Dernières séances: Les éternels – Captain Marvel – Ma vie avec J.F. Donovan

Les Éternels (Ash is purest white) : Affiche

de Jia Zhang Ke

Zhao Tao, Liao Fan

4/5

A Datong en Chine, Qiao est une jeune femme heureuse en couple avec Bin, un chef de la pègre locale. Ici pas de violence, pas de tuerie, la pègre gère tranquillement les affaires sans faire de remous. Qiao envisage déjà l’avenir avec Bin, espérant changer de vie, peut être de lieux, mais Bin lui semble être très content de sa vie, les affaires, les amis, se sentir respecté. Un jour un gang de jeunes adultes rêvant de pouvoir et d’argent s’en prend au chef de la pègre puis à Bin. Alors qu’il est sur le point de mourir battu à mort, Qiao tire en l’air avec l’arme de Bin. Mais en Chine, le port d’arme illégal est un délit important. Qiao refuse de dénoncer son amant et prend cinq ans de prison. A sa sortie tout est différent…

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Liao Fan, Zhao Tao

De Jia Zhang Ke, j’ai beaucoup aimé son documentaire I wish i knew, Still life, A touch of sign et surtout Au delà des montagnes. Ici on retrouve certains éléments récurrents dans le cinéma de Zhang Ke, ces régions qui oscillent entre industries vieillissantes et volonté de modernisation, le monde ouvrier, le monde de la pègre locale. Si le film se centre sur la vie de Qiao et Bin, en arrière plan le film nous dépeint une région en pleine restructuration. Les mines nombreuses ferment toutes les unes après les autres, les mineurs vieillissant se sont fait une raison, sacrifiés pour d’autres objectifs. On parle de déplacement des ouvriers vers des plantations de melon pour leur redonner une place dans la société.

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Zhao Tao

Lorsque Qiao sort de prison et part rejoindre Bin dans une autre région, elle remonte le Yangzy Jiang et s’arrête pas loin du fameux barrage des trois gorges. Nous sommes en 2006 et le barrage est sur le point d’être démoli par le gouvernement entrainant la montée des eaux d’une centaines de mètres ce qui aura pour conséquence la disparition de plusieurs villes. A travers le parcours de Qiao pour retrouver Bin, le réalisateur nous montre comment tout une population est déplacée petit à petit par le gouvernement avant la destruction du barrage. C’est le thème de son film Still Life, dans lequel une jeune femme erre dans la ville destinée à être submergée par les eaux dès la destruction du barrage. Dans Still life c’est déjà l’actrice Zhao Tao qui joue dans ce film. Dans les éternels tout comme dans still life, l’actrice a la même coiffure, le même chemisier jaune citron, le même pantalon, le même sac à main et la même bouteille d’eau. Je ne sais pas si le réalisateur a voulu simplement faire un clin d’œil, mais il est clair que les deux personnages ne sont pas les mêmes.

Les Éternels (Ash is purest white) : Photo Liao Fan

La critique presse parle souvent de “plus belle histoire d’amour” pour décrire le film, ce n’est pas mon avis. L’histoire entre Qiao et Bin est d’un réalisme peu romantique hélas!

J’ai beaucoup aimé suivre le parcours de Qiao, sa vie insouciante, ses années de prison, la manière dont elle reprend sa vie en main, son évolution. Le coté social qu’on retrouve en arrière plan est très intéressant et bien sur Zhang Ke film toujours aussi bien. Au delà des montagnes reste mon film préféré de ce réalisateur mais Les éternels m’a aussi beaucoup plut! Zhao Tao est toujours aussi talentueuse et j’étais contente de revoir Liao Fan que j’avais vu dans l’excellent Black coal.

Captain Marvel : Affiche

de

Brie Larson, Jude Law, Samuel Jackson, Clark Greggs, Annette Bening

4/5

Vers est une jeune femme qui ne se souvient de rien au delà des cinq dernières années. Ses pouvoirs et son sang bleu semblent prouver son appartenance au peuple Kree, un empire galactique en guerre contre les Skrulls, une race qui a la capacité de prendre l’apparence de n’importe qui. Durant les cinq dernières années, Vers a été entrainé par son mentor, Yon Rogg qui lui apprend à se battre et à contrôler ses pouvoirs et ses émotions. Alors qu’elle est en mission pour récupérer un espion Kree, elle tombe dans un guet apens et enlevée par les Skrulls. Les méthodes d’interrogatoire font ressurgir des souvenirs de sa vie passée. En s’enfuyant, elle trouve refuge sur la planète C 53 qui s’avère être la Terre. On est en 1994. Elle fait la connaissance d’un certain Nick Fury, agent du SHIELD…

Captain Marvel : Photo

Au départ, quand j’ai entendu parler du projet, ça ne m’intéressait pas des masses. Et lorsque j’ai vu la bande annonce j’ai été tout de suite emballée, j’avais hâte de voir le film et je ne fut pas déçue.

Captain Marvel : Photo Clark Gregg, Samuel L. Jackson

J’ai adoré le personnage de Vers alliance Carol Danvers, enfin une vrai héroïne. Carol était déjà une femme forte et déterminée, bien avant d’avoir tous ses pouvoirs. En 1994 elle a 30 ans, elle a donc vécu son enfance à une époque où les filles ne pouvaient pas faire tous ce qu’elle voulait, où certaines activités leurs étaient interdits. Puis elle est devenue, avec sa meilleure amie, pilote de chasse en 1989 mais comme elles étaient des femmes, elles étaient cantonnées à la base.

Captain Marvel : Photo Brie Larson, Lashana Lynch

Ce que j’ai aimé dans le personnage de captain Marvel, c’est qu’on est passé à un niveau supérieur dans les personnages féminins forts. En voyant captain Marvel évoluer dans le film, on ne se dit pas que c’est une femme héroïne Marvel, on se dit que c’est un héros Marvel, point. On va au delà de son sexe, on ne se dit plus “c’est une femme qui a des pouvoirs”, on se dit c’est un héros dans toute sa grandeur. On est pas dans un film dit féministe, on est au delà de ces considérations.

Captain Marvel : Photo

Au delà de cet aspect, on retrouve tous les ingrédients des films de super héros: des courses poursuites, de l’humour, des rebondissements, des moments plus calmes entre deux scènes d’action. Les personnages sont tous très réussis, on prend le temps de connaitre Carol Danvers, son histoire, son caractère. J’ai beaucoup aimé les personnages secondaires, notamment sa meilleure amie Maria et surtout Talos, le général Skrull.

Captain Marvel : Photo Ben Mendelsohn

Et puis bien sur quel plaisir de revoir Nick Fury joué par Samuel Jackson. On est en 1994, Nick est un peu moins sérieux, un peu moins mystérieux et joue les sidekick de captain Marvel. Il découvre pour la première fois que les extraterrestres existent et qu’ils sont bien sur Terre. Ici il a 20 ans de moins, encore ses deux yeux et une légèreté qui fait plaisir. Il apporte beaucoup d’humour dans le film.

Captain Marvel : Photo Brie Larson

Coté histoire, c’est bien mené même si les rebondissements et révélations ne m’ont pas surpris. Ce qui est sur c’est que à coté de captain Marvel, tous les avengers réunis ne font pas le poids, j’ai donc hâte de voir the avengers 4!

Ma vie avec John F. Donovan : Affiche

de Xavier Dolan

Kit Harrington, Susan Sarandon, Nathalie Portman, Tremblay, Kathy Bates

2.5/5

En 2017, Rupert Turner a 20 ans, il commence à se faire un peu connaitre en tant qu’acteur et vient de sortir un livre qui raconte sa correspondance secrète avec une star de la télé américaine 10 ans plus tôt. Pendant 5 ans, il a échangé une correspondance avec un acteur célèbre. De passage en Europe, il donne une interview à une journaliste réticente et lui raconte donc son histoire, son enfance, sa relation épistolaire avec cet acteur célèbre.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Jacob Tremblay, Natalie Portman

Durant tout le film on attend qu’une seule chose, que ça démarre, que ça commence mais ça stagne pendant presque deux heures.

La construction du film n’est pas des plus originale, un homme qui raconte à une journaliste dans un café son histoire personnelle, son enfance, sa relation épistolaire avec un homme de 30 ans, et en flash back on suit la vie de cet acteur.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Susan Sarandon

D’un coté on est en 2006, Rupert est mal dans sa peau. A 11 ans il vient de changer de pays, d’école, d’amis. Son rêve est d’être acteur mais les autres enfants le persécutent. Sa mère le déçoit, elle qui a abandonné ses rêves d’actrice pour s’occuper de lui. Il se sent incompris, mal aimé et son seul refuge se trouve dans cette série pour ado qui cartonne et dans laquelle joue son idole, John F Donovan, avec qui il échange des lettres en secret depuis 5 ans. On a du mal à s’attacher à Rupert ou à sa mère. On a l’impression d’être dans les années fin 80 ou début 90 au lieu d’être en 2006 et c’est assez étrange. Je n’ai pas accroché à leurs problèmes, à leur relation, à leurs crises d’hystéries.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Kit Harington

J’ai un peu plus apprécié le personnage de John F Donovan, cet acteur qui est devenu célèbre, qui a des problèmes d’insomnie, qui cache son homosexualité et qui voit sa vie s’écrouler quand son homosexualité est révélé par la presse. Je n’ai pas compris le scandale autour de sa correspondance avec un enfant vivant à l’autre bout de la planète…

Ma vie avec John F. Donovan : Photo Michael Gambon

Kit Harrington s’en sort bien dans le rôle de l’acteur dépressif qui se sent oppressé qui reprend sa vie en main, mais trop tard. J’ai beaucoup aimé Susan Sarandon aussi dans le rôle de la mère de John, un peu trop attachée à sa bouteille de whisky. La scène dans la salle de bain, dans laquelle John prend un bain moussant avec sa mère et son frère qui lui tiennent compagnie est touchante.

Au delà de cette scène le reste du film est une suite de séquences inutiles ou bourrés de clichés parfois pathétiques ou risibles. La scène de Rupert et sa mère qui se jettent dans les bras l’un de l’autre en pleine rue de Londres sous un déluge de pluie est ridicule, inutilement longue. La scène de John qui mange discrètement dans l’arrière cuisine d’un resto et qui a une discussion bateau sur le sens de la vie avec un vieux monsieur qui nous joue les obi wan kenobi d’occasion est aussi ridicule, vide et creuse.

Ma vie avec John F. Donovan : Photo

John F Donovan c’est plein de scènes inutiles devant lesquelles on se dit “ah et alors? c’est tout? ça va peut être mener quelque part” et à la fin du film on se dit “ah et alors? c’est tout? aucun intérêt”. On attend que ça décolle, que ça mène quelque part mais rien. Le rôle de la journaliste qui est très hostile à Rupert au début et qui adore son histoire à la fin ne sert à rien non plus et n’est pas très crédible. On a vraiment l’impression qu’au montage le réalisateur à oublier le but de son film, son histoire, ou bien une bonne grosse partie du film qui aurait pu donner du sens à tout ça.

