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En ce sanctuaire

de Ken Bruen

4/5

On retrouve encore une fois le détective privé le plus torturé de Galway. Depuis la mort de Serena May dont il se sent responsable, Jack Taylor ne boit plus et pourtant ce ne sont pas les coups durs qui manquent dans sa vie. Cette fois ci, les mauvaises nouvelles sont annoncées dans une lettre, dans laquelle un dingue a décider de tuer certaines personnes par vengeance. Deux flics, une bonne sœur, un enfant… Lorsque Taylor prend connaissance de la lettre la liste est déjà entamée et les cadavres s’accumulent dans l’indifférence totale.

J’ai encore une fois adoré ce roman. Après autant de tomes tournant autour de Jack Taylor, j’ai toujours l’appréhension d’en commencer un autre, persuadé que je vais finir par être déçue. Peur de voir l’auteur tourner en rond car après tout, le lecteur en aura peut être marre de voir le héros de l’histoire se torturer, se souler, se droguer, se faire du mal, finir à l’hosto, repartir enquêter sur des histoires sordides…Mais au fil des tomes aucune lassitude.

J’adore retrouvé le style, l’écriture de Bruen, ces phrases courtes et efficaces, une écriture pleine de noirceur de cynisme, de réparties cinglantes, comme l’est son héros Jack Taylor, auquel on ne peut s’empêcher de s’attacher malgré les défauts nombreux du monsieur. En fait quand on y pense, Jack Taylor est presque un saint, il ne s’intéresse pas à l’argent, ni à s’enrichir, il ne cherche ni la gloire ni la reconnaissance, il rêve seulement qu’on lui fiche la paix, mais ne peut s’empêcher d’intervenir face à une injustice.

Ici, Taylor replonge dans l’alcool après plusieurs tomes d’abstinence, suite à des révélations qui le font vaciller de colère. J’ai encore une fois adoré retrouvé son ami, toujours aussi énigmatique, j’aime la relation qu’il a avec Taylor. Vivement le prochain tome…

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Tortilla flat

de John Steinbeck

3.5/5

Tortilla flat c’est un quartier sur la cote californienne au début du 20e siècle. La première guerre vient de se finir, et les habitants du quartier sont toujours aussi pauvres. Certains s’en sortent mieux que d’autre. Danny, un homme pauvre qui dort là où il peut, apprend un matin qu’il a hérité de son père de deux maisons dans le quartier de tortilla flat. Deux ruines diraient certains mais pour Danny ce sont de vrais châteaux. Une des maisons brule par accident, reste encore à Danny un toit, sous lequel ne tarde par à venir certains amis de Danny, comme Pilon, Pablo, Jesus Maria, Big Joe, ou encore Pirate. Mais être propriétaire entraine des responsabilités que Danny n’a pas forcément envie d’assumer.

J’avais adoré Des souris et des hommes et j’ai donc continuer ma découverte de l’auteur avec Tortilla flat. La plupart du roman nous présente les différents personnages qui gravitent autour de Danny. Ici, la morale n’est pas très présente, les habitants du quartier vivent en toute liberté, peu importe la morale sociale des hommes. Ainsi, les amis de Danny sont parfois voleurs, vils, menteurs, malhonnêtes même entre eux, mais dans les coups durs souvent, ils peuvent compter les uns sur les autres. Parfois ils peuvent être sans pitié, et parfois ils peuvent se mettre en quatre quand ils découvrent une famille qui n’a plus de nourriture à donner aux enfants faute de récolte annuelle. Parfois ils peuvent se battre pour un rien ou se voler entre eux, et parfois ils peuvent s’émouvoir devant l’historie d’un inconnu père d’un bébé mourant.

Au final, Tortilla flat c’est surtout des petites anecdotes, des petites histoires de quartier qui décrivent la vie d’une petite ville pauvre dans le début des années 20. C’est aussi toute une philosophie sur la liberté de l’homme. Quand Danny était pauvre et sans toit, il était finalement plus heureux que lorsqu’il devient propriétaire. Car du moment où il possède une maison, les demandes des autres, les responsabilités, les factures, les actes administratifs lui tombent dessus, ce qui entrainera la dépression de Danny qui au final, était bien plus heureux quand il dormait sous des cartons dans la forêt, rencontrait ses amis au hasard des chemins, et dont la seule préoccupation du jour était de trouver de quoi manger et surtout de quoi boire. L’incendie volontaire de la maison de Danny par les survivants de l’histoire viennent rendre la liberté de chacun de faire ce que chacun désire. J’ai de loin préféré Des souris et des hommes, qui est une histoire plus construite que Tortilla flat qui ressemble plus à des nouvelles qu’à un roman.

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Le tour du monde du roi Zibeline

de Jean Christophe Ruffin

3/5

Au 18e siècle, Auguste Benjowski, un noble polonais, rencontre aux États Unis un Benjamin Franklin vieillissant. En compagnie de sa femme, Auguste s’emploie à lui raconter son histoire. Sa jeunesse dans le château familiale avec un père rustre, ses campagnes militaires à travers l’Europe, son exil en Sibérie, sa rencontre avec sa femme, sa fuite à travers les mers, jusqu’en Chine puis au Japon, avant d’échouer en France puis à Madagascar.

