L’adieu de Game of thrones

Après plusieurs semaines d’absence sur ce blog, je reviens pour vous parler de Game of throne,  qui m’a un peu réconcilié avec les séries télé. Ce qui suit ne comporte aucun spoilers, sauf dans la dernière partie de l’article pour lequel je signale le début du spoiler.

Mon avis sans spoilers.

On l’aura attendu 2 ans cette fin de saison. Après 8 saisons, 9 années, une pléthore de personnages, de morts, de rebondissements, de révélations, de tortures, de guerres, de batailles, Game of throne s’est terminée ce lundi matin.

Photo Nikolaj Coster-Waldau

J’aurais personnellement vécu chacune des saisons de game of thrones de manière intense. J’ai adoré chacun des épisodes, j’ai jamais vu le temps passé, j’ai eu des frissons, j’ai ressenti toutes sortes d’émotions auprès de tous ces personnages. J’ai adoré certains, j’ai détesté d’autres, j’ai eu peur pour eux. Toute l’histoire, chacune des saisons a été parfaitement construites, les évolutions des uns et des autres s’est fait naturellement.

Photo Kit Harington, Liam Cunningham

En regardant la première saison et en voyant les rebondissements et la destinée des personnages, je me suis rendu compte que ça faisait très longtemps que je n’avais pas été surpris dans le bon sens du terme par une série.

Daenerys qui passe d’une jeune fille innocente et douce à une guerrière charismatique, Jaime qui s’adoucit au fur et à mesure des épreuves perdant de son sadisme, Arya qui devient implacable, Sansa qui passe de la naïveté à la stratégie…

Photo Conleth Hill, Emilia Clarke, Nathalie Emmanuel

Qu’en est-il de cette fin que tout le monde attendait avec impatience? comme beaucoup j’ai été un peu déçu par les épisodes de cette dernière saison. Visuellement c’est toujours aussi réussi. Winter est bien là, les personnages ont abandonnés depuis longtemps les tenues colorées, décolletées de l’été, pour revêtir des vêtements sombres et fermés. L’une des polémiques sur le visuel c’est le coté trop sombre des scènes, en particulier lors de la première moitié de saison. La bataille contre les white walkers est particulièrement sombre sur le plan de la lumière. Les scènes de guerre sont dignes d’un film de cinéma, de ce coté la rien à dire.

Affiche Isaac Hempstead Wright, Liam Cunningham, Maisie Williams, Rory McCann, Sophie Turner

La destinée des personnages? je n’ai été ni déçu ni contente de ce que décide cette saison pour les personnages encore debout. Et c’est peut être bien là le problème. Durant les 7 premières saisons j’ai ressenti des tas d’émotions devant game of throne, dégout, tristesse, choc, des morts qui chocs qui surprennent, des destinées glauques qui traumatisent. Mais pour cette dernière saison, rien, électrocardiogramme plat en somme. C’est beau, c’est bien fait, il y a une conclusion qui peut satisfaire ou pas, mais on ne ressent pas grand chose.

Photo

Rare sont les séries qui savent conclure correctement. Six feet under, The shield, The wire, Buffy contre les vampires font partis des rares élus. Pour game of throne, je ne peux pas dire que la fin est nulle, mais elle ne restera pas dans les mémoires non plus. C’est le drame de cette série, elle nous a fait tellement ressentir des tas de choses, elles nous a proposé tellement de retournements de situation, de changements de destinées, de chocs, de traumatismes, de surprises…il était difficile de maintenir le niveau, de nous garder dans un état de tension, tout en concluant ce qui devait être conclu.

Photo Lena Headey

Je n’ai donc pas de regret ou de déception, cette série reste l’une des meilleures séries télé de l’histoire des séries télé, sans conteste ni hésitation. Et si la fin n’est pas à la hauteur des 7 saisons précédentes, elle ne démérite pas non plus.

SPOILERS:

Que Bran finisse roi des 6 royaumes du westeros pourquoi pas? je n’ai jamais imaginé Jon sur le trône, lui qui n’a jamais voulu le pouvoir. Il est clair que Bran n’a aucune légitimité mais quand j’entends le discours de Tyrion qui vend son poulain pour le trône, j’avoue avoir aussi été convaincu. Après tout Bran connait l’histoire du monde et possède probablement des dons de médiums alors pourquoi pas?

Affiche Emilia Clarke

J’ai été déçu par l’évolution du personnage de Jon. Depuis qu’il a “bent the knee” devant Daenerys, il est quasi inexistant et en particulier dans cette saison. Son seul moment d’action est quand il poignarde Daenerys…

Photo Peter Dinklage

Je n’ai pas été surpris par l’évolution de Daenerys. Une fois qu’elle a éliminé toutes ces vies innocentes, il n’y avait plus de retour possible. Comme beaucoup de tyrans, elle s’imagine savoir ce qui est bien et juste et ceux qui ne pensent pas comme elle ne mérite pas de vivre. Le pouvoir lui est monté à la tête et elle est devenue la digne héritière de sa famille. J’ai été un peu déçu de la voir mourir aussi vite et facilement. Par contre, j’ai adoré la scène dans laquelle le trône est détruit par les flammes du dragon, le symbole est fort.

Photo Gwendoline Christie, Nikolaj Coster-Waldau

J’ai trouvé la fin de Jaime tout à fait logique. Personne ne le voyait vivre heureux avec Brienne. Depuis longtemps maintenant Jaime vit torturé par ce qu’il a fait dans son passé, et Brienne en est témoin. Il est clair qu’il ne se voyait pas finir autrement qu’en sacrifié auprès de sa jumelle.

Il y a vraiment parfois des raccourcis dans le dernier épisode. La réaction de ver gris par exemple, le fait qu’il n’exécute pas Jon après ce qu’il a fait n’est pas logique, le voir accepter Bran comme roi et Jon envoyé à la garde de nuit sans broncher n’est pas très crédible. Les choses sont expédiées trop rapidement, un épisode supplémentaire n’aurait peut être pas été du luxe.

Photo Isaac Hempstead Wright

Enfin, j’ai aimé voir les dernières minutes. Tyrion a su sortir ses épingles du jeu et le voila devenu la main du nouveau roi, président le conseil du roi au coté de Brienne, Bronn, Sam et Davos. Sansa a enfin ce qu’elle voulait depuis plusieurs saisons, à savoir être la reine de Winterfell. Elle est loin la jeune fille fleur bleue, naïve et rêvant du prince charmant. Enfin, j’ai adoré voir Arya repartir à l’aventure, il est clair que depuis sa formation avec Ja’quen elle ne pouvait pas continuer sa vie en princesse ou lady dans un château.  Jon, lui, laisse le Westeros aux autres et part vivre, probablement une vie simple et ordinaire avec les sauvageons. L’héritier légitime des Targaryens n’aspire qu’à une vie calme loin du pouvoir. Les enfants Stark auront tout tenter pour se retrouver depuis leur séparation et finalement ne resteront pas du tout ensemble, chacun accomplissant sa destinée.

