Les 30 ans de la série Hercule Poirot

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Cette année, la série Hercule Poirot a fêté son 30e anniversaire. Cette série produite par ITV entre 1989 et 2013 contient 13  saisons.

Hercule Poirot fait partie de mes séries préférées, sans conteste. Ce n’est pas une série à la qualité parfaite mais elle a un charme très particulier qui m’a toujours plut. Beaucoup me disent qu’ils n’aiment pas, que c’est ennuyant, que “y’a rien de mieux pour s’endormir”.

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Pour ma part, je suis tombée dessus quand j’étais au collège, un jour où j’étais malade. Je passais la journée à la maison et en fin de matinée, je suis tombée sur la diffusion d’un épisode sur France 3. Et depuis j’adore. Bien sur je n’ai pas eu la possibilité de voir beaucoup d’épisode à l’époque, pas d’internet, pas de dvd et la série ne passait que les jours de semaines pendant les heures de cours.

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Depuis bien sur, je me suis rattrapée. J’ai toujours adoré les romans d’Agatha Christie depuis que je suis petite. J’avais adoré lire notamment deux grands classiques de l’auteur, le crime de l’orient express et le meurtre de Roger Acroyd.

La série a beaucoup évoluée au fil des saisons. Les 8 premières saisons sont différentes des cinq dernières. Les 3 premières saisons sont majoritairement composées d’épisodes courts (40 minutes) dont les histoires sont des adaptations de nouvelles et non de romans, avec quelques exceptions comme La maison du péril ou La mystérieuse affaire de style.

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Dans ces 8 premières saisons, Hercule Poirot est presque toujours entouré de ces trois compagnons de route, à savoir sa secrétaire Miss Lemon, l’inspecteur Japp et son fidèle ami le capitaine Hasting.

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J’ai beaucoup d’affection pour ces trois personnages. L’inspecteur Japp est un policier blasé, fatigué, qui semble toujours un peu fataliste. Et si il apprécie beaucoup Hasting et Poirot, il est parfois agacé de voir le détective Belge le coiffé au poteau dans ses enquêtes.

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Hasting, qui a participé à la première guerre mondiale, est bien trop gentil. Il joue les assistants de Poirot, un peu son faire valoir. Sa naïveté et son coté vieille Angleterre  sont souvent moqués par Poirot. Hasting est aussi un vrai cœur d’artichaut. Pour lui une dame ne peut pas être meurtrière, surtout si elle est jolie. Il dira d’ailleurs dans l’épisode Mystère en mer (saison 1) à propose d’une femme que Poirot soupçonne d’être une meurtrière :

Hasting: « ce ne peut être elle Poirot, c’est une lady ».

Poirot : « parce que les lady ne peuvent pas commettre de meurtre ? »

Hasting: « si mais elles ne se font pas prendre ! »

Quant à Miss Lemon, si elle est officiellement la secrétaire de Poirot et une pro de l’archivage, elle est aussi occasionnellement une enquêtrice hors pair et rendra de nombreux services d’enquête à Poirot, sur de nombreux épisodes comme dans l’aventure de l’appartement bon marché, dans lequel Miss Lemon se transforme en journaliste pour obtenir certaines infos.

 

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La relation amicale entre ces 4 personnages est un des éléments qui fait que j’ai adoré la série et c’est pour ça que j’ai un gros faible pour les 8 premières saisons, mais aussi grâce à l’humour très présent dans ces 8 premières saisons.

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Poirot après avoir du visionner de trop nombreuses diapositives de vacances : « ahhhh Hasting, l’inventeur de la photographie est à l’origine de bien des maux ».

Bien sur l’un des éléments essentiels au succès de la série c’est David Suchet qui incarne un hercule poirot comme je l’imagine : dandy, guindé, précieux parfois, fier, possédant une confiance démesurée en ses petites cellules grises. Flatté quand on le reconnait, il est parfois un peu orgueilleux. Au fil des épisodes et avec l’age, Poirot est toujours très sensible aux histoires d’amour et reste toujours bienveillant envers les jeunes adultes qu’il croise sur sa route. C’est aussi un fin gourmet, qui aime la bonne cuisine au grand désarroi de son tailleur, et déteste la cuisine anglaise:

Hasting: “il y a quelque chose dans la cuisine anglaise que vous aimez Poirot?”

