Dernières séances: After my death – Leto – Asterix et Obélix et le secret de la potion magique

After My Death : Affiche

de Kim UI Seok

Jeon Yeo Bin, Seo Young Hwa, Jeon So Nee

3,5/5

Le quotidien d’un lycée est perturbé par la disparition d’une élève. Tout porte à croire que cette dernière s’est suicidée en se jetant dans le fleuve du haut d’un pont. Les parents de la jeune disparue sont sous le choc, les professeurs interrogent les camarades de classe et la police essaye de retrouver un cadavre. Young Hee est la dernière camarade à avoir parler à la disparue. Les professeurs, la police, la mère de la victime et les autres élèves s’acharnent sur Young Hee, tous persuadés qu’elle est la responsable de son suicide.

After My Death : Photo

Je pensais en allant voir ce film, que l’histoire serait plus tournée policier. En fait After my death ne cache pas son jeu, c’est un film sur le mal être adolescent et le suicide. Young hee passe par des sentiments contradictoires, culpabilité, colère, dépit, tristesse. On découvre petit à petit le passé des deux adolescentes, les étapes qui les ont menés là où elles se trouvent, leurs mal être.

After My Death : Photo

After my death parle aussi de la société coréenne, la place des adolescents, la vision qu’en ont les adultes, la pression qu’ils exercent sur eux. Et puis le rôle de l’école, le proviseur entouré des professeurs, qui ne pensent pas une minute aux conséquences du drame que vivent les ado, aux effets que la disparition de l’une d’entre elles pourraient avoir sur les autres élèves. Seules les apparences comptent dans cette société, les apparences d’une école qui sait gérer ses élèves, les apparences de parents qui ont su gérer leur enfant, les apparences de la police qui a su faire la lumière sur cette affaire, même si cela doit passer par un camouflage de la vérité.

After My Death : Photo

La scène de la cérémonie d’adieu avec les élèves qui doivent venir uniquement pour tenir leur rôle auprès de la famille de la défunte, sous la supervision des professeurs comme une pièce de théâtre, est assez fascinante. On peut sentir la tension, la détresse, lors des rituels d’adieu exécuté par une sorte d’organisatrice. Tout est millimétré avec précision, chacun tient son rôle. La scène dans les toilettes est assez choquante. Un film parfaitement maitrisé, avec des acteurs impressionnants, sur un sujet difficile. C’est assez sombre et déprimant, à ne pas voir en cas de déprime passagère.

 

Leto : Affiche

de Kiril Serebrennikov

Teo Yoo, Roman Bilyk, Irina Starchenbaoum

3.5/5

Dans la Russie du début des années 80, on suit Mike Naoumenko, chanteur compositeur dans un groupe de rock underground qui se fait connaitre sur la scène d’un théâtre dédié aux groupes de rock. Lui et sa femme Natalia vivent la vie de bohème lorsqu’il rencontre Viktor, un jeune chanteur qui monte son groupe et qui aimerait beaucoup travailler avec Mike, qui est considéré comme un génie.

Leto : Photo Roman Bilyk, Teo Yoo

Leto : Photo Irina Starshenbaum, Roman Bilyk

Je ne connaissais pas du tout ni l’histoire ni ses personnages. Mike, Natalia et Viktor ont réellement exister et on connu un certains succès. On s’attache très vite aux personnages, la douce Natalia, le très doué et très zen Mike et le nerveux et très prometteur Viktor. J’ai aimé les suivre dans leurs discussions, leurs trajets, les voir écrire des paroles, les voir écouter les grands groupes et artistes de l’époque. Natalia et Mike forment un couple assez étrange, fusionnelle et en même temps très libre. La mise en scène est vraiment intéressante, le noir et blanc apporte plus de profondeur et de poésie que si le film avait été en couleur. Certaines séquences irréelles qui sont “chantés” sur des chansons phares de l’époque sont vraiment prenantes, notamment la scène qui se déroule dans le train ou celle qui se passe dans le bus ou dans l’appartement de Mike et Natalia. Un film qui se laisse voir et qui nous emporte dans une autre époque, nous racontant une histoire que je ne connaissais pas.

Astérix - Le Secret de la Potion Magique : Affiche

de Alexandre Astier et Louis Clichy

4/5

Alors que Panoramix part à la cueillette du gui pour faire des stocks de potion magique, il tombe d’un arbre et manque de se rompre le cou. Il n’a que le pied cassé mais Panoramix se rend compte du temps qui passe et se demande ce qu’il adviendra des irréductibles gaulois si il n’y a plus personne pour préparer la potion. Il décide alors de partir à la recherche d’un successeur parmi les jeunes druides de la Gaule. Sulfurix, ancien rivale de Panoramix entend parler de son projet et tente tout pour s’accaparer le secret de la potion qui rend invincible.