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Dernières séances: Us – Shazam – El reino – Liz et l’oiseau bleu

Us : Affiche

de Jordan Peele

3.5/5

Lupita Nyong’o, Winston Duke, Shahadi Wright-Joseph, Evan Alex, Elisabeth Moss

Les Wilson sont une famille heureuse et ordinaire. Avec leurs deux enfants ils se rendent dans leur maison de vacances au bord de la mer. Les lieux rappellent à la mère un épisode de son enfance qui fut traumatisant. Elle aurait disparu dans une fête foraine pendant 15 minutes pendant un moment d’inattention de ses parents. Alors que la mère ressasse cet épisode de sa vie, les Wilson sont terrorisés par l’apparition de 4 individus devant leur maison, qui semblent leurs ressembler étrangement….

Us : Photo Anna Diop, Evan Alex, Lupita Nyong'o, Winston Duke

J’avais beaucoup aimé Get out du même réalisateur. Si l’histoire est différente, Us possède beaucoup d’éléments qui ont fait le succès de Get out. Une histoire étrange, un suspense prenant, une tension, des moments d’horreurs sanglants mélangés à des moments de pures comédies.

Us : Photo Evan Alex, Shahadi Wright Joseph

Us : Photo Evan Alex, Lupita Nyong'o, Winston Duke

Les acteurs sont tous excellents, des parents jusqu’aux enfants. On est pris par l’histoire, on rit à plusieurs reprises, on est tendu avec les personnages, bref un peu comme dans Get out. Sauf qu’ici, Us n’a pas su conclure aussi bien que son frère ainé. Le mystère qui se cache derrière les doppelgängers n’est pas très crédible, l’explication finale ne tient pas debout et on reste donc sur notre faim. Si on laisse tomber l’idée d’une histoire cohérente, on peut facilement se laisser aller à apprécier le film.

Shazam! : Affiche

de David Sandberg

Zachari Levi, Asher Angel, Djimon Hounsou, Mark Strong, Jack Dylan Grazer

3/5

Le jeune ado Billy Batson est orphelin depuis qu’il a perdu de vue sa mère dans une fête foraine quand il avait 5 ans. il n’a jamais cessé de la rechercher sans résultat. Après avoir fuit son dernier foyer d’accueil pour suivre une piste concernant sa mère, Billy est placé dans un nouveau foyer géré par un couple eux même orphelins. Il partage la maison avec Marie, Freddie, Eugène, Pedro et Darla. Mais il ne semble pas vouloir ni s’adapter ni s’intégrer, ne pensant qu’à retrouver sa mère. Un jour, après avoir défendu un de ses “frères” d’adoption à l’école, Billy est propulsé dans une autre dimension. Il rencontre le sorcier Shazam qui lui explique qu’il devient trop vieux pour sa mission et passe ses pouvoirs à Billy. En prononçant le mot “shazam”, Billy se transforme en adulte musclé qui possède des pouvoirs incroyables. Alors qu’il ne pense qu’à profiter des bons cotés de ses nouveaux pouvoirs, il est confronté à un ennemi puissant, Thaddeus, un homme riche qui a toujours voulu s’approprier les pouvoirs de Shazam.

Shazam! : Photo Asher Angel, Jack Dylan Grazer

Le dernier né de DC comics verse plus dans le comique que dans le super héros. J’ai apprécié les scènes autour des ados, de Billy, sa quête pour retrouver sa mère, son amitié naissante avec Freddie, sa relation difficile avec les autres orphelins. Il prendra vite la grosse tête avec ses nouveaux pouvoirs.

Shazam! : Photo Jack Dylan Grazer, Zachary Levi

Ce qui est plus dérangeant c’est le changement entre l’ado Billy et l’adulte héros Shazam. Seul l’apparence est sensé changer mais le Billy adulte, un peu hystérique et excité, n’a pas beaucoup de points communs avec le Billy enfant et c’est un peu déconcertant.

Shazam! : Photo Faithe Herman, Grace Fulton, Ian Chen, Jack Dylan Grazer, Jovan Armand

Shazam! : Photo Jack Dylan Grazer, Mark Strong

J’ai passé un moment sympa, quelques scènes très drôles, on ne s’ennuie pas et si ce film se démarque des films de super héros classiques, il ne s’en éloigne jamais beaucoup, surtout dans la deuxième moitié du film où les signes classiques de ce genre de films reviennent à la charge (course poursuite, bataille, duel, le méchant contre le héros…). Ce n’est pas le film de l’année, mais ça détend.

El Reino : Affiche

de Rodrigo Sorogoyen

Antonio de la Torre, Monica Lopez, Nacho Fresneda

3.5/5

En Espagne, Manuel Vidal Lopez est un membre important de son parti politique. Petit chouchou d’une des grosses pontes, il compte bientôt être propulsé sur le devant de la scène. Mais une histoire de corruption et de détournement d’argent public vient frapper le parti. Certaines personnalités sont inculpées, discréditées, mais le parti fait front, détruit certaines preuves et les incriminés font profil bas. Tout est différent quand Manuel découvre que son tour est venu. Il découvre alors que certains enregistrements ont été fait à son insu dans son bureau, la police est sur son dos tout comme les médias. Refusant de faire profil bas et de jouer les bouc émissaires pour sauver le reste du parti, Manuel s’entête à trouver des preuves compromettantes pour menacer les chefs du parti en cas de chute.

El Reino : Photo

J’en avais entendu du bien de ce film. El reino, c’est tendu, stressant, oppressant de la première image à la dernière. On sent la vie à cent à l’heure de Manuel déjà avant que le scandale n’éclate. Puis c’est la chute. Entre la musique qui imite les battements cardiaques d’un sprinter, les mouvements de caméra qui tanguent donnant l’impression que c’est filmé à l’épaule la majorité du temps, on est vite stressé tout comme l’est le héros. Mais c’est surtout fatiguant pour le spectateur qui voit la sortie de la salle obscure comme une délivrance.

El Reino : Photo

El Reino est un film sur la drogue du pouvoir, la corruption des politiques, mais aussi des médias. Chacun y cherche son intérêt personnel. Manuel est loin d’être un héros qui cherche à faire éclater la vérité sur des pratiques illégales et immorales. Il ne cherche que son intérêt, les moyens qui lui permettront de ne pas faire de prison, de ne pas aller devant un tribunal et surtout de ne pas servir de bouc émissaire au parti, lui qui devait bientôt devenir la star du parti. C’est en partie l’orgueil et la fierté qui le motive.  Un film intéressant, bien interprété, mais un peu trop tendu. Je suis sortie un peu fatiguée de la séance!

Liz et l'oiseau bleu : Affiche

de Naoko Yamada

3/5

Mizore et Nozomi sont deux lycéennes amies depuis le collège. Mizore, timide, renfermée, peu sociale, est très admirative de Nozomi, plus extravertie, entourée d’amis. Elles jouent toutes les deux de la flute dans l’orchestre du lycée. Bientôt ce sera le concours inter lycée, puis la fin de l’année et le départ vers des études supérieures. Elles répètent toutes les deux le morceau de Liz et l’oiseau bleu, inspiré par un conte dans lequel Liz, une jeune femme solitaire, rencontre un jour une femme aux cheveux bleus qui s’installe chez elle. Liz n’est plus seule désormais mais elle réalise que sa nouvelle amie est un oiseau bleu qui renonce à ses ailes pour ne pas laisser seule Liz.

