Dernières séances: Us – Shazam – El reino – Liz et l’oiseau bleu

Us : Affiche

de Jordan Peele

3.5/5

Lupita Nyong’o, Winston Duke, Shahadi Wright-Joseph, Evan Alex, Elisabeth Moss

Les Wilson sont une famille heureuse et ordinaire. Avec leurs deux enfants ils se rendent dans leur maison de vacances au bord de la mer. Les lieux rappellent à la mère un épisode de son enfance qui fut traumatisant. Elle aurait disparu dans une fête foraine pendant 15 minutes pendant un moment d’inattention de ses parents. Alors que la mère ressasse cet épisode de sa vie, les Wilson sont terrorisés par l’apparition de 4 individus devant leur maison, qui semblent leurs ressembler étrangement….

Us : Photo Anna Diop, Evan Alex, Lupita Nyong'o, Winston Duke

J’avais beaucoup aimé Get out du même réalisateur. Si l’histoire est différente, Us possède beaucoup d’éléments qui ont fait le succès de Get out. Une histoire étrange, un suspense prenant, une tension, des moments d’horreurs sanglants mélangés à des moments de pures comédies.

Us : Photo Evan Alex, Shahadi Wright Joseph

Us : Photo Evan Alex, Lupita Nyong'o, Winston Duke

Les acteurs sont tous excellents, des parents jusqu’aux enfants. On est pris par l’histoire, on rit à plusieurs reprises, on est tendu avec les personnages, bref un peu comme dans Get out. Sauf qu’ici, Us n’a pas su conclure aussi bien que son frère ainé. Le mystère qui se cache derrière les doppelgängers n’est pas très crédible, l’explication finale ne tient pas debout et on reste donc sur notre faim. Si on laisse tomber l’idée d’une histoire cohérente, on peut facilement se laisser aller à apprécier le film.

Shazam! : Affiche

de David Sandberg

Zachari Levi, Asher Angel, Djimon Hounsou, Mark Strong, Jack Dylan Grazer

3/5

Le jeune ado Billy Batson est orphelin depuis qu’il a perdu de vue sa mère dans une fête foraine quand il avait 5 ans. il n’a jamais cessé de la rechercher sans résultat. Après avoir fuit son dernier foyer d’accueil pour suivre une piste concernant sa mère, Billy est placé dans un nouveau foyer géré par un couple eux même orphelins. Il partage la maison avec Marie, Freddie, Eugène, Pedro et Darla. Mais il ne semble pas vouloir ni s’adapter ni s’intégrer, ne pensant qu’à retrouver sa mère. Un jour, après avoir défendu un de ses “frères” d’adoption à l’école, Billy est propulsé dans une autre dimension. Il rencontre le sorcier Shazam qui lui explique qu’il devient trop vieux pour sa mission et passe ses pouvoirs à Billy. En prononçant le mot “shazam”, Billy se transforme en adulte musclé qui possède des pouvoirs incroyables. Alors qu’il ne pense qu’à profiter des bons cotés de ses nouveaux pouvoirs, il est confronté à un ennemi puissant, Thaddeus, un homme riche qui a toujours voulu s’approprier les pouvoirs de Shazam.

Shazam! : Photo Asher Angel, Jack Dylan Grazer

Le dernier né de DC comics verse plus dans le comique que dans le super héros. J’ai apprécié les scènes autour des ados, de Billy, sa quête pour retrouver sa mère, son amitié naissante avec Freddie, sa relation difficile avec les autres orphelins. Il prendra vite la grosse tête avec ses nouveaux pouvoirs.

Shazam! : Photo Jack Dylan Grazer, Zachary Levi

Ce qui est plus dérangeant c’est le changement entre l’ado Billy et l’adulte héros Shazam. Seul l’apparence est sensé changer mais le Billy adulte, un peu hystérique et excité, n’a pas beaucoup de points communs avec le Billy enfant et c’est un peu déconcertant.

Shazam! : Photo Faithe Herman, Grace Fulton, Ian Chen, Jack Dylan Grazer, Jovan Armand

Shazam! : Photo Jack Dylan Grazer, Mark Strong

J’ai passé un moment sympa, quelques scènes très drôles, on ne s’ennuie pas et si ce film se démarque des films de super héros classiques, il ne s’en éloigne jamais beaucoup, surtout dans la deuxième moitié du film où les signes classiques de ce genre de films reviennent à la charge (course poursuite, bataille, duel, le méchant contre le héros…). Ce n’est pas le film de l’année, mais ça détend.

El Reino : Affiche

de Rodrigo Sorogoyen

Antonio de la Torre, Monica Lopez, Nacho Fresneda

3.5/5

En Espagne, Manuel Vidal Lopez est un membre important de son parti politique. Petit chouchou d’une des grosses pontes, il compte bientôt être propulsé sur le devant de la scène. Mais une histoire de corruption et de détournement d’argent public vient frapper le parti. Certaines personnalités sont inculpées, discréditées, mais le parti fait front, détruit certaines preuves et les incriminés font profil bas. Tout est différent quand Manuel découvre que son tour est venu. Il découvre alors que certains enregistrements ont été fait à son insu dans son bureau, la police est sur son dos tout comme les médias. Refusant de faire profil bas et de jouer les bouc émissaires pour sauver le reste du parti, Manuel s’entête à trouver des preuves compromettantes pour menacer les chefs du parti en cas de chute.

