Dernières séances: Dilili à Paris – Sale temps à l’hôtel El Royale

Dilili à Paris : Affiche

de Michel Ocelot

3,5/5

Au début du 20e siècle, Dilili, moitié Kanake moitié française, est à Paris pour participer à un “zoo humain” dans lequel elle doit reproduire avec d’autres Kanake, la vie quotidienne d’une tribu telle que ce la représente les français. Elle fait la rencontre de Orel, conducteur de triporteur qui fut subjugué par la petite fille. Les deux font connaissance et partent visiter Paris à bord de son triporteur. Mais Dilili est choqué de découvrir qu’une sorte de groupuscule appeler “mâles maitres”, fait régner la peur dans la ville notamment avec les enlèvements de plusieurs fillettes. Dilili veut faire libérer les fillettes et faire arrêter les mâles maitres. Avec l’aide d’Orel, elle parcours tout Paris et fait des rencontres extraordinaires, Pasteur, Marie Curie, Gustave Eiffel, Erik Satie, Camille Claudel, Rodin, Marcel Proust, Emma Calvé, Colette, Toulouse Lautrec.

Dilili à Paris : Photo

J’aime beaucoup Michel Ocelot, j’avais adoré Kirikou, Princes et princess, Azur et Asmar. Concernant Dilili j’ai globalement apprécié mais j’ai quelques réserves. Au début c’est sympa de se balader dans le Paris de la belle époque, en compagnie de Dilili et d’Orel. Le message anti racisme est bien intégré à l’histoire avec Dilili, lorsqu’elle indique ses origines, moitié français moitié Kanake. J’ai bien aimé les rencontres que fait Dilili, les grandes figures de ce Paris du début du siècle.

Dilili à Paris : Photo

Le personnage de Dilili est un exemple pour toute les petites filles: courageuse, intelligente, curieuse, elle assume son image dans une société qui ne l’accepte pas toujours. J’ai aimé la façon dont les deux héros mènent l’enquête, avec toutes les rencontres historiques c’est assez ludique.

Dilili à Paris : Photo

Cependant le défilé des différentes rencontres avec les personnalités de l’époque, si c’est sympa et ludique au début, fini par devenir un peu lourd au fil du temps. C’est parfois des rencontres qui ne servent ni l’intrigue ni l’histoire.

Dilili à Paris : Photo

La première moitié du film m’a donc plut mais la seconde moitié est moins captivante. Visuellement, le mélange de dessin et de prise de vue rend le résultat moins magique, coloré et enchanteur que les précédents films de Ocelot. Je n’ai pas trop aimé les mâles maitres, on découvre lors d’une scène un peu lourde, le but poursuivi par ces criminels, celui de rendre les femmes serviles pour les hommes. On ne sait pas vraiment d’où vient le chef, qui il est, à part un accent indéterminable. Les fillettes sont donc captives dans les égouts où elles sont forcées à se déplacer uniquement à quatre pattes, couvertes d’un drap noir qui laisse penser à un niqab. J’ai trouvé ce choix étrange, qui ne correspond pas à l’époque en question. Le message féministe est donc étrange, politiquement tourné, et pas subtile du tout. Le résultat laisse perplexe, le discours autour de la liberté des femmes qui tiennent à leurs tenues lumineuse, pailletée, et féminine reste léger et pas efficace. Quant à la fin je l’ai trouvé longuette et sortant un peu de nulle part. Un résultat un peu mitigé donc.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Affiche

de Drew Goddard

Jeff Bridges, Cynthia Erivo, Dakota Johnson, Jon Hamm, Chris Hemsworth

4/5

En 1969, l’hôtel El Royale a pour particularité de se situer au milieu de nulle part à cheval entre l’état du Nevada et de la Californie. L’hôtel était autrefois fréquenter par le gratin du monde riche et célèbre mais est aujourd’hui un hôtel désert. Plusieurs personnes se retrouvent par hasard dans l’hôtel pour passer la nuit, une chanteuse soul en perdition, un représentant en aspirateur, une jeune hippie, et un prêtre catholique. Miles, seule employé de l’hôtel, installe tout ce petit monde. Mais chacun a son petit secret.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Photo Jon Hamm

je ne savais pas trop à quoi m’attendre de ce film, la bande annonce m’avait plut et finalement j’ai  bien aimé le film.

La fin des années 60, un hôtel désert, des personnages qui semblent avoir tous une chose à caché. Petit à petit on découvre le passé et ce qui a amener ces personnes si différentes les unes des autres dans cet hôtel.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Photo Cynthia Erivo, Jeff Bridges

J’ai beaucoup aimé la mise en scène, il y a des choses assez originales, drôles, surprenantes. Le film comporte pas mal de rebondissements et j’ai été très surprise à plusieurs reprises au point même de sursauter ce qui ne m’arrive pas souvent! il y a aussi deux ou trois moments très drôles qui ont fait rire la salle, mais en partie au fait qu’on est surpris par certaines choses.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Photo Cynthia Erivo, Jeff Bridges, Jon Hamm

Je ne peux pas en dire trop pour ne pas gâcher le plaisir. Les acteurs sont tous très bons, John Hamm, Jeff Bridges, ou encore Cynthia Erivo. De ce réalisateur, j’avais déjà vu La cabane dans les bois que j’avais bien aimé et qui était encore une fois, assez originale.

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Lollapalooza Paris 2018

C’esT avec beaucoup de retard que je parlerais ici de mon expérience concernant Lollapalooza en juillet dernIer.

