A la découverte de Lyon

J’ai enchainé plusieurs petits week end en Novembre, les occasions se sont enchainées! Après Londres et la Belgique, je suis partie un jeudi matin pour Lyon voir une amie qui s’est installée là bas depuis quelques mois. On ne met que deux heures en tgv depuis Paris. Après avoir déjeuné chez mon amie, on décide de braver le mauvais temps et de monter visiter la basilique notre dame de fourvière. Il pleut énormément depuis que je suis descendue du train, mais il ne fait pas froid et il n’y a pas de vent. La basilique fut construite dans la deuxième moitié du 19e siècle, elle est imposante, et l’intérieur assez impressionnante. Orgue, vitraux, et mosaïque dorée partout. Les colonnes et les arches sont magnifiquement sculptées, c’est parfois un peu too much mais ça reste un très beau monument. La décoration ressemble beaucoup au style byzantin. On descendra dans la crypte, on fera le tour avant de ressortir sous la pluie. Il fait toujours très pluvieux à Lyon, mais ça ne m’empêche pas d’admirer la vue depuis les hauteurs et de parcourir les ruines romaines.

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On redescend ensuite en métro sur la place Bellechasse, on fera quelques magasins avant de repartir vers la croix rousse pour prendre un gouter, tarte chocolat noisette et thé rose litchi, très très bon! On se promène dans le quartier, avant d’aller diner dans un très bon resto indien/pakistanais, Le Karachi.

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Vendredi matin, on a la chance d’avoir enfin un très beau temps! Soleil, ciel bleu. On commence la journée en remontant dans les hauteurs de Fourvière pour mieux apprécier la vue sur la ville, avant de redescendre en empruntant les petites ruelles et escaliers. On tombe sur un groupe de touristes et on découvre en les suivant une très jolie traboule, petit passage un peu privé qui permet d’entrée dans les cours intérieures des immeubles. Dans le vieux Lyon, certains passages datent de la renaissance, et certaines vieilles portes d’entrée d’immeuble sont d’époque, c’est assez impressionnant.

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On se balade le long des quais, sur les bords de la Saône, en profitant du très beau temps. On marche jusqu’au nouveau quartier de Confluence, une presqu’ile entre les deux fleuves de la ville. Avec ces immeubles derniers cris, on a un peu l’impression d’être dans le nouveau quartier de Bibliothèque François Mitterrand de Paris. C’est assez agréable comme quartier, ça manque peut être encore un peu de vie, mais on sent que quand il y aura plus de commerce, les choses bougeront plus. Avec son vent et ses courant d’airs, ça doit être très agréable en été. On remonte le long de la Saône jusqu’à la confluence des deux fleuves, le Rhône et la Saône, là où se trouve le musée Confluence qui ressemble a un vaisseau spatiale qui viendrait de se poser, et qui ressemble aussi au EYE film museum à Amsterdam.

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On reprend le tramway pour aller déjeuner au Ninkasi qui propose des burgers et des frites maisons. J’ai beaucoup aimé les frites maison, le burger est pas mal du tout, une bonne adresse qui passe aussi de la bonne musique rock. On se rend ensuite dans le quartier de la croix rousse, pour prendre un dessert au Kitchen café, un cookie chocolat noir et tonka avec un expresso, puis on repart se promener dans le quartier avant que la nuit tombe.

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Samedi sera mon dernier jour, et il fait encore très très beau! C’est tant mieux, car la grande  partie de la journée est consacrée au parc de la tête d’or. Après un brunch délicieux au Konditori café, on se rend au parc en passant devant le siège d’Interpol. Le parc de la tête d’or c’est de très beaux paysages, de jolis coins boisés, de jolies serres, et un très chouette zoo dans lequel on verra ours, cerf, zèbre, girafe, singes, flamant roses…

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On fait une très longue balade avant de reprendre les transports pour se rendre dans le vieux Lyon afin de faire un parcours à pied qui nous permet de traverser plusieurs traboules. Finalement, les traboules proposées ne sont pas les plus impressionnantes, mais on tombera complètement par hasard sur une traboule qui sera plus marquante.

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Enfin, il est temps que je reprenne mon train, départ 18h. Lyon est une ville à taille humaine et qui possède tout: cinémas, toutes les enseignes possibles, bons restos, beau parc en pleine ville…les transports sont très bien adaptés à la ville, que ce soit les bus, tramways, métro, c’est propre, agréable, on sent une douceur de vivre dans cette ville, les gens sont agréables pour la plupart, on ne ressent pas la foule, la folie et l’hystérie parisienne! J’espère y retourner pour quelques jours moins prenant, maintenant que j’ai fait un tour assez important de la ville, j’y retournerais bien pour me détendre et profiter!

Dernières lectures: La ronde de l’amour de Somerset Maugham – Pauline de Alexandre Dumas – Un coupable presque parfait de Robin Stevenson – Un train pour Ballarat de Kerry Greenwood

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La ronde de l’amour (cakes and ale)

de Somerset Maugham

4/5

William Ashenden, écrivain peu connu, est un jour contacté par un vieil ami écrivain qu’il n’a pas vu depuis quelques temps, Roy. Ce dernier lui parle de monsieur Driffield, un écrivain à succès qui depuis sa mort, est devenu un auteur culte, que les élites anglaises commencent à considérer comme un monument de la littérature. Roy ne cache pas son intention de vouloir écrire une biographie sur Driffield. Mais en ce qui concerne sa jeunesse, du temps de sa première femme Rosie, il aurait besoin des souvenirs de William. En effet, ce dernier à été quasiment intime avec Driffield, du temps où il écrivait des romans qui avait un certains succès, mais qui étaient considérés comme vulgaires par les élites et les critiques. William n’a pas trop envie de se remémorer cette partie de sa vie, sa jeunesse, son adolescence et ses 20 ans. Mais il finit par se laisser convaincre et plonge dans ses souvenirs.

