Dernières lectures: Le sorceleur tome 1, le dernier vœu de Andrzej Sapkowski – Les neiges du Kilimandjaro de Ernest Hemingway – Des souris et des hommes de Steinbeck – Magic binds de Ilona Andrews

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Le sorceleur, le dernier vœu

de

3.5/5

Géralt de Riv est un sorceleur, un être humain qui a acquis des pouvoirs surnaturels après une formation durant son enfance, incluant de boire certaines potions et de subir certaines transformations. Parfois les enfants meurt de ce traitement, parfois ils survivent comme Géralt, et deviennent des sorceleurs qui acceptent, moyennant finance, de débarrasser certaines villes ou campagne de monstres et créatures malfaisantes. Avec son cheval et son épée, Géralt parcours le monde entre deux missions qui lui permettent de se faire un peu d’argent.

Le dernier vœu est le premier tome d’une série de fantasy très connue, qui a inspiré un jeux vidéo et que j’ai découvert sur le blog du Capharnaum éclairé. Dans ce premier tome ce n’est pas une intrigue unique qui occupe les pages, mais plusieurs petites nouvelles qui mettent en scène Géralt. Mais même si ce sont des nouvelles, ce ne sont pas juste de simples petites intrigues indépendantes les unes des autres. Elles permettent de faire connaissance doucement et tranquillement avec le héros, de connaitre son entourage, notamment son meilleur ami Jaskier le barde, avec qui il vit quelques aventures, Nenneke, la prêtresse du temple de Melitele, qui connait depuis très longtemps Géralt et qui connait ses blessures intérieures, ou encore la femme qu’il aime plus que tout, Yennefer, dont la première rencontre nous ait raconté dans la dernière nouvelle.

Pour devenir l’un des meilleurs sorceleurs du monde, si ce n’est pas le meilleur, Géralt a subit des transformations plus importantes que les autres, du fait de sa grande résistance aux potions. Depuis, il a perdu toute coloration des cheveux, mais aussi une partie de son humanité. Il s’oblige ainsi à suivre une ligne directrice, il met en place un système de valeurs à ne surtout pas transgresser, pour se rappeler qu’il est bien encore un être humain.

Les histoires de ce premier tome m’ont toutes plut, mais j’ai mes préférées, notamment Un grain de vérité, dans laquelle Géralt va rencontre Nivellen, un homme transformé par un sort en bête hideuse. C’est tout simplement une revisite de La belle et la bête, sans tomber dans le romantisme. Ici, la bête Nivellen a su tirer parti de son apparence,  de sa fortune et de son château. L’histoire est bien tournée et l’humour bien présent. J’ai aussi beaucoup aimé Le moindre mal, dans laquelle on fait connaissance avec une femme surnommée Pie grièche, qui est à la tête d’une troupe de nains brigands. Vous l’aurez compris, ici c’est une revisite de Blanche neige. Sauf que la pauvre princesse à du fuir sa belle mère qui voulait sa mort, à subit des violences extrêmes avant de pouvoir trouver les moyens de se rebeller et de se sauver, en devenant la chefs des brigands. L’histoire est très prenante, mais j’ai trouvé le passé de la Pie Grièche vraiment glauque…

Heureusement, les nouvelles Une question de prix et Le bout du monde apportent plus d’humour, surtout la nouvelle Le bout du monde, avec Jaskier, le barde poète qui n’en rate pas une. Je lirais très vite la suite je pense, peut être pas tous les tomes, on verra si l’histoire me lasse, mais en tout les cas, les deux prochains tomes sont déjà dans ma PAL.

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Les neiges du Kilimandjaro

de Ernest Hemingway

3/5

Un homme atteint de gangrène attend les secours dans son campement en Afrique. Parti avec sa maitresse, une femme très riche, l’homme devient cynique, méchant, mélancolique, au fil que les heures passent et que la gangrène envahit son système. En attendant des secours qui ne viendront peut être jamais, l’homme blessé se remémore certains épisodes de sa vie, se souvient de ses amours, analyse sa relation actuelle.

Pour ma première lecture d’Hemingway, j’ai choisi ce recueil de nouvelle. La plus connue, qui a été adapté en film, Les neiges du Kilimandjaro, se lit bien. Les scènes se déroulant dans le présent, durant lesquels ont peut lire les paroles souvent dure du héros, sont les plus intéressantes. J’ai moins aimé les flashback dans son passé, même si on comprend un peu mieux le personnage, son coté cynique. Il passe son temps à dénigrer la femme dont il est sensé être amoureux, celle qui le soigne et reste à ses cotés en attendant les secours. Il passe son temps à dénigrer les gens riches en incluant sa maitresse, tout en nous faisant comprendre que lui même n’a fait que rechercher toute sa vie leur compagnie. Bref, on ne se prend pas de sympathie pour les personnages, mais la fin est assez frappante.

L’autre nouvelle qui m’a beaucoup plut, probablement plus que Les neiges du Kilimandjaro, c’est l’heure triomphale de Francis Macomber. On suit un couple marié de la haute société en safari en Afrique. Les Macomber sont accompagnés par un guide professionnel, monsieur Wilson. En quelques pages ont en apprend beaucoup sur ces trois personnages. Wilson est un guide et chasseur passionné par son métier mais assez froid, respectueux des règles et des animaux malgré son métier de chasseur, chaque chasse est abordé comme un duel. Les animaux sont décrit comme des créatures gracieuses et dignes, et le couple Macomber dégouline de défauts humains. Margaret Macomber est une femme assez exécrable, mais son mari n’est pas mieux. Entre les deux, c’est une lutte entre dominant et dominé, Margaret profitant de la moindre faiblesse de son mari pour s’affirmer, et Francis capable de tout dès qu’il a repris confiance en lui. Le trio infernal est passionnant à suivre et la fin surprend le lecteur comme rarement, c’est la nouvelle que j’ai préféré.

Pour ce qui est des autres nouvelles, ce sont parfois deux ou trois pages de rien du tout. On passe des États Unis à Madrid, en passant par la Suisse, mais je n’ai accroché à aucune autre de ces nouvelles. Pour la plupart, il ne s’y passe rien, ça ne raconte pas grand chose, comme l’impression de lire des amorces de romans, qui auraient ensuite été abandonné par l’écrivain, plutôt que de véritables nouvelles.

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Des souris et des hommes

de John Steinbeck

4.5/5

Dans les années 30 aux États Unis, George et Lennie sont  deux amis d’enfance qui ne se quittent jamais. Ensemble ils vont de ranch en ranch pour travailler comme ouvrier agricole. George doit toujours s’occuper de Lennie, un colosse qui ne sait pas contrôler sa force physique et qui est attardé mentale depuis l’enfance. Naïf et enfantin dans son comportement, George le traine comme un boulet, mais ne peut se résoudre à l’abandonner. Ils finissent par se faire engager dans un nouveau ranch, le temps de se faire un peu d’argent. Car George et Lennie ont un rêve, celui de s’acheter un petit lopin de terre pour vivre tranquille dans leur coin, loin du monde, un endroit sur lequel ils feront ce qu’ils veulent, quand ils veulent, sans rendre de compte à personne.

