Dernières séances: Midsommar – Once upon a time in Hollywood – Le flic le gangster et l’assassin

Midsommar : Affiche

de Ari Aster

Florence Pugh, Jack Reynor, Will Poulter

4/5

Dani, une jeune étudiante, se remet très difficilement de la mort tragique et brutale de ses parents et de sa sœur. Elle se raccroche à Christian, son petit ami depuis les trois dernières années, malgré son manque d’engagement vis à vis d’elle. Ce dernier souhaite rompre avec Dani, mais n’osant pas le faire alors qu’elle est toujours en deuil, il décide de l’inviter à un voyage d’été en Suède. Christian et ses deux amis, Josh et Mark ont été invité par leur ami suédois, Pelle, pour participer à la célébration du solstice d’été organisée par la communauté dans laquelle Pelle a grandit. Les 4 américains se retrouvent au sein de cette communauté qui semblent avoir des rites et des coutumes ancestraux. Perdu en pleine nature suédoise, chacun est venu pour des raisons différentes: Christian et Josh espèrent pouvoir finir leur thèse d’anthropologie en étudiant les coutumes de cette communauté, Mark lui espère juste pouvoir profiter des jolies suédoises, quant à Dani elle espère pouvoir faire son deuil et tourner la page.

Midsommar : Photo Isabelle Grill

Midsommar : Photo Florence Pugh, Jack Reynor

J’étais très curieuse de voir Midsommar, même si j’ai eu un peu de mal à me motiver. Je n’avais pas envie de voir un film qui serait déprimant ou choquant. Le film dure 2h30 et on ne voit pas le temps passé, aucune longueur. Si la bande annonce nous laisse penser que Midsommar est plus un film d’horreur à l’intrigue classique (des jeunes étudiants coincés dans un lieu d’abord sympathique et qui se révèle de plus en plus sombre), il possède en réalité plusieurs niveaux de lecture.

Midsommar : Photo Florence Pugh

On peut le voir comme un simple film d’horreur, une communauté isolée dans la nature pour fêter le solstice d’été, accueillante, gentille et très polie, mais qui cache en réalité des rites et coutumes qui paraissent vite horribles pour les touristes en visite. Mais on peut aussi voir Midsommar comme un film sur la nature humaine, sur le deuil, sur sa relation à l’autre. Rien de mieux qu’un voyage dans un lieu inconnu pour découvrir la vraie nature et la vraie personnalité des gens que vous côtoyez au quotidien et que vous pensez connaitre. Notamment le personnage de Christian, le parfait pote qui joue le rôle du fiancé persécuté par sa copine qu’il présente à son entourage comme hystérique et lourdingue. Il souhaite rompre avec Dani mais ne le fait à aucun moment, préférant l’inviter à leur voyage en Suède plutôt que de rompre, car Christian est un personnage lâche, feignant, cherchant la facilité. Il cache son manque total d’empathie envers les autres en jouant son rôle de gentil garçon en société. Josh, l’un de ses meilleurs amis, fera les frais de cette hypocrisie, de sa lâcheté, tout comme Dani qui découvrira bien vite que Christian a bien caché son jeu, montrant son arrivisme, sa lâcheté et son absence d’émotion. C’est simple, il ressemble tout à fait à un sociopathe.

Midsommar : Photo

Au travers du personnage de Dani, le film nous parle du deuil. Comment faire son deuil, tourner la page, aller de l’avant. Midsommar nous parle également de la communauté face à l’individualité. La communauté de Pelle fait passer le collectif toujours avant l’individu. L’individu lui même n’a presque pas d’existence dans cette société. Chacun à un rôle à jouer, selon son âge et selon ses talents, pour le bien de la communauté, sa survie et sa pérennisation. Tout le contraire du comportement des 4 étudiants étrangers. Lorsqu’une personne souffre c’est toute la communauté qui souffre, les autres mimant les cris et les douleurs physiques de ceux qui souffrent, comme pour alléger les souffrances de l’un des leurs, en partageant leurs émotions. Cette communauté et ce choix de vie n’est pas sans hypocrisie aussi…

Midsommar : Photo Florence Pugh, Henrik Norlén, Jack Reynor

Le film possède une atmosphère bien particulière, certaines scènes sont très étranges et d’autres très dérangeantes et brutales, Midsommar n’est pas pour tout le monde, il peut choquer. On pardonnera le comportement parfois pas très malin ou pas très crédibles des personnages, du au fait que leurs hôtes passent leur temps à leur faire boire des tisanes hallucinogènes. Midsommar est un film très intéressant, prenant, dérangeant, qui remue et avec la confirmation que Florence Pugh est une excellente actrice.