J’adore Somerset Maugham, je ne sais pas pourquoi je met autant de temps entre chaque lecture, car jusqu’ici je n’ai pas encore été déçue. J’avais déjà adoré Il suffit d’une nuit, le fugitif et son plus connu peut être, La passe dangereuse.

Ici on fait connaissance avec Willie, cet auteur peu connue, qui s’acharne a écrire, tout en sachant qu’il ne deviendra jamais une référence en littérature. Il a cinquante ans passé quand il se replonge dans ses souvenirs de jeunesse. J’ai adoré la plume de Maugham, ce cynisme sans être déprimant ou trop sombre.

“Quand un ami, en votre absence, vous a demandé au téléphone en insistant pour être rappelé, soyez sur qu’il s’agit d’une affaire plus importante pour lui que pour vous. S’il pense à vous offrir un cadeau ou à vous rendre un service, il sait modéré son impatience.”

“On ne regrette pas, prétend-on, les plaisirs qu’on ignore, pourtant leurs journées se trainaient dans un incurable ennui.  Ils attendaient avec une impatience fiévreuse ces thés où tout le monde chantait sa romance de Maud Valérie White. Condamnés à vivre à un kilomètre les uns des autres, ils se disputaient avec aigreur.”

“Depuis l’origine des temps, les vieux ne se font ils pas passer auprès des jeunes pour les plus sages et le jour où les jeunes commencent à douter, ne sont ils pas eux même déjà vieux et disposés à profiter de la légende?”

J’ai surtout aimé les chapitres qui nous raconte la jeunesse de William. On est dans une petite ville balnéaire où tout le monde se connait, où les touristes n’existent pas encore. On est au tout début du 20e siècle, la bourgeoisie campagnarde anglaise est très bien décrite par l’auteur, entre la hiérarchie sociale à respecter au pied de la lettre, entre le docteur, le pasteur, le vicaire et autre. William grandit auprès de son oncle et sa tante, qui ne supportent pas de voir leur neveu discuter avec des gens qui lui sont inférieurs. Une éducation que William met de coté lorsqu’il rencontre Driffield et sa femme la sulfureuse Rosie, qui sont socialement bien en dessous de son rang. Mais il  retrouvera les automatismes sociales de son oncle quand il reviendra en ville, à 50 ans passé, et qu’il dédaignera parler au fils du docteur de l’époque, devenue médecin à son tour.

Outre ces personnages très intéressants, William, Driffield, sa femme Rosie, outre l’analyse sociale des villages de province anglaise, l’auteur nous parle aussi beaucoup du processus de création et d’écriture, pourquoi un roman devient un succès, pourquoi un autre fait un flop. Pourquoi un écrivain passe de l’anonymat ou du rejet total à la postérité éternelle.

Je me suis laissée entrainée dans ma lecture, dans le début de ce 20e siècle encore coincé dans un carcan social sévère,  j’ai aimé voir le personnage principal prendre du recul, le voir analyser avec pragmatisme les épisodes de sa jeunesse qui l’ont passionné. Toujours un coté cynique et moqueur, et la fin m’a beaucoup plut.

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Pauline

de Alexandre Dumas

3.5/5

Alfred de Nerval, à l’abri du besoin avec l’héritage paternel, se charge de sa mère et sa sœur. Il part quelques temps en voyage en Normandie. Sur place, alors qu’il est sortie pêcher seul, une tempête le fait échouer sur la cote. Après avoir trouver refuge dans les ruines d’une église, le temps de passer la nuit, il découvre la jeune et jolie Pauline de Meulien, enfermée dans les geôles des ruines. Alfred connait Pauline pour l’avoir rencontrer deux ans plus tôt à un bal. Il aurait voulu l’épouser, mais à l’époque il n’avait pas encore la fortune qui lui permettrait d’oser faire sa demande. Que s’est il passer pour que Pauline, qui a épouser un certain Horace de Beuzeval, se retrouve enfermée dans une cellule abandonnée?

C’est mon 2e roman d’Alexandre Dumas, après les Trois mousquetaires. Ici, c’est Alexandre Dumas lui même qui raconte le début de l’histoire, comme personnage. Il rencontre alors à plusieurs reprises, lors d’un voyage en Italie, son très bon ami, Alfred de Nerval, avec une jeune femme mystérieuse qui lui rappelle une vague connaissance, qui ne se laisse pas approcher, et qui semble apeurée et affaiblie. Finalement, il retrouvera son ami Alfred un an plus tard qui lui racontera toute l’histoire. Comment  il est tombé fou amoureux de la belle Pauline de Meulien, comment il n’avait pas assez d’argent à l’époque, pour la demander en mariage. Il raconte son désarroi, quand il a su que la belle avait accepté la demande en mariage d’Horace de Beuzeval, comment il est alors partie en voyage, comment il a découvert que Pauline avait été enfermée dans une cellule, et qu’elle avait été déclaré officiellement morte par son mari.

A partir de là commence le sauvetage de Pauline. Alfred raconte comment il a sauver d’une mort affreuse et lente la pauvre Pauline, comment il a gagner sa confiance, leur fuite de France, et ensuite, le récit de Pauline elle même qui se met à raconter à Alfred, comment elle a rencontré Horace, comment il a réussi à la séduire pour finalement l’épouser et pourquoi son mari l’a condamnée à mort.

J’ai aimé certains passages très gracieux et bien écrit du roman. Notamment le début, quand Alfred raconte son aventure en bateau sur la cote normande. La description de l’orage, le naufrage, le refuge dans les ruines de l’église, la pluie battante puis la lumière éblouissante apporter par la pleine lune, on est dans un vrai roman romantique du 19e siècle.

On se laisse facilement emporté par le récit de Pauline, quand elle raconte sa vie, le contexte dans lequel elle rencontre le comte de Beuzeval. Là, on tombe vraiment dans le roman gothique, avec des manoirs lugubres, abandonnés, isolés, des serviteurs mystérieux, un mari plein de secret qui fait penser à barbe bleu, des meurtres, des enlèvements, des héros qui vous sauvent in extremis.

