Dernières séances: Late night – La vie scolaire – Roubaix une lumière

Late Night : Affiche

 

de Nisha Ganatra

Emma Thompson, Mindy Kaling, John Litghow

4/5

Katherine Newbury est l’animatrice de la célèbre émission Late Night, qu’elle anime depuis des décennies. Son humour, son franc parler, lui ont permis de se démarquer et de se faire connaitre. Sans pitié avec son équipe, elle est exigeante mais depuis quelque temps, l’audience baisse. La productrice de l’émission, qui n’apprécie pas la tournure que le show a pris, lui annonce qu’elle serait remplacée à la fin de la saison. Il ne lui reste que peu de temps pour apporter du renouveau et faire remonter l’audience. Par pure esprit de contradiction, après une discussion avec un collaborateur, elle demande à son assistant d’engager une femme pour rejoindre l’équipe des rédacteurs de l’émission. C’est comme ça que Molly Patel est embauchée alors qu’elle ne semble avoir aucune formation en la matière.

Late Night : Photo Emma Thompson

J’ai beaucoup aimé le film, c’est une vraie comédie, on rit beaucoup. Il faut dire qu’Emma Thompson est excellente dans le rôle de l’animatrice télé devenue célèbre grâce à son humour et son sens de la répartie. Katherine Newbury s’est concentrée uniquement sur sa carrière, sa seule concession étant son mari, alors quand on lui annonce qu’on va lui retirer son émission, elle ne peut pas l’accepter sans se battre: faire des efforts avec les médias, se mettre sur les réseaux sociaux, être plus franche et moins politiquement correct. Et faire confiance à l’œil neuf qu’apporte Molly qui vient d’un milieu à l’opposé de celui du divertissement et des médias.

Late Night : Photo Mindy Kaling, Reid Scott

Late Night : Photo Denis O'Hare, Paul Walter Hauser

Entre deux moments comiques, le film dépeint les coulisses de la télévision, des grandes émissions, les gens qui s’activent derrière la caméra. On égratigne au passage le monde de la télé et des médias.

On rit beaucoup pendant le film, je ne m’attendais à rire autant. Les acteurs sont très bons, le rythme soutenu, on ne s’ennuie pas, ce qui fait de Late night une comédie intelligente et réussie.

La Vie scolaire : Affiche

de Grand corps malade et Mehdi Idir

Zita Hanrot, Alban Ivanov, Liam Pierron, Gaspard Guévin Hié, Soufiane Guerrab, Hocine Mokando

3.5/5

A Saint Denis, on suit le quotidien d’un collège difficile à travers les yeux de la vie scolaire, ce service à la tête duquel on retrouve le CPE (conseiller principal d’éducation) sensé chapeauter les surveillants, faire appliquer le règlement et sanctionner les élèves indisciplinés, s’occuper de tous le côté administratif d’une classe (emploi du temps, entendre les professeurs, entendre les élèves…). Samia Zibra débarque donc à la rentrée, fraichement débarquée de son Ardèche natal. En réalité Samia s’est fait muter sur Paris pour se rapprocher de son compagnon, condamné à 2 ans de prison ferme pour un trafic de carte bleue dont il se dit innocent. Samia découvre la classe des “SOP”, les sans options, qui sont en réalité la réunion de tous les élèves de 4e qui n’ont pas d’option facultative et qu’on considère comme moins bons que les autres. Samia se lie d’amitié avec un des élèves, Yanis, qui semble brillant et malin mais dont l’insolence lui apporte beaucoup de problème.

La Vie scolaire : Photo Soufiane Guerrab, Zita Hanrot

J’ai vraiment eu l’impression de revivre le collège en regardant La vie scolaire. Rien a changé malgré les années, avec cette politique du “si tu veux être dans une bonne classe, t’as intérêt à prendre une option facultative”. Le CPE, les profs démissionnaires, les surveillants pas très honnêtes, les têtes dures…Personnellement j’ai adoré mes années au collège, je m’y suis énormément amusée.

La Vie scolaire : Photo Liam Pierron

La Vie scolaire : Photo Alban Ivanov, Moussa Mansaly, Zita Hanrot

J’ai bien aimé l’histoire du film, le suivi d’une classe durant une année scolaire, Yanis l’insolent mais pas méchant, qui pourrait réussir s’il s’en donnait les moyens. Kevin, Issa, Farid, ces élèves sont tous très attachants. Ce que j’ai aimé c’est l’absence de drame. Ici, il ne se passe finalement pas grand chose, le quotidien des profs, les parents convoqués, les enfants engueulés, les mauvaises notes, les choix d’orientation. Pas de meurtre, pas de flics, pas de drame, sauf une scène, celle d’un accident, qui n’a finalement pas grand chose à voir avec la vie des collégiens du film.

La Vie scolaire : Photo Alban Ivanov, Moussa Mansaly, Soufiane Guerrab, Zita Hanrot

J’ai trouvé les acteurs, notamment les élèves, tous très doués. Il y a certaines scènes très drôles comme la réunion parent prof entre le prof de math et Farid surnommé le mytho, qui vient accompagné de sa mère. Ou encore lorsque Farid donne les raisons de ses multiples retards à la CPE. On est quand même loin des clichés des films sur la banlieue.

