. Roman, lui s’est habitué à l’isolement et n’approuve pas. Il est envoyé à l’entretien des écuries de la prison. Là, il découvre un programme concernant les chevaux Mustangs. Dans plusieurs états du pays, des mustangs sauvages se reproduisent dans des espaces de plus en plus réduits et leur surpopulation pose problème. Le programme permet aux prisonniers d’apprendre l’élevage des chevaux. Leur mission est de les élever durant plusieurs semaines avant de les mettre aux enchères auprès des municipalités et autres services de police.

Nevada : Photo Jason Mitchell, Matthias Schoenaerts

J’ai beaucoup aimé Nevada. Matthias Schonaerts est excellent dans le rôle de ce prisonnier asociale, nerveux, renfermé. On apprend petit à petit son passé et ce qu’il a fait pour avoir fini en prison. Roman se voit confié le seul cheval capturé qui n’a pas abdiqué. Agressif, il semble être impossible à dompter tout comme Roman. Les deux forment donc un duo plein de colère.

Nevada : Photo Gideon Adlon, Matthias Schoenaerts

La vie carcérale, son quotidien répétitif, violent, terne, l’échappatoire de ces prisonniers avec leurs chevaux. La réalisatrice nous dépeint un monde carcérale ni enjolivé, ni romanesque. Les chevaux permettent de canaliser la violence de ces prisonniers mais pas de messages idéaliste ici, tout est très réaliste. Ce n’est pas un film hollywoodien sur la prison et la réinsertion, le pardon et la repentance. Les prisonniers sont condamnés à des peines lourdes pour des crimes violents et si leur relation avec les chevaux leurs rends leur humanité et calme leur violence, rien n’indique que c’est un remède miracle. Un film intéressant parfaitement interprété.

Le Daim : Affiche

De Quentin Dupieux

Jean Dujardin, Adèle Haenel

3/5

Georges plaque tout sur un coup de tête, femme, boulot, vie et roule vers un patelin paumé pour répondre à une annonce, la vente d’une veste 100% daim à franges, la veste de ses rêves. Pour l’acquérir il vide son compte en banque de toutes ses économies. Il s’installe à l’hôtel du coin. Petit à petit il délire et perd complètement le sens de la réalité.

Le Daim : Photo Adèle Haenel, Jean Dujardin

J’avais adoré le précédent film de Dupieux Au poste. Le soucis avec les films absurdes c’est que parfois ça marche, parfois ça marche moins. George plaque tout, se paye la veste en daim de ses rêves, fait croire à la barman du coin qu’il est là pour réaliser un film et décide que sa mission est de détruire toutes les vestes afin que sa veste à lui soit la seule au monde.

Le Daim : Photo Jean Dujardin

Le film est court, on accompagne George dans sa folie, dans ses actes meurtriers et absurdes pour le compte de son blouson qui lui parle. On retrouve le coté absurde des films de Dupieux, les personnages bizarres qui frôlent la folie ou qui sont complètement dingues pour certains, mais contrairement à Au poste, je n’ai pas retrouvé l’humour ou alors un humour morbide et trop noir.

Avant première : Parasite de Bong Joon Ho

 

Parasite : Affiche

Song Kang Ho, Lee Sun Kyun, Choi Woo Sik, Cho Yeo Jeong, Jong Hyeon Yun

4/5

La famille Park et la famille Kim n’ont qu’un seul point commun, celui d’habiter la même ville. La famille Park  est riche, habite une luxueuse villa design créée par un architecte connu. La famille Kim vit dans un taudis en entresol, leur fenêtre étant la cible de tous les poivrots du quartier qui souhaitent soulager leurs vessies pleines. Un jour, le fils Kim se voit offrir la possibilité de donner des cours d’anglais à la fille lycéenne de la famille Park. Voilà une occasion de gagner décemment sa vie, à condition de réussir la contrefaçon de son faux diplôme. Une fois accepté par la famille, il arrive a faire engager sa sœur comme prof de dessin. Petit à petit, toute la famille Kim, sous des identités bidons, intègre le personnel de la famille Park.

Parasite : Photo

J’étais vraiment contente, bien avant de voir le film, de voir la palme d’or attribuée à Bong Joon Ho. Je suis fan de ses films depuis que j’ai vu au cinéma Memories of murder. Depuis j’ai suivi sa carrière, j’ai pu voir Barking dog, The host, Mother, Snowpiercer, et je n’ai pas encore pu voir Okja.

Parasite : Photo

Bong Joon Ho excelle toujours dans le genre de film qui l’a fait connaitre, celui de la critique sociale. Sous couvert d’un film de genre, que ce soit policier avec memories of murder, horreur avec The host, ou comédie avec Barking dog, le réalisateur coréen en profite toujours pour nous parler des travers de la société coréenne. Dans the host, il nous parle déjà d’un des thèmes de Parasites, le chômage.

Parasite : Photo

Ici, on suit la famille Kim. Le père, ancien athlète de haut niveau ne fait rien de ces journées. Après une période de chômage, il s’est résolu à ne vivre que de petites combines et de boulots aussi courts que peu payés, tout comme sa femme. Le fils ainé a l’ambition d’intégré une très prestigieuse université mais malgré ses révisions il échoue à chaque examen d’entrée. Quant à sa sœur, si elle est douée pour embobiner son monde, elle n’arrive pas non plus à gagner sa vie.