Poirot: “les anglais ne font pas de cuisine, mon ami, il ne font que se nourrir. ils ont de la viande trop cuite, des légumes trop mous, des fromages immangeables. Le jour où les anglais feront leurs propres vins sera le jour où je rentrerais chez moi en Belgique”.

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David Suchet est très bon dans ce rôle. Je n’ai vu que la version française avec la voix de Roger Carel qui double Suchet, ce qui ne gâche rien.

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A partir de la saison 9 les choses changent beaucoup  dans la série. Les épisodes sont plus longs, adoptent un style plus cinématographique, un visuel plus travaillé, il y a plus de moyens de production, les décors, les costumes, les extérieurs… Mais surtout c’est le ton de la série qui change, un ton plus dramatique, plus sombre, et un humour quasi absent, ce que je regrette beaucoup. Japp, Hasting et Lemon n’apparaissent plus (sauf un retour pour la dernière saison). Si la saison 9 est sombre,  à partir de la saison 10 la série renoue un peu avec l’humour avec l’arrivée d’un nouveau personnage, Ariadne Oliver, une auteure de romans policiers à succès, qui s’est liée d’amitié avec Poirot. Je n’apprécie pas énormément son personnage qui peut parfois être un peu agaçant, mais j’ai beaucoup aimé qu’elle apporte un peu de légèreté et d’humour après une saison 9 trop sombre.

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La dernière saison reste pour moi assez triste. Les deux premiers épisodes sont plutôt réussi notamment Une mémoire d’éléphant et puis aussi Poirot joue le jeu, cependant je n’ai pas du tout aimé l’épisode Les travaux d’Hercule. L’épisode Les quatre m’a laissé perplexe, ça m’a fait plaisir de revoir miss lemon, Hasting et Japp qui ont bien vieillis mais l’histoire est un peu tordue. Quant au dernier épisode, je l’ai trouvé déprimant, voir Poirot vieux, fatigué, le cœur fragile, ne pouvant se déplacer qu’en fauteuil roulant…l’histoire est assez glauque, et le tout très triste.

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J’ai vu revu rerevu, à la grande incompréhension de mon entourage, un nombre incalculable de fois les épisodes de cette série, au point que mon lecteur n’arrive plus à lire certains disques.

Hercule Poirot c’est pour moi David Suchet, les personnages de Hasting, Miss Lemon et l’inspecteur Japp, c’est l’humour très british des épisodes et c’est aussi  les voyages. J’ai adoré suivre les personnages en Mésopotamie, en Syrie, en Irak, dans les Cornouailles, à Rhodes, en Égypte, en Turquie, dans le sud de la France, en Normandie, à Paris, en Écosse, à New York…

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Au fil des épisodes, il y a eut beaucoup de stars qui sont passées dans la série, entre autre: Emily Blunt (mort sur le nil), Micheal Fassbender (les indiscrétions d’Hercule Poirot), Damian Lewis (Pension Vanilos), Rupert Penry Jones et Kelly Reilly (Je ne suis pas coupable), Eliott Gould et James d’Arcy (le train bleu), Elizabeth Mcgovern (rendez-vous avec la  mort), Jessica Chastain (le crime de l’orient express)…

Parmi les 71 épisodes, voici mes préférés :

La mystérieuse cuisine de Clapham (saison 1): J’ai beaucoup aimé l’humour dans cet épisode.

Enigme à Rhodes (saison 1): J’ai adoré l’ambiance, l’histoire. Outre l’histoire qui ressemble un peu à l’épisode Les vacances d’hercule Poirot, ou à Mort sur le Nil, j’ai beaucoup aimé le duo que forme Hercule Poirot et miss Lyall, une vacancière qui va seconder Poirot dans son enquête, j’ai beaucoup aimé ce personnage et sa complicité avec Poirot.

La maison du péril (saison 2): L’histoire et l’intrigue sont très bonnes, j’ai beaucoup aimé l’interaction entre Poirot, Japp, Hasting et miss Lemon dans cet épisode.

La disparition de monsieur Davenheim (saison 2): Ici, l’histoire de cette disparition n’a pas beaucoup d’intérêt mais j’ai beaucoup aimé voir Poirot relevé le pari de Japp qui consiste a résoudre l’affaire sans sortir de son appartement, avec uniquement Hasting sur place. Beaucoup d’humour également.