Les festivals d’été, leur lots de gens bourrés, de looks étranges, de boissons trop chères, de bouchons de bouteille interdits pour des raisons obscures, de toilettes à l’hygiène douteuse…Début juillet, un samedi soir je me suis rendue au Lollapalooza à l’hippodrome de Longchamps. Comme souvent je me suis laissée convaincre malgré mes réticences vis à vis des festivals, grâce à une programmation bien alléchante: the killers, nothing but thieves, kasabian, depeche mode, stereophonics, rag’n’bone, et j’en passe.

Cependant au vue des prix, 79€ par jour, j’ai du faire un choix entre le samedi et le dimanche, et le choix ne fut pas difficile avec la programmation du samedi, à savoir depeche mode, kasabian, nothing but thieves ou encore bastille. j’abandonne donc the killers que j’ai vu en mars dernier.

L’organisation du festival n’est pas la meilleure. Aucune indication pour trouver les navettes à porte Maillot, on a finalement décider de suivre un groupe de jeunes qui m’avait tout l’air de se rendre à un festival, pour trouver la fameuse navette qui nous emmenait à l’entrée du Lollapalooza. Une fois sur place, on doit se plier de force à un système pas très honnête. Il fait chaud, beau, ce n’est pas encore la canicule et il est 17h30 mais le soleil tape encore bien, alors on a soif, mais pour s’acheter à boire ou à manger, il faut se taper une file assez conséquente afin d’échanger ses sous contre un bracelet muni d’une puce électronique. Les serveurs pourront débiter directement la puce avec un téléphone portable, on se croirait presque dans un épisode de Black mirror…

Évidemment, ils acceptent les espèces mais ne rendent pas la monnaie, histoire que le pauvre gars qui a des billets de 20 se sentent obliger de charger sa puce pour 20€ minimum, et tant pis sil ne consommera qu’une bouteille d’eau. Bien sur tout un système est prévu pour que les festivaliers puissent transférer les euros non dépensés sur leur compte bancaire le lendemain, enfin si on y pense…Pour ma part, voyant qu’ils ne rendent pas la monnaie, je décide de payer par CB. Il faut dire que je ne compte boire qu’un soda. Un soda qui m’a couté cher d’ailleurs, car le serveur, avec son fameux téléphone, me débite deux bouteilles au lieu d’une et je dois insister pour me faire rembourser. D’ailleurs entre deux concerts, je demanderais à la serveuse d’un stand si il n’existe pas un point d’eau potable dans le coin. Je n’ai que quelques minutes avant le début du concert suivant, j’ai pas du tout envie de me retaper la queue aux caisses, j’ai un peu soif, mais tout ce que je veux c’est un simple verre d’eau. Non, me dit elle, il n’y a aucun point d’eau potable, ce qui n’est pas très légale, mais je n’insiste pas, avant de découvrir deux points d’eau potable officiels indiqués sur le plan…bref, tout pour nous pousser à la consommation.

Concernant le sujet principal, c’est à dire les artistes, j’ai rien à redire, c’était top! Je n’ai pas pu voir Inspector clouzo ni Nothing but thieves, car ils passaient trop tôt dans la journée pour moi.

J’ai donc commencé par Bastille. Il y a beaucoup de chansons que j’aime écouter dont notamment Fake it et Blame même si je n’ai pas eu droit à Fake it. Le chanteur en t shirt jaune et lunette de soleil est énergique sur scène, un bon moment. Puis ensuite on prend place sur la scène d’à coté pour Kasabian, le groupe anglais que je suis depuis longtemps et que j’ai vu une dizaine de fois, toujours aussi bien sur scène. On est content d’être à l’ombre, car pour Bastille je commençais à souffrir du soleil. L’ambiance est très bonne, je suis moins proche de la scène que pour Bastille mais on voit quand même très bien.

Ensuite c’est Travis Scott, on change de style musical, j’aime bien certains morceaux et Travis met le feu littéralement. Des flammes s’allument régulièrement sur scène, je suis assise sur l’herbe assez loin de la barrière et pourtant je sens la chaleur du feu me réchauffer le visage, les gens doivent être en sueur tout devant.

Enfin à 21h50, le clou de la soirée avec Depeche mode. Dave le chanteur, avec son gilet sans manche, son corps d’athlète, ses déhanchements légendaires, il danse, il tourne, avec une setlist vraiment top: Going backwards, It’s no good, A pain that I’m used to, Precious, cover me, Stripped, Never let me down again, Personal Jesus, Enjoy the silence, Just can get enough.

Bref super samedi donc, le retour fut un peu lourd, 45 minutes de queue pour monter dans une navette direction la porte maillot, et du coup on devra courir dans les couloirs du métro pour ne pas rater le dernier train de la soirée, ouf.

 

Dernière séance: Le grand bain

Le Grand Bain : Affiche

de Gilles Lellouche

Mathieu Amalric, Benoit Poelvoorde, Jean Hugues Anglade, Philipe Katherine, Marina Fois, Leila Bekti, Virginie Effira, Guillaume Canet

4/5

Bertrand, la quarantaine, est marié et père de deux enfants. Dépressif depuis deux ans, Bertrand n’arrive plus à se sortir du cercle chômage, antidépresseurs, errance. Un jour après quelques longueurs à la piscine municipale il tombe sur annonce. L’équipe de natation synchronisée masculine cherche  un membre supplémentaire à leur équipe. Bertrand s’inscrit. Il découvre une coach ancienne championne, qui entraine une bande d’hommes qui ressemble beaucoup à Bertrand. Les entrainements sont légers et restent un prétexte pour la séance de sauna qui suit et durant laquelle les hommes, qui ont tous des problèmes, prennent le temps d’échanger et de discuter de leurs ennuis respectifs.