Once Upon a Time… in Hollywood : Affiche

De Quentin Tarentino

Brad Pitt, Leonardo Dicaprio, Margot Robbie, Emile Hirsch, Margeret Qualley, Bruce Dern, Al Pacino, Damian Lewis, Dakota Fanning, Kurt Russell

4/5

En 1969, Hollywood est en pleine mutation. Les années 60, les gentlemen en smoking, les dames déguisées en vraie poupée, sont révolues. Les années 70 pointent leur nez, la mode change, les mœurs aussi, les valeurs hollywoodiennes ne font pas exception. Rick Dalton est un acteur sur le déclin, lui aussi à un tournant de sa vie. Sa carrière d’acteur avait bien commencé, en décrochant le rôle principal dans un western télévisé qui raconte le quotidien d’un chasseur de prime. Sa doublure cascade Cliff a bien vécu durant les 8 années que dure la série, mais dorénavant c’est les vaches maigres pour l’acteur et sa doublure. Alors que Rick décroche un rôle secondaire dans un western, Cliff peine à trouver un boulot de cascadeur à cause de sa réputation. Sous des airs d’homme calme et serein, Cliff a tendance à laisser parler les poings, sans parler des doutes concernant la mort de sa femme, que Cliff aurait peut être assassiné. Entre deux crises de doutes et de soulerie, Rick garde espoir de voir sa carrière reprendre un second souffle, surtout quand il découvre que ses voisins ne sont autre que Sharon Tate et Roman Polanski.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Brad Pitt

Le dernier né des films de Tarantino dure tout de même 2h45! même si c’est parfois long quand on est assis dans un fauteuil sans bouger, le film n’ennuie pas une seconde. J’ai beaucoup aimé suivre le duo de l’acteur sur le retour et de sa doublure Cliff, leur relation, leurs discussions. Rick est un acteur qui se prend très au sérieux, qui est resté figé dans les années 50 et 60, et ne comprend pas très bien cette nouvelle ère qui commence à pointée, celle des hippies. Rick est un acteur stressé, peu sur de lui au finale, qui doute beaucoup. J’ai beaucoup aimé la longue partie durant laquelle on le voit sur le tournage de ce nouveau western, un rôle secondaire mais qui lui tient à cœur. Sa manière de s’investir à fond et sa relation avec une enfant actrice. Rick est un acteur à fleur de peau, trop émotif. A l’inverse de Cliff, sa doublure, toujours la maitrise de soi et de ses émotions, tout sous contrôle. Il incarne la force tranquille, car si de prime abord il semble être calme, Cliff devient vite violent quand on le cherche. Et même dans la violence, Cliff garde un contrôle non pas de sa violence mais de ses émotions; Tout est résumé dans sa relation avec son chien, notamment quand il est l’heure de la nourrir.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Brad Pitt, Leonardo DiCaprio

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

En arrière plan bien sur, c’est aussi le meurtre horrible de Sharon Tate, enceinte de 8 mois, et de ses invités. On suit Sharon dans son quotidien de jeune actrice, sa relation avec Roman Polanski et avec son meilleur ami. La tuerie perpétrée par plusieurs disciples de Charles Manson est revue et corrigée selon le fantasme du réalisateur (fantasme partagé). J’ai adoré voir la scène finale donc, dans laquelle les choses ne se passeront pas comme dans les faits réels, notamment grâce à Cliff. Comme sait le faire Tarentino, c’est un mélange de violence pure et d’humour tordu.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

