Dernières séances: Happy birthdead – Battle of the sexe – C’est tout pour moi

Happy Birthdead : Affiche

de Christopher Landon

Jessica Rothe, Israel Broussard

3/5

Tree est une étudiante insouciante, populaire, légèrement garce sur les bords avec ses camarades qui le lui rend bien. Le lendemain d’une soirée trop arrosée, Tree essaye d’ignorer que c’est son anniversaire, un jour qui lui rappelle de mauvais souvenirs. Le soir, alors  qu’elle se rend à une soirée étudiante, elle se fait sauvagement assassinée par un inconnu masqué. Le lendemain, elle a la surprise de se réveiller en vie. En fait, Tree revit en boucle la même journée en boucle qui se termine toujours par son meurtre. Le seul moyen d’y mettre fin est de découvrir le tueur pour empêcher son meurtre.

Happy Birthdead : Photo Israel Broussard, Jessica Rothe

Bon le coup de revivre la même journée tant que le personnage principal n’a pas réglé un certain problème c’est vu et revu avec surtout le célèbre Un jour sans fin avec Bill Murray, d’ailleurs cité dans le film;

Happy Birthdead : Photo Jessica Rothe

Pour apprécier le film, il ne faut pas trop le prendre au sérieux, c’est surtout une comédie qui surfe sur le second degré. Une sorte de scream. L’héroïne va vivre une bonne série d’assassinats, étrangler, pendue, poignarder, exécuter, noyer…

Happy Birthdead : Photo Jessica Rothe

Tree est un cliché étudiante à elle toute seule: jeune, jolie, bêcheuse, elle est garce avec ses “copines”, qui ne le sont pas moins avec elle. Elle est populaire, envoi chier ceux qui ne lui plait pas, fait ce qu’elle veut comme elle veut avec qui elle veut sans se soucier des conséquences et va jusqu’à faire du beau prof de sciences, un homme marié, son amant, juste pour jouer. J’ai beaucoup aimé que l’héroine ne soit pas une naïve et faible femme, elle est déterminée, maligne, elle ne se laisse pas faire, envoi balader tout le monde, n’a pas de scrupules, elle est assez rigolote au finale.

Même si tout n’est pas parfait, Happy Birthdead reste une série b sympa à regarder, on rit pas mal dans le film, ça casse pas des briques mais ça divertit bien et on a hâte de découvrir qui se cache derrière les meurtres.

Battle of the Sexes : Affiche

Battle of sexes

de Jonathan Dayton, Valerie Faris

Emma Stone, Steve Carrell, Andrea Riseborough

3/5

En 1972, Billy Jean King est la détentrice de plusieurs titre du grand chelem, mais elle ne supporte plus d’être traitée comme un sous sportif parce qu’elle est une femme. Beaucoup moins payées que les hommes, la fédération de tennis refuse d’augmenter leurs primes. Elle décide alors, avec toutes les meilleures joueuses américaines, de se séparer de cette fédération et de créer leur propre organisme, la WTA vient de naitre. Elle est contactée par l’ancien grand champion de tennis, Bobby riggs, qui voudrait organiser un match d’exhibition entre lui et Billy Jean, afin de prouver au monde que même la meilleur joueuse femme ne peut pas battre un joueur homme. Réticente au départ, elle finit par accepter.

Battle of the Sexes : Photo Lewis Pullman, Steve Carell

Battle of sexes mélange l’histoire personnelle de Billy Jean et son histoire professionnelle. On peut y voir la création de la WTA, sa popularité auprès du public, son talent de joueuse de tennis, son mari mais aussi la découverte de son homosexualité qu’elle cache pour ne pas faire du tort à sa cause, celle de faire en sorte que les joueuse femmes de tennis soient tout autant respectées que les hommes.

Battle of the Sexes : Photo Andrea Riseborough, Emma Stone

J’ai aussi beaucoup aimé le personnage très bien interprété par Steve Carrell, Bobby Riggs, un joueur de tennis qui s’est rangé, mais qui reste accroc à toutes sortes de pari. Il ne peut s’empêcher de parier sur tout et rien au grand dam de sa femme. Sous des airs de misogynie il ne pense qu’à gagner son pari, le match est pour lui un moyen de faire un pari médiatisé, ce qui lui donne sa dose d’adrénaline.

Battle of the Sexes : Photo Emma Stone, Steve Carell

Beaucoup d’humour donc, le duel de parole entre les deux joueurs est savoureux, mais le film à au moins 20 minutes de trop, notamment concernant son histoire d’amour avec la coiffeuse Maryline. Beaucoup de scènes qui ne servent pas vraiment l’histoire mais qui surtout casse le rythme et finit par ennuyer un peu. Reste de bons acteurs servant une page de l’histoire du sport que je ne connaissais pas.

C'est tout pour moi : Affiche

C’est tout pour moi

de Nawell Madani, Ludovic Colbeau Justin

Nawell Madani, Mimoun Benabderrhamane, François Berléand, Leyla Doriane

3/5

Lila et sa grande soeur Malika, ont grandi dans un quartier populaire de Bruxelles, élevées par leur père. Depuis petite, Lila et Malika ont été passionné par la danse, en particulier le hip hop.  En devenant adulte, Malika est passée à autre chose contrairement à Lila, qui rêve de partir à Paris tenter sa chance en passant un casting pour cat’s. Mais son père n’est pas du tout d’accord, aussi Lila décide de partir malgré tout. A Paris, elle enchaine les coups durs et les malchances. Ces grosses mésaventures l’amènent à connaitre la comédie et surtout le stand up. Délaissant la danse, Lila se lance dans le théâtre.

C'est tout pour moi : Photo

C'est tout pour moi : Photo Nawell Madani

J’adore Nawell Madani, j’ai vu son spectacle il n’y a pas longtemps et j’ai éclaté de rire du début à la fin. Alors quand elle a sortie son film j’ai voulu le voir. C’est tout pour moi est en grande partie autobiographique puisque beaucoup d’éléments de la vie de Nawell se retrouvent dans le personnage de Lila. Comme Nawell, Lila a grandi passionnée par la danse, elle est partie pour Paris contre l’avis de sa famille pour tenter de percer dans la danse, comme Lila, elle a été déçue par le milieu et est finalement tombé amoureuse du stand up. Beaucoup de points communs donc, mais aussi beaucoup de choses ajoutées, comme le passage de Lila en prison.

C'est tout pour moi : Photo François Berléand, Nawell Madani

C’est tout pour moi, c’est drôle, rythmée, on ne s’ennuie pas, mais il y a aussi beaucoup de scènes émouvantes, voir tristes, notamment dans la relation entre Lila et son père, qu’elle espère rendre fière. Nawell Madani confirme son talent, mais on découvre aussi Mimoun Abderrhamane, qui joue le père de Lila, et qui s’avère excellent acteur. D’autant plus impressionnant quand on sait que ce n’est pas du tout un acteur à la base, mais un chauffeur de taxi. Une bonne comédie dramatique au finale, au vu des nombreux moments émouvants.

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Novembre, le mois des concerts…

C’est bien connu, en automne, la saison des concerts bat son plein. A partir du mois d’octobre, beaucoup de dates s’enchainent. Cette année, je n’ai pas assisté à beaucoup de concerts, rien depuis le mois de février avec White lies au Troxy à Londres, et ça commençait à sérieusement me manquer. Les aléas du calendrier ont fait que finalement, trois groupes que j’aime beaucoup ont prévu des concerts sur Paris en novembre, et ces trois concerts se sont déroulés 3 soirées d’affilées, du jeudi au samedi, au même endroit, le zénith, un vrai challenge!

J’ai commencé le jeudi soir donc, avec Royal blood, un groupe composé seulement de deux musiciens, un chanteur bassiste et un batteur. Malgré leur petit nombre, ils font plus de bruit à deux qu’un groupe de 5. Je les avais vu une fois à l’olympia il y a deux ans, et j’avais adoré leur concert plein d’énergie, c’était brut. Cette fois ci, ils montent sur scène en ayant un second album à leur actif et pas des moindres! Ce fut un excellent concert, les deux musiciens sont très contents d’être présent, se donnent à fond, j’ai adoré l’ambiance. Un groupe que je reverrais avec plaisir et qui nous a joué une bonne partie de leur second album et bien sur le titre qui les avait fait connaitre, Figure it out.