Astérix - Le Secret de la Potion Magique : Photo

Astérix - Le Secret de la Potion Magique : Photo

Personnellement je suis une grande fan des dessins animés d’Asterix et Obélix des années 80. Astérix et Cléopatre, Astérix et les gaulois, Astérix et les 12 travaux…Je n’étais pas du tout motiver pour aller voir une version moderne, en image de synthèse. Les dessins à l’ancienne me manquent, ils ont un certains charmes dans leurs imperfections qu’on ne retrouve plus. Mais comme c’est Alexandre Astier qui est au commande, je me laisse tenter et je n’ai pas regretter. Certes, avec Christian Clavier on est loin du grand Roger Carel. mais le reste m’a beaucoup plut. On sent ici le style et l’humour d’Astier, on retrouve beaucoup  l’humour de Kaamelott, les répliques, les dialogues, l’absurdité de certaines conversations. D’ailleurs, il y a quelques acteurs habitués de Kaamelott que l’on retrouvent dans le doublage des voix.

Astérix - Le Secret de la Potion Magique : Photo

On ne s’ennuie pas une seconde, il y a quelques références (notamment la trompette des romains qui reprend le thème du générique de Kaamelott), on retrouve César, les centurions, le village des irréductibles, les bonnes femmes des gaulois, la potion magique. Le méchant Sulfurix est un bon méchant, l’intrigue est bien menée. J’ai adoré la traversée du territoire pour aller à la rencontre des druides candidats. On rit beaucoup, on voit pas le temps passer, c’est très réussi.

 

Avant-première: Une affaire de famille de Hirokazu Kore Eda

Une Affaire de famille : Affiche

de Hirokazu Kore Eda

Lily Francky, Sakura Ando, Kiki Kirin, Mayu Matsuoka, Kairi Jyo, Miyu Sasaki

4,5/5

Osamu et Nobuyo vivent dans une maison de bric et de broc à Tokyo, coincée entre des blocs d’immeubles en compagnie de la grand mère, propriétaire officielle de la maison, Aki la sœur cadette de Nobuyo, et Shota, le fils de Osamu et Nobuyo. Nobuyo est ouvrière dans un pressing, Osamu est ouvrier dans le bâtiment et voleur à l’étalage en compagnie de son fils à ses heures perdues. Un soir, alors qu’il rentre chez lui, Osamu découvre une fillette de 6 ans seule devant la porte de chez elle, sans manteau dans un froid glaciale. Il décide de la ramener chez lui. Le soir, toute la famille s’occupe de la fillette, découvre une maigreur, des bleus, des traces de coups, et d’un commun accord, décident de la garder parmi eux. Très vite, la petite Juri s’adapte à sa nouvelle vie.

Une Affaire de famille : Photo Mayu Matsuoka, Miyu Sasaki, Sakura Andô

Je suis donc allée, la semaine dernière, à l’avant première du dernier film d’un de mes réalisateurs préférés, Hirokazu Kore Eda. J’ai vu beaucoup de ses films et je les ai tous beaucoup aimé, en particulier Still Walking, Tel père tel fils, Notre petite sœur, et Après la tempête. Hirokazu Kore Eda est en ce moment à Paris pour réaliser son prochain film, il est donc venu présenter Une affaire de famille à l’ugc Chatelet. Après la projection, le réalisateur s’est prêté à une série de question réponse. J’ai d’ailleurs moi même posé une question au maitre, à savoir, “pourquoi dans tous vos films ou presque, les personnages sont toujours en train de manger ou faire la cuisine?”. Ceux qui ont vu les films du réalisateur japonais savent que souvent, il film ces moments de repas familiale, que ce soit les personnages qui cuisinent, ou qui partagent un repas, ou qui grignotent. Ma question l’a fait rire et il a répondu que c’est parce que pour lui, les repas sont des moments importants de partage dans les familles, que la famille est réunie par le repas, que la cuisine est la pièce chaleureuse qui permet l’échange, les confidences entre les membres d’une famille. Et aussi parce que personnellement il adore manger.

Hirokazu Kore Eda

Une Affaire de famille : Photo Miyu Sasaki

Qu’en est-il du film? et bien sans surprise j’ai adoré. Encore une fois, Hirokazu Kore Eda s’intéresse à ce que signifie la famille, les liens du sang, l’absence de lien du sang, les relations intergénérationnelles, les secrets de famille, les non dits qui en disent plus que les discours. On découvre petit à petit, par des moments subtiles, la vérité concernant les liens qui unissent la famille, Nobuyo et Osamu, la “grand mère”, ou encore les deux enfants.