Once upon a time in Hollywood c’est prenant, bien interprété, bien réalisé, on retrouve le style de Tarentino dans certaines scènes. J’ai beaucoup aimé les personnages, leurs interactions, l’époque dans laquelle les héros ne se sentent pas à leur place. J’ai beaucoup aimé la revisite de la réalité historique.  Des trouvailles scénaristiques, des scènes parfois longues sur un détail et pour autant jamais ennuyant.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Affiche

de Lee Won Tae

Ma Dong Seok,  Kim Yu Yeol

3/5

Jang Dong Soo, un chef de gang redouté et respecté, est gravement agressé par un inconnu après un accrochage sur l’autoroute. Il s’agit en fait d’un tueur en série qui frappe au hasard après avoir fait exprès d’accrocher la voiture de sa future victime pour la forcer à s’arrêter. Mais Dong Soo n’est pas une victime comme les autres et arrive à blesser et à faire fuir l’assassin.  Jeong Tae Seok, inspecteur de police qui aime titiller les gangster sous les ordres de Dong Soo, souhaite être le flic qui arrêtera le tueur en série. Mais sa hiérarchie en est encore à se demander s’il s’agit bien d’un assassin en série et ne souhaite pas aller plus loin. Les deux hommes que tout opposent vont alors s’allier et mettre en commun leurs ressources pour arrêter cet assassin, chacun pour des raisons différentes.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo Kim Moo-yul, Ma Dong-seok

J’adore le cinéma coréen alors je n’ai pas hésité avant d’aller voir ce film. Le concept de l’histoire est assez classique, le gangster intouchable qui s’allie à un inspecteur frustré afin d’arrêter un tueur en série qui frappe au hasard. Si le film était américain, il est clair que les deux hommes auraient fini meilleurs potes à la fin du film mais heureusement on est en Corée du sud, et les choses sont plus complexes que ça.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo Ma Dong-seok

Dong Soo souhaite à tout prix arrêter le tueur pour en faire un exemple auprès de ses hommes et de ses concurrents, car sa réputation en a pris un sacré coup: lui le chef de gang redouté, envoyé à l’hôpital par un inconnu qui l’agresse dans la rue. La concurrence voit là une faiblesse qu’il faut exploitée. De son coté, Tae Seok, flic frustré par le manque de réaction de sa hiérarchie face aux gangs, espère jouer les héros et les supers flics en étant celui qui arrêtera le tueur en série dont tout le monde parle. En arrière plan on peut voir la protection des gangs par la police grâce à des hauts fonctionnaires corrompus, payés pour regarder ailleurs et pour faire regarder ailleurs les policiers sous leurs ordres.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo

J’ai trouvé Ma Dong Seok, dans le rôle du chef de gang, très bon. La force tranquille, l’homme ne pers pas souvent son sang froid, en tout cas pas sans une bonne raison et quand il frappe, on le voit pas toujours venir et ça frappe dure! J’avais déjà vu l’acteur dans Le bon la brute et le cinglé et dans Dernier train pour Busan. Par contre j’ai été assez agacé par le jeu de Kim Yu Yeol qui joue le rôle du flic. Il en fait des caisses, parfois c’est vraiment trop au point qu’il en devient agaçant. Un bon divertissement, de l’action, de la violence, de l’humour, le film ne se prend pas au sérieux et j’ai bien aimé la fin.

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Avant première : Parasite de Bong Joon Ho

 

Parasite : Affiche

Song Kang Ho, Lee Sun Kyun, Choi Woo Sik, Cho Yeo Jeong, Jong Hyeon Yun

4/5

La famille Park et la famille Kim n’ont qu’un seul point commun, celui d’habiter la même ville. La famille Park  est riche, habite une luxueuse villa design créée par un architecte connu. La famille Kim vit dans un taudis en entresol, leur fenêtre étant la cible de tous les poivrots du quartier qui souhaitent soulager leurs vessies pleines. Un jour, le fils Kim se voit offrir la possibilité de donner des cours d’anglais à la fille lycéenne de la famille Park. Voilà une occasion de gagner décemment sa vie, à condition de réussir la contrefaçon de son faux diplôme. Une fois accepté par la famille, il arrive a faire engager sa sœur comme prof de dessin. Petit à petit, toute la famille Kim, sous des identités bidons, intègre le personnel de la famille Park.

Parasite : Photo

J’étais vraiment contente, bien avant de voir le film, de voir la palme d’or attribuée à Bong Joon Ho. Je suis fan de ses films depuis que j’ai vu au cinéma Memories of murder. Depuis j’ai suivi sa carrière, j’ai pu voir Barking dog, The host, Mother, Snowpiercer, et je n’ai pas encore pu voir Okja.

Parasite : Photo

Bong Joon Ho excelle toujours dans le genre de film qui l’a fait connaitre, celui de la critique sociale. Sous couvert d’un film de genre, que ce soit policier avec memories of murder, horreur avec The host, ou comédie avec Barking dog, le réalisateur coréen en profite toujours pour nous parler des travers de la société coréenne. Dans the host, il nous parle déjà d’un des thèmes de Parasites, le chômage.