C’est mon premier roman de Steinbeck. Ce fut une lecture assez particulière. L’histoire se déroule sur deux ou trois jours, tout au plus, et quasiment en huis clos, dans ce ranch, et en particulier dans le baraquement des ouvriers. George est un homme pauvre, intelligent, dans la moyenne, qui aurait pu se faire une petite vie simple quelque part, s’il n’avait pas ce besoin de trainer partout Lennie, un colosse qui ne maitrise pas sa force, qui est attardé sur le plan mental, et qui a le comportement d’un enfant simplet. George et Lennie sont amis d’enfance, et George considère Lennie comme un petit frère. Lennie se rend utile dans les ranchs grâce à sa force supérieure, mais il s’attire des ennuis, créer des catastrophes, et oblige George à prendre le large.

Steinbeck décrit particulièrement bien et avec peu de mots l’ambiance et le décor des baraquements des ouvriers agricole du ranch, on imagine sans difficulté comme les ouvriers sont installés, comment ils vivent, comment ils interagissent entre eux. Il y a une sorte de hiérarchie parmi les ouvriers, comme Slim, l’homme de sagesse, vers qui tout le monde se tourne quand il y a une décision à prendre. On fait connaissance avec Candy, l’homme à tout faire depuis qu’un accident l’a privé d’une de ses mains, Curley, le fils du patron un peu égocentrique, qui se croit invincible, et qui ne sait pas contrôler sa femme qui avait des rêves d’actrice, ou encore Crooks, palefrenier noir qui vit à l’écart des autres hommes.

Tout au long du récit, George et Lennie évoquent leur rêve simple et pourtant si inaccessible, celui d’acheter un petit lopin de terre qu’il a repéré et qui est dans leur moyen s’ils arrivent à bosser plus d’un mois dans le même ranch, ce qui n’est pas simple avec Lennie. Ils rêvent d’avoir leur petite maison, avec un poêle bien chaud au milieu, de la terre autour pour élever quelques poules, quelques cochons, quelques brebis, quelques lapins, vivre à l’abri du monde, de ses méchancetés, vivre sans avoir de compte à rendre à un patron, sans devoir trimer toute la journée.

On n’est pas surpris par la fin, je m’y attendais, l’atmosphère est décrit très justement par Steinbeck, avec des mots simples il retranscris toute la dureté de son récit, de ces hommes, de leurs destinées impitoyables, de leurs vies qui n’en est pas vraiment une. Les dernières pages sont très belles.

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Magic bind

de Ilona Andrews

4/5

9e tome des aventures de Kate Daniels, qu’on retrouve ici en plein préparatif de son mariage avec Curran, préparatifs qui ne l’intéresse pas. Les sorcières l’appellent toutes les cinq minutes ou presque pour lui annoncer l’apocalypse et la guerre avec son père, le puissant Roland. Les visions des sorcières sont toutes plus horribles et pessimistes les unes que les autres. Sa meilleure amie Andrea est sur le point d’accoucher, Julie joue les héroïnes solitaires, et Christopher révèle sa véritable nature. Sans parler que Saiman est enlevé par Roland, ce qui constitue un acte de guerre…

Bref, encore beaucoup d’actions, beaucoup de rebondissements, beaucoup de petits drames, j’adore toujours autant suivre Kate dans sa vie. J’adore toujours autant tous les personnages qui l’entoure, Derek, Julie, Jim, Andrea, Barabas, Christopher, Ghastek, bien que tous ne soient pas toujours très présent, la part belle est faite à Christopher ou Julie. J’ai adoré la présence de la tante de Kate, c’est à dire la sœur de Roland, qui revient d’entre les morts sous forme de fantôme, pour donner des conseils à Kate afin qu’elle batte son père sur le terrain de la guerre. J’ai adoré leurs discussions, leurs interactions. Et la relation père-fille est toujours aussi passionnante, entre un père très très énervé par les agissements de sa fille chérie, et un père souriant et fier quand il assiste à son mariage, complètement paradoxale! Difficile de savoir comment il réagira et comment finiront les choses…

L’humour est d’ailleurs très présent malgré les menaces qui grondent, l’action ne retombe pas, les pages défilent toutes seules. Je trouve toujours cette série de romans aussi prenante. Les personnages sont tous très attachants et intéressant à suivre dans leurs défauts et dans leurs qualités, Kate est un personnage féminin fort mais pas sans faille, j’adore toujours autant la relation entre Kate et Curran, qui forment l’un de mes couples de roman préféré, leur relation est toujours parfaitement équilibré, pas de dominant ici, et ça fait du bien à lire. Une série vraiment réussie, et j’ai hâte de lire la suite de leurs aventures.

Dernières lectures: Prenez soin du chien de JM Erre – Le pacte obscur t1 de Bettina Nordet

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Prenez soin du chien de JM Erre

3.5/5

A Paris, rue de la Doulce Belette, les locataires de deux immeubles qui se font face ne se supportent pas. Au mieux ils se méprisent au pire ils se détestent. Parmi eux, Max Corneloup qui écrit des feuilletons pour la radio et qui est persuadé que son voisin d’en face, Eugène Fluche, peintre sur œufs, l’espionne. Madame Ladoux, concierge au numéro 5, écrit toutes les semaines à sa mère, morte il y a plusieurs année et déteste cordialement Madame Polenta, la concierge trop sexy du numéro 6. Il y a aussi M. Zamora un cinéaste aux idées dingues, Madame Poussin et son fils autiste, Madame Sabaté et son fils psychopathe Bruno ou encore Madame Brichon dont le chien Hector a été assassiné, ce qui l’a rend complètement hystérique.

ça fais je ne sais combien d’année que j’ai quelques romans de monsieur Erre dans ma PAL  et je n’ai jamais pris encore le temps d’en lire un! J’ai décidé de commencer par son premier livre donc. C’est à ce genre de roman que je m’attendais en le commençant, une histoire loufoque, des dialogues cinglés, des personnages qui le sont encore plus, des situations ridicules, beaucoup d’humour, beaucoup d’absurde.

Erre nous présente des personnages tout ce qui a de plus communs, de plus banal. Max Corneloup est un célibataire qui aspire à une vie ennuyeuse et morne, mais il va vite déchanté quand il se met dans la tête que son voisin d’en face l’espionne jour et nuit. Le voisin en question, Eugène Fluche, qui passe sont temps à peindre des œufs s’imagine la même chose et une guerre silencieuse et passive commence. Les deux immeubles sont bourrés de personnages complètement grotesques ou absurdes, comme Zamora, un réalisateur de film qui n’utilise que des images d’autres films montées ensembles pour raconter une autre histoire, ou encore un écrivain raté de romance érotique que personne ne lit. Ou encore une concierge qui passe son temps à écrire les derniers potins à sa mère en maison de retraite, sauf que cette dernière est morte depuis plusieurs mois.