Roubaix, une lumière : Affiche

de Arnaud Desplechin

Roschy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier

4.5/5

A Roubaix, le commissaire Daoud est chez lui. Il connait la ville, les gens, les mœurs. Il est entouré d’une équipe de lieutenants, transmets les affaires, et s’implique lui même dans les interrogatoires. Louis, un lieutenant tout juste débarqué dans la région, doute de son choix professionnel et voit en Daoud une sorte de mentor. C’est dans ce contexte que Louis mène sa première enquête, un incendie criminel dans une maison abandonnée. Les soupçons se portent sur les petites racailles du coin, les dealers…Claude et Marie, deux jeunes femmes un peu marginales qui partagent le logement d’à côté, sont d’accord pour témoigner…

Roubaix, une lumière : Photo Sara Forestier

Roubaix, une lumière : Photo Léa Seydoux, Roschdy Zem

J’ai beaucoup aimé le film. L’ambiance, l’atmosphère, la ville de Roubaix vu à travers les yeux de Daoud, ce commissaire imperturbable, solitaire depuis le départ de toute sa famille, qui adore sa ville malgré les défauts, qui connait les gens, les rues, les habitudes. La ville vu aussi à travers les yeux de Louis, qui n’est pas originaire de la région contrairement à Daoud, qui apprend à connaitre les lieux, qui se sent malgré tout séduit par cette ville difficile, mais qui doute de ses choix pro, de sa carrière.

Roubaix, une lumière : Photo Roschdy Zem

L’enquête policière est intéressante à suivre, Lea Seydoux et surtout Sara Forestier sont très bonnes dans les rôles de ces deux femmes marginales qui partagent leurs vies et leurs logements. Claude la dominante, qui a eu des atouts en main et qui a tout gâchée et Marie la faible, celle qui suit, un peu trop simple dans sa tête. L’un des atouts majeur du film, outre la mise en scène impeccable et l’intrigue qui tient en haleine, c’est Roschdy Zem dans le rôle de ce commissaire charismatique, mystérieux, à l’aura puissante, que tout le monde respecte. Un bon film, une bonne intrigue, de très bons acteurs, une superbe mise en scène, à voir.

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Quelques jours de vacances en Écosse

Comme chaque année en été, je me rends quelques jours en Écosse. Cela fait plusieurs années que je fais ce voyage en été, et je ne m’en suis pour l’instant pas lassée!

cette année j’ai joué la facilité, j’avais envie juste de me reposer, de profiter de l’air frais et de me détendre, donc je suis retournée à Oban, comme l’année dernière. Connaitre la ville et les alentours me paraissait être plus confortable et reposant que de découvrir un endroit totalement inédit! j’avais beaucoup apprécié la ville d’Oban l’année dernière.

Comme à chaque fois, je souhaite venir en avion jusqu’à Glasgow, mais comme à chaque fois je me rabat sur le train car les horaires des avions sont toujours très tôt le matin ou tard en début de soirée, ce qui n’est vraiment pas pratique.

Cette année je ferais une halte à Glasgow  (je conseille Glasgow, plutôt qu’Édimbourg, le prix des hôtels étant trois fois moins cher sans exagéré que les prix à Édimbourg et si vous souhaitez visiter la ville, il n’y a que 40 minutes de trajet en train entre les deux villes). Je visite et je loge dans le quartier de Merchant city à l’est du centre ville. L’année dernière j’avais visité l’ouest de la ville, j’ai voulu découvrir un autre quartier. C’est très jolie, beaucoup de boutiques et de resto sympa, une architecture très intéressante et du street art partout. Je me contente de me promener, de manger dans un resto italien (très bon au passage) et de rentrée à l’hôtel entre deux grosses averses, même si jusque là j’avais eu plutôt droit à de belles éclaircies.

Le lendemain, petit déj dans une adresse que j’avais repéré sur internet, à deux pas de mon hôtel, Gandolfi café. Accueil chaleureux, très bon café pour les amateurs et du très bon pain perdu accompagné de yaourt, de sirop d’érable et de fruits frais. Après ça, la gare pour prendre le train pour Oban. 3 h de train, toujours de jolies paysages, un retard de 40 minutes mais je ne suis pas pressée!

A Oban, il fait très beau, je retrouve les jolies boutiques du centre ville, la librairie Waterstone et je finis la journée en dinant au Waterfront fish restaurant, délicieux. Je mange du poisson frais avec des légumes, et en dessert crème brulée et son churros à la cannelle.

Le jour suivant, à ma grande surprise, il fait toujours très beau! Je décide de me rendre sur l’ile de Iona, que j’avais déjà visité l’année dernière. Un ferry vous emmène jusqu’à Craignure sur l’ile de Mull, puis c’est un tour en bus pour voir les plus beaux paysages de l’ile avec une conductrice qui raconte des anecdotes liées à l’ile, et ce ne sera pas les même que l’année dernière! Puis un dernier ferry traverse en quelques minutes le bras de mer qui sépare les deux iles pour se rendre sur Iona. Ayant déjà visité l’ile l’année dernière je me contente de prendre un sandwich dans un hôtel, puis de marcher 30 minutes pour visiter les deux plages principales de l’ile avant de me reposer sur l’une d’entre elle. La mer est turquoise, le sable blanc et fin mais ce n’est qu’illusion car l’eau reste très froide! je trempe mes pieds uniquement mais certains courageux, notamment des enfants, s’y sont baignés.

Le lendemain, je décide de visiter Kilchurn castle, les ruines d’un château du clan Campbell. Pour m’y rendre je prend le bus jusqu’au loch Awe. Le château est au bord du loch, les ruines se reflétant dans les eaux. Depuis le train ou le bus, on a une très belle vue du château. Une fois descendu du bus, il me reste encore 38 minutes à marcher le long de ce qu’ils nomment autoroute. La promenade n’est pas du tout agréable, car la moitié du chemin le trottoir pour piéton est étroit et les voitures qui passent nous frôlent d’un peu trop près. Quant à la 2e moitié du chemin, le trottoir laisse la place à un talus d’herbe sur le bas coté, très étroit et pas forcément fait pour les piétons. Il est dommage qu’il n’existe pas de sentier piéton le long du loch. J’arrive donc un peu fatigué sur le plan des nerfs à Kilchurn castle! Je visite les ruines qui ont l’avantage d’être gratuites avant de prendre mon courage à deux mains et de faire le voyage en sens inverse. Je retourne par le train jusqu’à Oban.