Une Affaire de famille : Photo Kairi Jyo, Lily Franky, Mayu Matsuoka, Miyu Sasaki, Sakura Andô

Contrairement à beaucoup de ses films sur les familles, il nous parle d’une famille marginale, qui peine à joindre les deux bouts, pas très honnête, qui vit au jour le jour sans trop penser au lendemain. Encore une fois l’actrice Kiki Kirin interprète la grand mère de la famille et elle le fait toujours aussi merveilleusement bien. La grand mère est un personnage qui unit les membres de la famille les uns aux autres, c’est elle le lien.

Une Affaire de famille : Photo

Une Affaire de famille : Photo Kiki Kirin

Hirokazu Kore Eda est aussi un réalisateur qui sait parfaitement diriger des enfants et tirer le meilleur parti d’eux même. Il les laisse complétement libres, leur annonçant les dialogues le jour même et les laissant parfois sans leur dire ce qu’il va se passer pour laisser les enfants réagir spontanément. Les deux jeunes enfants du film sont vraiment excellents dans leurs rôles et touchants.

Une Affaire de famille : Photo Lily Franky, Miyu Sasaki, Sakura Andô

J’ai adoré suivre le quotidien de cette famille pas comme les autres, apprendre à les connaitre petit à petit, leur passé, leurs défauts, leurs blessures, au fil des saisons qui passent, l’hiver, le printemps, l’été, les repas en famille, les moments de grâce, de joie, beaucoup d’humour. La fin est très touchante, notamment lorsque le jeune garçon, Shota, qui a compris  certaines choses, quitte doucement l’enfance pour aller vers l’âge adulte sans s’en apercevoir. Lorsqu’il quitte Osamu pour prendre le bus, le regard de Shota vers Osamu en dit plus long que toutes les conversations qu’il a pu avoir durant le film. A ne pas manquer, sortie le 12 décembre.

Les animaux fantastiques 2 – Les crimes de Grindewald

Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald : Affiche

de Peter Yates

Eddie Redmayne, Johnny Depp, Jude Law, Katherine Waterstone, Zoe Kravitz, Dan Fogler, Ezra Miller

3,5/5

1927, Grindewald, qui est sur le point d’être transféré dans une prison en Europe, arrive à s’échapper. Trois mois plus tard, Norbert est à Londres et espère avoir de nouveau l’autorisation de voyager à l’international afin de s’occuper des animaux magiques, sa passion. Mais le ministère lui demande de travailler avec son frère, un auror, afin de retrouver Grindelwald et Croyance qui a survécu aux évènements New yorkais. Traquer des personnes ne l’intéresse pas, mais très vite, il reçoit la visite de Jacob et Queenie. Il apprend alors que Tina est à Paris à la recherche de Croyance. Il décide de se rendre à Paris.

Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald : Photo Johnny Depp, Zoë Kravitz

Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald : Photo Eddie Redmayne, Jude Law

J’avais bien aimé le premier opus sans pour autant me laisser un souvenir impérissable. J’avais bien aimé l’ambiance new yorkaise des années 20, les tenues, les clubs, les décors, j’ai aimé retrouvé l’ambiance du monde des sorciers de JK Rowling.

Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald : Photo Callum Turner, Eddie Redmayne

La différence avec ce second opus, c’est que cette fois ci, l’histoire a un véritable lien avec le monde Harry Potter. Le premier film se concentrait sur une histoire indépendante, sans grandes conséquences, et qui se contentait d’effleurer très légèrement l’univers Harry Potter. Ici, on entre vraiment dans le vif du sujet en se concentrant sur l’histoire de Grindewald et son lien avec Albus Dumbledore. On entendait souvent parler de ce passé dans les romans Harry Potter.

Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald : Photo Johnny Depp

L’histoire est donc plus intéressante, elle ne se concentre pas sur l’histoire mignonne mais sans grand intérêt de Norbert qui tente de rédiger son fameux manuel sur les animaux magiques. J’ai bien aimé le personnage de Leta Lestrange, son histoire personnelle est très intéressante. En fan d’Harry Potter, comment ne pas apprécier de retourner, le temps de quelques scènes, à Poudlard, avec un Dumbledore jeune en professeur de défense contre les forces du mal, de voir les étudiants sorciers, d’en apprendre un peu sur son lien avec Grindewald.

Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald : Photo Claudia Kim, Ezra Miller

J’ai trouvé johnny Depp très bien dans ce rôle, il n’en fait pas trop, et son discours au père Lachaise pour rallier un maximum de partisans est convaincant et ambigu, le meilleur moyen pour convaincre des sorciers d’adopter sa cause, en profitant de leur doute et de leur peur. Le film est donc plus sombre mais sans oublier quelques touches d’humour.

Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald : Photo Joshua Shea, Jude Law

Replonger dans l’univers crée par Rowling est donc un vrai plaisir ici. Beaucoup de liens, de rappels, de clins d’œil à l’univers originel, Poudlard, Dumbledore, le ministère de la magie, visuellement c’est très réussie…A suivre.

Dernières séances: Dilili à Paris – Sale temps à l’hôtel El Royale

Dilili à Paris : Affiche

de Michel Ocelot

3,5/5

Au début du 20e siècle, Dilili, moitié Kanake moitié française, est à Paris pour participer à un “zoo humain” dans lequel elle doit reproduire avec d’autres Kanakes, la vie quotidienne d’une tribu telle que se la représente les français. Elle fait la rencontre de Orel, conducteur de triporteur qui est subjugué par la petite fille. Les deux font connaissance et partent visiter Paris à bord de son triporteur. Mais Dilili est choquée de découvrir qu’une sorte de groupuscule appelé “mâles maitres”, fait régner la peur dans la ville notamment avec les enlèvements de plusieurs fillettes. Dilili veut faire libérer les fillettes et faire arrêter les mâles maitres. Avec l’aide d’Orel, elle parcours tout Paris et fait des rencontres extraordinaires, Pasteur, Marie Curie, Gustave Eiffel, Erik Satie, Camille Claudel, Rodin, Marcel Proust, Emma Calvé, Colette, Toulouse Lautrec.

Dilili à Paris : Photo

J’aime beaucoup Michel Ocelot, j’avais adoré Kirikou, Princes et princess, Azur et Asmar. Concernant Dilili j’ai globalement apprécié mais j’ai quelques réserves. Au début c’est sympa de se balader dans le Paris de la belle époque, en compagnie de Dilili et d’Orel. Le message anti racisme est bien intégré à l’histoire avec Dilili, lorsqu’elle indique ses origines, moitié française moitié Kanake. J’ai bien aimé les rencontres que fait Dilili, les grandes figures de ce Paris du début du siècle.

Dilili à Paris : Photo

Le personnage de Dilili est un exemple pour toute les petites filles: courageuse, intelligente, curieuse, elle assume son image dans une société qui ne l’accepte pas toujours. J’ai aimé la façon dont les deux héros mènent l’enquête, avec toutes les rencontres historiques c’est assez ludique.

Dilili à Paris : Photo

Cependant le défilé des différentes rencontres avec les personnalités de l’époque, si c’est sympa et ludique au début, fini par devenir un peu lourd au fil du temps. C’est parfois des rencontres qui ne servent ni l’intrigue ni l’histoire.

Dilili à Paris : Photo

La première moitié du film m’a donc plut mais la seconde moitié est moins captivante. Visuellement, le mélange de dessin et de prise de vue rend le résultat moins magique, coloré et enchanteur que les précédents films de Ocelot. Je n’ai pas trop aimé les mâles maitres, on découvre lors d’une scène un peu lourde, le but poursuivi par ces criminels, celui de rendre les femmes serviles pour les hommes. On ne sait pas vraiment d’où vient le chef, qui il est, à part un accent indéterminable. Les fillettes sont donc captives dans les égouts où elles sont forcées à se déplacer uniquement à quatre pattes, couvertes d’un drap noir qui laisse penser à un niqab. J’ai trouvé ce choix étrange, qui ne correspond pas à l’époque en question. Le message féministe est donc étrange, politiquement tourné, et pas subtile du tout. Le résultat laisse perplexe, le discours autour de la liberté des femmes qui tiennent à leurs tenues lumineuse, pailletée, et féminine reste léger et pas efficace. Quant à la fin je l’ai trouvé longuette et sortant un peu de nulle part. Un résultat un peu mitigé donc.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Affiche

de Drew Goddard

Jeff Bridges, Cynthia Erivo, Dakota Johnson, Jon Hamm, Chris Hemsworth

4/5

En 1969, l’hôtel El Royale a pour particularité de se situer au milieu de nulle part à cheval entre l’état du Nevada et de la Californie. L’hôtel était autrefois fréquenté par le gratin du monde riche et célèbre mais est aujourd’hui un hôtel désert. Plusieurs personnes se retrouvent par hasard dans l’hôtel pour passer la nuit, une chanteuse soul en perdition, un représentant en aspirateur, une jeune hippie, et un prêtre catholique. Miles, seul employé de l’hôtel, installe tout ce petit monde. Mais chacun a son petit secret.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Photo Jon Hamm

je ne savais pas trop à quoi m’attendre de ce film, la bande annonce m’avait plut et finalement j’ai  bien aimé.