El Reino : Photo

J’en avais entendu du bien de ce film. El reino, c’est tendu, stressant, oppressant de la première image à la dernière. On sent la vie à cent à l’heure de Manuel déjà avant que le scandale n’éclate. Puis c’est la chute. Entre la musique qui imite les battements cardiaques d’un sprinter, les mouvements de caméra qui tanguent donnant l’impression que c’est filmé à l’épaule la majorité du temps, on est vite stressé tout comme l’est le héros. Mais c’est surtout fatiguant pour le spectateur qui voit la sortie de la salle obscure comme une délivrance.

El Reino : Photo

El Reino est un film sur la drogue du pouvoir, la corruption des politiques, mais aussi des médias. Chacun y cherche son intérêt personnel. Manuel est loin d’être un héros qui cherche à faire éclater la vérité sur des pratiques illégales et immorales. Il ne cherche que son intérêt, les moyens qui lui permettront de ne pas faire de prison, de ne pas aller devant un tribunal et surtout de ne pas servir de bouc émissaire au parti, lui qui devait bientôt devenir la star du parti. C’est en partie l’orgueil et la fierté qui le motive.  Un film intéressant, bien interprété, mais un peu trop tendu. Je suis sortie un peu fatiguée de la séance!

Liz et l'oiseau bleu : Affiche

de Naoko Yamada

3/5

Mizore et Nozomi sont deux lycéennes amies depuis le collège. Mizore, timide, renfermée, peu sociale, est très admirative de Nozomi, plus extravertie, entourée d’amis. Elles jouent toutes les deux de la flute dans l’orchestre du lycée. Bientôt ce sera le concours inter lycée, puis la fin de l’année et le départ vers des études supérieures. Elles répètent toutes les deux le morceau de Liz et l’oiseau bleu, inspiré par un conte dans lequel Liz, une jeune femme solitaire, rencontre un jour une femme aux cheveux bleus qui s’installe chez elle. Liz n’est plus seule désormais mais elle réalise que sa nouvelle amie est un oiseau bleu qui renonce à ses ailes pour ne pas laisser seule Liz.

Liz et l'oiseau bleu : Photo

J’avais hâte de voir cet animé et je dois dire que j’ai été un peu déçu. De Naomi Yamada j’avais vu Silent voice, que j’avais trouvé un peu plus prenant. Le film ne dure qu’1h30 mais j’ai senti le temps passé. Il faut dire qu’il ne se passe pas grand chose durant le film. La plupart de l’action se déroule dans l’école de Nozomi et Mizore, en particulier dans la salle de musique. C’est aussi très répétitif, les tentatives d’une lycéenne plus jeune pour se rapprocher de Mizore, Nozomi qui rit et s’amuse tandis que Mizore se touche les cheveux et prend un air triste et mélancolique, la répétition du morceau de musique, les allées et venues dans la salle de musique…et de temps en temps on découvre par morceau l’histoire de Liz et de l’oiseau bleu.

Liz et l'oiseau bleu : Photo

Certains moments sont beaux, la musique de Liz et l’oiseau bleu est paisible et belle à entendre, mais c’est surtout le message du film qui est intéressant. La psychologie des personnages est intelligente et subtile. La relation entre Mizore et Nozomi c’est le passage de l’adolescence vers l’âge adulte, c’est se détacher d’une amitié fusionnelle pour pouvoir s’épanouir pleinement chacune de son coté. L’amitié entre Nozomi et Mizore les ont aidé à se construire ensemble mais elles arrivent à un moment de leur vie où cette amitié va devenir nuisible. Elles comprennent qu’il est temps de s’en détacher afin de vivre pleinement.

Liz et l'oiseau bleu : Photo

Ce côté du film m’a plut, mais j’avoue que je ne le reverrais pas deux fois et que si je l’avais vu chez moi, je me serais probablement endormie…

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Dernières séances: Les éternels – Captain Marvel – Ma vie avec J.F. Donovan

Les Éternels (Ash is purest white) : Affiche

de Jia Zhang Ke

Zhao Tao, Liao Fan

4/5

A Datong en Chine, Qiao est une jeune femme heureuse en couple avec Bin, un chef de la pègre locale. Ici pas de violence, pas de tuerie, la pègre gère tranquillement les affaires sans faire de remous. Qiao envisage déjà l’avenir avec Bin, espérant changer de vie, peut être de lieux, mais Bin lui semble être très content de sa vie, les affaires, les amis, se sentir respecté. Un jour un gang de jeunes adultes rêvant de pouvoir et d’argent s’en prend au chef de la pègre puis à Bin. Alors qu’il est sur le point de mourir battu à mort, Qiao tire en l’air avec l’arme de Bin. Mais en Chine, le port d’arme illégal est un délit important. Qiao refuse de dénoncer son amant et prend cinq ans de prison. A sa sortie tout est différent…

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Liao Fan, Zhao Tao

De Jia Zhang Ke, j’ai beaucoup aimé son documentaire I wish i knew, Still life, A touch of sign et surtout Au delà des montagnes. Ici on retrouve certains éléments récurrents dans le cinéma de Zhang Ke, ces régions qui oscillent entre industries vieillissantes et volonté de modernisation, le monde ouvrier, le monde de la pègre locale. Si le film se centre sur la vie de Qiao et Bin, en arrière plan le film nous dépeint une région en pleine restructuration. Les mines nombreuses ferment toutes les unes après les autres, les mineurs vieillissant se sont fait une raison, sacrifiés pour d’autres objectifs. On parle de déplacement des ouvriers vers des plantations de melon pour leur redonner une place dans la société.