Ce coté gothique peut paraitre parfois too much, à la limite du ridicule. On peut pas dire que j’ai été fan du personne de Pauline. Elle a un comportement très crédible lorsqu’elle se réveille enfermée dans les sous sols des ruines, mais sa façon de gérer sa vie après son sauvetage est trop romantique, à se laisser aller dans une mélancolie trop poétique, on sent qu’elle perd la vie petit à petit. Aucune combativité, aucune tentative d’aller mieux, si ce n’est de se laisser aller. Aucune envie de vengeance, de colère, ça manque de réalité humaine. Mais au finale, j’ai beaucoup aimé ce roman, l’amour passif entre Alfred et Pauline, leur voyage, son sauvetage, le récit de Pauline quand elle raconte son mariage, la cruauté perverse du comte et de ses amis quand ils se retrouvent seuls. On a tous les ingrédients, des enlèvements, des meurtres, des voyages, des sauvetages, du romantisme exacerbé, de la mélancolie, des évanouissements, un vrai roman gothique.

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Un coupable presque parfait

de Robin Stevens

3/5

Dans les années 30 Hazel et Daisy sont deux ado scolarisées dans la prestigieuse école pour jeune fille, Deepdean, en Angleterre. Daisy, blonde, yeux bleus, teint de porcelaine, populaire et surtout très sur d’elle, et Hazel, chinoise, brune, très timide, n’avaient pas grand chose en commun et pourtant elles sont devenues les meilleures amies du monde. Un soir, alors que Hazel retourne dans le gymnase à la recherche d’un pull oublié, elle tombe sur le cadavre de Miss Bell, la professeur de sciences. Mais le temps de revenir accompagné de Daisy et d’une autre élève, le corps a disparu. Seule Daisy veut croire à l’histoire d’Hazel. Daisy décide donc d’enquêter sur le meurtre de Miss Bell et ça tombe bien puisque les deux jeunes filles viennent de créer leur propre club de détective.

J’en avais entendu du bien sur plusieurs blogs, et j’avais envie d’une lecture facile et légère. On plonge dans les années 30, dans un pensionnat pour jeunes filles en Angleterre. Tout est raconté du point de vue de Hazel, une chinoise origine d’Hong Kong, qui a été envoyé dans le pensionnat pour avoir une culture anglaise, volonté d’un père qui a lui même suivi des études en Angleterre et qui est tombé amoureux de la culture anglaise depuis. J’ai trouvé dommage que le coté asiatique de Hazel ne soit pas plus exploité, j’ai aimé les anecdotes d’Hazel concernant ses parents, entre un père très ouvert, amoureux de la culture anglaise au point de ne parler presque que en anglais chez lui, alors que sa mère ne comprend pas cette obsession et refuse de parler anglais comme son mari. Mais ce n’est pas le sujet du roman.

L’enquête policière est le centre de l’histoire, mais c’est aussi un roman sur l’amitié entre adolescentes. Daisy est maligne, belle, populaire, elle sait quoi dire ou quoi faire pour s’attirer la sympathie des élèves comme des professeurs. Hazel en parle avec lucidité. Pour elle Daisy est la parfaite jeune fille, quand il fait froid Hazel est couperosé, Daisy a les joues légèrement rosées, quand Hazel a un bouton d’acné sur le nez, Daisy n’en a jamais. Daisy est sur d’elle, toujours, alors qu’Hazel est maladroite et timide. Je n’ai pas trop aimé la relation entre les deux filles, il y a clairement un dominant et un dominé dans cette amitié. Daisy rabaisse souvent son amie, ne tient pas compte de ses remarques, est trop souvent hautaine, même si on devine que Daisy adore Hazel et qu’en cas de coup dure elle ne lui tournera pas le dos, mais je n’ai pas trouvé leur amitié attachante.

L’enquête policière avance de manière régulière et sans temps morts, mais on devine vite le coupable, et le pourquoi des crimes est assez banale et déjà vu cent fois, rien d’originale ou de surprenant. Je ne me suis pas attachée plus que ça aux personnages, même si j’ai un petit faible pour Hazel. Une lecture agréable mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

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Un train pour Ballarat

de Kerry Greenwood

3/5

Australie dans les années 20. Phryne Fisher est une riche héritière, belle, jeune, intelligente et fonceuse. Comme elle est complètement indépendante, elle mène la vie qu’elle souhaite, notamment en devenant détective privée. Alors qu’elle se rend à Ballarat en train, avec sa secrétaire Dot, tout le wagon première classe se retrouve asphyxié par du chloroforme. Phryne réussie à tirer la sonnette d’alarme et à briser les vitres. Une fois le train évacué, il manque un passager à l’appel, une vieille dame qui voyageait avec sa fille. On la retrouve assez rapidement, étranglée et bien abimée. La vieille dame n’était pas du tout sympathique, mais qui aurait pu lui en vouloir à ce point? Autre mystère, on retrouve dans le train une jeune fille de 12 ans, Jane, qui ne se souviens plus des derniers mois de sa vie. Phryne décide de mener l’enquête.

J’avais déjà lu le premier tome il y a quelques années. Je l’avais moyennement aimé, mais j’ai voulu redonner une chance aux livres. Cette série de romans policiers a été adaptée en série télé et j’avais beaucoup aimé le résultat. Au départ, je n’avais pas trop accroché, mais au bout de quelques épisodes, on s’attache vite aux personnages, aux décors et aux somptueuses tenues de l’héroïne. Comme pour le premier tome des aventures de Phryne Fisher, je n’avais pas trop aimé ce coté trop parfait de l’héroïne, qui a tout fait, tout appris, tout vu, tout visiter, c’est un peu trop surréelle pour une jeune femme des années 20. Mais la série a su donner à son héroïne quelques faiblesses, notamment quand elle doit se battre, ou encore concernant un passé trouble qui l’a touche et l’a traumatise encore aujourd’hui.

