La vengeance aux deux visages

Vous vous souvenez probablement (en tout cas ceux qui ont plus de 20 ans) de Stéphanie Harper, des crocodiles et de ses millions. L’histoire de cette riche héritière, douée en affaire, mais plutôt laide, qui épousera Greg Marsters en 3e noce, un play-boy notoire qui essaiera de l’assassiner en la jetant aux crocodiles, avec l’aide de Jilly, l’amie d’enfance de Stéphanie, qui avait le bon gout d’être belle, mais pauvre, on peut pas tout avoir ! Alors que tout le monde pensait que Stéphanie avait péri mangée par les crocodiles, elle refait surface sous le nom de Tara Wells. Après plusieurs semaines de chirurgie esthétique, la voilà devenue plus que belle, Stéphanie fait tourner les têtes et elle en profite pour séduire Greg qui tombe fou amoureux d’elle. Jilly finira par tuer Greg qui tentait à nouveau de tuer Stéphanie après qu’il ait découvert la vérité sur l’identité de Tara. Ça c’était la minisérie tournée pour la télé australienne qui eut tellement de succès qu’une suite fut tournée.

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Dans cette suite, l’histoire se situe 7 ans plus tard. Stéphanie est toujours la riche héritière qui sait gérer les affaires de sa compagnie avec talents. Dorénavant elle est mariée à Dan, le chirurgien qui l’avait retapé et redessiné après l’attaque des crocodiles. Les deux enfants de Stéphanie, issu d’anciens mariages, sont devenus adultes. Denis est loyal mais cynique et adore jouer la fortune familiale dans les courses de cheveux, Sarah est douce et gentille. Tous ce bonheur familial est remis en question lorsque Jilly sort de prison. On apprend le jour même qu’elle est en réalité la demi-sœur de Stéphanie. Stéphanie est prête à donner une seconde chance à jilly et à l’accueillir dans sa demeure tout comme Dan et Sarah. Seul Dennis ne crois pas une seconde à la repentance de Jilly. Du coté des affaires, la compagnie Harper affronte des attaques sur le marché boursier de la part d’un mystérieux Jack Saunders, qui est en réalité le demi-frère de Greg et qui cherche à venger la mort de son frère en ruinant Stéphanie Harper et en s’appropriant légalement sa compagnie.

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Quand j’étais petite, j’étais absolument fan de la série. J’adorais Stéphanie, elle était belle, elle avait la classe, elle savait dirigée toute seule une grande entreprise. Je crois que ce qui m’attirait surtout chez ce personnage alors que j’étais très petite, c’est sa force de caractère, sa confiance en elle, le fait qu’elle ne se laisse jamais abattre, qu’elle n’abandonne jamais, toujours prête à reprendre le combat.

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Bien sur, en revoyant la série à un âge adulte, les choses sont différentes. Mais mon affection pour la série n’a finalement pas changé. L’histoire et les personnages sont toujours très intéressant. Ce qui a mal vieilli ce sont les tenues que portes les personnages, les années 80 ne font pas dans la simplicité et le subtil, et dans La vengeance aux deux visages, c’est vraiment quelque chose !! les épaulettes énormes, les tissus satinés, les brillants et paillettes, les bijoux en or ou pas qui sont énormes et le plus voyant possible, des vêtements qui sont parfois très moulants, parfois sans aucune forme, digne d’un sac à patate, des chapeaux ridicules, des déshabillés extravagants, des talons aiguilles dans toutes les circonstances.