Parasite : Photo

Leur rencontre avec les Park va leur permettre de mettre en pratique leurs talents. Les park n’ont jamais connu le besoin, leur maison est nickel grâce à leur gouvernante, monsieur Park ne se fatigue qu’à son travail de directeur, madame Park ne s’occupe que de l’éducation de ces enfants.

J’ai adoré l’humour caustique, parfois noir du film, comme souvent dans les films de Bong Joon Ho.

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La première partie permet de voir le quotidien des deux familles, de voir la fracture sociale, ceux qui ont tout et réussi toujours tout et ceux qui n’ont rien et échoue partout. La misère attire la misère.  La famille Kim abuse de la confiance des Park qui comme tous les nantis, ne pensent pas qu’il puisse leur arriver quoique ce soit de mal. Tout leur est acquis, ils vivent dans leur bulle loin des problèmes du monde, un peu méprisant mais pas méchants. Ils en sont devenus faibles. Les maitres sont en fait au service des serviteurs qui sont maitres des lieux.

Parasite : Photo

La seconde partie du film m’a surpris. On change de ton et de style. Certaines scènes sont assez flippantes, on est pris par le suspense, on se demande à tout instant ce qui va se passer pour les deux familles.

J’ai beaucoup aimé le film. La réalisation se fait énormément dans la maison des Park, toute vitrée, lumineuse, ingénieuse, rien ne dépasse, rien n’est posé de travers. De l’humour, de l’horreur, du social, deux familles que tout opposent, des acteurs excellents à commencer par Song Kang Ho que j’ai vu dans beaucoup de film et que j’aime beaucoup.

Dernières séances: The avengers 4 -Gloria Bell – The dead don’t die – Douleur et gloire – Séduis moi si tu peux

Avengers: Endgame : Affiche

de Anthony et Joe Russo

Robert Downey jr, Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Brie Larson, Josh Brolin

3.5/5

On retrouve la brochette de super héros Marvel suite au génocide de Thanos qui vient de supprimer des milliards de vie humaines sur Terre. Parmi les super héros restent Natasha, Thor, captain America, iron man, Hulk Nebula et Rocket. Après avoir retrouvé la trace de Thanos, ce dernier avoue que le gant ainsi que les pierres ont été détruites maintenant que son but a été atteint. Par colère Thor tue Thanos. Les survivants retournent donc sur Terre sans espoir de faire revenir tous les disparus. 5 ans plus tard, alors que les gens vivent dans un état catatonique, Ant man refait surface alors qu’il était coincé dans une dimension subatomique. Après avoir pris connaissance de la tragédie, il a une idée de machine à voyager dans le temps. Mais pour que sa théorie prenne vie il a besoin de l’aide de Tony Stark, qui ne semble pas prêt de sortir de sa retraite.

Avengers: Endgame : Photo Chris Evans, Don Cheadle, Jeremy Renner, Karen Gillan, Paul Rudd

J’avoue que si j’avais été emballé par le premier avengers, les 2e et 3e épisodes m’avaient un peu ennuyé, soulé. Mais j’étais quand même très curieuse de voir comment l’histoire allait se finir.

Avengers: Endgame : Photo Robert Downey Jr.

Le film est un peu trop long, d’ailleurs on a un peu mal aux yeux et un début de mal de crâne en sortant. On retrouve tous les ingrédients de ce genre de film, rebondissements, batailles, combats, et humour. Et heureusement qu’il y a de l’humour, sinon je me serais lassée au bout d’une heure. J’ai donc apprécié ce dernier volet, j’ai aimé voir Tony Stark en papa gâteau vivre tranquillement sa vie auprès de Pepper, j’ai beaucoup ri en voyant ce qu’est devenu Thor, un buveur de bière qui a bien 30 kilos de trop, dont les muscles légendaires se sont transformés en graisses après 5 années à boire, manger des cochonneries et à passer ses journées à jouer à des jeux en lignes. La référence à the big lebowski est bien trouvée.

Avengers: Endgame : Photo

La scène finale dans laquelle tous les héros de toutes les dimensions se réunissent pour se battre contre les méchants est classique. La fin ne m’a pas surprise (notamment concernant Tony et captain america). Un film Marvel classique dans lequel on peut voir la destinée des super héros et la fin de certains dont on suit les aventures depuis Iron man en 2008.

Gloria Bell : Affiche

de Sebastian Lelio

Julianne Moore, John Turtuto, Micheal Cera

4/5

Gloria Bell n’est plus une jeune femme mais n’est pas encore à l’âge de la retraite. La cinquantaine bien passée, Gloria est divorcée depuis longtemps et ces deux enfants sont devenus des adultes indépendants qui ne semblent pas avoir besoin d’elle. Gloria adore danser et ne se prive pas de sortir régulièrement le soir dans des boites ou bar dont la clientèle a environ son âge. Elle danse sur les chansons de sa jeunesse, boit des cocktails et arrive toujours à se lier d’amitié avec de parfaits inconnus. Un soir, elle tape dans l’œil d’un homme, Arnold. Elle finit la nuit avec lui sans penser au lendemain. Mais Arnold lui est sous le charme et souhaite la revoir.

