Avant première : Les misérables de Ladj Ly

Les Misérables : Affiche

de Ladj Ly

4.5/5

Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djibril Zonga, Issa Perica, Almamy Kanoute

Au lendemain de la victoire des bleus au championnat du monde de foot, c’est l’été dans une cité à Montfermeil. La chaleur, les enfants et les ado qui tentent de s’occuper comme ils peuvent, et Stéphane brigadier à la BAC qui vient de se faire muter depuis Cherbourg. La banlieue parisienne il ne connait pas. Il est accueilli par ses deux nouveaux coéquipiers, Gwada et Chris, qui tournent dans la cité depuis plusieurs années. Sa première journée sera très difficile, Chris a parfois des méthodes de petite frappe, certains de ces propos sont parfois limites. Gwada et Chris font l’état des lieux du quartier pour mettre dans le bain Stéphane sur la criminalité. Ils sont appelé pour le vol d’un lionceau qui a disparu d’un cirque de passage. Il semblerait que ce soit le jeune Issa qui soit le coupable…

Les Misérables : Photo

J’ai reçu une invitation les labels des spectateurs ugc. On est invité à une projection surprise et à la fin on nous demande de noter le film. Si ce dernier obtient une note suffisamment bonne, il obtient le label des spectateurs ugc lors de sa sortie en salle, le 20 novembre prochain.

Je ne sais pas si il aura le label, mais pour ma part j’ai beaucoup aimé Les misérables. On suit d’un coté le quotidien de cette cité, les jeunes en vacances qui cherchent à se divertir et à chasser l’ennui, la vie du quartier, les différentes communautés, et de l’autre la BAC, les deux vétérans qui connaissent les lieux et les gens par cœur, les plus âgés qui tiennent la cité, les frères “mus” qui ont “nettoyé” la cité des dealers de drogue, et Stéphane qui débarque et qui doit prendre ses repères et apprendre les mœurs du coin.

Les Misérables : Photo

La première moitié du film apporte pas mal de touches d’humour, on dédramatise pas mal. On ne s’ennuie pas  une seconde à suivre aussi bien les jeunes de la cité que la police. Issa qui vole un lionceau pour s’en occuper, un autre jeune ado qui se passionne pour filmer la cité avec son drone, Salah qui tient le kebab du coin et qui a le respect de toute la cité. Chris avec ses paroles parfois limites et son crane rasé fait penser à un Vic McKay français (le héros de la série policière The shield). Tout dérape en milieu de film et les conséquences pour la vie de la cité et surtout pour les trois flics de la bac sont lourdes. J’ai beaucoup aimé la fin, les scènes de guérillas urbaines, c’est assez réaliste.

“Les Misérables” de Ladj Ly en lice pour concourir à l’Oscar du meilleur film étranger

Les misérables c’est très bien réalisé, le film raconte une histoire prenante autour de personnages tous attachants malgré leurs défauts, interprétés par d’excellents acteurs, que ce soit les trois flics ou les très jeunes comédiens et en particulier le jeune Issa Perica. Une réalité des banlieues qui n’a absolument pas changée depuis La Haine en 95.

Le film a obtenu le prix du jury à Cannes et a été sélectionné pour représenter la France aux oscars 2020. A voir.

Avant première – Snowden d’Oliver Stone

Snowden : Affiche

d’Oliver Stone

Joseph Gordon Levitt, Rhys Ifan, Shailene Woodley, Melissa Leo, Zachary Quinto

4/5

Mardi soir j’ai eu l’occasion d’aller voir en avant première Snowden, le dernier film d’Oliver Stone, et cerise sur le gâteau, le réalisateur américain est venu présenter son film en restant après la séance pour discuter, répondre à quelques questions du journaliste Lavoignat et de quelques spectateurs inspirés.