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Zhao Tao

Lorsque Qiao sort de prison et part rejoindre Bin dans une autre région, elle remonte le Yangzy Jiang et s’arrête pas loin du fameux barrage des trois gorges. Nous sommes en 2006 et le barrage est sur le point d’être démoli par le gouvernement entrainant la montée des eaux d’une centaines de mètres ce qui aura pour conséquence la disparition de plusieurs villes. A travers le parcours de Qiao pour retrouver Bin, le réalisateur nous montre comment tout une population est déplacée petit à petit par le gouvernement avant la destruction du barrage. C’est le thème de son film Still Life, dans lequel une jeune femme erre dans la ville destinée à être submergée par les eaux dès la destruction du barrage. Dans Still life c’est déjà l’actrice Zhao Tao qui joue dans ce film. Dans les éternels tout comme dans still life, l’actrice a la même coiffure, le même chemisier jaune citron, le même pantalon, le même sac à main et la même bouteille d’eau. Je ne sais pas si le réalisateur a voulu simplement faire un clin d’œil, mais il est clair que les deux personnages ne sont pas les mêmes.

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Liao Fan

La critique presse parle souvent de “plus belle histoire d’amour” pour décrire le film, ce n’est pas mon avis. L’histoire entre Qiao et Bin est d’un réalisme peu romantique hélas!

J’ai beaucoup aimé suivre le parcours de Qiao, sa vie insouciante, ses années de prison, la manière dont elle reprend sa vie en main, son évolution. Le coté social qu’on retrouve en arrière plan est très intéressant et bien sur Zhang Ke film toujours aussi bien. Au delà des montagnes reste mon film préféré de ce réalisateur mais Les éternels m’a aussi beaucoup plut! Zhao Tao est toujours aussi talentueuse et j’étais contente de revoir Liao Fan que j’avais vu dans l’excellent Black coal.

Captain Marvel : Affiche

de

Brie Larson, Jude Law, Samuel Jackson, Clark Greggs, Annette Bening

4/5

Vers est une jeune femme qui ne se souvient de rien au delà des cinq dernières années. Ses pouvoirs et son sang bleu semblent prouver son appartenance au peuple Kree, un empire galactique en guerre contre les Skrulls, une race qui a la capacité de prendre l’apparence de n’importe qui. Durant les cinq dernières années, Vers a été entrainé par son mentor, Yon Rogg qui lui apprend à se battre et à contrôler ses pouvoirs et ses émotions. Alors qu’elle est en mission pour récupérer un espion Kree, elle tombe dans un guet apens et enlevée par les Skrulls. Les méthodes d’interrogatoire font ressurgir des souvenirs de sa vie passée. En s’enfuyant, elle trouve refuge sur la planète C 53 qui s’avère être la Terre. On est en 1994. Elle fait la connaissance d’un certain Nick Fury, agent du SHIELD…

Captain Marvel : Photo

Au départ, quand j’ai entendu parler du projet, ça ne m’intéressait pas des masses. Et lorsque j’ai vu la bande annonce j’ai été tout de suite emballée, j’avais hâte de voir le film et je ne fut pas déçue.

Captain Marvel : Photo Clark Gregg, Samuel L. Jackson

J’ai adoré le personnage de Vers alliance Carol Danvers, enfin une vrai héroïne. Carol était déjà une femme forte et déterminée, bien avant d’avoir tous ses pouvoirs. En 1994 elle a 30 ans, elle a donc vécu son enfance à une époque où les filles ne pouvaient pas faire tous ce qu’elle voulait, où certaines activités leurs étaient interdits. Puis elle est devenue, avec sa meilleure amie, pilote de chasse en 1989 mais comme elles étaient des femmes, elles étaient cantonnées à la base.

Captain Marvel : Photo Brie Larson, Lashana Lynch

Ce que j’ai aimé dans le personnage de captain Marvel, c’est qu’on est passé à un niveau supérieur dans les personnages féminins forts. En voyant captain Marvel évoluer dans le film, on ne se dit pas que c’est une femme héroïne Marvel, on se dit que c’est un héros Marvel, point. On va au delà de son sexe, on ne se dit plus “c’est une femme qui a des pouvoirs”, on se dit c’est un héros dans toute sa grandeur. On est pas dans un film dit féministe, on est au delà de ces considérations.

Captain Marvel : Photo

Au delà de cet aspect, on retrouve tous les ingrédients des films de super héros: des courses poursuites, de l’humour, des rebondissements, des moments plus calmes entre deux scènes d’action. Les personnages sont tous très réussis, on prend le temps de connaitre Carol Danvers, son histoire, son caractère. J’ai beaucoup aimé les personnages secondaires, notamment sa meilleure amie Maria et surtout Talos, le général Skrull.

Captain Marvel : Photo Ben Mendelsohn

Et puis bien sur quel plaisir de revoir Nick Fury joué par Samuel Jackson. On est en 1994, Nick est un peu moins sérieux, un peu moins mystérieux et joue les sidekick de captain Marvel. Il découvre pour la première fois que les extraterrestres existent et qu’ils sont bien sur Terre. Ici il a 20 ans de moins, encore ses deux yeux et une légèreté qui fait plaisir. Il apporte beaucoup d’humour dans le film.

Captain Marvel : Photo Brie Larson

Coté histoire, c’est bien mené même si les rebondissements et révélations ne m’ont pas surpris. Ce qui est sur c’est que à coté de captain Marvel, tous les avengers réunis ne font pas le poids, j’ai donc hâte de voir the avengers 4!

Ma vie avec John F. Donovan : Affiche

de Xavier Dolan

Kit Harrington, Susan Sarandon, Nathalie Portman, Tremblay, Kathy Bates

2.5/5

En 2017, Rupert Turner a 20 ans, il commence à se faire un peu connaitre en tant qu’acteur et vient de sortir un livre qui raconte sa correspondance secrète avec une star de la télé américaine 10 ans plus tôt. Pendant 5 ans, il a échangé une correspondance avec un acteur célèbre. De passage en Europe, il donne une interview à une journaliste réticente et lui raconte donc son histoire, son enfance, sa relation épistolaire avec cet acteur célèbre.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Jacob Tremblay, Natalie Portman

Durant tout le film on attend qu’une seule chose, que ça démarre, que ça commence mais ça stagne pendant presque deux heures.