La fin des années 60, un hôtel désert, des personnages qui semblent avoir tous une chose à caché. Petit à petit on découvre le passé et ce qui a amené ces personnes si différentes les unes des autres dans cet hôtel.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Photo Cynthia Erivo, Jeff Bridges

J’ai beaucoup aimé la mise en scène, il y a des choses assez originales, drôles, surprenantes. Le film comporte pas mal de rebondissements et j’ai été très surprise à plusieurs reprises au point même de sursauter ce qui ne m’arrive pas souvent! il y a aussi deux ou trois moments très drôles qui ont fait rire la salle, mais en partie au fait qu’on est surpris par certaines choses.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Photo Cynthia Erivo, Jeff Bridges, Jon Hamm

Je ne peux pas en dire trop pour ne pas gâcher le plaisir. Les acteurs sont tous très bons, John Hamm, Jeff Bridges, ou encore Cynthia Erivo. De ce réalisateur, j’avais déjà vu La cabane dans les bois que j’avais bien aimé et qui était encore une fois, assez originale.

Dernière séance: Le grand bain

Le Grand Bain : Affiche

de Gilles Lellouche

Mathieu Amalric, Benoit Poelvoorde, Jean Hugues Anglade, Philipe Katherine, Marina Fois, Leila Bekti, Virginie Effira, Guillaume Canet

4/5

Bertrand, la quarantaine, est marié et père de deux enfants. Dépressif depuis deux ans, Bertrand n’arrive plus à se sortir du cercle chômage, antidépresseurs, errance. Un jour après quelques longueurs à la piscine municipale il tombe sur annonce. L’équipe de natation synchronisée masculine cherche  un membre supplémentaire à leur équipe. Bertrand s’inscrit. Il découvre une coach ancienne championne, qui entraine une bande d’hommes qui ressemble beaucoup à Bertrand. Les entrainements sont légers et restent un prétexte pour la séance de sauna qui suit et durant laquelle les hommes, qui ont tous des problèmes, prennent le temps d’échanger et de discuter de leurs ennuis respectifs.

Le Grand Bain : Photo Balasingham Thamilchelvan, Félix Moati, Jean-Hugues Anglade, Philippe Katerine

La bande annonce m’avait beaucoup plut, elle était très drôle. En réalité Le grand bain n’est pas vraiment une pure comédie. Bertrand joué par Amalric, est un homme à la moitié de sa vie, qui ne travaile plus depuis deux ans, qui se nourrit d’antidépresseur. Avec ces entrainements de natation synchronisée il sympathise avec les autres nageurs, tous des “losers” déprimés comme lui. Laurent à des difficultés relationnelles avec son fils ado qui a des troubles de prononciation et une mère aux problèmes psychiatriques, Simon réalise difficilement qu’il ne deviendra jamais la rock star qu’il a toujours voulu être, Marcus voit son entreprise de vente de piscine prendre le chemin de la liquidation judiciaire, ou encore Thierry gérant de la piscine, qui peine a trouver une compagne et qui voit l’informatique lui voler son boulot.

Le Grand Bain : Photo Alban Ivanov, Balasingham Thamilchelvan, Benoît Poelvoorde, Félix Moati, Guillaume Canet

La première moitié nous montre la vie de toutes ces personnes qui n’ont pas la vie dont ils ont rêvé, qui sont déprimés, acculés, perdus. Les entrainements, la coach qui passe sont temps à les encourager et à leur lire des romans. Et puis tout change quand ils décident de s’inscrire aux championnats du monde quand ils découvrent qu’il n’y a pas d’équipe française de natation synchronisée masculine. Entre en scène la coach numéro 2 jouée par Leila Bekti.

Le Grand Bain : Photo Virginie Efira

Tous les personnages ont un passif, une complexité, des douleurs, des blessures. Le film oscille entre humour, certaines scènes sont très drôles et toutes ne sont pas dans la bande annonce, et entre drame, avec les désillusions des personnages, des blessures.