L’aventure de l’appartement bon marché (saison 2): Miss Lemon qui se transforme en journaliste pour obtenir des infos, la rencontre forcée de Japp avec un arrogant agent du FBI, beaucoup d’humour aussi.

La mystérieuse affaire de Style (saison 3): Les retrouvailles de Hasting et Poirot, ça aurait du être normalement le premier épisode de la série, l’histoire se déroulant avant la fin officielle de la première guerre mondiale. L’histoire policière est particulièrement réussi dans cet épisode, et les costumes des années 1910 donne une autre dimension par rapport aux autres épisodes qui se déroulent surtout dans les années 30 et 40.

1, 2, 3… (saison 4): J’ai beaucoup aimé l’histoire et l’intrigue.

Vol de bijoux à l’hôtel métropolitain (saison 5): Beaucoup d’humour dans cet épisode, notamment avec miss Lemon et Japp.

Le noël d’Hercule Poirot (saison 6): l’histoire est très réussie, Poirot qui accepte une enquête uniquement parce qu’il n’a plus le chauffage dans son appartement.

Pension Vanilos (saison 6): la première fois que j’ai vu l’épisode, je n’ai pas accroché, mais en le revoyant, j’adore. Japp et Lemon aident Poirot à résoudre une enquête qui tourne autour de la sœur de miss Lemon. Beaucoup d’humour aussi avec Japp qui accepte de s’installer pour quelques jours chez Poirot, avec regret.

Témoin muet (saison 6): un épisode très sympathique, une intrigue prenante, une adaptation assez réussie du roman.

Le couteau sur la nuque (saison 7): Très bonne intrigue autour de ce meurtre et d’un alibi qui semble parfait.

Les vacances d’hercule poirot (saison 8): j’ai beaucoup aimé cet épisode qui marque les retrouvailles de Poirot, Japp, Hasting et miss Lemon, après une retraite courte du détective.

Je ne suis pas coupable (saison 9): J’ai beaucoup aimé l’histoire de cet épisode, le suspense, et puis le dénouement autour d’une certaine tasse de thé.

Cartes sur table (saison 10): Le personnage énigmatique de Shaitana la victime, la fameuse partie de carte, les différents personnages, j’ai beaucoup aimé l’ambiance de cet épisode, bien que le roman soit complètement différent.

Les indiscrétions d’Hercule Poirot (saison 10): J’ai adoré l’intrigue de cet épisode, on retrouve les éléments classiques chez Agatha Christie, une grande maison anglaise, une famille bourgeoise, un mort qui laisse des secrets de famille et un héritage à se partager. Avec Micheal Fassbender en prime.

Le chat et les pigeons (saison 11): Là aussi j’ai beaucoup aimé l’atmosphère avec ces meurtres qui s’enchainent dans un pensionnat pour jeunes filles de bonnes familles.

Rendez-vous avec la mort (saison 11): une mégère toute puissante sur une famille soumise, tous ça sous le soleil de Syrie. Très bel épisode.

Le crime d’halloween (saison 12): Un épisode parfait pour se mettre dans l’ambiance d’halloween, une intrigue prenante.

Mémoire d’éléphant (saison 13): Là aussi j’ai beaucoup aimé l’intrigue, le suspense, attendre jusqu’à la dernière minute pour découvrir ce qui s’est vraiment passé dans cette famille étrange.

Derniers concerts: Bastille au zénith de Paris – Archive à la seine musicale – White lies au Trabendo – White lies à l’AB -Prophets of rage à l’olympia

Je n’ai pas eu le temps d’en parler ici avant, mais voici les concerts auxquels j’ai assisté entre mars et aout 2019.