La construction du film n’est pas des plus originale, un homme qui raconte à une journaliste dans un café son histoire personnelle, son enfance, sa relation épistolaire avec un homme de 30 ans, et en flash back on suit la vie de cet acteur.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Susan Sarandon

D’un coté on est en 2006, Rupert est mal dans sa peau. A 11 ans il vient de changer de pays, d’école, d’amis. Son rêve est d’être acteur mais les autres enfants le persécutent. Sa mère le déçoit, elle qui a abandonné ses rêves d’actrice pour s’occuper de lui. Il se sent incompris, mal aimé et son seul refuge se trouve dans cette série pour ado qui cartonne et dans laquelle joue son idole, John F Donovan, avec qui il échange des lettres en secret depuis 5 ans. On a du mal à s’attacher à Rupert ou à sa mère. On a l’impression d’être dans les années fin 80 ou début 90 au lieu d’être en 2006 et c’est assez étrange. Je n’ai pas accroché à leurs problèmes, à leur relation, à leurs crises d’hystéries.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Kit Harington

J’ai un peu plus apprécié le personnage de John F Donovan, cet acteur qui est devenu célèbre, qui a des problèmes d’insomnie, qui cache son homosexualité et qui voit sa vie s’écrouler quand son homosexualité est révélé par la presse. Je n’ai pas compris le scandale autour de sa correspondance avec un enfant vivant à l’autre bout de la planète…

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Michael Gambon

Kit Harrington s’en sort bien dans le rôle de l’acteur dépressif qui se sent oppressé qui reprend sa vie en main, mais trop tard. J’ai beaucoup aimé Susan Sarandon aussi dans le rôle de la mère de John, un peu trop attachée à sa bouteille de whisky. La scène dans la salle de bain, dans laquelle John prend un bain moussant avec sa mère et son frère qui lui tiennent compagnie est touchante.

Au delà de cette scène le reste du film est une suite de séquences inutiles ou bourrés de clichés parfois pathétiques ou risibles. La scène de Rupert et sa mère qui se jettent dans les bras l’un de l’autre en pleine rue de Londres sous un déluge de pluie est ridicule, inutilement longue. La scène de John qui mange discrètement dans l’arrière cuisine d’un resto et qui a une discussion bateau sur le sens de la vie avec un vieux monsieur qui nous joue les obi wan kenobi d’occasion est aussi ridicule, vide et creuse.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo

John F Donovan c’est plein de scènes inutiles devant lesquelles on se dit “ah et alors? c’est tout? ça va peut être mener quelque part” et à la fin du film on se dit “ah et alors? c’est tout? aucun intérêt”. On attend que ça décolle, que ça mène quelque part mais rien. Le rôle de la journaliste qui est très hostile à Rupert au début et qui adore son histoire à la fin ne sert à rien non plus et n’est pas très crédible. On a vraiment l’impression qu’au montage le réalisateur à oublier le but de son film, son histoire, ou bien une bonne grosse partie du film qui aurait pu donner du sens à tout ça.

Dernières séances: Vice – Une intime conviction

Vice : Affiche

de Adam Mckay

Christian Bale, Sam Rockwell, Amy Adams, Steve Carell

4/5

L’entrée de Dick Chesney dans le monde de la politique américaine au début des années 60 jusqu’à sa nomination au poste de vice président des États Unis. Ou comment un homme qui n’avait pas d’ambition ou d’idéaux particuliers est devenu l’un des hommes les plus puissants de la planète.

Vice : Photo Christian Bale

De Adam Mckay, j’avais déjà vu the big short, dans lequel il s’efforçait d’expliquer les dessous du monde des finances et la crise immobilière des années 2000. La mise en scène manquait de subtilité mais on sentait surtout l’envie du réalisateur de bien faire comprendre aux spectateurs le sujet compliqué de la finance et de la crise boursière, tout en restant un minimum rigolo dans sa façon d’expliquer. Sur le même sujet j’avais préféré Margin call.

Vice : Photo Sam Rockwell

Ici c’est un peu la même manière de raconter, mais les effets un peu trop lourd utilisé sur the big short apparaissent plus léger dans Vice. Mckay se lance dans des explications complexes avec de moins gros sabots que dans the big short, il faut dire que le sujet est un peu moins technique que la finance.

J’ai beaucoup aimé Vice. Évidemment Christian Bale est excellent dans ce rôle d’homme politique parti de rien et arrivant au sommet. Il découvre la politique, il comprend vite qu’il ne s’agit pas ici d’idéaux, de convictions ou de principes moraux, mais uniquement trouver la réponse à la question suivante: comment obtenir plus de pouvoir? aucun principe, aucune limite pour arriver à cette fin. Physiquement c’est bluffant aussi, mais pas surprenant, Bale est un habitué des transformations physiques comme pour son rôle dans the machinist…

Vice : Photo Amy Adams, Christian Bale

A travers le portrait d’un homme qui gravit les échelons vite et bien, Mckay en profite pour nous expliquer certaines méthodes de la politique américaine, comment les états unis ont embrouillé le monde pour envahir l’Irak, comment le 11 septembre ne fut pas une tragédie pour Chesney mais “une opportunité”. On revisite une décennie de la politique américaine avec l’Irak, Halliburton, le fric, le pouvoir. Comment Chesney est devenu un homme riche et puissant, comment il a manipuler Bush pour en faire sa marionnette, interprété par l’excellent Sam Rockwell, comment il a décidé de tout alors qu’il n’était que vice président, un poste sensé être symbolique plus qu’autre chose.