Le roman cache une petite réflexion sur le processus d’écriture, comment créer une histoire, comment créer des personnages, comment les faire interagir, et quelles destinées leurs donner. Prenez soin du chien se compose quasi uniquement que de lettres, mails, extraits de presse et journaux intimes écrits par les personnages, pour faire avancer une intrigue policière absurde, qui se déroule sur plusieurs mois, raconté avec un humour encore plus absurde, j’adore ce genre de littérature, même si la fin du roman c’est du grand n’importe quoi, je ne compte pas en rester là avec les romans de JM Erre.

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Le pacte obscur de Bettina Nordet

1.5/5

Jana, flic à Marseille, voit sa vie chamboulée quand elle rencontre un certain Kell, qui l’entraine dans une folle course poursuite jusqu’en Australie, pour fuir des poursuivants violents et tenaces. Jana ne tarde pas à comprendre que ses poursuivants n’ont rien d’humains, tout comme son sauveur Kell, qui s’applique sans faille pour assurer la sécurité de Jana mais qui en même temps, ne peut pas la saquer, lui lançant constamment des regards de pures haines que Jana ne s’explique pas. Jana ne va pas tarder à découvrir le pourquoi de tous ça…

Après la jolie surprise que fut Kayla Marchal, j’ai voulu tenter à nouveaux un roman fantasy écrite par une française, mais cette fois ci la surprise fut bien mauvaise. Autant avec Kayla Marchal, j’ai aimé l’univers, les personnages, la maitrise de l’auteur, l’intrigue, la fraicheur des dialogues, autant ici c’est la douche froide.

On fait connaissance avec Jana une femme flic qui vit à Marseille que je n’ai jamais comprise, jamais appréciée. Elle est attaquée par des créatures qui s’avèreront être des loups garous et décide de suivre son sauveur inconnu et brutal, ok à la rigueur. Elle le suit partout jusqu’à prendre l’avion jusqu’en Australie alors qu’elle ne sait pas du tout qui il est, là j’ai tiqué, mais là encore je me suis dis ok à la rigueur passons. Elle découvre vite que Kell ne ressent que haine et mépris pour elle, pour des raisons qu’elle ignore, il ne ressent ni compassion ni sympathie pour elle… sauf lorsque monsieur se trouve sur une terre sacrée, j’entends par là cimetière et église, là le Kell se transforme en homme gentil, affable, attentionné, etc etc. Mais comment peut on comprendre alors le comportement de Jana? à l’abri pour quelques heures dans une église, en compagnie d’un homme qu’elle ne connait pas, qui a été horrible avec elle, alors qu’elle est poursuivie par des créatures impitoyables, qu’elle ne comprend rien à ce qui lui arrive, elle apprend par un coup de téléphone que ces parents sont morts assassinés par ses poursuivants. Bon, et la première chose qu’elle trouve à faire? ba s’envoyer en l’air avec Kell, cet homme qui l’a malmène depuis quelques jours, qui ne dit rien de son identité, mais qui sur le sol de l’église devient bizarrement gentil et ça lui suffit à la Jana, elle ne versera même pas une larme pour ses pauvres parents, et tous ça en l’espace de quelques minutes. Quelques heures dans l’église, quelques secondes au téléphone et bam…Alors là, j’ai fait une pause dans ma lecture, je me suis dis WTF?? du grand n’importe quoi, zéro crédibilité, franchement déçue. J’ai du attendre deux, trois jours avant de reprendre ma lecture, ne voulant pas m’arrêter au milieu.

Ajouter à ça des dialogues mal fichu, un humour qui tombe trop souvent à plat, des références aux séries, mangas, films pas toujours pertinentes, une héroïne de 28 ans qui sort des expressions et des mots parfois vieillots, ringards, une héroïne qui parfois parle comme une populo qui essaye de faire de l’humour et parfois parle de manière guindée, comme si l’auteur selon son humeur, changeait le style de la demoiselle. Jana raconte l’histoire à la première personne du singulier, et parfois nous répète sur un ou deux paragraphes le résumé de l’intrigue,  ce qui est parfois un peu lourdingue.

La deuxième moitié est un peu plus intéressante, quand l’héroïne arrête de fuir et découvre un autre monde. Mais là encore son personnage me pose problème. J’ai tiqué quand elle nous joue l’adolescente fleur bleue transi d’amour pour un nouveau personnage, mais j’ai pardonné quand j’ai compris qu’elle était sous l’emprise d’une influence magique. Ceci dit, pardonné à moitié, parce qu’on sent que l’auteur se cherche des excuses pour faire en sorte que son héroïne Jana, se tape des mecs, histoires d’introduire quelques scènes hot, ce qui ne fait qu’accentué ce coté ridicule du personnage. Jana reste un personnage pour lequel je ne me suis pas du tout attachée, dont le comportement n’est pas souvent crédible, qui est très souvent énervante.

L’auteur introduit dans cette deuxième moitié toute une mythologie, tout un monde fantastique, par le biais d’un archiviste censé expliquer à Jana les tenants de ce monde nouveau pour elle, donc manière assez didactique de nous présenter ce monde, ce qui n’est pas le mieux pour nous lecteurs. J’ai tout de même continuer ma lecture, un peu moins péniblement que dans la première partie du roman. Dans le dernier quart, les rebondissements se multiplient, les choses s’accélèrent enfin, on ne s’ennuie pas contrairement à la première partie qui fut plus laborieuse, mais mon avis reste très mitigé malgré tout.

Parce que même quand une histoire ou une idée est bonne (ce qui n’est pas forcément le cas ici), quand le roman repose à 90% sur son personnage principal, si ce personnage ne plait pas aux lecteurs c’est une lecture foutue. Surtout pour un roman d’urban fantasy dont l’ambition est de divertir, une héroïne ou un héros réussi c’est la base d’un roman d’urban fantasy réussi.