Dans le roman ce n’est pas le cas et c’est bien dommage. J’ai trouvé que l’auteur s’était un peu calmer dans la description qu’elle fait de son héroïne, par rapport au premier tome, où elle y allait avec ces gros sabots pour nous dire toutes les cinq pages, à quel point son héroïne est forte, intelligente, belle, débrouillarde. Mais ça reste tout de même très présent. Ainsi, au début du roman, quand tout le monde est victime du chloroforme, Phryne elle, a eut la force de tirer dans la fenêtre de son compartiment, de se lever pour abaisser toutes les fenêtres et de tirer tout le monde de sa torpeur. Ou encore cette discussion surréaliste qu’elle a avec un haïtien pro du vaudou qui essaye d’expliquer à Phryne la procédure pour désenvouter et qu’elle lui répondra qu’elle connait, elle a déjà voyager en Haiti, voui voui…

Dans le roman, Phryne sait tout faire, n’a aucune faiblesse ou lacune, ce qui l’a rend un peu trop froide pour le lecteur, on a du mal à s’attacher à elle et c’est dommage. Reste que j’aime toujours autant le personnage de Dot, le coté libérée de la maison avec le majordome et la cuisinière qui ne s’offusquent pas des mœurs de leur patronne. L’enquête policière est agréable à suivre, les rebondissements aussi, même si la fin est un peu précipitée, quelques pages de plus n’aurait pas été du luxe.

 

Les animaux fantastiques de David Yates

Les Animaux fantastiques : Affiche

de David Yates

Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Alison Sudol, Dan Fogler, Colin Farrell

3.5/5

1926. Norbert Dragonneau débarque à New York. Ce sorcier passionné de créatures magiques espèrent éditer bientôt un livre parlant de ces animaux, de leurs importances, et d’éveiller la conscience des sorciers envers ces créatures. Alors qu’il compte se rendre en Arizona pour rendre sa liberté à un oiseau magique très rare, qu’il garde avec d’autres animaux dans une valise magique, il se retrouve mêlé à une histoire qui ne le concerne pas. La ville est attaqué par une force presque invisible, qui prend la forme d’un voile noire, et qui s’attaque aux êtres non magiques. La présidente du monde magique de New York craint que l’existence des sorciers ne soit bientôt révélée aux êtres non magiques (ou moldus). Norbert se retrouve embarqué dans cette affaire avec Jacob Kowalski, un être non magique qui rêve d’ouvrir sa propre boulangerie, et Tina Goldstein, aurore rétrogradée après un scandale.

Les Animaux fantastiques : Photo Alison Sudol, Katherine Waterston

Les Animaux fantastiques : Photo

Je suis allée voir ce film sans trop d’attente particulière et j’ai été plutôt contente du résultat. On replonge dans l’univers Harry Potter, sans vraiment y replonger tout à fait. Ici, pas de Poudlard, pas d’élève, pas de professeurs, les personnages principaux sont déjà adultes. Norbert peut paraitre un peu asocial au premier abord, avec son obsession des animaux magiques et son manque d’intérêt pour les humains. Mais on apprend à l’apprécié et à le connaitre, notamment avec la scène très réussie de la visite de sa valise. Il emmène Jacob, ce moldu embarqué malgré lui dans cette histoire magique, pour lui montrer sa passion. Sa valise renferme en réalité une dimension magique qui regroupe tous les environnements des animaux qu’il héberge. La scène est très réussie visuellement, et permet au spectateur de s’attacher beaucoup mieux au personnage de Norbert.

Les Animaux fantastiques : Photo

Les Animaux fantastiques : Photo Colin Farrell, Eddie Redmayne

J’ai aussi beaucoup aimé les personnages secondaires, notamment le personnage de Jacob qui découvre le monde magique par hasard. Ce petit gros, qui ne sort pas du lot, qui bosse dans une usine et qui n’arrive pas à réunir les fonds nécessaire pour réaliser son rêve, celui d’ouvrir une boulangerie, afin de rendre hommage à sa grand mère, en vendant les créations de cette dernière. J’ai aussi beaucoup aimé Tina, même si ce fut plus long, un peu comme pour le personnage de Norbert. Cette ancienne aurore qui rêve d’un succès dans son travail dans l’espoir de retrouver son rang perdu. Et puis Queenie, la jeune sœur de Tina, un peu légère, qui lit dans les pensées. J’ai beaucoup aimé son personnage, elle apporte pas mal d’humour et son duo avec Jacob est attachant.

Les Animaux fantastiques : Photo Dan Fogler, Eddie Redmayne

Visuellement c’est très réussie. On retrouve pas mal de thèmes déjà présent dans Harry Potter, la maltraitance, l’enfance, les marginaux, l’obscurantisme, la soif de pouvoir. On part d’un personnage quasi inconnu dans la saga Harry Potter et on développe une histoire bien plus complexe, qui tiendra en cinq volets. On devine clairement que Grindewald, ce mage noir très puissant qui essaiera de répandre le mal, à l’instar de Voldemort, et qui sera arrêté par Dumbledore, sera au centre des intrigues. C’est prometteur, il faut dire que l’univers d’Harry Potter est quasi infini entre les très nombreux personnages, et les très nombreuses histoires passées.

 

Balade dans le nord

Le week end dernier, je suis allée rendre visite à mon amie belge, qui vit à coté de Bruxelles. Il n’aura pas fait très beau, mais on a eu la chance d’éviter la pluie promise par la météo, et d’avoir quand même droit à quelques éclaircies.

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Le vendredi était un jour férié et en Belgique rien n’est ouvert, à part quelques rares restaurants. Du coup on décide de prendre la voiture pour se rendre à la frontière coté Hollande, à Eidhoven, pour faire quelques magasins. Là bas, l’un des intérêts shopping c’est la présence d’un grand Primark, ce qui nous permet de faire quelques achats pas cher. La ville d’Eindhoven en elle même n’a rien de bien folichon et je dois dire que la population locale est assez désagréable. Les gens vous bousculent, vous poussent, on a presque l’impression qu’ils cherchent à vous rentrer dedans, plutôt qu’à vous éviter, et le plus étrange, c’est que si on les laisse passer ou qu’on fait un effort pour ne pas rentrer dans la personne d’en face, c’est limite si elle ne vous  lance pas un regarde de haine, alors que quand vous décidez de faire comme eux, de rentrer dans les gens, de foncer dans le tas, de donner des coup d’épaule comme un jouer de rugby, ils ne s’offensent pas du tout et on l’air de trouver ça tout à fait normale; sans parler des cyclistes qui roulent comme si ils étaient seuls au monde, sans regarder les voitures qui débarquent et qui, malgré la nuit noire, ne porte ni gilet jaune, ni autocollant réfléchissant. Bref, je ne garde pas un très bon souvenir de Eindhoven!