En mars dernier je me suis rendue au zénith de paris pour voir Bastille en concert. La soirée commence par la première partie avec Akine une jeune femme entourée de deux musiciens. Hyper nerveuse et stressée, entre deux chansons la jeune dame qui s’exprime très bien en français, nous explique que c’est une angoissée et ça se ressent. Un ouf de soulagement après avoir chanter une de ses chansons, des hésitations étranges dans le choix des titres, c’est touchant à voir et les spectateurs l’encouragent régulièrement. C’est une très jolie voix et cette première partie est donc pas mal du tout. Pareil pour la seconde première partie. Apparemment Lewis Capaldi est connu, il a ses fans et une de ses chansons est première des ventes en Angleterre. D’origine écossaise (ça s’entend quand il parle) Capaldi a une belle voix, ses chansons sont jolies mais se ressemblent assez, des chansons mélancoliques, lentes, lyriques. D’ailleurs, le chanteur le dira lui même, “si vous n’avez pas aimé mes chansons jusqu’ici, vous n’allez pas aimé la suite car c’est la même chose”. Il a beaucoup d’humour, d’autodérision, c’est très drôle de l’entendre parler entre deux titres. Après 30 minutes d’attente, Bastille entre enfin sur scène. Le chanteur Dan Smith est habillé comme un rappeur des années 90, jean, pull à capuche, casquette. D’ailleurs, il danse et il bouge comme un rappeur mais c’est un chanteur de rock, c’est assez étonnant !

J’avais déjà vu le groupe en festival au lollapalooza. Mais cette fois je suis entourée de fans absolus, l’ambiance est plus prenante. J’ai bien aimé la setlist même si je n’ai pas eu toutes mes préférés, comme Oblivion, the driver… mais très contente d’avoir en live Fake it que j’adore énormément. Une très bonne soirée, le groupe est très énergique sur scène, et leur enthousiasme communicatif. Lewis Capaldi et Akine remonteront sur scène pour chanter en duo avec le groupe.

En mai je suis allée voir un de mes groupes préférés, Archive. Les anglais sont de retour en France pour fêter leur 25 ans d’existence. Pour l’occasion ils ont fait plusieurs dates pour un show un peu spéciale, à commencer par la présence de la chanteuse Maria Q qu’on n’avait pas vu sur scène avec le groupe depuis plusieurs années.

 

Le concert est prévu pour commencer à 20h. Pas de première partie et c’est tant mieux, je n’ai pas d’énergie à perdre car Archive a prévu pour l’occasion un concert de plus de 3h!!

La seine musicale qui se trouve sur l’ile Séguin à Boulogne, est une nouvelle salle de spectacle que je ne connaissais pas encore. Après les fouilles, direction la fosse et malgré mon heure d’arrivée tardive, je me retrouve au second rang de la fosse mais tout de même un peu trop sur le côté.

J’ai adoré ce concert, c’était juste magnifique. On a eu droit à beaucoup de leurs chansons et en version longue, de 20h à 23h30 avec une entracte de 20 minutes. You make me feel, Fuck U, Pills, Bullets, King of speed, Violently, Kid corner, Noise, Wiped out, Splinters, Remains of nothing, Dangervisit, Lights, Again, ou encore la magnifique collapse/Collide que je n’avais jamais entendu en live. J’ai adoré voir mon chouchou Pollard chanter et danser, entendre Fuck U reprise par le public, voir et entendre Maria Q et Holly… Une soirée mémorable.

J’ai été voir également White lies, un groupe anglais que je prends toujours plaisir à voir et écouter depuis des années maintenant, à deux reprises: d’abord au trabendo. J’étais placée en hauteur dans la fosse, ce qui me permettait d’être face à la scène sans avoir aucune tête devant moi pour me gêner. Évidement, j’ai eu droit aux traditionnelles personnes qui arrivent à la dernière seconde et qui l’air de rien essaye de vous piquer votre place en vain. Un très chouette moment aussi comme d’habitude avec ce groupe et leur dernier album” Five” m’a beaucoup plut.

J’ai été ensuite les voir une seconde fois à Bruxelles, à l’AB. On arrive peut être 10 minutes avant l’ouverture des portes, il n’y a pas foule et on se retrouve donc au second rang. On est bien placée, il n’y a pas de séparation entre la fosse et la scène, on est donc tout près. Deux amis nous rejoignent. J’appréhende la première partie comme d’habitude, mais pour une fois c’est plutôt une bonne surprise. Ils sont 4 canadiens sur scène, très jeunes, ils ont environ 20 ans, mais on leur donne pour certains (surtout le chanteur), à peine 16 ans. Le groupe s’appelle Boniface et ils se débrouillent très bien. Les chansons sont sympas, rythmées, on ne s’est pas ennuyées. Quant à White lies, comme d’habitude, c’est toujours aussi bien. Une place importante est laissée à leur nouvel album que j’aime beaucoup, et ils reprennent certains titres emblématiques comme Unfinished business, death, farewell to the playground. C’est toujours un plaisir de les voir sur scène, surtout Harry qui sourit comme un enfant qui vient d’ouvrir son cadeau d’anniversaire.