Gloria Bell : Photo John Turturro, Julianne Moore

Au départ je n’étais pas du tout motivée pour voir le film. La bande annonce ne m’avait pas donnée envie. Ce fut donc une jolie surprise. Ce petit film sans prétention est bourrée de joie de vivre, de positivisme. Gloria est une femme calme, sereine, qui vit sans penser au lendemain, souriante et pleine de vie. Avec elle on fait connaissance de ces deux enfants, son ex mari, ses amis, on passe la soirée avec elle, on danse avec elle, on sourit.

Gloria Bell : Photo Julianne Moore

Parfois j’ai eu peur que le film change de cap et nous sort des rebondissements, des drames, des tragédies. L’histoire reste au fond d’une grande banalité comme l’est souvent la vie au finale et c’est tant mieux. De l’humour, et une Julianne Moore lumineuse, rigolote, sympathique. Un feel good movie sans tomber dans un coté trop parfait à l’américaine.

The Dead Don't Die : Affiche

de Jim Jarmusch

Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton

2.5/5

A centerville, une petite ville au milieu de nulle part, le shérif Robertson veille avec deux adjoints. Il n’y a pas grand chose à voir à centerville, le commissariat, les pompes funèbres, la station d’essence, le magasin de bricolage, le diner du coin. Un jour des phénomènes étranges semblent provenir d’une exploitation de la Terre brutale qui aurait déformer l’axe de la Terre. Pour conséquences, les cadavres se transforment en zombies et se mettent à s’attaquer aux habitants.

The Dead Don't Die : Photo Tilda Swinton

La bande annonce m’avait donné envie de voir le dernier Jarmusch. J’aime beaucoup certains films de ce réalisateur et j’adore Bill Murray. Tous les ingrédients étaient réunis pour que j’apprécie le film et ce fut un résultat mitigé.

The Dead Don't Die : Photo Adam Driver, Bill Murray, Chloë Sevigny

J’ai aimé l’absurdité de certaines scènes, comme les personnages qui semblent savoir qu’ils ne sont que dans un film, les références, le personnage d’Adam Driver qui ne cesse de dire que tous cela finira mal parce qu’il a lu le scénario.

The Dead Don't Die : Photo Adam Driver

Mais ça ne suffit pas à faire un bon film. Le coté absurde prend le pas sur tout le reste. J’attendais beaucoup du personnage cool interprété par Tilda Swinton. Mais finalement tout part dans le mur, ça ne vas nulle part, et la scène dans laquelle Tilda Swinton tire sa révérence m’a fait écarquiller les yeux durant cinq bonnes minutes. The dead don’t die aurait pu être culte, cependant le résultat ressemble plus à un nanar, dommage!

Douleur et gloire : Affiche

de Pedro Almodovar

Antonio Banderas, Penelope Cruz, Nora Navas

4/5

Salvador Mallo est un réalisateur espagnole connu et reconnu, mais le grand réalisateur est en pleine dépression. Il ne fait rien de ses journées, prétextant ses douleurs de dos. Son assistante et amie, Mercedes, tente de le motiver, de lui redonner envie de tourner ou de sortir. Le film qui l’a rendu célèbre 30 ans plus tôt va être mis à l’honneur à la cinémathèque de Madrid. Salvador décide pour l’occasion de faire la paix avec l’acteur principal, Alberto. Entre deux médoc contre la douleur et sa découverte de l’héroïne, Salvador se remémore son enfance.

Douleur et gloire : Photo Antonio Banderas, Nora Navas

J’ai beaucoup aimé le dernier film de Almodovar. Je ne connais pas assez Almodovar pour  l’affirmer, mais le personnage de Salvador semble être lui même: coupe de cheveux, âge, réalisateur de film qui a percé dans les années 80…

Douleur et gloire : Photo Asier Flores, César Vicente, Penélope Cruz

J’ai beaucoup aimé les scènes racontant l’enfance de Salvador, sa relation avec sa mère, son adoration dans les yeux du petit garçon qui regarde sa mère laver le linge dans la rivière. Un joli film sur un homme qui repense à sa vie et qui se remet en question.

Séduis-moi si tu peux ! : Affiche

de Jonathan Levine

Seth Rogen, Charlize Theron

3.5/5

Charlotte Field est une femme belle, intelligente, ambitieuse, et secrétaire d’état. Quand elle apprend que le président ne se représentera pas pour un second mandat, Charlotte exprime son intention de se présenter et obtient le soutien futur du président. Alors qu’elle est en chasse avec son équipe pour obtenir le plus de soutiens possible, elle rencontre par hasard Fred Flarsky, son ancien voisin quand elle était au lycée. Elle découvre qu’il est devenu un journaliste rebelle et marginale. Son travail l’inspire et elle décide de l’embauché pour rédiger ses futurs discours. Fred, malgré sa haine des politiciens accepte, car il a toujours eu le béguin pour son ancienne voisine.