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Le samedi, on passe la journée à Gent ou Gand. La ville flamande est très jolie, j’y avais déjà été une fois, mais je n’avais pas eu le temps de faire vraiment le tour de la ville. Cette fois ci on se promène le long des canaux, on passe devant le château fort (sans le visiter), on déjeuner dans un très bon resto, avant de reprendre la route pour Bruxelles, où on rejoints deux amis avec qui ont dine et passe la soirée.

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Je suis rentrée le dimanche, avec bien sur mon traditionnel ballotin de chocolats. J’ai pu faire du shopping intéressant, manger ma gaufre liégeoise, revoir des amis, on a bien rigoler, bien manger, bien dormi, bien promener, et j’ai pu admirer les magnifiques couleurs automnales de la région, surtout le long de la route, on a pu longer parfois de véritables forêts enchanteresses!

Remember, remember, the 5th of november…

Le premier week end de novembre, je me suis rendu à Londres pour fêter un anniversaire. J’avais complètement oublié que le 5 novembre c’était également la Guy Fawkes night, cette fameuse nuit que les anglais fêtent chaque année à coup de feux d’artifice pour célébrer le ratage de l’attentat prévu contre le parlement au 17e siècle.

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Exposition de voitures anciennes sur Regent street et Trafalgar square

C’est dommage que je ne m’en sois pas souvenu plus tôt, car j’aurais aimé pouvoir voir les feux d’artifice depuis le sky garden roof, une terrasse au sommet d’un building, qui permet de voir Londres sur 360° et gratuitement, mais qui bien sur était complet pour la soirée. Ce n’est pas grave, on a quand même pu voir les feux d’artifice!

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National gallery

Ce samedi, on s’est tranquillement promené sur Regent street, entre les voitures de collection datant du début 20e, exposées au milieu de la rue, avec en prime des gens habillés en tenues d’époques et qui ont été très chaleureux! Après déjeuner, on a visiter la national gallery, où j’ai pu admirer le fameux autoportrait d’Elizabeth Vigée Le Brun, le tableau représentant l’exécution de Jane Grey par Delaroche que je ne peux m’empêcher d’admirer à chaque visite, ou encore quelques beaux tableaux de peintres impressionnistes. A 16h, il était temps de prendre possession de notre appartement pour le week end, qui se trouve dans un quartier que j’aime beaucoup, Canary wharf. L’appartement est superbe, moderne, fonctionnel, face aux canaux de Canary wharf, et si le quartier est un peu excentré, il est très bien desservi par la jubilee line. Pour finir la journée en beauté, on dine d’une pizza à wildwood, une chaine qui casse pas des briques mais qui reste très correct, avant d’aller prendre place pour observer le feu d’artifice.

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Feux d’artifice pour la Guy Fawkes night depuis le London bridge

Pour le 5 novembre, il y a des feux d’artifice organisé dans toute l’Angleterre. A Londres, il y a plusieurs endroits qui organisent des feux d’artifice, mais le plus proche restait celui de Southwark park. C’est gratuit, mais il fallait là aussi réserver sa place plusieurs semaines à l’avance. Donc on décide de se poster sur le London bridge qui se trouve  en face du park, et on fait bien car il n’y a pas trop de monde, et on peut voir le feu d’artifice sans problème!

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Wallace collection

Le dimanche, après un petit déjeuner rapide, on se rend sous un grand soleil à la Wallace collection, une ancienne maison privée transformée en musée. Elle contient de magnifiques tableaux de maitres, certains plus connus que d’autre, dont deux Delacroix. On peut y voir aussi de très beaux meubles anciens, et l’une des plus impressionnantes collection d’armes d’époques, entre arbalètes, couteaux, sabres, épées, armures, casques…La visite vaut le coup d’œil, le musée se situe juste derrière Oxford street en plein centre, il est gratuit et comme peu de monde connait le musée, on peut pas dire qu’il y ait foule, du moins à chaque fois que j’y suis allée.

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Collection d’arme et deux tableaux de Delacroix à la Wallace collection

On déjeune dans l’un des meilleures fish and chips de la ville selon plusieurs sites internet, Golden hind. Frite, poisson pané, sauce tartare. C’est très bon, mais un peu trop gras, la digestion sera un peu lourde! Pour être honnête, j’en avais mangé un dans un pub lambda lors de mon dernier week end, et il était tout aussi bon sans être aussi gras, donc bon, c’est un plat si simple qu’il n’y a sans doute pas énormément de différence entre les restaurants…

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Green park

Après le déjeuner, on reprend notre shopping à travers Oxford street sous des trombes d’eau et qui est fermée à la circulation. Il y a pas mal d’activité pour les enfants, la rue est devenue piétonne, et je n’ai jamais vu autant de monde de ma vie sur cette rue que ce jour là! Je demande à une policière ce qu’il se passe et elle me dit que le soir ils vont allumer les décorations de noël sur Oxford street uniquement. Finalement, une fois les déco allumées, j’ai trouvé que tout ce bazar, ce monde, cette foule qui scande le décompte avant allumage, tout ça pour allumer quelques boules accrochées en l’air, c’est beaucoup de bruit pour pas grand chose! Dommage que ce n’est pas Regent street qu’ils ont allumé, car les décorations de noël on l’air plus impressionnantes! Mais on dira ce qu’on voudra, comparé à Paris, Londres c’est vraiment très animé, tous les week end il y a quelque chose.