Dans le cas du Pacte obscur, l’histoire, l’idée n’est pas si mauvaise, mais je n’ai pas pour autant trouvé tout ça bien originale. Je n’ai pas beaucoup de motivation à en découvrir plus ou à en apprendre plus sur ce monde que l’auteur nous présente. Il y a quelques personnages secondaires qui m’ont plut et qui seront probablement plus développés dans les suites, mais le fait que cet univers ne m’a pas particulièrement intéressé et surtout le fait que je ne me suis pas du tout attaché à l’héroïne au comportement pas toujours crédible, je ne pense pas lire la suite…

Dernières lectures: Les délices de Tokyo et Kayla Marchal l’exil

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De Durian Sukegawa

4/5

Sentaro est gérant d’un petit boui boui qui vend des dorayakis, des petites crêpes japonaises fourrées à la pâte de haricot confit. Il gère les lieux pour le compte d’un patron envers qui il a une dette. Un jour, une vieille dame, Tokue, se présente et se propose pour être engagée comme aide aux cuisines. Au début, Sentaro ne l’engage pas, la dame est vieille et n’a pas l’air bien solide, et ses mains toutes recroquevillées ne plaident pas en sa faveur. Mais après qu’elle lui ai fait gouter à sa pâte de haricots confits qu’elle confectionne elle même, Sentaro est convaincu: Tokue est engagée et viendra un matin sur deux pour lui apprendre et l’aider à faire les haricots confits, processus qui prend plusieurs heures. Dès lors, les ventes explosent et la clientèle augmente.

J’avais vu le film il y a quelques semaines, et j’avais adoré, alors quand j’ai vu que c’était adapté d’un roman, j’ai pas hésité. Le roman reprend donc la trame du film, Sentaro qui vend des dorayakis pour le compte d’un patron envers qui il a une dette. Il rencontre Tokue, vieille dame qui sait confectionner de la pâte de haricot confit comme personne et qui va transmettre son savoir à Sentaro. Au fil des pages, on découvre de Tokue a souffert dans sa jeunesse de la lèpre et à travers son personnage et son histoire, on découvre comment la lèpre a touché le Japon après la seconde guerre mondiale, et comment les malades étaient traités. Emmener dans des sanatoriums, on traitait les malades comme de vrais prisonnier. Ils avaient interdiction de sortir du camp, coupaient tout les ponts avec leurs familles pour qui ils étaient une honte, les malades se voyaient attribués de nouveaux noms et prénoms et toutes leurs affaires étaient brûlés à leur arrivée. Tokue raconte son histoire, son arrivée au sanatorium à l’âge de 14 ans, son mariage avec un autre malade qui sera stérilisé pour qu’il n’y ait pas d’enfant, son absence totale de contact avec sa mère, qui l’accompagna en pleure sur le quai qui l’emmenait au sanatorium de Tokyo.

J’ai adoré le roman, qui se concentre plus que le film sur la destinée des malades de la lèpre au Japon, ceux qui étaient touchés que légèrement, ceux qui conservaient de graves séquelles, la joie que les ex malades, guéri depuis longtemps, ont ressenti lorsqu’en 1996, la loi de confinement des anciens malades a été abrogée, et leur tristesse quand ils se sont rendus compte qu’à leur âge, ils ne pouvaient plus espérer ni reprendre contact avec leurs familles, ni refaire une vie en dehors du sanatorium.

L’apprentissage des haricots confits ne représente qu’une petite partie du roman, c’est plus une métaphore d’apprentissage de la vie. Tokue essaye de transmettre à Sentaro qui pourrait être son fils et à Wakana qui pourrait être sa petite fille, les leçons de vie qu’elle a apprise dans sa dure existence. C’est d’ailleurs dommage que dans le roman, la relation entre Tokue et Wakana ne soit pas plus développé, elle l’est est peu plus dans le film, car dans le roman, c’est surtout le point de vue de Sentaro qui est mis en avant, du coup on approfondie pas le personnage de Wakana suffisamment.

La première moitié du roman est parfois un peu étrange dans sa construction, dans les mots choisis, comme si la traduction du japonais au français nous fait perdre un peu de la poésie ou de la qualité d’écriture. La seconde moitié est mieux écrite, et la fin poignante, avec les déclarations de Tokue, les visites de Sentaro et Wakana au sanatorium, et les dernières pages sont très touchantes, pleines de poésie et de douceurs. Un jolie roman.

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de Estelle Vagnier

3.5/5

Kayla Marchal est une jeune morph, c’est-à-dire une humaine capable de se changer en animal et dans son cas, en loup. Les morph vivent répartis en clans et meutes, chaque clan vivant selon leurs propres règles. Kayla n’a pas connu sa mère, morte assassinée quand elle avait un an, et a été élevée par son grand père, le chef de meute, l’alpha. En tant que futur alpha, Kayla a été élevée durement par son grand père. Mais alors que tous les autres membres de la meute se sont transformés en loup pour la première fois dès la puberté, Kayla à 18 ans n’a toujours pas réussi. Depuis l’entrée dans l’adolescence, elle est devenue un paria, au mieux ignorée, au pire humiliée et battue sans cesse par ceux qui étaient, il n’y a pas si longtemps, ses amis. Peu de temps après son 18e anniversaire, Kayla est mise à la porte par son grand père, qui décide qu’elle ne peut plus vivre parmi eux tant qu’elle n’aura pas réussi à se métamorphosée en loup. Se sentant trahie par sa seule famille, Kayla n’a pas d’autre choix que de prendre la route. En s’arrêtant en ville, elle fait la connaissance de Ian, un loup appartenant à une autre meute. Kayla se présente à l’alpha de la meute, comme le veut le protocole, le père de Ian, qui décide d’accueillir Kayla parmi eux, en souvenir de sa défunte mère que lui et sa femme ont très bien connu dans le passé. Kayla accepte en espérant apprendre tout ce qu’elle souhaite concernant sa mère. Mis à part Ian le fils de l’alpha, Kayla fait la connaissance de Julie, Jeremiah et Max. Mais si Kayla n’a besoin de personne pour se défendre physiquement, elle manque cruellement d’expérience pour lire le cœur des gens, n’ayant pas eu beaucoup d’occasion de sortir de sa meute.

J’ai découvert ce titre d’urban fantasy sur amazon, et après avoir lu quelques avis positifs, je me suis lancée. C’est écrit par une française, et j’aime bien donnée une chance aux écrivains français dans le domaine de l’urban fantasy ou du fantastique, on a parfois de bonnes surprises.

Ici au départ, on ne sort pas trop des sentiers battus, un monde de morph (ou changeforme), des clans, des meutes, une héroïne jeune et jolie un peu naïve et un triangle amoureux en apparence.

Mais pas d’inquiétude, finalement je ne trouve pas que l’auteur soit tombé dans le piège du triangle amoureux et c’est tant mieux. Car même si les trois héros masculins sont décrits comme de vrais apollons, Kayla ne ressent rien pour deux d’entre eux, et c’est assez vite que le lecteur s’en rends compte.