L’après midi, direction Ganavan beach par un bus municipale. 10 minutes de route et c’est une belle plage entouré de logements de vacances. Le sable est fin, la mer est bleue et la proximité des terres autour fait que l’eau est bien moins froide que celle de Iona. Pas mal de gens s’y baignent. Je me contente d’admirer la vue et de me détendre. En fin d’après midi, c’est pause gouter à la Oban chocolate company dont j’avais gouté les gaufres l’an passé. Carrot cake et thé au jasmin.

Le lendemain c’est excursion dans la région de Glencoe. Le bus pour fort William s’arrête dans le village de Ballachulish. Une panne nous oblige à nous arrêter sur une aire de repos, face au loch Linnhe. La vue étant très jolie et n’étant pas pressée, je patiente. Certains passagers finiront en stop pour ne pas rater leurs correspondances. Depuis Ballachulish, 30 minutes de marche vous amène à Glencoe village, le départ de nombreuses randonnée. Cette fois la promenade est bien plus agréable, loin des voitures. Petite pause au glencoe café pour manger sur le pouce avant d’aller se balader. Le soleil tape fort ce jour là, je décide donc de laisser tomber une partie de la randonnée que j’avais prévu, préférant rester à l’ombre et je me contente de remonter une partie du loch trail de glencoe. De retour à Ballachullish, je visite les anciennes carrières d’ardoises. Des sentiers permettent une visite intéressante avec des informations sur le quotidien des ouvriers.

Pour mon dernier jour, il pleut! La pluie s’arrête assez vite, mais le temps reste très nuageux. Je reprend le ferry jusqu’à Craignure et de la un bus pour me rendre à Tobermory, de l’autre coté de l’ile. La route n’a pas d’intérêt contrairement à la route pour se rendre sur l’ile de Iona. Une fois à Tobermory, le restaurant de poisson que je voulais tester est fermé pour le déjeuner, dommage. D’autant qu’à Tobermory il n’y a pas grand chose à faire. Je finis par déjeuner dans un resto au hasard et je tombe bien car j’y mangerais l’un des meilleurs fish and chips de ma vie. Les frites n’étaient pas terribles, mais le poisson et la panure étaient un vrai délice. De retour à Oban, je déguste une glace au caramel, très bonne, avec le soleil qui est revenu. Puis je dine à EE USK, un restaurant de poisson et de crustacé. Délicieux.

Le retour fut plus chaotique que mon séjour. En effet mon train Oban / Glasgow est annulé pour cause d’inondation des voies. Ayant un train pour Londres à 12h40 pour attraper un eurostar départ 19h, je m’inquiète et je pars expliquer ma situation à la guichetière qui semble désabusée par les nombreuses réclamations des voyageurs. Un bus de remplacement est annoncé et partira donc une heure plus tard. J’ai droit à une attention particulière, un agent vient me chercher pour me faire monter la première dans le bus, car il n’était pas sur qu’il y ait assez de place pour tous les voyageurs. Finalement je raterais mon train pour Glasgow, mais j’arriverais à monter dans le suivant ce qui me permettra de ne pas rater mon eurostar de 19h tout juste.

Bon à savoir:

Depuis Oban, il y a pas mal de bus qui vous permettent de vous déplacer dans la région. Un bus vous emmène à fort William, à Glencoe via Ballachulish. Vous pouvez vous rendre au loch Awe, au loch Linnhe, visiter plusieurs châteaux en ruines. Sachez aussi que certains bus ne passent que toutes les trois heures, donc il faut faire en sorte de ne pas le rater quand il passe.

Sachez qu’en écosse en générale, les restaurants proposent toujours un early lunch ou early dinner. Entre 12h et 13h et entre 17h30 et 18h30, vous pourrez déjeuner ou diner dans des restaurants réputés pour moins cher que les prix habituels, les restaurants proposant des formules très intéressantes. Enfin sachez que si vous n’avez pas réservé, ce n’est même pas la peine d’aller tenter votre chance dans les resto le soir, si vous n’arrivez pas pour l’heure d’ouverture. Sans réservation, vous trouverez sans problème une table pour 17h30 à l’ouverture, mais si vous arrivez à 18h ou plus tard, vous n’avez quasiment aucune chance d’avoir une table.

Pour la visite du Kilchurn castle, honnêtement il n’est pas nécessaire de vous y rendre pour le visiter, car au final, j’ai trouvé le château beaucoup plus beau et majestueux vu du train ou du bus, lorsqu’il domine le loch Awe. Par contre, sur la route qui mène au loch Awe depuis Oban, le bus passe au plus près d’un cour d’eau, dans lequel vous pouvez admirer les collines autour dans un parfait effet miroir dans les eaux qui les reflètent; Mais à ne pas faire un jour de pluie, l’effet miroir ne fonctionne pas!

Je n’ai pas eu le temps d’explorer, mais sachez que depuis Tobermory, il y a un chemin qui permet de jolies promenades dans la nature qui part depuis la marina.

 

Dernières séances: Midsommar – Once upon a time in Hollywood – Le flic le gangster et l’assassin

Midsommar : Affiche

de Ari Aster

Florence Pugh, Jack Reynor, Will Poulter

4/5

Dani, une jeune étudiante, se remet très difficilement de la mort tragique et brutale de ses parents et de sa sœur. Elle se raccroche à Christian, son petit ami depuis les trois dernières années, malgré son manque d’engagement vis à vis d’elle. Ce dernier souhaite rompre avec Dani, mais n’osant pas le faire alors qu’elle est toujours en deuil, il décide de l’inviter à un voyage d’été en Suède. Christian et ses deux amis, Josh et Mark ont été invité par leur ami suédois, Pelle, pour participer à la célébration du solstice d’été organisée par la communauté dans laquelle Pelle a grandit. Les 4 américains se retrouvent au sein de cette communauté qui semblent avoir des rites et des coutumes ancestraux. Perdu en pleine nature suédoise, chacun est venu pour des raisons différentes: Christian et Josh espèrent pouvoir finir leur thèse d’anthropologie en étudiant les coutumes de cette communauté, Mark lui espère juste pouvoir profiter des jolies suédoises, quant à Dani elle espère pouvoir faire son deuil et tourner la page.