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Minuscule tour à Marseille

Fin janvier, j’ai eu l’occasion de me rendre à Marseille pour à peine 24 heures. Je me lève donc aux aurores  ce vendredi matin et en compagnie de ma tante, de ma belle sœur et de ma mère, on se rend gare de Lyon pour prendre un tgv Ouigo. Ce système de low cost proposé par la sncf nous a permis d’obtenir des aller retour paris Marseille, pris quelques jours auparavant, pour un total de 41€ chacun. 3h20 plus tard, nous voici à Marseille accueillie par un beau soleil, ce qui nous change de la grisaille des semaines précédentes à Paris.

La gare est perchée dans les hauteurs de Marseille et nous donne dès notre arrivée un aperçue de la ville. On descend les ruelles étroites pour déboucher dans le quartier de Belsunce, un quartier populaire dont les commerces donnent l’impression de ne pas avoir bouger depuis les années 70 (ce qui est surement le cas d’ailleurs). On remonte le cours Belsunce pour tourner dans la canebière, direction le vieux port.

On se balade, on admire les poissonniers puis on se pose sur un banc pour réfléchir au programme du jour. Il faut dire que je n’ai jamais aussi peu préparé un voyage que celui la, je ne connais rien de Marseille. On hésite entre visiter le château d’if sur les îles du Frioul ou monter à la bonne mère. Finalement, la sortie en mer nous tente bien surtout qu’il fait très beau et pas froid. On repère un bateau qui indique comme destination les calanques, et là on se dit que ça doit être chouette une balade en mer autour des calanques mais en réalité le bateau est prêté à une autre compagnie qui organise la traversée vers les iles du Frioul. On a juste le temps de prendre nos tickets et le bateau part. On se place sur le toit du bateau, pour admirer la vue et profiter de l’air marin. Il n’y a que très peu de gens autour de nous, la plupart étant dans la cabine fermée du bateau.

 

Au bout de 5 minutes de route on comprend pourquoi! Le capitaine met les gaz et le bateau se met à faire des sauts de plus en plus brutaux. Bref, au bout de quelques minutes nous sommes les seuls sur le toit du bateau, on est trempé par les vagues qui se fracassent sur la paroi du bateau, on est cramponné au barreaux des sièges et ça remue tellement qu’on ne peut même pas envisager de redescendre l’échelle pour trouver refuge! Finalement, ma mère et ma tante nous abandonnent et trouvent le moyen de redescendre l’échelle tandis que ma belle sœur et moi tenons le coup. J’ai un peu peur de me sentir nauséeuse avec le mouvement du bateau mais finalement non, le bateau fini par ralentir. On aura eu un peu peur mais on aura aussi énormément ri! finalement, nous ne sommes pas trop trempées et on ne regrette pas notre petite aventure.

Une fois sur l’ile du Frioul, on se rend compte qu’il n’y a rien à faire! On admire la cote, la mer, les eaux transparentes, puis je cherche un café où nous abriter du vent mais tout est fermé! les passagers du bateau on tous disparus, seul un couple et leur bébé ne savent pas quoi faire. Les horaires de retour ne sont pas indiqués. Au bout de la jetée du port de plaisance, un rempart se dresse. et je décide d’aller m’y promener seule, le reste de la troupe est trop crevée pour m’accompagner. Je monte les marches et de l’autre coté, c’est la mer, je prend l’air du large, ça fait du bien et je découvre que le dernier café de la jetée est ouvert! On retrouve d’ailleurs quelques personnes croisées sur le bateau, notamment une jeune touriste asiatique. On s’installe pour manger une crêpe et surtout  boire une boisson chaude et on repart juste à temps pour reprendre le bateau retour qui cette fois ci navigue beaucoup plus calmement.

De retour au vieux port, on se rend dans le quartier du Panier. Comme nous n’avions qu’une journée, on a du faire des choix, j’aurais voulu pouvoir monter voir notre dame de la garde, aller dans le parc Borely, aller voir la plage du Prado… Le quartier du panier a l’avantage de ne pas être loin du vieux port, car nous dormons le soir dans le quartier Belsunce. On se promène dans les ruelles aux bâtisses colorées qui montent et redescendent. Ici c’est pratiquement piéton partout, les habitants ont décoré les ruelles, les portes et les fenêtres avec de nombreux vases, pots, jardinières, remplies de plantes, fleurs, cactus. En été, ça doit être très agréable de se promener dans les ruelles ombragées. On redescend vers le Mucem. On ne visite pas l’intérieur du musée faute de temps, mais on se balade sur ses toits, sur les ponts qui le relie aux remparts de la ville, puis on remonte la grande avenue qui longe le port afin d’aller se poser au Vapiano du coin. On avait plusieurs adresses de resto toutes tentantes, mais aucun d’entre eux n’ouvraient avant 19h dans le meilleur des cas, ce qui n’était pas possible pour nous.

Pour notre dernière matinée, on se balade dans le quartier, on visite un marché, on retourne une dernière fois sur le vieux port en passant par les remparts qui bordent la mer, avant d’aller déjeuner chez la famille et de repartir à la gare, retour Paris.

J’ai beaucoup aimé Marseille, peu de temps mais bien remplie. Pour une première fois, j’ai eu un petit aperçue de la ville. Le quartier du panier, du vieux port, les iles du frioul, la mer. Parfois certains quartiers m’ont beaucoup rappelé l’Algérie! j’ai beaucoup aimé l’ambiance, c’est une ville très vivante, très animée, sans avoir l’impression d’être trop nombreux comme à Paris.

 

Dernières lectures: Les vestiges du jour – Les pendules – Déracinée

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de Kazuo Ishiguro

4/5

Dans les années 50, monsieur Stevens majordome à Darlington hall pour le compte du nouveau propriétaire, a quelques jours de congés. Il décide d’aller rendre visite à son ancienne collègue, miss Kenton, autrefois gouvernante à Darlington hall, lorsque le maitre des lieux étaient encore un membre de la famille Darlington. Vêtu d’un beau costume que son maitre lui a offert et au volant d’une belle voiture qu’il lui a prêté, Stevens part sur les routes de la campagne anglaise. Il s’est organisé un petit road trip pour voir un peu du pays. Il en profite également pour méditer sur le métier de majordome, ce que ça voulait dire autrefois, ce que cela veut dire aujourd’hui, sur le sens de la vie et sur son passé, notamment concernant les années de fastes qu’il a connu à Darlington hall, lorsque lord Darlington était encore un gentleman respecté…

Je connaissais le film avec Anthony Hopkins et Emma Thompson, que j’avais vu quand j’étais au collège et que je prends plaisir à revoir très régulièrement. Je me souviens qu’à l’époque, j’avais été touché par l’histoire de Stevens, par l’atmosphère du film, par le jeu des acteurs et surtout la musique du film qui m’avait beaucoup marquée.

J’ai enfin découvert le roman. On suit donc Stevens à travers la campagne anglaise, au volant de sa belle voiture. Pour les gens de la campagne, Stevens passerait tout à fait pour un lord anglais et non pas pour un majordome, avec ces manières un peu snob à force de ne côtoyer que des aristocrates, Stevens en a acquis leurs gestes, leurs façons de parler, de se tenir, de se comporter. Dans la première partie du roman, Stevens partage surtout son ressenti face à certains paysages qui l’entoure, nous parle de certaines anecdotes de son métier de majordome, nous parle de son père, nous raconte certains souvenirs liés à son père lorsqu’il travaillait avec lui à Darlington hall dans les derniers mois de sa vie. Puis Stevens nous parle de miss Kenton, sa relation avec elle assez étrange, son manque d’émotion, et il s’interroge aussi beaucoup sur ce qui défini un bon majordome et sur le terme de dignité.

Ce n’est que dans la seconde moitié que Stevens nous parle de lord Darlington, sa façon de se fourvoyer avec des allemands nazis, son envie de réconciliation, son manque de clairvoyance, ses idéaux de chevalerie dans un monde qui ne respecte plus cette notion.

J’ai beaucoup aimé certains passages du roman, faire ce voyage avec monsieur Stevens mais j’ai préféré le film de James Ivory qui m’a beaucoup plus touché que le roman.

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de Agatha Christie

2.5/5

Miss Sheila Webb, sténo dactylo pour une agence, est envoyée chez une nouvelle cliente. Mais à son arrivée dans la maison, il n’y a personne excepté un cadavre et des pendules de toute sorte un peu partout dans le salon. La jeune femme sous le choc se précipite dehors et rentre de plein fouet dans Colin Lamb, un biologiste qui travaille pour le gouvernement, secrètement à la recherche d’un espion traite à la nation. Est ce que son enquête aurait un lien avec ce mystérieux meurtre? il faut dire que personne ne semble savoir qui est le cadavre ou comment il a pu atterrir dans la maison d’une vieille dame aveugle. Mais Colin Lamb, en plus de faire équipe avec l’inspecteur en charge de l’affaire, demande conseil à un ami de son père, un certain Hercule Poirot.

J’avais vu l’adaptation bbc de ce roman et j’avais plutôt bien aimé. Le roman est très différent et il est clair qu’il est loin de se classer parmi mes favoris! Je l’ai trouvé assez ennuyeux finalement. Poirot est quasi absent de ce roman, il ne sort pas de son appartement. Il reçoit son jeune ami pour entendre les avancées de l’enquête, le met sur une piste ou deux, donne quelques conseils et c’est tout. C’est d’ailleurs les moments du roman que j’ai préféré lire, mais ils sont bien rare. Le héros du roman, biologiste de formation et espion à ses heures perdues, s’éprend de la jolie secrétaire qui semble avoir quelques secrets de famille. On passe pas mal de temps à lire les interrogatoires de tous les voisins en compagnie de l’inspecteur, passages plaisant mais sans plus. Je n’ai pas non pus aimé le discours du jeune héros, qui tombe amoureux d’une jeune femme qu’il ne connait pas pour des raisons qu’on ignore. Il a vis à vis d’elle un comportement paternaliste et supérieur assez agaçant notamment lorsqu’ils sont tous les deux dans un salon de thé. Un Agatha Christie qui ne restera pas dans ma mémoire!

Déracinée

de Naomi Novik

4/5

Agnieszka vit dans le paisible village de Dvernik. La vallée qui l’entoure semble idéale pour vivre, mais en réalité tous les villageois vivent avec la peur du Bois à la lisière du village. Des forces maléfiques et une puissante magie très ancienne sévit. Tous le monde sait qu’il ne faut pas s’approcher du Bois sous peine d’être contaminé par ses miasmes et d’être définitivement perdu. Depuis plusieurs décennies maintenant un sorcier s’est installé dans une tour isolée juste à l’entrée du Bois envoyé par le roi depuis la capitale du royaume, afin d’empêcher le Bois de s’étendre autour des villages et d’avancer sur les terres du royaume. Connu sous le nom de Dragon, il protège les populations locales. Grace à lui, le Bois ne semble plus être un danger direct pour les habitants. Cependant en échange, le Dragon exige de pouvoir emmener dans sa tour une jeune fille. Tous les dix ans, les jeunes filles nées au mois d’octobre et qui ont atteint leur 17e anniversaire, devront se présenter devant le Dragon qui choisira une jeune fille. On ne connait pas les critères, mais depuis le temps les villageois ont sur repérer quelques indices: La jeune fille est toujours jolie, courageuse, brave et intelligente. Le sacrifice est grand pour la jeune fille qui ne revoit pas sa famille durant dix années et qui revient toujours très changée au point de ne plus se sentir à leur place au village et de partir vivre à la capitale. Agnieszka comme tout le village sait depuis longtemps que c’est sa meilleure amie qui sera choisie, la plus belle, la plus courageuse et la plus intelligente de la région. Mais à la surprise générale, le jour J le Dragon choisi Agnieszka.