Le Grand Bain : Photo Leïla Bekhti, Philippe Katerine

Le Grand Bain : Photo Alban Ivanov, Balasingham Thamilchelvan, Benoît Poelvoorde, Guillaume Canet, Jean-Hugues Anglade

On ne s’ennuie pas, on prend plaisir à passer du temps même si le film a un coté déprimant parfois, mais certaines scènes très drôles viennent compenser. Et puis chaque acteur joue parfaitement bien dans Le grand bain. Leila Bekti est surprenante dans le rôle de la coach style sergent instructeur de full metal jacket, Amalric est touchant dans sa dépression, Poelvoorde fidèle à lui même; J’aime toujours autant Marina Fois qui est excellente comme d’habitude. Mais je retiens surtout Philippe Katherine qui confirme de plus en plus son talent d’acteur dans des rôles toujours décalés et intéressant. J’ai beaucoup aimé son personnage et sa façon de le jouer. Et je retiens Virginie Effira qui a bien fait de laisser les plateaux de télé pour faire carrière au cinéma, je l’ai trouvé très bonne dans le rôle de cette coach qui frôle la folie. Une comédie douce amère dont la fin est peut être le point faible du film (un peu trop absurde).

Dernière séance: Frères ennemis

Frères Ennemis : Affiche

de David Oelhoffen

Reda Kateb, Matthias Schoenaerts, Adel Bencherif, Sabrina Ouazzani

4/5

Driss, Imrane et Manuel ont grandi dans la même cité de la banlieue parisienne. Adulte, Imrane et Manuel sont devenus des dealers importants au sein de la cité tandis que Driss est devenu lieutenant dans la brigade anti drogue. Imrane et Manuel sont sur un gros coup mais ils tombent dans une embuscade laissant Imrane mort. Manuel doit très vite découvrir la vérité autour de cette exécution à laquelle il a échappé de justesse.

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L’une des raisons pour lesquelles ce film me tentait c’est la présence de Reda Kateb que j’adore. Il joue ici un flic au passé lourd, qui est considéré comme un traitre au yeux des gens avec qui il a grandit. Il a tourné le dos à tous ceux qu’il connait en entrant dans la police et a du couper les ponts. Ses deux meilleurs amis d’enfance, Manuel et Imrane ne sont jamais partis de leur cité, et sont devenus presque naturellement dealers. Chacun a fondé sa petite famille et fait son chemin dans leur métiers respectifs.

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J’ai beaucoup aimé Frères ennemis, on ressent la tension et le stress qui entourent Imrane au début du film puis Manuel après l’embuscade. La réalisation est énergique, tendue, nerveuse, c’est visuellement réussi, on ressent les émotions et les tensions.

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C’est fluide, bien filmé, les acteurs sont tous excellents à commencer par Reda Kateb mais aussi Matthias Schoenaerts et Adel Bencherif. Le scénario reste bien mené mais sans surprise, l’histoire et les rebondissements restent classiques. J’aurais aimé aussi en savoir plus sur la vie de Driss (notamment sa relation avec ses parents). Un bon film noir, bien interprété et bien filmé, à voir.

Dernières séances: Première année – Les frères sisters – Mademoiselle de Joncquières – The little stranger

Première année : Affiche

de Thomas Lilti

Vincent Lacoste, Willam Lebghil

4/5

Antoine recommence pour la 3e fois la première année de médecine dans l’espoir de réussir enfin le fameux concours et réaliser son rêve d’être médecin. Blasé par le système, Il rencontre Benjamin, tout droit sorti du lycée. Contrairement à Antoine, médecine est un choix par défaut, il ne sait pas vraiment ce qu’il veut faire de sa vie. Alors que tous les étudiants de première année se mettent à fond dans les révisions et se mettent déjà la pression. Benjamin se laisse vivre dans sa petite chambre d’étudiant. Il sympathise tout de suite avec Antoine et décident de réviser ensemble.

Première année : Photo Vincent Lacoste, William Lebghil

J’avais beaucoup aimé du même réalisateur Hippocrate, qui racontait le quotidien d’un étudiant en médecine qui débute son internat, au coté d’un médecin plus âgé d’origine algérienne, obliger de recommencer son internat en France. Cette fois ci le réalisateur s’intéresse à la première année de médecine, qui est en fait une année commune à plusieurs métiers de la santé (dentiste, kiné etc…) plus connu chez les étudiants sous le nom de PACES et qui consiste en un bachotage intensive de diverses matières.

Première année : Photo Vincent Lacoste, William Lebghil

On nous montre donc le quotidien d’un étudiant qui tente le concours PACES, la pression, le bachotage de matières dont certaines ne servirons pas dans la suite des études, le par cœur bête et méchant de manuels entiers, les universités qui ressemblent à des usines, la distribution de centaines de pages de TD, les cours, le burn out de certains, la compétition malsaine entre les élèves, les résultats des concours affichés sur les murs…

Première année : Photo Vincent Lacoste, William Lebghil

C’est assez passionnant de voir comment se déroule leur année, l’inhumanité du processus, l’injustice lorsqu’on voit un Benjamin je m’en foutiste, pas vraiment intéressé par la médecine mais qui semble avoir des facilités pour le système des concours, alors que Antoine, motivé et passionné, voit son rêve s’éloigner à chaque tentative, sans parler du temps perdu à recommencer encore et encore cette fameuse année déprimante.

