Avant première: Joker

Joker : Affiche

de Todd Philips

Joaquin Phoenix, Robert de Niro, Frances Conroy, Zazie Beetz

4/5

Gotham City s’enfonce doucement mais surement dans une misère de plus en plus dure et permanente. Parmi les laissés pour compte, Arthur Fleck tente de rester positif comme le lui a appris sa mère. Mais Arthur n’a pas beaucoup de joie dans sa vie. Il partage un appartement miséreux avec sa vieille mère, il travaille comme clown là où on veut bien l’envoyer, il n’a pas d’amis ni de relation sociale à cause de son handicap, Arthur souffrant de névrose et de problèmes nerveux qui se déclenchent par des rires crispés qui mettent mal à l’aise les gens qui croisent sa route. Les coups dures s’enchainent sans temps mort pour le pauvre Arthur qui pourtant ne se laisse pas déprimé, jusqu’au jour où c’est le coup dur de trop…

Joker : Photo Joaquin Phoenix

Vendredi soir je me suis rendue à l’avant première du Joker, film qui raconte comment le gentil Arthur Fleck est devenu le terrible Joker, l’un des ennemis les plus redoutables de Batman. Pour ceux qui n’aime pas les films de super héros, vous pouvez y aller, Joker n’a aucun point commun avec les films DC ou Marvel.

Joker : Photo Joaquin Phoenix

La bande annonce du Joker est probablement l’une des plus belles bande annonce que j’ai pu voir depuis que j’en vois. Je l’a trouve même supérieure au film.

Ici c’est l’histoire d’un pauvre homme qui accumule les malchances. Arthur Fleck, pour des raisons qu’on apprendra dans la 2e moitié du film, souffre de nombreuses névroses et surtout d’un problème du système nerveux. Lorsqu’il est crispé ou stressé, Arthur se met à rire très bruyamment, un rire nerveux qui va jusqu’à l’étouffement parfois. Arthur n’a pas d’amis, pas de vie sociale, ses collègues de travail ne sont pas à l’aise avec lui. Comme le dira Arthur à sa psy, ce qu’il y a de plus difficile quand on a une maladie mentale ce n’est pas la maladie mais les gens qui attendent qu’on se comportent normalement.

Joker : Photo Joaquin Phoenix

Pour Joker, aucune règle des films de super héros n’est appliquée. Le début du film est même un peu lent. On découvre la vie et le quotidien de cet homme qui n’a rien pour lui et peu d’espoir d’améliorer sa vie. Les coups durs s’enchainent, les choses empirent jour après jour pour Arthur comme pour le reste des habitants de Gotham qui n’ont pas la chance de faire partie de l’élite. La colère monte chez Arthur comme dans le reste de la ville.

Joker : Photo Joaquin Phoenix

L’évolution chez Arthur est lente, logique, normale, inévitable. Toute sa vie Arthur Fleck aura nager à contre courant, luttant contre tous les obstacles que la vie lui envoi, luttera contre tous ce qui lui tombe dessus, jusqu’à ce que la fatigue l’emporte et que Arthur n’ai plus la force de lutter, plus la force de rester poli, gentil, aimable, joyeux, comme le lui a toujours demandé sa mère. Les coups que se prend Arthur, physiquement et surtout psychologiquement le mèneront à son point de rupture, jusqu’à ce qu’il lâche prise et se laisse enfin porter par le courant, se libérant de la société, du monde, des autres, une libération salvatrice pour Arthur, dans la violence et le sang.

Joker : Photo Robert De Niro

Sans surprise Joaquin Phoenix est excellent dans le rôle d’Arhur, il y a un coté danseur dans sa façon d’interpréter Joker, on a parfois l’impression qu’un chorégraphe le suit dans sa gestuelle, surtout lorsqu’il perd pied et tombe de plus en plus dans la violence. J’ai été aussi contente de pouvoir voir Frances Conroy, que j’avais adoré dans le rôle de la mère dans la série Six feet under.

Pour finir, juste en dessous, la bande annonce avec la chanson Smile de Jimmy Durante. Si il devait y avoir l’oscar de la meilleure bande annonce, celle ci le remporterait sans problème.

 

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Avant première : Les misérables de Ladj Ly

Les Misérables : Affiche

de Ladj Ly

4.5/5

Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djibril Zonga, Issa Perica, Almamy Kanoute

Au lendemain de la victoire des bleus au championnat du monde de foot, c’est l’été dans une cité à Montfermeil. La chaleur, les enfants et les ado qui tentent de s’occuper comme ils peuvent, et Stéphane brigadier à la BAC qui vient de se faire muter depuis Cherbourg. La banlieue parisienne il ne connait pas. Il est accueilli par ses deux nouveaux coéquipiers, Gwada et Chris, qui tournent dans la cité depuis plusieurs années. Sa première journée sera très difficile, Chris a parfois des méthodes de petite frappe, certains de ces propos sont parfois limites. Gwada et Chris font l’état des lieux du quartier pour mettre dans le bain Stéphane sur la criminalité. Ils sont appelé pour le vol d’un lionceau qui a disparu d’un cirque de passage. Il semblerait que ce soit le jeune Issa qui soit le coupable…

Les Misérables : Photo

J’ai reçu une invitation les labels des spectateurs ugc. On est invité à une projection surprise et à la fin on nous demande de noter le film. Si ce dernier obtient une note suffisamment bonne, il obtient le label des spectateurs ugc lors de sa sortie en salle, le 20 novembre prochain.