Midsommar : Photo Isabelle Grill

Midsommar : Photo Florence Pugh, Jack Reynor

J’étais très curieuse de voir Midsommar, même si j’ai eu un peu de mal à me motiver. Je n’avais pas envie de voir un film qui serait déprimant ou choquant. Le film dure 2h30 et on ne voit pas le temps passé, aucune longueur. Si la bande annonce nous laisse penser que Midsommar est plus un film d’horreur à l’intrigue classique (des jeunes étudiants coincés dans un lieu d’abord sympathique et qui se révèle de plus en plus sombre), il possède en réalité plusieurs niveaux de lecture.

Midsommar : Photo Florence Pugh

On peut le voir comme un simple film d’horreur, une communauté isolée dans la nature pour fêter le solstice d’été, accueillante, gentille et très polie, mais qui cache en réalité des rites et coutumes qui paraissent vite horribles pour les touristes en visite. Mais on peut aussi voir Midsommar comme un film sur la nature humaine, sur le deuil, sur sa relation à l’autre. Rien de mieux qu’un voyage dans un lieu inconnu pour découvrir la vraie nature et la vraie personnalité des gens que vous côtoyez au quotidien et que vous pensez connaitre. Notamment le personnage de Christian, le parfait pote qui joue le rôle du fiancé persécuté par sa copine qu’il présente à son entourage comme hystérique et lourdingue. Il souhaite rompre avec Dani mais ne le fait à aucun moment, préférant l’inviter à leur voyage en Suède plutôt que de rompre, car Christian est un personnage lâche, feignant, cherchant la facilité. Il cache son manque total d’empathie envers les autres en jouant son rôle de gentil garçon en société. Josh, l’un de ses meilleurs amis, fera les frais de cette hypocrisie, de sa lâcheté, tout comme Dani qui découvrira bien vite que Christian a bien caché son jeu, montrant son arrivisme, sa lâcheté et son absence d’émotion. C’est simple, il ressemble tout à fait à un sociopathe.

Midsommar : Photo

Au travers du personnage de Dani, le film nous parle du deuil. Comment faire son deuil, tourner la page, aller de l’avant. Midsommar nous parle également de la communauté face à l’individualité. La communauté de Pelle fait passer le collectif toujours avant l’individu. L’individu lui même n’a presque pas d’existence dans cette société. Chacun à un rôle à jouer, selon son âge et selon ses talents, pour le bien de la communauté, sa survie et sa pérennisation. Tout le contraire du comportement des 4 étudiants étrangers. Lorsqu’une personne souffre c’est toute la communauté qui souffre, les autres mimant les cris et les douleurs physiques de ceux qui souffrent, comme pour alléger les souffrances de l’un des leurs, en partageant leurs émotions. Cette communauté et ce choix de vie n’est pas sans hypocrisie aussi…

Midsommar : Photo Florence Pugh, Henrik Norlén, Jack Reynor

Le film possède une atmosphère bien particulière, certaines scènes sont très étranges et d’autres très dérangeantes et brutales, Midsommar n’est pas pour tout le monde, il peut choquer. On pardonnera le comportement parfois pas très malin ou pas très crédibles des personnages, du au fait que leurs hôtes passent leur temps à leur faire boire des tisanes hallucinogènes. Midsommar est un film très intéressant, prenant, dérangeant, qui remue et avec la confirmation que Florence Pugh est une excellente actrice.

Once Upon a Time… in Hollywood : Affiche

De Quentin Tarentino

Brad Pitt, Leonardo Dicaprio, Margot Robbie, Emile Hirsch, Margeret Qualley, Bruce Dern, Al Pacino, Damian Lewis, Dakota Fanning, Kurt Russell

4/5

En 1969, Hollywood est en pleine mutation. Les années 60, les gentlemen en smoking, les dames déguisées en vraie poupée, sont révolues. Les années 70 pointent leur nez, la mode change, les mœurs aussi, les valeurs hollywoodiennes ne font pas exception. Rick Dalton est un acteur sur le déclin, lui aussi à un tournant de sa vie. Sa carrière d’acteur avait bien commencé, en décrochant le rôle principal dans un western télévisé qui raconte le quotidien d’un chasseur de prime. Sa doublure cascade Cliff a bien vécu durant les 8 années que dure la série, mais dorénavant c’est les vaches maigres pour l’acteur et sa doublure. Alors que Rick décroche un rôle secondaire dans un western, Cliff peine à trouver un boulot de cascadeur à cause de sa réputation. Sous des airs d’homme calme et serein, Cliff a tendance à laisser parler les poings, sans parler des doutes concernant la mort de sa femme, que Cliff aurait peut être assassiné. Entre deux crises de doutes et de soulerie, Rick garde espoir de voir sa carrière reprendre un second souffle, surtout quand il découvre que ses voisins ne sont autre que Sharon Tate et Roman Polanski.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Brad Pitt

Le dernier né des films de Tarantino dure tout de même 2h45! même si c’est parfois long quand on est assis dans un fauteuil sans bouger, le film n’ennuie pas une seconde. J’ai beaucoup aimé suivre le duo de l’acteur sur le retour et de sa doublure Cliff, leur relation, leurs discussions. Rick est un acteur qui se prend très au sérieux, qui est resté figé dans les années 50 et 60, et ne comprend pas très bien cette nouvelle ère qui commence à pointée, celle des hippies. Rick est un acteur stressé, peu sur de lui au finale, qui doute beaucoup. J’ai beaucoup aimé la longue partie durant laquelle on le voit sur le tournage de ce nouveau western, un rôle secondaire mais qui lui tient à cœur. Sa manière de s’investir à fond et sa relation avec une enfant actrice. Rick est un acteur à fleur de peau, trop émotif. A l’inverse de Cliff, sa doublure, toujours la maitrise de soi et de ses émotions, tout sous contrôle. Il incarne la force tranquille, car si de prime abord il semble être calme, Cliff devient vite violent quand on le cherche. Et même dans la violence, Cliff garde un contrôle non pas de sa violence mais de ses émotions; Tout est résumé dans sa relation avec son chien, notamment quand il est l’heure de la nourrir.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Brad Pitt, Leonardo DiCaprio

