Dernière lecture: Kayla Marchal tome 2: L’ascension de Estelle Vagner – Le joueur de croquet de HG Wells – Hidden legacy tome 2: White hot – Park life de Shuichi Yoshida

L’ascension

de Estelle Vagner

3.5/5

Le tome 2 des aventures de Kayla Marchal. On retrouve donc Kayla et Jade qui découvrent la vie des polymorphes et du clan des protecteurs. Elle est sensée s’entrainer à développer son pouvoir et à trouver sa deuxième forme animale, mais hélas pour elle rien ne fonctionne. Alors qu’elle pensait enfin trouvée sa place parmi les polymorphes, elle comprend très vite qu’elle n’est pas acceptée par les autres. Encore une fois, elle a l’impression de ne pas être à sa place et de ne pas être acceptée. Heureusement elle trouve du réconfort auprès de Jade, mais Max lui manque énormément. Les mois passent et elle n’a aucune nouvelle…les choses auraient pu continuer ainsi si Kayla n’avait pas découvert le véritable but des polymorphes protecteurs. Elle décide alors qu’il est temps d’aller voir ailleurs.

j’avais beaucoup aimé le premier tome des aventures de Kayla. Les dialogues sont parfois un peu trop ado mais il faut dire que l’héroïne n’a que 18 ans. J’ai moins aimé le début du roman, lorsque Kayla et sa nouvelle copine Jade sont coincés dans les quartiers des Protecteurs et qu’elles sont obligées de suivre des cours. Le coté lycée n’était pas des plus passionnant, mais heureusement cette partie là passe très vite. On se retrouve donc ensuite dans le vif du sujet, et dans tous ce qui a fait que j’ai aimé le premier tome: de l’action, des rebondissements, de l’aventure, de l’humour. On découvre grâce à Jeremiah, l’univers des Traditionalistes.

Avec les rêves de plus en plus vivant et détaillés de Kayla, on découvre enfin ses vies antérieures, notamment le passé de Kania et Max/Mydan, mais aussi une autre vie antérieure plus lointaine. Les rêves apprennent à Kayla sa destinée et les sacrifices qu’elle a fait et qu’elle devra surement faire encore.

Une lecture très sympa, parfois légère, parfois drôle, Kayla évolue doucement, et les personnages secondaires sont pour la plupart attachant. Je lirais le 3e tome avec plaisir.

 

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Le joueur de croquet

de HG Wells

4/5

Dans les années 30, George est un homme de la bonne société, oisif et lisse. Il dépend du bon vouloir de sa riche tante, avec qui il passe tout son temps. George boit, voyage, et joue du croquet, sport dans lequel il excelle. Bref, George est un anglais respectable. Il est un jour aborder sur la terrasse d’un hôtel par le docteur Finchatton, qui lui demande s’il peut lui raconter ses mésaventures récentes afin d’avoir l’opinion d’un homme extérieur. Finchatton lui raconte comment il est devenu médecin dans une petite ville paumée. Il a été témoin de certains faits qui l’ont persuadé que le mal à l’état pure agissait dans la région, au point de hanter ses nuits et ses rêves et de perturbé sa tranquillité.

Je suis tombée sur ce court roman un peu par hasard et j’ai tenté le coup. Le roman se passe exclusivement sur la terrasse de cet hôtel dans lequel le héros, George, va rencontrer Finchatton, persuadé d’avoir été contaminé par le mal qui règne dans la ville où il est établi. Un petit roman étrange. J’ai été intéressée par l’histoire de Finchatton; est t-il tout simplement fou, l’est-il devenu en se laissant convaincre que le mal est contagieux, ou a t-il vraiment été témoin du mal qui prendrait véritablement forme? Tout est sujet à questionnement dans ce roman, même le médecin psychiatre de Finchatton n’est pas dénué d’ambiguïté; est-il fou lui aussi? a t-il été contaminé par Finchatton? et si c’est le cas, George va t-il être contaminé aussi?

Ce qui sauve George de la folie finalement, c’est tout simplement son caractère. George est un anglais dilettante, qui ne se prend pas la tête, qui a des idées très terre à terre et zéro imagination. Ce qui intéresse George c’est d’en faire le minimum, de se prélasser le maximum et de satisfaire sa tante qui tient les cordons de la bourse, alors le mal, la folie et la contagion il s’en fout, et c’est finalement ça qui le sauve.