J’aime beaucoup les romans de Jean Christophe Ruffin, en particulier les romans historiques. J’avais adoré Rouge Brésil, L’abyssin et Sauvez Hispahan, mais j’avais moins accroché à des romans plus contemporains comme Le parfum d’Adam. Du coup quand l’auteur sort un roman historique qui parle de voyage et de pays étrangers, j’étais motivée au point d’aller l’acheter sans passer par la case livre de poche, même si je l’ai quand même acheté d’occasion.

Et bien finalement, j’ai été un peu déçue. On lit les aventures assez extraordinaires d’Auguste, j’ai beaucoup aimé la partie dans laquelle il raconte son enfance dans le château familiale froid et lugubre, au coté d’un père un peu barbare et du fantôme de sa mère qu’il n’a jamais vraiment connue. Il passe ses années pré adolescentes auprès d’un précepteur français, qui lui inculque les valeurs du siècle des lumières, ce qui lui vaudra d’être renvoyer comme un malpropre par le père, mais qui aura un impact énorme sur le jeune Auguste.

Auguste laisse ensuite la place à sa femme Aphanasie, qui raconte sa vie de jeune fille dans un camp pour exilés en Sibérie. Cette partie là aussi était assez intéressante, la vie dans la ville-camp, son père alcoolique et méprisant, sa mère qui a souffert d’un mariage sans amour ni respect, et ses sœurs ainées, toutes mariées par leur père en fonction de leur statut social, sans qu’elles aient eu leur mot à dire sur le choix du conjoint et qui subissent leurs mariages comme une agression perpétuelle. Aphanasie va alors rencontrer Auguste et tout va changer.

C’est à partir de leur départ de Sibérie que les choses se gâtent un peu. C’est pourtant la partie que je pensais le plus aimé, moi qui avait adoré les romans de l’auteur qui racontaient des voyages, des périples, des rencontres. Ici, les choses restent trop superficielles. Il arrive à nous faire imaginer la vie des exilés sur le bateau que prennent Auguste, Aphanasie et d’autres exilés pour fuir, on sent les difficultés du voyage en mer, mais la façon de raconter l’histoire joue un rôle important dans le fait que je n’ai pas particulièrement accroché. Auguste raconte les étapes de son voyage sans passion ni émotion, tout comme Aphanasie. Il y a peu de dialogue, il n’ y a pas beaucoup de vie dans les phrases énoncées par les personnages. C’est un peu froid et on a donc du mal à s’attacher aux personnages. Ils iront entre autre au Japon et en Chine, mais il n’y a que très peu de description. Autant dans ces précédents romans on avait l’impression d’y être rien qu’en lisant les descriptions des paysages, les senteurs, les détails des villes, de la population, des rencontres, autant ici il n’y a rien de tout ça. Au Japon il n’y a quasi pas de détails, de descriptions, les personnages que les héros rencontres sont quasi invisibles car très peu décrits, et le manque de dialogue n’arrangent rien. Pareil lorsqu’ils sont en chine. Seul leur voyage à Madagascar prend une autre dimension, on ressent plus les paysages, l’atmosphère, le peuple, leur tradition, les interactions qu’ils ont avec les héros, même si il n’y a pas beaucoup de place pour présenter ces nouveaux personnages. D’ailleurs on n’en sait pas beaucoup sur ceux qui entourent Aphanasie et Auguste, les personnes qui passent des années en mer à leur coté sont à peine d’écrites, exception faite de l’amie qu’Aphanasie se fait à Paris, le temps de leur passage.

Et puis je n’ai pas compris l’intérêt qu’il y avait à les faire raconter leur histoire à Benjamin Franklin. Que vient il faire là dedans? Pas grand chose. J’attendais la fin du livre pour voir la raison de leur venue, mais au finale, cette raison n’a pas vraiment lieu d’être, aucun intérêt. La fin du livre et de la destinée d’Auguste est bien décrite et assez poétique, ça rattrape un peu le reste, mais je ne peux m’empêcher d’être déçu, le potentiel était intéressant pourtant, on aurait pu avoir là un grand roman d’aventure à la mesure de Sauvez Hispahan/l’Abyssin ou Rouge Brésil, dommage.

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Dernière lecture: La mort dans les nuages d’Agatha Christie – L’ile de Peter de Alex Nikolavitch – Wildfire de Ilona Andrews – Agatha Raisin la quiche fatale de MC Beaton

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La mort dans les nuages

de Agatha Christie

4/5

Hercule Poirot rentre à Londres par le vol de 8h45. A son bord que le gratin: une lady, une vénérable, une jeune femme qui a gagné au loto, un dentiste, un père et son fils célèbres archéologues français, un écrivain, un médecin…et une vieille dame qui à l’atterrissage ne se réveille pas. Hercule Poirot n’est pas content, comment un meurtrier à pu avoir l’audace d’assassiner sous ses yeux? hors de question de se laisser humilier de la sorte pour le détective belge. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne découvre qui a fait le coup.