Liz et l'oiseau bleu : Photo

J’avais hâte de voir cet animé et je dois dire que j’ai été un peu déçu. De Naomi Yamada j’avais vu Silent voice, que j’avais trouvé un peu plus prenant. Le film ne dure qu’1h30 mais j’ai senti le temps passé. Il faut dire qu’il ne se passe pas grand chose durant le film. La plupart de l’action se déroule dans l’école de Nozomi et Mizore, en particulier dans la salle de musique. C’est aussi très répétitif, les tentatives d’une lycéenne plus jeune pour se rapprocher de Mizore, Nozomi qui rit et s’amuse tandis que Mizore se touche les cheveux et prend un air triste et mélancolique, la répétition du morceau de musique, les allées et venues dans la salle de musique…et de temps en temps on découvre par morceau l’histoire de Liz et de l’oiseau bleu.

Liz et l'oiseau bleu : Photo

Certains moments sont beaux, la musique de Liz et l’oiseau bleu est paisible et belle à entendre, mais c’est surtout le message du film qui est intéressant. La psychologie des personnages est intelligente et subtile. La relation entre Mizore et Nozomi c’est le passage de l’adolescence vers l’âge adulte, c’est se détacher d’une amitié fusionnelle pour pouvoir s’épanouir pleinement chacune de son coté. L’amitié entre Nozomi et Mizore les ont aidé à se construire ensemble mais elles arrivent à un moment de leur vie où cette amitié va devenir nuisible. Elles comprennent qu’il est temps de s’en détacher afin de vivre pleinement.

Liz et l'oiseau bleu : Photo

Ce côté du film m’a plut, mais j’avoue que je ne le reverrais pas deux fois et que si je l’avais vu chez moi, je me serais probablement endormie…

Dernières séries: Sex education – Poupées russes – The OA

Sex Education : Affiche

Sex education

saison 1

Miles est un ado ordinaire. Dans son lycée il est content de pouvoir dire que ce n’est ni un élève populaire ni un souffre douleur. En fait, Miles passe inaperçu, on lui fou la paix, il n’attire pas l’attention et ça lui convient tout à fait. Avec son meilleur ami Eric, gay et fier de l’être, ils vivent leurs petites vies de lycéens. Mais Miles n’est pas aussi ordinaire qu’il aimerait l’être. Mis à part quelques petits problèmes concernant sa “vie sexuelle”, un épisode dans son enfance qui l’a un peu traumatisé, il y a aussi sa mère qui est une thérapeute sexuelle très connue dans le milieu. Elle travaille depuis leur maison et enchaine les conquêtes sans lendemain. Étant le fils de deux psychologues, Miles est sans le vouloir un fin connaisseur du fonctionnement du corps humain et des problèmes de puberté et de la psychologie du couple. Un jour, un peu par hasard, il donne de bons conseils à un élève en proies à des problèmes de ce genre. Maeve, une élève un peu rebelle et marginale, propose alors à Miles un partenariat. Elle fait sa pub auprès des élèves  et lui envoi des “clients”. Miles les conseils moyennant finances et ils se partagent les bénéfices.

Photo Asa Butterfield, Connor Swindells

Photo Asa Butterfield, Emma Mackey

J’ai surtout regardé la série car je suis fan de Gillian Anderson. Ici elle joue une mère psychologue sexuelle, mère célibataire, et mangeuse d’homme. J’ai beaucoup aimé Sex education, Miles est un ado très attachant qui lutte contre ses propres démons mais qui reste lucide concernant les problèmes des autres.

Photo Asa Butterfield

On parle des problèmes de puberté, de sexualité des ados de manière dédramatisée et rigolote. Petit à petit, on découvre des cotés plus dramatiques de la vie de certains personnages. Ainsi, on découvre la dure réalité du quotidien de Maeve, l’incompréhension de la famille d’Eric, et ce qui a traumatisé Miles quand il était enfant.

Photo Asa Butterfield, Gillian Anderson

C’est bourré d’humour, les personnages sont très attachants, quelques moments sont juste émouvants. J’ai adoré voir la relation évoluée entre Eric et son père, notamment dans l’épisode du bal de l’école. J’ai beaucoup aimé la relation de Miles avec sa mère, qui sous de faux airs de ne pas s’inquiéter, est en fait une vraie maman poule. La saison 1 aurait pu se suffire à elle même mais je suis très contente de revoir bientôt cette brochette de personnages attachants.

Affiche

Poupée russe

saison 1

Un soir, Amy, célibataire, informaticienne conceptrice de jeux vidéos, se rend chez l’une de ses meilleures amies qui organisent une fête pour son 36e anniversaire. Cet anniversaire est spécial, car Amy aura vécu un an plus long que sa défunte mère, avec qui elle avait une relation très particulière. Cependant, alors que la nuit avance elle se fait renversée par une voiture. Sauf qu’au lieu de mourir elle se réveille plusieurs heures plus tôt lorsqu’elle arrive à sa fête d’anniversaire…

Photo Natasha Lyonne

Natasha Lyonne porte en grande partie la série sur ses épaules. Cynisme, attitude blasée, le personnage d’Amy est une new yorkaise solitaire qui n’attend rien de la vie si ce n’est la passer dans les meilleures conditions. Elle ne cherche pas le grand amour, ni à fonder une famille, ni à plaire aux autres. Elle me fait penser à Daria mais avec plus d’humour.

Photo Charlie Barnett

Bien sur quand on lit le résumé de la série on pense tout de suite au film Un jour sans fin avec Bill Murray dans lequel il revit sans cesse la même journée. Ici Amy revit la même soirée encore et encore et finit toujours pas mourir dans des conditions assez atroces: tomber dans les escaliers, tomber dans une cave, noyer dans le fleuve, écraser par une voiture, après la chute d’un ascenseur, écraser par un climatiseur tombé du ciel…

Photo Greta Lee, Rebecca Henderson

Pourtant chaque épisode est différent, les choix que fait le personnage en début de soirée changent toujours le contenu de la soirée et la fin. Les rencontres sont différentes, les évènements aussi. On découvre petit à petit la vie d’Amy, son travail, ses amis, sa vie amoureuse, son passé et surtout sa relation avec sa mère.

Photo Natasha Lyonne

J’ai beaucoup aimé Poupée russe, les épisodes ne durent que 25 à 30 minutes chacun, le temps passe vite avec l’humour noir d’Amy qui profite de ce temps pour remettre de l’ordre dans sa vie, prendre le temps de réfléchir et de faire la paix avec ses démons.