Le film reprend la véritable histoire d’Edward Snowden, analyste informaticien qui a travaillé pour la CIA puis la NSA. Grand patriote, il s’engage à la CIA en tant que petit génie de l’informatique, après que sa condition physique ne lui ait pas permis de finir sa formation de marine. Petit à petit, il se rend compte de l’énorme système de surveillance de masse que les États Unis exerce dans le monde entier, sous couvert d’une autorité juridique secret défense. Mais bientôt Snowden comprend que ce système de surveillance de masse espionne beaucoup plus les citoyens américains que les étrangers, et de manière illégale…

Snowden : Photo Joseph Gordon-Levitt, Shailene Woodley

Le film dans sa forme, est assez classique. Snowden est enfermé dans une chambre d’hôtel à Hong Kong avec trois journalistes qui enregistrent son témoignage sur caméra. Il citera des noms, des agences, des logiciels, des méthodes, pour dénoncer la surveillance de masse par son pays, avec preuve à l’appui. Durant son témoignage dans cette chambre d’hôtel, Snowden se remémore son passé.

Sur le fond, l’histoire est prenante. Je suis allée voir le film un mardi soir, après une longue journée de travail, je n’avais pas vraiment envie d’aller au cinéma, et je pensais que j’allais m’endormir devant le film alors que pas du tout. Le film nous raconte comment Snowden, patriote, amoureux transi de son pays, aveugle devant ses défauts, est devenu le petit génie de l’informatique pour la CIA et la NSA, comment il a découvert la surveillance de masse par son pays, surveillance à l’étranger mais surtout une surveillance des citoyens américains. Il découvre comment les logiciels qu’il crée servent à tuer à distance des personnes suspectées d’être des “méchants”, comment il découvre que la surveillance de masse sert à beaucoup de chose mais pas uniquement à la lutte contre le terrorisme.

Snowden : Photo Joseph Gordon-Levitt

Snowden découvre la désillusion. De patriote aveugle, il remet en question certaines choses et comprend que son pays a été bâti sur un principe disparut, celui de la possibilité pour le peuple de remettre en question l’autorité, de demander des comptes. Désillusion aussi concernant son mentor, joué par Rhys Ifans. Snowden qui l’admirait, finit par comprendre la vraie nature du monsieur. La scène de vidéo conférence entre Snowden et son mentor est impressionnante, on a l’impression de voir l’empereur Palpatine essayer de faire basculer le jeune Anakin Skywalker vers le coté obscur de la force, sauf qu’ici, Snowden ressemble plus à Luke.

Snowden : Photo Joseph Gordon-Levitt, Scott Eastwood

Comme beaucoup de gens, je connaissais un peu l’histoire de Snowden, mais je n’en connaissais pas vraiment les détails. Le film éclair parfaitement et clairement sur l’histoire de Snowden, la révélation de son témoignage par les médias, les détails de la surveillance de masse. J’avais vu il y a des années de ça, un documentaire très intéressant et aussi très inquiétant, sur le programme d’écoute mondiale, échelon.

Snowden : Photo Rhys Ifans

Finalement, on ne retient pas Snowden pour son casting (les acteurs font le job), on ne retient pas Snowden pour l’originalité de sa mise en scène, mais on retient Snowden pour son sujet, pour cet homme qui croyait en son pays, qui était patriotique comme peut l’être un enfant, et qui se réveille dans un monde différent, et qui décide de faire la différence.

Snowden : Photo Melissa Leo

Après le film, Oliver Stone est donc venu nous rencontrer. Il nous parle de la surveillance de masse fait sans garde fou, sans cadre légale, il nous parle de liberté individuelle, du droit à la vie privée, de la sécurité, de l’excuse terroriste pour faire n’importe quoi. Il parle des médias de masse, pour lui la télé est toujours le média le plus influent, derrière internet qui est au final, moins pervers, car moins contrôlé. Il nous parle de Snowden qu’il a rencontrer plusieurs mois pour pouvoir faire son film de manière juste. Il nous parle de 1984 de George Orwell, il nous parle de la nouvelle génération qui est moins attachée à sa vie privée  que ne l’est les autres générations et que ça peut être inquiétant, il nous parle du financement de son film, pratiquement européen, car les grandes boites de productions de films aux États Unis appartiennent dorénavant à de gros groupes d’entreprises dont les intérêts sont ailleurs que dans celui de servir le 7e art.

Snowden : Photo Zachary Quinto

Il nous parle de la surveillance de masse, des États Unis qui utilisent les données non pas pour lutter contre un terrorisme, mais pour l’argent, le pouvoir, la domination, pour pouvoir gagner un nouveau marché, éliminer un concurrent, évincer des leaders indésirables.