   

Le vendredi c’est prophets of rage. C’est un groupe très récent mais composé d’anciens membres de groupes mythiques: composé des représentants de Public ennemy (Chuck D), de Cypress hill (B-Real), et de Rage against the machine (Tom Morello, Tim Commerford entre autre). J’adore Public ennemy, Cypress hill et surtout Rage against the machine, j’aimais énormément la présence sur scène de Zach de la Rocha, et ne pas avoir pu voir sur scène rage against the machine est l’un de mes plus gros regrets!

Avant Prophets of rage on a droit à une première partie composée de deux filles, ça sonne dure, la chanteuse me rappelle un peu Mat Bastards (skip the use), le son est un peu violent, je suis bien contente d’avoir mes bouchons d’oreille. Vient ensuite une vingtaine de minutes de mix avec DJ Lord, on pense tous que ça sert à annoncer l’entrée du groupe mais non. 10 minutes plus tard les gens se lassent et vont et viennent chercher de la bière…

Enfin Prophets of rage arrive et joue sur scène les plus gros tubes de ces trois groupes, et aussi les titres de leur nouvel album collectif que j’aime énormément d’ailleurs. La plupart de la setlist est composée des gros tubes de rage gainst the machine, notamment avec les titres know your ennemy, guerilla radio, take the power back, bombtrack, Sleep now with the fire, bullet in the head, bulls on parade, et bien sur les mythiques killing in the name of et ma chouchoute, Testify.

L’un de mes fantasmes de fan de concert était de pouvoir sauter avec une foule motivée sur killing in the name of et surtout sur testify, dont je ne me lasse pas de regarder les vidéos live et d’envier les spectateurs sautant à l’unisson dans une foule connaisseuse du groupe. Et bien vendredi soir ce fut chose faite, j’ai donc adoré ma soirée!!

On a eut droit aussi au gros tube de public ennemy Take back the power, la géniallissime How could i just kill a man de cypress hill, et un medley recouvrant les titres entre autre de Insane in the brain ou Jump around, comment ne pas sauter sur ça?? impossible…ce fut un excellent concert, rien à redire, Chuck D, B-Real et Tom Morello sont inépuisables, infatigables, Tom Morello manie toujours aussi bien la guitare, c’est un plaisir de le voir sur scène, avec au dos de son instrument une pancarte indiquant “fuck trump”, car si le groupe s’est formé, c’est surtout pour souligner un engagement politique, Rage against the machine étant connu pour leur coté très de gauche, limite communiste, leurs paroles anti système et au vue de ce qu’il se passe dans leur pays, on comprend leur envie de vouloir s’exprimer à nouveau sur le sujet. D’ailleurs, les chansons de leur album collectif, prophets of rage, parle aussi de ces thèmes là, notamment Hail to the chief que j’ai adoré, avec un Chuck D qui imite la parade nazi. Chuck D, B Real et Tom Morello assurent en grande partie le show, pas une seconde de répit ou de temps mort et le son est parfait pour une fois, ni trop fort ni trop faible, tout est équilibré, c’est la perfection! (sauf nos voisins de devant dans la fosse, la quarantaine, on a l’impression que c’est leur seule sortie de l’année, un petit groupe dont l’un des mecs passera les 80% de son temps le dos tourné à la scène a renverser avec sa copine tous les verres de bière qu’ils iront achetés au fur et à mesure que le liquide se déverse sur le sol, entrainant des flaques énormes et des pauvres spectateurs glisser dessus, bref, si vous aviez envie de vous bourrer la gueule en regardant le plafond, autant ne pas payer 66eur une place de concert…).

On finit la soirée avec la cultissime Killing in the name of dont les paroles sont toujours d’actualité (comme toutes les chansons de Rage against the machine d’ailleurs).

Pour finir la semaine, on retourne samedi soir au zénith voir Kasabian. Après Muse, c’est peut être le groupe qui me fais le plus bouger! On arrive au zénith avant le début de la première partie, et encore une fois on est bien content d’avoir nos bouchons d’oreille, car le son de cette première partie est vraiment trop néfaste pour mes oreilles.

Heureusement Kasabian finit par faire son entrée. Eux aussi on l’air content d’être là, comme à leur habitude, Sergio et Tom se parlent, se sourient se font des bisous, s’appelle brother, bref c’est le grand amour toujours entre les deux et ça fait plaisir.

 

Ce soir aussi pas de temps mort, pas de ralenti dans le rythme, ça s’enchaine, la fosse est bien déchainée ce soir là. L’ambiance est toujours aussi bonne dans les concerts de Kasabian, de ce coté là rien à redire! La setlist enchaine les nouveaux et anciens titres, et franchement les enchainements de titres font mal au corps, tellement on se sent obliger de bouger et sauter, surtout qu’ils terminent avec le doublé Vlad the impaler et Fire. Sergio descendra deux fois dans la fosse, une fois derrière la barrière de sécurité, et une fois directement dans la fosse, près des gradins, c’est toujours sympa à voir! Les courbatures mettront deux jours à disparaitre!

Enfin dernier concert du mois, une semaine après le trio de concerts, je me rends avec une amie à la maroquinerie dans le 20e. C’est une toute petite salle de concert, j’y avais déjà mis les pieds plusieurs fois. On va y voir le groupe américain (mais installé à Londres) Algiers. J’ai adoré les deux albums de ce groupe et j’étais très curieuse de les voir sur scène. On arrive ric rac, après la première partie, du coup la salle est pleine a craquée.

 

On arrive a trouver une petite place en hauteur, je pourrais voir surtout le chanteur guitariste et pianiste Franklin Fisher et Ryan Mahan, les deux autres membres du groupe étant cachés par une colonne, mais ce sont surtout Ryan et Franklin qui font le show. Je serais bien mieux installée, à la barrière, pour le bis. La salle est surchauffée, mais on finit par s’habituer. J’ai adoré entendre les chansons d’Algiers en live, ces chansons que j’ai tellement écouté les matins en allant au travail. Franklyn Fisher à une superbe voix et quasiment toutes les chansons impliquent qu’il pousse sa voix loin ce qui rend le concert assez impressionnant. Ils se donnent tous à fond sur scène, Franklyn Fisher tourbillonne, tombe par terre, se redresse, alterne guitare, piano, chant, arrange quelques problèmes techniques.

 

Les gouttes de sueur tombent grosses comme des balles de golf chez le chanteur, le premier rang ne doit pas être bien sec ! Ryan Mahan ira jusqu’à surfer sur la foule. Le public adore et en redemandera deux fois, avec deux bis, le premier attendu le second plus étonnant et bien sur bienvenu! Franklyn Fisher descend dans la fosse 2 fois, dont lors de la dernière chanson. Je le cherche du regard mais je ne le vois pas remonter sur scène, la foule commence à se diriger vers la sortie, et nous aussi jusqu’à ce que ma copine me montre le chanteur juste devant nous, assis sur la balustrade entrain de discuter avec un des spectateurs. Je lui tapoterais l’épaule pour attirer son attention et lui dire juste que c’était géniale. Un grand sourire de sa part tout dégoulinant de sueur encore, et puis il est temps de rentrer, on est lundi soir, et demain je bosse!

Dernières séances: Detroit de Katherine Bigelow – Logan Lucky de Steven Soderbergh – Thor ragnarok de Taika Waitiki- Au revoir la haut de Albert Dupontel

Detroit : Affiche

Détroit

de Kathryn Bigelow

John Boyega, Will Poulter, Algee Smith, Jason Mitchell, Hannah Murray

4/5

Détroit en juillet 1967, rien ne va plus, c’est l’état de siège. Sur fond de guerre du Viet Nam contestée par la population, les afro américains n’en peuvent plus du racisme surtout de la part des forces de police. Alors que la ville est à feu et à sang et que les rues ressemblent à un pays en guerre, Larry Reed, chanteur du groupe the dramatics, rêve de percer dans la musique. Avec son groupe, il espère taper dans l’œil d’un grand producteur présent dans le théâtre où il est senser se produire. Hélas, les émeutes les oblige à quitter le théâtre. Larry et son meilleur ami Fred trouvent refuge dans l’hôtel Algiers. Ils sympathisent avec deux jeunes femmes blanches et d’autre afro américain présent. Mais tout dérape lorsque la police local et la police d’état débarque dans l’hôtel à la recherche d’une soi disant arme.