Affiche

The OA

2 saisons

Prairie Johnson, une jeune femme de 21 ans, aveugle, disparait du jour au lendemain sans laisser aucune trace. Aucun indice, aucune piste, rien. 7 ans plus tard, les parents de Prairie retrouvent leur fille qui a retrouvé la vue. Où était Prairie durant ces 7 dernières années et comment a t-elle retrouvé la vue? alors qu’elle s’installe de nouveau chez ses parents, Prairie fait la connaissance de 4 lycéens qui n’ont pas grand chose en commun les uns avec les autres, ainsi que de madame Broderick Allen, professeur de mathématique. Tous les soirs pendant une heure, Prairie les invite à se réunir dans une maison à l’abandon afin qu’elle puisse leur raconter son histoire.

Photo Alice Krige, Brit Marling

La saison 1 de The OA est sortie il y a environ 3 ans mais je n’ai jamais pris la peine de m’intéresser à cette série ou de la regarder. Je ne sais pas comment je me suis décidée à la regarder, peut être que j’ai vu une fois de trop une pub concernant la saison 2 qui vient de sortir, mais ce qui est sur c’est qu’une fois l’épisode 1 entamé, il est difficile de ne pas enchainer les épisodes. J’ai du voir la série dans son intégralité en même pas une semaine.

Affiche

On suit donc Prairie, son retour parmi les siens et son histoire que l’on découvre dès le premier épisode. Son enfance, sa vie, sa disparition, et tout ce qui lui est arrivée durant les 7 années d’absence. Un conseil avant de débuter cette saison, c’est de ne pas trop en savoir avant de se lancer dans cette histoire, c’est plus appréciable, je ne rentrerais donc pas dans les détails de l’intrigue ici.

Affiche

Entre chaque morceau d’histoire conter par Prairie, on suit aussi son retour difficile dans sa famille, sa relation avec ses parents, ses doutes. On apprend à connaitre également les 5 personnes à qui Prairie raconte son histoire. Winchell un ado avec un problème d’agressivité, French un élève modèle qui décroche une bourse au mérite pour aller à la fac, Buck une jeune fille qui prend des médicaments pour devenir un garçon, Jesse un ado livré  à lui même et madame Broderick Allen , une prof de math qui vient de perdre son frère jumeau.

Photo Brit Marling

Ce qui est appréciable dans the OA c’est que très vite on obtient des informations, des réponses aux questions que l’on se pose dans la première partie du premier épisode. Très vite on découvre ce qui est arrivé à Prairie. L’intrigue avance donc vite, on ne fait jamais 2 pas en avant pour reculer de 3 pas en arrière, on ne nous explique jamais une chose pour revenir dessus quelques épisodes plus tard, et ça fait du bien.

Photo Emory Cohen

La narration fait qu’on est piégée par la série comme Prairie est piégée elle même au début de la saison 1. On a envie de mieux connaitre ces personnages, de savoir ce qui s’est passé pour eux et ce qui va se passer pour eux. La narration est fluide et on alterne les souvenirs de Prairie aux éléments présents, du coup les épisodes, qu’ils durent 30 min ou 1h10, passent très rapidement.

Photo Kingsley Ben-Adir

Visuellement c’est très bien réalisé. La musique est discrète et donne une dimension fantastique au récit. C’est doux sans jamais être lent ou ennuyeux. Brit Marling est excellente dans le rôle de Prairie et les personnages secondaires ne sont pas en reste.

Affiche

Si la saison 1 se concentre plus sur les émotions, le ressenti, la saison 2 est plus dans l’action, dans l’intrigue. La saison 2 introduit de  nouveaux personnages dont Karim, détective privé, un personnage très charismatique avec un coté anti héros qui le rend très sympathique. Il y a un coté policier, énigme à résoudre, presque un jeu de rôle ou un escape game dans l’histoire qui est intéressant. On avance beaucoup, on comprend pas mal de choses supplémentaires.

Photo Brit Marling, Kingsley Ben-Adir

La saison 2 est toujours aussi prenante, aussi hypnotisante que la saison 1, je n’ai pas été déçu par la tournure que prennent les choses. Les personnages sont toujours aussi bien travaillés, la réalisation est toujours aussi soignée, et les acteurs toujours aussi bon. Ce qui est sur c’est que pour apprécier the OA il faut accepter de lâcher prise, d’ouvrir son esprit, de ne pas trop réfléchir et de se laisser porter. J’ai adoré me laisser porter par cette histoire et ces personnages et j’ai hâte de voir la suite.

 

Dernières séances: Les éternels – Captain Marvel – Ma vie avec J.F. Donovan

Les Éternels (Ash is purest white) : Affiche

de Jia Zhang Ke

Zhao Tao, Liao Fan

4/5

A Datong en Chine, Qiao est une jeune femme heureuse en couple avec Bin, un chef de la pègre locale. Ici pas de violence, pas de tuerie, la pègre gère tranquillement les affaires sans faire de remous. Qiao envisage déjà l’avenir avec Bin, espérant changer de vie, peut être de lieux, mais Bin lui semble être très content de sa vie, les affaires, les amis, se sentir respecté. Un jour un gang de jeunes adultes rêvant de pouvoir et d’argent s’en prend au chef de la pègre puis à Bin. Alors qu’il est sur le point de mourir battu à mort, Qiao tire en l’air avec l’arme de Bin. Mais en Chine, le port d’arme illégal est un délit important. Qiao refuse de dénoncer son amant et prend cinq ans de prison. A sa sortie tout est différent…

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Liao Fan, Zhao Tao

De Jia Zhang Ke, j’ai beaucoup aimé son documentaire I wish i knew, Still life, A touch of sign et surtout Au delà des montagnes. Ici on retrouve certains éléments récurrents dans le cinéma de Zhang Ke, ces régions qui oscillent entre industries vieillissantes et volonté de modernisation, le monde ouvrier, le monde de la pègre locale. Si le film se centre sur la vie de Qiao et Bin, en arrière plan le film nous dépeint une région en pleine restructuration. Les mines nombreuses ferment toutes les unes après les autres, les mineurs vieillissant se sont fait une raison, sacrifiés pour d’autres objectifs. On parle de déplacement des ouvriers vers des plantations de melon pour leur redonner une place dans la société.

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Zhao Tao

Lorsque Qiao sort de prison et part rejoindre Bin dans une autre région, elle remonte le Yangzy Jiang et s’arrête pas loin du fameux barrage des trois gorges. Nous sommes en 2006 et le barrage est sur le point d’être démoli par le gouvernement entrainant la montée des eaux d’une centaines de mètres ce qui aura pour conséquence la disparition de plusieurs villes. A travers le parcours de Qiao pour retrouver Bin, le réalisateur nous montre comment tout une population est déplacée petit à petit par le gouvernement avant la destruction du barrage. C’est le thème de son film Still Life, dans lequel une jeune femme erre dans la ville destinée à être submergée par les eaux dès la destruction du barrage. Dans Still life c’est déjà l’actrice Zhao Tao qui joue dans ce film. Dans les éternels tout comme dans still life, l’actrice a la même coiffure, le même chemisier jaune citron, le même pantalon, le même sac à main et la même bouteille d’eau. Je ne sais pas si le réalisateur a voulu simplement faire un clin d’œil, mais il est clair que les deux personnages ne sont pas les mêmes.