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Hidden legacy tome 2: White hot

de Ilona Andrews

4/5

Nevada Baylor est toujours détective privée et tente de se remettre des évènements récents (Burn for me tome 1). Mad Rogan n’a pas reparue dans sa vie et c’est tant mieux, du moins le pense t-elle. La routine a repris  le dessus jusqu’à ce que Cornelius Harrison sonne à sa porte. Sa femme a été sauvagement assassinée en compagnie de plusieurs autres collègues de travail. Il aimerait venger la mort de sa femme, d’autant que son employeur ne semble pas intéressé de le faire. Nevada accepte l’affaire et doit pour enquêter, remettre les pieds dans le monde des Primes, ces êtres qui ont des pouvoirs importants et qui les placent au dessus du commun des mortels.

Bon je ne comprend toujours pas les couvertures affreuses pour cette série. En plus d’être vraiment très moches, elles donnent l’impression qu’on est sur le point de lire des romans arlequins ou érotiques, alors que non, ce n’est pas le cas. C’est d’ailleurs à cause de la couverture que je ne m’étais lancée dans la lecture du tome 1 Burn for me, que un an après sa sortie alors que je suis très fan des romans d’Ilona Andrews. Heureusement j’ai lu des articles qui m’ont fait réalisé que c’était bien de l’urban fantasy avant tout.

Dans la série des Hidden legacy, nous sommes dans un monde qui pourrait être le notre aujourd’hui mais qui a été chamboulé à la fin du 19e siècle par l’invention d’un sérum qui permet aux êtres qui se l’injecte de développer des pouvoirs extraordinaire comme la télékinésie, la télépathie, contrôler les éléments, ou autre. Certains développent des pouvoirs à un niveau très élevé, d’autre à un niveau minuscule. Ces pouvoirs pouvant se transmettre d’une génération à l’autre, ces personnes sont très vite rangées dans des cases selon le niveau de la magie. Moyen, élevée, ou encore Prime, qui sont les plus puissants. Ce ne sont plus des “familles” mais des “maisons”, qui suivent leurs propres règles, qui ont leurs propres institutions, même si ils respectent un minimum les êtres humains lambda et leurs lois pour ne pas soulever la haine et la rébellion de la population. Pour les membres des “maisons”, les mariages sont arrangés selon les pouvoirs des uns et des autres, dans l’espoir qu’une union engendrera des enfants puissants, avec des mélanges de différents types de pouvoir. C’est dans ce contexte qu’on fait connaissance dans le précédent tome de Nevada, dont le pouvoir est de savoir si quelqu’un ment ou pas. C’est un pouvoir rare et facile à cacher. Seule sa famille le sait et pour le reste du monde Nevada n’est qu’une simple petite détective privée qui s’occupe surtout d’infidélité.

J’ai adoré ce tome. On retrouve Nevada et toute sa petite famille, la mère ancienne militaire, la grand mère Frida qui adore bricoler les tanks dans le garage, Catalina et Arabella, les deux jeunes sœurs de Nevada et Leon et Bern ses deux cousins. On en apprend plus sur les origines de Nevada, d’où vient son pouvoir, on en apprend plus aussi sur les sœurs et cousins de Nevada qui ont eux aussi des pouvoirs intéressants.

Il y a beaucoup d’actions, beaucoup d’humour aussi, les dialogues sont toujours très drôles à lire, comme c’est déjà le cas dans les autres romans de Ilona Andrews (Kate Daniels). J’aime vraiment les romans urban fantasy de cette auteur, surtout pour ses héroïnes, toujours des personnages forts, déterminés, indépendants. Contrairement à son personnage de Kate Daniels, Nevada ne sait pas se battre et n’a pas de capacité physique particulière, mais son pouvoir devient de plus en plus maitrisé et puissant. Et surtout Nevada gère beaucoup de choses, j’adore son indépendance d’esprit, son coté malin. J’ai adoré son évolution. Avec des pouvoirs de plus plus puissant, elle devient quelqu’un qu’elle n’est peut être pas prête à assumer.