Detroit : Photo Algee Smith

Je suis assez admirative du cinéma de Kathryn Bigelow, j’aime sa façon de filmer, beaucoup de ses films sont prenant et certains ont marqués des générations. Avec Detroit on retrouve son talent de réalisatrice, sa mise en scène au service d’un épisode de l’histoire américaine que je ne connaissais pas. Je connaissais la grande histoire, celle des émeutes sur fond de guerre du Viet Nam, du racisme, de la violence des forces de l’ordre. Mais je ne connaissais pas l’histoire de l’hôtel Algiers.

Detroit : Photo Algee Smith

Larry et Fred qui ne pensent qu’à leur musique et qui digèrent mal de ne pas avoir pu tenter leur chance quelques heures plus tôt vont se retrouver séquestrer avec deux jeunes femmes blanches et quelques autres hommes par trois policiers, qui derrière une soi disant volonté de faire appliquer la loi, vont agir comme des psychopathes sadiques.

Detroit : Photo Will Poulter

Le film est dure à voir, c’est dure de voir cette brochette de personnes qui n’ont rien demander à personne subir des humiliations, des coups violents, des menaces. Ils ne savent pas si ils vont sortir de l’hôtel vivant et plus les heures passent plus l’espoir de survivre s’amenuise notamment quand la police d’état, voyant les choses déparées, décident de tout simplement quitter les lieux.

Detroit : Photo

On a tout simplement l’impression de voir un épisode d’esprit criminel, un épisode dans lequel on suivrait les victimes d’un kidnappeur psychopathe se faire torturer de toutes les manières possibles en espérant que les agents du FBI arriveront à temps pour les sauver de leurs bourreaux. Sauf qu’ici les autorités supérieures ont préféré tourner les talons…

Detroit : Photo

Au delà de l’histoire de cet hôtel et de ces occupants, Bigelow raconte aussi comment n’importe quel homme peut exercer son sadisme en toute impunité quand il le fait sous couvert d’un uniforme ou d’un statut qui l’érige à un état de figure autoritaire. Ils représentent l’état, les victimes savent qu’ils pourront leur faire ce qu’ils veulent et qu’ils s’en sortiront quand même car protéger par leur plaque de flic.

Detroit : Photo

Le film est donc dure mais nécessaire, de voir comment la justice n’a rien fait contre ses psychopathes malgré toutes les preuves, tous les témoignages, et de se dire que 50 ans plus tard les choses n’ont pas tellement changées. Les acteurs sont tous très bon, tellement humain dans leur réaction et Katheryn Bigelow confirme encore tout son talent.

Logan Lucky : Affiche

Logan Lucky

de Steven Soderbergh

Channing Tatum, Adam Driver, Daniel Craig, Kathy Holmes, Seth MacFarlane

3,5/5

Jimmy et Clyde Logan sont frères et subissent la malédiction familiale qui veut que les hommes de la famille ne réussissent rien et ratent toujours tout. Jimmy aurait du devenir un célèbre joueur de foot millionnaire mais après une blessure, ses rêves s’effondrent, Clyde perd un bras (enfin la main et l’avant bras) après avoir combattu en Irak. Jimmy bosse sur le chantier du grand stade du coin mais se fait virer à cause d’une jambe boiteuse. Il décide alors de monter un coup avec son frère, voler l’argent des recettes de la journée la plus rentable du fameux stade qui va accueillir la course Nascar la plus populaire du pays. Pour mettre leur plan à exécution, ils ont besoin de l’aide de Joe Bang. Le seul soucis c’est qu’il est en prison.

Logan Lucky : Photo Adam Driver, Channing Tatum, Riley Keough

Logan Lucky : Photo Adam Driver, Channing Tatum

L’histoire dit comme ça, donne l’impression qu’il s’agit d’un film on ne peut plus classique. Des losers qui tentent de faire un gros coup pour engranger plein de fric en peu de temps, parce qu’ils en ont marre que la société et la malchance leur crachent dessus.

Logan Lucky : Photo

Mais Logan lucky c’est un peu plus que ça. L’histoire est bien ficelé, les détails du coup sont originaux, quelques détails sont surprenant. Mais surtout c’est très drôle, bien écrit et le film contient quelques références bien rigolotes. Quelques scènes sont très drôles notamment l’émeute dans la prison avec une revendication concernant game of throne qui m’a bien fait rire.

Logan Lucky : Photo Channing Tatum, Farrah Mackenzie

Un film de braquage mais très différent de Ocean eleven. Sans être le film de l’année, on passe un très bon moment.

Thor : Ragnarok : Affiche

Thor ragnarok

de

Chris Hemsworth, Tom Hiddleston, Mark Ruffalo, Jeff Goldblum, Tessa Thompson, Cate Blanchett, Idris Elba, Karl Urban, Anthony Hopkins

3,5/5

Deux ans après les évènements de Avengers l’ère d’Ultron, Thor rentre de ses aventures sur Asgard pour découvrir que son frère Loki n’est pas mort et que son père a disparu. Thor et Loki partent sur Terre pour retrouver leur père. Odin leur annonce qu’il est sur le point de mourir, son heure étant venue, et que sa mort va libérer leur sœur ainée, Hela, que les deux frères ne connaissaient pas. Hela ne pense qu’à une chose, conquérir et vaincre et est bien décidée à reprendre sa place sur le trône d’Asgard. Elle détruit sans effort le marteau de Thor. Les deux frères se retrouvent sans le vouloir sur Sakaar, une planète décharge sur laquelle le Grand Maitre règne. Mégalomane, le Grand Maitre organise des jeux dans son arène comme au temps des romains. Thor est alors vendu comme esclave. Il doit affronté la créature imbattable qui s’avère être Hulk coincé dans sa forme de bête depuis deux ans.

Thor : Ragnarok : Photo Tom Hiddleston

Je n’ai pas aimé le premier volet, je n’ai pas été voir le second et Avengers l’ère d’Ultron m’avait un peu ennuyé. J’ai quand même été voir ce film sur les conseils d’une amie fan et aussi sur le fait que le film me semblait différent des épisodes précédents et qui me semblait beaucoup plus drôle et barré que le premier volet des aventures du héros aux cheveux longs.

Thor : Ragnarok : Photo Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Tessa Thompson

De ce coté là je n’ai pas été déçue, dès les premières minutes j’ai adhéré à l’humour du film. La scène dans laquelle Loki se fait passer pour Odin sur Asgard, Loki et Thor qui débarquent à Paris, Thor qui rencontre docteur Strange, Jeff Goldblum en Maitre mégalo déjanté, la valkyrie alcoolique, la relation entre les deux frères, et puis Hulk en bête stupide.

Thor : Ragnarok : Photo Chris Hemsworth, Tom Hiddleston

Sans rien révolutionner, Thor ragnarok est drôle et très divertissant. L’action est bien distillée durant tout le film, l’humour très présent, un épisode Thor qui ne se prend pas au sérieux. Un bon divertissement dont les décors et la musique rappellent les années 80, décennie à la mode en ce moment.

Au revoir là-haut : Affiche

Au revoir la haut

de Albert Dupontel

Albert Dupontel, Nahuel Perez Biscayart Laurent Lafitte, Mélanie Thierry, Emilie Duquenne, Niels Arestrup

4/5

Première guerre mondiale, le soldat Maillard attend dans les tranchées que la guerre se termine. Jusqu’ici il a eut la chance de ne pas être sérieusement blessé. Hélas, alors que les allemands comme les français se tiennent tranquille dans l’attente d’une armistice imminente, le lieutenant Pradelle, qui aime trop jouer à donner des ordres, relance les hostilités en tuant deux de ses hommes et en faisant croire que l’attaque vient des allemands. Dans le no man’s land entre les deux camps, les combats reprennent. Seul le soldat Maillard à tout vu. Sauvé in extremis de la mort par son compagnon d’arme le soldat Pericourt, ce dernier a le bas du visage arraché par un obus. La guerre prend fin, le lieutenant Pradelle s’en sort avec les honneurs, tandis que Maillard fait tout pour aider son compagnon Péricourt, qui n’a plus de machoire. Les mois passent, Pericourt, issu d’une famille riche, se fait passer pour mort, et décide de se venger de l’Etat qui les a envoyé au casse pipe, en organisant une énorme arnaque…

Au revoir là-haut : Photo Albert Dupontel

Je n’ai lu aucun roman de Pierre Lemaitre, mais j’aime beaucoup le cinéma atypique de Dupontel. Comparé à d’autre de ces films, Au revoir la haut (qui est l’adaptation du roman de Lemaitre qui a obtenu un prix goncourt) est plus classique dans son histoire et dans sa forme, bien que la réalisation soit originale.