Première année : Photo William Lebghil

Le film ne manque pas d’humour, le coté blasé d’Antoine, la nonchalance de Benjamin, qui passe son temps à jouer aux jeux vidéo et dont la passion première reste la nourriture. J’ai beaucoup aimé les voir réviser ensemble et j’ai beaucoup aimé la fin, pas surprenante mais touchante.

Les Frères Sisters : Affiche

de Jacques Audiard

John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal, Riz Ahmed

4,5/5

En 1851, Eli et Charles Sisters sont deux frères tueurs à gage pour le compte du Commodore, une sorte de notable local qui a tout pouvoir. Ils sont envoyés sur les traces de Herman Kermitt Warm qui aurait voler quelque chose au Commodore. En réalité, Herman a mis au point une formule chimique qui permet de faire briller les pépites d’or dans les lacs et rivières. En pleine ruée vers l’or, ce procédé pourrait apporter une richesse sans limite sans faire les efforts habituels des prospecteurs d’or.

Les Frères Sisters : Photo

J’aime beaucoup le cinéma de Jacques Audiard, bien que je n’ai pas vu tous ces films. J’ai beaucoup aimé Un prophète, De battre mon cœur s’est arrêté, Sur mes lèvres, Dheepan.

Audiard nous livre sa version du western. Certains cotés sont classiques du genre, les deux frères gangsters, les saloons, l’alcool, la gachette facile, les chevauchées sans fin, pister des proies, la ruée vers l’or, la recherche de la richesse.

Les Frères Sisters : Photo John C. Reilly

J’ai beaucoup aimé la relation des deux frères. Au début on nous laisse penser que Charlie (Joaquin Phoenix) est le frère dominant du duo et Eli (John C Reilly), le frère dominé bien qu’il soit l’ainé. Au fur et à mesure on devine qu’aucun des frères n’est le dominant, chacun ayant ses démons, ses défauts, chacun soutenant l’autre dans les moments de faiblesse.

Les Frères Sisters : Photo Jake Gyllenhaal

Certains aspects du film sortent du western classique, la narration, les relations entre les personnages qui prennent parfois le dessus sur l’histoire, une intrigue parfois un peu étrange.

Les Frères Sisters : Photo Joaquin Phoenix, John C. Reilly

Jacques Audiard réussi sa mise en scène à travers des paysages époustouflants, entre montagnes, terrains arides, forêts. Les frères sisters fleurtent souvent avec la comédie, des touches d’humour régulières détentent l’atmosphère. Difficile de ne pas s’attacher à ces deux frères malgré leurs défauts, ils n’ont pas volé leur réputation de meilleure gachette du coin. J’ai aussi beaucoup aimé la fin, d’abord à la limite du comique puis touchante et douce assez surprenante. John C Reilly et Joaquin Phoenix sont vraiment très très bons dans leurs rôles.

Mademoiselle de Joncquières : Affiche

de Emmanuel Mouret

Edouard Baer, Cécile de France, Alice Isaaz, Natalia Dontcheva, Laure Calamy

4,5/5

Au 18e siècle, Madame de la Pommeraye est veuve, riche, et encore jeune. Elle reçoit dans son domaine à la campagne le marquis des Arcis, connu pour être un collectionneur de femmes. Il croit tomber follement amoureux de ces femmes, mais une fois séduites, il se lasse vite et passe à une autre conquête. Madame de la Pommeraye est sa nouvelle cible mais cette dernière n’a pas une conception romanesque de l’amour et ne se laisse pas séduire par les techniques habituelles du marquis. Ce dernier ne peut se résoudre à ne pas séduire une conquête et s’entête à rester plusieurs mois chez madame de la Pommeraye, jusqu’au jour où cette dernière se laisse séduire. Après deux années de bonheur totale, madame de la Pommeraye se rend compte que le marquis s’est lassé d’elle bien qu’il ne demande pas de rupture. Le cœur brisé elle décide de se venger.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Alice Isaaz

Je ne pensais pas avoir assez de temps pour aller voir ce film mais à force de lire des éloges, j’ai décidé d’aller le voir et c’est sans regret ce fut une très bonne surprise.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Cécile de France, Edouard Baer