Je ne sais pas si il aura le label, mais pour ma part j’ai beaucoup aimé Les misérables. On suit d’un coté le quotidien de cette cité, les jeunes en vacances qui cherchent à se divertir et à chasser l’ennui, la vie du quartier, les différentes communautés, et de l’autre la BAC, les deux vétérans qui connaissent les lieux et les gens par cœur, les plus âgés qui tiennent la cité, les frères “mus” qui ont “nettoyé” la cité des dealers de drogue, et Stéphane qui débarque et qui doit prendre ses repères et apprendre les mœurs du coin.

Les Misérables : Photo

La première moitié du film apporte pas mal de touches d’humour, on dédramatise pas mal. On ne s’ennuie pas  une seconde à suivre aussi bien les jeunes de la cité que la police. Issa qui vole un lionceau pour s’en occuper, un autre jeune ado qui se passionne pour filmer la cité avec son drone, Salah qui tient le kebab du coin et qui a le respect de toute la cité. Chris avec ses paroles parfois limites et son crane rasé fait penser à un Vic McKay français (le héros de la série policière The shield). Tout dérape en milieu de film et les conséquences pour la vie de la cité et surtout pour les trois flics de la bac sont lourdes. J’ai beaucoup aimé la fin, les scènes de guérillas urbaines, c’est assez réaliste.

“Les Misérables” de Ladj Ly en lice pour concourir à l’Oscar du meilleur film étranger

Les misérables c’est très bien réalisé, le film raconte une histoire prenante autour de personnages tous attachants malgré leurs défauts, interprétés par d’excellents acteurs, que ce soit les trois flics ou les très jeunes comédiens et en particulier le jeune Issa Perica. Une réalité des banlieues qui n’a absolument pas changée depuis La Haine en 95.

Le film a obtenu le prix du jury à Cannes et a été sélectionné pour représenter la France aux oscars 2020. A voir.

Dernière séance: Ad astra de James Gray

Ad Astra : Affiche

de James Gray

Brad Pitt, Donald Sutherland, Tommy Lee Jones, Ruth Negga, Liv Tyler

4/5

Dans un futur plus ou moins proche, Roy Mcbride a suivi les traces de son père et est devenu astronaute. Il est un des ingénieurs chargé de la maintenance d’un super télescope qui part de la surface de la terre pour monter jusqu’à la limite de l’atmosphère terrestre. Pour son métier, il a renoncé à toute vie sociale et surtout amoureuse, mettant un terme à sa relation, préférant se concentrer sur ses missions et l’espace. Il échappe de justesse à la mort suite à une surcharge d’énergie mystérieuse qui a frappé la Terre. Roy se voit alors confié la mission de découvrir l’origine de ce phénomène. Ses supérieurs lui explique que la Surcharge qui a causé des dizaines de milliers de morts, pourraient se reproduire. Son origine serait humaine et viendrait tout droit de la station abritant le projet Lima en orbite autour de Neptune, projet ayant pour but de découvrir une vie extraterrestre au delà du système solaire. Roy est envoyé sur Mars via la Lune afin de prendre contact avec Clifford McBride, le père de Roy, qui était à la tête du projet Lima et présumé mort depuis une dizaine d’année. Roy découvre que son père est probablement en vie, et peut être responsable de la Surcharge.

Ad Astra : Photo

J’avais beaucoup aimé la bande annonce et j’adore les films qui se passent dans l’espace. Par contre, je ne suis pas une grande fan des films de James Gray. Je reconnais que ces films ont certaines qualités, j’ai surtout aimé La nuit nous appartient, mais souvent je trouve la lumière sombre et la manière de raconter l’histoire lente et parfois ennuyeuse.

Ad Astra : Photo Brad Pitt, Donald Sutherland, Sean Blakemore

Pour Ad astra, Gray se lance dans un monde différent de ses précédents films. On suit Roy astronaute passionné, dont le but est de marcher dans les pas de son père, ce père qu’il n’a que très peu connu puisqu’il est parti pour une mission à l’autre bout du système solaire alors qu’il n’était qu’un adolescent.