Le Grand Bain : Photo Balasingham Thamilchelvan, Félix Moati, Jean-Hugues Anglade, Philippe Katerine

La bande annonce m’avait beaucoup plut, elle était très drôle. En réalité Le grand bain n’est pas vraiment une pure comédie. Bertrand joué par Amalric, est un homme à la moitié de sa vie, qui ne travaile plus depuis deux ans, qui se nourrit d’antidépresseur. Avec ces entrainements de natation synchronisée il sympathise avec les autres nageurs, tous des “losers” déprimés comme lui. Laurent à des difficultés relationnelles avec son fils ado qui a des troubles de prononciation et une mère aux problèmes psychiatriques, Simon réalise difficilement qu’il ne deviendra jamais la rock star qu’il a toujours voulu être, Marcus voit son entreprise de vente de piscine prendre le chemin de la liquidation judiciaire, ou encore Thierry gérant de la piscine, qui peine a trouver une compagne et qui voit l’informatique lui voler son boulot.

Le Grand Bain : Photo Alban Ivanov, Balasingham Thamilchelvan, Benoît Poelvoorde, Félix Moati, Guillaume Canet

La première moitié nous montre la vie de toutes ces personnes qui n’ont pas la vie dont ils ont rêvé, qui sont déprimés, acculés, perdus. Les entrainements, la coach qui passe sont temps à les encourager et à leur lire des romans. Et puis tout change quand ils décident de s’inscrire aux championnats du monde quand ils découvrent qu’il n’y a pas d’équipe française de natation synchronisée masculine. Entre en scène la coach numéro 2 jouée par Leila Bekti.

Le Grand Bain : Photo Virginie Efira

Tous les personnages ont un passif, une complexité, des douleurs, des blessures. Le film oscille entre humour, certaines scènes sont très drôles et toutes ne sont pas dans la bande annonce, et entre drame, avec les désillusions des personnages, des blessures.

Le Grand Bain : Photo Leïla Bekhti, Philippe Katerine

Le Grand Bain : Photo Alban Ivanov, Balasingham Thamilchelvan, Benoît Poelvoorde, Guillaume Canet, Jean-Hugues Anglade

On ne s’ennuie pas, on prend plaisir à passer du temps même si le film a un coté déprimant parfois, mais certaines scènes très drôles viennent compenser. Et puis chaque acteur joue parfaitement bien dans Le grand bain. Leila Bekti est surprenante dans le rôle de la coach style sergent instructeur de full metal jacket, Amalric est touchant dans sa dépression, Poelvoorde fidèle à lui même; J’aime toujours autant Marina Fois qui est excellente comme d’habitude. Mais je retiens surtout Philippe Katherine qui confirme de plus en plus son talent d’acteur dans des rôles toujours décalés et intéressant. J’ai beaucoup aimé son personnage et sa façon de le jouer. Et je retiens Virginie Effira qui a bien fait de laisser les plateaux de télé pour faire carrière au cinéma, je l’ai trouvé très bonne dans le rôle de cette coach qui frôle la folie. Une comédie douce amère dont la fin est peut être le point faible du film (un peu trop absurde).

La dolce vita en Sicile

En ce début d’automne, je suis partie avec une amie quelques jours en Sicile. Comme nous ne pouvions rester que très peu de jours, il a fallut choisir et on s’est décidé pour la région de Catane sur la côte est de l’ile. On fait donc l’impasse sur les iles éoliennes, Palerme et quelques autres sites réputés. On atterri après 2H30 de vol sur Catane, deuxième plus grosse ville de Sicile. Nous ne restons pas à Catane, direction Taormina, notre destination finale. Depuis l’aéroport de Catane, un bus permet de se rendre directement à Taormina. Il faut compter 1h30 de route, mais l’avantage du bus par rapport au train, c’est que le bus nous dépose dans le centre ville perché dans les hauteurs, alors que le train nous laisse entre Taormina et Giardini Naxos, à 45 minutes à pied du centre ville, par des routes qui grimpent.

Vue depuis le balcon de notre chambre, l’Etna et la mer

Arbuste de jasmin

On arrive donc en fin d’après midi à Taormina. Notre bed and breakast est top, chambre confortable, salle de bain moderne et un balcon qui donne sur la mer, sur la ville et sur l’Etna. Pour le peu de temps qu’il nous reste ce jour, on visite le centre ville, la fameuse rue Umberto Corso, rue piétonne qui enchaine les restaurants, les bars, les boutiques, et les glaciers. Les balcons sont très fleuris, les céramiques décorent les murs. On dine dans une pizzeria, la Napoletana, très très bon.

Pizza, La napoletana, Taormina

Taormina, Umberto Corso, Piazza ix aprile

Le lendemain, on prend le petit déjeuner sur le balcon de notre chambre, puis on visite le teatro greco, qui date du 3e siècle avant JC. L’entrée n’est pas donnée, 10 €, mais ça valait le coup, l’arène est bien conservée et la vue sur la baie de Taormina est époustouflante. On continue la visite en passant par les ruelles piétonnes, on passe sous les jasmins en fleurs, les bougainvilliers roses, les palmiers, les orangers, les mandariniers. On croise quelques chats à l’air blasé. On visite ensuite le jardin communale, un beau parc crée par une écossaise tombée amoureuse de la région au 19e siècle, de magnifiques arbres, une belle vue sur la mer.

Teatro greco, Taormina

Jardin communale, Taormina

On prend ensuite le bus jusqu’à la gare Giardini Naxos pour prendre le train direction Syracuse. Le quartier de la gare de Syracuse est désert et pas très accueillant, mais quelques pas plus tard, les choses deviennent vite intéressantes. On passe devant les ruines du temple d’Apollon. On se balade dans les ruelles du quartier d’Ortygie, c’est vraiment un beau quartier.