Je suis tombée par hasard sur ce roman et le résumé m’a fait de l’œil, ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de roman fantastique. L’univers de départ est assez classique, un monde médiéval, un royaume, un roi, un village loin de la capitale et du pouvoir, une jeune fille qui ne semble n’avoir aucune caractéristique hors du commun. Ici, le village de Dvernik pourrait être idyllique si il n’y avait pas le Bois. Les habitants sont tous très attachés à leur région à commencer par l’héroïne qui se voit bien vivre toute sa vie dans la vallée qui l’a vue naitre. Agnieszka est décrite comme une jeune fille ni laide ni belle, qui n’est pas particulièrement savante ni cultivée, qui ne semble pas avoir de talent particulier. Elle grandit auprès d’une famille unie et aimante et s’est choisie comme meilleure amie la seule fille du village que les autres enfants préfèrent fuir. En effet, tout le monde pense qu’elle sera choisie par le Dragon à ses 17 ans, et à quoi  bon s’investir amoureusement ou amicalement auprès d’une personne destinée à partir?

J’ai beaucoup aimé les premiers chapitres, la vie quotidienne d’Agnieszka, son amitié fusionnelle avec sa meilleure amie, le jour de la cérémonie, son départ inattendu avec le dragon sans avoir l’opportunité de dire adieu à sa famille, les premières semaines difficiles à la tour. Il y a beaucoup d’humour avec la maladresse légendaire d’Agnieszka qui ne semble pas du au hasard finalement, quelques rebondissements m’ont fait rire, et puis on entre dans le vif du sujet avec le Bois, ses miasmes, sa manière d’essayer de contaminer les villageois…

Magie, bois enchanté, créatures maléfiques, un magicien mystérieux, une héroïne qui n’en a pas l’air, tous les ingrédients d’un roman fantasy sont réunis. J’ai apprécié les personnages pas du tout manichéen, que se soit la meilleure amie d’Agnieszka qui semble si parfaite, le Dragon qui n’est pas un héros, le prince héritier, ou même la source du mal, tous les personnages ont de gros défauts, mais ont aussi leurs bons côtés. Pas mal d’action, de rebondissement, quelques touches d’humour, des personnages parfois attachants mais toujours très intéressant. Dommage que certains personnages qui entrent dans l’histoire un peu tardivement ne soient donc assez présents! Une lecture agréable, distrayante et une histoire bien ficelée.

Dernières séances: Vice – Une intime conviction

Vice : Affiche

de Adam Mckay

Christian Bale, Sam Rockwell, Amy Adams, Steve Carell

4/5

L’entrée de Dick Chesney dans le monde de la politique américaine au début des années 60 jusqu’à sa nomination au poste de vice président des États Unis. Ou comment un homme qui n’avait pas d’ambition ou d’idéaux particuliers est devenu l’un des hommes les plus puissants de la planète.

Vice : Photo Christian Bale

De Adam Mckay, j’avais déjà vu the big short, dans lequel il s’efforçait d’expliquer les dessous du monde des finances et la crise immobilière des années 2000. La mise en scène manquait de subtilité mais on sentait surtout l’envie du réalisateur de bien faire comprendre aux spectateurs le sujet compliqué de la finance et de la crise boursière, tout en restant un minimum rigolo dans sa façon d’expliquer. Sur le même sujet j’avais préféré Margin call.

Vice : Photo Sam Rockwell

Ici c’est un peu la même manière de raconter, mais les effets un peu trop lourd utilisé sur the big short apparaissent plus léger dans Vice. Mckay se lance dans des explications complexes avec de moins gros sabots que dans the big short, il faut dire que le sujet est un peu moins technique que la finance.

J’ai beaucoup aimé Vice. Évidemment Christian Bale est excellent dans ce rôle d’homme politique parti de rien et arrivant au sommet. Il découvre la politique, il comprend vite qu’il ne s’agit pas ici d’idéaux, de convictions ou de principes moraux, mais uniquement trouver la réponse à la question suivante: comment obtenir plus de pouvoir? aucun principe, aucune limite pour arriver à cette fin. Physiquement c’est bluffant aussi, mais pas surprenant, Bale est un habitué des transformations physiques comme pour son rôle dans the machinist…

Vice : Photo Amy Adams, Christian Bale

A travers le portrait d’un homme qui gravit les échelons vite et bien, Mckay en profite pour nous expliquer certaines méthodes de la politique américaine, comment les états unis ont embrouillé le monde pour envahir l’Irak, comment le 11 septembre ne fut pas une tragédie pour Chesney mais “une opportunité”. On revisite une décennie de la politique américaine avec l’Irak, Halliburton, le fric, le pouvoir. Comment Chesney est devenu un homme riche et puissant, comment il a manipuler Bush pour en faire sa marionnette, interprété par l’excellent Sam Rockwell, comment il a décidé de tout alors qu’il n’était que vice président, un poste sensé être symbolique plus qu’autre chose.

C’est clair et bien expliqué, c’est rythmée et fluide. Amy Adams est très bien aussi dans le rôle de la femme de l’ombre. Sans elle Chesney n’aurait probablement rien fait de sa vie. Un film à ne pas rater.

Une intime conviction : Affiche

de Antoine Raimbault

Olivier Gourmet, Marina Fois

3.5/5

Nora, cuisinière dans un restaurant et élevant seule son fils, a participer au jury lors du premier procès de monsieur Viguier, accusé d’avoir assassiné sa femme. Acquitté lors du premier procès, Nora s’est rapprochée de la famille, notamment par le biais de la fille ainée de monsieur Viguier qui aide son fils dans ses devoirs scolaires. Alors que le procès en appel va bientôt commencer, Nora fait appel au célèbre avocat Eric Dupont-Moretti. Elle essaye de le convaincre de prendre l’affaire en main, persuadée de l’innocence de monsieur Viguier.

J’étais très curieuse de voir ce film, pas pour l’histoire de meurtre, je ne connaissais pas cette affaire du tout, mais surtout pour voir ces deux acteurs que j’aime beaucoup, Olivier Gourmet et Marina Fois. Je suis aussi admirative de Dupont-Moretti et voir un acteur jouer son rôle m’intéressait. Le film est assez particulier, car tout est toujours en retrait. La disparition de madame Viguier remonte à plusieurs années, monsieur Viguier élève seul ses trois enfants tous presque adulte aujourd’hui. On ne voit ni flash back, ni éléments directement liés à l’affaire.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs, Olivier Gourmet

On suit Nora et son point de vue sur l’affaire. Elle élève seule son fils, travaille dure et s’investit corps et âme dans ce nouveau procès, oubliant sa famille, son travail, ses obligations. Rien ne passe avant l’affaire, le procès. Sur la demande de Dupont-Moretti, Nora doit écouter, analyser, trier des centaines d’heures d’écoute téléphonique.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs

Le film ne prend jamais parti, est-ce que le mari a commis un meurtre? est-ce que l’amant est coupable? y a-t-il eut meurtre prémédité, disparition volontaire, mauvaise rencontre sur la route? Aucun élément de réponse suffisamment convaincant permet de soutenir une hypothèse plus qu’une autre. Le film rappel l’enjeu juridique, il ne faut condamner une personne que si on a une intime conviction qui repose sur des faits tangibles. Peu importe ce que croit Nora, Dupont-Moretti ou les jurés, si il n’y a pas de faits tangibles, on ne peut pas condamner monsieur Viguier.

Une intime conviction : Photo Marina Foïs

J’ai beaucoup aimé la leçon que Dupont-Moretti donne à Nora lorsque cette dernière lui dit être persuadé de la culpabilité de l’amant, sans qu’elle n’ait de preuves. La vindicte populaire, les rumeurs, le poids de la presse, l’influence du plus grand nombre. La scène du plaidoyer finale est très tendue, prenante, tellement efficace, cette scène seule vaut le coup de voir le film.

Dernières séances: Aquaman – Edmond – La mule – Glass – Nicky Larson – Sorry to bother you – Green book – La favorite

Aquaman : Affiche

de James Wan

Jason Momoa, Nicole Kidman, Amber Heard, Willem Dafoe, Patrick Wilson

3/5

Aquaman est humain par son père et issu du peuple de la mer par sa mère. Un jour il reçoit la visite d’une princesse des peuples de la mer. Les différends peuples marins vont s’unir pour détruire le monde des hommes. Aquaman étant le premier né de la reine Atlanna, il a tous les droit de revendiquer le trône afin d’empêcher la guerre, mais Aquaman n’a jamais été intéressé par le trône.

Aquaman : Photo Willem Dafoe

Je n’étais pas motivée au départ pour aller voir Aquaman. A mes yeux, la franchise DC Comics a signé son arrêt de mort lorsqu’ils ont eu l’idée stupide de ne pas faire de suite à Man of steel que j’avais adoré, et préféré nous sortir un mix entre batman et superman. Les films qui ont suivi ne m’ont pas du tout donné envie de m’y intéresser. Concernant Aquaman, j’étais intriguée d’abord parce que j’aime bien Jason Momoa (que j’avais vu dans stargate atlantis) et aussi parce que j’avais entendu de bons échos venant du public.

Aquaman : Photo Amber Heard, Jason Momoa

Finalement j’ai trouvé le film mitigé. La première partie dans laquelle on voit Aquaman vivre sa vie avec les pouvoirs qu’on lui connait est assez sympa, sa relation avec son père, son caractère, son humour aussi. Il y a beaucoup d’action du début à la fin, des pointes d’humour, on voyage pas mal, il y a un petit coté Indiana Jones à un moment du film. On ne s’ennuie pas, il y a un message écologique rapide mais toujours bienvenue et Jason Momoa est vraiment intéressant dans le rôle d’Aquaman, il arrive à éviter de rendre son personnage ridicule, il n’a pas ce coté victime de la vie comme souvent chez les superhéros classiques, il apporte pas mal d’humour en surhomme qu’il ne faut pas chercher et qui aime se souler à la bière avec son père.