Parasite : Photo

Ici, on suit la famille Kim. Le père, ancien athlète de haut niveau ne fait rien de ces journées. Après une période de chômage, il s’est résolu à ne vivre que de petites combines et de boulots aussi courts que peu payés, tout comme sa femme. Le fils ainé a l’ambition d’intégré une très prestigieuse université mais malgré ses révisions il échoue à chaque examen d’entrée. Quant à sa sœur, si elle est douée pour embobiner son monde, elle n’arrive pas non plus à gagner sa vie.

Parasite : Photo

Leur rencontre avec les Park va leur permettre de mettre en pratique leurs talents. Les park n’ont jamais connu le besoin, leur maison est nickel grâce à leur gouvernante, monsieur Park ne se fatigue qu’à son travail de directeur, madame Park ne s’occupe que de l’éducation de ces enfants.

J’ai adoré l’humour caustique, parfois noir du film, comme souvent dans les films de Bong Joon Ho.

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La première partie permet de voir le quotidien des deux familles, de voir la fracture sociale, ceux qui ont tout et réussi toujours tout et ceux qui n’ont rien et échoue partout. La misère attire la misère.  La famille Kim abuse de la confiance des Park qui comme tous les nantis, ne pensent pas qu’il puisse leur arriver quoique ce soit de mal. Tout leur est acquis, ils vivent dans leur bulle loin des problèmes du monde, un peu méprisant mais pas méchants. Ils en sont devenus faibles. Les maitres sont en fait au service des serviteurs qui sont maitres des lieux.

Parasite : Photo

La seconde partie du film m’a surpris. On change de ton et de style. Certaines scènes sont assez flippantes, on est pris par le suspense, on se demande à tout instant ce qui va se passer pour les deux familles.

J’ai beaucoup aimé le film. La réalisation se fait énormément dans la maison des Park, toute vitrée, lumineuse, ingénieuse, rien ne dépasse, rien n’est posé de travers. De l’humour, de l’horreur, du social, deux familles que tout opposent, des acteurs excellents à commencer par Song Kang Ho que j’ai vu dans beaucoup de film et que j’aime beaucoup.

Dernières séances: After my death – Leto – Asterix et Obélix et le secret de la potion magique

After My Death : Affiche

de Kim UI Seok

Jeon Yeo Bin, Seo Young Hwa, Jeon So Nee

3,5/5

Le quotidien d’un lycée est perturbé par la disparition d’une élève. Tout porte à croire que cette dernière s’est suicidée en se jetant dans le fleuve du haut d’un pont. Les parents de la jeune disparue sont sous le choc, les professeurs interrogent les camarades de classe et la police essaye de retrouver un cadavre. Young Hee est la dernière camarade à avoir parler à la disparue. Les professeurs, la police, la mère de la victime et les autres élèves s’acharnent sur Young Hee, tous persuadés qu’elle est la responsable de son suicide.

After My Death : Photo

Je pensais en allant voir ce film, que l’histoire serait plus tournée policier. En fait After my death ne cache pas son jeu, c’est un film sur le mal être adolescent et le suicide. Young hee passe par des sentiments contradictoires, culpabilité, colère, dépit, tristesse. On découvre petit à petit le passé des deux adolescentes, les étapes qui les ont menés là où elles se trouvent, leurs mal être.

After My Death : Photo

After my death parle aussi de la société coréenne, la place des adolescents, la vision qu’en ont les adultes, la pression qu’ils exercent sur eux. Et puis le rôle de l’école, le proviseur entouré des professeurs, qui ne pensent pas une minute aux conséquences du drame que vivent les ado, aux effets que la disparition de l’une d’entre elles pourraient avoir sur les autres élèves. Seules les apparences comptent dans cette société, les apparences d’une école qui sait gérer ses élèves, les apparences de parents qui ont su gérer leur enfant, les apparences de la police qui a su faire la lumière sur cette affaire, même si cela doit passer par un camouflage de la vérité.