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

En arrière plan bien sur, c’est aussi le meurtre horrible de Sharon Tate, enceinte de 8 mois, et de ses invités. On suit Sharon dans son quotidien de jeune actrice, sa relation avec Roman Polanski et avec son meilleur ami. La tuerie perpétrée par plusieurs disciples de Charles Manson est revue et corrigée selon le fantasme du réalisateur (fantasme partagé). J’ai adoré voir la scène finale donc, dans laquelle les choses ne se passeront pas comme dans les faits réels, notamment grâce à Cliff. Comme sait le faire Tarentino, c’est un mélange de violence pure et d’humour tordu.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

Once upon a time in Hollywood c’est prenant, bien interprété, bien réalisé, on retrouve le style de Tarentino dans certaines scènes. J’ai beaucoup aimé les personnages, leurs interactions, l’époque dans laquelle les héros ne se sentent pas à leur place. J’ai beaucoup aimé la revisite de la réalité historique.  Des trouvailles scénaristiques, des scènes parfois longues sur un détail et pour autant jamais ennuyant.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Affiche

de Lee Won Tae

Ma Dong Seok,  Kim Yu Yeol

3/5

Jang Dong Soo, un chef de gang redouté et respecté, est gravement agressé par un inconnu après un accrochage sur l’autoroute. Il s’agit en fait d’un tueur en série qui frappe au hasard après avoir fait exprès d’accrocher la voiture de sa future victime pour la forcer à s’arrêter. Mais Dong Soo n’est pas une victime comme les autres et arrive à blesser et à faire fuir l’assassin.  Jeong Tae Seok, inspecteur de police qui aime titiller les gangster sous les ordres de Dong Soo, souhaite être le flic qui arrêtera le tueur en série. Mais sa hiérarchie en est encore à se demander s’il s’agit bien d’un assassin en série et ne souhaite pas aller plus loin. Les deux hommes que tout opposent vont alors s’allier et mettre en commun leurs ressources pour arrêter cet assassin, chacun pour des raisons différentes.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo Kim Moo-yul, Ma Dong-seok

J’adore le cinéma coréen alors je n’ai pas hésité avant d’aller voir ce film. Le concept de l’histoire est assez classique, le gangster intouchable qui s’allie à un inspecteur frustré afin d’arrêter un tueur en série qui frappe au hasard. Si le film était américain, il est clair que les deux hommes auraient fini meilleurs potes à la fin du film mais heureusement on est en Corée du sud, et les choses sont plus complexes que ça.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo Ma Dong-seok

Dong Soo souhaite à tout prix arrêter le tueur pour en faire un exemple auprès de ses hommes et de ses concurrents, car sa réputation en a pris un sacré coup: lui le chef de gang redouté, envoyé à l’hôpital par un inconnu qui l’agresse dans la rue. La concurrence voit là une faiblesse qu’il faut exploitée. De son coté, Tae Seok, flic frustré par le manque de réaction de sa hiérarchie face aux gangs, espère jouer les héros et les supers flics en étant celui qui arrêtera le tueur en série dont tout le monde parle. En arrière plan on peut voir la protection des gangs par la police grâce à des hauts fonctionnaires corrompus, payés pour regarder ailleurs et pour faire regarder ailleurs les policiers sous leurs ordres.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo

J’ai trouvé Ma Dong Seok, dans le rôle du chef de gang, très bon. La force tranquille, l’homme ne pers pas souvent son sang froid, en tout cas pas sans une bonne raison et quand il frappe, on le voit pas toujours venir et ça frappe dure! J’avais déjà vu l’acteur dans Le bon la brute et le cinglé et dans Dernier train pour Busan. Par contre j’ai été assez agacé par le jeu de Kim Yu Yeol qui joue le rôle du flic. Il en fait des caisses, parfois c’est vraiment trop au point qu’il en devient agaçant. Un bon divertissement, de l’action, de la violence, de l’humour, le film ne se prend pas au sérieux et j’ai bien aimé la fin.

Dernière séance: Les enfants de la mer

Les Enfants de la mer : Affiche

de Ayumu Watanabe

2.5/5

Ruka, lycéenne, débute enfin ses vacances d’été. Elle est contente de pouvoir aller tous les jours à son club de hand. Après avoir été victime d’un croche pied d’une camarade qui ne supportait pas la voir constamment gagner, Ruka se laisse submerger par la colère et lui donne un coup de coude dans le nez. Ne voulant pas s’excuser elle est renvoyée. Ruka a du mal à supporter sa maison, notamment à cause de sa mère, séparée de son père, qui passe son temps en arrêt maladie à boire et à dormir. Ruka décide alors d’aller rendre une visite à son père, océanographe qui travaille pour le grand aquarium. C’est ici que Ruka a vécu son plus beau souvenir d’enfance. Alors qu’elle cherche son père, Ruka tombe sur Umi, un jeune garçon de son âge qui semble avoir des capacités surhumaines dans l’eau. Elle découvre que lui et un autre garçon Sora, ont été élevé par des dugongs dans l’océan. Ils ont donc développés des capacités d’apnées et de nage presque surnaturelle, et leur peau ne supporte pas de rester trop longtemps sans être dans l’eau. Ruka sympathise avec eux. Umi lui explique que très bientôt un évènement important va se dérouler dans l’océan, une naissance qui nécessite la présence de certains êtres.