Vestiges du temple Apollon, Syracuse

déjeuner sur le pouce, Caia Piada, Syracuse

On déjeune à Caia piada qui sert des sortes de pain très fin et un peu sec fourré à la mozzarella, tomates et olives, délicieux. On continue la balade, on descend sur une toute petite plage avant de longer les remparts d’un château, juste au bord de mer. On passe par la place Duomo, puis la fontaine de Diane et il est déjà temps de reprendre le train pour Taormina après une très bonne glace à la pistache. On découvre que durant notre visite à Syracuse, il a plut sur Taormina, on y a échappé. On dine à la trattoria tiramisu, pâtes tomates aubergines, légumes grillés, et tiramisu bien sur, pour le dessert.

Syracuse

 

Bord de mer et fontaine de papyrus, Syracuse

Tiramisu!

Mercredi, on se lève plus tôt, nous avons rendez-vous avec un guide qui va nous conduire en jeep sur l’Etna. On est rejoint par un couple français de Toulouse et un couple Suisse. Le matin dans les rues de Taormina, il n’y a pas encore la foule de touristes et les vendeurs ambulants, il n’y a que les commerçants qui ouvrent leurs boutiques et les camions de livraisons. Notre guide, un sicilien qui parle parfaitement français, nous emmène au point de ralliement de toutes les jeeps. Les participants sont divisés en groupes selon leurs langues, les allemands, les anglophones, et les français. On représente le plus petit groupe. On roule vite sur les routes jusqu’à l’Etna.

L’Etna

Quelques villages, des châtaigniers qui croulent sous les châtaignes qui ne demandent qu’à être cueillies, les premières traces de coulées de lave refroidies depuis longtemps. Notre guide nous présente la flore endémique de l’ile, typique de l’Etna, les pierres de basaltes utilisées partout dans la région, il nous explique le fonctionnement des volcans, les cratères principaux et secondaires, le pourquoi de la couleur noire, rouge, nous montre des pierres volcaniques bleutées, dorées, selon la composition du sol. On part en balade dans des décors parfois lunaires, parfois avec une végétation particulière, à environ 1700 mètres d’altitude.

C’était très intéressant et surtout impressionnant de grimper autour des cratères secondaires, de sentir la chaleur du à un phénomène de condensation, de se balader sous un beau ciel bleu et d’un coup être entouré de nuages et de brouillard. Après un bon moment, on reprend la route pour visiter une très ancienne grotte formée par des coulées de lave, autrefois utilisé par des bandits de grands chemins pour cacher leurs butins avant de servir de réserves pour conserver la glace entreposée durant l’hiver. On descend muni de casques et de lampes torches. Puis on termine par une balade en foret à la recherche de champignons.

J’ai beaucoup aimé la sortie, les deux couples qui nous accompagnent sont sympas et agréables et notre guide nous emmène toujours loin des autres groupes qui participent à l’excursion. Il finit par nous emmener dans un chalet en bas d’une station de ski afin de faire une pause pipi et nous propose alors de soit de rester comme prévu dans l’auberge afin de manger et boire, soit de repartir tout de suite afin de faire une dégustation dans une boutique qui se situe à cinq minutes de route. On choisit bien sur la dégustation. Pâte à tartiner aux pistaches, miel au citron, miel à l’eucalyptus, pesto à la pistache, et quelques alcools locaux. Je ne repart pas les mains vides, les pâtes à tartiner à la pistache, le miel citron et le pesto à la pistache m’ont plus que convaincu!

 

Isola bella, plage, Taormina

On retourne ensuite à Taormina. Depuis le centre ville, on reprend un téléphérique qui nous emmène sur le bord de mer. Isola bella est une très jolie plage de galets reliée à une ile. La mer est présente de tous les cotés. Nous ne nous baignerons pas, mais il y a pas mal de gens qui se jettent à l’eau. On se balade les pieds dans la mer, le soleil est agréable sans être trop chaud. En été l’endroit doit être pris d’assaut. En dehors de Taormina, des plages de sables existent, mais nous nous contentons d’Isola bella. C’est très reposant d’écouter le bruit des vagues, de profiter des lieux.

Taormina

Jeudi est déjà notre dernier jour. Après notre petit déjeuner sur le balcon face à la mer et à l’Etna, on fait un tour dans le centre ville encore bien vide mais pas pour longtemps. Mon amie grimpe les 300 marches qui mènent à la madonna della rocca, mais personnellement, je n’en ai pas le courage! je me balade dans les ruelles du centre, je m’assois face à la mer sur la place piazza IX aprile puis on se rejoint pour profiter du calme de la ville une dernière fois.

 

Brioche, expresso et granité citron au Bam bar, Taormina

On prend place en terrasse avec expresso, brioche à 1€ et granité citron, les spécialités du Bam Bar, et ça valait le coup. A midi, il est déjà temps de repartir pour l’aéroport de Catane, retour Paris. J’ai adoré la Sicile, les gens sont calmes, accueillants, agréables. Taormina est une très jolie ville, les ruelles colorées, les buissons de jasmins, de bougainvilliers, les agrumes partout, la vue depuis le teatro greco. J’ai beaucoup aimé la visité de Syracuse aussi, dommage que nous ayons pas eu le temps de visiter le parc archéologique qui se situait dans un tout autre quartier de la ville. L’excursion sur l’Etna m’a beaucoup plut avec l’organisme Go Etna, notre guide est passionné et savait parfaitement nous expliquer l’activité du volcan et répondre à nos questions. J’ai adoré passer du temps les pieds dans l’eau à écouter le bruit des vagues. Je suis loin d’avoir fait le tour de l’ile, il y a énormément de choses à voir et j’aimerais bien revenir une prochaine fois plus longuement et profiter encore de la douceur de vivre et de leur très très bonne gastronomie!