Aquaman : Photo Amber Heard, Jason Momoa, Willem Dafoe

Les points forts s’arrêtent là. Ce que je n’ai pas aimé, c’est le coté un peu kitsch des royaumes sous marins des atlantes. La princesse sensée aider Aquaman à les mêmes cheveux qu’une certaine Ariel la petite sirène, ce qui lui donne un coté un peu ridicule. L’intrigue est sans surprise, pas de rebondissements surprenants ou inattendus, c’est cousu de fil blanc donc. Le pire reste tout d’abord l’image de la femme. A l’heure des personnages féminins forts ces derniers temps, notamment les personnages féminins de Black panther, ici on a le droit à deux figures féminines ternes. La princesse aux cheveux rouges semble peut être savoir se battre et tenir la conversation face aux héros et aux méchants mais dans son monde elle n’est qu’une noble dont le devoir est d’épouser le futur roi de son peuple afin de lui produire des héritiers. On se croirait à la cour du roi Henri VIII et pas du tout au 21e siècle, d’autant que le peuple atlante se targue d’être moderne et plus avancé que leurs cousins terrestres. Le pire reste la reine des atlantes, la mère d’Aquaman donc. Cette reine qui fuira son peuple pour éviter un mariage arrangé dans lequel on lui demandait de produire elle aussi des héritiers au trône et qui finira par rencontrer un terrestre, père d’Aquaman, gardien de phare; Encore une fois, le rôle du personnage féminin est donc sans intérêt. C’est Nicole Kidman qui interprète la reine et je dois dire que c’est le point du film que j’ai trouvé le plus raté. Elle joue la reine jeune et bien sur elle joue son rôle 30 ans plus tard. Nicole Kidman dans la peau de la reine jeune est vraiment choquant visuellement. Elle est tellement tirée de partout et photoshopée qu’on a l’impression d’être face à un personnage d’animée en 3 dimensions et pas à une humaine. Lorsqu’on la retrouve 30 ans plus tard, le seul signe de vieillesse sont ses cheveux légèrement blancs… son personnage n’est pas très crédible non plus :

Aquaman : Photo Jason Momoa

SPOILER ( elle laisse derrière elle l’homme qu’elle aime et son fils pour les protéger et part épouser son roi afin de lui donner des héritiers avant d’être jeter dans une fosse remplie de créatures voraces pour la punir d’avoir fauter avec un terrestre, on est donc au moyen age…on finit par apprendre qu’elle n’est pas morte dévorée par les créatures mais rescapée sur une ile de laquelle elle était coincée, donc 30 ans de solitude et elle revient au royaume des atlantes fraiches et saine d’esprit).

En bref, quelques éléments intéressants, Jason Momoa sauve à lui seul le film du naufrage. Pas indispensable.

Edmond : Affiche

de Alexis Michalik

Olivier Gourmet, Thomas Solivérès, Lucie Boujenah, Clémentine Célarié, Tom Leeb

4/5

Décembre 1897 à Paris. Edmond Rostand doit se rendre à l’évidence, il est un poète raté. Sa dernière pièce en vers, écrite deux ans plus tôt a été un four et depuis l’inspiration l’a déserté. Sa protectrice la grande Sarah Bernard ne le lâche pas pour autant et lui arrange un rendez-vous avec le grand acteur Coquelin; Il doit lui proposer une pièce mais Edmond n’a encore rien écrit! Il improvise donc un début de pièce lors de son rendez-vous. Coquelin lui annonce alors qu’il a une semaine pour écrire sa pièce et qu’ils devront jouer la première avant la fin du mois de décembre. Edmond doit à tout prix retrouver l’inspiration et croire en lui.

Edmond : Photo Thomas Solivérès

J’avais été voir la pièce d’Alexis Michalik il y a deux ans, et j’avais adoré. Le film ne propose que très peu de différences avec la pièce, l’histoire et les personnages restent les mêmes. On a droit à de beaux décors du Paris du début du 20e siècle. On ne s’ennuie pas durant toute la durée du film, les dialogues fusent comme au théâtre, il y a beaucoup d’humour, les acteurs sont tous très bons.

Edmond : Photo Olivier Gourmet

Un très bon divertissement, visuellement réussi avec d’excellents acteurs du premier rôle aux personnages secondaires. Je garde tout de même une préférence pour la pièce de théâtre, que j’avais vraiment beaucoup aimé.

La Mule : Affiche

de Clint Eastwood

Clint Eastwood, Bradley Cooper, Laurence Fishburne, Diane Wiest, Micheal Pena, Andy Garcia

4/5

Earl Stone, un horticulteur passionné, s’est toujours plus occupé de ses fleurs que de sa famille, qu’il a toujours délaissé. Alors qu’il se fait vieux, après une longue carrière pleine de succès, il doit abandonner sa maison et licencier les deux hommes qui bossaient avec lui après avoir fait faillite. Acculer financièrement il accepte un boulot qui semble simple: conduire sa propre voiture d’un point a à un point b, sans se montrer curieux de la cargaison installée dans son coffre. Le fait qu’il est un homme blanc, vieux, sans pv ni casier, fait de lui le parfait candidat pour transporter la drogue des cartels.

La Mule : Photo Clint Eastwood

Voici le dernier film de Eastwood. On retrouve le genre de personnage qui lui plait, le genre bougon, franc, téméraire, un peu comme dans son film Gran Torino. On passe donc de bons moments à suivre Earl conduisant son vieux pick up, sans s’inquiéter de la cargaison illégale qu’il transporte.

La Mule : Photo Clint Eastwood

Quelques pointes d’humour, quelques moments plus tristes, un film qui n’a aucune lenteur, aucun ralentissement. Sa relation difficile avec sa famille, sa relation avec ces “collègues” du cartel, sa façon de vivre comme si il avait encore 30 ans malgré son âge, sa rencontre avec l’agent du FBI qui le recherche. Un bon film prenant, même si ce n’est pas mon préféré d’Eastwood.

Nicky Larson et le parfum de Cupidon : Affiche

de Philippe Lacheau

Philippe Lacheau, Elodie Fontan, Tarek Boudali, Julien Arruti, Didier Bourdon

3/5

Le célèbre détective Nicky Larson et sa collaboratrice Laura, sont engagés par Letellier pour protéger le parfum de cupidon, un parfum qui permet de séduire n’importe qui. Mais voila que le parfum et son antidote disparaissent. Larson et Laura ont 48h pour retrouver le parfum et surtout l’antidote pour guérir ceux qui en ont été victime. Mammouth, le rivale de Nicky Larson est aussi sur le coup.

Nicky Larson et le parfum de Cupidon : Photo Élodie Fontan, Philippe Lacheau

Quand j’ai entendu parler du projet d’adaptation du célèbre manga des années 80 j’étais sceptique. Mais comme j’aime beaucoup Philippe Lacheau, Chut chut chut, la bande à fifi et bien sur Baby sitting et surtout Alibi.com qui m’avait beaucoup plut, j’ai laissé sa chance au film.

Nicky Larson et le parfum de Cupidon : Photo Élodie Fontan, Julien Arruti, Philippe Lacheau, Tarek Boudali

Finalement, j’ai plutôt aimé. Au début, ça fait quand même bizarre de voir Philippe Lacheau avec la mèche longue, les cheveux noirs, le t shirt rouge et le blazer bleu ciel. Dans un dessin animé ça passe, mais dans un film ça parait étranges. Pareil pour Laura avec sa coupe de cheveux improbable, son bombers américain, son t shirt des années 80…

Il faut prendre le film pour ce qu’il est, une simple comédie faite pour distraire et faire rire. Personnellement, j’ai ri, je me suis bien détendu, j’ai pas vu le temps passé, et j’étais très contente de repérer tous les clins d’œil qui renvois à mon enfance: le bâtiment C17 qui fait référence à Dragon ball, Tortue géniale, Ranma 1/2, dorothée…

Nicky Larson et le parfum de Cupidon : Photo Élodie Fontan, Philippe Lacheau, Tarek Boudali

On retrouve tous les éléments symboliques de Nicky Larson, les personnages secondaires, l’appartement de Nicky Larson, la voiture, la massue, l’obsession des filles de Larson, Mammouth…Ça reste sympathique à regarder.

Glass : Affiche

De M Night Shyamalan

Bruce Willis, Samuel Jackson, James McAvoy

3.5/5

David Dunn, l’homme incassable, essaye de retrouver la bête, qui aurait enlever 4 jeunes filles. Mais après avoir libéré les adolescentes, Dunn et la bête se font arrêter et enfermer dans un hôpital psychiatrique, dans lequel monsieur Glass est aussi enfermé depuis 19 ans. Le docteur Staple a 72 heures pour convaincre les trois hommes qu’ils n’ont rien d’exceptionnels et qu’ils souffrent tout simplement de délire.

Glass : Photo Bruce Willis

Glass : Photo Bruce Willis, James McAvoy, Samuel L. Jackson

J’avais adoré Incassable lors de sa sortie ciné, j’avais beaucoup aimé Split aussi dans une moindre mesure. J’étais curieuse de voir ce troisième volet. La première moitié est assez lente, on retrouve David Dunn et par la même occasion le style visuel et sombre d’Incassable. L’arrestation de la bête arrive assez vite et on se retrouve pour la grande majorité du film enfermé dans l’hôpital psychiatrique. Au bout d’une moitié de film on se demande où le réalisateur nous emmène, mais petit à petit les choses se mettent en place.

Glass : Photo James McAvoy

On se doute avec Shyamalan que certains rebondissements ou révélations sont à envisagés et heureusement c’est bien le cas. C’est toujours intéressant de voir la bête changée de personnalités, même si c’est moins présent que dans Split. J’ai aussi adoré revoir monsieur Glass et son fanatisme concernant sa vision du monde entre super héros et méchants. Une fin intéressante et surprenante d’une certaine manière, à voir si vous avez aimé Incassable, Split ou les deux.

Sorry To Bother You : Affiche

de Boots Riley

Tessa Thompson, Lakeith Stanfield, Armie Hammer

3.5/5

Dans une Californie en crise économique, Cassius Green est toujours au chômage. Il vit avec sa petite amie, artiste rebelle, dans le garage de son oncle. Il est content de trouver un boulot dans le télémarketing. Il doit vendre par téléphone des encyclopédies dont personne ne veut. Après avoir reçu le conseil de “prendre une voix de blanc” pour parler au téléphone, Cassius devient un “SuperVendeur” et peut alors accéder aux étages supérieurs, vendre des produits très chers à des clients très riches et se faire un maximum de blé. Mais son client numéro 1 reste Free-world, dont les méthodes de production sont qualifiées d’esclavage moderne.

Sorry To Bother You : Photo Lakeith Stanfield, Steven Yeun

Le film m’intriguait beaucoup. Sorry to bother you est complètement délirant, visuellement surtout. Au delà de l’humour du film, Sorry to bother you est une grande critique du monde capitaliste et de la productivité à tout prix. Ici, Cassius met de coté tous ses principes, tourne le dos à ses amis lorsqu’il réussi et se met à gagner beaucoup d’argent. Les méthodes de la compagnie Free-world sont immorales et ressemblent à de l’esclavagisme moderne avec des contrats de travail à vie, impossibilité de démissionner, 14h de travail par jour, mais plus aucune inquiétude quant à payer les loyers ou acheter à manger puisque free world loge et nourri ses employés, des chambres minuscules dans lesquelles des familles entières s’entassent. Le slogan de l’entreprise résume tout: boulot, dodo, pas métro.

Sorry To Bother You : Photo Tessa Thompson

Sorry To Bother You : Photo Jermaine Fowler

C’est drôle, intelligent, bien interprété, et complètement psychédélique dans la dernière partie du film. Visuellement c’est aussi souvent originale, les personnages sont habillés style années 70 (j’ai adoré les boucles d’oreille de l’héroïne), des trouvailles dans la mise en scène qui rappelle parfois le style de Michel Gondry qui signe d’ailleurs un clip de présentation de l’entreprise free-world dans le film. J’ai aussi beaucoup aimé cette critique de notre société surinformée et qui se fout de tout. Lorsque la vérité est dévoilée par le héros, alors qu’il s’agit d’un scandale énorme, Cassius est déçu de voir que personne ne s’y intéresse: oui, c’est horrible, bon, et alors? qu’est ce qu’on mange ce soir? et c’est quelque chose que l’on voit aussi de plus en plus souvent aujourd’hui.