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Devant Buckingham palace

Lundi c’est déjà le dernier jour, ce fut un petit week end sans prétention. On prend un bon petit déjeuner dans le restaurant the parlour à Canary wharf, avant d’aller se promener dans Green park. Comme pour la veille, ce matin il fait encore très très beau. On débouche devant Buckingham palace et on reste pour assister à la relève de la garde. Je l’avais déjà vu la première fois que j’étais venue à Londres, mais cette fois ci au lieu de me positionner à l’entrée des grilles, je me met à l’entrée de la place, pour juste voir l’arrivée de l’orchestre, des chevaux, et des soldats. Une fois dans la cour de Buckingham, on entend l’orchestre jouer les thèmes de Star wars.

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La relève de la garde

On fait une petite balade dans Saint James park, où le temps commence à être plus nuageux, avant de faire une pause gâteau a l’ETO café, situé sur Wardour street. Depuis que mon salon de thé préféré a fermé ses portes (camellia tea room), je n’arrivais pas à trouver un endroit sympa où se poser pour manger de bons gâteaux et boire du bon thé. C’est chose faite maintenant avec ce café, les gâteaux sont très bons, le choix est interminable, difficile de n’en choisir qu’un et le thé au jasmin que j’ai gouté est très bon.

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Saint James park

Une dernière petite limonade dans mon pub favori, et c’est déjà l’heure de reprendre l’eurostar. Je n’ai pas fait énormément de chose durant ce week end, mais cette coupure m’a fait du bien et croiser des gens polis, souriants, chaleureux, accueillants, voir des hommes se lever dans le métro pour laisser des personnes plus âgés s’assoir, voir des gens qui n’ont pas oublié les règles les plus élémentaires du savoir vivre, ça fait du bien, ça me repose le cerveau et surtout les nerfs! Vivement le prochain séjour au Royaume Uni!

Dernières séances: Mademoiselle – Chouf – Sing street – Moi Daniel Blake

Mademoiselle : Affiche

Mademoiselle

de Park Chan Wok

Kim Min Hee, Kim Tae Ri, Jung Woo Ha

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Dans les années 30, en Corée, Sookee est une jeune pickpocket élevée par une arnaqueuse et revendeuse de bébés orphelins. L’un de leur complice occasionnelle propose à Sookee de l’aider à arnaquer la belle et naïve Hideko, une riche héritière. Pour cela, il s’est crée tout un personnage de faux comte japonais, qui va aller séduire la riche héritière afin de toucher l’argent et qui se débarrassera d’elle dans un asile psychiatrique quelques jours après le mariage. Cette dernière vit sous la coupe d’un vieil oncle sévère, et il faudra donc séduire la belle au point de la convaincre de fuir pour se marier. Le rôle de Sookee est simple, elle doit gagner la confiance d’Hideko afin de la convaincre d’épouser le comte.

Mademoiselle : Photo Kim Tae-Ri

De Park Chan Wook j’ai vu tous ces films depuis Sympathy for mr vengeance (je suis un cyborg, thirst, lady vengeance, Stoker, Old boy). Mademoiselle a eut droit à des critiques dithyrambiques dans la presse, mais mon avis sera moins extatique.

Du coté esthétique du film, c’est vrai que Park Chan Wook est très doué, rien à redire, les décors, les costumes, les paysages, la manière de filmer, certains plans sont de vrais tableaux. Le film suit d’abord le point de vue de Sookee, cette jeune femme doué pour le pickpocket et les petites arnaques, qui va vite avoir le tournis dans la chambre de mademoiselle Hideko, avec toutes ses robes, ses bijoux, ses tiroirs remplis de gants, et ses armoires remplies de chaussures. Elle va vite s’attacher aussi à Hideko, cette jeune femme enfant, qui n’est jamais sortie de la maison de son oncle, chez qui elle est arrivée quand elle était petite, après la mort de sa mère. Entre manoir anglais d’un coté et maison traditionnelle japonaise de l’autre, la maison vacille entre escalier digne d’un palace, salle à manger à l’anglaise, et porte de papier de soie.

Mademoiselle : Photo

Ce que j’ai aimé dans le film, c’est la présence de l’humour durant quasiment tout le film et l’intrigue, les rebondissements, les surprises. Certes je n’ai pas été surprise au point d’écarquiller les yeux , mais agréablement surprise par des retournements de situations pas assez originale pour surprendre vraiment, mais qui viennent réveiller le spectateur qui risquerait de se laisser endormir par la torpeur de la première partie qui est centrée sur la relation Sookee/Hideko.

Mademoiselle : Photo Kim Min-Hee

Le coté érotique est poussée parfois à l’extrême dans le sens où on avait pas besoin d’en voir autant pour que ce soit efficace. La scène dans laquelle Hideko lit à voix hautes les livres pervers de son oncle pour ses invités, ou encore la scène dans laquelle Sookee lime la dent d’Hideko sont plus efficace que la scène beaucoup trop longue dans laquelle les deux femmes passent à l’action. Pareil pour la scène finale d’ailleurs, sur le bateau, qui donne plus l’impression que Park Chan Wook à voulu se faire plaisir une dernière fois, plutôt que de servir le film et l’intrigue. Et bien sur, c’est filmer par Park Chan Wook donc on oublie pas la scène bien gore à la fin du film! Malgré ses 2h25, on ne s’ennuie pas, on ne trouve pas le temps long et il n’y a pas de moment trop lent, bien que le film aurait pu être plus court en enlevant certaines répétitions du au changement de point de vue. Pas le film que j’ai préféré de Park Chan Wook mais un bon film quand même.