Dernière séance: Frères ennemis

Frères Ennemis : Affiche

de David Oelhoffen

Reda Kateb, Matthias Schoenaerts, Adel Bencherif, Sabrina Ouazzani

4/5

Driss, Imrane et Manuel ont grandi dans la même cité de la banlieue parisienne. Adulte, Imrane et Manuel sont devenus des dealers importants au sein de la cité tandis que Driss est devenu lieutenant dans la brigade anti drogue. Imrane et Manuel sont sur un gros coup mais ils tombent dans une embuscade laissant Imrane mort. Manuel doit très vite découvrir la vérité autour de cette exécution à laquelle il a échappé de justesse.

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L’une des raisons pour lesquelles ce film me tentait c’est la présence de Reda Kateb que j’adore. Il joue ici un flic au passé lourd, qui est considéré comme un traitre au yeux des gens avec qui il a grandit. Il a tourné le dos à tous ceux qu’il connait en entrant dans la police et a du couper les ponts. Ses deux meilleurs amis d’enfance, Manuel et Imrane ne sont jamais partis de leur cité, et sont devenus presque naturellement dealers. Chacun a fondé sa petite famille et fait son chemin dans leur métiers respectifs.

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J’ai beaucoup aimé Frères ennemis, on ressent la tension et le stress qui entourent Imrane au début du film puis Manuel après l’embuscade. La réalisation est énergique, tendue, nerveuse, c’est visuellement réussi, on ressent les émotions et les tensions.

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C’est fluide, bien filmé, les acteurs sont tous excellents à commencer par Reda Kateb mais aussi Matthias Schoenaerts et Adel Bencherif. Le scénario reste bien mené mais sans surprise, l’histoire et les rebondissements restent classiques. J’aurais aimé aussi en savoir plus sur la vie de Driss (notamment sa relation avec ses parents). Un bon film noir, bien interprété et bien filmé, à voir.

Derniers concerts: Editors – Imagine dragons – Otis Taylor – Arcade fire

Le début de l’année a été riche en concerts et je n’ai pas eu le temps de rédiger quoique ce soit. J’ai déjà parlé ici de The killers que j’ai vu au zénith en mars dernier. Depuis j’ai enchainé quelques concerts entre mars et avril.

Editors à l’Olympia

Groupe anglais pas très connu en France mais que j’adore et dont je guette toujours les dates françaises. Je serais bien descendu à Lyon ou monter à Anvers pour les voir mais les dates de leur passage dans ces deux villes ne me convenaient pas, je me contenterais donc de Paris. Leur dernier album m’a beaucoup plut, en particulier Violence, Nothingness, Hallelujah, ou encore No sound but the wind. Je garde peut être une préférence pour leur album précédent. Le groupe se produit à l’Olympia et je m’y rends avec des amis belges. 

Comme d’habitude la première partie est pénible, une sorte de groupe qui ne joue que de l’instrumental avec des images tirées de documentaires des années 50 et 60 qui n’ont pas beaucoup de sens.

Editors sur scène c’est toujours aussi bien. Comme souvent les chansons entendues prennent une tout autre dimension en live, c’est puissant, certaines chansons qui ne m’avaient pas marqué sur le moment me parlent bien plus en live. On a droit à quelques titres de leur nouvel album, Nothigness, Halellujah, Magazine, Cold, Violence et à un très beau solo de Tom le chanteur, sur No sound but the wind, très très beau.

Et puis bien sur pas mal de tubes des albums précédents, comme les incontournables Papillon, Formaldehyde, An end as a start, j’ai beaucoup apprécié d’entendre Marching orders, Sugar, No harm, Lights et surtout Eat raw meat=blood drool, même si Tom ne montera pas sur son piano, une de mes amies m’expliquant qu’il s’est bien fracassé en tombant par terre sur une date précédente! bref, très bon show, pour ma part je ne suis pas restée faire la sortie des artistes mais mes amis ont croisé les membres du groupe, tous très sympa et très abordables, ça fait toujours plaisir.

Otis Taylor au New Morning

J’avais été voir le monsieur il y a quelques années et ça m’avait bien plut. Avec une amie on se rend donc au new morning, une toute petite salle. Otis Taylor c’est un chanteur américain de blues. L’atmosphère est simple ici, les gens vont et viennent, et Otis Taylor tranquillement entame ses chansons selon ses envies. Toujours la casquette vissée sur la tête, sa seule exigence est d’interdire les flash car ça lui fait mal aux yeux. Il fait un peu trop chaud dans la salle mais une bonne limonade prise au bar qui se trouve à un pied de moi me rafraichie. Taylor fera une pause pour aller signer des albums et vendre quelques marchandises dans le fond de la salle, il se balade d’ailleurs sans souci entre les spectateurs, il passera juste à coté de nous. L’entracte dure un moment, on sent que le chanteur se laisse vivre tranquillement sans se presser.

Comme la dernière fois, Otis Taylor est entouré de musiciens très doués, notamment le batteur qui m’a bien impressionné.

J’aime beaucoup ses chansons, sa simplicité, à chaque applaudissement il soulève sa casquette pour remercier la foule. Le concert ne durera pas longtemps, mais je suppose que le chanteur, à son âge, n’a pas la force de rester des heures sur scène. Au plaisir de le revoir à son prochain passage.