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Les rebondissements ne sont pas aussi farfelus que ce à quoi je m’attendais ; au fil des épisodes, Stéphanie et Dan vivent plusieurs crises dans leur mariage et Dan demande à Stéphanie de choisir entre lui et sa compagnie. La première partie de la série n’est pas la meilleur, ça reste intéressant à suivre, mais c’est surtout la seconde partie qui m’a le plus plut. J’ai adoré les manigances de Jilly, sa manière qu’elle a de vous laver le cerveau, de savoir profiter des faiblesses des autres, j’ai beaucoup aimé l’humour cynique de Denis, la sagesse de Bill McMaster, mais les personnages que j’ai le plus apprécié reste d’abord Jack Saunders, pour sa détermination à piquer la compagnie Harper à Stéphanie, pour son sang-froid, son calme, sa façon de vous rire au nez au lieu de s’énerver quand une situation ne lui plait pas, son admiration sans borne pour Stéphanie, et le fait que ce soit un ennemi redoutable en affaire mais qui finalement se bat avec un certain honneur et tient toujours parole quand il l’a donne. Et puis j’ai adoré la relation qu’il a avec Stéphanie. Ensuite c’est le prince Amal, charismatique prince arabe qui vient au secours de Stéphanie quand elle est au plus mal vis-à-vis de sa société. Rusé, intelligent, mais surtout d’un calme olympien pour affronter les obstacles, j’ai beaucoup aimé sa relation avec Stéphanie. Et puis pour finir j’ai beaucoup aimé Jonno, qui aidera Stéphanie et qui me fait fortement pensé au personnage de manga, Cobra, autant sur le plan physique que sur son comportement avec les femmes.

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Ce qui frappe aussi dans cette série, c’est le personnage de Stéphanie. Mariée deux fois dans sa jeunesse, avec des hommes qui ne s’intéressaient qu’à son argent, mère de deux enfants, femme d’affaire aguerrie, elle a un caractère bien trempée, ne se laisse pas faire, mais toujours avec classe et dignité. Sa relation avec Dan fonctionne quand tout va bien et que tout coule de source mais aux premiers ennuis, Dan s’avère être un homme faible, qui ne sait pas apporter son soutient quand il le faut, qui ne sait pas faire de compromis. Monsieur voit sa femme partir en guerre contre Jack Saunders, il prend sa valise et s’en va. Dan est parfait quand il s’agit de soigner et d’accompagner sa femme quand elle est malade, mais faut pas lui demander plus. Finalement, il lancera le fameux ultimatum, « moi ou ta société » et Stéphanie sera tenter de le suivre pour vivre une vie au calme, mais finalement, Stéphanie n’est pas faite pour ce genre de vie oisive, elle se serait ennuyée au bout d’une semaine, loin de sa compagnie et des batailles qui vont avec. Bref, après un essai, Stéphanie et Dan ne tiendront pas la distance et se sépareront. La série a un côté très moderne concernant les personnages féminins. Jilly est forte à sa manière, elle n’a besoin de personne pour s’affirmer, Cassie, l’informaticienne de la compagnie Harper est un vrai génie en ce qui concerne les ordinateurs, et puis bien sur Stéphanie qui représente la femme de pouvoir par excellence.

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Tout est résumé d’ailleurs, dans les derniers épisodes avec une Stéphanie qui réplique qu’elle n’a pas besoin d’un homme pour avoir une vie accomplie et heureuse, ou encore lorsque Jack Saunders lui propose pour la énième fois le mariage et qu’elle l’envoi balader :

« – vous êtes froide Stéphanie, vous avez la beauté, la classe et l’intelligence mais vous finirez seule »

–          Si je me sens seule, je prendrais un chien ! »

 

Les enquêtes de Murdoch

Séries canadienne

créée par Maureen Jennings

Yannick Bisson, Thomas Craig, Hélène Joy, Jonny Harris, Georgina Reilly

1895, à Toronto, on suit les enquêtes policières de l’inspecteur Murdoch, un homme féru de sciences et passionné par les nouvelles technologies. Avec l’aide du capitaine Brackenreid, son supérieur,  du sergent Crabtree, et de la jolie Julia, médecin légiste, Murdoch s’applique à résoudre les crimes de la ville, tout en appliquant les méthodes d’enquêtes les plus modernes possibles.