After My Death : Photo

La scène de la cérémonie d’adieu avec les élèves qui doivent venir uniquement pour tenir leur rôle auprès de la famille de la défunte, sous la supervision des professeurs comme une pièce de théâtre, est assez fascinante. On peut sentir la tension, la détresse, lors des rituels d’adieu exécuté par une sorte d’organisatrice. Tout est millimétré avec précision, chacun tient son rôle. La scène dans les toilettes est assez choquante. Un film parfaitement maitrisé, avec des acteurs impressionnants, sur un sujet difficile. C’est assez sombre et déprimant, à ne pas voir en cas de déprime passagère.

 

Leto : Affiche

de Kiril Serebrennikov

Teo Yoo, Roman Bilyk, Irina Starchenbaoum

3.5/5

Dans la Russie du début des années 80, on suit Mike Naoumenko, chanteur compositeur dans un groupe de rock underground qui se fait connaitre sur la scène d’un théâtre dédié aux groupes de rock. Lui et sa femme Natalia vivent la vie de bohème lorsqu’il rencontre Viktor, un jeune chanteur qui monte son groupe et qui aimerait beaucoup travailler avec Mike, qui est considéré comme un génie.

Leto : Photo Roman Bilyk, Teo Yoo

Leto : Photo Irina Starshenbaum, Roman Bilyk

Je ne connaissais pas du tout ni l’histoire ni ses personnages. Mike, Natalia et Viktor ont réellement exister et on connu un certains succès. On s’attache très vite aux personnages, la douce Natalia, le très doué et très zen Mike et le nerveux et très prometteur Viktor. J’ai aimé les suivre dans leurs discussions, leurs trajets, les voir écrire des paroles, les voir écouter les grands groupes et artistes de l’époque. Natalia et Mike forment un couple assez étrange, fusionnelle et en même temps très libre. La mise en scène est vraiment intéressante, le noir et blanc apporte plus de profondeur et de poésie que si le film avait été en couleur. Certaines séquences irréelles qui sont “chantés” sur des chansons phares de l’époque sont vraiment prenantes, notamment la scène qui se déroule dans le train ou celle qui se passe dans le bus ou dans l’appartement de Mike et Natalia. Un film qui se laisse voir et qui nous emporte dans une autre époque, nous racontant une histoire que je ne connaissais pas.

Astérix - Le Secret de la Potion Magique : Affiche

de Alexandre Astier et Louis Clichy

4/5

Alors que Panoramix part à la cueillette du gui pour faire des stocks de potion magique, il tombe d’un arbre et manque de se rompre le cou. Il n’a que le pied cassé mais Panoramix se rend compte du temps qui passe et se demande ce qu’il adviendra des irréductibles gaulois si il n’y a plus personne pour préparer la potion. Il décide alors de partir à la recherche d’un successeur parmi les jeunes druides de la Gaule. Sulfurix, ancien rivale de Panoramix entend parler de son projet et tente tout pour s’accaparer le secret de la potion qui rend invincible.

Astérix - Le Secret de la Potion Magique : Photo

Astérix - Le Secret de la Potion Magique : Photo

Personnellement je suis une grande fan des dessins animés d’Asterix et Obélix des années 80. Astérix et Cléopatre, Astérix et les gaulois, Astérix et les 12 travaux…Je n’étais pas du tout motiver pour aller voir une version moderne, en image de synthèse. Les dessins à l’ancienne me manquent, ils ont un certains charmes dans leurs imperfections qu’on ne retrouve plus. Mais comme c’est Alexandre Astier qui est au commande, je me laisse tenter et je n’ai pas regretter. Certes, avec Christian Clavier on est loin du grand Roger Carel. mais le reste m’a beaucoup plut. On sent ici le style et l’humour d’Astier, on retrouve beaucoup  l’humour de Kaamelott, les répliques, les dialogues, l’absurdité de certaines conversations. D’ailleurs, il y a quelques acteurs habitués de Kaamelott que l’on retrouvent dans le doublage des voix.

Astérix - Le Secret de la Potion Magique : Photo

On ne s’ennuie pas une seconde, il y a quelques références (notamment la trompette des romains qui reprend le thème du générique de Kaamelott), on retrouve César, les centurions, le village des irréductibles, les bonnes femmes des gaulois, la potion magique. Le méchant Sulfurix est un bon méchant, l’intrigue est bien menée. J’ai adoré la traversée du territoire pour aller à la rencontre des druides candidats. On rit beaucoup, on voit pas le temps passer, c’est très réussi.