C’est clair et bien expliqué, c’est rythmée et fluide. Amy Adams est très bien aussi dans le rôle de la femme de l’ombre. Sans elle Chesney n’aurait probablement rien fait de sa vie. Un film à ne pas rater.

Une intime conviction : Affiche

de Antoine Raimbault

Olivier Gourmet, Marina Fois

3.5/5

Nora, cuisinière dans un restaurant et élevant seule son fils, a participer au jury lors du premier procès de monsieur Viguier, accusé d’avoir assassiné sa femme. Acquitté lors du premier procès, Nora s’est rapprochée de la famille, notamment par le biais de la fille ainée de monsieur Viguier qui aide son fils dans ses devoirs scolaires. Alors que le procès en appel va bientôt commencer, Nora fait appel au célèbre avocat Eric Dupont-Moretti. Elle essaye de le convaincre de prendre l’affaire en main, persuadée de l’innocence de monsieur Viguier.

J’étais très curieuse de voir ce film, pas pour l’histoire de meurtre, je ne connaissais pas cette affaire du tout, mais surtout pour voir ces deux acteurs que j’aime beaucoup, Olivier Gourmet et Marina Fois. Je suis aussi admirative de Dupont-Moretti et voir un acteur jouer son rôle m’intéressait. Le film est assez particulier, car tout est toujours en retrait. La disparition de madame Viguier remonte à plusieurs années, monsieur Viguier élève seul ses trois enfants tous presque adulte aujourd’hui. On ne voit ni flash back, ni éléments directement liés à l’affaire.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs, Olivier Gourmet

On suit Nora et son point de vue sur l’affaire. Elle élève seule son fils, travaille dure et s’investit corps et âme dans ce nouveau procès, oubliant sa famille, son travail, ses obligations. Rien ne passe avant l’affaire, le procès. Sur la demande de Dupont-Moretti, Nora doit écouter, analyser, trier des centaines d’heures d’écoute téléphonique.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs

Le film ne prend jamais parti, est-ce que le mari a commis un meurtre? est-ce que l’amant est coupable? y a-t-il eut meurtre prémédité, disparition volontaire, mauvaise rencontre sur la route? Aucun élément de réponse suffisamment convaincant permet de soutenir une hypothèse plus qu’une autre. Le film rappel l’enjeu juridique, il ne faut condamner une personne que si on a une intime conviction qui repose sur des faits tangibles. Peu importe ce que croit Nora, Dupont-Moretti ou les jurés, si il n’y a pas de faits tangibles, on ne peut pas condamner monsieur Viguier.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs

J’ai beaucoup aimé la leçon que Dupont-Moretti donne à Nora lorsque cette dernière lui dit être persuadé de la culpabilité de l’amant, sans qu’elle n’ait de preuves. La vindicte populaire, les rumeurs, le poids de la presse, l’influence du plus grand nombre. La scène du plaidoyer finale est très tendue, prenante, tellement efficace, cette scène seule vaut le coup de voir le film.

Dernières séances: Aquaman – Edmond – La mule – Glass – Nicky Larson – Sorry to bother you – Green book – La favorite

Aquaman : Affiche

de James Wan

Jason Momoa, Nicole Kidman, Amber Heard, Willem Dafoe, Patrick Wilson

3/5

Aquaman est humain par son père et issu du peuple de la mer par sa mère. Un jour il reçoit la visite d’une princesse des peuples de la mer. Les différends peuples marins vont s’unir pour détruire le monde des hommes. Aquaman étant le premier né de la reine Atlanna, il a tous les droit de revendiquer le trône afin d’empêcher la guerre, mais Aquaman n’a jamais été intéressé par le trône.

Aquaman : Photo Willem Dafoe

Je n’étais pas motivée au départ pour aller voir Aquaman. A mes yeux, la franchise DC Comics a signé son arrêt de mort lorsqu’ils ont eu l’idée stupide de ne pas faire de suite à Man of steel que j’avais adoré, et préféré nous sortir un mix entre batman et superman. Les films qui ont suivi ne m’ont pas du tout donné envie de m’y intéresser. Concernant Aquaman, j’étais intriguée d’abord parce que j’aime bien Jason Momoa (que j’avais vu dans stargate atlantis) et aussi parce que j’avais entendu de bons échos venant du public.

Aquaman : Photo Amber Heard, Jason Momoa

Finalement j’ai trouvé le film mitigé. La première partie dans laquelle on voit Aquaman vivre sa vie avec les pouvoirs qu’on lui connait est assez sympa, sa relation avec son père, son caractère, son humour aussi. Il y a beaucoup d’action du début à la fin, des pointes d’humour, on voyage pas mal, il y a un petit coté Indiana Jones à un moment du film. On ne s’ennuie pas, il y a un message écologique rapide mais toujours bienvenue et Jason Momoa est vraiment intéressant dans le rôle d’Aquaman, il arrive à éviter de rendre son personnage ridicule, il n’a pas ce coté victime de la vie comme souvent chez les superhéros classiques, il apporte pas mal d’humour en surhomme qu’il ne faut pas chercher et qui aime se souler à la bière avec son père.