J’ai beaucoup aimé l’intrigue aussi, Cornelius est un personnage sympathique tout comme sa petite fille entourée d’animaux magiques; et puis bien sur le roman tourne beaucoup autour de la relation entre Nevada et Rogan qui évolue énormément. C’est drôle, bourré de rebondissement et d’action, on ne voit pas les pages tournées. Il se sera passé quasiment 3 ans pour que la suite sorte mais heureusement le tome 3 écrit dans la foulée sortira fin juillet 2017. J’ai hâte de le lire,  on devrait notamment voir la confrontation entre Nevada et sa grand mère paternelle.

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Park life

de Shuichi Yoshida

3.5/5

Un employé de bureau, son chef direct, une jeune employée de bureau, un vieux monsieur qui s’amuse avec son drone, une dame qui fait du jogging, un homme d’âge mur qui fait des exercices d’équilibre, tout ce monde se croise dans le parc Hibiya à Tokyo.

Park life parle du quotidien d’un jeune tokyoïte comme beaucoup d’autre. Célibataire, solitaire, employé de bureau, pas trop d’ambition. Il passe alors toutes ses pauses dans le parc à coté de son bureau, parfois seule, parfois en compagnie de son chef avec qui il a des discussions sur le sens de la vie. Il y a aussi la mystérieuse jeune femme qui vient tous les jours boire son café dans le parc avec qui il sympathise.

On le suit dans l’appart d’un couple d’amis qui se sont séparés et qui lui ont laissé les clés pour un temps indéterminé. ça tombe bien, puisque sa mère est de passage à Tokyo et squatte son appartement, comme elle le fait tout les ans pour quelques jours, pour respirer un autre air que celui de sa maison et pour voir d’autre tête que celle de son mari. La relation mère fils est parfois drôle.

Il y a une ambiance douce amère qui se dégage du roman, des petites choses du quotidien qui n’ont pas de réels importance. Le roman est court, il n’est pas exceptionnelle, mais j’imagine qu’entre les mains d’un bon scénariste et d’un bon réalisateur, ça pourrait faire un chouette film plein de douceur.

 

L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

L'incolore, Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

de Haruki Murakami

4/5

Tsukuru Tazaki a grandit à Nagoya entouré de 4 amis dont les noms signifient tous des couleurs, rouge, bleu, blanche et noire. Ensemble, ils formaient un groupe soudé, uni, solidaire. Le groupe se disperse avec la fin du lycée. Si les 4 amis de Tsukuru décident de rester à Nagoya pour poursuivre leurs études, Tsukuru part pour Tokyo poursuivre des études d’ingénieur spécialisé dans la construction des gares ferroviaires, comme il l’a toujours rêvé. Ils revoient régulièrement ces amis lors de ces visites à Nagoya, mais dans sa 2e année universitaire, il reçoit le coup de fil d’un de ses amis qui lui annonce qu’il n’est plus le bienvenu dans leur groupe et qu’ils ne veulent plus jamais le revoir. Tsukuru grandit avec ce rejet qui deviendra un poids et peut être un frein avec les années.

Voilà c’est une première! A l’occasion du challenge Un mois au Japon organisé par Hilde et Lou, j’ai lu mon premier roman de Murakami. L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage nous raconte donc l’histoire de Tsukuru à plusieurs étapes de sa vie, mais pas forcément dans l’ordre. On commence par sa vie à l’age de 36 ans, Tsukuru a un job qu’il apprécie sans plus, une vie assez terne et répétitive. Tsukuru n’a pas vraiment d’amis, pas vraiment de lien avec sa famille, pas de femme, pas d’enfants, il enchaine les aventures plus ou moins longues. Il n’est ni triste, ni joyeux. On voit Tsukuru dans sa période étudiante, la souffrance qu’il ressent après avoir été évincé brutalement de son groupe d’amis, sa guérison, sa rencontre avec Haida, un étudiant qui deviendra son ami, on apprend à connaitre Tsukuru, ses fantasmes, ses envies, ses pensées.