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Liao Fan

La critique presse parle souvent de “plus belle histoire d’amour” pour décrire le film, ce n’est pas mon avis. L’histoire entre Qiao et Bin est d’un réalisme peu romantique hélas!

J’ai beaucoup aimé suivre le parcours de Qiao, sa vie insouciante, ses années de prison, la manière dont elle reprend sa vie en main, son évolution. Le coté social qu’on retrouve en arrière plan est très intéressant et bien sur Zhang Ke film toujours aussi bien. Au delà des montagnes reste mon film préféré de ce réalisateur mais Les éternels m’a aussi beaucoup plut! Zhao Tao est toujours aussi talentueuse et j’étais contente de revoir Liao Fan que j’avais vu dans l’excellent Black coal.

Captain Marvel : Affiche

de

Brie Larson, Jude Law, Samuel Jackson, Clark Greggs, Annette Bening

4/5

Vers est une jeune femme qui ne se souvient de rien au delà des cinq dernières années. Ses pouvoirs et son sang bleu semblent prouver son appartenance au peuple Kree, un empire galactique en guerre contre les Skrulls, une race qui a la capacité de prendre l’apparence de n’importe qui. Durant les cinq dernières années, Vers a été entrainé par son mentor, Yon Rogg qui lui apprend à se battre et à contrôler ses pouvoirs et ses émotions. Alors qu’elle est en mission pour récupérer un espion Kree, elle tombe dans un guet apens et enlevée par les Skrulls. Les méthodes d’interrogatoire font ressurgir des souvenirs de sa vie passée. En s’enfuyant, elle trouve refuge sur la planète C 53 qui s’avère être la Terre. On est en 1994. Elle fait la connaissance d’un certain Nick Fury, agent du SHIELD…

Captain Marvel : Photo

Au départ, quand j’ai entendu parler du projet, ça ne m’intéressait pas des masses. Et lorsque j’ai vu la bande annonce j’ai été tout de suite emballée, j’avais hâte de voir le film et je ne fut pas déçue.

Captain Marvel : Photo Clark Gregg, Samuel L. Jackson

J’ai adoré le personnage de Vers alliance Carol Danvers, enfin une vrai héroïne. Carol était déjà une femme forte et déterminée, bien avant d’avoir tous ses pouvoirs. En 1994 elle a 30 ans, elle a donc vécu son enfance à une époque où les filles ne pouvaient pas faire tous ce qu’elle voulait, où certaines activités leurs étaient interdits. Puis elle est devenue, avec sa meilleure amie, pilote de chasse en 1989 mais comme elles étaient des femmes, elles étaient cantonnées à la base.

Captain Marvel : Photo Brie Larson, Lashana Lynch

Ce que j’ai aimé dans le personnage de captain Marvel, c’est qu’on est passé à un niveau supérieur dans les personnages féminins forts. En voyant captain Marvel évoluer dans le film, on ne se dit pas que c’est une femme héroïne Marvel, on se dit que c’est un héros Marvel, point. On va au delà de son sexe, on ne se dit plus “c’est une femme qui a des pouvoirs”, on se dit c’est un héros dans toute sa grandeur. On est pas dans un film dit féministe, on est au delà de ces considérations.

Captain Marvel : Photo

Au delà de cet aspect, on retrouve tous les ingrédients des films de super héros: des courses poursuites, de l’humour, des rebondissements, des moments plus calmes entre deux scènes d’action. Les personnages sont tous très réussis, on prend le temps de connaitre Carol Danvers, son histoire, son caractère. J’ai beaucoup aimé les personnages secondaires, notamment sa meilleure amie Maria et surtout Talos, le général Skrull.

Captain Marvel : Photo Ben Mendelsohn

Et puis bien sur quel plaisir de revoir Nick Fury joué par Samuel Jackson. On est en 1994, Nick est un peu moins sérieux, un peu moins mystérieux et joue les sidekick de captain Marvel. Il découvre pour la première fois que les extraterrestres existent et qu’ils sont bien sur Terre. Ici il a 20 ans de moins, encore ses deux yeux et une légèreté qui fait plaisir. Il apporte beaucoup d’humour dans le film.

Captain Marvel : Photo Brie Larson

Coté histoire, c’est bien mené même si les rebondissements et révélations ne m’ont pas surpris. Ce qui est sur c’est que à coté de captain Marvel, tous les avengers réunis ne font pas le poids, j’ai donc hâte de voir the avengers 4!

Ma vie avec John F. Donovan : Affiche

de Xavier Dolan

Kit Harrington, Susan Sarandon, Nathalie Portman, Tremblay, Kathy Bates

2.5/5

En 2017, Rupert Turner a 20 ans, il commence à se faire un peu connaitre en tant qu’acteur et vient de sortir un livre qui raconte sa correspondance secrète avec une star de la télé américaine 10 ans plus tôt. Pendant 5 ans, il a échangé une correspondance avec un acteur célèbre. De passage en Europe, il donne une interview à une journaliste réticente et lui raconte donc son histoire, son enfance, sa relation épistolaire avec cet acteur célèbre.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Jacob Tremblay, Natalie Portman

Durant tout le film on attend qu’une seule chose, que ça démarre, que ça commence mais ça stagne pendant presque deux heures.

La construction du film n’est pas des plus originale, un homme qui raconte à une journaliste dans un café son histoire personnelle, son enfance, sa relation épistolaire avec un homme de 30 ans, et en flash back on suit la vie de cet acteur.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Susan Sarandon

D’un coté on est en 2006, Rupert est mal dans sa peau. A 11 ans il vient de changer de pays, d’école, d’amis. Son rêve est d’être acteur mais les autres enfants le persécutent. Sa mère le déçoit, elle qui a abandonné ses rêves d’actrice pour s’occuper de lui. Il se sent incompris, mal aimé et son seul refuge se trouve dans cette série pour ado qui cartonne et dans laquelle joue son idole, John F Donovan, avec qui il échange des lettres en secret depuis 5 ans. On a du mal à s’attacher à Rupert ou à sa mère. On a l’impression d’être dans les années fin 80 ou début 90 au lieu d’être en 2006 et c’est assez étrange. Je n’ai pas accroché à leurs problèmes, à leur relation, à leurs crises d’hystéries.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Kit Harington

J’ai un peu plus apprécié le personnage de John F Donovan, cet acteur qui est devenu célèbre, qui a des problèmes d’insomnie, qui cache son homosexualité et qui voit sa vie s’écrouler quand son homosexualité est révélé par la presse. Je n’ai pas compris le scandale autour de sa correspondance avec un enfant vivant à l’autre bout de la planète…

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Michael Gambon

Kit Harrington s’en sort bien dans le rôle de l’acteur dépressif qui se sent oppressé qui reprend sa vie en main, mais trop tard. J’ai beaucoup aimé Susan Sarandon aussi dans le rôle de la mère de John, un peu trop attachée à sa bouteille de whisky. La scène dans la salle de bain, dans laquelle John prend un bain moussant avec sa mère et son frère qui lui tiennent compagnie est touchante.