C’est toujours intéressant, agréable et juste d’entendre Oliver Stone parler de ses sujets préférés, il a généreusement partagé ses arguments et ses idées. Dommage que le traducteur prenait trop de temps pour traduire les paroles du réalisateur, allant parfois jusqu’à broder ses réponses, rajoutant des petites choses par ci par là. On a du partir quelques minutes avant la fin, histoire de ne pas rater notre train. Une très bonne soirée. Snowden reste donc un film à voir, un film d’utilité publique.

Sortie le 1er novembre 2016.

Lost river

Lost River : Affiche

de Ryan Gosling

Christina Hendricks, Saoirse Ronan, Iain De Caestecker, Matt Smith, Reda Kateb, Ben Mendelsohn

3.5/5

A Lost river, tout est en ruine et à l’abandon. La ville se meurt, les gens déménagent, et petit à petit la ville devient fantome. Seuls quelques irréductibles s’acharnent comme Billy, mère célibataire de deux garçons, Bones presque adulte et Franky qui encore tout petit. Il y a la voisine aussi, Rat, que Bones apprécie et qui s’occupe de sa grand mère, qui ne parle plus depuis la mort de son mari. Bones s’attire des ennuis en volant le cuivre des maisons abandonnées alors que les ruines ont été “revendiquées” par la petite frappe du quoi, Bully, qui n’hésite pas à découper les lèvres de ceux qui l’énerve, tandis que sa mère, Billy, accepte l’offre de boulot particulièrement étrange du directeur de la banque qui l’a menace d’expulsion, faute de crédit remboursé.

Contrairement à ce que nous fait croire Allociné, non Lost river n’est pas un film fantastique, pas l’ombre d’un élément surnaturelle dans ce film, bien au contraire. On suit plusieurs personnage dans une ville quasi fantôme, des personnages dont la vie est de plus en plus difficile, qui se sentent acculés au pied du mur, qui perdent peu à peu le reste d’espoir qu’ils possèdent. Alors que la ville se vide des rares habitants restant, Billy la mère célibataire se voit  menacée d’expulsion par le directeur de la banque et accepte une proposition de job étrange et flippant, Rat, la voisine, est coincée dans sa vieille bicoque en ruine à cause de sa grand mère qui ne bouge pas ni ne parle depuis la mort de son mari et passe son temps à regarder de vieux films de son mariage, et Bones, le fils de Billy, qui passe son temps à éviter Bully, qui rêve de lui découper les lèvres.

Rien de fantastique ou de surnaturelle dans ce film, si ce n’est l’atmosphère étrange et pesante, une musique souvent angoissante, une bande originale très intéressante, et une peur pour les personnages, et leurs devenir, on s’attend à chaque minute à les voir sombrer dans une destinée violente, dramatique et sanglante. Mais à chaque fois qu’on s’attend à voir le pire, Ryan Gosling épargne ses personnages. Ici pas de drame démesuré, par de mélo, ce qui rend les faits de l’histoire et le contexte sociale encore plus réaliste.

Quand on connait un peu l’univers de Ryan Gosling, on est pas du tout surpris finalement, de la tournure de l’histoire, de l’ambiance, de ce coté effrayant sans l’être réellement, de ce coté bizarre, parfois un peu morbide, qu’on peut voir dans les clips et les chansons de son groupe Dead man’s bones.

Lost River : Photo

En sortant de la salle, j’avais une forte impression que Gosling s’est inspiré de nombreux films des années fin 80 et début 90, dans son ambiance, son étrangeté. J’ai beaucoup aimé Katherine Hendricks, qui sort du lot dans ce film, même si la jeune Saoirse Ronan n’est pas en reste, et Ben Mendelshon fait froid dans le dos.

Lost River : Photo Christina Hendricks

C’est donc un ovni, avec une jolie maitrise de la caméra , certaines scènes sont vraiment très réussie, quelques moments de grace. Prise à part certains morceau du film sont d’une jolie virtuosité, mais le film dans son ensemble, c’est un peu bordélique, un peu trop bizarre,

PS : J’ai vu le film dans le cadre d’une avant première, avec Ryan Gosling et Reda Kateb venus présentés le film; Pas de photos cette fois ci, j’étais un peu loin dans la salle, puisque j’ai eu des places à la dernière minutes, (on y est allées sachant très bien qu’ à chaque fois, les avant première ne sont jamais vraiment complète, les personnes ayant réservées ne venant pas toujours à la séance, au final), On a tenter le coup à la dernière minute. C’est toujours un plaisir de voir les acteurs de près, même si il n’y a eu aucun échange comme ce fut le cas avec Russell Crowe.