Séduis-moi si tu peux ! : Photo Charlize Theron, Seth Rogen

Passez outre le titre affreux de la version française (long shot en vo). Cette comédie un peu romantique ne surprend pas par les rebondissements, mais réussi le job, à savoir une comédie drôle et réussie. J’ai ri tout le long du film, on se détends et on oublie ses problèmes le temps du film. Certes on sait tous comment le film va finir mais on passe un bon moment.

Dernières séances: Us – Shazam – El reino – Liz et l’oiseau bleu

Us : Affiche

de Jordan Peele

3.5/5

Lupita Nyong’o, Winston Duke, Shahadi Wright-Joseph, Evan Alex, Elisabeth Moss

Les Wilson sont une famille heureuse et ordinaire. Avec leurs deux enfants ils se rendent dans leur maison de vacances au bord de la mer. Les lieux rappellent à la mère un épisode de son enfance qui fut traumatisant. Elle aurait disparu dans une fête foraine pendant 15 minutes pendant un moment d’inattention de ses parents. Alors que la mère ressasse cet épisode de sa vie, les Wilson sont terrorisés par l’apparition de 4 individus devant leur maison, qui semblent leurs ressembler étrangement….

Us : Photo Anna Diop, Evan Alex, Lupita Nyong'o, Winston Duke

J’avais beaucoup aimé Get out du même réalisateur. Si l’histoire est différente, Us possède beaucoup d’éléments qui ont fait le succès de Get out. Une histoire étrange, un suspense prenant, une tension, des moments d’horreurs sanglants mélangés à des moments de pures comédies.

Us : Photo Evan Alex, Shahadi Wright Joseph

Us : Photo Evan Alex, Lupita Nyong'o, Winston Duke

Les acteurs sont tous excellents, des parents jusqu’aux enfants. On est pris par l’histoire, on rit à plusieurs reprises, on est tendu avec les personnages, bref un peu comme dans Get out. Sauf qu’ici, Us n’a pas su conclure aussi bien que son frère ainé. Le mystère qui se cache derrière les doppelgängers n’est pas très crédible, l’explication finale ne tient pas debout et on reste donc sur notre faim. Si on laisse tomber l’idée d’une histoire cohérente, on peut facilement se laisser aller à apprécier le film.

Shazam! : Affiche

de David Sandberg

Zachari Levi, Asher Angel, Djimon Hounsou, Mark Strong, Jack Dylan Grazer

3/5

Le jeune ado Billy Batson est orphelin depuis qu’il a perdu de vue sa mère dans une fête foraine quand il avait 5 ans. il n’a jamais cessé de la rechercher sans résultat. Après avoir fuit son dernier foyer d’accueil pour suivre une piste concernant sa mère, Billy est placé dans un nouveau foyer géré par un couple eux même orphelins. Il partage la maison avec Marie, Freddie, Eugène, Pedro et Darla. Mais il ne semble pas vouloir ni s’adapter ni s’intégrer, ne pensant qu’à retrouver sa mère. Un jour, après avoir défendu un de ses “frères” d’adoption à l’école, Billy est propulsé dans une autre dimension. Il rencontre le sorcier Shazam qui lui explique qu’il devient trop vieux pour sa mission et passe ses pouvoirs à Billy. En prononçant le mot “shazam”, Billy se transforme en adulte musclé qui possède des pouvoirs incroyables. Alors qu’il ne pense qu’à profiter des bons cotés de ses nouveaux pouvoirs, il est confronté à un ennemi puissant, Thaddeus, un homme riche qui a toujours voulu s’approprier les pouvoirs de Shazam.

Shazam! : Photo Asher Angel, Jack Dylan Grazer

Le dernier né de DC comics verse plus dans le comique que dans le super héros. J’ai apprécié les scènes autour des ados, de Billy, sa quête pour retrouver sa mère, son amitié naissante avec Freddie, sa relation difficile avec les autres orphelins. Il prendra vite la grosse tête avec ses nouveaux pouvoirs.

Shazam! : Photo Jack Dylan Grazer, Zachary Levi

Ce qui est plus dérangeant c’est le changement entre l’ado Billy et l’adulte héros Shazam. Seul l’apparence est sensé changer mais le Billy adulte, un peu hystérique et excité, n’a pas beaucoup de points communs avec le Billy enfant et c’est un peu déconcertant.

Shazam! : Photo Faithe Herman, Grace Fulton, Ian Chen, Jack Dylan Grazer, Jovan Armand

Shazam! : Photo Jack Dylan Grazer, Mark Strong

J’ai passé un moment sympa, quelques scènes très drôles, on ne s’ennuie pas et si ce film se démarque des films de super héros classiques, il ne s’en éloigne jamais beaucoup, surtout dans la deuxième moitié du film où les signes classiques de ce genre de films reviennent à la charge (course poursuite, bataille, duel, le méchant contre le héros…). Ce n’est pas le film de l’année, mais ça détend.

El Reino : Affiche

de Rodrigo Sorogoyen

Antonio de la Torre, Monica Lopez, Nacho Fresneda

3.5/5

En Espagne, Manuel Vidal Lopez est un membre important de son parti politique. Petit chouchou d’une des grosses pontes, il compte bientôt être propulsé sur le devant de la scène. Mais une histoire de corruption et de détournement d’argent public vient frapper le parti. Certaines personnalités sont inculpées, discréditées, mais le parti fait front, détruit certaines preuves et les incriminés font profil bas. Tout est différent quand Manuel découvre que son tour est venu. Il découvre alors que certains enregistrements ont été fait à son insu dans son bureau, la police est sur son dos tout comme les médias. Refusant de faire profil bas et de jouer les bouc émissaires pour sauver le reste du parti, Manuel s’entête à trouver des preuves compromettantes pour menacer les chefs du parti en cas de chute.