J’ai beaucoup aimé finalement. L’univers est bien décrit, bien maitrisé par l’auteur, les clans, les meutes, la mythologie et l’histoire de ce peuple qui vit parmi les humains ou pas, sans pour autant se mélanger. Ce premier tome présente cet univers et ces caractéristiques, son passé et ses conflits intérieurs. Il présente aussi les personnages et si j’ai adhéré dès les premières pages à ce roman, c’est surtout pour son héroïne, Kayla, qui m’a plut. Elle n’est pas une pauvre jeune fille sans défense qui doit toujours être sauvée in extremis par de beaux mâles en puissance, en tant que morph elle a une force supérieur à la majorité et en tant que futur Alpha, elle a une puissance souvent supérieur aux communs des morph et a l’habitude de se battre avec tous les autres morph qui l’a passe à tabac au quotidien dans son clan. Donc de ce coté là, ce n’est pas la jeune fille en détresse. C’est elle qui raconte l’histoire, elle a de l’humour, de la répartie, mais n’est pas sans défauts, car la belle Kayla n’est quasiment pas sortie de son clan, durant ces 18 premières années, et coté relationnel elle n’est pas très douée.

Alors évidemment elle n’est pas très douée pour communiquer avec les garçons, elle perd souvent tous ces moyens. Mais j’ai justement aussi beaucoup aimé sa fraicheur, son naturel, son manque d’assurance, ses maladresses, après tout elle a 18 ans tout justes et ne connait pas grand-chose du monde extérieur.

C’est un roman qui se lit facilement, l’auteur ne s’embête pas de descriptions lourdes, juste ce qu’il faut, il y a de nombreux rebondissements plus ou moins importants, souvent de l’action, toujours bien écrit, et les dialogues sont souvent drôles. Bref, je l’ai lu en une nuit et une matinée, je l’ai commencé  à 00h30 je me suis arrêté à contre cœur à 5h du matin et heureusement pour moi on était vendredi soir, donc après une grasse matinée je me suis remise à la lecture pour terminer ce roman assez vite.

Ce n’est pas souvent que je tombe sur un roman qui me tient en otage comme ça, pour qui je n’arrive pas à reposer le livre, avec les pages qui tournaient presque toutes seules. Bon après ce n’est pas le roman du siècle, mais c’est une histoire qui m’a beaucoup divertis, qui m’a bien changé les idées, et ce sont des personnages pour qui je me suis tout de suite attachée et que j’ai eu un peu de mal à quitter. La fin du roman nous fait bien comprendre que l’ont vient de voir seulement le haut de l’iceberg concernant le monde des morphs et des clans, et que toute une histoire bien plus importante se joue. J’ai vraiment hâte de lire la suite et de retrouver cet univers, en espérant que l’auteur garde la même fraicheur, et ne noircisse pas trop l’univers et la destinée des personnages comme c’est souvent le cas dans la fantasy que j’ai pu lire jusqu’ici. Le roman n’est paru que début avril, donc je me doute que je ne lirais pas la suite dans les semaines à venir, en espérant que l’auteur à déjà écrit le second tome, à suivre…

 

Dernières lectures: Une odeur de gingembre et The expanse

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Une odeur de gingembre

de Oswald Wynd

4.5/5

https://leschoixdetrilliandotcom.files.wordpress.com/2013/11/untitled-2.jpg?w=300&h=40

1903, la jeune mary âgée de 20 ans, quitte son Édimbourg natale pour se rendre en Chine afin d’épouser Richard, un anglais qui l’a demandé en mariage lors de son précédent séjour en écosse. Après une longue traversée, et un périple interminable, Mary arrive enfin en Chine. Le mariage est une déception pour Mary qui découvre un Richard froid, pingre, qui ne fait aucun effort pour apprendre à connaitre sa femme, et qui ne communique jamais sur rien, même pas sur son travail et ses déplacements. Mary, perdu dans cet univers inconnu, entourée d’expatriés et de servants chinois, rencontre Kentaro, un officier de haut rang de l’armée japonaise, souvent invité dans les diners mondains des expatriés. Mary et Kentaro finiront par être amants durant quelques jours, avant que ce dernier ne parte pour la guerre. Mary se découvre enceinte, et sera finalement renvoyée du domicile conjugale, avant de partir pour le Japon où Kentaro met à sa disposition une maison et de quoi vivre confortablement.

J’avais lu l’avis de Adalana sur ce bouquin et aussi l’avis de certaines autres blogueuses avant elle, et comme j’avais envie de voyager au Japon…et bien j’ai adoré, un coup de cœur pour ce roman. J’ai adoré suivre Mary, cette jeune écossaise au tout début du 20e siècle, probablement trop jeune et trop naïve pour se marier et partir vivre dans un pays dont elle ne connait rien. En 1903, impossible de téléphoner à sa maman pour demander des conseils sur le mariage ou sur sa façon de se comporter, les lettres mettent des mois à arriver et les réponses deux fois plus. Mary est toute seule dans cette Chine en plein bouleversement, qui se relève tout juste de la révolte des Boxers. Mais Mary n’est pas non plus une oie blanche innocente, elle a été élevée dans le but de devenir une bonne épouse et une bonne maitresse de maison, mais c’était sans compter Richard. Car si Mary est plutôt indulgente avec lui, c’est surtout parce qu’il ne lui inspire aucun sentiment, ni amour ni haine. Il ne l’aide en rien pour s’adapter à sa nouvelle vie, il ne lui communique jamais rien sur sa vie d’émissaire pour le gouvernement, Mary est déçue d’apprendre que les autres expatriés en sachent autant sur les déplacements de Richard, alors que elle, son épouse, n’est au courant de rien. Quant à leur vie de couple, Mary reçoit les visites nocturnes de son mari dans le noir, et à l’impression qu’il remplit son devoir comme pour une mission, sans envie ni plaisir. En plus, il est radin, et ne lui laisse aucune marge, ni pour s’approprier la maison, ni pour la décorer à son gout, devant se contenter des meubles des précédents occupants. Mary a donc l’impression d’être simple invitée dans sa propre maison, contrairement aux autres épouses d’expatriés.

Elle dira du mariage : “Pourquoi faut-il que nos prenions des décisions aussi graves pour notre vie entière quand nous sommes trop jeunes pour savoir ce que nous faisons ? Les grandes fautes vous pèsent sur la nuque et on doit les supporter pour toujours

pas étonnant donc qu’elle finisse par se laisser aller après deux ans de mariage, en devenant la maitresse de Kentaro, durant l’absence de plusieurs mois d’un mari fantomatique. En réalité, Mary n’est pas une romantique du tout. Elle se sent attirée par Kentaro, par sa présence, il en impose, mais en réalité, si vous pensez trouver une histoire d’amour romanesque passez votre chemin, ce n’est pas le cas. Mary trouvera avec Kentaro une sensualité qu’elle n’a pas connu avec son mari mais surtout un vrai partage, un échange de sentiments, une alchimie, qui fait que Mary se sent vivante; mais plus que tout, comme elle le dira elle même, elle est devenue la maitresse de Kentaro uniquement dans le but de se secouer, de secouer sa destinée. Mary avait compris que si elle ne faisait rien de radicale, elle finirait sa vie sans avoir rien fait ni vécue, vieille et triste en compagnie de richard, déjà triste par nature, et qu’elle finirait par ressembler à sa belle mère. Si Mary tombe enceinte, ce n’est pas par envie, mais au finale, elle prend cette nouvelle sans surprise, comme le moyen inéluctable de changer sa destinée et de partir vers l’inconnue.