The water diviner, avant première avec Russell Crowe

La Promesse d'une vie : Affiche

de Russell Crowe

Russell Crowe, Olga Kurylenko, Yilmaz Erdogan, Cem Yilmaz

4/5

1919, Joshua Connor, un fermier australien, a perdu ses trois fils lors de la première guerre mondiale, durant la bataille de Gallipoli. Une nuit, sa femme met fin à ses jours. Joshua se retrouve seul et espère honorer la promesse qu’il a faite à sa femme, celle de retrouver les corps de ses fils. N’ayant plus rien qui le retient, il décide de se rendre en Turquie, qui est dorénavant un allié important des anglais. Pour l’aider à trouver les corps de ses fils, Joshua dispose d’un journal tenu par l’un des ses enfants, qui lui permet de retracer les dernières heures de leurs vies. Il s’installe dans un hôtel d’Istanbul, et part sur les vestiges de la bataille de Gallipoli, aider surtout par un commandant Turc, qui a vécut la fameuse bataille.

La Promesse d’une vie : Photo Yilmaz Erdogan

Hier soir donc, je me suis rendu à l’avant première du premier film réalisé par Russell Crowe. Au départ, je pensais que la présence de Russell Crowe se limiterait à un bonjour et à un traditionnel “merci d’être venu voir mon film, j’espère qu’il vous plaira”. Et bien belle surprise hier soir, parce qu’une fois le film fini, Russell Crowe et Olga Kurylenko sont venus s’assoir pour parler du film et répondre aux questions des spectateurs. Russell Crowe est exactement comme je l’imaginais, un peu enrobé, très intéressant, énormément d’humour et surtout hyper passionné par son sujet. Car cette fois ci, c’est lui qui réalise, c’est lui qui a choisi le sujet de son film.

La Promesse d’une vie : Photo Russell Crowe

The water diviner (je ne parle pas de son titre traduit en français qui n’a aucun sens, et qui n’a aucun rapport avec l’histoire), c’est surtout un prétexte pour mettre en lumière un épisode de l’histoire du 20e siècle peu connu des occidentaux, la bataille de Gallipoli et surtout vu du coté turc. Le film se situe après la fin de la première guerre, les turcs et les anglais sont à nouveaux alliés, et l’un des commandants de l’armée turc qui a pris part à la bataille est envoyé sur les lieux de la bataille afin d’assister les anglais dans une vaste opération pour retrouver et identifier un maximum de cadavres alliés. On suit le personnage de Joshua qui va découvrir les horreurs de la guerre, qui va avoir un aperçu de ce que ses trois fils ont probablement vécut, il va découvrir aussi qu’il n’y a pas les ennemi d’un coté et les gentils de l’autre, que les turcs n’ont fait que se défendre pour empêcher leur pays d’être envahi par des étrangers. Joshua se rend compte qu’il n’avait jamais envisagé la guerre du point de vue des turcs.

La Promesse d’une vie : Photo Olga Kurylenko, Russell Crowe

Le film est de facture assez classique, il n’y a pas de grosses surprises, ni sur le fond ni sur le plan visuel, Russell Crowe est impeccable comme d’habitude, dans le rôle de ce père de famille qui a tout perdu, qui ressent une certaine culpabilité à avoir laisser ses trois jeunes fils partir à la guerre, d’avoir été fier de les voir partir pour soi disant défendre l’honneur du pays, de ne pas avoir compris l’ampleur de la guerre, de ne pas avoir pu freiner l’enthousiaste naïf de ces fils qui avaient plus l’air de partir en voyage initiatique que de partir pour la guerre. On le suit dans sa découverte d’un pays et d’une culture qu’il ne connait absolument pas, se cogne à l’hermétisme de l’armée britannique. J’ai beaucoup aimé le duo qu’il forme avec le major Hasan, l’amitié que les deux hommes vont développées, l’acteur turc Yilmaz Erdogan est excellent à l’écran, et j’ai beaucoup aimé le voir embarqué Joshua dans certains us et coutumes du pays, les chants, les danses, les bains turcs…