El Reino : Photo

J’en avais entendu du bien de ce film. El reino, c’est tendu, stressant, oppressant de la première image à la dernière. On sent la vie à cent à l’heure de Manuel déjà avant que le scandale n’éclate. Puis c’est la chute. Entre la musique qui imite les battements cardiaques d’un sprinter, les mouvements de caméra qui tanguent donnant l’impression que c’est filmé à l’épaule la majorité du temps, on est vite stressé tout comme l’est le héros. Mais c’est surtout fatiguant pour le spectateur qui voit la sortie de la salle obscure comme une délivrance.

El Reino : Photo

El Reino est un film sur la drogue du pouvoir, la corruption des politiques, mais aussi des médias. Chacun y cherche son intérêt personnel. Manuel est loin d’être un héros qui cherche à faire éclater la vérité sur des pratiques illégales et immorales. Il ne cherche que son intérêt, les moyens qui lui permettront de ne pas faire de prison, de ne pas aller devant un tribunal et surtout de ne pas servir de bouc émissaire au parti, lui qui devait bientôt devenir la star du parti. C’est en partie l’orgueil et la fierté qui le motive.  Un film intéressant, bien interprété, mais un peu trop tendu. Je suis sortie un peu fatiguée de la séance!

Liz et l'oiseau bleu : Affiche

de Naoko Yamada

3/5

Mizore et Nozomi sont deux lycéennes amies depuis le collège. Mizore, timide, renfermée, peu sociale, est très admirative de Nozomi, plus extravertie, entourée d’amis. Elles jouent toutes les deux de la flute dans l’orchestre du lycée. Bientôt ce sera le concours inter lycée, puis la fin de l’année et le départ vers des études supérieures. Elles répètent toutes les deux le morceau de Liz et l’oiseau bleu, inspiré par un conte dans lequel Liz, une jeune femme solitaire, rencontre un jour une femme aux cheveux bleus qui s’installe chez elle. Liz n’est plus seule désormais mais elle réalise que sa nouvelle amie est un oiseau bleu qui renonce à ses ailes pour ne pas laisser seule Liz.

Liz et l'oiseau bleu : Photo

J’avais hâte de voir cet animé et je dois dire que j’ai été un peu déçu. De Naomi Yamada j’avais vu Silent voice, que j’avais trouvé un peu plus prenant. Le film ne dure qu’1h30 mais j’ai senti le temps passé. Il faut dire qu’il ne se passe pas grand chose durant le film. La plupart de l’action se déroule dans l’école de Nozomi et Mizore, en particulier dans la salle de musique. C’est aussi très répétitif, les tentatives d’une lycéenne plus jeune pour se rapprocher de Mizore, Nozomi qui rit et s’amuse tandis que Mizore se touche les cheveux et prend un air triste et mélancolique, la répétition du morceau de musique, les allées et venues dans la salle de musique…et de temps en temps on découvre par morceau l’histoire de Liz et de l’oiseau bleu.

Liz et l'oiseau bleu : Photo

Certains moments sont beaux, la musique de Liz et l’oiseau bleu est paisible et belle à entendre, mais c’est surtout le message du film qui est intéressant. La psychologie des personnages est intelligente et subtile. La relation entre Mizore et Nozomi c’est le passage de l’adolescence vers l’âge adulte, c’est se détacher d’une amitié fusionnelle pour pouvoir s’épanouir pleinement chacune de son coté. L’amitié entre Nozomi et Mizore les ont aidé à se construire ensemble mais elles arrivent à un moment de leur vie où cette amitié va devenir nuisible. Elles comprennent qu’il est temps de s’en détacher afin de vivre pleinement.

Liz et l'oiseau bleu : Photo

Ce côté du film m’a plut, mais j’avoue que je ne le reverrais pas deux fois et que si je l’avais vu chez moi, je me serais probablement endormie…

Dernières séances: Les éternels – Captain Marvel – Ma vie avec J.F. Donovan

Les Éternels (Ash is purest white) : Affiche

de Jia Zhang Ke

Zhao Tao, Liao Fan

4/5

A Datong en Chine, Qiao est une jeune femme heureuse en couple avec Bin, un chef de la pègre locale. Ici pas de violence, pas de tuerie, la pègre gère tranquillement les affaires sans faire de remous. Qiao envisage déjà l’avenir avec Bin, espérant changer de vie, peut être de lieux, mais Bin lui semble être très content de sa vie, les affaires, les amis, se sentir respecté. Un jour un gang de jeunes adultes rêvant de pouvoir et d’argent s’en prend au chef de la pègre puis à Bin. Alors qu’il est sur le point de mourir battu à mort, Qiao tire en l’air avec l’arme de Bin. Mais en Chine, le port d’arme illégal est un délit important. Qiao refuse de dénoncer son amant et prend cinq ans de prison. A sa sortie tout est différent…