Un bon cru que cet Hercule Poirot! le célèbre détective prend l’avion et bien entendu, un meurtre à lieu durant le vol. J’ai beaucoup aimé suivre l’enquête, surtout que Poirot est très actif dans ce tome ci. Il fait des filatures, part à Paris, revient en Angleterre, côtoie la haute société, des archéologues, un romancier, un dentiste. J’ai aussi beaucoup aimé la collaboration amicale entre l’inspecteur Japp, l’inspecteur Fournier et Poirot. Son duo avec la jeune et jolie Jane Grey est très sympathique. Il y a quelques touches d’humour, du suspense, on ne s’ennuie pas! J’ai revu l’adaptation télé peu de temps après et pour le coup, le roman est bien meilleur.

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L’ile de Peter

de Alex Nikolavitch

2.5/5

L’inspectrice Wednesday et son coéquipier parcours les rues de Manhattan. Ils gardent à l’œil un certain Joab, un chef de gang. Ce dernier est à la recherche d’un certain petit homme à lunette et au ventre rebondi appelé Mouche. Elle retrouve le Mouche en question mais  alors que Mouche semble s’évaporer dans une vapeur étrange, Wednesday et Joab sont entrainés dans son sillage et se réveillent sur une ile tropicale aussi étrange que mystérieuse. Wednesday y découvre des pirates, des indiens, un crocodile qui fait tic tac, et un homme enfant qui semble boudé au sommet de l’ile…

Le principe de départ est originale,  une flic de New York propulsée sans le vouloir sur une ile perdue dans l’espace temps et qui s’avère être l’ile de Peter Pan, une ile aux propriétés magiques, surnaturelles, figée dans le temps depuis plusieurs siècles. J’ai eu l’impression qu’il s’agissait d’un mix entre Peter Pan et la série Lost. Les personnages sont plutôt intéressants, notamment celui du capitaine crochet et de Mouche, qui racontent leurs passés de marin et de pirate avant de se retrouver coincés sur l’ile et de devenir des personnages légendaires. J’ai bien aimé les parties où l’on découvre un peu la vie passé de Crochet et de Mousse, surtout ce dernier d’ailleurs, un roman entièrement consacré à leur vie de pirates partis piller les bateaux avant d’entendre parler de cette ile mystérieuse et d’en faire leur obsession aurait été plus intéressant que l’histoire que j’ai lu. Reste un roman originale et un peu étrange, avec quelques bonnes idées, mais qui manquent de développement.

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Wildfire

de Ilona Andrews

3.5/5

3e tome des aventures de Nevada et de Rogan. Dorénavant Nevada ne peut plus se cacher et doit absolument se déclarer comme Prime et déclarer sa famille comme une Maison pour obtenir la protection des Primes de Houston et ainsi éviter les attaques de sa grand mère paternelle qui a retrouver leur trace. La grand mère de Nevada voudrait bien récupérer ses petits enfants pour reconstituer sa Maison. Nevada décide alors d’enregistrer comme Maison Baylor toute sa famille afin d’assurer leur sécurité. Entre temps, elle reçoit la visite de Rayna, l’ex fiancée de Rogan. Elle vient demander de l’aide à Nevada pour retrouver son mari qui a mystérieusement disparu.

Les couvertures de cette série sont toujours aussi moches mais encore une fois une lecture pleine de rebondissement, d’action, d’humour. On découvre enfin quels sont les pouvoirs de certains membres de la famille de Nevada, on a droit à un tête à tête entre Nevada et sa diabolique grand mère qui garde le sens de la famille malgré tout, on retrouve des personnages attachants comme Bug, Cornelius, Mathilda, par contre dommage que l’on ne voit pas Augustine auquel je m’étais un peu attaché. L’intrigue est prenante, la disparition du mari de Rayna est intéressante et bien ficelée. Et puis bien sur la relation entre Rogan et Nevada est très réussie dans son évolution. Une série Urban fantasy sympathique, distrayante, pleine d’action et d’humour avec des personnages bien développés. Il devrait y avoir un 4e tome selon l’auteur, si les ventes du 3e tome sont à la hauteur des attentes, la maison d’édition en commandera un 4e et si ce n’est pas le cas l’auteur le publiera sur son site. Mais aux dernières nouvelles les ventes étaient plus qu’excellentes. A suivre.

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Agatha Raisin tome 1, la quiche fatale

de MC Beaton

3/5

 

Agatha Raisin aura bientôt 50 ans et vient de vendre son entreprise de relations publiques pour qu’elle puisse couler une retraite dorée et réaliser son rêve, celui d’acheter un cottage dans les cotswolds. Agatha dit donc adieu à la vie trépidante de Londres pour s’installer dans un jolie cottage dans un charmant petit village. Agatha se rend vite compte que les habitants, si ils sont tous très polis avec elle, ne cherchent pas du tout à la connaitre. Les relations restes superficielles. Elle décide alors de participer à un concours de quiches et pour s’assurer la victoire elle décide d’acheter sa quiche chez l’un des meilleurs traiteurs londonien plutôt que de la faire elle même. Hélas, le président du jury ne déclare pas Agatha vainqueur et en plus il a le mauvais gout de mourir empoisonné plus tard chez lui après avoir mangé les restes de la quiche. Bien que la police décide de se prononcer pour un accident, Agatha renifle le meurtre et commence à fouiner.

J’avais entendu parler des romans, mais j’ai d’abord regarder l’adaptation télé. La série m’a beaucoup plut, j’ai trouvé ça drôle, pétillant, surtout grâce à l’actrice qui joue Agatha, Ashley Jensen. Du coup j’ai eu envie de lire le premier tome.