Image associée

J’ai beaucoup aimé le personnage de Roy. Il ne ressent rien, compartimente tout, ne se laisse submerger par aucune émotion. Dans ce futur technologique, Roy comme tous les astronautes, est constamment sous contrôle de son rythme cardiaque, et doit subir des évaluations psychologiques par ordinateur tous les jours. Roy n’a qu’un but, accomplir ses missions, il ne vit que pour l’espace et être dans l’espace. Pas de relation, pas de famille, pas de distractions. Seulement être à la hauteur de la réputation de héros que son père a gagner plusieurs dizaines d’années plus tôt.

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Sous couvert d’un film de science fiction, Gray se concentre sur la relation filiale entre Roy et son père, cet homme parti trop tôt, que Roy idéalise. Sa mission de prendre contact avec son père se transforme en quête personnelle. Pour Roy, rencontrer ce père qu’il croyait mort pourrait lui permettre de mieux se comprendre, comprendre qui il est. Rencontrer cet homme qui malgré son absence a eu une influence énorme sur ses choix et sa personnalité lui est presque vitale et devient une obsession.

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J’ai beaucoup aimé Ad astra, probablement l’un des meilleurs rôle de Brad Pitt, probablement sa meilleure performance aussi. La mise en scène est brillante, les scènes dans l’espace sont magnifiques, ce mélange de sublime et de claustrophobie. Les scènes sur la Lune, Mars et en orbite autour de Neptune valent le coup d’œil, sans parler de la scène spectaculaire dans laquelle Roy tombe du super télescope. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère qui se dégage du film tout le long de la quête de Roy, son évolution, les difficultés qu’il doit contournés. Seule la fin peut paraitre un peu facile ou un peu too much.

 

Dernières séances: Late night – La vie scolaire – Roubaix une lumière

Late Night : Affiche

 

de Nisha Ganatra

Emma Thompson, Mindy Kaling, John Litghow

4/5

Katherine Newbury est l’animatrice de la célèbre émission Late Night, qu’elle anime depuis des décennies. Son humour, son franc parler, lui ont permis de se démarquer et de se faire connaitre. Sans pitié avec son équipe, elle est exigeante mais depuis quelque temps, l’audience baisse. La productrice de l’émission, qui n’apprécie pas la tournure que le show a pris, lui annonce qu’elle serait remplacée à la fin de la saison. Il ne lui reste que peu de temps pour apporter du renouveau et faire remonter l’audience. Par pure esprit de contradiction, après une discussion avec un collaborateur, elle demande à son assistant d’engager une femme pour rejoindre l’équipe des rédacteurs de l’émission. C’est comme ça que Molly Patel est embauchée alors qu’elle ne semble avoir aucune formation en la matière.

Late Night : Photo Emma Thompson

J’ai beaucoup aimé le film, c’est une vraie comédie, on rit beaucoup. Il faut dire qu’Emma Thompson est excellente dans le rôle de l’animatrice télé devenue célèbre grâce à son humour et son sens de la répartie. Katherine Newbury s’est concentrée uniquement sur sa carrière, sa seule concession étant son mari, alors quand on lui annonce qu’on va lui retirer son émission, elle ne peut pas l’accepter sans se battre: faire des efforts avec les médias, se mettre sur les réseaux sociaux, être plus franche et moins politiquement correct. Et faire confiance à l’œil neuf qu’apporte Molly qui vient d’un milieu à l’opposé de celui du divertissement et des médias.

Late Night : Photo Mindy Kaling, Reid Scott

Late Night : Photo Denis O'Hare, Paul Walter Hauser

Entre deux moments comiques, le film dépeint les coulisses de la télévision, des grandes émissions, les gens qui s’activent derrière la caméra. On égratigne au passage le monde de la télé et des médias.

On rit beaucoup pendant le film, je ne m’attendais à rire autant. Les acteurs sont très bons, le rythme soutenu, on ne s’ennuie pas, ce qui fait de Late night une comédie intelligente et réussie.

La Vie scolaire : Affiche

de Grand corps malade et Mehdi Idir

Zita Hanrot, Alban Ivanov, Liam Pierron, Gaspard Guévin Hié, Soufiane Guerrab, Hocine Mokando

3.5/5

A Saint Denis, on suit le quotidien d’un collège difficile à travers les yeux de la vie scolaire, ce service à la tête duquel on retrouve le CPE (conseiller principal d’éducation) sensé chapeauter les surveillants, faire appliquer le règlement et sanctionner les élèves indisciplinés, s’occuper de tous le côté administratif d’une classe (emploi du temps, entendre les professeurs, entendre les élèves…). Samia Zibra débarque donc à la rentrée, fraichement débarquée de son Ardèche natal. En réalité Samia s’est fait muter sur Paris pour se rapprocher de son compagnon, condamné à 2 ans de prison ferme pour un trafic de carte bleue dont il se dit innocent. Samia découvre la classe des “SOP”, les sans options, qui sont en réalité la réunion de tous les élèves de 4e qui n’ont pas d’option facultative et qu’on considère comme moins bons que les autres. Samia se lie d’amitié avec un des élèves, Yanis, qui semble brillant et malin mais dont l’insolence lui apporte beaucoup de problème.