Imagine Dragons à Bercy

En voila un groupe que j’ai envie de voir sur scène depuis longtemps. J’étais sensée les voir il y a plusieurs années, en mai 2013, mais avec une amie on s’étaient trompées de date, persuadées que c’était prévu pour le lendemain, du coup rendez vous manqué. Cette fois ci, avec leur nouvelle tournée, j’étais prête, ceci dit, lors de la mise en vente de leur première date prévue pour février dernier, je n’ai pas réussi à avoir de place. Pour bercy, il y avait deux catégories en fosse, fosse normale et fosse or, et au vue de la taille de bercy et de la configuration de la scène, et de la petite différence de prix entre les deux catégories, ont avaient décidés de prendre des places en fosse or et impossible d’en obtenir. Bref, on laisse tomber, persuader qu’une deuxième date sera annoncée, vu la vitesse à laquelle les places sont parties.

   

Et une deuxième date a bien été annoncée le lendemain, mais pour avril, je ne pensais pas qu’ils laisseraient autant de temps entre les deux dates, ils ont du être surpris du succès et n’avaient donc pas prévu une date de secours. Bref, finalement, j’ai eu les places pour la fosse or. Donc c’est très sereines qu’on se rend à bercy, le plus tard possible, assurées d’être en fosse or et donc pas loin de la scène. On nous fait entrer d’ailleurs par une porte du fond, près de l’entrée de la patinoire, on passe par un dédale de couloirs que je n’avais jamais vu, avant de prendre place dans la fosse or. On est très bien placées, rien à dire.

 

Imagine dragons a beaucoup gagné en notoriété ces derniers temps, surtout avec le dernier album. A l’américaine, le chanteur Dan Reynolds, se donne à fond, il bouge beaucoup, saute, se jette par terre, il en perdra des litres de sueurs. D’ailleurs il finit torse nu, on peut voir que le monsieur est musclé de partout.

On a droit aux plus gros titres, It’s time, Gold, Demons, On top of the world, ou encore Radioactive. Une partie de la setlist est jouée en acoustique avec entre autre Bleed et Dream, le groupe ira d’ailleurs prendre place sur une scène bis, tout au fond de la fosse pour que tout le monde puissent les voir de près. La part belle est faite au dernier album avec I don’t know why qui ouvre le concert, Believer, Rise up, Whatever it takes, Walking the wire, I’ll make it up to you, Yesterday, Mouth of the river et bien sur Thunder. Donc quasiment tout les titres, ce qui n’arrive pas souvent!

Ce fut le grand show, plusieurs jets de confettis, au moins deux ou trois fois durant le concert, le genre qui recouvre tout, des ballons géants avec lesquels la foule a joué, ou encore une machine qui crache des bulles de savon, la fausse bonne idée, car si c’est sympa en théorie, quand on se trouve pas loin de la machine on s’en prend un peu plein la tête, heureusement que j’avais ma capuche. Ce fut donc très énergique, mis à part l’aparté de l’acoustique, le chanteur est aussi énergique que dans ces clips, 2h de show avec tous ce qu’il faut pour amuser la foule.

Arcade fire à Bercy

Pour finir la saison des concerts je vais voir Arcade fire. J’ai beaucoup aimé leur dernier album, Everything now, et j’avais bien aimé leur dernière tournée. Cette fois, je n’arrive pas en avance contrairement au dernier concert d’arcade fire à Paris. J’arrive à bercy à 19h40 et on mettra environ 20 minutes à passer les contrôles de sécurité avant d’entrée dans la fosse. La première partie vient tout juste de commencer, c’est un groupe de musiciens jazz très festif, tout à fait le genre de groupe qui va avec le style d’Arcade fire. La configuration n’est pas classique, la scène se situe au centre de la fosse, ce qui fait qu’on n’est pas très loin de la scène, ce qui me change, car avec bercy, si on est pas dans la première moitié de la fosse, on ne voit pas grand chose.

     

La scène a la forme d’un ring de boxe, et l’entrée du groupe se fait par la fosse. Les membres du groupe fendent la foule à l’aide des vigiles et une voix les présente comme des boxeurs. Ils montent tous sur scène et Win, comme le ferait un boxeur, attrape sa gourde d’eau, boit et crache par terre, il balancera d’ailleurs plusieurs fois de l’eau sur le public.

L’ambiance dans la fosse est très bonne, de là où je suis je vois très bien et les membres du groupe tournent selon les chansons pour couvrir les 4 cotés de la scène. Le show commence avec les boules à facette qui descendent, comme d’habitude avec arcade fire c’est toujours la fête qui domine, la joie de vivre. Régine tourne, danse, les autres membres du groupe se donnent à fond aussi, c’est très énergique, très festif, très joyeux. Win le chanteur, parle parfois entre deux chansons, nous annonce que ce soir c’est la dernière date de la tournée européenne. La setlist est top aussi avec quelques titres de leur dernier album, Everything now, Electric blue, We don’t deserve love, Creature comfort, et l’excellente Put your money on me, avec Win et Régine qui dansent face à face pendant l’intro de la chanson, les yeux dans les yeux.

 

J’étais très contente d’entendre Neighborhood #1 (tunnels) que j’adore, Ready to start, The suburbs, Sprawl II, No cars go et bien sur pour finir Wake up reprise par le public. Très très contente aussi d’entendre My body is a cage, que j’aime beaucoup. Win descendra plusieurs fois dans la fosse, parmi le public, c’est toujours sympa de sa part de continuer de faire ce genre de chose.

Le groupe quitte la scène en mode farandole avec tambours et musiciens, dans la fosse jusqu’aux coulisses. J’ai su le lendemain que le groupe était sortie peu de temps après la fin du concert, pour continuer la fête à l’extérieur de bercy, entouré des vigiles. ça ne m’a pas étonné, ils ont l’habitude de faire ça, lors de leur dernière tournée, le groupe était venu se mêler au public dispersé dans la fosse après le concert avec des masques, pour continuer la soirée en mode boite de nuit. Mais grève oblige, je n’ai pas voulu rester attendre voir si quelque chose se passait, je ne voulais pas rater le peu de train annoncé pour la soirée. Très bonne soirée, Arcade fire c’est toujours top en live, à refaire.