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Liao Fan, Zhao Tao

De Jia Zhang Ke, j’ai beaucoup aimé son documentaire I wish i knew, Still life, A touch of sign et surtout Au delà des montagnes. Ici on retrouve certains éléments récurrents dans le cinéma de Zhang Ke, ces régions qui oscillent entre industries vieillissantes et volonté de modernisation, le monde ouvrier, le monde de la pègre locale. Si le film se centre sur la vie de Qiao et Bin, en arrière plan le film nous dépeint une région en pleine restructuration. Les mines nombreuses ferment toutes les unes après les autres, les mineurs vieillissant se sont fait une raison, sacrifiés pour d’autres objectifs. On parle de déplacement des ouvriers vers des plantations de melon pour leur redonner une place dans la société.

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Zhao Tao

Lorsque Qiao sort de prison et part rejoindre Bin dans une autre région, elle remonte le Yangzy Jiang et s’arrête pas loin du fameux barrage des trois gorges. Nous sommes en 2006 et le barrage est sur le point d’être démoli par le gouvernement entrainant la montée des eaux d’une centaines de mètres ce qui aura pour conséquence la disparition de plusieurs villes. A travers le parcours de Qiao pour retrouver Bin, le réalisateur nous montre comment tout une population est déplacée petit à petit par le gouvernement avant la destruction du barrage. C’est le thème de son film Still Life, dans lequel une jeune femme erre dans la ville destinée à être submergée par les eaux dès la destruction du barrage. Dans Still life c’est déjà l’actrice Zhao Tao qui joue dans ce film. Dans les éternels tout comme dans still life, l’actrice a la même coiffure, le même chemisier jaune citron, le même pantalon, le même sac à main et la même bouteille d’eau. Je ne sais pas si le réalisateur a voulu simplement faire un clin d’œil, mais il est clair que les deux personnages ne sont pas les mêmes.

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Liao Fan

La critique presse parle souvent de “plus belle histoire d’amour” pour décrire le film, ce n’est pas mon avis. L’histoire entre Qiao et Bin est d’un réalisme peu romantique hélas!

J’ai beaucoup aimé suivre le parcours de Qiao, sa vie insouciante, ses années de prison, la manière dont elle reprend sa vie en main, son évolution. Le coté social qu’on retrouve en arrière plan est très intéressant et bien sur Zhang Ke film toujours aussi bien. Au delà des montagnes reste mon film préféré de ce réalisateur mais Les éternels m’a aussi beaucoup plut! Zhao Tao est toujours aussi talentueuse et j’étais contente de revoir Liao Fan que j’avais vu dans l’excellent Black coal.

Captain Marvel : Affiche

de

Brie Larson, Jude Law, Samuel Jackson, Clark Greggs, Annette Bening

4/5

Vers est une jeune femme qui ne se souvient de rien au delà des cinq dernières années. Ses pouvoirs et son sang bleu semblent prouver son appartenance au peuple Kree, un empire galactique en guerre contre les Skrulls, une race qui a la capacité de prendre l’apparence de n’importe qui. Durant les cinq dernières années, Vers a été entrainé par son mentor, Yon Rogg qui lui apprend à se battre et à contrôler ses pouvoirs et ses émotions. Alors qu’elle est en mission pour récupérer un espion Kree, elle tombe dans un guet apens et enlevée par les Skrulls. Les méthodes d’interrogatoire font ressurgir des souvenirs de sa vie passée. En s’enfuyant, elle trouve refuge sur la planète C 53 qui s’avère être la Terre. On est en 1994. Elle fait la connaissance d’un certain Nick Fury, agent du SHIELD…

Captain Marvel : Photo

Au départ, quand j’ai entendu parler du projet, ça ne m’intéressait pas des masses. Et lorsque j’ai vu la bande annonce j’ai été tout de suite emballée, j’avais hâte de voir le film et je ne fut pas déçue.

Captain Marvel : Photo Clark Gregg, Samuel L. Jackson

J’ai adoré le personnage de Vers alliance Carol Danvers, enfin une vrai héroïne. Carol était déjà une femme forte et déterminée, bien avant d’avoir tous ses pouvoirs. En 1994 elle a 30 ans, elle a donc vécu son enfance à une époque où les filles ne pouvaient pas faire tous ce qu’elle voulait, où certaines activités leurs étaient interdits. Puis elle est devenue, avec sa meilleure amie, pilote de chasse en 1989 mais comme elles étaient des femmes, elles étaient cantonnées à la base.

Captain Marvel : Photo Brie Larson, Lashana Lynch

Ce que j’ai aimé dans le personnage de captain Marvel, c’est qu’on est passé à un niveau supérieur dans les personnages féminins forts. En voyant captain Marvel évoluer dans le film, on ne se dit pas que c’est une femme héroïne Marvel, on se dit que c’est un héros Marvel, point. On va au delà de son sexe, on ne se dit plus “c’est une femme qui a des pouvoirs”, on se dit c’est un héros dans toute sa grandeur. On est pas dans un film dit féministe, on est au delà de ces considérations.