 

La tortue rouge – The strangers – Un traitre ideal

La Tortue rouge : Affiche

de Micheal Dudok De Wit

4/5

Un homme fait naufrage seul sur une ile déserte. Une colline, des rochers, une forêt de bambous, quelques crabes curieux, quelques fruits et un peu d’eau douce, rien de plus. Il essaye de fuir l’ile grâce à un radeau de bambou, mais étrangement à chaque fois qu’il tente de prendre le large, une tortue rouge géante détruit son radeau, l’empêchant de quitter l’ile.

La Tortue rouge : Photo

Le réalisateur d’animation néerlandais à travailler en collaboration avec les studios Ghibli et notamment Isao Takahata. Ici tout est épurée, les images, les personnages, l’histoire. Le film ne comporte aucun dialogue, on entend uniquement le bruit des vagues, des oiseaux, du vent dans les arbres, et quelques cris et rires humains. La tortue rouge, c’est plus un conte qu’un film au final. Cet homme qui ne pense qu’à quitter l’ile sur laquelle il a fait naufrage, une ile sur laquelle les tortues pondent leurs œufs, et qui n’arrive pas à dépasser la centaine de mètres du rivage à cause d’une étrange tortue rouge qui détruit à chaque tentative, le radeau du naufragé.

La Tortue rouge : Photo

Le film comporte donc quelques éléments fantastiques (SPOILER: notamment la tortue rouge, tombée amoureuse du naufragé et qui empêche l’homme de quitter l’ile. Ce dernier se vengera en tuant la tortue sur le sable. Le naufragé regrette son geste, mais il est trop tard, jusqu’à ce que finalement, la tortue se transforme étrangement en jeune femme rousse).

La Tortue rouge : Photo

La Tortue rouge : Photo

Le film dure 1h20, il envoute, et parle d’amour, de la vie, de son sens, de son cycle perpétuel, de la nature qui peut être belle et apaisante comme impitoyable ou inéluctable. Le contenu est beau et poétique et l’aspect extérieur n’est pas en reste. Les dessins et les couleurs sont sobres, le dessin est de toute beauté, sans rajouter de fioriture à une nature déjà sublime naturellement. Un film d’animation à voir, et qui convient à tout âge.

The Strangers : Affiche

de Na Hong Jin

Kwak Do Won,  Hwang Jeong Min, Kim Hwan Hee

4/5

Jong Goo, sergent dans la police, habite dans un patelin sans histoire avec sa femme, sa fille de 10 ans et sa belle mère. Un matin, il est appelé sur les lieux d’un crime monstrueux. Un jeune homme aurait assassiné très violement tous les membres de sa famille sans raison apparente, et est retrouver sur les lieux du crime dans un état second étrange. Très vite, les superstitions, les légendes urbaines et autres rumeurs refont surface, ce qui n’arrange pas l’état d’angoisse des villageois et de Jong Goo, en proie à de violents cauchemar. Les meurtres continuent avec d’autre massacres étranges, sanglants et sans raison. Puis Jong Goo découvre que sa fille développe certains symptômes présent chez les récents meurtriers. La belle mère est persuadé qu’elle a été possédée et décide d’appeler un chaman réputé.

The Strangers : Photo Kwak Do-Won

Du réalisateur coréen, j’avais vu the chaser, un excellent thriller, qui tient en haleine le spectateur comme rarement, et dont la fin me traumatise encore. Cette fois ci, je suis un peu plus préparer, je sais qu’avec ce réalisateur, tout peut très vite dérapé. Comme dans The chaser, et comme souvent dans les films coréens, même si le thème du film est glauque, même si’il s’agit d’un thriller, d’un film d’horreur ou d’un drame, il y a toujours quelques moments hilarants. Dans The strangers, on a droit aussi à ces moments comiques, malgré le contexte dramatique. Notamment dans la première heure, certaines scènes sont hilarantes, surtout autour du personnage principal Jong Goo, un policier un peu idiot. La salle à eut plusieurs fou rire, et ça faisait longtemps que je n’avais pas ri autant au cinéma.