Dernières séances: Première année – Les frères sisters – Mademoiselle de Joncquières – The little stranger

Première année : Affiche

de Thomas Lilti

Vincent Lacoste, Willam Lebghil

4/5

Antoine recommence pour la 3e fois la première année de médecine dans l’espoir de réussir enfin le fameux concours et réaliser son rêve d’être médecin. Blasé par le système, Il rencontre Benjamin, tout droit sorti du lycée. Contrairement à Antoine, médecine est un choix par défaut, il ne sait pas vraiment ce qu’il veut faire de sa vie. Alors que tous les étudiants de première année se mettent à fond dans les révisions et se mettent déjà la pression. Benjamin se laisse vivre dans sa petite chambre d’étudiant. Il sympathise tout de suite avec Antoine et décident de réviser ensemble.

Première année : Photo Vincent Lacoste, William Lebghil

J’avais beaucoup aimé du même réalisateur Hippocrate, qui racontait le quotidien d’un étudiant en médecine qui débute son internat, au coté d’un médecin plus âgé d’origine algérienne, obliger de recommencer son internat en France. Cette fois ci le réalisateur s’intéresse à la première année de médecine, qui est en fait une année commune à plusieurs métiers de la santé (dentiste, kiné etc…) plus connu chez les étudiants sous le nom de PACES et qui consiste en un bachotage intensive de diverses matières.

Première année : Photo Vincent Lacoste, William Lebghil

On nous montre donc le quotidien d’un étudiant qui tente le concours PACES, la pression, le bachotage de matières dont certaines ne servirons pas dans la suite des études, le par cœur bête et méchant de manuels entiers, les universités qui ressemblent à des usines, la distribution de centaines de pages de TD, les cours, le burn out de certains, la compétition malsaine entre les élèves, les résultats des concours affichés sur les murs…

Première année : Photo Vincent Lacoste, William Lebghil

C’est assez passionnant de voir comment se déroule leur année, l’inhumanité du processus, l’injustice lorsqu’on voit un Benjamin je m’en foutiste, pas vraiment intéressé par la médecine mais qui semble avoir des facilités pour le système des concours, alors que Antoine, motivé et passionné, voit son rêve s’éloigner à chaque tentative, sans parler du temps perdu à recommencer encore et encore cette fameuse année déprimante.

Première année : Photo William Lebghil

Le film ne manque pas d’humour, le coté blasé d’Antoine, la nonchalance de Benjamin, qui passe son temps à jouer aux jeux vidéo et dont la passion première reste la nourriture. J’ai beaucoup aimé les voir réviser ensemble et j’ai beaucoup aimé la fin, pas surprenante mais touchante.

Les Frères Sisters : Affiche

de Jacques Audiard

John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal, Riz Ahmed

4,5/5

En 1851, Eli et Charles Sisters sont deux frères tueurs à gage pour le compte du Commodore, une sorte de notable local qui a tout pouvoir. Ils sont envoyés sur les traces de Herman Kermitt Warm qui aurait voler quelque chose au Commodore. En réalité, Herman a mis au point une formule chimique qui permet de faire briller les pépites d’or dans les lacs et rivières. En pleine ruée vers l’or, ce procédé pourrait apporter une richesse sans limite sans faire les efforts habituels des prospecteurs d’or.

Les Frères Sisters : Photo

J’aime beaucoup le cinéma de Jacques Audiard, bien que je n’ai pas vu tous ces films. J’ai beaucoup aimé Un prophète, De battre mon cœur s’est arrêté, Sur mes lèvres, Dheepan.

Audiard nous livre sa version du western. Certains cotés sont classiques du genre, les deux frères gangsters, les saloons, l’alcool, la gachette facile, les chevauchées sans fin, pister des proies, la ruée vers l’or, la recherche de la richesse.

Les Frères Sisters : Photo John C. Reilly

J’ai beaucoup aimé la relation des deux frères. Au début on nous laisse penser que Charlie (Joaquin Phoenix) est le frère dominant du duo et Eli (John C Reilly), le frère dominé bien qu’il soit l’ainé. Au fur et à mesure on devine qu’aucun des frères n’est le dominant, chacun ayant ses démons, ses défauts, chacun soutenant l’autre dans les moments de faiblesse.

Les Frères Sisters : Photo Jake Gyllenhaal

Certains aspects du film sortent du western classique, la narration, les relations entre les personnages qui prennent parfois le dessus sur l’histoire, une intrigue parfois un peu étrange.

Les Frères Sisters : Photo Joaquin Phoenix, John C. Reilly

Jacques Audiard réussi sa mise en scène à travers des paysages époustouflants, entre montagnes, terrains arides, forêts. Les frères sisters fleurtent souvent avec la comédie, des touches d’humour régulières détentent l’atmosphère. Difficile de ne pas s’attacher à ces deux frères malgré leurs défauts, ils n’ont pas volé leur réputation de meilleure gachette du coin. J’ai aussi beaucoup aimé la fin, d’abord à la limite du comique puis touchante et douce assez surprenante. John C Reilly et Joaquin Phoenix sont vraiment très très bons dans leurs rôles.