Au fil des ans et des épreuves, on voit Mary évoluée, devenir plus prudente, puis oser prendre de gros risques, elle saisit les opportunités, travail dure, fait son chemin, dans un Japon qui lui deviendra familier, qu’elle ne voudra plus quitter, entre envie de modernité et poids des traditions ancestrales. Mary vivra de lourdes épreuves, des pertes terribles, mais tiendra toujours bon. Depuis les premières pages, on comprend que Mary est un personnage qui ne se laisse pas aller à ses émotions, en bonne écossaise du début du siècle, elle est intelligente, et sans s’en apercevoir, c’est une personne indépendante et moderne. Elle sait encaisser, et est assez courageuse au finale. Je ne m’en suis jamais fait pour elle, au fil des décennies qui passent, on devine que Mary arrivera toujours a reprendre le dessus.

Le roman est écrit à la façon d’un journal intime, parfois quasiment toutes les semaines, parfois sans nouvelle pendant plusieurs années. Les pages tournent toutes seules, c’est très bien écrit, les personnages très bien dessinés au travers des descriptions de Mary, que ce soit sa copine française Marie et son mari Armand, Aiko son amie japonaise subversive et féministe, ou le couple américain installé à Tokyo avec qui elle sympathisera.

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The expanse, tome 1: l’éveil du léviathan

de S.A. Corey

3.5/5

Dans un future très lointain, les hommes ont colonisés le système solaire. La Terre, Mars, et beaucoup de satellites naturels ou non, transformés pour accueillir des êtres humains. Mais les hommes ne savent pas vivre dans l’unité, il faut toujours qu’ils se divisent, qu’ils s’organisent en faction, en peuple, en groupe. Les terriens et martiens se considèrent différents des autres humains vivant sur les satellites, où la gravité est différente, ce qui a eu une incidence sur le physique et les valeurs de ceux qu’on appellent désormais les ceinturiens. Des tensions politiques, commerciales, existent donc, comme toujours dans l’histoire de l’humanité. L’inspecteur Miller est un ceinturien et vit sur Cerès, un satellite. Il a toujours connu l’air en boite, la nourriture recyclée, et l’absence de ciel extérieur. Miller est divorcé, en fin de carrière, blasé, désabusé, efficace mais pas apprécié à sa juste valeur par ses supérieurs. On lui confie d’ailleurs la mission de retrouver et de ramener auprès de ses parents, Juliette Mao, l’héritière d’une des plus grosses fortunes du système solaire. Juliette étant majeure, il s’agit plutôt d’un enlèvement officieux. Miller découvre très vite que Juliette, terrienne qui aurait pu avoir une belle vie dorée, à préférée fuir le confort pour explorer la ceinture, attirée par l’aventure et la liberté. Il découvre également qu’elle aurait rejoint les rangs de l’APE, un partie qui défends les intérêts des ceinturiens face à la dominance Terre-Mars. Le capitaine Holden lui est un vrai terrien. Il est second d’un vaisseau de transport d’eau et d’air, un poste simple, facile, qui lui laisse tout le temps de profiter de son temps. Mais quand il croise la route d’un vaisseau à l’abandon, Holden voit son destin bouleversé et sa route va croiser celle de Miller. Les deux hommes vont affronter un danger qui pourrait bien détruire l’humanité entière où qu’elle se trouve dans le système solaire.

J’en avais entendu en bien sur plusieurs blog et les avis m’avaient donnés envie. L’histoire est bien menée, on suit en alternance, le point de vus de Miller et de Holden. Miller, l’inspecteur de police désabusé, que personne ne prend au sérieux, mais qui a un bon instinct et un cerveau qui fonctionne mieux que la majorité. Holden, le terrien mélancolique de son enfance sur Terre, qui adore son boulot de capitaine, entouré de son équipe réduite.

Le roman alterne les points de vue de Miller sur Cerès et de Holden sur son vaisseau. J’ai beaucoup plus apprécié les chapitres consacrés à Holden et sa petite équipe réduite, Alex, Amos et surtout Naomi avec son sang froid et son professionnalisme à toute épreuve. Pour ce qui est des chapitres consacrées à Miller, la lecture reste intéressante, mais c’est surtout à partir du moment où Miller quitte Cerès et croise la route de Holden que son personnage devient très intéressant, et qu’il prend toute son importance. L’univers décrit par les auteurs est très bien décrit, les conflits, les alliances, les problèmes politiques. J’ai surtout apprécié les chapitres consacrés aux voyages spatiaux, donc surtout les chapitres consacrés à Holden et une fois que Miller l’a rejoint sur son vaisseau. Les accélérations qui nécessitent des drogues particulières pour que le corps résiste à la puissance du vaisseau, les altercations avec d’autre vaisseaux, les stratégies de combats, je pouvais facilement visualisé Holden et son équipe s’agiter pour échapper à des poursuivants, ou gagner une bataille dans l’espace, j’avais l’impression de voir un épisode de star trek!

Le roman n’est pas dénué d’humour non plus, et j’ai beaucoup aimé les derniers chapitres. Le tome 1 ne termine pas sur un gros suspense, on peut très bien se contenter que de ce tome, mais bien il ouvre aussi d’autre perspectives, et l’univers crée est assez vastes pour de multiples aventures. Je lirais probablement le second tome, dès qu’il sortira en poche.

Magic Shift et Burn for me d’Ilona Andrews

Magic shift

4/5

Kate Daniels commence sa nouvelle vie de femme “rangée”, avec Curran son futur mari et Julie sa fille adoptive. Fini la Meute et les problèmes politiques qui vont avec. Kate ne devient pas non plus une gentille femme au foyer, elle est toujours Mercenaire, pour gagner sa vie et pour garder la forme. Et voilà qu’elle découvre qu’une horde de goules déambulent à la frontière d’Atlanta, ville qu’elle s’est appropriée grâce à ses pouvoirs, à la fin du tome précédent, pour éviter que son puissant père ne mette la main dessus en premier. Du coup elle se sent une nouvelle responsabilité, celle d’assurer la sécurité de la ville.

J’étais plus que contente de retrouver les personnages de cette série d’urban fantasy, ma préférée du genre. J’adore le personnage de Kate, son humour, son don de se mettre toujours dans le pétrin, sa façon de foncer tête la première dans la bagarre. J’adore sa relation avec Curran, cet équilibre entre les deux, il n’y a jamais de dominant, chacun équilibre l’autre, chacun apporte quelque chose, on est loin des relations homme fort/femme faible, qu’on trouve souvent dans les romans de ce genre. J’adore leur couple, l’évolution à chaque tome.