La Promesse d’une vie : Photo Russell Crowe

Finalement, j’ai été moins emballé par les scènes se déroulant dans l’hôtel tenu par la jolie Olga Kurylenko (qui ne transcende pas l’écran, et dont la présence est jolie mais sans plus), qui permet de nous montrer le coté sociale de la vie à Istanbul, mais qui permet d’introduire aussi une légère romance. C’est pas la partie qui m’a le plus plut, même si j’ai apprécié qu’au final, il n’y ait pas vraiment de romance, en tout cas rien de concrétisé, j’aurais trouvé ça un peu déplacé et pas du tout nécessaire à l’histoire.

La Promesse d’une vie : Photo Russell Crowe

Au final, j’ai beaucoup aimé the water diviner, qui m’a permis d’en savoir un peu sur un épisode de l’histoire que je ne connaissais quasiment pas, et de voir à quel point cet épisode est important dans l’histoire australienne et turque. L’occasion de revoir Russell Crowe à l’écran, qui fait partie de mes acteurs chouchous, de découvrir quelques acteurs turcs excellents, et l’occasion aussi de voyager pas cher, on traverse de magnifiques paysages, on visite le marché historique d’Istanbul et surtout on pénètre la magnifique mosquée bleue, ça donne terriblement envie d’aller visiter la Turquie!

La Promesse d’une vie : Photo Ben O’Toole, Cem Yilmaz, Jai Courtney, Yilmaz Erdogan

Une fois le film terminé, Russell Crowe et Olga Kurylenko sont venus dans la salle, parler du film et répondre à quelques questions. Russell Crowe nous raconte que ce film représente trois ans de sa vie, qu’il a appris pas mal de chose sur cet épisode, qu’il s’est rendu compte qu’en Australie on ne parlait jamais du point de vue des turcs, qu’il n’avait jamais envisagé qu’en réalité il s’agissait d’une invasion. Russell Crowe nous parle aussi de la désillusion que la première guerre a été pour ces millions de jeunes hommes qui pensaient partir à l’aventure, sans s’attendre une seconde aux horreurs qu’ils allaient voir, que pour ces jeunes hommes, c’était surtout l’occasion de pouvoir voyager gratuitement à travers le monde, de pouvoir rendre leurs familles fières, et rien de plus.

La Promesse d’une vie : Photo Cem Yilmaz, Russell Crowe

Il nous dit être très content d’être au contact de vrais fans, de pouvoir répondre à des questions portant sur son film. Il nous raconte que le film a très bien marché au box office australien, a été très bien accueilli en Turquie, qu’il a eut plusieurs récompenses, que même les critiques ont appréciés! et qu’il était content que pour une fois, on ne parle pas de lui dans les tabloïds mais qu’on parle de lui pour son travail d’acteur et de réalisateur.

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Russell Crowe nous parle avec passion de son métier, n’est pas avare en anecdotes rigolotes, ne manque pas d’humour, nous parle du pouvoir de l’intuition qu’il ne faut pas sous estimer, et nous explique que si son film marche, il pourra réaliser à nouveaux d’autre films, n’aura pas besoin de s’exiler à l’autre bout de la planète pour de nouveaux rôles, et pourra donc mieux s’occuper de ses enfants, dont à vot’ bon cœur, c’est pour la bonne cause, celle des enfants!

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Une fois l’entretien terminée, toute la foule se dirige vers Russell Crowe, super abordable, il signe des autographes à tout va, se laisse prendre en photos, discute encore un peu, je m’approche au plus près du monsieur, contente de le voir de si près, j’aperçois au fond Didier Bourdon, que j’aurais bien aimé saluer mais qui bizarrement est plus difficile à atteindre que Monsieur Crowe! Belle soirée donc, les acteurs et réalisateurs devraient en prendre de la graine, c’est chouette de pouvoir les entendre parler librement, de les écouter parler avec passion de leurs films!

Pour ceux que ça intéresse, le film sort en France le 15 avril prochain.