J’ai découvert la série comme beaucoup de monde en France, grâce aux diffusions de france 3 et j’ai tout de suite apprécié. Au départ, c’est sur la série semble classique, un meurtre, une enquête, un inspecteur assidue, quelques personnages secondaires, une romance platonique avec la belle Julia Ogden. Là où la série se démarque un peu des autres, c’est son coté historique. Murdoch rencontre pas mal de célébrités intellectuelles de son époque, Tesla, HG Wells, Jack London, Arthur Conan Doyle, Thomas Edison, pour mettre en lumières les évolutions de la société de l’époque, aussi bien politique que scientifique. Murdoch à l’occasion de tester, d’améliorer, découvrir ou utiliser des technologies toutes nouvelles (parfois de manière anachronique mais c’est pas bien grave), comme le télégramme, la télécopie, les empreintes digitales, les tests de sang, les portraits robots, les détecteurs de mensonges, les ondes, les sonars…Les épisodes font souvent références aussi à une invention, une évolution, un tournant et c’est toujours assez rigolo de voir Murdoch en parler comme lorsqu’il imagine qu’un jour les hommes marcheront sur la lune.

L’autre élément intéressant qui fait que la série sort du lot, ce sont ces personnages. Il suffit de quelques épisodes pour que le spectateur s’attache terriblement à Murdoch, sa passion pour la science et la technologie, son coté vieux jeu voir coincé, (l’épisode où il doit se faire passer pour un homosexuel pour infiltrer une société secrète était assez drôle). Mais on s’attache aussi énormément voir plus, aux personnages secondaires, comme Crabtree, le sergent quelque peu naïf, trop gentil, droit et loyale, qui apporte souvent un peu d’humour, tout comme Brackenreid, le capitaine, qui boit un peu trop et qui teste certains “médicament de l’époque”, comme la cocaïne pour soulager les douleurs dentaires.

Et puis bien sur, l’élément féminin, très en avance sur son temps, le docteur Ogden. Déjà, une femme médecin dans une grande ville comme Toronto en 1895 on a du mal à y croire (même si c’était effectivement possible) mais qui se trouve être à la tête de la médecine légale, on y croit plus trop. Julia reste une femme douce, gentille, attachante, et son coté scientifique finira par charmer et séduire le célibataire Murdoch. Mais le passé de Julia mettra un frein à leur possible relation malgré leur attachement réciproque, puisqu’elle révèle avoir déjà eu des relations avec des hommes, qu’elle en serait même tomber enceinte et aurait eu recours à un avortement pour ne pas perturber ses études de médecine, déjà très difficile. Depuis, la pauvre Julia est devenue stérile, à cause de son avortement clandestin fait dans des conditions douteuses, ce qui bien sur choque Murdoch, fervent catholique et quelque peu coincé. D’autant que l’inspecteur aimerait un jour fonder une famille.

J’aime beaucoup son personnage très en avance sur son temps, sans pour autant en avoir fait quelqu’un d’enragée, elle reste très douce très calme. Une autre figure féminine forte viendra rejoindre les rangs, Emily Grace, qui remplacera Julia comme médecin légiste, quand elle décidera de se spécialiser dans la médecine psychiatrique. Emily est aussi un personnage attachante, plus jeune que Julia et donc un peu plus révoltée et passionnée, qui deviendra vite amie avec Julia et avec qui elle rejoindra un club de féministe qui milite pour le droit des femmes, le vote, ou encore la contraception.

La série aborde souvent des phénomènes paranormaux, mais contrairement à  X files, Murdoch finit toujours par prouver qu’il ne s’agit en rien d’élément paranormal, comme pour l’existence des vampires, des loups garous, les voyages dans le temps, des extraterrestres, même si parfois certaines expériences restent dans le flou comme l’épisode dans lequel Murdoch est confronté à un groupe de médecins, qui voyage dans la vie après la mort grâce à un procédé de réanimation violente.

Une série que j’apprécie de plus en plus, des personnages auxquels je suis de plus en plus attachés, même si la relation un pas en avant deux pas en arrière entre Ogden et Murdoch peut parfois lassée. Une reconstitution de l’époque fin 19e et début 20e très bien faite et très intéressante, même si le ton de la série, optimiste et légère, ne montre pas forcément les difficultés ou les réalités parfois dures de l’époque. Un très bon divertissement en somme!