Mademoiselle de Joncquières : Affiche

de Emmanuel Mouret

Edouard Baer, Cécile de France, Alice Isaaz, Natalia Dontcheva, Laure Calamy

4,5/5

Au 18e siècle, Madame de la Pommeraye est veuve, riche, et encore jeune. Elle reçoit dans son domaine à la campagne le marquis des Arcis, connu pour être un collectionneur de femmes. Il croit tomber follement amoureux de ces femmes, mais une fois séduites, il se lasse vite et passe à une autre conquête. Madame de la Pommeraye est sa nouvelle cible mais cette dernière n’a pas une conception romanesque de l’amour et ne se laisse pas séduire par les techniques habituelles du marquis. Ce dernier ne peut se résoudre à ne pas séduire une conquête et s’entête à rester plusieurs mois chez madame de la Pommeraye, jusqu’au jour où cette dernière se laisse séduire. Après deux années de bonheur totale, madame de la Pommeraye se rend compte que le marquis s’est lassé d’elle bien qu’il ne demande pas de rupture. Le cœur brisé elle décide de se venger.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Alice Isaaz

Je ne pensais pas avoir assez de temps pour aller voir ce film mais à force de lire des éloges, j’ai décidé d’aller le voir et c’est sans regret ce fut une très bonne surprise.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Cécile de France, Edouard Baer

Madame de Joncquière, inspiré par une œuvre de Denis Diderot, ressemble assez dans son intrigue de départ, aux Liaisons dangereuses. Il y a bien sur des différences, le marquis est loin d’être un goujat finalement, il croit sincèrement tomber amoureux des femmes qu’il séduit mais au bout d’une période plus ou moins longue, il se lasse et passe à une autre femme. Madame de la Pommeraye n’est pas dupée car elle connaissait le personnage et sa réputation lorsqu’elle cède à ses avances.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Cécile de France, Laure Calamy

La moitié du film est centré sur la relation entre le marquis et madame de la Pommeraye, leurs joutes verbales, les idées sur l’amour et le romantisme, sur l’illusion que ça peut être, sur le pourquoi de l’inconstance du marquis. La seconde moitié est plus centrée sur la vengeance de madame de la Pommeraye.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Cécile de France, Edouard Baer

Il y a beaucoup d’humour durant le film mais les réflexion sur les relations humaines et la société sont passionnantes à suivre. Les dialogues sont vraiment bien écrits et rendent le film vivant et prenant. Un jolie film à ne pas rater.

The Little Stranger : Affiche

de Lenny Abrahamson

Ruth Wilson, Domnhall Gleeson, Charlotte Rampling

4/5

A la fin des années 40, en Angleterre, le docteur Faraday revient exercer dans sa région d’origine, à la campagne. Il est un jour appelé sur le domaine Hundreds, appartenant à la famille Ayres. Faraday se remémore la première fois qu’il est venu dans cette maison, à l’âge de 8 ans avec sa mère ancienne domestique pour la famille Ayres. A l’époque, Faraday fut impressionné par des lieux et ces gens qu’il ne fréquenterait jamais à cause de son origine sociale. Aujourd’hui le domaine familiale est en délabrement, madame Ayres est vieille et fatiguée, Roderick l’héritier est handicapé et brulé depuis la seconde guerre et Caroline sa sœur, est piégée dans une maison qu’elle ne supporte plus. Faraday lui, est toujours aussi impressionné par cette famille et leur maison.

The Little Stranger : Photo Charlotte Rampling, Domhnall Gleeson, Ruth Wilson

The little stranger c’est une atmosphère bien particulière. Certains éléments sont classiques du genre, une grande famille de la noblesse anglaise, une grande maison qui a connu des jours meilleures, une famille anglaise sur le déclin, des fantômes du passé qui ressurgissent, la société rurale anglaise des années 40-50.

The Little Stranger : Photo

The Little Stranger : Photo Charlotte Rampling

On suit le docteur Faraday issu d’une classe sociale d’ouvrier et qui a réussi à devenir docteur en étudiant. Enfant, il fut impressionné par la maison des Ayres, par l’opulence de leur vie, le faste des repas, la grandeur du domaine, ce coté interdit pour lui de mettre les pieds dans ce monde, excepté ce jour de fête pour célébrer la fin de la première guerre mondiale alors qu’il n’a que 8 ans. Son passage éclair chez les Ayres le marqua profondément. Son métier de médecin le ramène dans la vie des Ayres qui a bien changé. Demeure délabrée, terres vendues à la commune, le fils ainé horriblement marqué par la guerre…

The Little Stranger : Photo Charlotte Rampling, Domhnall Gleeson

Ce qui marque dans le film c’est l’atmosphère prenante, on a envie de savoir pourquoi Faraday est aussi obnubilé par la demeure des Ayres, on a envie de savoir comment les trois membres de la famille Ayres vont survivre aux changements sociales, vont-ils dépérir avec leur maison on s’adapter aux changements. L’obsession du docteur Faraday est intriguante. Mais en plus d’être un film historique et sociale, The little stranger a aussi une dimension horrifique. Le bon vieux truc de la maison aux planchers qui grincent, aux bruits mystérieux, aux nuits sombres et effrayantes, marche à la perfection ici. Notamment dans la dernière heure du film on sent la tension, la peur, l’effroi. On a peur avec la jeune domestique qui est malgré tout bien courageuse, on ressent le doute avec la rationnelle Caroline, on ressent la nostalgie avec la mère de famille vieillissante. La fin du film est même angoissante et n’a rien à envier aux films d’horreur pour donner le frisson aux spectateurs.

The Little Stranger : Photo Ruth Wilson

Un film qui crée une atmosphère bien particulière, la mise en scène très réussie, on a très envie de savoir comment tous ces personnages et cette histoire va se finir. Domnahll Gleesson est remarquable dans le rôle de ce médecin qui frôle la sociopathie, obsédé par le domaine des Ayres, Ruth Wilson est parfaite dans le rôle de Caroline, cette femme intelligente coincée par son devoir familiale et qui rêve de partir pour Londres et Charlotte Rampling toujours aussi classe.