Magic in the moonlight

Magic in the Moonlight : Affiche

de Woody Allen

Colin Firth, Emma Stone, Jacki Weaver, Marcia Gay Harden, Eilean Atkins

 

3/5

Dans les années 20, Stanley est un grand illusionniste connue dans le monde entier sous le nom de Wei Lin Soo. Il reçoit un soir la visite d’un très vieil ami illusionniste aussi, qui lui propose de venir avec lui sur la cote d’azur pour rencontrer la jeune et jolie Sophie, qui se dit être une vraie médium, afin de la confondre et de prouver sa fraude. Elle et sa mère se sont installées dans la grande demeure d’une riche famille après avoir convaincu tout le monde de son talent de médium. Stanley se fera t-il lui aussi embobiner?

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Hier donc, c’était l’avant première à Paris du nouveau film de Woody Allen. Ce réalisateur est très aimé en France mais je dois dire que je ne fais pas partie de ses fans inconditionnels. Depuis une bonne dizaines d’année, Woody Allen nous sert des films agréables, sympas à regarder, pas mal, sans plus, bref, rien de transcendant, rien qui retienne l’attention plus de l’heure trente que dure le film. J’avais beaucoup aimé Vous allez rencontrer un sombre et bel inconnu et j’avais pas mal apprécié Blue Jasmine, mais ce  fut surtout plus pour la performance d’actrice que pour le reste. Le must de ses films récents reste Match Point.

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Donc hier soir, j’étais à moitié motivée pour aller voir son dernier film, mais quand Monsieur Colin Firth fait le déplacement, difficile de dire non! Il est venu présenter le film en compagnie d’ Emma Stone. J’ai bien failli ne pas le voir, car je n’avais pas de billet pour le film, j’ai tout simplement attendu pour voir si il y avait des désistements, et finalement, entre les journalistes et VIP invités qui ne se sont pas présentés, UGC était bien content de nous trouver à attendre, histoire de ne pas présenter une salle vide à Colin Firth et Emma Stone.

colin

Voir Colin/Mr Darcy/Firth en chair et en os, c’est assez impressionnant, il en impose et même si il a un peu vieilli, il a toujours la classe! La classe anglaise. Il présente le film , nous dit quelques mots, et nous fera l’honneur de rester visionner le film avec nous du début à la fin, ce qui est assez surprenant, puisqu’en générale, les acteurs ne restent pas.

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth, Emma Stone

Quant est-il du film? et bien comme d’habitude avec Woody Allen, c’est pas mal, ça se laisse voir, c’est parfois drôle, c’est parfois sympa, mais c’est aussi parfois long. Pour un film qui dure 1h30, j’ai senti le temps passé, je me suis même demandée, ne voyant pas le film finir, si je ne m’étais pas trompé sur sa durée. Évidemment, Woody Allen fait du Woody Allen, c’est bavard, parfois trop, le style est le même, même façon de filmer même façon de diriger. Il prend plaisir à filmer les beaux paysages du sud de la France et les jolies tenues des années 20 et puis c’est tout.

Magic in the Moonlight : Photo Emma Stone, Marcia Gay Harden

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth, Eileen Atkins, Simon McBurney

Heureusement, Colin Firth est toujours aussi géniale, c’est sur il fait partie des acteurs les plus doués de sa génération, toujours un plaisir que de le voir jouer à l’écran. Emma Stone est mignonne en ingénue. Y’a de beaux seconds rôles, mais ils ne sont hélas, pas assez exploités (dommage que Marcia Gay Harden ne fait quasiment que de la figuration), sauf Eilean Atkins qui nous joue une tante Vanessa très attachante. Le film sort en France le 22 octobre prochain.

Diana

Diana : Affiche

de Oliver Hirschbiegel

Naomi Watts, Naveen Andrews

2/5

Dans les années 90 la princesse de Galles, Diana, est séparée de son mari et vit seule (entourée de tout une batterie de serviteurs quand même) au palais de Kensington. Elle rencontre lors d’une visite à l’hôpital, le docteur Hasnat Khan, cardiologue renommé. Elle est sous le charme et décide de l’inviter au palais pour faire connaissance. Durant presque deux ans, ils vont s’aimer et se déchirer. Hasnat aime beaucoup Diana, la femme et pas la personnalité médiatique, et Diana, une fois le divorce officiellement prononcé, rêve de pouvoir peut être épouser ce médecin aux gouts simples. Mais la célébrité de Diana n’est pas une chose que le médecin arrive à gérer, très discret et détestant se trouver sous les feux des projecteurs. Tout change quand la presse découvre l’existence de ce nouvel amant.