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On se rend compte assez vite en lisant le livre, que le roman a été écrit il y a un moment (début 90), et qu’il n’y avait donc ni internet ni téléphone portable pour aider à résoudre les enquêtes. Le personnage d’Agatha, quoique parfois agaçant dans son comportement, reste attachante. Sure d’elle, déterminée, volontaire, elle a créer seule une entreprise florissante et décide de couler des jours calmes à la campagne. Mais très vite elle déchante, elle s’attendait à de véritables amitiés avec les gens du coin, mais elle trouve leur relation avec elle superficielle et distante, alors qu’en réalité, Agatha ne se rend pas compte que progressivement, elle tisse des liens profond avec certains membres du village.

J’ai bien aimé ma lecture au finale, l’intrigue policière est sympa à suivre, on découvre la vie de village, les points négatifs, les points positifs, on apprend à connaitre les différents personnages qui entourent Agatha, comme l’inspecteur de police qui s’attache très vite à Agatha, son ancien employé Roy, qui apporte pas mal d’humour, la femme du révérend, les piliers du pub local…

Il y a quelques traits d’humour, pas mal de rebondissements, les questionnements d’Agatha concernant sa nouvelle vie. Une lecture sympa, mais dommage que les tomes ne sortent pas en poche, ce sont des formats entre deux, qui coute quand même 14 eur l’unité. Je lirais peut être la suite si ils sortent en poche ou si je les trouve d’occasion.

 

 

Chemin de croix de Ken Bruen

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de Ken Bruen

4/5

Jack Taylor, le détective privée irlandais est toujours en proie à ses démons. L’alcool, la culpabilité, son passé trouble. Alors qu’il est confronté à un drame personnel, on lui demande d’apporter sa lumière sur une enquête difficile, le meurtre d’un jeune homme qui a été retrouvé crucifié. En même temps, le représentant d’un quartier bourgeois lui demande son aide sur la disparition de plusieurs chiens.

Toujours un plaisir de retrouver Jack Taylor, ses démons, son passé, son alcoolisme, sa solitude, et les horreurs qui croisent sa route. Comme dans chaque tome, Jack est un survivant. Cody, son nouveau pote qu’il considère comme un fils d’adoption, se meurt à l’hopital, et tout son monde s’écroule. Comme pour la météo irlandaise, à chaque fois qu’un rayon de soleil arrive à éclairer la vie de Jack un gros nuage bien sombre vient gacher la fête.

Avec tout les malheurs qu’il a vécut ou dont il a été témoin, on se demande comment Jack réussi à continuer, à vivre chaque jour, à se lever de son lit, et à ne pas retomber dans l’alcool. Car ça fait bien trois tomes qu’il n’a pas bu une goutte, et on se demande comment il tient, tant les mauvaises nouvelles s’enchainent pour lui.

Avec Ken Bruen, même en faisant subir des choses bien difficiles à son personnage central, on ne ressent jamais de malaise, de mélancolie, de tristesse. Les dialogues fusent comme dans chacun de ses romans, toujours le même style littéraire qui me plait: phrase courte, dialogues bien tournés, avec le lecteur qui suit les pensées de Jack, qui avance dans les rues de Galway à ses coté, comme un témoin muet et invisible. On se promène entre les pubs, les resto, les quartiers bobo, les quartiers populaire avec une ville en pleine transformation, des immeubles anciens démolis, des logements beaucoup plus cher qui se construisent à la place.

Encore une fois j’ai adoré. Ici l’intrigue policière est importante et bien menée, c’est sombre, cynique. J’ai adoré retrouver le personnage de Stewart qu’on avait connu dans un tome précédent. Je ne pensais pas le revoir, mais Jack croise sa route et j’ai beaucoup aimé l’évolution de son personnage. Stewart a changé suite à son séjour en prison, il fait dans le minimalisme et la zen attitude, sans pour autant abandonner certains de ces démons. J’ai beaucoup aimé leur duo. Et la fin du roman contient  une très belle scène, celle où Jack règle un problème dans l’océan. Je pouvais voir la scène dans ma tête comme si j’étais au cinéma. Vivement la suite.

Témoin muet Agatha Christie

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De Agatha Christie

4/5

Miss Arundel, une vieille demoiselle comme on en fait plus, est affublée de neveux et nièces qui sont tous après son argent. Bella et son mari, un docteur grec, Richard, un vaurien plein de charme, et Thérésa, la sœur de Richard, qui ne sait pas vivre autrement que dans le luxe. Miss Arundel reçoit tout ce beau monde dans sa maison pour le week end de pâques. Un soir, la voilà qui tombe dans les escaliers. Elle aurait pu facilement mourir, mais elle a la chance de s’en sortir sans mal. C’est encore la faute du chien, Bob, qui laisse toujours trainé sa balle dans les escaliers, c’est bien connu dans la maison. Mais miss Arundel n’est pas tranquille et décide d’écrire à Hercule Poirot.

Un bon vieux Hercule Poirot! c’est comme retrouver un vieil ami. J’ai beaucoup aimé cette histoire qui part d’une mort naturelle, passe par une tentative d’homicide avant de se lancer dans une enquête pour meurtre. Les habituelles suspects défilent, les neveux et nièces assoiffés d’argent qui courent après l’héritage. Et une vieille dame lucide, qui ne supporte pas les vautours qui se disent être sa famille.