Au revoir là-haut : Photo Albert Dupontel

J’ai au finale beaucoup aimé le film. L’histoire est très intéressante, elle s’intéresse en arrière plan aux laissés pour compte de la guerre des tranchées, les mutilés, et surtout les “sans gueules”, ces hommes dont une partie du visage a été arraché, mais qui n’en sont pas mort pour autant, comme Pericourt dans le film, qui ne peut plus parler ou presque, qui ne s’alimente que grâce à un tuyau implanté dans la gorge et dans laquelle on injecte de la nourriture liquide, effrayant. J’ai beaucoup aimé suivre du point de vue du soldat Maillard, le quotidien de Pericourt aidé de la petite Louise une orpheline qui s’est attachée à Pericourt.

Au revoir là-haut : Photo Laurent Lafitte, Niels Arestrup

Les acteurs sont très très bons notamment, Nahuel Pérez Biscayriat qui joue Pericourt et dont les émotions passent rien que dans son regard. Albert Dupontel toujours aussi bon et puis Niels Arestrup que j’aime énormément. La mise en scène, les détails comme les masques, sont très soignés. On ne voit pas le temps passé à suivre le destin étrange de ces personnages brisés par la vie.

Une semaine chez les vikings norvégiens

A la mi aout, je suis partie pour une semaine à Bergen en Norvège. Bergen est une ville basée sur la cote ouest norvégienne et c’est un peu le point de départ pour visiter les fjords. Au départ, je pensais partir 4 ou 5 jours, mais finalement en prenant un appartement sur airbnb, la location pour une semaine complète nous revenait moins cher que de le louer quelques jours.

Pour me rendre à Bergen, nous avons pris l’avion pour Oslo. Il n’y a pas de vol direct depuis Paris pour Bergen alors nous avons décider de continuer la route en train jusque sur la cote ouest. L’itinéraire entre les deux villes est connue pour ses très beaux paysages. A la gare d’Oslo, on essaye de se trouver de quoi manger, mais nous avons déjà un aperçu des prix très élevés norvégiens. Impossible de se trouver un sandwich à moins de 10 euros.

Les jolies maisons typiques, dans le quartier de notre appartement

Le voyage en train sera plutôt une catastrophe car après un peu moins de 2h de trajet, des pannes de courant nous obligent à abandonner le train. Le conducteur, entre deux soupirs désespérés, nous annonce que des bus, van, taxi sont mis à disposition des passagers afin de rejoindre une autre gare, à 2h de route de là, pour reprendre un train jusqu’à Bergen. On es assez dépitées, car avec le temps nuageux, la nuit tombe assez vite sur la région et on ne verra pas trop les paysages qu’on nous avait promis. Malgré tout en collant les mains à la vitre, je peux voir les glaciers et leur parfaite réflexion sur des lacs miroirs. Mais avec les reflets des néons du train, impossible de prendre des photos. Notre arrivée à Bergen est assez chaotique, personne pour nous renseigner, pas un employé de la gare, et tout le monde se jette sur les taxis. Il est 1h30 du matin, et après 10 minutes d’attente, on se jette sur le prochain taxi pour enfin arriver dans notre appartement.

Bryggen, sur le port

Le lendemain, après la journée difficile d’hier, on décide de rester tranquillement à Bergen pour visiter la ville. Après avoir pris des renseignements pour organiser nos prochaines journées à l’office du tourisme, on visite Bryggen, les vieilles maisons qui font la célébrité de la ville sur le port. On se rend ensuite dans un resto le Pingiven, ou le pingouin en français. C’est un resto qui est connue pour les spécialités norvégiennes. Pour ma part, je prendrais du renne avec des légumes. Bon c’est une viande assez forte, plus que le mouton, et même si c’est assez bon au bout de quelques bouchées c’est un peu écœurant. On passe l’après midi à faire quelques magasins et on termine par prendre le funiculaire qui grimpe au sommet d’une colline. Une fois la haut la vue vaut le coup d’œil puis on fait une promenade dans le coin, entre forêt et lac.

Vue sur Bergen

Promenade dans les hauteurs de Bergen

Vendredi, les choses sérieuses commencent avec une excursion qui dure la journée. Nous avions réservé la veille le fameux Norway in a nutshell. Un circuit que l’on peut faire par soi même en réservant les différents transports un à un, mais c’est plus simple comme ça. On prend un train depuis Bergen jusqu’à Myrdal. De là, on prend un train touristique qui passe par de somptueux paysages.

Paysages vue entre Myrdal et Flam

Le train s’arrête au pied d’une cascade impressionnante. On peut descendre du train et approcher la cascade grace à une plateforme. Une musique un peu mystique se fait entendre et une danseuse se met à danser sur le toit d’une maison perchée près de la cascade, comme une petite fée, ce qui fait rire les touristes, c’était très sympa! On reprend la route jusqu’à Flam. Après une pause pendant laquelle on s’installe dans un petit café, on prend un bateau qui traverse le Aurlandsfjord et le Nærøyfjord, les images parlent d’elles même.

 

Fjords vue depuis le bateau

La traversée dure 2h jusqu’à Gudvangen  où un bus nous attend pour nous faire descendre une route de montagne en épingle avec des cascades et autre vue superbes jusqu’à Voss. Enfin un train nous ramène jusqu’à Bergen. Norway in the nutshell ne permet pas de faire des balades ou des randonnées, mais permet de voir de superbes paysages sans se fatiguer et de voir un condensé  des paysages norvégiens en peu de temps. Je retiens surtout le voyage en train flamsbana qui permet de voir des paysages sublimes, tout comme la traversée des fjords en bateau.

Vue sur le chemin, Norway in the nutshell

Le samedi on se lève plus tard vu que la veille on s’est levé tôt. On se balade, on fait un peu de shopping, on déjeune tardivement au tgi friday, une chaine de burger us avant de finalement prendre le cable car, une cabine téléphérique qui grimpe plus haut que le funiculaire. De la haut on a une vue assez impressionnante, par contre il n’y a pas vraiment de balade possible à faire mis à part la descente à pied de la colline qui est faite quand même pour les gens avertis, vue l’état des chemins.

Vue depuis une des collines autour de Bergen

Dimanche on se lève assez tôt direction la gare routière pour prendre un bus pour les chutes Steinsdalsfossen, des chutes d’eau où les visiteurs peuvent passer dessous sans même se mouiller! Sur la route les paysages sont grandioses, des rivières aux couleurs hypnotisantes, des montagnes, des lacs dans lesquels se reflètent des montagnes…Le bus nous dépose juste au pied de la chute et un chemin nous permet de monter et de passer sous la cascade. Le bruit est impressionnant! Heureusement il n’y a pas énormément de touristes et le soleil se dévoile, O miracle!

Chute d’eau Steinsdalsfossen

Une fois redescendu on part faire une balade grâce à un chemin qui passe à travers champs le long de jolies maisons et qui débouche sur un lac. On traverse quelques rues et on se retrouve au bord d’un fjord et d’un lac. L’endroit est très jolie et le temps étrange, averses, grosses éclaircies, averses, à nouveau un beau soleil, etc etc jusqu’à l’arrivée de notre bus qui nous récupère à l’entrée du fjord pour nous ramener à Bergen. Sur la route retour, des trombes d’eau se  mettent à tomber.