Green Book : Sur les routes du sud : Affiche

de Peter Farelly

Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini

3.5/5

Au tout début des années 60, Tony Lip, un videur pour une boite de nuit huppée de New York, se retrouve au chômage technique pour deux mois, durant les travaux de rénovation de la boite. Pour nourrir sa famille, il accepte un boulot de  chauffeur. Il doit conduire et assurer la protection du Dr Shirley, un pianiste de génie, qui doit se produire dans plusieurs villes du sud profond en pleine période ségrégationniste.

Green Book : Sur les routes du sud : Photo Mahershala Ali, Viggo Mortensen

Green book ne révolutionne rien, c’est classique dans la forme, dans l’histoire, dans l’évolution des personnages, mais j’ai trouvé le tout attachant. On passe un bon moment en compagnie de ses deux hommes qui n’ont rien en commun. Tony Lip, un italo américain macho, qui a des préjugés sur les noirs, père de famille qui n’a pas de diplôme, face au Dr Shirley, un prodige du piano, qui possède plusieurs doctorats, qui parle 8 langues, qui a beaucoup voyager à travers le monde, qui possède une culture et une érudition rare.

Green Book : Sur les routes du sud : Photo Mahershala Ali

Il y a pas mal d’humour et bien sur les deux hommes vont apprendre à se connaitre et à s’apprécier durant les deux mois passés ensemble. Évidemment, ils vont se heurter à la réalité de ce que cela représente d’être noir dans les états du sud. Interdiction d’essayer des vêtements dans les boutiques, de dormir dans des hôtels qui ne sont pas réservés aux noirs, de manger dans les restaurants de la ville, d’être dehors après le coucher du soleil… Le film souligne l’hypocrisie de cette élite du sud, élite qui a demandé la venue du Dr Shirley, qui veut écouter sa musique mais qui ne souhaite pas le voir manger dans le même restaurant qu’eux ou utiliser les toilettes de l’hôtel dans lequel il est venu jouer.

Green Book : Sur les routes du sud : Photo Mahershala Ali, Viggo Mortensen

Même si le film est tirée d’une histoire vraie, et que les deux hommes sont restés amis jusqu’à la fin de leurs jours, la fin du film peut paraitre un peu trop gentillet et pourtant elle m’a plut.

La Favorite : Affiche

de Yorgos Lanthimos

Olivia Coleman, Rachel Weisz, Emma Stone, Nicholas Hoult

4/5

Au tout début du 18e siècle, la reine Anne règne sur les îles britanniques. Elle ne prend aucune décision sans l’aide de sa meilleure amie, Sarah Churchill, une femme politique qui sait manier la reine mais aussi les ministres toujours dans le but des meilleurs intérêts du pays. Elle reçoit un jour la visite d’une cousine, Abigail, qui se retrouve sans rien suite à la mort de son père qui a perdu toute la fortune familiale au jeu. Sarah emploie Abigail aux cuisines avant de la nommer comme sa femme de chambre, ce qui lui donne un statut. Elle décide alors de tout faire pour gagner la confiance de la reine Anne.

La Favorite : Photo Rachel Weisz

J’ai beaucoup aimé la favorite. Le trio d’actrices est incroyable. Olivia Coleman, que j’avais adoré dans Broadchurch joue une reine grasse, qui passe sont temps à trop manger de sucrerie, à faire des caprices, à câliner des lapins mais qui souffre également beaucoup de solitude, de blessure de jeunesse qui n’ont pas cicatrisées (la perte de la plupart de ses enfants), ou encore des crises de goutte qui la font souffrir horriblement. J’ai beaucoup aimé la relation entre la reine et Sarah, cette relation de je t’aime moi non plus, avec une Sarah qui peut frapper la reine, recevoir des gifles de sa part, être entièrement dévouée à ses caprices, de la cajoler et de l’engueuler dans la même heure.

La Favorite : Photo Emma Stone

J’ai particulièrement aimé le personnage de Sarah. Sa détermination, son intelligence, son sang froid, sa relation complice avec son mari, et toute son intelligence et sa force au service des intérêts de son pays. Contrairement à Abigail qui n’agit que dans un but, retrouver son statut sociale de naissance, évincer Sarah pour devenir la favorite de la reine et ainsi ne plus être à la merci de personne et à l’abri du besoin.

La Favorite : Photo Olivia Colman

Trois grandes actrices, trois grands rôles historiques très intéressants, le film alterne les scènes intimistes centrées sur les personnalités des personnages et sur les grandes lignes historiques de l’époque. Un très bon film.

Derniers films vu en 2018

Fatima : Affiche

de Philippe Faucon

Soria Zéroual, Zita Hanrot,

(France 2016)

4/5

Fatima est une mère courage. Divorcée, elle vit dans une cité de banlieue ordinaire avec ses deux filles, une qui vient d’avoir son bac et l’autre encore au collège. Pour subvenir aux besoins de ses filles, Fatima se ruine la santé à faire des ménages partout où elle peut. Originaire d’Algérie, Fatima a fait des études exclusivement en arabe, alors parler et s’exprimer en français s’avère difficile. Elle doit cependant redoubler d’effort et vendre les quelques bijoux en or qu’elle possède pour aider sa fille ainée, une brillante étudiante, à payer les frais de ses années d’études de médecine. Alors que la plus jeune est dans sa phase rébellion, la plus grande se met une pression extrême pour réussir sa première année et ne pas décevoir sa mère.

Fatima : Photo Soria Zeroual, Zita Hanrot

J’en avais beaucoup entendu parler lors de sa sortie cinéma, j’ai rattrapé ce retard lors de sa diffusion sur arte. On suit le quotidien d’une famille ordinaire, les difficultés, les attentes. J’ai beaucoup aimé suivre Fatima, sa vie, son travail difficile, les préjugés des gens qui l’entoure. Finalement Fatima n’a pas beaucoup d’entourage. Quelques collègues qui ont quelques mots sympathiques parfois mais Fatima est bien seule. Sa plus jeune fille s’avère vivre une adolescence rebelle, Fatima s’acharne à aider sa fille ainée afin qu’elle puisse se concentrer uniquement sur ses études.

Fatima : Photo Soria Zeroual, Zita Hanrot

Fatima est bien isolée. Le travail est pénible, entre les grandes surfaces dans lesquelles elle est constamment surveillée, ou les ménages chez les particuliers qui prennent Fatima de haut et la soupçonnent constamment de malhonnêteté. La scène du test de l’argent dans la poche d’un jean ou encore la jalousie de la mère riche quand elle découvre que Fatima a une fille qui fait médecine, comme son propre fils. Sans parler du rejet des autres, comme lorsque Fatima essaye d’entamer la discussion avec une autre parent d’élève, blanche, qui fait tout pour l’éviter. Fatima est donc une personne forte, courageuse, étonnante, une personne qui mérite le respect. Ses poèmes qu’elle écrit en arabe et qu’elle lit à son médecin, sont beaux et touchants.

Un film doux, sensible, il ne se passe aucun évènements dramatiques et ça fait du bien. C’est la vie quotidienne, des personnages attachants, des discussions intelligentes, un film à voir.

Les Adieux à la reine : Affiche

de Benoit Jacquot

Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen

(France 2011)

4/5

A Versailles, alors que la révolution a déjà commencé dans les rues de Paris, Sidonie est nommée lectrice personnelle de la reine Marie Antoinette. Elle est logée dans les quartiers des domestiques. Sidonie évolue dans les couloirs, passages, escaliers du château de Versailles, sympathise avec Monsieur Moreau le bibliothécaire, et écoute les rumeurs qui vont bons train dans les couloirs. La révolution serait à la porte du château sous peu. Mais alors que les domestiques et les nobles commencent à prendre la fuite, Sidonie, subjuguée par la reine, reste à ses cotés.

Les Adieux à la reine : Photo Diane Kruger, Grégory Gadebois, Xavier Beauvois

J’ai également raté ce film lors de sa sortie ciné, malgré les éloges que j’ai pu lire. J’ai beaucoup aimé ce film. Une fois commencé il est difficile de décroché. On voit la révolution française à travers les yeux de Sidonie. Comme elle, et comme tous ceux qui logent à Versailles, des domestiques aux nobles, on ne sait pas vraiment ce qui se passe derrière les grilles du château royal. Sidonie entend les rumeurs, est témoin des paniques, constate les fuites. J’ai beaucoup aimé la mise en scène, la caméra qui se faufile dans les couloirs, dans les cages d’escaliers, toujours du point de vue de Sidonie, nous donnant l’impression d’être nous même dans le château, à suivre de près cette jeune fille, entendre les bribes d’info. Ici, bien sur, aucun moyen d’information, ce sont les bruits de couloirs au premier sens du terme et les pamphlets qui permettent de se tenir informés.

Les Adieux à la reine : Photo Julie-Marie Parmentier, Léa Seydoux

Un film court, très bien interprété, prenant, j’ai pas cligné de l’œil, j’étais happée par l’histoire et la mise en scène n’y est pas pour rien. Une manière originale de parler de la révolution de 1789.

Deux hommes dans la ville : Affiche

de Jose Giovani

Alain Delon, Jean Gabin

(France 1973)

4.5/5

Gino passe quelques années en prison suite à sa participation au braquage d’une banque. Il est relâché deux ans avant la fin de sa peine grâce aux efforts de Germain, un ancien policier devenu éducateur pour repris de justice et dont l’avis pèse dans la balance devant les juges. Gino retrouve sa femme qui l’a attendu. L’avenir semble leur sourire, Gino retrouve un emploi auprès d’un patron qui est ravi de son travail et Germain est devenu un ami intime. Mais un jour, Gino voit les épreuves et les injustices de la vie le frapper brutalement…

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Je ne suis pas fan de Delon, mais il faut avouer qu’il a jouer dans certains films marquants et Deux hommes dans la ville en fait partie. Le film parle de la vie, de ses obstacles, de ses drames, de l’incarcération, de la réinsertion, de l’autorité policière, du système et surtout de la peine de mort. Le réalisateur nous parle d’un sujet difficile, nous sommes en 1973 et la peine de mort est loin d’être encore abolie. Gino est un homme comme on en croise souvent, un homme qui s’est laissé embarquer dans le banditisme qui a purger sa peine, et qui a une seconde chance. Une nouvelle vie s’offre à lui grâce à Germain, cet ancien flic qui voit dans les prisonniers comme Gino des personnes qu’il faut aider à se réinsérer. Gino avait tout pour commencer une nouvelle vie.

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J’ai beaucoup aimé le rythme du film, la relation entre Gino et Germain, leur amitié, Gino et sa femme qui passent du temps avec Germain et sa famille. N’importe qui dans la situation de Gino, aurait pu glisser et se laisser aller comme il le fait dans le film. N’importe qui aurait pu déraper comme il le fait quand on voit ce qu’il traverse. La scène de fin est glaçante, lorsque les geôliers viennent chercher Gino dans sa cellule. On nous montre comment une condamnation à mort se déroulait. La manière dont on les réveille à l’aube, un jour comme les autres, sans que la personne ne soit avertie, la manière dont ils sont habillés, le col déchiré, les cheveux coupés, et la manière brutale et rapide de la guillotine, une vie mise à mort presque comme si de rien. Un film qui m’a beaucoup marqué.