La Vie scolaire : Photo Soufiane Guerrab, Zita Hanrot

J’ai vraiment eu l’impression de revivre le collège en regardant La vie scolaire. Rien a changé malgré les années, avec cette politique du “si tu veux être dans une bonne classe, t’as intérêt à prendre une option facultative”. Le CPE, les profs démissionnaires, les surveillants pas très honnêtes, les têtes dures…Personnellement j’ai adoré mes années au collège, je m’y suis énormément amusée.

La Vie scolaire : Photo Liam Pierron

La Vie scolaire : Photo Alban Ivanov, Moussa Mansaly, Zita Hanrot

J’ai bien aimé l’histoire du film, le suivi d’une classe durant une année scolaire, Yanis l’insolent mais pas méchant, qui pourrait réussir s’il s’en donnait les moyens. Kevin, Issa, Farid, ces élèves sont tous très attachants. Ce que j’ai aimé c’est l’absence de drame. Ici, il ne se passe finalement pas grand chose, le quotidien des profs, les parents convoqués, les enfants engueulés, les mauvaises notes, les choix d’orientation. Pas de meurtre, pas de flics, pas de drame, sauf une scène, celle d’un accident, qui n’a finalement pas grand chose à voir avec la vie des collégiens du film.

La Vie scolaire : Photo Alban Ivanov, Moussa Mansaly, Soufiane Guerrab, Zita Hanrot

J’ai trouvé les acteurs, notamment les élèves, tous très doués. Il y a certaines scènes très drôles comme la réunion parent prof entre le prof de math et Farid surnommé le mytho, qui vient accompagné de sa mère. Ou encore lorsque Farid donne les raisons de ses multiples retards à la CPE. On est quand même loin des clichés des films sur la banlieue.

Roubaix, une lumière : Affiche

de Arnaud Desplechin

Roschy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier

4.5/5

A Roubaix, le commissaire Daoud est chez lui. Il connait la ville, les gens, les mœurs. Il est entouré d’une équipe de lieutenants, transmets les affaires, et s’implique lui même dans les interrogatoires. Louis, un lieutenant tout juste débarqué dans la région, doute de son choix professionnel et voit en Daoud une sorte de mentor. C’est dans ce contexte que Louis mène sa première enquête, un incendie criminel dans une maison abandonnée. Les soupçons se portent sur les petites racailles du coin, les dealers…Claude et Marie, deux jeunes femmes un peu marginales qui partagent le logement d’à côté, sont d’accord pour témoigner…

Roubaix, une lumière : Photo Sara Forestier

Roubaix, une lumière : Photo Léa Seydoux, Roschdy Zem

J’ai beaucoup aimé le film. L’ambiance, l’atmosphère, la ville de Roubaix vu à travers les yeux de Daoud, ce commissaire imperturbable, solitaire depuis le départ de toute sa famille, qui adore sa ville malgré les défauts, qui connait les gens, les rues, les habitudes. La ville vu aussi à travers les yeux de Louis, qui n’est pas originaire de la région contrairement à Daoud, qui apprend à connaitre les lieux, qui se sent malgré tout séduit par cette ville difficile, mais qui doute de ses choix pro, de sa carrière.

Roubaix, une lumière : Photo Roschdy Zem

L’enquête policière est intéressante à suivre, Lea Seydoux et surtout Sara Forestier sont très bonnes dans les rôles de ces deux femmes marginales qui partagent leurs vies et leurs logements. Claude la dominante, qui a eu des atouts en main et qui a tout gâchée et Marie la faible, celle qui suit, un peu trop simple dans sa tête. L’un des atouts majeur du film, outre la mise en scène impeccable et l’intrigue qui tient en haleine, c’est Roschdy Zem dans le rôle de ce commissaire charismatique, mystérieux, à l’aura puissante, que tout le monde respecte. Un bon film, une bonne intrigue, de très bons acteurs, une superbe mise en scène, à voir.

Dernières séances: Midsommar – Once upon a time in Hollywood – Le flic le gangster et l’assassin

Midsommar : Affiche

de Ari Aster

Florence Pugh, Jack Reynor, Will Poulter

4/5

Dani, une jeune étudiante, se remet très difficilement de la mort tragique et brutale de ses parents et de sa sœur. Elle se raccroche à Christian, son petit ami depuis les trois dernières années, malgré son manque d’engagement vis à vis d’elle. Ce dernier souhaite rompre avec Dani, mais n’osant pas le faire alors qu’elle est toujours en deuil, il décide de l’inviter à un voyage d’été en Suède. Christian et ses deux amis, Josh et Mark ont été invité par leur ami suédois, Pelle, pour participer à la célébration du solstice d’été organisée par la communauté dans laquelle Pelle a grandit. Les 4 américains se retrouvent au sein de cette communauté qui semblent avoir des rites et des coutumes ancestraux. Perdu en pleine nature suédoise, chacun est venu pour des raisons différentes: Christian et Josh espèrent pouvoir finir leur thèse d’anthropologie en étudiant les coutumes de cette communauté, Mark lui espère juste pouvoir profiter des jolies suédoises, quant à Dani elle espère pouvoir faire son deuil et tourner la page.