Au delà de cette scène le reste du film est une suite de séquences inutiles ou bourrés de clichés parfois pathétiques ou risibles. La scène de Rupert et sa mère qui se jettent dans les bras l’un de l’autre en pleine rue de Londres sous un déluge de pluie est ridicule, inutilement longue. La scène de John qui mange discrètement dans l’arrière cuisine d’un resto et qui a une discussion bateau sur le sens de la vie avec un vieux monsieur qui nous joue les obi wan kenobi d’occasion est aussi ridicule, vide et creuse.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo

John F Donovan c’est plein de scènes inutiles devant lesquelles on se dit “ah et alors? c’est tout? ça va peut être mener quelque part” et à la fin du film on se dit “ah et alors? c’est tout? aucun intérêt”. On attend que ça décolle, que ça mène quelque part mais rien. Le rôle de la journaliste qui est très hostile à Rupert au début et qui adore son histoire à la fin ne sert à rien non plus et n’est pas très crédible. On a vraiment l’impression qu’au montage le réalisateur à oublier le but de son film, son histoire, ou bien une bonne grosse partie du film qui aurait pu donner du sens à tout ça.

Minuscule tour à Marseille

Fin janvier, j’ai eu l’occasion de me rendre à Marseille pour à peine 24 heures. Je me lève donc aux aurores  ce vendredi matin et en compagnie de ma tante, de ma belle sœur et de ma mère, on se rend gare de Lyon pour prendre un tgv Ouigo. Ce système de low cost proposé par la sncf nous a permis d’obtenir des aller retour paris Marseille, pris quelques jours auparavant, pour un total de 41€ chacun. 3h20 plus tard, nous voici à Marseille accueillie par un beau soleil, ce qui nous change de la grisaille des semaines précédentes à Paris.

La gare est perchée dans les hauteurs de Marseille et nous donne dès notre arrivée un aperçue de la ville. On descend les ruelles étroites pour déboucher dans le quartier de Belsunce, un quartier populaire dont les commerces donnent l’impression de ne pas avoir bouger depuis les années 70 (ce qui est surement le cas d’ailleurs). On remonte le cours Belsunce pour tourner dans la canebière, direction le vieux port.

On se balade, on admire les poissonniers puis on se pose sur un banc pour réfléchir au programme du jour. Il faut dire que je n’ai jamais aussi peu préparé un voyage que celui la, je ne connais rien de Marseille. On hésite entre visiter le château d’if sur les îles du Frioul ou monter à la bonne mère. Finalement, la sortie en mer nous tente bien surtout qu’il fait très beau et pas froid. On repère un bateau qui indique comme destination les calanques, et là on se dit que ça doit être chouette une balade en mer autour des calanques mais en réalité le bateau est prêté à une autre compagnie qui organise la traversée vers les iles du Frioul. On a juste le temps de prendre nos tickets et le bateau part. On se place sur le toit du bateau, pour admirer la vue et profiter de l’air marin. Il n’y a que très peu de gens autour de nous, la plupart étant dans la cabine fermée du bateau.

 

Au bout de 5 minutes de route on comprend pourquoi! Le capitaine met les gaz et le bateau se met à faire des sauts de plus en plus brutaux. Bref, au bout de quelques minutes nous sommes les seuls sur le toit du bateau, on est trempé par les vagues qui se fracassent sur la paroi du bateau, on est cramponné au barreaux des sièges et ça remue tellement qu’on ne peut même pas envisager de redescendre l’échelle pour trouver refuge! Finalement, ma mère et ma tante nous abandonnent et trouvent le moyen de redescendre l’échelle tandis que ma belle sœur et moi tenons le coup. J’ai un peu peur de me sentir nauséeuse avec le mouvement du bateau mais finalement non, le bateau fini par ralentir. On aura eu un peu peur mais on aura aussi énormément ri! finalement, nous ne sommes pas trop trempées et on ne regrette pas notre petite aventure.

Une fois sur l’ile du Frioul, on se rend compte qu’il n’y a rien à faire! On admire la cote, la mer, les eaux transparentes, puis je cherche un café où nous abriter du vent mais tout est fermé! les passagers du bateau on tous disparus, seul un couple et leur bébé ne savent pas quoi faire. Les horaires de retour ne sont pas indiqués. Au bout de la jetée du port de plaisance, un rempart se dresse. et je décide d’aller m’y promener seule, le reste de la troupe est trop crevée pour m’accompagner. Je monte les marches et de l’autre coté, c’est la mer, je prend l’air du large, ça fait du bien et je découvre que le dernier café de la jetée est ouvert! On retrouve d’ailleurs quelques personnes croisées sur le bateau, notamment une jeune touriste asiatique. On s’installe pour manger une crêpe et surtout  boire une boisson chaude et on repart juste à temps pour reprendre le bateau retour qui cette fois ci navigue beaucoup plus calmement.

De retour au vieux port, on se rend dans le quartier du Panier. Comme nous n’avions qu’une journée, on a du faire des choix, j’aurais voulu pouvoir monter voir notre dame de la garde, aller dans le parc Borely, aller voir la plage du Prado… Le quartier du panier a l’avantage de ne pas être loin du vieux port, car nous dormons le soir dans le quartier Belsunce. On se promène dans les ruelles aux bâtisses colorées qui montent et redescendent. Ici c’est pratiquement piéton partout, les habitants ont décoré les ruelles, les portes et les fenêtres avec de nombreux vases, pots, jardinières, remplies de plantes, fleurs, cactus. En été, ça doit être très agréable de se promener dans les ruelles ombragées. On redescend vers le Mucem. On ne visite pas l’intérieur du musée faute de temps, mais on se balade sur ses toits, sur les ponts qui le relie aux remparts de la ville, puis on remonte la grande avenue qui longe le port afin d’aller se poser au Vapiano du coin. On avait plusieurs adresses de resto toutes tentantes, mais aucun d’entre eux n’ouvraient avant 19h dans le meilleur des cas, ce qui n’était pas possible pour nous.

Pour notre dernière matinée, on se balade dans le quartier, on visite un marché, on retourne une dernière fois sur le vieux port en passant par les remparts qui bordent la mer, avant d’aller déjeuner chez la famille et de repartir à la gare, retour Paris.

J’ai beaucoup aimé Marseille, peu de temps mais bien remplie. Pour une première fois, j’ai eu un petit aperçue de la ville. Le quartier du panier, du vieux port, les iles du frioul, la mer. Parfois certains quartiers m’ont beaucoup rappelé l’Algérie! j’ai beaucoup aimé l’ambiance, c’est une ville très vivante, très animée, sans avoir l’impression d’être trop nombreux comme à Paris.