The Strangers : Photo Han Chul, Kwak Do-Won

Mais bien sur, the strangers n’est pas une comédie et plus on avance dans l’intrigue plus le drame et l’horreur reprennent le dessus. Comme pour the chaser, ici l’ambiance est vraiment tendu. La pluie, les averses, les éclairs, la nuit silencieuse, la forêt où personne n’a envie de mettre les pieds, les rumeurs, les étrangers pointés du doigt, les superstitions, tout y est pour mettre dans l’ambiance. Ajouté à ça des dialogues qui fusent, un suspense prenant, une intrigue bien tournée, des personnages attachants, de l’humour bien dosé. Et surtout le réalisateur a su distillé les révélations, les rebondissements, les avancées de l’enquête pour faire en sorte qu’on ne sent pas du tout passé les 2h36 que dure le film. Pas un moment d’ennui ou de retombé. Et notamment une scène de rituels coréen avec chaman, tambours et feux de joie qui dure une bonne dizaine de minute et qui vous prend aux tripes du début à la fin.

The Strangers : Photo Kwak Do-Won

Un film entre thriller et horreur, avec une énorme louche d’humour, un film parfaitement maitrisé sur sa longueur avec d’excellents acteurs, notamment Kwak Do Won qui joue le policier, Hwang Jeong Min qui joue le chaman, et Kim Hwan Hee qui joue la petite fille du policier.

Un traître idéal : Affiche

3/5

de Susanna White

Ewan McGregor, Damian Lewis, Naomie Harris, Stellan Skarsgard

Perry et Gail forment un couple en pleine crise conjugale, et décident de passer un long week end à Marrakech pour réfléchir à leur futur. Ils font alors la connaissance de Dima, un russe exubérant et riche, qui les invite à plusieurs fêtes, et leur présente sa famille, sa femme, ses fils, sa fille ainée, et deux petites jumelles qu’il a adopté suite à la mort brutale de leurs parents. Lors de leur dernière soirée à Marrakech, Dima avoue à Perry qu’en réalité il est un membre très important de la mafia russe. Mais depuis peu, l’un des leurs surnommé le Prince, a conclu des accords lui permettant de donner une forme légale au blanchiment d’argent de la mafia. Pour cela, il a réussi à convaincre les chefs mafieux de lui transmettre le contrôle total des comptes bancaires de la mafia, afin de pouvoir ouvrir une banque tout ce qu’il y a de plus légale à Londres. Dima explique à Perry, que le dernier chef mafieux à avoir accepté s’est fait exécuté avec sa famille juste après la signature, et qu’il sait pertinemment que le même sort l’attend lui et sa famille. Il arrive à convaincre Perry de rapporter avec lui à Londres, une clé usb contenant certaines preuves de la corruption de certains membres haut placés du gouvernement britannique, en espérant pouvoir négocier son exil pour lui et sa famille avant leur exécution. Perry qui a pitié de Dima et surtout de sa famille, accepte.

Un traître idéal : Photo Stellan Skarsgård

Donc on suit ce couple londonien en vacance à Marrakech, lui est professeur de poésie à l’université de Londres, elle est une grande avocate. Leur couple est en pleine crise suite à la liaison de Perry avec une de ses étudiantes. Je n’ai pas trouvé le comportement de Perry très crédible, cet homme qui vient tout juste de rencontrer ce parrain de la mafia russe avec qui il sympathise un peu et qui au bout de deux petits jours, accepte d’emporter dans ses bagages une clé usb en Angleterre pour la remettre au MI-6 sans même regarder le contenu. J’ai trouvé le personnage trop naïf pour être crédible, même si finalement il n’y avait pas d’entourloupe.

Un traître idéal : Photo Damian Lewis

L’intérêt du film réside dans son casting. J’aime beaucoup Ewan McGregor, même si dans ce film on peut pas dire qu’il brille énormément, j’adore Damian Lewis, qui joue parfaitement les chefs du MI-6 blasé, au sang froid britannique sans faille, mais celui qui tire son épingle du jeu reste Stellan Skarsgard, qui retient l’attention du spectateur, cet homme exubérant, bon vivant, qu’on apprend à connaitre, qu’on voit dans le rôle de mari, de père. Même si le monsieur a du en faire des horreurs pour être dans les hautes sphères de la mafia russe, on s’attache à lui et à sa petite famille.

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Un traitre idéal reste un thriller plutôt bien mené, sans temps morts, qui nous entraine de Marrakech, à Londres, puis à Paris et à Bern, qui nous apprend certaines choses, en dénoncent d’autre, servit par un casting intéressant et qui a su distillé une petite tension, même si au final, il n’y a pas de surprise dans l’intrigue ou les rebondissements.