Buffy, tueuse de vampires : Affiche

de Fran Rubel Kuzui

Kristy Swanson, Luke Perry, Donald Sutherland, Paul Reubens, Rutger Haur, Hillary Swank

(États unis, 1992)

3,5/5

Buffy Summers est une ado comme beaucoup d’autre à Los Angeles. Chef des pom pom girls, très populaire au sein de son lycée, elle règne en maitre sur son petit groupe d’amis. Livrée à elle même avec des parents riches mais toujours absents, Buffy voit sa vie basculer quand elle découvre l’existence des vampires. Un homme lui explique qu’elle est en réalité la tueuse de vampire, qu’elle a été choisi et possède pour cela des facilités pour se battre.

Buffy, tueuse de vampires : Photo

Comme beaucoup de ceux de ma génération, je suis fan de la série Buffy qui a marquée les petits écran dans les années 90 et début 2000. Buffy est un personnage féminin fort, complexe, très intéressant. Elle incarne ce que tout le monde aimerait être. Je connaissais l’existence du film réalisé avant la série, que Joss Whedon n’aimait pas, mais je ne l’avais jamais vu. Et bien je dois dire que ça se laisse très bien regarder!

Buffy, tueuse de vampires : Photo

Bien sur, il faut prendre le film au second degré, le voir comme une parodie. Certaines scènes sont ridicules, mais j’ai senti que c’était volontairement ridicule (à tort peut être). On suit donc Buffy, ado de parents démissionnaires, livrée à elle même et qui découvre sa destinée. C’est drôle, c’est kitsch, on retrouve tout ce qui fait qu’on apprécie la personnalité de Buffy. On sent aussi l’influence des films des années 80 (le film date de 1992) et du style des films de John Hugues. Le film Buffy possède quelque chose d’attachant. C’est drôle, c’est léger, sous couvert de parodie on parle aussi de l’adolescence, du rôle des parents, du passage à l’âge adulte. Le tout servi par un casting assez intéressant, avec Kristy Swanson, Paul Reubens, Donald Sutherland, Rutger Hauer, Luke Perry, Hillary Swank, David Arquette, et même Ben Affleck qui joue un petit rôle.

Vampires en toute intimité : Affiche

de Taika Waititi

Taika Waititi, Jemaine Clement, Jonathan Brugh

(Nouvelle Zélande, 2014)

4/5

Dans une maison de Welligton, une équipe de cameramen film pour un documentaire, la vie et le quotidien de 4 colocataires. Les réunions de coloc pour savoir qui nettoie quand, les difficultés de cohabitation, les disputes ou les tensions. Rien de bien exceptionnel si ce n’est que les 4 colocataires sont en fait des vampires. Petyr, Viago, Vladislav et Deacon. Les caméras les suivent dans les rues de Wellington, leur façon de se nourrir, leurs pouvoirs, les mauvais cotés d’être vampire, leurs rencontre avec les loups garous, la vie de coloc.

Vampires en toute intimité : Photo

Voila un projet bien décalé sur le monde des vampires. Ici pas de prince des ténèbres mystérieux comme dans le Dracula de Stocker, pas de jeune romanesque qui brille au soleil comme dans Twilight. Les vampires sont des créatures qui se nourrissent de sang humain et qui ne meurt pas de manière naturelle. Le narrateur est un “jeune” homme qui a vécut au 18e siècle et qui porte encore ses chemises à dentelles et froufrou. Il essaye d’imposer un semblant de règlement intérieur et de savoir vivre auprès de ses colocataires, tous originaires d’époques différentes aux mœurs parfois opposées aux siennes. Et tous doivent s’adapter à la vie actuelle. Les vampires reçoivent dans leur mur une équipe de tournage pour réaliser un documentaire sur leurs vies. Chacun se confie à la caméra et explique leur manière de vivre parmi les vivants sans se faire remarquer à une époque où la technologie est partout. Leur quotidien c’est de ramener dans leur antre des “invités”, qui une fois dans leurs murs, finiront par se faire manger. Les vampires mordent le cou de leurs victimes mais ici c’est plus réaliste puisque, comme l’explique le héros, la difficulté c’est éviter d’asperger les murs et le sol de sang puisqu’ils mordent dans la carotide.

Vampires en toute intimité : Photo Taika Waititi

Les 3 vampires (si on exclus Petyr qui est le plus ancien et qui ne sort jamais de son cercueil), vivent donc la nuit, arpentent les rues de Wellington, fréquentent des fêtes ringardes car ne sont acceptés dans aucun lieu branché, notamment à cause de leur tenue, regrettent parfois leurs passés glorieux, ils croisent d’autres vampires comme deux fillettes qui déambulent la nuit dans les rues en attirant les pédophiles dans les ruelles sombres pour en faire leur diner. Ou encore les loups garous, leurs ennemis naturels. Ils rencontrent aussi Stu, un humain informaticien avec qui les vampires sympathisent. Le calme olympien de Stu fait qu’il est vite accepter parmi les vampires qui le considèrent comme leur meilleur ami et surtout pas comme un casse croute.

C’est parfois gore, c’est souvent très drôle, l’humour est parfois sombre et noire. J’ai trouvé l’histoire originale et loin de l’habituel image des vampires.

Géant : Affiche

de George Stevens

(1956)

Elizabeth Taylor, Rock Hudson, James Dean

4/5

Dans les années 20, Leslie rencontre Jordan Benedict. Ils n’ont rien en commun, elle vient de la cote nord-est des États Unis, lui est un texan depuis plusieurs générations, elle ne connait que les villes urbaines de l’est, lui ne connait que les grands espaces sur lesquels il élève du bétail. Pourtant, les deux sont sous le charme l’un de l’autre et décident de se marier. Leslie abandonne tout derrière elle sans regret et s’installe dans la grande demeure de son mari, perdue au milieu des grands espaces sauvages. Malgré la chaleur, le soleil, le peu d’évènement sociale, Leslie s’adapte parfaitement à sa nouvelle vie et décide de s’impliquer ce qui déçoit Luz, la sœur de Jordan qui se voit privé de son rôle. Petit à petit Leslie apprend à connaitre le sort des texans d’origine mexicaines, la misogynie gentleman des hommes du Texas. Jordan apprend lui aussi à connaitre sa femme, sa volonté d’aider les texans d’origine mexicaine à améliorer leur sort, son indépendance d’esprit et sa volonté de s’imposer en tant que femme.

Géant : Photo

Au départ, quand j’ai vu qu’il serait diffusé sur Arte, je ne pensais pas regarder car le film dure 3h et qu’on était en plein milieu de la semaine. J’ai zappé sur le début du film et sans le vouloir j’ai regardé jusqu’au bout. Il faut dire que malgré sa longueur je ne me suis pas ennuyée une seconde, il n’y a pas de longueurs inutiles dans ce film.

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Le personnage de Leslie est vraiment intéressant, c’est une femme qui sous une apparence fragile (petite et frêle) reste une femme forte, déterminée et plein d’énergie. J’ai beaucoup aimé suivre l’adaptation de Leslie dans son nouvel environnement et la voir trouver un équilibre entre son époux et son envie de dompter son nouveau monde. Car Leslie n’a pas le plus facile des mari, élevé dans la tradition, il ne voit pas sa femme comme s’impliquant dans le travail, son domaine, ses terrains, mais plutôt comme une femme capable d’être présent lors des fêtes locales, de tenir la maison et de faire quelques enfants.

J’ai lu que ce film était à l ‘origine de la série Dallas. Géant nous parle de la condition de la femme, sa place dans un monde d’homme, il nous dépeint quelques portraits d’hommes, certains plus ouvert d’esprit que d’autre, ils nous parlent de la condition de vie des texans d’origine mexicaine, qui ne sont pas mieux lotis que les afro américains de la même époque. Racisme, isolement, ils sont considérés comme des sous habitants, des sous hommes, qui n’ont pas accès aux même droits, aux soins de base, à l’éducation…

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Et puis il y a le personnage interprété par James Dean, un homme blanc mais qui malgré sa couleur privilégiée dans ce monde raciste, n’a pas grand chose pour lui. C’est l’homme à tout faire de Benedict et s’il s’entend bien avec Luz, Benedict ne le supporte pas beaucoup. On voit dans Géant l’ascension de cet homme qui ne possédait rien et qui grâce à un petit lopin de terre sans valeur léguer par Luz, devient un géant du pétrole à une époque où les gisements font de nouvelles fortunes.

J’ai beaucoup aimé voir tous ces thèmes s’imbriquer dans une grande histoire sans que se soit lourd, sans aucune longueurs. Tout y est assez captivant que ce soit les grands problèmes sociaux économiques de l’époque ou que ce soit les relations intimistes entre les personnages.

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de James Bridges

Jane Fonda, Jack Lemmon, Micheal Douglas

(1979)

4/5

A la fin des années 70, Kimberley Wells est une journaliste qui travaille pour la télévision locale en Californie et qui est cantonnée à des reportages sans intérêt. Elle est envoyée avec un caméraman de la chaine sur le site de Ventana, la centrale nucléaire, pour un court reportage, mais durant le tournage un accident se produit. La panique des employés, les bruits assourdissants des alarmes, l’inquiétude des dirigeants, Kimberley et son cameraman Richard, comprennent que c’est grave. Pourtant tout rentre dans l’ordre très vite. Cependant, Godell, le responsable technique de la centrale, contacte la journaliste. Il lui révèle que l’accident qui a eut lieu est probablement le premier incident qui débouchera éventuellement sur une catastrophe telle que la planète entière pourrait être détruite.

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Je ne connaissais pas du tout ce film et pourtant il devrait être régulièrement diffusé pour ce qu’il apporte. En réalité le terme syndrome chinois fait référence à une théorie selon laquelle, en cas d’accident nucléaire dans une centrale, si certaines mesures ne sont pas tout de suite prise, le réacteur pourrait faire tout fondre sur son passage, polluant les nappes phréatiques et descendant jusqu’au noyau de la planète.

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Le film averti donc l’opinion publique sur les dangers des centrales nucléaires à une époque où le grand public ne les connaissaient pas. Le problème des déchets nucléaires, le problème de la sécurité des centrales, les accidents qui ont des conséquences irréversibles sur la planète, les lobby puissants qui ne pensent qu’aux profits, et “après nous le déluge” en gros.

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Mais le syndrome chinois n’est pas qu’un film qui alerte sur les dangers du nucléaire, c’est aussi un film sur le journalisme d’investigation. Jane Fonda incarne une journaliste télé qui en a marre de faire les potiches, à présenter les nouveaux locataires des zoos ou l’ouverture des musées, et qui aimerait présenter de vrai sujets de fonds. Mais en 79, une femme jeune et jolie n’a pas vraiment ses chances. Sa présence à la centrale nucléaire lui donne l’opportunité d’avertir la population d’un grand danger et d’enfin mener une enquête journalistique d’envergure, avec l’aide de son caméraman. La 2e moitié du film est assez prenante, les enquêtes, les difficultés de faire savoir la vérité au public, la pression des dirigeants de la centrale.