Midsommar : Photo Isabelle Grill

Midsommar : Photo Florence Pugh, Jack Reynor

J’étais très curieuse de voir Midsommar, même si j’ai eu un peu de mal à me motiver. Je n’avais pas envie de voir un film qui serait déprimant ou choquant. Le film dure 2h30 et on ne voit pas le temps passé, aucune longueur. Si la bande annonce nous laisse penser que Midsommar est plus un film d’horreur à l’intrigue classique (des jeunes étudiants coincés dans un lieu d’abord sympathique et qui se révèle de plus en plus sombre), il possède en réalité plusieurs niveaux de lecture.

Midsommar : Photo Florence Pugh

On peut le voir comme un simple film d’horreur, une communauté isolée dans la nature pour fêter le solstice d’été, accueillante, gentille et très polie, mais qui cache en réalité des rites et coutumes qui paraissent vite horribles pour les touristes en visite. Mais on peut aussi voir Midsommar comme un film sur la nature humaine, sur le deuil, sur sa relation à l’autre. Rien de mieux qu’un voyage dans un lieu inconnu pour découvrir la vraie nature et la vraie personnalité des gens que vous côtoyez au quotidien et que vous pensez connaitre. Notamment le personnage de Christian, le parfait pote qui joue le rôle du fiancé persécuté par sa copine qu’il présente à son entourage comme hystérique et lourdingue. Il souhaite rompre avec Dani mais ne le fait à aucun moment, préférant l’inviter à leur voyage en Suède plutôt que de rompre, car Christian est un personnage lâche, feignant, cherchant la facilité. Il cache son manque total d’empathie envers les autres en jouant son rôle de gentil garçon en société. Josh, l’un de ses meilleurs amis, fera les frais de cette hypocrisie, de sa lâcheté, tout comme Dani qui découvrira bien vite que Christian a bien caché son jeu, montrant son arrivisme, sa lâcheté et son absence d’émotion. C’est simple, il ressemble tout à fait à un sociopathe.

Midsommar : Photo

Au travers du personnage de Dani, le film nous parle du deuil. Comment faire son deuil, tourner la page, aller de l’avant. Midsommar nous parle également de la communauté face à l’individualité. La communauté de Pelle fait passer le collectif toujours avant l’individu. L’individu lui même n’a presque pas d’existence dans cette société. Chacun à un rôle à jouer, selon son âge et selon ses talents, pour le bien de la communauté, sa survie et sa pérennisation. Tout le contraire du comportement des 4 étudiants étrangers. Lorsqu’une personne souffre c’est toute la communauté qui souffre, les autres mimant les cris et les douleurs physiques de ceux qui souffrent, comme pour alléger les souffrances de l’un des leurs, en partageant leurs émotions. Cette communauté et ce choix de vie n’est pas sans hypocrisie aussi…

Midsommar : Photo Florence Pugh, Henrik Norlén, Jack Reynor

Le film possède une atmosphère bien particulière, certaines scènes sont très étranges et d’autres très dérangeantes et brutales, Midsommar n’est pas pour tout le monde, il peut choquer. On pardonnera le comportement parfois pas très malin ou pas très crédibles des personnages, du au fait que leurs hôtes passent leur temps à leur faire boire des tisanes hallucinogènes. Midsommar est un film très intéressant, prenant, dérangeant, qui remue et avec la confirmation que Florence Pugh est une excellente actrice.

Once Upon a Time… in Hollywood : Affiche

De Quentin Tarentino

Brad Pitt, Leonardo Dicaprio, Margot Robbie, Emile Hirsch, Margeret Qualley, Bruce Dern, Al Pacino, Damian Lewis, Dakota Fanning, Kurt Russell

4/5

En 1969, Hollywood est en pleine mutation. Les années 60, les gentlemen en smoking, les dames déguisées en vraie poupée, sont révolues. Les années 70 pointent leur nez, la mode change, les mœurs aussi, les valeurs hollywoodiennes ne font pas exception. Rick Dalton est un acteur sur le déclin, lui aussi à un tournant de sa vie. Sa carrière d’acteur avait bien commencé, en décrochant le rôle principal dans un western télévisé qui raconte le quotidien d’un chasseur de prime. Sa doublure cascade Cliff a bien vécu durant les 8 années que dure la série, mais dorénavant c’est les vaches maigres pour l’acteur et sa doublure. Alors que Rick décroche un rôle secondaire dans un western, Cliff peine à trouver un boulot de cascadeur à cause de sa réputation. Sous des airs d’homme calme et serein, Cliff a tendance à laisser parler les poings, sans parler des doutes concernant la mort de sa femme, que Cliff aurait peut être assassiné. Entre deux crises de doutes et de soulerie, Rick garde espoir de voir sa carrière reprendre un second souffle, surtout quand il découvre que ses voisins ne sont autre que Sharon Tate et Roman Polanski.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Brad Pitt