Les Enfants de la mer : Photo

J’étais très motivée pour aller voir ce nouveau animé japonais, et franchement j’ai été assez déçu! La première partie m’a plutôt emballée, on fait la connaissance de Ruka, une ado un peu rebelle, peu sociale, qui ne sait pas se faire des amis. Elle trouve la réaction de ses camarades et du coach injuste après son renvoi. On découvre sa frustration, sa colère, ses émotions probablement exacerbées par la séparation de ses parents et la “démission” de sa mère, apparemment en légère dépression, passant son temps à boire et cuver la journée. Ruka est donc une ado très seule et isolée et sa rencontre avec Umi et Sora va changer la donne. Ruka va apprendre à se connaitre et à se faire plus confiance.

Les Enfants de la mer : Photo

C’est la deuxième moitié du film qui m’a perdu. On découvre que les deux enfants de la mer, Umi et Sora sentent qu’un évènement important va bientôt arrivé et que cela va surement entrainé de grandes conséquences les concernant. On comprend que Ruka a peut être des dons communs avec Umi et Sora, qu’elle apprend à développer. Mais quel est cet évènement? cette naissance dont les personnages parlent? on comprend bien que le sujet c’est la protection des océans et des êtres qui y vivent mais on comprend rien à l’histoire! Toute la longue partie durant laquelle Ruka est sous l’eau, avalée par une baleine, recrachée, se disputant une météorite avec Umi, c’est sans queue ni tête! c’est bien simple j’ai l’impression de voir en image le délire psychédélique de quelqu’un qui serait sous LSD…

Les Enfants de la mer : Photo

Pas vraiment de conclusion à la fin du film sur ce qui s’est passé ou pas passé, Ruka reprend sa vie avec plus de confiance, plus d’assurance, prête à s’excuser, pardonner et reprendre peut être une vie sociale et ne s’inquiétant en rien de la disparition de ses deux nouveaux amis. Bref, malgré de belles images, notamment concernant la mer et le ciel étoilé, j’ai pas compris grand chose, je me suis ennuyée, j’ai décroché et attendu impatiemment la fin de la séance.

Dernières séances: Yesterday – So long my son

Yesterday : Affiche

de Danny Boyle

Himesh Patel, Lily James, Kate McKinnon

2.5/5

Jack rêve de devenir une star du rock ou pop rock depuis son  enfance. Eli sa meilleure amie l’encourage depuis le collège. A l’âge adulte, Jack n’a toujours pas percé avec ses chansons, il enchaine festival obscur sur concert perdu au milieu de nulle part qui n’intéresse personne. Malgré la motivation d’Eli qui est son manager les soirs et week end, Jack décide de tout laissé tomber et de reprendre le cours de sa vie, à savoir redevenir prof des écoles comme Eli. Mais après un grave accident de la route, le voilà qui se réveil dans un monde perturbé. Certaines choses semblent avoir disparus de la mémoire collective des humains, notamment l’existence du groupe les Beatles. Jack décide donc de chanter tous leurs tubes afin de devenir célèbre.

Yesterday : Photo Himesh Patel

J’étais curieuse de voir le film. Jack comme tous les enfants, grandit avec l’espoir d’accomplir son rêve, mais comme 90% des gens, une fois adulte il se rend compte que ce rêve ne se réalisera pas; Là où tous ses amis ont tourné la page des rêves d’enfant, Jack lui espère encore, grâce notamment au soutien d’Eli sa meilleure amie.

Yesterday : Photo Himesh Patel, Lily James

Certains moments sont très drôles, notamment lorsque Jack découvre que d’autres choses n’existent pas dans le monde dans lequel il s’est réveillé après son accident, le coca cola, le groupe Oasis, ou encore Harry Potter! L’idée de départ est donc rigolote, mais le reste du film est parfois un peu ennuyeux, parfois un peu niais, notamment le personnage d’Eli qui porte toujours le même style de robe, du genre enseignante fleur bleue. Elle fait plutôt pensée à un personnage de dessin animé bateau, lisse et sans personnalité. Jack est plus intéressant à suivre. Le film passe le message que la célébrité n’apporte pas le bonheur, notamment quand Jack, devenu célèbre grâce aux chansons des Beatles, comprend que le vrai bonheur se trouve auprès d’Eli et qu’il devra choisir, mouais…(ou encore quand on découvre que John Lennon n’est pas devenu le chanteur qu’on connait, mais qu’il mène une vie simple et qu’il a vécu très heureux…).

Un film gentillet, quelques touches d’humour bienvenu, mais qui ne restera pas dans les mémoires.

 

So Long, My Son : Affiche

de Wang Xiaoshuai

Wang Jinchung, Young Mei

4.5/5

Au tout début des années 80 (ou fin 70?), Liyun et Yaojun forment un couple uni. Dans la chine communiste où le Parti fait la pluie et le beau temps, Yaojun et Liyun sont deux ouvriers qui tentent de suivre toutes les directives du régime afin de gravir les échelons. Bientôt ils sont parents d’un petit garçon né le même jour que le petit garçon de leurs voisins et meilleurs amis. Mais un drame viendra mettre un terme à leur entente parfaite, et les deux couples s’éloigneront l’un de l’autre progressivement jusqu’à couper complètement les ponts durant les décennies suivantes.

So Long, My Son : Photo

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Dure de se motiver pour aller voir So long my son, car le film dure 3h. Mais heureusement que je l’ai vu car c’est probablement un des meilleurs films de l’année. 3h qui ne sont pas du tout de trop au finale. Aucune lenteur, aucune longueur, aucun ennui, j’ai quasi pas cligné des yeux devant cette fresque familiale et historique. L’histoire est racontée sans suivre la chronologie ce qui rend le film moins classique et plus vivant. Suivre la destinée de ces personnages fut prenant, intéressant et fort. Liyun et Yaojun forment un couple tellement attachant, mais dans la chine communiste, celle du Parti omniprésent, du qu’en dira-t-on, de la politique de l’enfant unique, les drames vont s’imposer à ce couple si volontaire, si travailleur.