Sur les bords du lac et du fjord à Norheimsund

Le jour suivant, on prend un bateau dès 8h du matin pour une croisière sur la cote de Bergen et l’entrée des fjords. Durant les 2h que dure le trajet, on peut admirer des maisons de bois rouge typiques au bord de l’eau, une plateforme pétrolière, on passe au plus près de la cote, puis avec une poignée de voyageurs, on descend sur l’ile de Skjerjehamn. On est gentillement accueillis par une jeune femme qui nous distribue un plan de l’ile et qui nous dirige vers un café dans lequel on a droit à une boisson chaude et une gaufre. L’ile est petite et on fait vite le tour. Le soleil est de sortie depuis ce matin, mais alors que la promenade se termine et qu’on se dirige vers l’embarcadère, la pluie se met à tomber et pas qu’un peu. Heureusement on est bien à l’abri mais le temps à retarder le bateau retour et on attendra une bonne demi heure supplémentaire. Ce n’est pas si grave, il y a quelque chose de très reposant à regarder la pluie tomber dans la mer, tout en étant bien à l’abri.

Skjerjehamn

De retour à Bergen, on déjeune dans l’un des restaurants du port de Bergen, fish me. On voulait manger au moins une fois du saumon mais les restaurants traditionnels ou réputés de la ville n’en avait pas au menu bizarrement, on en trouvait au marché au poisson et dans quelques restaurants autour. Ici, quelques tables, des serveurs débordés, des gens qui passent et repassent pour prendre en photo les vitrines remplies de poissons frais, de crabes, de coquilles saint jacques. On choisi toutes les deux le saumon, servi avec quelques pommes de terres grenailles et un peu de salade. Le saumon est cuit à la minute sur un gril et c’était très bon, même si je n’ai pas ressenti de réelle différence entre le pavé de saumon que j’achète chez mon poissonnier et celui que j’ai mangé à Bergen, si ce n’est la cuisson parfaitement maitrisée.

Gamle Bergen

L’après midi il pluviote par intermittence. On décide de prendre le bus pour se rendre à Gamle Bergen, un musée à ciel ouvert dans lequel est reconstitué des maisons historiques, un  peu comme le Skansen à Stockholm mais en beaucoup plus petit. Le bus nous dépose à une bonne quinzaine de minute du village historique et quand nous arrivons il n’y a quasi personne. Une partie du village est gratuite, on fera même de la balançoire accrochée à un arbre installée juste en face de la baie de Bergen. Dans le village même, plusieurs maisons sont ouvertes au public, la maison du notable de la ville, du dentiste, du coiffeur, de l’imprimeur, l’école, l’épicerie locale, la boulangerie, la salle des fêtes… Tout comme c’était le cas à Stokcholm, il y a quelques acteurs qui déambulent en costumes d’époques.

Dans la maison du notable on discute avec le fils du propriétaire, qui nous explique que son père est dans le textile; il nous propose de toucher des échantillons de tissu pour choisir nos futures robes! L’acteur à le sens de l’humour, comme on le verra aussi un peu plus tard. Il nous demande si on a fait notre choix et devant notre hésitation, il nous explique que c’est normal pour nos cerveaux de faibles femmes, prendre une décision de ce genre c’est trop nous demander et nous ferions mieux de revenir avec notre père ou notre mari pour nous aider à choisir! On se rend ensuite dans l’épicerie, tenue par une commerçante de 1926 qui nous présente les produits tout nouveaux comme le coca cola, “une boisson tout à faire sur maintenant que les fabricants on retiré la cocaïne”. En milieu de visite, les acteurs nous propose de nous réunir dans la rue principale et nous font un petit spectacle très drôle. La riche maitresse de maison, fin 19e, fait son marché auprès d’un commerçant ambulant qui en même temps vient faire la cour à la bonne Anna. C’était très sympa et très drôle tout en nous montrant un peu le quotidien de l’époque.

 

Maison de Edvard Grieg

Mardi c’est notre dernier jour en Norvège. On part prendre un petit déjeuner dans un café recommandé dans plusieurs guides. Mais nous sommes un peu déçues. Il s’avère que Blom café ressemble beaucoup aux cafés typiquement bobo parisien avec une certaine clientèle, qui mise tout sur la qualité du café mais qui finalement ne vend pas grand chose d’autre. Ici, donc il n’y a pas grand chose en vitrine, et on sent que les autres clients ne sont que des habitués. Pour le petit déj, on demande chacune un croissant qui cuit au four (ou qui décongèle plutôt à mon avis), je commande un cookie aux céréales et un cappucino. Le café est bon et reste moins cher que d’autre adresse que j’ai pu faire jusqu’ici à Bergen. Le cookie est très bon, mais par contre le croissant n’a rien d’exceptionnel et surtout il est fourré au nutella, ce qui le rend particulièrement sucré et gras. Sans compter que le serveur n’est pas des plus chaleureux!

Pour le reste de la matinée on part prendre le tramway pour aller visiter la villa de Edvard Grieg, un musicien et compositeur du 19e. Son nom ne me disait pas grand chose, par contre tout le monde connait quelques unes de ses compositions; Le tramway nous rapproche le plus possible de la maison, mais il reste à parcourir 25 minutes de route qui n’ont rien de folichon. La maison est jolie mais on en fait vite le tour. Beaucoup de meubles, beaucoup de photos et de dessins d’époque. On coupe la visite pour se rendre dans une annexe dans laquelle on nous propose un concert. Un pianiste vient nous jouer quelques morceaux du compositeur et qui en profite pour nous raconter des anecdotes sur la vie d’Edvard Grieg et ses compositions. C’est assez captivant et écouter du piano en live c’est toujours intense. Le petit concert ne dure que 30 minutes mais j’en garde un très bon souvenir. Ensuite, on continue  notre visite en se promenant dans le parc de la maison. Si autour de la villa le jardin est ordonnée et symétrique, un chemin menant au bord de l’eau nous entraine dans un coin plus boisé. C’est calme, très beau, dans le plus pure style romantique du 19e siècle. On passe le reste de la journée à Bergen, on déjeune et on profite du beau temps qui est revenu, probablement grâce au vent qui a tout balayé sur son passage.

Vue embrumée de Bergen

Ce premier voyage en Norvège n’est pas totalement concluant au final. J’ai adoré les fjords, on a pu voir des paysages à coupés le souffle, de chouettes balades en bateau, mais au finale, alors que nous sommes restés une semaine on a pas pu profiter de la nature autant qu’on le souhaitait. La bas, a chaque fois que l’on veut sortir de la ville pour aller dans les sites qui en vaut le détour, il faut prendre le train ou le bus et chaque déplacement coute très cher. Pour comparer, quand je vais en écosse, si je veux accéder à une randonnée enchanteresse, voir des décors somptueux, je n’ai qu’à prendre un bus local pour 10/15 min, payer le prix d’un ticket de bus à 6/7eur max et me voilà transporter complètement, je peux me balader comme je veux, les randonnées sont nombreuses et toutes tentantes. En Norvège, chaque déplacement coute cher. Avec Norway in the nutshell qui coute quand même plus de 100 eur, on a droit à un panel de paysages différents, mais au finale on ne fait que changer de transport toute la journée: le train, le bus, le bateau, un autre bus, un autre train, tout s’enchaine sans temps morts. Aucune possibilité de faire une randonnée. La traversée des fjords en bateau dure 2h, mais une fois débarqué il faut très vite monter dans les bus et repartir. J’ai beaucoup aimé le gamle bergen, le village du 19e siècle reconstitué, et j’ai beaucoup aimé la matinée passée dans la maison d’Edvard Grieg. Je garde également un très bon souvenir de ma balade au bord de l’eau un peu plus loin que la chute Steinsdalsfossen; On s’est balader entre le fjord et la mer, c’était une sensation mystique surtout avec le soleil qui illuminait les lieux, soleil qu’on a pas beaucoup vu en une semaine!

J’ai trouvé que les norvégiens ne sont ni chaleureux ni froids, certaines sont très sympathiques, on sent le style scandinave partout, les décorations épurées, les couleurs neutres, les tenues discrètes et simples. Mais je ne pense pas retourner en Norvège pour une simple raison: les prix. Tout est très très cher du simple ticket de bus, aux excursions, en passant par la nourriture et les boissons. Les sandwichs coutent dans les 10 eur, les plats dans les restaurants entre 25 et 35 euros, les excursions entre 70 et 150 pour les plus simples, et les prix peuvent s’envoler encore plus haut…

Séance de rattrapage: Ave César de Joel et Ethan Coen – Le Havre de Aki Kaurismaki – Le trou de Jacques Becker – Falbalas de Jacques Becker – French cancan de Jean Renoir

Ave, César! : Affiche

Ave César !

de Ethan et Joel Coen

Josh Brolin, Scarlett Johansson, George Cloney, Tilda Swinton, Alden Ehrenreich

4/5

Dans les années 50. Eddie Mannix est un producteur d’un grand studio de cinéma hollywoodien. Tout repose sur lui, il gère tout, le tournage du film, la vie privée et l’image publique des acteurs, la réputation du studio, les journalistes qui cherchent le scoop…Alors que l’industrie de l’aviation cherche à le débaucher, Eddie supervise le tournage d’un péplum sur les romains et leur rencontre avec Jésus. La star du film, Baird Whitlock, disparait sans laisser de trace et Eddie reçoit une demande de rançon.