Tout au long du roman, on le voit rencontrer à plusieurs reprises sa copine avec qui les choses deviennent peut être sérieuses. Mais elle ne s’engagera pas davantage avant que Tsukuru ait le courage d’aller à la rencontre de ces amis pour guérir ses blessures. Aujourd’hui, le temps à passer et il est temps que Tsukuru apprennent pourquoi il a été rejeté 15 ans auparavant.

Ce sont les passages que j’ai préféré lire, ces rencontres avec ces amis, 15 ans après. Tsukuru les rencontre un par un, il découvre ce qu’ils sont devenu, leur vie, leur boulot, leur famille. J’ai beaucoup aimé les différentes rencontres, mais j’ai surtout beaucoup aimé le passage à Helsinki, voyage que Tsukuru entreprend pour rencontrer Noire, la dernière amie du groupe que Tsukuru va affronter.

Le roman nous parle du passage de l’adolescence à l’âge adulte, de ce coté fusionnelle dans les amitiés adolescentes, Murakami nous parle des désillusions des jeunes adultes, de l’entrée dans la vie active, la recherche de soi. Murakami nous parle de l’image qu’on a de soi et de la manière dont les autres nous perçoivent. L’écriture est douce parfois neutre, il y a beaucoup de mélancolie, d’introspection. Tsukuru doit aller au bout des choses, au bout de soi, au bout de sa quête pour pouvoir aller de l’avant. Les souvenirs sont parfois brouillés, parfois à la limite de la rêverie.

J’ai beaucoup aimé la construction du roman, ces allers et retours dans la vie de Tsukuru, son pèlerinage auprès de ces amis, qui malgré les années le connaissent mieux que personne. Si ce n’est pas un coup de cœur, il y a certains moments pleins de grâce dans ce roman qui m’ont emporté. Je lirais bien d’autre romans de cet auteur très apprécié de la blogosphère.

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Challenge japon: Première neige sur le mont Fuji

Dans le cadre du challenge Un mois au Japon, organisé par Lou et Hilde, je commence avec un peu de retard, par vous parler d’un recueil de nouvelles.

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4/5

Première neige sur le mont fuji ce sont de petites histoires, des fenêtres ouvertes sur le japon. C’est  poétique, calme, reposant, pas de rebondissements affolants, mais une atmosphère qu’on ressent dans chacune des nouvelles. La première histoire est peut être ma préférée, celle d’un couple amoureux dans leurs premières jeunesses, mais séparé par la guerre. Ils se retrouvent alors qu’ils sont à un carrefour de leurs vies. La femme vient de divorcer après un mariage qui n’a été qu’échec et tristesse. Le couple se retrouve par hasard et prend la route d’Hakone, près du mont Fuji, sur un coup de tête, sur la route de leur jeunesse perdue et vont tenter de renouer avec leur amour perdu.

J’ai beaucoup aimé aussi la seconde nouvelle, celle d’un écrivain qui va rendre visite à un autre écrivain, un mentor qui aujourd’hui se meurt. ll discute avec la fille du malade sur fond d’histoire surnaturelle, de fantômes qui hantent les taxi de la région.

Il y a une nouvelle que je n’ai pas trop aimé, très abstraite et difficile à comprendre. La dernière nouvelle était jolie dans un style contemplatif sur la nature, son évolution, ses étapes, ici avec les gingkos de la rue qui perd ses feuilles.

On sent un travail d’orfèvre derrière ces petites histoires, des métaphores sur la vie et son sens tout en se promenant à Tokyo, Kyoto ou Hakone. C’est beau à lire, et ça donne envie de se lancer dans d’autre romans de l’auteur.

Dernières lectures: Les délices de Tokyo et Kayla Marchal l’exil

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De Durian Sukegawa

4/5

Sentaro est gérant d’un petit boui boui qui vend des dorayakis, des petites crêpes japonaises fourrées à la pâte de haricot confit. Il gère les lieux pour le compte d’un patron envers qui il a une dette. Un jour, une vieille dame, Tokue, se présente et se propose pour être engagée comme aide aux cuisines. Au début, Sentaro ne l’engage pas, la dame est vieille et n’a pas l’air bien solide, et ses mains toutes recroquevillées ne plaident pas en sa faveur. Mais après qu’elle lui ai fait gouter à sa pâte de haricots confits qu’elle confectionne elle même, Sentaro est convaincu: Tokue est engagée et viendra un matin sur deux pour lui apprendre et l’aider à faire les haricots confits, processus qui prend plusieurs heures. Dès lors, les ventes explosent et la clientèle augmente.