Les intrigues sont toujours aussi prenantes à suivre, les rebondissements, l’action, les pages tournent toutes seules. Et comme toujours dans ces romans, les personnages secondaires sont toujours aussi passionnant à suivre, que ce soit Julie qui grandit, Doolitle, Jim, Derek, Andrea, Ghastek, tous sont toujours aussi bien approfondi, aussi bien ancrés dans l’intrigue, aussi bien reliés au récit. On fait mieux connaissance avec Luther, aperçut rapidement dans le tome 4 et qui apporte beaucoup d’humour, un personnage intéressant que j’espère revoir dans les prochains tomes. Et puis j’adore lire les conversations entre Kate et son père, le puissant Roland, qui appelle sa fille “blossom of my heart”, et qui l’accueille avec des “my day is brighter”, j’adore! On ne sait pas encore trop à quoi s’attendre de sa part, vis à vis de sa fille, mais je ne peut pas admettre qu’il lui veuille du mal, en tout cas je l’espère!

Une série à laquelle je suis accroc, pour qui j’ai un attachement très particulier. Je me suis mise à relire les premiers tomes, en attendant de lire le prochain, probablement en aout 2016.

description

(couverture rejetée par les éditeurs, mais tellement mieux que celle qu’ils ont conservés, même si elle n’est pas géniale…)

Burn for me
4/5

Dans un monde qui pourrait être le notre, certaines personnes naissent avec des pouvoirs magiques. C’est dû à un sérum inventé à la fin du 19e siècle, qui développait des capacités surhumaines chez certaines personnes, et qui se sont transmises de génération en génération. Il y a plusieurs niveaux dans les dons que développent ces personnes, les plus puissant étant ceux qu’on appellent les “primes” et qui sont considérés comme des gens privilégiés, puisque grâce à leurs pouvoirs ils se sont fait une fortune et un nom. De nos jours Nevada Baylor est née avec quelques dons, notamment celui de savoir si on lui ment ou pas. Nevada vit avec sa mère, sa grand mère, ses deux jeunes sœurs et ses deux jeunes cousins. En tant qu’ainée, c’est elle qui a repris l’agence de détective crée par ses parents. Alors qu’elle ne s’occupe que de mari volage et d’arnaque à l’assurance, elle est contactée par Augustine Montgomery, un “prime” qui se trouve être le propriétaire financier de l’agence Baylor. Nevada n’a pas d’autre choix que d’accéder à sa demande, celle de rechercher et de ramener vivant le jeune Adam Pearce, un “prime” mégalo et quelque peu cinglé qui vient de mettre le feu à une banque grâce à ses pouvoirs, entrainant la mort d’un vigile. Retrouver Pearce n’est pas trop difficile pour Nevada, elle a de l’expérience dans le domaine, et son don l’aide aussi un peu, mais elle se sait incapable de ramener un prime aussi puissant que Pearce. Elle croise alors la route de Mad Rogan, un autre prime connu pour sa violence, qui a aussi pour objectif de mettre la main sur Pearce.

Comme j’ai adoré la série des Magic, j’ai été très contente de voir que l’auteur entamait une nouvelle série d’urban fantasy. Mais quand j’ai vu la couverture de ce premier tome à sa sortie en octobre 2014, j’ai fait l’impasse. La couverture, en plus d’être très moche, me donnait vraiment l’impression de me lancer dans un roman harlequin, (ici pour les curieux, je ne peux même pas mettre la couv sur ce blog, je la trouve trop à vomir, c’est pas possible!!) au point que durant plusieurs mois, j’étais persuadé qu’il s’agissait d’une pure romance, surtout que le titre n’arrangeait rien. Du coup, je n’étais pas intéressée jusqu’à ce que je découvre qu’il s’agissait bien d’urban fantasy.

Bien évidemment, il y a de la romance dans ce roman, mais pas plus que dans la série des Kate Daniels, c’est surtout l’histoire, l’intrigue et un univers bien particulier qui est mis en avant, ainsi que le caractère des personnages principaux et secondaires.
J’ai donc beaucoup aimé, j’ai retrouvé tout ce qui a fait le succès de la série des Kate Daniels: Une héroïne attachante et forte mais pas sans faille, des personnages secondaires intéressants qui seront surement encore plus développés dans les prochains tomes, comme Bern le cousin geek de Nevada, la grand mère Frida qui apporte beaucoup d’humour, Augustine le patron froid mais pas si inhumain que ça, ou sa secrétaire qui sera surement un peu plus développée dans le prochain tome, et puis Mad Rogan bien sur, sa relation avec Nevada est explosive et drôle, j’ai beaucoup aimé.

L’univers est bien dessiné, on devine que l’auteur s’est un peu freinée et s’est contentée de faire une belle présentation sans trop approfondir, histoire que le lecteur puisse se familiariser avec ce monde dans lequel certaines personnes ont des pouvoirs paranormaux. Ici, c’est du à un sérum inventé à la fin du 19e siècle. Ceux qui l’ont testés ont développer des pouvoirs, télékinésie, pyrotechnie, ou encore télépathie. Certains ont des pouvoirs plus développés que d’autre, d’où une hiérarchie parmi ses nouveaux mages, les plus puissants étant les primes, dont les ainés ne se marient qu’avec d’autre primes afin de conserver un maximum de pouvoir dans les générations suivantes.

En bref, de l’humour, de chouettes personnages, une relation entre Mad et Nevada très prometteuse, une bonne intrigue, un univers intéressant dont les bases sont bien posées, de l’humour, de l’action, et des pages qui tournent toutes seules, vivement la suite!

Dracula de Bram Stoker

de Bram Stoker

4/5

Fin du 19e siècle. Jonathan Harker, notaire, se rend sur les ordres de son patron, au fin fond de la transylvaine rendre visite à un de leur client, le comte Dracula. Ce dernier a fait l’acquisition d’une grande demeure londonienne et doit finaliser l’achat par sa signature. Après un long voyage, Harker arrive enfin dans le village du château. Il est alors surpris par la peur que ressente les villageois lorsque le nom de son client est prononcé. Mais une fois dans le château du comte, Harker observe les bizarreries de la vie de Dracula, de son château aux nombreuses portes fermées, de l’absence total de serviteurs, du comportement étrange des loups, de la vie exclusivement nocturne de Dracula. Il sera alors témoin de choses surnaturelles et effrayantes.

En voila un classique anglais que je n’avais toujours pas lu! Les avis dans mon entourage étaient assez divisés entre ceux qui avaient adoré et ceux qui avaient trouvé ça chiant. Le roman se compose en réalité d’extraits de journaux intimes, de memorandum, de télégramme, de lettres, de compte rendu, entre Mina Harker, Lucy sa meilleure amie, Jonathan son mari, le docteur Seward, le professeur Van Helsing, ou encore l’américain Quincey Morris.