Le dernier né des films de Tarantino dure tout de même 2h45! même si c’est parfois long quand on est assis dans un fauteuil sans bouger, le film n’ennuie pas une seconde. J’ai beaucoup aimé suivre le duo de l’acteur sur le retour et de sa doublure Cliff, leur relation, leurs discussions. Rick est un acteur qui se prend très au sérieux, qui est resté figé dans les années 50 et 60, et ne comprend pas très bien cette nouvelle ère qui commence à pointée, celle des hippies. Rick est un acteur stressé, peu sur de lui au finale, qui doute beaucoup. J’ai beaucoup aimé la longue partie durant laquelle on le voit sur le tournage de ce nouveau western, un rôle secondaire mais qui lui tient à cœur. Sa manière de s’investir à fond et sa relation avec une enfant actrice. Rick est un acteur à fleur de peau, trop émotif. A l’inverse de Cliff, sa doublure, toujours la maitrise de soi et de ses émotions, tout sous contrôle. Il incarne la force tranquille, car si de prime abord il semble être calme, Cliff devient vite violent quand on le cherche. Et même dans la violence, Cliff garde un contrôle non pas de sa violence mais de ses émotions; Tout est résumé dans sa relation avec son chien, notamment quand il est l’heure de la nourrir.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Brad Pitt, Leonardo DiCaprio

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

En arrière plan bien sur, c’est aussi le meurtre horrible de Sharon Tate, enceinte de 8 mois, et de ses invités. On suit Sharon dans son quotidien de jeune actrice, sa relation avec Roman Polanski et avec son meilleur ami. La tuerie perpétrée par plusieurs disciples de Charles Manson est revue et corrigée selon le fantasme du réalisateur (fantasme partagé). J’ai adoré voir la scène finale donc, dans laquelle les choses ne se passeront pas comme dans les faits réels, notamment grâce à Cliff. Comme sait le faire Tarentino, c’est un mélange de violence pure et d’humour tordu.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

Once upon a time in Hollywood c’est prenant, bien interprété, bien réalisé, on retrouve le style de Tarentino dans certaines scènes. J’ai beaucoup aimé les personnages, leurs interactions, l’époque dans laquelle les héros ne se sentent pas à leur place. J’ai beaucoup aimé la revisite de la réalité historique.  Des trouvailles scénaristiques, des scènes parfois longues sur un détail et pour autant jamais ennuyant.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Affiche

de Lee Won Tae

Ma Dong Seok,  Kim Yu Yeol

3/5

Jang Dong Soo, un chef de gang redouté et respecté, est gravement agressé par un inconnu après un accrochage sur l’autoroute. Il s’agit en fait d’un tueur en série qui frappe au hasard après avoir fait exprès d’accrocher la voiture de sa future victime pour la forcer à s’arrêter. Mais Dong Soo n’est pas une victime comme les autres et arrive à blesser et à faire fuir l’assassin.  Jeong Tae Seok, inspecteur de police qui aime titiller les gangster sous les ordres de Dong Soo, souhaite être le flic qui arrêtera le tueur en série. Mais sa hiérarchie en est encore à se demander s’il s’agit bien d’un assassin en série et ne souhaite pas aller plus loin. Les deux hommes que tout opposent vont alors s’allier et mettre en commun leurs ressources pour arrêter cet assassin, chacun pour des raisons différentes.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo Kim Moo-yul, Ma Dong-seok

J’adore le cinéma coréen alors je n’ai pas hésité avant d’aller voir ce film. Le concept de l’histoire est assez classique, le gangster intouchable qui s’allie à un inspecteur frustré afin d’arrêter un tueur en série qui frappe au hasard. Si le film était américain, il est clair que les deux hommes auraient fini meilleurs potes à la fin du film mais heureusement on est en Corée du sud, et les choses sont plus complexes que ça.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo Ma Dong-seok

Dong Soo souhaite à tout prix arrêter le tueur pour en faire un exemple auprès de ses hommes et de ses concurrents, car sa réputation en a pris un sacré coup: lui le chef de gang redouté, envoyé à l’hôpital par un inconnu qui l’agresse dans la rue. La concurrence voit là une faiblesse qu’il faut exploitée. De son coté, Tae Seok, flic frustré par le manque de réaction de sa hiérarchie face aux gangs, espère jouer les héros et les supers flics en étant celui qui arrêtera le tueur en série dont tout le monde parle. En arrière plan on peut voir la protection des gangs par la police grâce à des hauts fonctionnaires corrompus, payés pour regarder ailleurs et pour faire regarder ailleurs les policiers sous leurs ordres.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo

J’ai trouvé Ma Dong Seok, dans le rôle du chef de gang, très bon. La force tranquille, l’homme ne pers pas souvent son sang froid, en tout cas pas sans une bonne raison et quand il frappe, on le voit pas toujours venir et ça frappe dure! J’avais déjà vu l’acteur dans Le bon la brute et le cinglé et dans Dernier train pour Busan. Par contre j’ai été assez agacé par le jeu de Kim Yu Yeol qui joue le rôle du flic. Il en fait des caisses, parfois c’est vraiment trop au point qu’il en devient agaçant. Un bon divertissement, de l’action, de la violence, de l’humour, le film ne se prend pas au sérieux et j’ai bien aimé la fin.

Dernière séance: Les enfants de la mer

Les Enfants de la mer : Affiche

de Ayumu Watanabe

2.5/5

Ruka, lycéenne, débute enfin ses vacances d’été. Elle est contente de pouvoir aller tous les jours à son club de hand. Après avoir été victime d’un croche pied d’une camarade qui ne supportait pas la voir constamment gagner, Ruka se laisse submerger par la colère et lui donne un coup de coude dans le nez. Ne voulant pas s’excuser elle est renvoyée. Ruka a du mal à supporter sa maison, notamment à cause de sa mère, séparée de son père, qui passe son temps en arrêt maladie à boire et à dormir. Ruka décide alors d’aller rendre une visite à son père, océanographe qui travaille pour le grand aquarium. C’est ici que Ruka a vécu son plus beau souvenir d’enfance. Alors qu’elle cherche son père, Ruka tombe sur Umi, un jeune garçon de son âge qui semble avoir des capacités surhumaines dans l’eau. Elle découvre que lui et un autre garçon Sora, ont été élevé par des dugongs dans l’océan. Ils ont donc développés des capacités d’apnées et de nage presque surnaturelle, et leur peau ne supporte pas de rester trop longtemps sans être dans l’eau. Ruka sympathise avec eux. Umi lui explique que très bientôt un évènement important va se dérouler dans l’océan, une naissance qui nécessite la présence de certains êtres.

Les Enfants de la mer : Photo

J’étais très motivée pour aller voir ce nouveau animé japonais, et franchement j’ai été assez déçu! La première partie m’a plutôt emballée, on fait la connaissance de Ruka, une ado un peu rebelle, peu sociale, qui ne sait pas se faire des amis. Elle trouve la réaction de ses camarades et du coach injuste après son renvoi. On découvre sa frustration, sa colère, ses émotions probablement exacerbées par la séparation de ses parents et la “démission” de sa mère, apparemment en légère dépression, passant son temps à boire et cuver la journée. Ruka est donc une ado très seule et isolée et sa rencontre avec Umi et Sora va changer la donne. Ruka va apprendre à se connaitre et à se faire plus confiance.

Les Enfants de la mer : Photo

C’est la deuxième moitié du film qui m’a perdu. On découvre que les deux enfants de la mer, Umi et Sora sentent qu’un évènement important va bientôt arrivé et que cela va surement entrainé de grandes conséquences les concernant. On comprend que Ruka a peut être des dons communs avec Umi et Sora, qu’elle apprend à développer. Mais quel est cet évènement? cette naissance dont les personnages parlent? on comprend bien que le sujet c’est la protection des océans et des êtres qui y vivent mais on comprend rien à l’histoire! Toute la longue partie durant laquelle Ruka est sous l’eau, avalée par une baleine, recrachée, se disputant une météorite avec Umi, c’est sans queue ni tête! c’est bien simple j’ai l’impression de voir en image le délire psychédélique de quelqu’un qui serait sous LSD…

Les Enfants de la mer : Photo

Pas vraiment de conclusion à la fin du film sur ce qui s’est passé ou pas passé, Ruka reprend sa vie avec plus de confiance, plus d’assurance, prête à s’excuser, pardonner et reprendre peut être une vie sociale et ne s’inquiétant en rien de la disparition de ses deux nouveaux amis. Bref, malgré de belles images, notamment concernant la mer et le ciel étoilé, j’ai pas compris grand chose, je me suis ennuyée, j’ai décroché et attendu impatiemment la fin de la séance.