J’avais vu le film il y a quelques semaines, et j’avais adoré, alors quand j’ai vu que c’était adapté d’un roman, j’ai pas hésité. Le roman reprend donc la trame du film, Sentaro qui vend des dorayakis pour le compte d’un patron envers qui il a une dette. Il rencontre Tokue, vieille dame qui sait confectionner de la pâte de haricot confit comme personne et qui va transmettre son savoir à Sentaro. Au fil des pages, on découvre de Tokue a souffert dans sa jeunesse de la lèpre et à travers son personnage et son histoire, on découvre comment la lèpre a touché le Japon après la seconde guerre mondiale, et comment les malades étaient traités. Emmener dans des sanatoriums, on traitait les malades comme de vrais prisonnier. Ils avaient interdiction de sortir du camp, coupaient tout les ponts avec leurs familles pour qui ils étaient une honte, les malades se voyaient attribués de nouveaux noms et prénoms et toutes leurs affaires étaient brûlés à leur arrivée. Tokue raconte son histoire, son arrivée au sanatorium à l’âge de 14 ans, son mariage avec un autre malade qui sera stérilisé pour qu’il n’y ait pas d’enfant, son absence totale de contact avec sa mère, qui l’accompagna en pleure sur le quai qui l’emmenait au sanatorium de Tokyo.

J’ai adoré le roman, qui se concentre plus que le film sur la destinée des malades de la lèpre au Japon, ceux qui étaient touchés que légèrement, ceux qui conservaient de graves séquelles, la joie que les ex malades, guéri depuis longtemps, ont ressenti lorsqu’en 1996, la loi de confinement des anciens malades a été abrogée, et leur tristesse quand ils se sont rendus compte qu’à leur âge, ils ne pouvaient plus espérer ni reprendre contact avec leurs familles, ni refaire une vie en dehors du sanatorium.

L’apprentissage des haricots confits ne représente qu’une petite partie du roman, c’est plus une métaphore d’apprentissage de la vie. Tokue essaye de transmettre à Sentaro qui pourrait être son fils et à Wakana qui pourrait être sa petite fille, les leçons de vie qu’elle a apprise dans sa dure existence. C’est d’ailleurs dommage que dans le roman, la relation entre Tokue et Wakana ne soit pas plus développé, elle l’est est peu plus dans le film, car dans le roman, c’est surtout le point de vue de Sentaro qui est mis en avant, du coup on approfondie pas le personnage de Wakana suffisamment.

La première moitié du roman est parfois un peu étrange dans sa construction, dans les mots choisis, comme si la traduction du japonais au français nous fait perdre un peu de la poésie ou de la qualité d’écriture. La seconde moitié est mieux écrite, et la fin poignante, avec les déclarations de Tokue, les visites de Sentaro et Wakana au sanatorium, et les dernières pages sont très touchantes, pleines de poésie et de douceurs. Un jolie roman.

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de Estelle Vagnier

3.5/5

Kayla Marchal est une jeune morph, c’est-à-dire une humaine capable de se changer en animal et dans son cas, en loup. Les morph vivent répartis en clans et meutes, chaque clan vivant selon leurs propres règles. Kayla n’a pas connu sa mère, morte assassinée quand elle avait un an, et a été élevée durement par son grand père, le chef de meute, l’alpha. Mais alors que tous les autres membres de la meute se sont transformés en loup dès la puberté, Kayla n’a toujours pas réussi. Depuis elle est au mieux ignorée au pire battue par ses pairs. Pour son 18e anniversaire Kayla est mise à la porte par son grand père, qui décide qu’elle ne peut plus vivre parmi eux tant qu’elle n’aura pas réussi à se métamorphosée en loup. Se sentant trahie par sa seule famille, Kayla n’a pas d’autre choix que de prendre la route. En s’arrêtant en ville, elle fait la connaissance d’une nouvelle meute et décide de rester. Elle fait alors la connaissance d’autre morph.