J’ai beaucoup aimé la prestation de Jane Fonda et encore plus celle de Jack Lemmon en responsable technique de la centrale dont la conscience ne peut pas se taire. J’ai adoré la fin, la réaction de Kimberley face à la caméra, le “show must go on”, la puissance de la télé et cette fin brutale et puissante sans musique ni bruit.

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de Richard Benjamin

Tom Hanks, Shelley Long, Alexander Godunov

(1986)

3/5

Walter, juriste et Anna, violoncelliste professionnelle, se fiancent et décident d’acheter ensemble une maison. Walter entend parler d’une occasion en or, une maison dans un coin tranquille, immense et magnifique et qui coute trois fois rien. Walter, pas très confiant décide de la visiter avec Anna et ils tombent sous le charme. La propriétaire, une vieille dame, leur avoue qu’elle vend au rabais car elle doit vite quitter le pays pour rejoindre son mari qui a des soucis avec la loi. Walter n’a pas le temps de réfléchir, il doit vite signer et décide de se lancer. Mais à peine à t-il pris possession de la maison que celle-ci s’écroule de tous les cotés. Le toit fuit partout, l’électricité menace de mettre le feu à chaque fois qu’un interrupteur est enclenché, il n’y a pas d’eau courante, le plancher à l’étage s’écroule un peu partout, et la cage d’escalier s’effondre dès le premier jour. Les travaux vont couter une fortune et prendre des mois…

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Je connaissais le film pour une des scènes emblématiques, celle où Walter cour sur les marches des escaliers pour arriver au palier avant que toutes les marches ne s’effondrent. Le film est une comédie sympathique sur les aléas des travaux. Walter et Anna sont deux personnes très positives et joyeuses, mais leur attitude est mise à l’épreuve des travaux, des ouvriers, des délais, des retards, des problèmes, des permis de construire…Le test ultime pour savoir si ils sont fait pour vivre ensemble ou pas.

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Tom Hanks est très jeune ici, Shelley Long est sympathique et toute mignonne dans le rôle de cette jeune femme déterminée à réparer la maison de ses rêves. C’est une comédie qui sent bon les années 80, qui a ce coté attachant et sympathique dans son visuel qui fait qu’on aime bien les films de cette décennie, même si Une baraque à tout cassée ne casse pas la baraque (je ne pouvais pas ne pas la faire celle là!) j’ai passé un bon moment.

Mémoires de jeunesse : Affiche

de James Kent

Alicia Vikander, Kit Harrington, Taron Edgerton, Dominic West

(2015)

3,5/5

Début du 20e siècle en Angleterre, l’histoire vraie de l’écrivaine Vera Brittain. Issu d’une famille aisée, elle grandit heureuse avec son frère qu’elle adore et des amis de son frères. Studieuse, elle souhaite tenter le concours d’entrée à Oxford, mais à son époque, les jeunes filles comme il faut ne sont bonnes qu’à être mariée. Grace à son entêtement et l’aide de son frère, Vera passe le concours d’entrée et est admise. En même temps, elle tombe amoureuse d’un ami de son frère, passionné de poésie et littérature comme elle. Mais alors que la vie semble rose, la première guerre mondiale éclate. Les jeunes hommes, sans se rendre compte de la réalité des combats, s’engagent tous pour ne pas être considéré comme lâche. Vera, elle, décide de mettre de coté ses études pour apprendre le métier d’infirmière, lorsque son frère et son fiancé partent pour la France.

Mémoires de jeunesse : Photo Alicia Vikander

Je ne connaissais que vaguement l’existence de ce film notamment à cause de la présence de Alicia Vikander que j’aime beaucoup. Je ne pensais pas regarder le film jusqu’au bout, mais finalement j’ai été pris par l’intrigue.

Les années de jeunesse de la rebelle Vera, passionnée de poésie et de littérature, rêvant d’études à Oxford et de partir loin de la vie toute tracée que ses parents avaient espérés pour elle. Sa relation fusionnelle avec son frère qu’elle adore, les amis de ce dernier qui viennent passer leurs vacances dans la maison familiale, puis une rencontre amoureuse qui redonne le sourire à Vera; Et puis tout bascule avec la première guerre mondiale.

Mémoires de jeunesse : Photo Kit Harington

Visuellement, c’est assez jolie, les images, la lumière, et surtout les costumes de l’héroïne, tous sublimes. La reconstitution historique est vraiment réussie, Alicia Vikander tout comme le reste du casting est vraiment bien en particulier Dominic West en père de famille, la scène de départ de son fils par le train pour le front en France est très émouvante.

Mémoires de jeunesse : Photo Alicia Vikander

Si l’histoire de Vera, du moins ici ses années de jeunesse, est très intéressante, j’ai trouvé que le film était très déprimant. Tout du début à la fin, est mélancolique, triste, romantique. Plus de deux heures à ce tarif la amène le spectateur vers la déprime. Les différents drames jusqu’à la dernière scène, très romantique et mélancolique avec tous les symboles présents: les arbres en fleur pour symboliser le printemps, les violettes et crocus sous les arbres, la mousse sur les rochers, les forêts verdoyantes, la jeune fille en blanc qui nage dans un lac gelé entourée par la nature… Un beau film bien interprété, mais bien déprimant et un peu trop tire larme.

Ça : Affiche

de Andy Muschietti

Bill Skarsgard, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard, Sophie Lillis, Jeremy Ray Taylor

3/5

Dans les années 80, à Derry sur la cote est américaine, les habitants vivent tranquillement et sans histoire jusqu’au jour où certains enfants disparaissent étrangement. C’est le cas du petit frère de Billy dont on retrouve seulement un bras arraché. Billy et ses deux amis sont souvent la cible de henry, un ado violent. Beverly, Mike et Ben sont eux aussi marginalisés et mal aimé dans leur lycée et deviennent vite amis avec Billy et ses amis. Ensemble ils se lancent sur les traces du petit frère de Billy afin de pouvoir enterrer son corps et découvrir qui l’a tué. Très vite, les ados sont confrontés à une créature surnaturelle qui semble savoir les peurs les plus profondes des uns et des autres et qui s’en sert contre les ados. Ils vont devoir se lier, se faire confiance, faire front et affronter leurs peurs respectives afin de vaincre la créature.

Ça : Photo Finn Wolfhard, Jack Dylan Grazer, Jaeden Lieberher, Jeremy Ray Taylor

J’aime beaucoup la mini série des années 80 qui passait pratiquement tous les six mois sur m6 quand j’étais plus jeune. Le clown maléfique, les enfants isolés qui décident de s’unir pour vaincre le mal, et la seconde partie quand on retrouve les héros à l’âge adulte, qui ne sont peut être pas aussi courageux qu’autrefois. Quand la nouvelle version est sortie au cinéma, j’ai hésité à aller le voir et j’ai du coup laissé passer le temps. J’ai voulu finalement le voir pour pouvoir aller voir au cinéma la seconde partie dans laquelle mon actrice chouchoute Jessica Chastain.

Ça : Photo Bill Skarsgård

Finalement, peu de choses changent par rapport à la version originale. Ici, l’action se déroule dans les années 80 et non pas dans les années 60, les enfants sont bien plus entrée dans l’adolescence, les tensions sexuelles sont plus mises en avant, alors que dans la version originale, les enfants sont à peine sorties de l’enfance. Le personnage de Beverly parle tampon, sexualité, elle est victime d’insulte et est considérée comme la pouf locale par les autres élèves. Sa relation avec son père est aussi beaucoup plus ambigu que dans la version originale.

Ça : Photo Sophia Lillis

J’ai beaucoup moins aimé cette version. Les enfants se débrouillent bien mais le coté absurde n’est plus. Dans cette nouvelle version, la créature est vraiment prise au premier degré, c’est un monstre laid, flippant, on voit sans détour sa gueule, ses dents acérées, les détails de son visage de monstre. Ce qui m’avait plus dans la version des années 80 c’est ce coté un peu décalé de ça. Le monstre sous forme de clown pour attirer les enfants, est souvent comique dans le film, il rit en se bidonnant, se moque des enfants, et parfois nous rappelle que c’est un monstre en voyant ses ongles pointus ou ces dents sanglantes.

Ça : Photo Chosen Jacobs, Finn Wolfhard, Jack Dylan Grazer, Jaeden Lieberher, Jeremy Ray Taylor

Pareil pour les peurs des enfants. Peut être parce que la mini série des années 80 n’avait pas les moyens techniques et financiers pour faire ce qu’ils souhaitent, les choses sont plus subtiles, la peur réside dans ce qu’on ne voit pas, dans ce que les images sous entendent, alors qu’ici, on mise plus sur le visuel et les effets spéciaux. Un film qui se laisse regarder, mais qui ne m’a pas marqués plus que ça. Je préfère revoir la vieille version.

Le Train sifflera trois fois : Affiche

de Fred Zinneman

Gary Cooper, Grace Kelly, Lloyd Bridges

4/5

A la fin du 19e siècle, dans l’ouest sauvage, dans un petit village, le shérif Will Kane est sur le point de rendre son étoile. Il vient de se marier avec Amy Fowler, une quaker pacifiste. Il est décidé pour changer de vie, s’installer comme fermier, loin de toute violence. Mais quelques minutes avant leur départ, Will apprend le retour en ville de Franck Miller, un gangster sans scrupule qui a fait régner la terreur et sa loi avant de se faire arrêter par Will. Mais le voilà libérer et il vient chercher vengeance. Il doit arriver par le train de 12h. Alors que sa femme lui demande de ne pas s’en mêler, Will ne peut pas aller contre son sens du devoir et tente de convaincre certains habitants de l’épauler, mais tout le monde lui tourne le dos…

Le Train sifflera trois fois : Photo Gary Cooper, Grace Kelly

Classique du western, je ne l’avais jamais vu. Le film se déroule en temps réel, il dure 1h25, le shérif reçoit le message de la venue de son ennemi dans le milieu de matinée par le train qui doit arriver à 12h tapante. Du coup on ne s’ennuie pas, on suit le shérif demander de l’aide à ses concitoyens, les gens bien éduqués qui se sont réuni à l’église pour la messe, l’ancien shérif à la retraite, ses anciens amis réunis au bar du coin, son adjoint, tout le monde lui tourne le dos, jusqu’à sa femme, interprétée par la belle Grace Kelly, qui demande à son mari de choisir entre leur mariage tout récent ou la tuerie à venir, rejetant toute violence.

Le Train sifflera trois fois : Photo Fred Zinnemann, Gary Cooper

La mise en scène permet de faire monter la tension tout au long du film. Plus on se rapproche de midi, plus on sent la tension montée chez le shérif, sa femme et aussi chez tous les habitants qui se demandent ce qui va se passer à l’arrivée du fameux train. Un bon western bien maitrisé, l’action, la montée du suspense, les acteurs à commencé par Gary Cooper, la présence de plus en plus pesante des horloges qui rappellent le temps qui passe inexorablement.