Dernières séances: Yesterday – So long my son

Yesterday : Affiche

de Danny Boyle

Himesh Patel, Lily James, Kate McKinnon

2.5/5

Jack rêve de devenir une star du rock ou pop rock depuis son  enfance. Eli sa meilleure amie l’encourage depuis le collège. A l’âge adulte, Jack n’a toujours pas percé avec ses chansons, il enchaine festival obscur sur concert perdu au milieu de nulle part qui n’intéresse personne. Malgré la motivation d’Eli qui est son manager les soirs et week end, Jack décide de tout laissé tomber et de reprendre le cours de sa vie, à savoir redevenir prof des écoles comme Eli. Mais après un grave accident de la route, le voilà qui se réveil dans un monde perturbé. Certaines choses semblent avoir disparus de la mémoire collective des humains, notamment l’existence du groupe les Beatles. Jack décide donc de chanter tous leurs tubes afin de devenir célèbre.

Yesterday : Photo Himesh Patel

J’étais curieuse de voir le film. Jack comme tous les enfants, grandit avec l’espoir d’accomplir son rêve, mais comme 90% des gens, une fois adulte il se rend compte que ce rêve ne se réalisera pas; Là où tous ses amis ont tourné la page des rêves d’enfant, Jack lui espère encore, grâce notamment au soutien d’Eli sa meilleure amie.

Yesterday : Photo Himesh Patel, Lily James

Certains moments sont très drôles, notamment lorsque Jack découvre que d’autres choses n’existent pas dans le monde dans lequel il s’est réveillé après son accident, le coca cola, le groupe Oasis, ou encore Harry Potter! L’idée de départ est donc rigolote, mais le reste du film est parfois un peu ennuyeux, parfois un peu niais, notamment le personnage d’Eli qui porte toujours le même style de robe, du genre enseignante fleur bleue. Elle fait plutôt pensée à un personnage de dessin animé bateau, lisse et sans personnalité. Jack est plus intéressant à suivre. Le film passe le message que la célébrité n’apporte pas le bonheur, notamment quand Jack, devenu célèbre grâce aux chansons des Beatles, comprend que le vrai bonheur se trouve auprès d’Eli et qu’il devra choisir, mouais…(ou encore quand on découvre que John Lennon n’est pas devenu le chanteur qu’on connait, mais qu’il mène une vie simple et qu’il a vécu très heureux…).

Un film gentillet, quelques touches d’humour bienvenu, mais qui ne restera pas dans les mémoires.

 

So Long, My Son : Affiche

de Wang Xiaoshuai

Wang Jinchung, Young Mei

4.5/5

Au tout début des années 80 (ou fin 70?), Liyun et Yaojun forment un couple uni. Dans la chine communiste où le Parti fait la pluie et le beau temps, Yaojun et Liyun sont deux ouvriers qui tentent de suivre toutes les directives du régime afin de gravir les échelons. Bientôt ils sont parents d’un petit garçon né le même jour que le petit garçon de leurs voisins et meilleurs amis. Mais un drame viendra mettre un terme à leur entente parfaite, et les deux couples s’éloigneront l’un de l’autre progressivement jusqu’à couper complètement les ponts durant les décennies suivantes.

So Long, My Son : Photo

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Dure de se motiver pour aller voir So long my son, car le film dure 3h. Mais heureusement que je l’ai vu car c’est probablement un des meilleurs films de l’année. 3h qui ne sont pas du tout de trop au finale. Aucune lenteur, aucune longueur, aucun ennui, j’ai quasi pas cligné des yeux devant cette fresque familiale et historique. L’histoire est racontée sans suivre la chronologie ce qui rend le film moins classique et plus vivant. Suivre la destinée de ces personnages fut prenant, intéressant et fort. Liyun et Yaojun forment un couple tellement attachant, mais dans la chine communiste, celle du Parti omniprésent, du qu’en dira-t-on, de la politique de l’enfant unique, les drames vont s’imposer à ce couple si volontaire, si travailleur.

So Long, My Son : Photo

 

Le film passe en revu, au travers de la vie et des épreuves de ce couple, 30 ans de la Chine actuelle. Les usines ouvrières menées par le parti communiste, le sacrifice de tout une génération pour le bien économique du pays, la cruelle politique de l’enfant unique et de ces conséquences, l’ouverture du marché, le sacrifice des ouvriers tous licencier comme s’ils étaient devenus indésirables, la disparition des logements ouvriers pour mieux construire les nouveaux centres commerciaux. Liyun et Yaojun, contrairement à leurs voisins et meilleurs amis, auront vécu des choses trop dures pour s’intéresser aux évolutions de leur pays et ne s’enrichiront pas au passage.

“Le temps s’est arrêté il ne nous reste plus qu’à attendre de vieillir”.

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Wang Jinchung et Young Mei qui jouent les deux personnages principaux sont exceptionnels, toutes les émotions qui passent dans un regard, une parole, une posture. On va jusqu’au bout avec eux en leur souhaitant juste un peu de bonheur pour rééquilibrer la balance.

Un très beau film, je n’ai pas vu le temps passé une seconde. Les histoires personnelles des personnages s’entremêlent dans la grande histoire du pays. C’est fort, puissant et très bien filmé. A voir.