J’ai découvert ce titre d’urban fantasy sur amazon, et après avoir lu quelques avis positifs, je me suis lancée. C’est écrit par une française et j’aime bien donnée une chance aux écrivains français dans le domaine de l’urban fantasy ou du fantastique, on a parfois de bonnes surprises.

Ici au départ, on ne sort pas trop des sentiers battus, un monde de morph (ou changeforme), des clans, des meutes, une héroïne jeune et jolie un peu naïve et un triangle amoureux en apparence.

Mais pas d’inquiétude, finalement je ne trouve pas que l’auteur soit tombé dans le piège du triangle amoureux et c’est tant mieux. Car même si les trois héros masculins sont décrits comme de vrais apollons, Kayla ne ressent rien pour deux d’entre eux, et c’est assez vite que le lecteur s’en rends compte.

J’ai beaucoup aimé finalement. L’univers est bien décrit, bien maitrisé par l’auteur, les clans, les meutes, la mythologie et l’histoire de ce peuple qui vit parmi les humains ou pas, sans pour autant se mélanger. Ce premier tome présente cet univers et ces caractéristiques, son passé et ses conflits intérieurs. Il présente aussi les personnages et si j’ai adhéré dès les premières pages à ce roman, c’est surtout pour son héroïne, Kayla, qui m’a plut. Elle n’est pas une pauvre jeune fille sans défense qui doit toujours être sauvée in extremis par de beaux mâles en puissance, en tant que morph elle a une force supérieur à la majorité et en tant que futur Alpha, elle a une puissance souvent supérieur aux communs des morph. C’est elle qui raconte l’histoire, elle a de l’humour, de la répartie, mais n’est pas sans défauts, car la belle Kayla n’est quasiment pas sortie de son clan durant ces 18 premières années, et coté relationnel elle n’est pas très douée.

Alors évidemment elle n’est pas très douée pour communiquer avec les garçons, elle perd souvent tous ses moyens. Mais j’ai justement aussi beaucoup aimé sa fraicheur, son naturel, son manque d’assurance, ses maladresses, après tout elle a 18 ans tout juste et ne connait pas grand-chose du monde extérieur.

C’est un roman qui se lit facilement, l’auteur ne s’embête pas de descriptions lourdes, juste ce qu’il faut, il y a de nombreux rebondissements plus ou moins importants, souvent de l’action, toujours bien écrit, et les dialogues sont souvent drôles. Bref, je l’ai lu en une nuit et une matinée, je l’ai commencé  à 00h30 je me suis arrêtée à contre cœur à 5h du matin et heureusement pour moi on était vendredi soir, donc après une grasse matinée je me suis remise à la lecture pour terminer ce roman assez vite.

Ce n’est pas souvent que je tombe sur un roman qui me tient en otage comme ça, pour qui je n’arrive pas à reposer le livre, avec les pages qui tournaient presque toutes seules. Bon après ce n’est pas le roman du siècle, mais c’est une histoire qui m’a beaucoup divertie, qui m’a bien changé les idées, et ce sont des personnages pour lesquels je me suis tout de suite attachée et que j’ai eu un peu de mal à quitter. La fin du roman nous fait bien comprendre que l’ont vient de voir seulement le haut de l’iceberg concernant le monde des morphs et des clans, et que toute une histoire bien plus importante se joue. J’ai vraiment hâte de lire la suite et de retrouver cet univers, en espérant que l’auteur garde la même fraicheur, et ne noircisse pas trop l’univers et la destinée des personnages comme c’est souvent le cas dans la fantasy que j’ai pu lire jusqu’ici. Le roman n’est paru que début avril, donc je me doute que je ne lirais pas la suite dans les semaines à venir, en espérant que l’auteur à déjà écrit le second tome, à suivre…

 

Tokyo électrique

Recueil de nouvelles

3/5

Yumeko de Muramatsu Tomomi: l’histoire de cinq amis qui se retrouvent dans leur bar habituel et s’interroge sur la vie de leur quartier Fukugawa.

Les fruits de Shinjuku de Morito Ryuji:  La journée de deux étudiants qui passent leur temps à se shooter avec tout et n’importe quoi. Ils rencontrent la jeune et jolie Maria, prostituée qui intrigue beaucoup l’un des deux étudiants.