Captain Marvel : Photo

Au delà de cet aspect, on retrouve tous les ingrédients des films de super héros: des courses poursuites, de l’humour, des rebondissements, des moments plus calmes entre deux scènes d’action. Les personnages sont tous très réussis, on prend le temps de connaitre Carol Danvers, son histoire, son caractère. J’ai beaucoup aimé les personnages secondaires, notamment sa meilleure amie Maria et surtout Talos, le général Skrull.

Captain Marvel : Photo Ben Mendelsohn

Et puis bien sur quel plaisir de revoir Nick Fury joué par Samuel Jackson. On est en 1994, Nick est un peu moins sérieux, un peu moins mystérieux et joue les sidekick de captain Marvel. Il découvre pour la première fois que les extraterrestres existent et qu’ils sont bien sur Terre. Ici il a 20 ans de moins, encore ses deux yeux et une légèreté qui fait plaisir. Il apporte beaucoup d’humour dans le film.

Captain Marvel : Photo Brie Larson

Coté histoire, c’est bien mené même si les rebondissements et révélations ne m’ont pas surpris. Ce qui est sur c’est que à coté de captain Marvel, tous les avengers réunis ne font pas le poids, j’ai donc hâte de voir the avengers 4!

Ma vie avec John F. Donovan : Affiche

de Xavier Dolan

Kit Harrington, Susan Sarandon, Nathalie Portman, Tremblay, Kathy Bates

2.5/5

En 2017, Rupert Turner a 20 ans, il commence à se faire un peu connaitre en tant qu’acteur et vient de sortir un livre qui raconte sa correspondance secrète avec une star de la télé américaine 10 ans plus tôt. Pendant 5 ans, il a échangé une correspondance avec un acteur célèbre. De passage en Europe, il donne une interview à une journaliste réticente et lui raconte donc son histoire, son enfance, sa relation épistolaire avec cet acteur célèbre.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Jacob Tremblay, Natalie Portman

Durant tout le film on attend qu’une seule chose, que ça démarre, que ça commence mais ça stagne pendant presque deux heures.

La construction du film n’est pas des plus originale, un homme qui raconte à une journaliste dans un café son histoire personnelle, son enfance, sa relation épistolaire avec un homme de 30 ans, et en flash back on suit la vie de cet acteur.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Susan Sarandon

D’un coté on est en 2006, Rupert est mal dans sa peau. A 11 ans il vient de changer de pays, d’école, d’amis. Son rêve est d’être acteur mais les autres enfants le persécutent. Sa mère le déçoit, elle qui a abandonné ses rêves d’actrice pour s’occuper de lui. Il se sent incompris, mal aimé et son seul refuge se trouve dans cette série pour ado qui cartonne et dans laquelle joue son idole, John F Donovan, avec qui il échange des lettres en secret depuis 5 ans. On a du mal à s’attacher à Rupert ou à sa mère. On a l’impression d’être dans les années fin 80 ou début 90 au lieu d’être en 2006 et c’est assez étrange. Je n’ai pas accroché à leurs problèmes, à leur relation, à leurs crises d’hystéries.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Kit Harington

J’ai un peu plus apprécié le personnage de John F Donovan, cet acteur qui est devenu célèbre, qui a des problèmes d’insomnie, qui cache son homosexualité et qui voit sa vie s’écrouler quand son homosexualité est révélé par la presse. Je n’ai pas compris le scandale autour de sa correspondance avec un enfant vivant à l’autre bout de la planète…

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Michael Gambon

Kit Harrington s’en sort bien dans le rôle de l’acteur dépressif qui se sent oppressé qui reprend sa vie en main, mais trop tard. J’ai beaucoup aimé Susan Sarandon aussi dans le rôle de la mère de John, un peu trop attachée à sa bouteille de whisky. La scène dans la salle de bain, dans laquelle John prend un bain moussant avec sa mère et son frère qui lui tiennent compagnie est touchante.

Au delà de cette scène le reste du film est une suite de séquences inutiles ou bourrés de clichés parfois pathétiques ou risibles. La scène de Rupert et sa mère qui se jettent dans les bras l’un de l’autre en pleine rue de Londres sous un déluge de pluie est ridicule, inutilement longue. La scène de John qui mange discrètement dans l’arrière cuisine d’un resto et qui a une discussion bateau sur le sens de la vie avec un vieux monsieur qui nous joue les obi wan kenobi d’occasion est aussi ridicule, vide et creuse.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo

John F Donovan c’est plein de scènes inutiles devant lesquelles on se dit “ah et alors? c’est tout? ça va peut être mener quelque part” et à la fin du film on se dit “ah et alors? c’est tout? aucun intérêt”. On attend que ça décolle, que ça mène quelque part mais rien. Le rôle de la journaliste qui est très hostile à Rupert au début et qui adore son histoire à la fin ne sert à rien non plus et n’est pas très crédible. On a vraiment l’impression qu’au montage le réalisateur à oublier le but de son film, son histoire, ou bien une bonne grosse partie du film qui aurait pu donner du sens à tout ça.

Dernières séances: Vice – Une intime conviction

Vice : Affiche

de Adam Mckay

Christian Bale, Sam Rockwell, Amy Adams, Steve Carell

4/5

L’entrée de Dick Chesney dans le monde de la politique américaine au début des années 60 jusqu’à sa nomination au poste de vice président des États Unis. Ou comment un homme qui n’avait pas d’ambition ou d’idéaux particuliers est devenu l’un des hommes les plus puissants de la planète.