Toujours une enquête intéressante à lire, les incontournables interrogatoires, les innombrables suspects. J’ai pris plaisir à écouter Hasting nous raconter cette histoire, la manière dont il a de percevoir les choses et sa nouvelle amitié avec le chien de la victime, Bob. Et son amitié avec Hercule Poirot. Hasting en a assez de l’arrogance de son ami, de sa clairvoyance là où Hasting ne comprend rien. Mais il aime quand même le voir résoudre toutes les énigmes les unes après les autres. Il y a pas mal de rebondissements, et surtout beaucoup d’humour, comme d’habitude.

Encore un très bon roman policier de la part d’Agatha Christie, entre Londres et la campagne anglaise.

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Le train bleu

D’Agatha Christie

4/5

Comme chaque année, les londoniens de la bonne société fuient les hivers anglais pour se rendre sur la rivièra. Et quoi de plus chic que de s’y rendre en prenant le luxueux train bleu. Dans les compartiments de luxe, on peut y croiser Mme Kettering, fille d’un millionnaire américain qui est décidée à entamer une procédure de divorce dès son retour de vacance. Elle voyage en compagnie de sa femme de chambre et de son cœur de feu, un célèbre collier de rubis, cadeau de son père. Mais lorsque le train arrive à Nice, Mme Kettering est retrouvée assassinée, et les rubis envolés. Malheureusement pour le meurtrier, se trouvait à bord du train un certain Hercule Poirot…

J’avais vu il y a un bon moment, l’adaptation bbc de ce roman, mais en commençant ma lecture, je ne me souvenais plus du tout du coupable, et c’est tant mieux!

On suit donc la belle et déterminée Mme Kettering monter à bord du train bleu en compagnie de ses rubis. J’ai beaucoup aimé les personnages qu’on croise dans ce roman, mr Kettering qui n’aime plus sa femme, et qui se rend compte que sa maitresse reste avec lui uniquement pour son argent, j’ai beaucoup aimé Katherine Grey, issu d’une bonne famille qui a été ruinée et qui a du passer les dix dernières années de sa vie comme dame de compagnie pour une vieille femme acariâtre, mais qui a eu la bonne surprise d’hériter de la fortune de la vieille dame, fortune dont personne ne soupçonnait l’existence. Elle décide de profiter de la vie en s’offrant un voyage en train bleu. J’ai aussi beaucoup aimé sa visite chez des cousins lointains, qui se rappellent à son bon souvenir quand ils découvrent sa nouvelle fortune. Lady Tamplin est agaçante au possible à la limite du supportable, alors que sa fille Lennox est attachante et sympathique.

J’ai adoré suivre l’enquête d’Hercule Poirot, très actif et très présent, les interrogatoires, les indices, les coups de colère, l’amitié, l’indulgence et l’attachement qu’il ressent pour les plus jeunes, notamment envers Katherine, Lennox et Zia. Un de mes Agatha Christie préféré!

Discussion entre Hercule Poirot et son majordome George:

– la personnalité d’un criminel, George, est une chose passionnante. Les meurtriers sont souvent des gens charmants.

– j’ai entendu dire que la compagnie du docteur Crippen était très recherchée. Et pourtant il a coupé sa femme en petits morceaux.

-vos observations sont toujours pertinentes Georges.


-l’écureuil mon bon George, ramasse des noisettes. Il les emmagasine à la fin de l’automne afin d’en profiter plus tard. L’humanité,  George, devrait tirer des leçon du comportement de ses frères inférieurs. C’est ce que j’ai toujours fait. J’ai été le chat guettant la souris, le bon chien flairant sa piste sans jamais la quitter. J’ai emmagasiné un petit fait par ci, un petit fait par là. Et à présent je vais dans ma réserve chercher une certaine noisette, une noisette que j’ai mise de coté il y a environ 17 ans. Vous me suivez George?

– J’étais loin de penser monsieur, que l’on puisse garder des noisettes aussi longtemps. Mais je sais qu’à présent on fait des merveilles avec les bocaux à conserves.

Poirot le regarda et sourit.


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Les ombres de Kerohan

de NM Zimmermann

3.5/5

Au 19e siècle, Viola 12 ans et Sébastian 7 ans, viennent de perdre leur mère. Leur père les envoi chez leur oncle qui habite le manoir familiale en Bretagne, le temps de régler certaines affaires. Le plus dure pour les deux enfants, c’est qu’ils doivent s’installer pour un temps indéterminé chez un oncle qu’ils ne connaissent pas, seuls. Après un long voyage en train, ce n’est pas leur oncle qui les attends dans une gare déserte, mais un homme étrange, le docteur Vesper, un ami de leur oncle. Ils arrivent au manoir tard dans la nuit. Viola s’inquiète vite de leur quotidien dans ce manoir désolé. Son oncle est rarement présent, et sa tante et cousine toujours enfermées dans leur chambre. Seule la gouvernante s’occupe de les nourrir et de l es coucher le soir. Sebastian par contre ne parle que de créatures étranges et de fantômes qu’il aperçoit parfois. Viola pense que son petit frère a trop lu de contes mais elle se rend vite compte que le manoir renferme bien des mystères.