La première partie du roman est très prenante, c’est peut être la partie que j’ai préféré, celle où on suit Jonathan Harker invité chez le comte Dracula, en Transylvanie. C’est Jonathan Harker qui nous raconte à travers la rédaction de son journal, son arrivée dans le pays, la rencontre avec les villageois superstitieux, et enfin son arrivée dans le château du comte et ses habitudes étranges, la vie nocturne du château, les portes constamment fermées, sa rencontre avec trois jeunes femmes sensuelles et repoussantes en même temps, et la découverte par Harker, de la vraie nature du comte et de l’horreur que renferme les lieux.

L’ambiance est tendue, glauque, flippante, les décors et l’atmosphère parfaitement établit pour le lecteur. On changera ensuite de décor, avec les lettres échangées entre Mina et Lucy autour de leur mariages respectifs, et de l’image idéale qu’elles ont des hommes qu’elles placent sur un piédestal.

Les lettres niaises que s’échangent Lucy et Mina, prennent “heureusement” une autre tournure, avec certains évènements paranormaux qui viennent perturber le quotidien des deux jeunes femmes pour leur plus grand malheur, ponctué par le journal du docteur Seward, qui raconte son quotidien dans son asile psychiatrique.

J’ai globalement aimé ma lecture, les pages tournent vite, j’avais très envie de connaitre la fin, la destinée des personnages, et le dénouement de l’histoire. Les personnages ne sont pas forcément tous attachants. Malgré un roman conséquent, l’auteur ne parvient pas à nous faire prendre d’amitié pour ses personnages. On ressent un peu d’empathie pour Jonathan et Mina et j’ai adoré la figure paternelle que représente le professeur Van Helsing (que j’imaginais toujours avec les traits de l’acteur Micheal Lonsdale), par qui viendra la paix et la rédemption.

Quelques défauts m’ont sauté aux yeux donc, comme le langage religieux très présent parfois moraliste, cette conception du bien et du mal très manichéenne, les dialogues entre Mina et son mari quelques peu désuets à la limite du ridicule, mais qui est peut etre du à la traduction? et la deuxième moitié du roman avec lequel j’ai eu parfois un peu de mal, on sent que l’auteur ne veut pas achever son récit, il tourne en rond, ça traine, alors que le roman aurait tout aussi bien pu être plus court, sans rien perdre de ces qualités.

Chez Bram Stocker, les femmes idolâtrent les hommes et les hommes sont parfaits, sans défauts, ni dans leurs actes, ni dans leurs volontés, courageux, infaillibles, téméraires, gentleman…Heureusement, si le personnage de Lucy n’a pas eu le temps d’évoluer, celui de Mina l’a fait! J’ai beaucoup aimé son évolution, elle est très intelligente, sur le plan intellectuel elle aidera plus d’une fois la brochette d’hommes qui l’entourent à réfléchir comme il faut dans la traque de Dracula, grâce à une méthodologie et une organisation. Elle sera aussi très courageuse, gardera son sang froid malgré les épreuves, et à la fin elle se révèle comme une vraie héroïne.

Ce qui m’a surprise dans ce roman par rapport aux adaptations et à la manière romanesque dont le mythe du vampire est montré dans les séries, films, romans, c’est que Bram Stocker, celui qui a rendu populaire le personnage de Dracula et des vampires, ne nous montre à aucun moment un personnage charismatique, séduisant, envouteur. L’impression que m’a faite ce personnage décrit par Stocker est celui d’un moustique géant, suceur de sang et empêcheur de dormir tranquillement, qu’il faut écraser quitte à trouver “la chaussure” adéquat pour arriver à l’aplatir contre le mur. Toute la partie dans laquelle on voit la pauvre Lucy se faire dévorer à petit feu par Dracula, perturbant son sommeil, ses rêves et ses nuits, venant frapper au carreau de sa fenêtre à la nuit tombée, m’a fait penser à ses nuisibles moustiques qui tout les étés, vient me déranger dans mon sommeil, m’empêcher de dormir tranquille! comment cette image à pu devenir avec le temps quelque chose de charismatique et séduisant? pas de vampire loin de tout manichéisme, qui lutte entre sa part de mal et sa part de bien, Dracula est un monstre sans nuance, dont on a qu’une envie, tuer et s’en débarrasser une bonne fois pour toute, pour retrouver la paix!

Une lecture très intéressante loin de l’image romanesque du vampire véhiculé par les séries, films et romans récents. Quelques défauts, des longueurs inutiles dans la deuxième moitié,  et donc pas un coup de cœur.

Dream box

de NM Zimmermann

4/5

Aux Etats unis en 1979, Jeffrey est un petit garçon tout à fait commun. Sauf que depuis quelques temps, il voit les ombres, des formes fantasmagoriques que lui seul semble voir. Jeffrey ne les supporte plus, elles sont la peur, la colère, le doute et provoque chez lui d’horribles cauchemars la nuit. Plus le temps passe et plus les ombres ont prise dans la vie de Jeffrey. Son père, vétéran du Vietnam, n’est plus le même, de plus en plus soul, de plus en plus violent. Et sa mère en fait les frais, trop occupée à éviter les coups pour s’apercevoir de la peur de Jeffrey. Même le chien semble se transformer en animal psychopathe.

J’aime beaucoup les romans de NM Zimmermann, j’ai eu un coup de cœur pour sa première trilogie, Edencity, j’ai beaucoup aimé Apparitions, j’ai encore plus aimé Sous l’eau qui dort, et voilà que je viens de finir son dernier roman publié par L’école des loisirs.

Le roman est très sombre pour un roman jeunesse, du moins dans son premier quart. Un jeune enfant témoin des maltraitances de sa mère, des actes horribles de son père, la folie agressive de son chien adoré. C’est parfois dure, violent, jamais déprimant pour autant, mais on se demande où réside l’espoir, où réside une possibilité de rédemption.

Le roman nous présente des personnages vraiment passionnant à suivre, que ce soit le jeune Jeffrey, et l’adulte qu’il finit par devenir, Thérésa si naïve et innocente, sa famille si vieillotte, si vieux jeu, si étroite d’esprit, tout droit issu d’un siècle révolu. Ou encore Andy, ce petit garçon qui avait un avenir radieux mais que les ombres viendront ternir, un petit garçon tellement clairvoyant et intelligent, accompagné de son rat, étrangement malin.

Petit à petit le roman retrouve la lumière et l’espoir face à ces ombres qui détruisent des familles entières. L’auteur sait parfaitement nous tenir en haleine, les pages tournent toutes seules, je les ai parcourus sans temps morts. L’auteur sait installer une atmosphère bien particulière, parfois flippante, parfois sombre, parfois hypnotisante, toujours très bien écrit. Je verrais bien cette histoire être adaptée en mini série, un livre qui aurait pu se trouver en littérature adulte sans problème. J’ai beaucoup aimé!