Enfin, je termine cette chronique concert par Prophets of rage à l’Olympia en aout. J’avais adoré les voir en concert au zénith alors je n’allais pas les rater à l’olympia. Avec mon amie on arrive pour la seconde moitié de la première partie, qui arrache un peu les tympans. On n’est plutôt bien placé malgré notre arrivée tardive, sur le coté, adossés au mur, et grâce à la fosse inclinée de l’Olympia, on n’a aucun problème pour voir la scène. J’ai adoré les revoir, toujours la même bonne impression, les tubes de rage against the machine, quelques tubes de cypress hill et public enemy, et leurs nouveaux titres. Pas de bousculades, ont étaient tranquille dans notre coin, on a pu sauter comme on le voulait, on s’est bien défoulée et bien contentes d’être loin des premiers rangs entre pogos sauvages et bières qui volent! contente de les avoir vu car Prophets of rage s’est dissous depuis, après l’annonce du retour sur scène de Rage against the machine.

Dernières séances: zombieland 2 – Proxima

Retour à Zombieland : Affiche

de Ruben Fleischer

3.5/5

Emma Stone, Abigail Breslin, Woody Harelson, Jesse Eisenberg

10 ans de passées depuis que les zombies ont envahi le monde et changé la société. Talahasse, Colombus, Wichita et Little rock continuent leur road trip interminable à travers les Etats Unis dévastés par les zombies mangeurs de cervelles. Le petit groupe prend plaisir à parcourir la route en tuant les monstres qu’ils croisent. Alors qu’ils veulent s’installer dans un “chez soi”, ils décident que la Maison blanche conviendra très bien pour s’établir. Mais Little rock ne s’y plait pas, elle n’est plus la petite fille d’il y a dix ans et elle aimerait enfin rencontrer d’autre gens de son âge, tomber amoureuse peut être. Sur un coup de tête Wichita et sa petite soeur Little rock décident de prendre la route sans Talahassee et Columbus.

Retour à Zombieland : Photo Rosario Dawson

J’avais beaucoup aimé le premier volet de zombieland, suivre Columbus qui malgré son physique de maigrichon qui n’a jamais participé à une bagarre a su rester en vie grâce à des règles bien précises comme travailler le cardio, toujours avoir ses clés de voiture dans la main, toujours tirer deux fois dans un cadavre juste pour être sur…

Retour à Zombieland : Photo Emma Stone, Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Zoey Deutch

Cette fois ci, le mode zombie s’est installé, ce n’est plus une surprise, les survivants font avec. Si Talahassee considère ses compagnons de route comme sa famille et que ça lui suffit amplement, ce n’est pas le cas de Little rock qui comprend qu’en restant avec eux, elle ne pourra jamais faire sa vie, elle cherche à rencontrer des gens de son âge.

Retour à Zombieland : Photo Emma Stone, Jesse Eisenberg, Woody Harrelson

C’est toujours aussi drôle, leur installation à la maison blanche est réussie, on découvre tout les trésors cachés, les zombies sont plus organisés pour certains, ils s’adaptent et les hommes doivent évolués également. La présence du personnage de Madison, une blonde écervelée qui a survécu par simple miracle et qui rejoint la petite bande, apporte pas mal d’humour. Une bonne comédie qui détend, fait rire, les dialogues fusent toujours autant que dans le premier volet, et le générique apporte une apparition très drôle de Bill Murray.

Proxima : Affiche

de Alice Winocour

Eva Green, Zelie Boulant-Lemesle, Matt Dillon

4/5

Sarah a toujours voulu devenir astronaute, depuis l’enfance c’est son rêve. Un rêve qui est sur le point de se réaliser. Brillante, Sarah vient d’être désigner comme 3e membre de l’équipe d’astronautes qui va partir pour la station spatiale internationale. La mission proxima consiste à partir durant une année dans l’espace. Vont s’enchainer plusieurs semaines de protocoles et de procédures scientifiques à apprendre par cœur mais aussi de longues heures d’entrainement intenses durant lesquelles Sarah va pousser à la limite son corps et son énergie. Mais le plus dure est ailleurs, il s’agit de laisser derrière elle sa fille Stella, une séparation difficile et culpabilisante.