Ave, César! : Photo Alden Ehrenreich, Ralph Fiennes

Ave, César! : Photo Josh Brolin, Scarlett Johansson

A la sortie du film au cinéma, je n’ai pas été le voir, j’avais entendu beaucoup de choses mitigées et finalement j’avais laissé passer le coche. Ba heureusement qu’une de mes amies a insisté pour que je le vois. J’ai beaucoup aimé Ave César. J’ai déjà beaucoup aimé Josh Brolin qui devient de plus en plus un acteur qui compte par le choix de ces films et par ses interprétations. J’ai adoré le personnage d’Eddie Mannix, passionné par l’industrie du cinéma, même si ça ne se voit pas sous ses airs blasés et professionnels. Il gère tout, à tout heure, s’arrange pour garantir une image positive de tous ses acteurs, fait disparaitre les éléments compromettants, protège les stars des journalistes.

Ave, César! : Photo Channing Tatum

Ave, César! : Photo George Clooney

Le film m’a un peu fait penser à la série Action qui critiquait le monde du cinéma avec son personnage principal, Peter dragon, le producteur. Ave Cesar rend hommage à l’époque des grands studios hollywoodiens, avec leur plateau gigantesque, rend hommage au cinéma US des années 50 avec le tournage d’un western, d’une comédie musicale, ou les grands drama romantiques en noir et blanc. Tout y passe, les financiers qui ne connaissent pas grand chose au cinéma mais qui financent tout et donc décident de tout, les acteurs stars qui sont très loin de l’image parfaite qu’en ont les spectateurs, la réalité des tournages, du figurant à la star en passant par la monteuse, le réalisateur, la maquilleuse. C’est très drôle, intelligent, le film est court mais chaque minute est bien utilisé.

Le Havre : affiche

Le Havre

de Aki Kaurismaki

André Wilms, Katie Outinen, Jean Pierre Darroussin, Blondin Miguel, Elina Salo, Evelyne Didi

4.5/5

Au Havre, Marcel Marx, cireur de chaussure, voit sa femme se faire hospitaliser pour une maladie grave. Il découvre également un jeune africain, Idrissa, immigré clandestin qui a échappé à la police. Marcel décide de tout faire pour l’aider à se rendre en Angleterre pour rejoindre sa mère. Marcel sera aider dans sa tâche par des habitants amis de longue date, mais devra faire aussi avec les délations de certains voisins.

Le Havre : photo Aki Kaurismäki

Le Havre : Photo Aki Kaurismäki

J’en avais entendu parler lors de sa sortie au cinéma. En voyant la bande annonce sur Arte, j’ai su tout de suite que le film allait me plaire. J’ai adoré Le Havre, sorte de conte moderne. Impossible de ne pas aimer le film, à commencer par l’acteur André Wilms qui incarne Marcel. L’acteur a une présence forte et impressionnante. Tout m’a plut dans ce film, les acteurs, les personnages, l’atmosphère parfois étrange. Les décors et accessoires nous renvoi aux années 50, certaines voitures, tenues et coiffures renvoi aux années 80 et en même temps, il y a des téléphones portables. On devine que le film se passe de nos jours, mais certains éléments nous renvoi à d’autre décennies.

Le Havre : photo Aki Kaurismäki

Il y a beaucoup d’originalité dans la mise en scène, les décors, il n’y a pas beaucoup de dialogue, les personnages ne disent que l’essentiel. J’ai adoré parcourir les rues du Havre en compagnie de Marcel, de le voir aller dans des camps de migrants clandestins à la recherche d’un membre de la famille du petit qu’il cache chez lui, aller à la prison, aller à l’hôpital voir sa femme malade. Le film nous parle de solidarité entre membres d’un même quartier, de trahison et de dénonciation. Les personnages sont tous attachants et le film a un coté conte de fée sur certains aspects de l’histoire. Un très beau film.

Le Trou : Affiche

Le trou

de Jacques Becker

Philippe Leroy Beaulieu, Marc Michel, Jean Keraudy, Michel Constantin

4/5

Gaspard, un jeune homme bourgeois condamné pour tentative de meurtre sur sa jeune épouse, est transféré dans une nouvelle cellule à la prison de la santé. Il se retrouve à cohabiter avec 4 autres détenus, qui ont prévus de s’évader de prison en creusant un tunnel. Ils n’ont pas d’autre choix que de le mettre dans la confidence. Gaspard sympathise avec eux et tente lui aussi de s’évader.

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Considéré comme l’un des meilleurs film de Jacques Becker, on suit les prisonniers dans le quotidien d’une prison, presque comme un documentaire. Le quotidien, le levé, le repas, le coucher, la surveillance, les gardiens, les tâches journalières pour occuper les détenus, et la fameuse mission pour mettre au point le plan d’évasion.

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C’est au final très prenant, très intéressant, on sent une tension qui monte, et surtout on voit la complicité, la solidarité entre prisonniers. La fin est vraiment tendue, avec un rebondissement de dernière minute, les affres de la nature humaine qui remontent à la surface et effacent la solidarité première. La dernière phrase prononcée et le dernier plan du film sont lourd de sens.

Falbalas : Affiche Jacques Becker

Falbalas

de Jacques Becker

Raymond Rouleau, Micheline Presle, Gabriele Dorziat, Jeanne Fusier Gir, Jean Chevrier

4/5

Micheline, jeune provinciale, va se marier avec un notable lyonnais. Elle monte à Paris pour préparer son mariage et tombe amoureuse de l’ami de son futur mari, Clarence créateur haute couture qui doit lui confectionner sa robe. Dragueur invétéré, il enchaine les conquêtes et séduit sans remord la jeune Micheline afin de se redonner de l’inspiration pour sa nouvelle collection. Il met un terme à leur relation et se lance dans ses nouvelles créations pour son prochain défilé. Micheline comprend la nature du monsieur et décide de se faire faire sa robe de marié chez lui comme prévu et de l’ignoré. Mais Clarence, en continuant de la côtoyer, se rend compte qu’il est amoureux d’elle et essaye de la reconquérir.

Falbalas : Photo Gabrielle Dorziat, Jacques Becker, Raymond Rouleau

L’histoire d’amour entre Micheline et Clarence n’a rien de bien glamour. Il l’a drague ouvertement, elle est flattée et séduite, ils ont une très courte liaison. Après ça, lui passe à autre chose, elle qui n’est pas du monde des artistes mais une bourgeoise bon chic bon genre, a du mal à comprendre ce qui vient de se passer. Alors qu’elle tente de continuer son petit train de vie, elle se rend compte qu’elle n’est pas amoureuse de son futur mari. Quant à Clarence il se rend compte qu’il ne peut plus chasser Micheline de son esprit et tente de la reconquérir.

Falbalas : Photo Jacques Becker, Micheline Presle

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Micheline est finalement le personnage le plus intéressant du film. Elle évolue beaucoup durant les quelques semaines que dure l’histoire. Elle tombe amoureuse, a le cœur brisé, découvre qu’elle n’aime pas assez son futur mari pour envisager de l’épouser, mais ne renonce pas pour autant. Finalement, elle se décide à dire la vérité au fiancé, qui lui pardonne tout, mais Micheline finit par renoncer et au futur mari et à Clarence. Ce que souhaite Micheline à la fin du film, c’est partir seule.

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Le point le plus intéressant dans Falbalas, ce n’est pas les relations entre les personnages, mais l’univers de la mode. On voit comment fonctionne une maison haute couture dans les années 40. Le créateur, ses muses, ses dessins, les petites mains qui font le travail, et la hiérarchie qui existe parmi les couturières avec les plus âgées qui ont une autorité et une présence très forte. La création d’une collection, et bien sur le défilé finale avec la traditionnelle robe de marié.