Amants pour un an de Hayashi Mariko: Une jeune femme est séduite par un homme qui a une bonne situation. Hélas, le monsieur est déjà fiancée à une femme partit pour un an aux États Unis. La jeune femme lui propose alors de devenir sa petite amie le temps que sa fiancée officielle revienne.

La tente jaune sur le toit de Shiina Makoto: L’histoire d’un homme dont l’appartement vient de bruler. Ne sachant pas où loger le soir même, il décide de planter sa tente sur la terrasse de l’immeuble où il travaille, en toute discrétion. Ce qui ne devait durer qu’une nuit se transforme en semaines.

Une ménagère au poste de police de Fujino Chiya: Une jeune mère est intriguée par une question posée par sa fille “y a t-il des femmes dans les postes de police?”. Elle se met alors à surveiller les postes de police de son quartier.

Je suis tombée sur ce roman en parcourant le rayon littérature asiatique à la fnac. J’avais envie d’un roman qui me replonge dans le Tokyo que j’avais visité l’année dernière, quelque chose de familier. Tokyo électrique est un recueil de nouvelles se déroulant toutes dans la capitale japonaise.

Les nouvelles sont inégales comme souvent, et ne m’ont pas particulièrement plut. Il se dégage de certaines nouvelles, une atmosphère, une ambiance particulière qui fait qu’on continue de tourner les pages. La première nouvelle, Yumeko m’a un peu ennuyer au début et m’a finalement plut, quelque chose de particulier se dégage de la réflexion de ces hommes dans leur bar favoris, durant les heures de fermetures, en milieu d’après midi. On apprend pas mal de chose sur l’appartenance à un quartier, la loyauté de ses habitants, les différences entre la basse ville et les quartiers plus aristocratiques.

La seconde nouvelle se passe dans le quartier de Shinjuku, quartier que j’ai souvent arpenté durant mon court séjour, et du coup j’en attendais beaucoup. J’ai finalement été déçu par cette nouvelle, dans laquelle deux étudiants passent leur temps à se shooter avec n’importe quoi, à se faire payer le moindre repas par qui voudra bien, qui ne font rien d’autre que se laisser aller, comme deux collégiens de 12 ans. J’ai trouvé l’histoire sans grand intérêt, soulignant la lâcheté finalement compréhensive du héros à la fin de la nouvelle .

La 3e nouvelle m’a plut surtout au début, celle d’un homme dont l’appartement à brulé et qui décide de planter sa tente sur le toit de l’immeuble où il travaille. Les jours passent et il se rend compte qu’il aime vivre sous la tente, sur le toit, sous le ciel. Il adore pouvoir observer les lumières du quartier de ginza, pouvoir dormir dans son sac de couchage en regardant les étoiles juste au dessus de lui et découvre que finalement il se contente de peu, un duvet chaud, un réchaud pour les repas lyophilisés, une prise électrique pour un peu de lumière la nuit. J’ai beaucoup aimé les débuts, le voir prendre ses habitudes, se faufiler discrètement le soir sur le toit, redescendre travailler le matin. Mais je n’ai pas compris la fin, il n’y a pas de chute ni de conclusion, rien comme si l’auteur avait commencer un roman mais n’avait pas finit, laissant en suspens tout ce qu’il venait de créer, c’est bien dommage.

La dernière histoire comporte le même problème, une mère intriguée par la question posée par sa fillette, y’a t-il des femmes agents dans les postes de police? la mère un peu désœuvré en journée, se met à arpenter les rues de son quartier et à observer les habitudes des agents des postes de police. On s’attache doucement à la mère, à sa voisine, à sa fille, on apprend les difficultés de la mère quant à une claustrophobie, une peur des transports en commun, de la foule, qui l’empêche de faire tout ce qu’elle pourrait faire. La nouvelle aborde subtilement le problème de la discrimination sexuelle avec la question de savoir s’il y a des agents de police femme, et apparemment, ce n’est pas le cas, même si la question soulever par la fille ne trouve pas de réponse, la seule agent de police femme que l’on croise n’est qu’une guide qui fait visiter aux personnages la préfecture de police. La aussi il n’y a pas de chute, pas de conclusion.