Proxima : Photo Eva Green

J’aime beaucoup Eva Green et ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu au cinéma. Eva Green + film d’astronaute et d’espace = banco, je n’ai pas hésité et j’en suis bien contente!

Proxima : Photo Eva Green

On suit Sarah, intelligente, brillante, forte, déterminée, qui fait tout pour réaliser son rêve de petite fille, celui de partir dans l’espace. Séparé du père de sa fille Stella, elle s’occupe sans problème de la fillette de 8 ans avec qui elle vit une relation fusionnelle, mais lorsqu’elle est désignée pour partir dans l’espace pour un an, c’est aussi la vie de Stella qui se trouve bouleversée. Elle va devoir changer d’école, changer de ville, s’installer avec son père, un brillant physicien. Stella angoisse, sa mère reviendra t-elle en vie?

Proxima : Photo Eva Green, Matt Dillon

De son côté Sarah doit tout assumer, montrer qu’elle est forte et aussi compétente que ces deux partenaires de mission, ne pas lésiner sur les entrainements, les efforts physiques jusqu’à l’épuisement, elle doit assumer aussi vis à vis de sa fille, montrer qu’elle ne doute pas, qu’elle n’a pas peur, la rassurer, essayer de rester présente avant le départ malgré un emploi du temps surchargé.

Proxima : Photo

J’ai beaucoup aimé le parti pris de la réalisatrice, ici pas d’histoire métaphysique, pas de scène dans l’espace, c’est beaucoup plus réaliste, beaucoup moins romantique. Les blessures, les simulateurs qui vous font vomir, les entrainements épuisants, la séparation familiale. En plus des même contraintes que ces collègues, ici Sarah, en tant que mère, doit aussi gérer sa fille, contrairement à Mike son coéquipier américain dont la femme gère tout ce qui concerne leurs enfants.

Proxima : Photo Eva Green

La réalisatrice décrit un monde d’hommes, dans lequel les femmes sont très minoritaires. Sarah va parfois faire face à des hommes machistes, qui n’auront au mieux pas confiance en elle pour partir dans l’espace, au pire condescendant vis à vis de son sexe. Des questions, des remarques qu’aucun hommes astronautes n’aura à subir. Heureusement pour Sarah, l’équipe technique et médicale est mixte et beaucoup plus professionnelle. Mais surtout Sarah sentira la désapprobation de la société, elle une mère, qui laisse sa fille de 8 ans, angoissée et triste, pour partir dans l’espace une année, est-ce raisonnable? est-ce digne d’une mère? On pensait que le temps où la femme devait choisir entre une famille et une carrière était révolue, mais en fait pas du tout. Et comme le dira Sarah avec le sourire dans le film, en laissant sa fille chez son père pour partir plusieurs semaines à l’entrainement, “on est moderne, on fait tout bien et avec la bonne humeur”.

Proxima : Photo

Un très beau film sur le métier d’astronaute, sur la place de la femme dans ce métier, sur la relation mère-fille. Les dernières 20 minutes sont très belles, poétiques et puissantes.

Dernière séance: Sorry we missed you de Ken Loach

Sorry We Missed You : Affiche

de Ken Loach

4/5

Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone, Katie Proctor, Ross Brewster