French Cancan : Affiche

French Cancan

de Jean Renoir

Jean Gabin, Françoise Arnoul, Maria Felix,

4.5/5

Au début du 20e siècle, Danglard est patron d’une salle de spectacle populaire à Montmartre. Danglard fait un peu fortune, mais passionné par le spectacle il pense à ouvrir un nouveau cabaret, le moulin rouge, et y remettre à la mode une danse d’antan que plus personne ne danse, le french cancan, afin d’attirer des spectateurs plus bourgeois. Il découvre par hasard la jeune Nini, blanchisseuse, et voit en elle une future danseuse. Il l’engage et l’envoi chez Guibole, la prof de danse qui accepte d’entrainer et de former les danseuses de son cabaret pour le french cancan.

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Montmartre, le monde du spectacle, les cabarets, le paris de la belle époque, les jeunes femmes qui brûlent leur jeunesse et leur beauté, des thèmes qui rappellent un peu le film Moulin rouge de Baz Luhrmann dont il s’est forcément inspiré.

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Pour un film français de 1955, le fait qu’il soit tourné en couleur est déjà assez marquant, mais il faut souligner le soin donné à la reconstitution du Montmartre de la belle époque. Les rues pavées, les escaliers, les petites collines, les travaux, les terrasses de café où les bourgeois se pressent. Danglard est un personnage très intéressant, passionné par le monde du spectacle, j’ai  beaucoup aimé son discours à la fin du film, qui se résume par the show must go on. C’est son seul vrai intérêt dans la vie, monter des spectacles, les produire, les voir naitre.

French Cancan : Photo

Autour de lui toute une galerie de personnage plus ou moins important, comme la jeune Nini, qui passe de blanchisseuse à danseuse du moulin rouge. J’ai beaucoup aimé son évolution, elle qui se destinait à épouser son ami du moment, le boulanger, et probablement devenir une épouse derrière la caisse de la boulangerie, à élever leurs enfants. Elle découvre le monde du spectacle et le monde tout court au bras de Danglard, et doit au final choisir sa vie: danseuse star du french cancan ou épouse de boulanger. Le premier choix c’est celui de la passion, de l’art, et puis un moyen pour Nini de s’affirmer, d’être indépendante, libre. Le second choix c’est celui de la raison et de la sécurité, un mari aimant et rassurant, une vie de famille paisible et plan plan. Pas de strass et de paillette, mais la vie d’artiste est aussi moins rassurante, plus dangereuse, comme le montre sa rencontre fréquente avec une vieille dame mendiante à qui Danglard donne toujours quelque chose et qui était autrefois une danseuse talentueuse.

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French Cancan : Photo

Le film nous passe tous les petits travers de la bourgeoisie parisienne, sa folie, son insouciance dans ce Montmartre début du siècle. Avec en final un magnifique spectacle de french cancan dans lequel Nini prend sa décision. Un spectacle plein d’énergie et de folie, avec des danseuses qui se donnent à fond entourer de spectateurs surexcités. Un beau film, qui se laisse voir avec grand plaisir et avec qui on ne voit pas le temps passé, un ton léger, plein d’humour et de tendresse et dans lequel on peut entendre la chanson célèbre La complainte de la butte, écrite et composée pour le film. A voir.

Dernières séances: Wind river – Blade runner 2049

Wind River : Affiche

Wind river

de Taylor Sheridan

Jeremy Renner, Elisabeth Olsen

4/5

Dans la colonie indienne de Wind river dans le Wyoming, Cory Lambert est un chasseur qui traque les prédateurs sauvages qui s’en prennent aux bétails des fermiers alentour. Il se remet difficilement de la mort de sa fille de 16 ans, survenue quelques années plus tôt. Depuis, il est séparé avec sa femme amérindienne et tient le coup en s’occupant de son fils. Alors qu’il traque une famille de puma, il tombe par hasard sur le cadavre de Natalie, une jeune femme de 18 ans, qui fut la meilleure amie de sa fille. Elle est morte de froid après avoir parcourus plusieurs kilomètres de nuit, pieds nus, par -30°. L’autopsie révèle un viol, Natalie aurait alors couru dans la neige pour échapper à ses agresseurs. L’agent du FBI Jane Banner se rend sur place et est aidée par le shérif locale et Cory qui avec ses dons de traqueur, remonte la piste des évènements.

Wind River : Photo Elizabeth Olsen, Graham Greene (II)

Taylor Sheridan est le scénariste des excellents Comancheria et Sicario. J’avais adoré ces deux films. Ici, Sheridan prend les commandes de la caméra. On retrouve le style de Sicario, pas dans la réalisation qui est efficace et simple, mais dans les personnages et l’histoire. Une enquête, une agent fédérale dépasser par le milieu inédit dans lequel elle met les pieds. On retrouve quelques similitudes entre l’héroïne de Sicario et celle de Wind river, des femmes fortes et déterminées, compétentes dans leurs domaines mais qui se retrouvent en terrain inconnus. Sheridan n’épargne pas ses héroïnes sur le plan physique.

Wind River : Photo

J’ai beaucoup aimé Wind river, je m’étais persuadée de certaines choses, je m’attendais à des révélations tordues et inattendues, mais en fait l’histoire de la victime est d’une banalité insupportable. La scène dans laquelle on voit ce qui est arrivée à Natalie est assez insoutenable car très réaliste et très crue, sans effet. Elle renvoie à la scène d’ouverture du film.

Wind River : Photo Jeremy Renner

Wind river est donc dure dans son réalisme, ça en devient trop violent. J’ai vu beaucoup de violence dans les films et les séries, mais j’ai été plus traumatisée par Wind river. Je pense que c’est du au fait que les choses qui arrivent à Natalie sont quasi quotidienne, traité sans fioriture ni effet, c’est d’un réalisme effroyable. Le film marque aussi par sa fin, qui fait un peu de bien. Les acteurs sont excellents et Sheridan nous entraine dans les réserves indiennes, territoires peu exploités par le cinéma. Un film à voir mais dure, à ne pas regarder dans un moment de déprime.

 

Blade Runner 2049 : Affiche

Blade runner 2049

de Denis Villeneuve

Ryan Gosling, Jared Leto, Ana de Armas, Robin Wright, Sylvia Hoeks

4/5

En 2049 l’agent K, un blade runner, est chargé de traquer des réplicants qui ont été membres d’une rébellion contre les humains quelques années auparavant. L’agent K est lui même un réplicant et il est très efficace dans son boulot. Alors qu’il vient de “retirer” un des réplicants recherchés, il découvre l’existence d’un enfant né du ventre d’une femme réplicant. Sa chef veut absolument enterrer l’affaire pour éviter une nouvelle rébellion et assurer l’ordre public. Elle charge K de retrouver la trace de cet enfant né 30 ans auparavant et de le “retirer”. Son enquête le mène sur les traces d’un certain Rick Deckard, ancien blade runner.

Blade Runner 2049 : Photo Harrison Ford, Ryan Gosling

Blade Runner 2049 : Photo Robin Wright, Sylvia Hoeks

Blade runner est un film culte qui a beaucoup influencé le cinéma SF aussi bien sur le plan du scénario que sur le plan du visuel et de la mise en scène. J’avais vu blade runner quand j’étais au lycée et j’avais adoré. Je l’avais revu au cinéma l’année dernière et si je trouve le film toujours très réussi sur le plan visuel, je lui ai trouvé quelques longueurs.

Blade Runner 2049 : Photo Ryan Gosling

Blade runner 2049 dure 2h45 et je ne me suis pas ennuyée une seconde. Peut être que si je vais le revoir une seconde fois je vais aussi trouver que le film a certaines longueurs. Sur le plan visuel et de la musique on retrouve beaucoup de points communs avec Blade runner. La mise en scène est très réussie, les décors aussi. J’ai aussi accroché à l’histoire, je me suis fait avoir comme le pauvre K. J’ai trouvé Ryan Gosling assez inexpressif mais c’est le rôle qui veut ça je suppose. Du coup, les rares scènes où il laisse ses émotions le submerger sont très réussies. On ressent tout son désespoir quand il découvre la vérité sur sa personne, toute sa colère quand il découvre certains éléments.