En bref, un recueil de nouvelles plus ou moins intéressantes qui introduit certains aspects de la société japonaise, la place des femmes dans le monde professionnelle, les relations amoureuses hommes femmes, la place du travail dans le quotidien des japonais, les marginaux de la capitale. On a l’impression de voir des instantanées de la société japonaise dans la ville de Tokyo, mais au détriment des histoires, puisque les nouvelles nous laisse une impression d’inachevée.

Monsieur Han

de Hwang Sok Yong

3.5/5

Monsieur Han, un misérable vieil homme, se meurt seul dans une chambre louée, en Corée du sud. Ses voisins qui ne connaissent rien à sa personne, arrivent à retrouver certains membres de la famille. Mais qui était ce mystérieux Monsieur Han qui ne recevait jamais de visite? Quelques années en arrière, durant la guerre entre le nord et le sud, monsieur Han était appelé Docteur Han et était un professeur en gynécologie très doué, enseignant dans une bonne université. Marié, père de famille, Han est victime de la guerre entre le nord et le sud. Au nord, il n’est pas assez communiste au gout des autorités, ne s’intéressant qu’à la médecine, et quand il passera au sud, il est vite catalogué comme communiste, agent à la solde du nord.

Dans le cadre du challenge Printemps coréen organisé par Coccinelle, voilà le premier roman que je lis. Monsieur Han est dans ma PAL depuis une éternité. Je l’avais acheté à défaut de pouvoir m’acheter Le vieux jardin, un autre roman de Hwang, qui a été adapté au cinéma, excellent film.

Monsieur Han est un court roman, plus une chronique qui permet de voir la réalité au nord comme au sud durant la guerre qui opposait les deux régions. Han est médecin avant tout, avant d’être un homme, avant d’être un mari ou un père. C’est un homme qui en plus d’avoir vécut durant une période très difficile est un homme qui n’a pas de chance, tout bêtement.

Au nord, Han est envoyé pour servir l’hôpital populaire. Les autorités accaparent tous les médecins pour soigner les membres du parti et leurs familles, laissant les gens du peuple mourir de leurs blessure, indifférents à leur sort, un comble pour un état communiste, qui prône l’égalité entre toutes personnes, mais qui ici fait des énormes différences entre les gens du peuple et les membres privilégiés du parti. L’exemple de la petite fille que Monsieur Han opère dans l’indifférence totale est flagrant, obligé d’aller voler des instruments chirurgicaux, réservés aux privilégiés.

Au sud, Monsieur Han perd tout, il n’a plus sa famille restée au nord, et n’est plus considéré comme médecin, ne devant son salut qu’à sa sœur, qui l’accueil sans hésiter. Il sera confronter à la jalousie, la médisance, et la plus pure méchanceté. Victime de faux témoignages, dénonciation, accusation infondée, Monsieur Han se verra emprisonner et torturer, accuser à tort d’être un espion du nord, lui qui a souffert du régime.

A travers Monsieur Han , on nous montre une triste réalité, une folie hypocrite au nord, une réalité malsaine et suspicieuse au sud. Si monsieur Han vivra l’enfer au nord comme au sud par malchance, c’est aussi en grande partie parce qu’il a des principes moraux un peu naïfs auxquels il ne déroge jamais, autant que dans le cadre de son travail de médecin, que dans la vie de tout les jours, où sa franchise enfantine lui attirera d’énormes ennuis, contrairement à son meilleur ami le docteur So, qui a vécut un peu près les même épreuves que Han mais qui a su échapper aux pires conséquences en agissant de manière plus réfléchi et moins naïf.

Monsieur Han nous conte donc la vie des coréens complètement chamboulées par une guerre terrible. Les familles séparées, les conjoints disparus, ces hommes et ces femmes qui se remarient parce que leur conjoint est soi mort, soi emprisonné soit sont restés de l’autre coté de la nouvelle frontière. Ainsi c’est étonnant de voir Monsieur Han ou le docteur So, se remarier dans le sud et même fonder une nouvelle famille, alors que leurs femmes respectives sont toujours vivantes, mais coincées au nord.

Roman très court, et dénué de tout sentiments, on est quand même touché par le destin si tragique et si sombre de ce pauvre docteur Han.

Lu dans le cadre du challenge printemps coréen.

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