Aquaman : Photo Amber Heard, Jason Momoa, Willem Dafoe

Les points forts s’arrêtent là. Ce que je n’ai pas aimé, c’est le coté un peu kitsch des royaumes sous marins des atlantes. La princesse sensée aider Aquaman à les mêmes cheveux qu’une certaine Ariel la petite sirène, ce qui lui donne un coté un peu ridicule. L’intrigue est sans surprise, pas de rebondissements surprenants ou inattendus, c’est cousu de fil blanc donc. Le pire reste tout d’abord l’image de la femme. A l’heure des personnages féminins forts ces derniers temps, notamment les personnages féminins de Black panther, ici on a le droit à deux figures féminines ternes. La princesse aux cheveux rouges semble peut être savoir se battre et tenir la conversation face aux héros et aux méchants mais dans son monde elle n’est qu’une noble dont le devoir est d’épouser le futur roi de son peuple afin de lui produire des héritiers. On se croirait à la cour du roi Henri VIII et pas du tout au 21e siècle, d’autant que le peuple atlante se targue d’être moderne et plus avancé que leurs cousins terrestres. Le pire reste la reine des atlantes, la mère d’Aquaman donc. Cette reine qui fuira son peuple pour éviter un mariage arrangé dans lequel on lui demandait de produire elle aussi des héritiers au trône et qui finira par rencontrer un terrestre, père d’Aquaman, gardien de phare; Encore une fois, le rôle du personnage féminin est donc sans intérêt. C’est Nicole Kidman qui interprète la reine et je dois dire que c’est le point du film que j’ai trouvé le plus raté. Elle joue la reine jeune et bien sur elle joue son rôle 30 ans plus tard. Nicole Kidman dans la peau de la reine jeune est vraiment choquant visuellement. Elle est tellement tirée de partout et photoshopée qu’on a l’impression d’être face à un personnage d’animée en 3 dimensions et pas à une humaine. Lorsqu’on la retrouve 30 ans plus tard, le seul signe de vieillesse sont ses cheveux légèrement blancs… son personnage n’est pas très crédible non plus :

Aquaman : Photo Jason Momoa

SPOILER ( elle laisse derrière elle l’homme qu’elle aime et son fils pour les protéger et part épouser son roi afin de lui donner des héritiers avant d’être jeter dans une fosse remplie de créatures voraces pour la punir d’avoir fauter avec un terrestre, on est donc au moyen age…on finit par apprendre qu’elle n’est pas morte dévorée par les créatures mais rescapée sur une ile de laquelle elle était coincée, donc 30 ans de solitude et elle revient au royaume des atlantes fraiches et saine d’esprit).

En bref, quelques éléments intéressants, Jason Momoa sauve à lui seul le film du naufrage. Pas indispensable.

Edmond : Affiche

de Alexis Michalik

Olivier Gourmet, Thomas Solivérès, Lucie Boujenah, Clémentine Célarié, Tom Leeb

4/5

Décembre 1897 à Paris. Edmond Rostand doit se rendre à l’évidence, il est un poète raté. Sa dernière pièce en vers, écrite deux ans plus tôt a été un four et depuis l’inspiration l’a déserté. Sa protectrice la grande Sarah Bernard ne le lâche pas pour autant et lui arrange un rendez-vous avec le grand acteur Coquelin; Il doit lui proposer une pièce mais Edmond n’a encore rien écrit! Il improvise donc un début de pièce lors de son rendez-vous. Coquelin lui annonce alors qu’il a une semaine pour écrire sa pièce et qu’ils devront jouer la première avant la fin du mois de décembre. Edmond doit à tout prix retrouver l’inspiration et croire en lui.

Edmond : Photo Thomas Solivérès

J’avais été voir la pièce d’Alexis Michalik il y a deux ans, et j’avais adoré. Le film ne propose que très peu de différences avec la pièce, l’histoire et les personnages restent les mêmes. On a droit à de beaux décors du Paris du début du 20e siècle. On ne s’ennuie pas durant toute la durée du film, les dialogues fusent comme au théâtre, il y a beaucoup d’humour, les acteurs sont tous très bons.

Edmond : Photo Olivier Gourmet

Un très bon divertissement, visuellement réussi avec d’excellents acteurs du premier rôle aux personnages secondaires. Je garde tout de même une préférence pour la pièce de théâtre, que j’avais vraiment beaucoup aimé.

La Mule : Affiche

de Clint Eastwood

Clint Eastwood, Bradley Cooper, Laurence Fishburne, Diane Wiest, Micheal Pena, Andy Garcia

4/5

Earl Stone, un horticulteur passionné, s’est toujours plus occupé de ses fleurs que de sa famille, qu’il a toujours délaissé. Alors qu’il se fait vieux, après une longue carrière pleine de succès, il doit abandonner sa maison et licencier les deux hommes qui bossaient avec lui après avoir fait faillite. Acculer financièrement il accepte un boulot qui semble simple: conduire sa propre voiture d’un point a à un point b, sans se montrer curieux de la cargaison installée dans son coffre. Le fait qu’il est un homme blanc, vieux, sans pv ni casier, fait de lui le parfait candidat pour transporter la drogue des cartels.

La Mule : Photo Clint Eastwood

Voici le dernier film de Eastwood. On retrouve le genre de personnage qui lui plait, le genre bougon, franc, téméraire, un peu comme dans son film Gran Torino. On passe donc de bons moments à suivre Earl conduisant son vieux pick up, sans s’inquiéter de la cargaison illégale qu’il transporte.

La Mule : Photo Clint Eastwood

Quelques pointes d’humour, quelques moments plus tristes, un film qui n’a aucune lenteur, aucun ralentissement. Sa relation difficile avec sa famille, sa relation avec ces “collègues” du cartel, sa façon de vivre comme si il avait encore 30 ans malgré son âge, sa rencontre avec l’agent du FBI qui le recherche. Un bon film prenant, même si ce n’est pas mon préféré d’Eastwood.