J’ai lu beaucoup de romans de cette romancière jeunesse, et j’ai beaucoup aimé la plupart de ces romans. J’avais eu notamment un gros coup de cœur pour sa trilogie Eden city, le premier roman que j’avais lu d’elle. Et j’avais aussi beaucoup aimé ces autres romans, Disparition, Alice Crane, Dream box ou encore Sous l’eau qui dort. NM Zimmermann a un univers originale et bien à elle, un univers sombre, parfois trop pour du jeunesse, mais en tant qu’adulte, j’aime beaucoup! Certaines histoires sont très sombres, d’autre vraiment flippantes.

Dans les ombres de Kerohan, on part s’installer dans un manoir de Bretagne au 19e siècle. Ce roman est destiné à un public plus jeune que les romans que j’ai lu jusqu’ici, c’est donc un peu moins sombre, moins dure, mais il y a toujours un univers fantastique, des personnages ambigus. C’est l’une des choses que j’aime énormément dans les romans de cet auteur, les personnages ne sont pas du tout manichéens.

On est tout de suite mis dans l’ambiance avec ce manoir perdu au milieu de nulle part, ce voyage en train presque fantomatique, et ces deux pauvres enfants, trop jeunes pour pouvoir s’en aller, mais assez grand pour se rendre compte que quelque chose cloche. J’ai beaucoup aimé Viola et son frère Sébastian, Viola très pragmatique, qui a les pieds sur terre, et ne veut pas se laisser influencer par l’imaginaire enfantine de son frère qui est beaucoup plus ouvert face aux choses surnaturelles.

C’est un huis clos de plusieurs semaines qui se déroule dans le manoir. Les deux enfants se sentent fragiles et dans l’insécurité suite au décès de leur mère et à la fuite de leur père dans les affaires. Les enfants doutent quant au retour de leur père. Et puis ces évènements surnaturels étranges, mystérieux et qui deviennent très vite angoissants.


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Le bras de la vengeance

de Thomas De Quincey

3/5

1816, dans une petite ville allemande tranquille, des meurtres sanglants sont perpétrés. Les tueurs semblent attaquer que durant la nuit. Des vieilles personnes ou des personnes un peu plus jeunes, des femmes, des hommes, des célibataires, des personnes mariées, tout le monde y passe. Il semble que les tueurs n’agissent pas au hasard, puisqu’ils épargnent certains membres de la famille, quand ils s’attaquent à une maison. Mais qui se cache derrière ses meurtres horribles?

L’histoire est racontée par l’un des personnages du roman et il nous plonge dans un village allemand qui connait durant plusieurs mois l’horreur, avec des meurtres violents et sanglants, qui semblent frapper un peu au hasard. Les victimes sont toutes tuées dans leur propre maison. Alors que le narrateur nous relate ces meurtres qui secouent la ville et qui ne semblent pas se calmer, il nous raconte aussi en parallèle, l’arrivée d’un jeune homme remarquable, beau, intelligent, issu d’une bonne famille avec des origines anglaises, et qui a servit l’armée de l’empereur. Il est accueilli chez le narrateur, le temps pour lui de faire quelques années d’études bien méritées. Il nous raconte comment l’une des plus jolies et des plus gentilles filles de la ville est tombée sous son charme et vice versa, au grand désespoir d’un autre jeune homme qui espérait l’épouser.

C’est tragique, mélancolique, finalement les meurtres passent au second plan dans la deuxième moitié de l’histoire. Une nouvelle qui commence comme une histoire d’horreur et qui finit à la limite du roman gothique. Une lecture intéressante qui n’ennuie pas, l’écriture est fluide et on a bien entendu, envie d’aller jusqu’au bout et savoir le pourquoi de ces meurtres.


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Orange tome 1

4/5

Naho, 16 ans, lycéenne ordinaire, reçoit une bien étrange lettre en ce premier jour de rentrée scolaire. La Naho du futur, âgée de 26 ans, lui écrit. Elle espère que la Naho de 16 ans pourra éviter de faire les erreurs qu’elle a commise pour ne pas avoir les même regrets. Chaque matin ou presque, Naho reçoit donc une lettre, dans laquelle son elle du futur lui raconte les évènements importants et les décisions qu’elle doit prendre.

Ce manga je l’ai découvert sur le blog d’ori, et son avis m’a vraiment donné envie de le lire. En générale, j’aime bien les mangas, mais je ne me lance dans quasiment plus de série, car la plupart du temps elles sont interminables, et au bout d’une dizaine de tomes, c’est souvent une lassitude que je ressens. Dans le cas d’Orange, la série ne comporte que cinq tomes, ce qui m’a encore plus motivée.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome, Naho est, comme souvent dans les mangas dits pour fille, une jeune ado peu sur d’elle, qui n’ose pas, mais finalement elle reste un personnage très crédible, et pas aussi fleur bleue et mièvre que certains autre mangas shojos que j’ai pu lire. On s’attache vite à son groupe d’amis, tous ayant des caractères différents. Voir Naho prendre le risque d’oser faire ou dire des choses parce que la lettre de son elle du futur le lui conseille, est intéressant à voir. Ces décisions changent finalement peu de choses, ou de manière très subtil, c’est un peu comme l’effet papillon, sur le moment ces choix différents n’entrainent que très peu de changement dans le quotidien de Naho, mais on devine qu’un effet boule de neige peut tout changer pour la Naho du futur. C’est aussi une lecture assez émouvante, notamment quand on lit les passages se situant 10 ans dans l’avenir et qu’on voit ce qu’il est advenu du groupe d’amis de Naho. Hâte de lire la suite.