 

Dernières lectures: Les vestiges du jour – Les pendules – Déracinée

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de Kazuo Ishiguro

4/5

Dans les années 50, monsieur Stevens majordome à Darlington hall pour le compte du nouveau propriétaire, a quelques jours de congés. Il décide d’aller rendre visite à son ancienne collègue, miss Kenton, autrefois gouvernante à Darlington hall, lorsque le maitre des lieux étaient encore un membre de la famille Darlington. Vêtu d’un beau costume que son maitre lui a offert et au volant d’une belle voiture qu’il lui a prêté, Stevens part sur les routes de la campagne anglaise. Il s’est organisé un petit road trip pour voir un peu du pays. Il en profite également pour méditer sur le métier de majordome, ce que ça voulait dire autrefois, ce que cela veut dire aujourd’hui, sur le sens de la vie et sur son passé, notamment concernant les années de fastes qu’il a connu à Darlington hall, lorsque lord Darlington était encore un gentleman respecté…

Je connaissais le film avec Anthony Hopkins et Emma Thompson, que j’avais vu quand j’étais au collège et que je prends plaisir à revoir très régulièrement. Je me souviens qu’à l’époque, j’avais été touché par l’histoire de Stevens, par l’atmosphère du film, par le jeu des acteurs et surtout la musique du film qui m’avait beaucoup marquée.

J’ai enfin découvert le roman. On suit donc Stevens à travers la campagne anglaise, au volant de sa belle voiture. Pour les gens de la campagne, Stevens passerait tout à fait pour un lord anglais et non pas pour un majordome, avec ces manières un peu snob à force de ne côtoyer que des aristocrates, Stevens en a acquis leurs gestes, leurs façons de parler, de se tenir, de se comporter. Dans la première partie du roman, Stevens partage surtout son ressenti face à certains paysages qui l’entoure, nous parle de certaines anecdotes de son métier de majordome, nous parle de son père, nous raconte certains souvenirs liés à son père lorsqu’il travaillait avec lui à Darlington hall dans les derniers mois de sa vie. Puis Stevens nous parle de miss Kenton, sa relation avec elle assez étrange, son manque d’émotion, et il s’interroge aussi beaucoup sur ce qui défini un bon majordome et sur le terme de dignité.

Ce n’est que dans la seconde moitié que Stevens nous parle de lord Darlington, sa façon de se fourvoyer avec des allemands nazis, son envie de réconciliation, son manque de clairvoyance, ses idéaux de chevalerie dans un monde qui ne respecte plus cette notion.

J’ai beaucoup aimé certains passages du roman, faire ce voyage avec monsieur Stevens mais j’ai préféré le film de James Ivory qui m’a beaucoup plus touché que le roman.

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de Agatha Christie

2.5/5

Miss Sheila Webb, sténo dactylo pour une agence, est envoyée chez une nouvelle cliente. Mais à son arrivée dans la maison, il n’y a personne excepté un cadavre et des pendules de toute sorte un peu partout dans le salon. La jeune femme sous le choc se précipite dehors et rentre de plein fouet dans Colin Lamb, un biologiste qui travaille pour le gouvernement, secrètement à la recherche d’un espion traite à la nation. Est ce que son enquête aurait un lien avec ce mystérieux meurtre? il faut dire que personne ne semble savoir qui est le cadavre ou comment il a pu atterrir dans la maison d’une vieille dame aveugle. Mais Colin Lamb, en plus de faire équipe avec l’inspecteur en charge de l’affaire, demande conseil à un ami de son père, un certain Hercule Poirot.

J’avais vu l’adaptation bbc de ce roman et j’avais plutôt bien aimé. Le roman est très différent et il est clair qu’il est loin de se classer parmi mes favoris! Je l’ai trouvé assez ennuyeux finalement. Poirot est quasi absent de ce roman, il ne sort pas de son appartement. Il reçoit son jeune ami pour entendre les avancées de l’enquête, le met sur une piste ou deux, donne quelques conseils et c’est tout. C’est d’ailleurs les moments du roman que j’ai préféré lire, mais ils sont bien rare. Le héros du roman, biologiste de formation et espion à ses heures perdues, s’éprend de la jolie secrétaire qui semble avoir quelques secrets de famille. On passe pas mal de temps à lire les interrogatoires de tous les voisins en compagnie de l’inspecteur, passages plaisant mais sans plus. Je n’ai pas non pus aimé le discours du jeune héros, qui tombe amoureux d’une jeune femme qu’il ne connait pas pour des raisons qu’on ignore. Il a vis à vis d’elle un comportement paternaliste et supérieur assez agaçant notamment lorsqu’ils sont tous les deux dans un salon de thé. Un Agatha Christie qui ne restera pas dans ma mémoire!

Déracinée

de Naomi Novik

4/5

Agnieszka vit dans le paisible village de Dvernik. La vallée qui l’entoure semble idéale pour vivre, mais en réalité tous les villageois vivent avec la peur du Bois à la lisière du village. Des forces maléfiques et une puissante magie très ancienne sévit. Tous le monde sait qu’il ne faut pas s’approcher du Bois sous peine d’être contaminé par ses miasmes et d’être définitivement perdu. Depuis plusieurs décennies maintenant un sorcier s’est installé dans une tour isolée juste à l’entrée du Bois envoyé par le roi depuis la capitale du royaume, afin d’empêcher le Bois de s’étendre autour des villages et d’avancer sur les terres du royaume. Connu sous le nom de Dragon, il protège les populations locales. Grace à lui, le Bois ne semble plus être un danger direct pour les habitants. Cependant en échange, le Dragon exige de pouvoir emmener dans sa tour une jeune fille. Tous les dix ans, les jeunes filles nées au mois d’octobre et qui ont atteint leur 17e anniversaire, devront se présenter devant le Dragon qui choisira une jeune fille. On ne connait pas les critères, mais depuis le temps les villageois ont sur repérer quelques indices: La jeune fille est toujours jolie, courageuse, brave et intelligente. Le sacrifice est grand pour la jeune fille qui ne revoit pas sa famille durant dix années et qui revient toujours très changée au point de ne plus se sentir à leur place au village et de partir vivre à la capitale. Agnieszka comme tout le village sait depuis longtemps que c’est sa meilleure amie qui sera choisie, la plus belle, la plus courageuse et la plus intelligente de la région. Mais à la surprise générale, le jour J le Dragon choisi Agnieszka.

Je suis tombée par hasard sur ce roman et le résumé m’a fait de l’œil, ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de roman fantastique. L’univers de départ est assez classique, un monde médiéval, un royaume, un roi, un village loin de la capitale et du pouvoir, une jeune fille qui ne semble n’avoir aucune caractéristique hors du commun. Ici, le village de Dvernik pourrait être idyllique si il n’y avait pas le Bois. Les habitants sont tous très attachés à leur région à commencer par l’héroïne qui se voit bien vivre toute sa vie dans la vallée qui l’a vue naitre. Agnieszka est décrite comme une jeune fille ni laide ni belle, qui n’est pas particulièrement savante ni cultivée, qui ne semble pas avoir de talent particulier. Elle grandit auprès d’une famille unie et aimante et s’est choisie comme meilleure amie la seule fille du village que les autres enfants préfèrent fuir. En effet, tout le monde pense qu’elle sera choisie par le Dragon à ses 17 ans, et à quoi  bon s’investir amoureusement ou amicalement auprès d’une personne destinée à partir?