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J’ai eu l’occasion d’assister à l’avant première de Diana à l’ugc Normandie, en présence des producteurs et des deux acteurs principaux. On a du attendre 45 minutes de plus que l’heure indiquée avant de pouvoir voir les deux acteurs sur scène; on a eut droit à une présentation par les producteurs, présentant leur film comme un hommage aux films d’amour, plus particulièrement un hommage au film Un homme et une femme de Lellouch. Puis c’est au tour des deux acteurs principaux de faire leurs entrées, Naveen Andrews et Naomi Watts, qui ne resteront sur scène que 45 secondes je dirais, le temps pour la jolie australienne de tourner un peu dans sa robe de poupée et à Naveen Andrews de sourire quelques secondes, puis salut au public et sortie de scène aussi vite que des voleurs. J’ai été assez surprise, car en générale, même quand ce sont de grandes stars, elles prennent toujours la peine de prendre la parole, ne serait-ce que pour dire “bonsoir”, “merci” et “j’espère que vous aimerez ce film”, mais là rien, c’est à peine si on a vu les lèvres de Naomi Watts s’ouvrir pour laisser voir ses dents blanches. A quoi bon se mettre sur son trente et un (et ça a du lui prendre des heures), pour venir sur scène moins d’un minute top chrono??

Mis à part cette déconvenue, on est tout de même venue surtout pour le film. Je ne savais pas du tout par quel coté le film allait aborder la vie de Diana, tout ce que je savais c’est que le film se concentrait sur les deux dernières années de sa vie. Je ne connaissais pas du tout l’existence de ce docteur Hasnat Khan avant de venir voir le film.

Diana : Photo Naomi Watts, Naveen Andrews

Pour faire court, j’ai trouvé le film long à se mettre en place, d’ailleurs il m’a fait l’impression de duré au moins deux heures alors qu’il ne dure qu’une heure 40. C’est dire si le film est en fait lent, mou, on ne ressent pas vraiment de sympathie, ni pour Hasnat ni pour Diana. On s’ennuie à voir comment Diana s’ennuie ferme dans sa vie de célibataire, comment elle enchaine les visites officielles, comment elle gère les paparazzis, comment elle sympathise avec son nouvel ami, comment leur relation devient de plus en plus sérieuse. Le film se concentre donc uniquement sur sa relation avec Hasnat, comment ce dernier s’emporte quand il se retrouve en première page. J’ai eu l’impression que le film peinait à faire avancer les choses, peinait à aller de l’avant, tout va au ralenti.

Diana : Photo

Le problème vient surement du fait qu’il n’y a pas assez de fond pour faire tout un film. Leur rencontre, leurs sorties en incognito, leurs disputes, malgré le fait qu’il s’agit de Diana j’ai eu l’impression de voir l’histoire banale de n’importe quel couple qui se serait aimer et déchirer. Quant aux acteurs, je trouve que leurs jeux ne sonnent pas tout à fait juste, on a l’impression d’assister à quelque chose de fictif, je vois des acteurs joués et je ne vois pas les personnages Diana et Hasnat. Certaines scènes frisent le ridicule et le cliché, comme une dispute dans Hyde park, où une Diana hystérique s’enfuit en courant, ou encore une scène pathétique de dégustation d’hamburgers…Naomi Watts n’a pas l’air du tout à l’aise dans ce rôle et ça se voit, sa ressemblance avec Diana n’est au final pas terrible (on sent que l’affiche du film à jouer avec photoshop), et le couple qu’elle forme avec Naveen Andrews n’a aucune alchimie, c’est froid, on à presque l’impression qu’ils se forcent à jouer le sentiment amoureux à l’écran.

En bref, un film long, lent, ennuyant, une histoire d’amour filmée avec des tas de clichés et de banalité, des acteurs pas à l’aise, une histoire sans intérêt. Deux avants première qui m’ont déçu, et quand j’y pense, ça fait longtemps que je n’ai pas vu un excellent film au cinéma, et je ne pourrais même pas dire quel est le dernier film qui m’a soufflé dans les salles obscures, ça devient inquiétant…