So Long, My Son : Photo

 

Le film passe en revu, au travers de la vie et des épreuves de ce couple, 30 ans de la Chine actuelle. Les usines ouvrières menées par le parti communiste, le sacrifice de tout une génération pour le bien économique du pays, la cruelle politique de l’enfant unique et de ces conséquences, l’ouverture du marché, le sacrifice des ouvriers tous licencier comme s’ils étaient devenus indésirables, la disparition des logements ouvriers pour mieux construire les nouveaux centres commerciaux. Liyun et Yaojun, contrairement à leurs voisins et meilleurs amis, auront vécu des choses trop dures pour s’intéresser aux évolutions de leur pays et ne s’enrichiront pas au passage.

“Le temps s’est arrêté il ne nous reste plus qu’à attendre de vieillir”.

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Wang Jinchung et Young Mei qui jouent les deux personnages principaux sont exceptionnels, toutes les émotions qui passent dans un regard, une parole, une posture. On va jusqu’au bout avec eux en leur souhaitant juste un peu de bonheur pour rééquilibrer la balance.

Un très beau film, je n’ai pas vu le temps passé une seconde. Les histoires personnelles des personnages s’entremêlent dans la grande histoire du pays. C’est fort, puissant et très bien filmé. A voir.

 

Stranger things saison 3

Affiche

On l’a attendu cette saison 3 et ça valait le coup de patienter car c’est peut être la meilleure saison de la série!

On retrouve tous les personnages quelques semaines après les évènements de la saison 2. C’est l’été, les vacances scolaires, pour Nancy, Jonathan et Steeve, les années lycées sont terminées. Nancy et Jonathan ont décroché des stages dans le journal local de la ville, mais si Jonathan passe son temps à développer des photos, Nancy est réduit à apporter des sandwichs et à servir du café. Quant à Steeve, il a décroché un job de serveur de glace dans le nouveau centre commercial du coin. Centre commercial qui a d’ailleurs entrainé la ruine des nombreux commerçants du centre ville. Du coté des enfants, El, Mike, Dustin, Will, Lucas et Max profitent des vacances, entre cinéma, shopping et premières disputes amoureuses. Mais certaines personnes ont décidé de tout tenter pour ré-ouvrir le portail menant vers les mondes parallèles qu’El avait refermé.

Affiche

J’ai adoré cette saison. Cette fois ci on est en 1985, en plein dans les années 80, et les héros ne sont plus de jeunes enfants mais bien des ados. Musique, vêtements, coiffures, la grande ère du centre commercial, l’ombre de la guerre froide qui plane, les communistes… J’ai beaucoup aimé voir les personnages évolués chacun selon son âge. Les enfants, Will, Lucas, Max, El, Mike, et Dustin sont des ados. Jouer à donjon et dragon ne les intéressent plus des masses, mais par contre ils deviennent obsédés par les filles et tentent de comprendre leur psychologie. J’ai trouvé le traitement du passage à l’adolescence très réaliste.

Photo Millie Bobby Brown, Sadie Sink

Pour certains, cette évolution est naturelle, Mike ne pense qu’à El, Max et Lucas ressemblent déjà à un vieux couple, j’ai beaucoup aimé la relation amicale entre El et Max. Mais tout le monde n’a pas tourné le dos à l’enfance et pour Will, voir ses amis évolués, changés, c’est dure. Après ce qu’il a vécu, rester un peu plus dans l’enfance, retrouver ces habitudes de jeu avec ces amis, c’était très important, et Will aura bien du mal à s’adapter aux nouveaux centres d’intérêt de ses amis.

Photo Priah Ferguson

Nancy, Jonathan et Steeve eux, rentrent dans l’âge adulte, et la transition est tout aussi difficile que pour les enfants. Nancy se rend compte que la vraie vie, le monde du travail, c’est dure, sans pitié. Quant à Steeve il comprendra que son statut populaire au lycée ne lui sert à rien. Tous ce qui était important socialement durant ces années lycées n’ont plus aucun sens aujourd’hui. Avec ces notes, Steeve n’a pu s’inscrire dans aucune université et est donc condamné aux petits boulots minables.

Photo Natalia Dyer

L’histoire nous replonge dans les films des années 80 dans lesquelles Hollywood adorait utiliser les soviétiques et l’URSS comme ennemis universels. On retrouve toujours ces scènes de suspense, d’action, de sang et de gores, de créatures dégueulasses, de courses poursuites, on retrouve El et ses pouvoirs. Mais surtout la différence avec les saisons précédentes, c’est l’humour. Les scènes drôles se succèdent, notamment tous ce qui tourne autour de Steeve, sa collègue de travail Robin, Dustin et la sœur de Lucas, Erica. Le petit groupe, perdu dans les méandres du centre commercial apportera beaucoup d’humour. Le duo Hopper et Joyce apporteront aussi beaucoup d’humour, notamment lorsqu’ils seront rejoints par “Smirnoff/Aleksei” et Murray.

Photo Dacre Montgomery

Photo Winona Ryder

Les références sont bien sur toujours aussi nombreuses, Retour vers le futur, The thing, le méchant russe qui ressemble au terminator, et surtout la scène culte du dernier épisode dans laquelle Dustin et sa copine longue distance, Suzie, chantent par radio interposée, la chanson phare du film L’histoire sans fin. Impossible de ne pas rire devant cette scène ridicule à un moment d’extrême danger pour tous les personnages.

Photo Caleb McLaughlin, Finn Wolfhard, Millie Bobby Brown, Noah Schnapp, Sadie Sink

J’ai beaucoup aimé l’intrigue, mais aussi le fait que la série nous parle entre deux scènes de rebondissement, de l’Amérique des années 80, de la psychologie des personnages, que ce soit du passage à l’adolescence et la fin de l’enfance pour certains, ou du passage à l’âge adulte pour d’autre. La fin de l’épisode, avec la lettre écrite par Hopper pour El est en même temps très émouvante et drôle. Une très belle saison pour Stranger things. Seul défaut, on se serait passé du placement de produit coca cola, aussi subtil qu’un rhinocéros dans un magasin de porcelaine. La présence des bouteilles ou canette de la boisson rouge frôle même parfois le ridicule.