Chouf : Affiche

De Karim Dridi

Sofiane Khammes, Foued Naba, Zine Darar

4/5

Dans les quartiers nord de Marseille, la vie des cités est régulée par le business de la drogue et les descentes de flics. Sofiane a eut la chance de réussir dans ses études et d’être admis dans une école de commerce à Lyon. Il rêve d’ouvrir un fast food dans son quartier avec son frère Slim qui lui, est devenu dealer pour gagner sa vie. De retour dans son quartier pour quelques jours de vacances, Sofiane renoue avec ses amis d’enfance et passe du temps avec son frère. Mais un soir Slim est abattu en bas de son immeuble. Sofiane décide de rester et de découvrir qu’elle était la vie de son frère dans le réseau et qui a pu l’abattre. Ce qui n’est pas du gout des autres dealers.

Chouf : Photo Mohamed Ali Mohamed Abdallah, Sofian Khammes, Zine Darar

Chouf nous parle des quartiers difficiles de Marseille, loin des clichés. C’est ce que j’ai aimé dans ce film, les personnages ne sont pas caricaturaux, ni les personnages féminins ni les personnages masculins. Sofiane n’est pas le gentil garçon qui a réussi, il a un passé, mais ce n’est pas non plus le gros dur capable de violence pour venger son frère.

Chouf : Photo Sofian Khammes

Le film nous montre le deal de drogue sans fioriture, à la limite du documentaire, du simple guetteur au chef de réseau, en passant par les fournisseurs, par les dealers, par les flics corrompus qui tentent de garder un équilibre et une paix sociale au sein de la cité, tout en se faisant de l’argent. Sofiane débarque dans tous ces trafics et avec son oeil d’étudiant en commerce, apporte son grain de sel pour mieux rentabiliser les affaires.

La violence est filmé sans romantisme ni envergure, c’est simple, rapide, dure, impitoyable, sans musique ni effet de style. A voir aussi pour ses acteurs tous très bons.

Sing Street : Affiche

Sing street

de John Carney

Ferdia Walsh Peelo, Lucy Boynton, Jack Reynor, Maria Doyle Kennedy, Aidan Killen

4/5

Dublin dans les années 80. C’est la crise économique, et beaucoup de gens partent tenter leur chance en Angleterre. Connor, avec son frère et sa sœur ainée, vit chez ses parents, qui passent leur temps à se disputer. Avec l’argent qui ne rentre plus, Connor est obligé de quitter son école privée pour une école catholique gérée par des prêtres sévères. Sa nouvelle école est le chaos par définition, les profs s’en foutent, les élèves encore plus, et Connor devient le souffre douleur de la petite brute de l’école. Mais Connor rencontre aussi la belle et mystérieuse Raphina. Pour l’aborder il lui fait croire qu’il est le chanteur d’un groupe de rock et l’a sollicite pour jouer dans son prochain clip. Il a quelques jours pour réunir d’autre camarades afin de former un groupe.

Sing Street : Photo Ben Carolan, Conor Hamilton, Ferdia Walsh-Peelo, Karl Rice, Mark McKenna

Les années 80 sont devenus très à la mode ces derniers temps, et en générale c’est assez réussi. Ici c’est le rock qui est mis en valeur avec cet ado de 16 ans qui décide de monter son propre groupe de rock pour séduire une fille, un an plus âgée que lui. Du même réalisateur j’avais vu Once, jolie film musicale là aussi, même si l’intrigue était un peu faible.

Sing Street : Photo Ben Carolan, Conor Hamilton, Ferdia Walsh-Peelo, Karl Rice, Mark McKenna

Sing street c’est le genre de film qu’on aime bien voir et revoir. L’histoire tourne autour de Connor, entre ses parents qui veulent divorcer et qui ont trop de problèmes personnels pour s’intéresser à ceux de leurs enfants, son frère ainé, révolutionnaire dans l’âme à l’intelligence cynique, fanatique de rock et qui prend en charge l’éducation musicale de Connor, ou encore sa grande sœur trop sérieuse.

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J’ai adoré toutes les scènes dans lesquelles Connor passe son temps avec ces camarades qui constituent son nouveau groupe de rock. Ils passent leur temps à écrire les paroles, la musique, tourner des clips, à se chercher un style selon les inspirations du moment, Connor passe du style androgyne de Bowie, à la dégaine  décoiffée des Cure.

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C’est très drôle, parfois quelques moment touchants, notamment les discussions entre les deux frères, c’est plein d’énergie, de rêves brisés, de désillusion et d’espoir, même si les dernières minutes sont peut être un peu too much. On prend plaisir à écouter les morceaux emblématiques du rock des années 80 et d’entendre les créations de Connor et son groupe. Un film qui redonne la pêche.

Moi, Daniel Blake : Affiche

Moi Daniel Blake

de Ken Loach

Dave Johns, Hayley Squires

4/5

Daniel Blake se remet doucement d’une crise cardiaque. Son médecin lui a formellement interdit de reprendre le travail, mais une entreprise privée qui sous traite les demande d’allocation invalidité déclare Daniel apte à reprendre le travail. Malgré les avis contraire des ses médecins, les services sociaux ne veulent rien entendre. Daniel à la possibilité de faire appel de cette décision, mais en attendant, il n’a pas d’autre choix que de s’inscrire au chômage, pour espérer toucher juste ce qu’ilf aut pour survivre. Il doit alors se plier à une procédure inhumaine, humiliante, et absurde, chercher du travail alors qu’il ne peut physiquement pas travailler. Daniel Blake se heurte aux personnels des services sociaux obtus et détachés et tombe dans un système qui se plait à broyer ceux qui ne rentre pas dans le cheminement classique de la recherche de travail. Daniel Blake fait aussi la connaissance de Katie, mère célibataire de deux très jeunes enfants, qui pour être arriver en retard de 5 minutes à son rendez vous avec les services sociaux, se voit retirer son allocation et seule source de revenu pour un mois.