Vice : Photo Christian Bale

De Adam Mckay, j’avais déjà vu the big short, dans lequel il s’efforçait d’expliquer les dessous du monde des finances et la crise immobilière des années 2000. La mise en scène manquait de subtilité mais on sentait surtout l’envie du réalisateur de bien faire comprendre aux spectateurs le sujet compliqué de la finance et de la crise boursière, tout en restant un minimum rigolo dans sa façon d’expliquer. Sur le même sujet j’avais préféré Margin call.

Vice : Photo Sam Rockwell

Ici c’est un peu la même manière de raconter, mais les effets un peu trop lourd utilisé sur the big short apparaissent plus léger dans Vice. Mckay se lance dans des explications complexes avec de moins gros sabots que dans the big short, il faut dire que le sujet est un peu moins technique que la finance.

J’ai beaucoup aimé Vice. Évidemment Christian Bale est excellent dans ce rôle d’homme politique parti de rien et arrivant au sommet. Il découvre la politique, il comprend vite qu’il ne s’agit pas ici d’idéaux, de convictions ou de principes moraux, mais uniquement trouver la réponse à la question suivante: comment obtenir plus de pouvoir? aucun principe, aucune limite pour arriver à cette fin. Physiquement c’est bluffant aussi, mais pas surprenant, Bale est un habitué des transformations physiques comme pour son rôle dans the machinist…

Vice : Photo Amy Adams, Christian Bale

A travers le portrait d’un homme qui gravit les échelons vite et bien, Mckay en profite pour nous expliquer certaines méthodes de la politique américaine, comment les états unis ont embrouillé le monde pour envahir l’Irak, comment le 11 septembre ne fut pas une tragédie pour Chesney mais “une opportunité”. On revisite une décennie de la politique américaine avec l’Irak, Halliburton, le fric, le pouvoir. Comment Chesney est devenu un homme riche et puissant, comment il a manipuler Bush pour en faire sa marionnette, interprété par l’excellent Sam Rockwell, comment il a décidé de tout alors qu’il n’était que vice président, un poste sensé être symbolique plus qu’autre chose.

C’est clair et bien expliqué, c’est rythmée et fluide. Amy Adams est très bien aussi dans le rôle de la femme de l’ombre. Sans elle Chesney n’aurait probablement rien fait de sa vie. Un film à ne pas rater.

Une intime conviction : Affiche

de Antoine Raimbault

Olivier Gourmet, Marina Fois

3.5/5

Nora, cuisinière dans un restaurant et élevant seule son fils, a participer au jury lors du premier procès de monsieur Viguier, accusé d’avoir assassiné sa femme. Acquitté lors du premier procès, Nora s’est rapprochée de la famille, notamment par le biais de la fille ainée de monsieur Viguier qui aide son fils dans ses devoirs scolaires. Alors que le procès en appel va bientôt commencer, Nora fait appel au célèbre avocat Eric Dupont-Moretti. Elle essaye de le convaincre de prendre l’affaire en main, persuadée de l’innocence de monsieur Viguier.

J’étais très curieuse de voir ce film, pas pour l’histoire de meurtre, je ne connaissais pas cette affaire du tout, mais surtout pour voir ces deux acteurs que j’aime beaucoup, Olivier Gourmet et Marina Fois. Je suis aussi admirative de Dupont-Moretti et voir un acteur jouer son rôle m’intéressait. Le film est assez particulier, car tout est toujours en retrait. La disparition de madame Viguier remonte à plusieurs années, monsieur Viguier élève seul ses trois enfants tous presque adulte aujourd’hui. On ne voit ni flash back, ni éléments directement liés à l’affaire.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs, Olivier Gourmet

On suit Nora et son point de vue sur l’affaire. Elle élève seule son fils, travaille dure et s’investit corps et âme dans ce nouveau procès, oubliant sa famille, son travail, ses obligations. Rien ne passe avant l’affaire, le procès. Sur la demande de Dupont-Moretti, Nora doit écouter, analyser, trier des centaines d’heures d’écoute téléphonique.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs

Le film ne prend jamais parti, est-ce que le mari a commis un meurtre? est-ce que l’amant est coupable? y a-t-il eut meurtre prémédité, disparition volontaire, mauvaise rencontre sur la route? Aucun élément de réponse suffisamment convaincant permet de soutenir une hypothèse plus qu’une autre. Le film rappel l’enjeu juridique, il ne faut condamner une personne que si on a une intime conviction qui repose sur des faits tangibles. Peu importe ce que croit Nora, Dupont-Moretti ou les jurés, si il n’y a pas de faits tangibles, on ne peut pas condamner monsieur Viguier.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs

J’ai beaucoup aimé la leçon que Dupont-Moretti donne à Nora lorsque cette dernière lui dit être persuadé de la culpabilité de l’amant, sans qu’elle n’ait de preuves. La vindicte populaire, les rumeurs, le poids de la presse, l’influence du plus grand nombre. La scène du plaidoyer finale est très tendue, prenante, tellement efficace, cette scène seule vaut le coup de voir le film.