Dernières séances: Men in black international – Nevada – Le daim

Men In Black: International : Affiche

de F Gary Gray

Chris Hemsworth, Tessa Thompson, Emma Thompson, Liam Neeson

2.5/5

Quand Molly était petite fille, elle découvre un petit extraterrestre dans sa chambre. Les men in black débarquent et effacent la mémoire de ses parents qui ont vu certaines choses, mais pas la mémoire de leur petite fille. Molly grandit passionnée par les extraterrestres et les men in black. Toutes ses études et sa vie sont tournées vers la quête des men in black avec l’espoir d’être embauchée. Un jour, elle atteint enfin son but. Elle est envoyée par sa chef au bureau de Londres pour une enquête et fait la connaissance de l’agent H, la vedette régionale. Il a sauvé la Terre avec l’aide de son chef “grand T”, en mettant en déroute la redoutable race extraterrestre “la ruche” quelques années plus tôt.

Men In Black: International : Photo Chris Hemsworth, Tessa Thompson

J’avais bien aimé le Men in black de 1997 avec Tommy Lee Jones et Will Smith, un peu moins les deux volets suivants. Je n’étais pas contre un nouvel épisode. Chris Hemsworth joue les agents héros mégalo, qui s’est endormi sur ses lauriers passées et vit désormais en mode feignasse. Molly c’est la nouvelle agent hyper motivée, elle qui a cherché quasiment toute sa vie à intégrer un jour les MIB. Leur duo fonctionne plutôt bien, l’histoire n’est ni ennuyeuse ni longuette.

Men In Black: International : Photo Chris Hemsworth, Tessa Thompson

Très vite le film prend des airs d’Indiana Jones, en faisant voyager les deux héros à la recherche d’artefacts.  Je ne pense pas en garder un souvenir impérissable. Il y a quelques touches d’humour mais personnellement je n’ai pas beaucoup ri durant le film. Les deux personnages principaux sont assez attachants dans leur genre, et j’irais peut être voir un 2e volet si il sort un jour, mais concernant ce film, il s’oublie assez vite au final.

Nevada : Affiche

de Laure de Clermont Tonnerre

Matthias Schonaerts, Jason Mitchell, Bruce Dern

4/5

Au Nevada, Roman est enfermé pour une période longue durée, et pour un crime lourd. Après avoir été prisonnier dans plusieurs prisons depuis une dizaine d’années, et souvent à l’isolement, une conseillère estime qu’il est temps pour lui et sa future réinsertion de retourner en zone pénitentiaire collectif. Roman, lui s’est habitué à l’isolement et n’approuve pas. Il est envoyé à l’entretien des écuries de la prison. Là, il découvre un programme concernant les chevaux Mustangs. Dans plusieurs états du pays, des mustangs sauvages se reproduisent dans des espaces de plus en plus réduits et leur surpopulation pose problème. Le programme permet aux prisonniers d’apprendre l’élevage des chevaux. Leur mission est de les élever durant plusieurs semaines avant de les mettre aux enchères auprès des municipalités et autres services de police.

Nevada : Photo Jason Mitchell, Matthias Schoenaerts

J’ai beaucoup aimé Nevada. Matthias Schonaerts est excellent dans le rôle de ce prisonnier asociale, nerveux, renfermé. On apprend petit à petit son passé et ce qu’il a fait pour avoir fini en prison. Roman se voit confié le seul cheval capturé qui n’a pas abdiqué. Agressif, il semble être impossible à dompter tout comme Roman. Les deux forment donc un duo plein de colère.

Nevada : Photo Gideon Adlon, Matthias Schoenaerts

La vie carcérale, son quotidien répétitif, violent, terne, l’échappatoire de ces prisonniers avec leurs chevaux. La réalisatrice nous dépeint un monde carcérale ni enjolivé, ni romanesque. Les chevaux permettent de canaliser la violence de ces prisonniers mais pas de messages idéaliste ici, tout est très réaliste. Ce n’est pas un film hollywoodien sur la prison et la réinsertion, le pardon et la repentance. Les prisonniers sont condamnés à des peines lourdes pour des crimes violents et si leur relation avec les chevaux leurs rends leur humanité et calme leur violence, rien n’indique que c’est un remède miracle. Un film intéressant parfaitement interprété.

Le Daim : Affiche

De Quentin Dupieux

Jean Dujardin, Adèle Haenel

3/5

Georges plaque tout sur un coup de tête, femme, boulot, vie et roule vers un patelin paumé pour répondre à une annonce, la vente d’une veste 100% daim à franges, la veste de ses rêves. Pour l’acquérir il vide son compte en banque de toutes ses économies. Il s’installe à l’hôtel du coin. Petit à petit il délire et perd complètement le sens de la réalité.

Le Daim : Photo Adèle Haenel, Jean Dujardin

J’avais adoré le précédent film de Dupieux Au poste. Le soucis avec les films absurdes c’est que parfois ça marche, parfois ça marche moins. George plaque tout, se paye la veste en daim de ses rêves, fait croire à la barman du coin qu’il est là pour réaliser un film et décide que sa mission est de détruire toutes les vestes afin que sa veste à lui soit la seule au monde.

Le Daim : Photo Jean Dujardin

Le film est court, on accompagne George dans sa folie, dans ses actes meurtriers et absurdes pour le compte de son blouson qui lui parle. On retrouve le coté absurde des films de Dupieux, les personnages bizarres qui frôlent la folie ou qui sont complètement dingues pour certains, mais contrairement à Au poste, je n’ai pas retrouvé l’humour ou alors un humour morbide et trop noir.