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Le bras atrophié et Les intrus de la maison haute

de Thomas Hardy

4/5

Le bras atrophié: Dans une ferme, Rhoda la laitière fut autrefois la maitresse du maitre des lieux, mr Lodge, mais pour des raisons qu’on ignore, il n’a jamais voulu l’épouser. Aujourd’hui Rhoda est solitaire parmi les autres laitières, et élève seule le fils qu’elle a eut avec mr Lodge. Un jour ce dernier revient en ville avec sa toute jeune épouse, Gertrude, jolie et joyeuse. Rhoda est aigrie de se retrouver mère célibataire. Une nuit, Rhoda rêve qu’elle agrippe violemment le bras de Gertrude. Le lendemain, Gertrude vient se présenter à Rhoda. Finalement entre les deux femmes, une certaine amitié est en train de naitre. Mais Gertrude découvre sur son bras, une marque laide qui ne fait que s’aggraver. Serait-ce une malédiction issu du rêve de Rhoda?

Les intrus de la maison haute: Darton, un riche fermier, se rend de nuit à la Maison Haute, pour rejoindre sa fiancée Sally. Dans quelques jours ils célèbreront leur mariage, pour le plus grand plaisir de la mère de Sally, contente de voir sa fille épouser un si bon parti. Mais voilà, alors que le fiancé tarde, le frère de Sally, parti plusieurs années auparavant faire fortune en Australie, débarque sans prévenir. Il revient chez lui aussi pauvre qu’un mendiant avec sa femme Hélène, et leurs deux enfants. Au même moment, Darton arrive aussi et semble être reconnaitre la jolie Hélène. Sally ne manque pas le regard que pose son fiancé sur sa nouvelle belle sœur…

J’ai beaucoup aimé ces deux nouvelles, l’auteur sait installé une atmosphère et sait développer des personnages en très peu de pages, c’est très réussi.

J’ai beaucoup aimé Le bras atrophié, l’amitié entre ces deux femmes qui n’étaient pas faite pour se rencontrer, une Rhoda aigrie d’être mère célibataire sans avoir pu se faire épouser par son amant, et la belle et jeune Rhoda, qui voudrait que son mariage marche mais dont le monde s’écroule doucement brique par brique, quand elle comprend que sa marque sur le bras ne disparaitra pas. On ressent le désespoir de Gertrude, ses visites chez le vieux sorcier, sa motivation à aller jusqu’au bout pour essayer de sauver son mariage, plutôt que de rester sans rien faire à attendre que le temps passe.

Mais je pense que j’ai préféré la seconde nouvelle. Dans Les intrus de la maison haute, on s’attache très vite aux personnages, on apprend à les connaitre, aussi bien que si on avait lu un roman de 300 pages, et c’est un vrai exploit je trouve. Sally est un personnage indépendant et intéressant à suivre, j’ai beaucoup aimé lire les rebondissements, l’intrigue, lire les choix malheureux de Darton. Deux nouvelles aussi riche que des romans, Thomas Hardy a un don pour raconter les histoires.

La main droite du diable de Ken Bruen

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4.5/5

On retrouve Jack Taylor dans son Galway natal, en Irlande. A la suite des évènements tragique dans la fin du tome précédent (Le dramaturge), Jack Taylor, détective privé à ses heures perdues, est en hopital psychiatrique, en mode légume. Finalement, grâce à quelques mots que lui diront un autre patient, Jack sort du brouillard et reprend sa vie là où il l’avait laissé. Plus d’alcool, et même plus de cigarette, c’est la révolution chez Jack Taylor. Il a même un peu de chance qui lui sourit. Mais voila que son ennemi de toujours, le père Malachy, vient lui demander son aide. Un prêtre vient d’être retrouver décapiter dans son église. Le père Joyce était soupçonné fortement d’être un pédophile. Malachy lui demande de retrouver le meurtrier et Taylor accepte, bien qu’il pense que ça risque de lui apporter des ennuis. Il croise également la route de Cody, un jeune homme persuadé d’être un Taylor plus jeune, et qui rêve d’ouvrir avec lui une agence de détective digne de ce nom.

J’adore Jack Taylor, cet homme trop écorché vif, trop à fleur de peau, qui ne laisse rien couler, qui est trop dans l’émotion, toujours dans la rage, la colère, le manque de retenu. Toujours dans l’alcool, la clope et même la drogue à un moment de son passé bien lourd. J’adore le suivre dans les rues de Galway, l’entendre décrire les irlandais, l’Irlande, sa météo, son caractère. J’aime le voir remarquer les changements et la modernité dans sa ville, pour le pire et le meilleur.

J’ai adoré les quatre premiers tomes, même si j’ai un gros faible pour le premier, Delirium tremens. Dans La main droite du diable, on commence comme souvent avec Taylor, par un Jack qui se sent mieux, qui fait des efforts, qui reste sobre. Souvent dans les romans de cette série policière, Jack finit par déraper, par se laisser submerger par ses émotions, par sa colère, et finit dans le fond d’une bouteille de whisky. Cette fois ci, ce n’est pas le cas, enfin Jack Taylor a réussi à vaincre un peu ses démons. Les occasions de replonger sont nombreuses pourtant, les tentations très présentes, mais Jack tient bon, car sa culpabilité est plus forte, il ne se pardonne pas les évènements horribles de la fin du tome 4. J’ai d’ailleurs mis du temps à digérer et à lire le tome suivant.