Blade Runner 2049 : Photo Ryan Gosling

J’ai donc trouvé l’histoire bien tournée, les effets visuels très bien fait, le décor et l’ambiance très proches du blade runner de 1982. Et j’ai aussi beaucoup aimé les personnages, celui de K, celui de l’impitoyable Luv, celui de Robin Wright…quelques clins d’œil à Blade runner sans pénaliser les spectateurs qui n’aurait pas vu le premier film. J’ai trouvé Blade runner 2049 plus sombre aussi, notamment à travers la destinée de K (SPOILER: K est l’élu puis finalement il découvre qu’il n’est personne, ce fut rude pour lui).

Blade Runner 2049 : Photo Ana de Armas, Ryan Gosling

C’est donc un très bon film de SF mais il n’aura surement pas le même impact que Blade runner, puisque Blade runner 2049 n’apporte pas une nouveauté ou une révolution dans le monde de la SF, mais c’est déjà pas mal.

Dernières séances: Good time – Dans un recoin du monde – Mary

Good Time : Affiche

Good time

de

Robert Pattinson, Ben Safdie, Talliah Webster, Jenifer Jason Leigh

2.5/5

Connie est très attaché à son frère, Nick, handicapé mental. Ce dernier est sur le point d’être envoyé dans une institution spécialisée mais Connie veut une vie normale pour son frère, sans qu’il se sente différent des autres. Il décide d’embarquer son frère dans le braquage d’une banque. Avec l’argent il compte offrir à son frère une vie calme et retirée mais le braquage tourne mal. Connie arrive à s’enfuir alors que Nick est arrêté par la police. Connie tente alors de réunir l’argent de la caution.

Good Time : Photo Robert Pattinson, Taliah Webster

Good time se déroule sur quelques heures seulement. Connie refuse de voir son frère aller dans un centre spécialisé, avec d’autre personnes attardées. Il rêve pour son frère d’une vie loin de tout, dans laquelle son frère ne sera pas confronté quotidiennement à sa différence, une vie dans laquelle il vivra libre sans le regard des autres. Durant une nuit, Connie s’acharne à trouver l’argent nécessaire pour faire sortir son frère de prison. Le film m’a paru un peu long, l’histoire m’a fait pensé un peu au roman Des souris et des hommes de Steinbeck. Connie est loin d’être une figure sympathique, prêt à tout pour faire sortir son frère, peu importe que d’autre en souffre.

Good Time : Photo Ben Safdie, Robert Pattinson

En bref, un film dont l’histoire n’a pas beaucoup d’intérêt, avec des acteurs qui se débrouillent bien notamment Ben Safdie qui joue le rôle de Nick.

 

Dans un recoin de ce monde : Affiche

Dans un recoin de ce monde

de Sunao Katabushi

4/5

Suzu quitte la région d’Hiroshima pour se rendre dans la famille de son nouvel époux, un jeune homme qui n’a jamais oublié sa rencontre avec Suzu quand ils étaient plus petits et qui est naturellement venu demander sa main à l’âge adulte. A peine 18 ans et Suzu quitte parents, frère et sœur pour une nouvelle maison et un mari qu’elle ne connait pas vraiment. Sous le toit familiale, il y a aussi ses beaux parents, très gentils, et parfois sa belle sœur qui vient en visite avec sa petite fille Harumi, belle sœur un peu plus difficile à vivre. C’est en pleine seconde guerre mondiale que Suzu fait ses premiers pas dans sa vie d’adulte, avec les alertes aux bombardements à répétition. Elle n’oublie pas pour autant sa vraie passion, le dessin, car Suzu a toujours eu une imagination débordante.

Dans un recoin de ce monde : Photo

Dans un recoin de ce monde, ça parle de l’enfance, de l’imagination, de la vie quotidienne, de la vie pendant la guerre. Suzu est un personnage très attachant. On la suit durant son enfance simple et heureuse, sa passion pour le dessin, son talent pour mettre en dessin son imagination débordante, c’est une fille pleine de vie, optimiste et tête en l’air, toujours dans la lune, perdue dans ses pensées.

Dans un recoin de ce monde : Photo

On la voit grandir, elle accepte la demande en mariage de celui qui l’a vu autrefois dans leur enfance et qui ne l’a jamais oublié. Suzu n’est pas amoureuse de son mari au début, puisqu’elle ne le connait pas du tout, mais apprend à le connaitre. J’ai beaucoup aimé sa vie de famille, son mari attentionné et aimant, tout comme ses beaux parents, compréhensifs et gentils. J’ai aussi aimé la belle sœur de Suzu qui, sous un aspect brusque et hostile, s’avère être une femme déterminée, bonne, forte et indépendante, dont la vie n’a pas toujours été facile.

Dans un recoin de ce monde : Photo

Le film alterne les moments de vie quotidienne et les affres de la guerre, avec une Suzu toujours joyeuse, toujours partante, jamais défaitiste. Elle a toujours des idées pour faire avec les pénuries de la guerre, comme reprendre des kimonos pour en faire des tenues plus adaptées, se contenter des restes et des rationnements alimentaires pour faire malgré tout des repas de fête et satisfaire l’appétit de tout le monde. J’ai adoré la séquence dans laquelle elle explique ses différentes recettes. On la suit dans les rues de Kure, se perdre dans le quartier rouge et sympathiser avec une prostituée sans s’en rendre compte.

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Le film enchaine les saisons tout en se dirigeant doucement vers la date fatidique du 6 aout 1945. Suzu vivra, durant la guerre, des épisodes douloureux, un énorme drame qui l’a laissera abattue, mais malgré ces malheurs, malgré la bombe, malgré la guerre et la destruction, Suzu reprendra toujours le dessus, avec son naturel positif. Le film n’essaye jamais de tirer les larmes du public, ne fait ni dans le drama ni dans le pathos. Il reste toujours tourné vers la vie, l’espoir et la joie de vivre, incarnés parfaitement par Suzu. C’est beau, poétique, parfois très réaliste, les dessins sont magnifiques, un animé à ne pas raté.

 

Mary : Affiche

Mary

de Marc Webb

Chris Evans, McKenna Grace, Octavia Spencer, Lindsay Duncan, Jenny Slate

3/5

Frank a tout abandonné pour s’occuper de Mary, la fille de sa sœur qui s’est suicidée peu de temps après son accouchement. Depuis, Frank élève comme il peut Mary tout en sachant qu’elle a hérité des dons incroyables de sa mère pour les mathématiques. Mary lit déjà des livres de mathématiques avancées alors qu’elle n’est pas encore entrée au primaire. Mais Frank espère la préservée le plus possible et souhaite qu’elle vive une enfance normale. C’est sans compter la grand mère, qui réclame la garde de Mary quand elle découvre ses dons. Elle espère développer les talents de Mary comme elle l’avait fait avec sa fille Diane, mais Frank ne veut pas lui céder la garde de Mary de peur qu’elle vive les même traumatismes que sa mère…

Mary : Photo Chris Evans, Lindsay Duncan, Mckenna Grace

Mary nous raconte l’histoire d’une enfant plus que surdoué. Ici Mary n’est pas seulement en avance, elle a une compréhension des mathématiques presque surnaturelle. D’un coté, Frank son oncle, a été témoin des souffrances de sa sœur Diane, qui a transmis son talent à sa fille Mary, et qui refuse qu’elle vive les même affres. Il souhaite que Mary vive une enfance normale. D’un autre coté, on a la grand mère qui souhaite que Mary se consacre entièrement aux mathématiques afin de révolutionner le monde des sciences et celui des hommes. C’est aussi un moyen pour elle de briller et de laisser sa marque, car si elle parle d’améliorer le sort de l’homme, elle parle aussi de vivre à travers sa fille et petite fille son envie de gloire scientifique, frustration avec laquelle elle a du vivre lorsqu’elle a du abandonner le monde de la recherche pour se marier.

Mary : Photo Mckenna Grace

Mary : Photo Chris Evans, Mckenna Grace

Le film reste mignon, l’histoire intéressante, certaines scènes sont too much, on sent l’envie de faire un peu pleurer dans les chaumières et d’émouvoir. Quelques touches d’humour, des acteurs sympathiques, une histoire de garde d’enfant très classique si ce n’est le coté surdoué de Mary. Un film sympathique mais qui ne restera pas dans les mémoires très longtemps.