La gifle (the slap)

Série australienne

8 épisodes

Jonhatan Lapaglia, Melissa George, Sophie Okonedo, Alex Dimitriades, Essie Davis, Sophie Lowe, Lex Marinos, Blake Davis

2011

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Dans la banlieue de Melbourne, Hector s’apprête à fêter ses 40 ans. Pour l’occasion, sa femme Aicha organise un barbecue avec la famille et les amis proches. Rosie, son mari et leur fils de 4 ans, Anouk et son nouveau copain, un acteur célèbre, Connie la baby-sitter et son copain d’enfance, Harry le cousin d’Hector, accompagné de sa famille, et les parents d’Hector. Tout ce passe un peu près comme il faut jusqu’à ce que Harry perde patience face au comportement insupportable du fils de Rosie et lui donne une gifle retentissante. Événement qui aura des répercussions dans la vie de chacun des adultes présents.

J’en avais vaguement entendu parler, et comme j’ai souvent été agréablement surprise par les séries australiennes (sidney police, hartley coeur à vifs, Miss Fischer), j’ai tenté cette mini série de 8 épisodes, qui date de 2011 et qui est l’adaptation d’un roman (que j’aimerais bien lire pour le coup).

Chaque épisode se centre sur un personnage en particulier, d’abord Hector, 40 ans, marié à une femme qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, parfois un peu trop autoritaire, et qui ne peut s’empêcher de lorgner sur la jeune baby-sitter, Connie. On suivra ensuite Anouk, femme célibataire approchant la quarantaine, scénariste sur un soap à succès, et qui n’a pas envie de fonder de famille comme l’ont déjà fait ses deux amies. Il y a Rosie, ancienne fêtarde devenue mère poule qui donne encore le sein à son fils de 4 ans et qui le laisse absolument tout faire, au grand désespoir de son mari qui se réfugie dans l’alcool. Il y a Connie, la baby-sitter lycéenne qui fait une fixation sur Hector, et Richie, le meilleur amie de Connie, qui se cherche. On suivra aussi la vie de Manolis, le père d’Hector, d’origine grec et qui se voit vieillir, et bien sur Harry, celui qui donnera la gifle impardonnable.

J’ai commencé à voir le premier épisode sur arte, avec l’idée d’abandonner si la série m’ennuyait au bout de cinq minutes. J’avoue que le premier épisode n’est pas le meilleur, il ne se passe pas grand chose durant les 20 premières minutes, et pourtant j’ai été tout de suite assez hypnotisé par ce ballet de réaction humaine.

Chaque épisode est réussi, tous les personnages sont parfaitement développés, approfondi, on peut voir Rosie comme une mère complètement crétine, qui ne sait pas élever son fils, et on la comprendra bien mieux dans l’épisode qui lui ait consacré, comprenant sa vie, son passé, ses soucis, ses fêlures…

Tous les personnages sont touchants dans leur faiblesse, leur défaut, la violence d’Harry, la sensibilité de Rosie, le mal être de Anouk, la remise en question de Aicha, la faiblesse d’Hector…

J’ai particulièrement été touché par le personnage d’Anouk, il faut dire que Essie Davis est excellente actrice dans ce rôle, touchante comme pas possible. J’ai aussi été touché par le portrait de Manolis, qui voit ses amis mourir les uns après les autres, le confrontant à la vieillesse, à tous ce qu’il ne pourra plus faire.

La série nous parle surtout des relations humaines, qu’est ce que le mariage, les relations, les amitiés, ce que ça implique, les souffrances, les compromis, les capitulations…ça nous parle de choix, les choix à faire dans la vie quotidienne, qui peut tout changer ou pas.

La gifle est un vrai petit bijoux, qui nous parle de l’être humain, de sa nature, de ses défaillances. Servis par d’excellents acteurs, en particuliers Melissa George, Sophie Okonedo, Essie Davis et Lex Marinos.