Madame de Joncquière, inspiré par une œuvre de Denis Diderot, ressemble assez dans son intrigue de départ, aux Liaisons dangereuses. Il y a bien sur des différences, le marquis est loin d’être un goujat finalement, il croit sincèrement tomber amoureux des femmes qu’il séduit mais au bout d’une période plus ou moins longue, il se lasse et passe à une autre femme. Madame de la Pommeraye n’est pas dupée car elle connaissait le personnage et sa réputation lorsqu’elle cède à ses avances.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Cécile de France, Laure Calamy

La moitié du film est centré sur la relation entre le marquis et madame de la Pommeraye, leurs joutes verbales, les idées sur l’amour et le romantisme, sur l’illusion que ça peut être, sur le pourquoi de l’inconstance du marquis. La seconde moitié est plus centrée sur la vengeance de madame de la Pommeraye.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Cécile de France, Edouard Baer

Il y a beaucoup d’humour durant le film mais les réflexion sur les relations humaines et la société sont passionnantes à suivre. Les dialogues sont vraiment bien écrits et rendent le film vivant et prenant. Un jolie film à ne pas rater.

The Little Stranger : Affiche

de Lenny Abrahamson

Ruth Wilson, Domnhall Gleeson, Charlotte Rampling

4/5

A la fin des années 40, en Angleterre, le docteur Faraday revient exercer dans sa région d’origine, à la campagne. Il est un jour appelé sur le domaine Hundreds, appartenant à la famille Ayres. Faraday se remémore la première fois qu’il est venu dans cette maison, à l’âge de 8 ans avec sa mère ancienne domestique pour la famille Ayres. A l’époque, Faraday fut impressionné par des lieux et ces gens qu’il ne fréquenterait jamais à cause de son origine sociale. Aujourd’hui le domaine familiale est en délabrement, madame Ayres est vieille et fatiguée, Roderick l’héritier est handicapé et brulé depuis la seconde guerre et Caroline sa sœur, est piégée dans une maison qu’elle ne supporte plus. Faraday lui, est toujours aussi impressionné par cette famille et leur maison.

The Little Stranger : Photo Charlotte Rampling, Domhnall Gleeson, Ruth Wilson

The little stranger c’est une atmosphère bien particulière. Certains éléments sont classiques du genre, une grande famille de la noblesse anglaise, une grande maison qui a connu des jours meilleures, une famille anglaise sur le déclin, des fantômes du passé qui ressurgissent, la société rurale anglaise des années 40-50.

The Little Stranger : Photo

The Little Stranger : Photo Charlotte Rampling

On suit le docteur Faraday issu d’une classe sociale d’ouvrier et qui a réussi à devenir docteur en étudiant. Enfant, il fut impressionné par la maison des Ayres, par l’opulence de leur vie, le faste des repas, la grandeur du domaine, ce coté interdit pour lui de mettre les pieds dans ce monde, excepté ce jour de fête pour célébrer la fin de la première guerre mondiale alors qu’il n’a que 8 ans. Son passage éclair chez les Ayres le marqua profondément. Son métier de médecin le ramène dans la vie des Ayres qui a bien changé. Demeure délabrée, terres vendues à la commune, le fils ainé horriblement marqué par la guerre…

The Little Stranger : Photo Charlotte Rampling, Domhnall Gleeson

Ce qui marque dans le film c’est l’atmosphère prenante, on a envie de savoir pourquoi Faraday est aussi obnubilé par la demeure des Ayres, on a envie de savoir comment les trois membres de la famille Ayres vont survivre aux changements sociales, vont-ils dépérir avec leur maison on s’adapter aux changements. L’obsession du docteur Faraday est intriguante. Mais en plus d’être un film historique et sociale, The little stranger a aussi une dimension horrifique. Le bon vieux truc de la maison aux planchers qui grincent, aux bruits mystérieux, aux nuits sombres et effrayantes, marche à la perfection ici. Notamment dans la dernière heure du film on sent la tension, la peur, l’effroi. On a peur avec la jeune domestique qui est malgré tout bien courageuse, on ressent le doute avec la rationnelle Caroline, on ressent la nostalgie avec la mère de famille vieillissante. La fin du film est même angoissante et n’a rien à envier aux films d’horreur pour donner le frisson aux spectateurs.

The Little Stranger : Photo Ruth Wilson

Un film qui crée une atmosphère bien particulière, la mise en scène très réussie, on a très envie de savoir comment tous ces personnages et cette histoire va se finir. Domnahll Gleesson est remarquable dans le rôle de ce médecin qui frôle la sociopathie, obsédé par le domaine des Ayres, Ruth Wilson est parfaite dans le rôle de Caroline, cette femme intelligente coincée par son devoir familiale et qui rêve de partir pour Londres et Charlotte Rampling toujours aussi classe.