Nicky Larson et le parfum de Cupidon : Affiche

de Philippe Lacheau

Philippe Lacheau, Elodie Fontan, Tarek Boudali, Julien Arruti, Didier Bourdon

3/5

Le célèbre détective Nicky Larson et sa collaboratrice Laura, sont engagés par Letellier pour protéger le parfum de cupidon, un parfum qui permet de séduire n’importe qui. Mais voila que le parfum et son antidote disparaissent. Larson et Laura ont 48h pour retrouver le parfum et surtout l’antidote pour guérir ceux qui en ont été victime. Mammouth, le rivale de Nicky Larson est aussi sur le coup.

Nicky Larson et le parfum de Cupidon : Photo Élodie Fontan, Philippe Lacheau

Quand j’ai entendu parler du projet d’adaptation du célèbre manga des années 80 j’étais sceptique. Mais comme j’aime beaucoup Philippe Lacheau, Chut chut chut, la bande à fifi et bien sur Baby sitting et surtout Alibi.com qui m’avait beaucoup plut, j’ai laissé sa chance au film.

Nicky Larson et le parfum de Cupidon : Photo Élodie Fontan, Julien Arruti, Philippe Lacheau, Tarek Boudali

Finalement, j’ai plutôt aimé. Au début, ça fait quand même bizarre de voir Philippe Lacheau avec la mèche longue, les cheveux noirs, le t shirt rouge et le blazer bleu ciel. Dans un dessin animé ça passe, mais dans un film ça parait étranges. Pareil pour Laura avec sa coupe de cheveux improbable, son bombers américain, son t shirt des années 80…

Il faut prendre le film pour ce qu’il est, une simple comédie faite pour distraire et faire rire. Personnellement, j’ai ri, je me suis bien détendu, j’ai pas vu le temps passé, et j’étais très contente de repérer tous les clins d’œil qui renvois à mon enfance: le bâtiment C17 qui fait référence à Dragon ball, Tortue géniale, Ranma 1/2, dorothée…

Nicky Larson et le parfum de Cupidon : Photo Élodie Fontan, Philippe Lacheau, Tarek Boudali

On retrouve tous les éléments symboliques de Nicky Larson, les personnages secondaires, l’appartement de Nicky Larson, la voiture, la massue, l’obsession des filles de Larson, Mammouth…Ça reste sympathique à regarder.

Glass : Affiche

De M Night Shyamalan

Bruce Willis, Samuel Jackson, James McAvoy

3.5/5

David Dunn, l’homme incassable, essaye de retrouver la bête, qui aurait enlever 4 jeunes filles. Mais après avoir libéré les adolescentes, Dunn et la bête se font arrêter et enfermer dans un hôpital psychiatrique, dans lequel monsieur Glass est aussi enfermé depuis 19 ans. Le docteur Staple a 72 heures pour convaincre les trois hommes qu’ils n’ont rien d’exceptionnels et qu’ils souffrent tout simplement de délire.

Glass : Photo Bruce Willis

Glass : Photo Bruce Willis, James McAvoy, Samuel L. Jackson

J’avais adoré Incassable lors de sa sortie ciné, j’avais beaucoup aimé Split aussi dans une moindre mesure. J’étais curieuse de voir ce troisième volet. La première moitié est assez lente, on retrouve David Dunn et par la même occasion le style visuel et sombre d’Incassable. L’arrestation de la bête arrive assez vite et on se retrouve pour la grande majorité du film enfermé dans l’hôpital psychiatrique. Au bout d’une moitié de film on se demande où le réalisateur nous emmène, mais petit à petit les choses se mettent en place.

Glass : Photo James McAvoy

On se doute avec Shyamalan que certains rebondissements ou révélations sont à envisagés et heureusement c’est bien le cas. C’est toujours intéressant de voir la bête changée de personnalités, même si c’est moins présent que dans Split. J’ai aussi adoré revoir monsieur Glass et son fanatisme concernant sa vision du monde entre super héros et méchants. Une fin intéressante et surprenante d’une certaine manière, à voir si vous avez aimé Incassable, Split ou les deux.

Sorry To Bother You : Affiche

de Boots Riley

Tessa Thompson, Lakeith Stanfield, Armie Hammer

3.5/5

Dans une Californie en crise économique, Cassius Green est toujours au chômage. Il vit avec sa petite amie, artiste rebelle, dans le garage de son oncle. Il est content de trouver un boulot dans le télémarketing. Il doit vendre par téléphone des encyclopédies dont personne ne veut. Après avoir reçu le conseil de “prendre une voix de blanc” pour parler au téléphone, Cassius devient un “SuperVendeur” et peut alors accéder aux étages supérieurs, vendre des produits très chers à des clients très riches et se faire un maximum de blé. Mais son client numéro 1 reste Free-world, dont les méthodes de production sont qualifiées d’esclavage moderne.

Sorry To Bother You : Photo Lakeith Stanfield, Steven Yeun

Le film m’intriguait beaucoup. Sorry to bother you est complètement délirant, visuellement surtout. Au delà de l’humour du film, Sorry to bother you est une grande critique du monde capitaliste et de la productivité à tout prix. Ici, Cassius met de coté tous ses principes, tourne le dos à ses amis lorsqu’il réussi et se met à gagner beaucoup d’argent. Les méthodes de la compagnie Free-world sont immorales et ressemblent à de l’esclavagisme moderne avec des contrats de travail à vie, impossibilité de démissionner, 14h de travail par jour, mais plus aucune inquiétude quant à payer les loyers ou acheter à manger puisque free world loge et nourri ses employés, des chambres minuscules dans lesquelles des familles entières s’entassent. Le slogan de l’entreprise résume tout: boulot, dodo, pas métro.