Moi, Daniel Blake : Photo Dave Johns, Hayley Squires

Ken Loach nous montre un système social déshumanisé, vicieux, froid et détaché. Daniel Blake est déclaré apte à travailler par un simple questionnaire téléphonique effectué par un boite privé, sans rendez vous, ni examen, alors que ces médecins et cardiologues disent le contraire. Dès lors commence une descente aux enfers, Daniel se heurte contre un mur. Les employés du pole emploi locale doivent suivre des procédures millimétrées et ne doivent pas s’éloigner des phrases types qu’on leur apprend à répéter face à tel ou tel problème. Le pôle emploi est lui aussi soumis à rentabilité, celle de supprimer un maximum de gens des listes de recherche d’emploi, peu importe qu’ils aient réellement retrouvé un emploi. Cinq minutes de retard à un rendez vous, une recherche d’emploi inférieur aux 35 heures par semaine imposé par le règlement, ou encore un manque de preuve dans cette recherche et c’est la “sanction”. Absurde, vicieux, inhumain, des robots feraient aussi bien le job, aucun aspect social ou humain dans les relations avec ces gens défavorisés.

Moi, Daniel Blake : Photo Dave Johns

Pour avoir moi même été “victime” du pôle emploi, j’ai trouvé le film assez crédible. J’ai vécu ces règles absurdes à suivre, j’ai pu voir son inefficacité :trouver un emploi à un universitaire est impossible, obligation de postuler à des annonces qui ne sont plus d’actualité ou pire des annonces bidons, devoir suivre des séminaires pour faire son CV et se retrouver à faire le boulot de l’animateur sur la demande de ce dernier, car occupé avec quelqu’un d’autre, bref je m’éloigne du sujet…

Moi, Daniel Blake : Photo Dave Johns, Hayley Squires

Quand on ne rentre pas dans le moule, ou qu’on ne se laisse pas manœuvré pour suivre à la lettre les règles, on est vite broyé par le système, qui oublie l’aspect humain, le cas par cas. Daniel Blake ne sait pas utiliser internet et c’est déjà le début de la fin pour lui. J’ai beaucoup aimé sa relation avec la jeune Katie et ses deux enfants. Mais si la situation de Daniel Blake est tout a fait crédible et juste, celle de Katie est un peu exagérée. On sent que cette jeune mère célibataire à des options que n’a pas Daniel Blake, et on sens que sa situation est poussée à l’extrême dans le film. L’idée est de montrée les solutions extrêmes auxquelles les plus démunis ont recourt. Mais dans le cas de Katie, je trouve son choix disproportionné et trop exagéré.

Les deux acteurs principaux sont l’atout premier du film, Dave Johns est excellent et tellement crédible dans le rôle de Daniel Blake, tellement touchant dans le rôle de cet homme qui a toujours été honnête, travailleur, impliqué dans la vie de ses amis, solidaire, et qui se voit broyer par un système vicieux et impitoyable. Et Hayley Squires dans le rôle de Katie qui touche le fond, notamment dans la scène où elle craque dans la banque alimentaire ou encore quand elle vole dans un supermarché.

Stranger things

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Saison 1 – 8 épisodes

1983, dans une petite ville américaine. Will, Mike, Lucas et Dustin, 12 ans, sont les meilleurs amis du monde. Un soir en rentrant chez lui, Will disparait. Sa mère, son grand frère Jonathan et le shériff organisent les recherches. De leur coté Mike, Lucas et Dustin décident aussi de rechercher leur meilleur ami. Ils rencontrent dans la forêt une jeune fille de leur age, Eleven, au crane rasé. Mike comprend qu’elle est poursuivit par de méchantes personnes et décide de la cacher chez lui. Très vite, il s’avère qu’Eleven a certains pouvoirs et pourrait les aider à retrouver Will.

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Stranger things est une série produite par Netflix et diffusée durant l’été dernier. La série est un hommage aux films des années 80. C’est tout simplement un bon mélange entre DARYL, E.T. l’extraterrestre, avec un peu d’Alien.

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Strangers things c’est quatre gosses d’une dizaine d’année, qui nous rappellent ce que c’était que de grandir dans les années 80: ça joue à donjons et dragons, c’est fan des romans de Tolkien, ça fait des références à star wars, ça se déplace en vélo et on communique avec des talkies walkies. Des enfants avides d’aventures. Les poursuites en vélo face à des hommes du gouvernement méchants, les talkies walkies, la rencontre avec Eleven qui a des pouvoirs surnaturels, que Mike cache dans sa cave…comment ne pas surtout penser à E.T.?

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J’ai adoré l’ambiance années 80, les nombreuses références aux films, romans, jeux de cette époque, j’ai adoré l’amitié si solidaire, si fusionnelle entre les quatre amis, les voir risquer leur vie pour sauver l’un des leurs, leur sens de l’aventure…

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Mais dans stranger things, s’il y a un peu d’humour, c’est avant tout une atmosphère sombre. Les quatre amis sont dans leur monde, mais on voit aussi le monde des adultes. Le shérif est une future épave, entre pilules pour dormir et alcool, il ne s’est jamais remis de la mort de sa fille, Joyce la mère de l’enfant disparu, qui vit des moments difficiles et qui sera épauler par son fils ainé Jonathan, ou encore les parents de Mike, qui se sont mariés pour faire comme tout le monde mais qui vivent comme des étrangers.

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Je pensais que stranger things aurait un ton plus léger mais pas du tout. La série parle aussi d’expériences scientifiques sur des femmes et des jeunes enfants pour développer des dons surnaturels, comme ce fut réellement le cas dans les années 50, 60 et 70. Chaque épisode est tendu, profond, l’intrigue avance vite. C’est très appréciable de sentir que l’histoire avance à chaque épisode, qu’on ne tourne pas en rond, qu’on ne sent pas que les choses ralentissent juste pour gagner du temps. On prend le temps de connaitre les personnages, de se sentir proche d’eux, de s’attacher à eux.

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A chaque épisode la tension augmente, on veut savoir la suite, du coup les 8 épisodes s’enchainent en quelques jours à tout cassé. A noter, le casting excellent à commencer par les enfants et également Winona Rider très bonne dans le rôle de la mère qui recherche son fils, et  David Harbour dans le rôle du shérif.

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Et pour ceux qui hésiteraient, la saison 1 résouts toutes les plus grosses questions et intrigues posées dans le premier épisode tout en laissant quelques questions en suspens pour une saison 2 à venir.