L'Inconnu du Nord-Express : Affiche

de Alfred Hitchcock

Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker

3.5/5

Dans un train qui le ramène dans sa ville natale, le célèbre joueur de tennis Guy Haines rencontre Bruno Anthony, un homme affable et indiscret qui ne lâche pas d’une semelle Guy durant le trajet. Ce dernier se rend très vite compte que Bruno connait tout de sa vie à travers les journaux à scandale. Il est au courant que Guy est marié et qu’il souhaite divorcer pour pouvoir épouser sa nouvelle compagne, la fille d’un sénateur. Au fur et à mesure que le train avance, Bruno explique sa théorie du crime parfait. Il pourrait assassiner la femme de Guy afin qu’il puisse épouser celle qu’il aime, et Guy pourrait tuer le père de Bruno, un riche héritier qui refuse de laisser son fils ne rien faire de ses journées. Alors que Guy descend du train en oubliant tout de suite Bruno, Bruno lui est persuader que les deux hommes se sont mis d’accord et part assassiner la femme de Guy.

L'Inconnu du Nord-Express : Photo Robert Walker

Je n’avais encore jamais vu ce célèbre film d’Hitchcock. Ici la plupart des personnages ne sont pas attachants. Guy est un joueur de tennis qui s’est fait avoir en épousant Miriam, une fille légère qui enchaine les amants en plus d’être désagréable, arriviste et sans scrupule. Enceinte d’un autre homme elle finit par finalement refuser le divorce quand elle se rend compte que son mari est devenu célèbre et riche grâce à ses résultats sportifs. Guy est un homme qui n’a pas mauvais fond mais un peu mou. Quant à Bruno, il est insupportable, imbu de lui même, bon à rien sauf à dépenser l’argent de son père, et finalement on se rend compte qu’il est mentalement instable.

L'Inconnu du Nord-Express : Photo Farley Granger, Leo G. Carroll, Patricia Hitchcock, Ruth Roman

En commençant le film, je pensais que l’histoire serait différente, que deux hommes se mettraient d’accord pour tuer celui qui dérange l’autre. En réalité, il n’y a qu’un seul meurtre. L’étranglement de la légère Miriam est assez glauque, tout comme l’était sa vie finalement. Le jeu du chat et de la souris entre Bruno et Guy est intéressante à suivre. La psychologie des personnages est mise en avant dans ce film. La scène finale du manège qui s’effondre reste impressionnante. J’ai bien aimé le film mais ce n’est pas mon préféré d’Hitchcock.

Une femme disparaît : Photo

de Alfred Hitchcock

Margaret Lockwood, Micheal Redgrave, Paul Lukas, Dame May Whitty

4/5

Dans un hôtel des montagnes d’un pays imaginaire de l’Europe de l’est, les touristes attendent que les rails soient dégagés pour reprendre le train vers l’Angleterre. Miss Froy, ancienne gouvernante à la retraite, partage un bout de fromage avec Elmer et Charters, deux anglais amis qui ne parle et ne pense que cricket et ont hâte de rentrer en Angleterre à temps pour voir le dernier match de la saison. Iris, riche héritière, passe la dernière soirée en compagnie de ces deux copines. Pour elle finit la vie de célibataire, elle compte rentrer en Angleterre pour épouser un riche homme bien sage et ennuyeux, mais son sommeil est perturbé par Gilbert, qui chante toute la nuit. Le lendemain, tous ce monde se retrouve dans le train. Alors qu’Iris aide miss Froy sur le quai, elle reçoit une brique tombée du toit sur le bas de la tête. Étourdie, elle est aidée par miss Froy avec qui elle fera le voyage. Après une sieste cependant, Iris ne retrouve plus miss Froy qui a mystérieusement disparut. Le plus étrange c’est que ni le personnel du train ni les autres voyageurs ne semblent se souvenir de miss froy. A t-elle été enlevée? Et si elle l’avait imaginer suite au coup reçu sur la tête?

Une femme disparaît : Photo Margaret Lockwood, Michael Redgrave

J’ai beaucoup aimé ce petit film sans prétention mais bien menée. On est tout de suite dans l’histoire, même si on prend le train un bon quart d’heure après le début du film. Si on ne doute pas vraiment de la disparition de miss froy on se demande pourquoi tout ce complot autour d’une pauvre gouvernante anglaise à la retraite! j’ai beaucoup aimé suivre Iris dans les couloirs du train, dans les compartiments à essayer de convaincre les autres voyageurs que miss froy a existé.

Une femme disparaît : Photo Basil Radford, Cecil Parker, Dame May Whitty, Margaret Lockwood, Michael Redgrave

Il y a beaucoup d’humour dès les premières minutes. Les conversations des différents voyageurs, obliger de passer la nuit dans la même auberge avant de pouvoir prendre le train le lendemain sont très drôles, un humour particulièrement british, notamment avec les deux anglais, qui ne parlent, ne pensent et ne vivent que cricket, espérant arriver à Londres avant la fin du dernier match de la saison.

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Ce n’est pas l’un des films majeures du réalisateur mais j’ai beaucoup aimé l’atmosphère, l’histoire, l’humour et les personnages.

Bye bye 2018

2018 se termine, comme chaque année, je fais un petit bilan de l’année écoulée, et je finis par mes tops de l’année, notamment mon classement cinéma.

Quelques bons films cette année, quelques déceptions, peu de séries télé par manque de patience et de motivation, d’autant que cette année, il n’y pas eu de saisons Game of throne et pas de saison 2 pour Mindhunter qui m’avait beaucoup plut, reportée en 2019.

En 2018, je me suis rendue à Lyon et Bruxelles rendre visite à des amis, j’ai été à Londres au tout début de l’année, j’ai été en Écosse, c’est devenue une tradition chez moi que d’aller en écosse l’été, j’ai été en Algérie et j’ai profité de la Sicile au mois d’octobre.

La Sicile

L’écosse

Londres

Timgad, Algérie

En 2018, j’ai assisté à d’excellents concerts: Editors, Imagine dragons, Otis Taylor, the killers et Arcade fire, j’ai assisté au Lollapalooza festival durant lequel j’ai pu voir entre autre Kasabian, Bastille et dépêche mode. J’ai pu admirer les créations de Yves Saint Laurent dans son musée parisien, les carnets de voyages de Delacroix au musée du Louvre, une très intéressante expo sur les météorites au jardin des plantes et enfin une expo sur Tokyo vue à travers les mangas vraiment sympa aux halles de la Villette (dont je parlerais ici très prochainement).

Editors

En 2018, j’ai pu voir une belle brochette de films en dehors du cinéma, toute époque confondu, dont je retiens surtout Fatima, Deux hommes dans la ville, Le train sifflera trois fois, L’inconnu du nord express, Une femme disparait, Les adieux à la reine et Géant, dont je reparlerais ici de manière plus détaillée.

 

TOP LECTURES 2018

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1- L’âme des horlogers de David Mitchell

Encore une fois, David Mitchell m’a emporté dans son univers. Une fois commencé, on repose difficilement le roman et les pages tournent toutes seules. On retrouve encore une fois un lien avec ces autres romans, notamment Les milles automnes de Jacob de Zoet.

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2- Broadway limited un shim sham avec Fred Astaire de Malika Ferdjoukh

J’aime toujours autant l’écriture de Malika Ferdjoukh et ce tome 2 des aventures new-yorkaises de plusieurs jeunes femmes dans les années 40 est très réussi.

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3- Le nuage d’obsidienne de Eric McCormack

J’avais adoré L’épouse Hollandaise du même auteur. J’ai beaucoup aimé ce roman aussi, on voyage toujours autant avec McCormack, même si je garde une préférence pour l’épouse hollandaise.

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4- Le démon de Ken Bruen

Ce n’est pas mon tome préféré des aventures de Jack Taylor, mais malgré tout j’ai adoré suivre encore une fois ses aventures, ses démons, et ses travers dans les rues de Galway.

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5- Le sorceleur tome 2 et tome 3 de Andrewjcz Sapkowski

J’ai retrouvé l’ambiance, les personnages et les aventures du Sorceleur. On passe un très bon moment avec Geralt et la petite Ciri qui grandit.

 

TOP 20 CINEMA 2018:

20- Le grand bain

Parfois drôle, parfois mélancolique, d’excellents acteurs, bon film malgré la fin too much.

19-Asterix et le secret de la potion magique

Chouette surprise, je ne m’attendais pas à aimer autant, mais la touche d’humour d’Alexandre Astier ça marche toujours.

18- L’homme qui voulait tuer Don Quichotte

J’avais un peu peur du résultat et finalement j’ai beaucoup aimé, même si j’ai moins apprécié la dernière demi heure.

17-Première année

J’avais beaucoup aimé Hippocrate du même réalisateur. Un film très réussi sur la difficile première année de médecine.

16- Le monde est à toi

J’ai beaucoup aimé le film, l’humour, les acteurs, les personnages. Une bonne surprise.

15- Black panther

Un nouveau super héros Marvel, très réussie. J’ai surtout beaucoup aimé les personnages féminins du film.

14- Frères ennemis

Reda Kateb et Matthias Schoenaerts sont vraiment excellents dans ce film noir.

13- Les frères sisters

Jacques Audiard se lance dans le western et s’offre deux pointures, Joaquin Phoenix et John C Reilly. J’ai beaucoup aimé.

12- Sans un bruit

Angoissant, maitrisé, et avec Emily Blunt en prime

11- Mirai ma petite sœur

De Mamoru Hosoda j’ai presque tout vu, Les enfants loups, Le garçon et la bête, La traversée du temps, Summer wars. Mirai est plus un film pour les jeunes enfants, il est visuellement très réussie, mais ce n’est pas mon préféré du réalisateur.

10- The little stranger

Un film d’ambiance, une atmosphère oppressante parfois, la dernière demi heure est presque flippante. Un très bon film qui joue avec les codes classiques du film d’horreur dans une vieille maison familiale remplie de secrets.

9- Hotel Artemis

L’occasion de revoir la grande Jodie Foster. J’ai beaucoup apprécié le film, un huis clos dans un hotel étrange transformé en hopital bunker dans une période d’émeutes constantes.

8- Phantom Thread

Très beau film, esthétiquement très beau mais sans oublier l’histoire et les personnages qui sont assez passionnants à suivre dans leurs relations.

7- Mademoiselle de Joncquières

Petite surprise pour ce film, je ne m’attendais pas à aimer autant. Les dialogues, l’histoire, les personnages, j’ai beaucoup aimé.

6- Sale temps à l’hôtel El royal

Quelques surprises et rebondissement dans ce film assez originale.

5- Au poste

Très drôle, très originale, le film est court, prenant, j’ai adoré.

4- Mektoub my love

Malgré une durée qui aurait pu me rebuter, j’ai finalement pas vu le temps passé. On est un peu hypnotisé par les images et par les choix que font les personnages.

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3- Hostile

Un film dure, prenant, intense, Rosamund Pike et Christian Bale sont incroyables dans ce film.

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2- Une affaire de famille

Gros coup de coeur pour le dernier film de Hirokazu Kore Eda. Un très beau film sur la famille.

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1- 3 billboards

L’un des tout premiers films vu cette année, et finalement personne ne l’aura détrôner de sa première place du classement, des acteurs incroyables, des dialogues magnifiques, un film culte.

Coté flop au cinéma, j’ai été un peu déçu par Pentagon Papers et Lady bird  je suis restée sur ma faim avec Senses, et je n’ai pas aimé Sicario 2.

 

Voila pour 2018, je vous souhaite à tous une très bonne année 2019!