J’ai beaucoup aimé les premiers chapitres, la vie quotidienne d’Agnieszka, son amitié fusionnelle avec sa meilleure amie, le jour de la cérémonie, son départ inattendu avec le dragon sans avoir l’opportunité de dire adieu à sa famille, les premières semaines difficiles à la tour. Il y a beaucoup d’humour avec la maladresse légendaire d’Agnieszka qui ne semble pas du au hasard finalement, quelques rebondissements m’ont fait rire, et puis on entre dans le vif du sujet avec le Bois, ses miasmes, sa manière d’essayer de contaminer les villageois…

Magie, bois enchanté, créatures maléfiques, un magicien mystérieux, une héroïne qui n’en a pas l’air, tous les ingrédients d’un roman fantasy sont réunis. J’ai apprécié les personnages pas du tout manichéen, que se soit la meilleure amie d’Agnieszka qui semble si parfaite, le Dragon qui n’est pas un héros, le prince héritier, ou même la source du mal, tous les personnages ont de gros défauts, mais ont aussi leurs bons côtés. Pas mal d’action, de rebondissement, quelques touches d’humour, des personnages parfois attachants mais toujours très intéressant. Dommage que certains personnages qui entrent dans l’histoire un peu tardivement ne soient donc assez présents! Une lecture agréable, distrayante et une histoire bien ficelée.

Dernières séances: Vice – Une intime conviction

Vice : Affiche

de Adam Mckay

Christian Bale, Sam Rockwell, Amy Adams, Steve Carell

4/5

L’entrée de Dick Chesney dans le monde de la politique américaine au début des années 60 jusqu’à sa nomination au poste de vice président des États Unis. Ou comment un homme qui n’avait pas d’ambition ou d’idéaux particuliers est devenu l’un des hommes les plus puissants de la planète.

Vice : Photo Christian Bale

De Adam Mckay, j’avais déjà vu the big short, dans lequel il s’efforçait d’expliquer les dessous du monde des finances et la crise immobilière des années 2000. La mise en scène manquait de subtilité mais on sentait surtout l’envie du réalisateur de bien faire comprendre aux spectateurs le sujet compliqué de la finance et de la crise boursière, tout en restant un minimum rigolo dans sa façon d’expliquer. Sur le même sujet j’avais préféré Margin call.

Vice : Photo Sam Rockwell

Ici c’est un peu la même manière de raconter, mais les effets un peu trop lourd utilisé sur the big short apparaissent plus léger dans Vice. Mckay se lance dans des explications complexes avec de moins gros sabots que dans the big short, il faut dire que le sujet est un peu moins technique que la finance.

J’ai beaucoup aimé Vice. Évidemment Christian Bale est excellent dans ce rôle d’homme politique parti de rien et arrivant au sommet. Il découvre la politique, il comprend vite qu’il ne s’agit pas ici d’idéaux, de convictions ou de principes moraux, mais uniquement trouver la réponse à la question suivante: comment obtenir plus de pouvoir? aucun principe, aucune limite pour arriver à cette fin. Physiquement c’est bluffant aussi, mais pas surprenant, Bale est un habitué des transformations physiques comme pour son rôle dans the machinist…

Vice : Photo Amy Adams, Christian Bale

A travers le portrait d’un homme qui gravit les échelons vite et bien, Mckay en profite pour nous expliquer certaines méthodes de la politique américaine, comment les états unis ont embrouillé le monde pour envahir l’Irak, comment le 11 septembre ne fut pas une tragédie pour Chesney mais “une opportunité”. On revisite une décennie de la politique américaine avec l’Irak, Halliburton, le fric, le pouvoir. Comment Chesney est devenu un homme riche et puissant, comment il a manipuler Bush pour en faire sa marionnette, interprété par l’excellent Sam Rockwell, comment il a décidé de tout alors qu’il n’était que vice président, un poste sensé être symbolique plus qu’autre chose.

C’est clair et bien expliqué, c’est rythmée et fluide. Amy Adams est très bien aussi dans le rôle de la femme de l’ombre. Sans elle Chesney n’aurait probablement rien fait de sa vie. Un film à ne pas rater.

Une intime conviction : Affiche

de Antoine Raimbault

Olivier Gourmet, Marina Fois

3.5/5

Nora, cuisinière dans un restaurant et élevant seule son fils, a participer au jury lors du premier procès de monsieur Viguier, accusé d’avoir assassiné sa femme. Acquitté lors du premier procès, Nora s’est rapprochée de la famille, notamment par le biais de la fille ainée de monsieur Viguier qui aide son fils dans ses devoirs scolaires. Alors que le procès en appel va bientôt commencer, Nora fait appel au célèbre avocat Eric Dupont-Moretti. Elle essaye de le convaincre de prendre l’affaire en main, persuadée de l’innocence de monsieur Viguier.

J’étais très curieuse de voir ce film, pas pour l’histoire de meurtre, je ne connaissais pas cette affaire du tout, mais surtout pour voir ces deux acteurs que j’aime beaucoup, Olivier Gourmet et Marina Fois. Je suis aussi admirative de Dupont-Moretti et voir un acteur jouer son rôle m’intéressait. Le film est assez particulier, car tout est toujours en retrait. La disparition de madame Viguier remonte à plusieurs années, monsieur Viguier élève seul ses trois enfants tous presque adulte aujourd’hui. On ne voit ni flash back, ni éléments directement liés à l’affaire.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs, Olivier Gourmet

On suit Nora et son point de vue sur l’affaire. Elle élève seule son fils, travaille dure et s’investit corps et âme dans ce nouveau procès, oubliant sa famille, son travail, ses obligations. Rien ne passe avant l’affaire, le procès. Sur la demande de Dupont-Moretti, Nora doit écouter, analyser, trier des centaines d’heures d’écoute téléphonique.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs

Le film ne prend jamais parti, est-ce que le mari a commis un meurtre? est-ce que l’amant est coupable? y a-t-il eut meurtre prémédité, disparition volontaire, mauvaise rencontre sur la route? Aucun élément de réponse suffisamment convaincant permet de soutenir une hypothèse plus qu’une autre. Le film rappel l’enjeu juridique, il ne faut condamner une personne que si on a une intime conviction qui repose sur des faits tangibles. Peu importe ce que croit Nora, Dupont-Moretti ou les jurés, si il n’y a pas de faits tangibles, on ne peut pas condamner monsieur Viguier.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs

J’ai beaucoup aimé la leçon que Dupont-Moretti donne à Nora lorsque cette dernière lui dit être persuadé de la culpabilité de l’amant, sans qu’elle n’ait de preuves. La vindicte populaire, les rumeurs, le poids de la presse, l’influence du plus grand nombre. La scène du plaidoyer finale est très tendue, prenante, tellement efficace, cette scène seule vaut le coup de voir le film.