L’intrigue est intéressante, mais les anecdotes et témoignages des pauvres victimes du prêtre pédophile, qui sont maintenant adultes, c’est dure à lire, violent. Taylor nous raconte comment les prêtres et les nonnes étaient adulés, et comment les pauvres petites victimes ne pouvaient rien dire et de toute façon personne ne les entend.

Un excellent tome, avec un Jack Taylor qui doit rester sobre, plus pour certaines personnes qu’il espère voir aller mieux, que pour lui même. Comme d’habitude, c’est bourrer de références littéraires et musicales et ce style sobre, court, un humour noir et pleines de réparties cinglantes. J’ai beaucoup aimé son amitié avec le jeune Cody, et la fin m’a laisser encore une fois un peu traumatisé, mais cette fois ci, j’ai bien envie de lire très vite le tome suivant.

La fille au revolver de Amy Stewart

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4/5

1914, dans une petite ville de la cote est américaine, vivent les sœurs Kopp. Constance l’ainée de 35 ans, Norma sa cadette et Fleurette la petite dernière qui va bientôt fêter ses 16 ans. Les sœurs Kopp vivent isolées dans une ferme à l’extérieur de la ville de Paterson, au grand désespoir de leur frère ainé, Francis, qui aimerait bien voir ses soeurs venir s’installer chez lui et sa femme afin de garder un œil vigilant sur elles. Mais il n’en est pas question pour les sœurs Kopp, indépendantes et qui aiment leur liberté. Alors qu’elles se rendent en ville dans leur carriole, elles sont percutées de plein fouet par une automobile, conduite par un certains Henry Kauffman et ses amis. Constance réclame alors 50 dollars à Monsieur Kauffman, le prix des réparations de la carriole, mais ce dernier, patron d’une usine de soie, n’est pas d’accord. C’était sans compter l’obstination de Constance mais Kauffman avec sa bande de bons à rien, se met à harceler les sœurs Kopp et à leur envoyer des menaces en tout genres.

J’avais croisé ce roman à plusieurs reprises sur les blogs, et les avis m’avaient plutôt donnés envie. L’histoire des sœurs Kopp est tirée de véritables faits divers et de véritables personnages. Ainsi les trois sœurs Kopp ont réellement existé, elles ont vraiment fait l’objet d’harcèlement et de menace de la part de Kauffman et de ses acolytes. Certains autres personnages secondaires ont réellement existé aussi.

J’ai beaucoup aimé les sœurs Kopp. Elles ont chacune leur caractère et leur force, leur qualité et leur défaut. Constance l’ainée, qui se sent responsable de ces sœurs, à la particularité de mesurer 1,80m, ce qui pour l’époque devait être hors norme! C’est un personnage très attachant, elle est forte et déterminée, têtue, volontaire, mais à ses petites faiblesses, ses petites douceurs. Norma la cadette est  au final plus rude que sa soeur ainée, elle est plus acharnée et travailleuse que ses sœurs, c’est elle aussi qui apprécie le plus la vie à la ferme, et c’est une passionnée des pigeons voyageurs. Quant à Fleurette c’est celle qui a le plus de liberté dans le sens où elle est encore très inconsciente du danger. Elle est romantique, elle rêve d’aventure et de rencontres étranges, au grand désespoir de ces soeurs. Fleurette c’est aussi la plus coquette, elle adore les franfreluches, à un talent particulier pour la couture, et adore la danse et le théâtre. Chacune a un caractère bien trempée.

L’enquête criminelle n’est pas vraiment le plus intéressant du roman. L’histoire avec Kauffman permet de sortir les sœurs Kopp de leur torpeur, de leur petite vie monotone et sans saveur. Elles vont devoir sortir plus souvent de leur ferme, faire des rencontres, avoir des aventures palpitantes, apprendre à tirer au revolver. On en apprend beaucoup sur l’époque, les usines de soies de la région, le quotidien des ouvriers, les grêvistes, le système judiciaire, le système pénitencier, la technologie et les mœurs qui évoluent, l’image de la femme. C’est surtout ça qui m’a intéressé dans ma lecture, avec bien sur suivre le quotidien des soeurs Kopp, en apprendre beaucoup sur leurs origines et leurs passés.

Seul bémol, le livre est parfois, surtout dans sa seconde moitié, un peu répétitif, une menace de Kauffman, la réaction des soeurs Kopp, une visite chez le shériff pour en parler et retour case départ. Parfois, il y a certains épisodes qui ne sont pas utiles et une petite impression de tourner en rond, mais vraiment une ou deux fois, ce qui ralentit le rythme. Sur le site de l’auteur, on trouve des photographies d’époque sur lesquelles on peut voir les soeurs Kopp ou encore le shérrif Heath. Un 2e tome est sortie, j’attendrais qu’il sorte en poche pour le lire, en espérant ne pas trop attendre, car je me suis vraiment attachée aux sœurs Kopp!