Sorry To Bother You : Photo Tessa Thompson

Sorry To Bother You : Photo Jermaine Fowler

C’est drôle, intelligent, bien interprété, et complètement psychédélique dans la dernière partie du film. Visuellement c’est aussi souvent originale, les personnages sont habillés style années 70 (j’ai adoré les boucles d’oreille de l’héroïne), des trouvailles dans la mise en scène qui rappelle parfois le style de Michel Gondry qui signe d’ailleurs un clip de présentation de l’entreprise free-world dans le film. J’ai aussi beaucoup aimé cette critique de notre société surinformée et qui se fout de tout. Lorsque la vérité est dévoilée par le héros, alors qu’il s’agit d’un scandale énorme, Cassius est déçu de voir que personne ne s’y intéresse: oui, c’est horrible, bon, et alors? qu’est ce qu’on mange ce soir? et c’est quelque chose que l’on voit aussi de plus en plus souvent aujourd’hui.

Green Book : Sur les routes du sud : Affiche

de Peter Farelly

Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini

3.5/5

Au tout début des années 60, Tony Lip, un videur pour une boite de nuit huppée de New York, se retrouve au chômage technique pour deux mois, durant les travaux de rénovation de la boite. Pour nourrir sa famille, il accepte un boulot de  chauffeur. Il doit conduire et assurer la protection du Dr Shirley, un pianiste de génie, qui doit se produire dans plusieurs villes du sud profond en pleine période ségrégationniste.

Green Book : Sur les routes du sud : Photo Mahershala Ali, Viggo Mortensen

Green book ne révolutionne rien, c’est classique dans la forme, dans l’histoire, dans l’évolution des personnages, mais j’ai trouvé le tout attachant. On passe un bon moment en compagnie de ses deux hommes qui n’ont rien en commun. Tony Lip, un italo américain macho, qui a des préjugés sur les noirs, père de famille qui n’a pas de diplôme, face au Dr Shirley, un prodige du piano, qui possède plusieurs doctorats, qui parle 8 langues, qui a beaucoup voyager à travers le monde, qui possède une culture et une érudition rare.

Green Book : Sur les routes du sud : Photo Mahershala Ali

Il y a pas mal d’humour et bien sur les deux hommes vont apprendre à se connaitre et à s’apprécier durant les deux mois passés ensemble. Évidemment, ils vont se heurter à la réalité de ce que cela représente d’être noir dans les états du sud. Interdiction d’essayer des vêtements dans les boutiques, de dormir dans des hôtels qui ne sont pas réservés aux noirs, de manger dans les restaurants de la ville, d’être dehors après le coucher du soleil… Le film souligne l’hypocrisie de cette élite du sud, élite qui a demandé la venue du Dr Shirley, qui veut écouter sa musique mais qui ne souhaite pas le voir manger dans le même restaurant qu’eux ou utiliser les toilettes de l’hôtel dans lequel il est venu jouer.

Green Book : Sur les routes du sud : Photo Mahershala Ali, Viggo Mortensen

Même si le film est tirée d’une histoire vraie, et que les deux hommes sont restés amis jusqu’à la fin de leurs jours, la fin du film peut paraitre un peu trop gentillet et pourtant elle m’a plut.

La Favorite : Affiche

de Yorgos Lanthimos

Olivia Coleman, Rachel Weisz, Emma Stone, Nicholas Hoult

4/5

Au tout début du 18e siècle, la reine Anne règne sur les îles britanniques. Elle ne prend aucune décision sans l’aide de sa meilleure amie, Sarah Churchill, une femme politique qui sait manier la reine mais aussi les ministres toujours dans le but des meilleurs intérêts du pays. Elle reçoit un jour la visite d’une cousine, Abigail, qui se retrouve sans rien suite à la mort de son père qui a perdu toute la fortune familiale au jeu. Sarah emploie Abigail aux cuisines avant de la nommer comme sa femme de chambre, ce qui lui donne un statut. Elle décide alors de tout faire pour gagner la confiance de la reine Anne.

La Favorite : Photo Rachel Weisz

J’ai beaucoup aimé la favorite. Le trio d’actrices est incroyable. Olivia Coleman, que j’avais adoré dans Broadchurch joue une reine grasse, qui passe sont temps à trop manger de sucrerie, à faire des caprices, à câliner des lapins mais qui souffre également beaucoup de solitude, de blessure de jeunesse qui n’ont pas cicatrisées (la perte de la plupart de ses enfants), ou encore des crises de goutte qui la font souffrir horriblement. J’ai beaucoup aimé la relation entre la reine et Sarah, cette relation de je t’aime moi non plus, avec une Sarah qui peut frapper la reine, recevoir des gifles de sa part, être entièrement dévouée à ses caprices, de la cajoler et de l’engueuler dans la même heure.

La Favorite : Photo Emma Stone

J’ai particulièrement aimé le personnage de Sarah. Sa détermination, son intelligence, son sang froid, sa relation complice avec son mari, et toute son intelligence et sa force au service des intérêts de son pays. Contrairement à Abigail qui n’agit que dans un but, retrouver son statut sociale de naissance, évincer Sarah pour devenir la favorite de la reine et ainsi ne plus être à la merci de personne et à l’abri du besoin.

La Favorite : Photo Olivia Colman

Trois grandes actrices, trois grands rôles historiques très intéressants, le film alterne les scènes intimistes centrées sur les personnalités des personnages et sur les grandes lignes historiques de l’époque. Un très bon film.