Rick et Abbie forment un couple solidaire et aimant. Avec leurs deux enfants, Sebastian et Lisa, ils vivent en location. Rick rêve de devenir propriétaire pour garantir un toit pour sa famille. Mais à la suite de la faillite de l’entreprise pour laquelle Rick travaillait, il n’a fait qu’enchainer les contrats à durée déterminée, les intérims ou les remplacements, en tant qu’ouvrier, paysagiste, électricien…Sans contrat stable, aucune banque ne veut prêter de l’argent à Rick. Il décide alors de se lancer dans un nouveau type de travail, être livreur mais sans rendre compte à des patrons. Pas de contrat de travail, pas de devoir, pas de droits, mais malgré les apparences, Rick rend quand même compte à une sorte de superviseur, et la moindre erreur ou faiblesse l’oblige à régler des amandes et à être noter de manière négative dans son dossier personnel. Rick travaille 14h par jour pour rembourser l’achat d’un camion de livraison, et sa femme Abby a du renoncer à sa voiture, ce qui rend son travail d’infirmière à domicile très pénible. L’absence des parents et leurs fatigues grandissantes se répercutent sur leur vie de famille. Sebastian, qui est déjà un ado rebelle, a un comportement de plus en plus destructeur, et la petite Lisa se sent de plus en plus angoissée et responsable du bien être de sa famille…

Sorry We Missed You : Photo Debbie Honeywood, Rhys Stone

J’aime beaucoup les films de Ken Loach, même si je suis loin d’avoir tout vu. La plupart des films de Loach sont assez dure à voir, car le réalisateur met en scène des personnages souvent attachants vivre des situations socialement difficiles, des gens biens broyés par un système impitoyable. Ken Loach sait aussi faire des comédies et avec brio, notamment avec Looking for Éric ou encore La part des anges.

Ici, on est à nouveau face à des gens biens, honnêtes, travailleurs, mais qui vont se retrouver broyer par un système injuste, un système qui est fait pour enfoncer les gens pauvres ou qui ont des situations précaires. Ici Rick travaillait bien dans l’entreprise qui l’employait, il allait enfin réaliser son rêve d’avoir sa propre maison pour mettre à l’abri sa famille, mais le voila de nouveau sur le marché du travail et si Rick n’a jamais été au chômage, si il a toujours du travail, le manque de contrat à durée indéterminée l’empêche d’obtenir un prêt.

Sorry We Missed You : Photo Kris Hitchen, Ross Brewster

Dans Sorry we missed you, Ken Loach se penche sur le phénomène de plus en plus important des achats par internet et des livraisons incessantes. L’uberisation de la livraison à domicile. On fait miroiter à Rick qu’en devenant l’un de ces livreurs, il n’aurait plus à rendre compte à un patron, il n’aurait plus à se retrouver dans une hiérarchie défavorable. Plus Rick travaillera plus il gagnera d’argent, payer à la livraison. Mais finalement dès le départ, Rick comprend que ce n’est pas aussi simple. Il faut acheter un camion, il faut se pointer au dépôt aux aurores 6 jours sur 7, il faut scanner tous les colis lors de la réception jusqu’à la livraison. La machine calcule tout, le temps de livraison, le respect des horaires indiqués par les clients…Maloney, le chef du dépôt, prend le rôle du “patron”, en punissant les livreurs qui arrivent en retard, ceux qui n’ont pas livrés les colis à l’heure, ceux qui ont eu des plaintes. Tout est prétexte à une amende, retenue sur le salaire du livreur. Ton camion tombe en panne, un accident de la route, une perte de colis, un retard, l’impossibilité de venir un jour quelque soit l’urgence, tout engendre une amende, même si le livreur est victime d’une agression violente, les colis volés devront être remboursés par le livreur…Tous les inconvénients d’un boulot contrôlé par un patron et aucun avantage des salariés d’une entreprise, aucune couverture sociale, aucune assurance, aucun contrat, aucun congé. Rick tombe dans un engrenage, où chaque coup dure de la vie se répercute sur son revenu. Des conséquences que Rick ne peut supporter puisque cela impacte directement le paiement du loyer, l’achat de nourriture, le paiement des écoles des enfants.

Sorry We Missed You : Photo Katie Proctor, Rhys Stone

Rick souffre mais Abby elle aussi est sur le point de craquer. Ken Loach se penche en arrière plan sur le traitement des personnes âgées qui n’ont aucune aide de leur famille. Abby est une infirmière à domicile qui tente malgré toutes les difficultés de rester humaine avec celles que la société qui l’emploie appelle “clientes”. Tout cela se répercute sur la vie de famille qui devient difficile. Sebastian joue les rebelles et ne pense pas du tout à la vie difficile que mène ses parents, et Lisa angoisse tous les jours concernant le futur de sa famille: ses parents vont ils divorcés, son frère va t-il partir pour ne plus revenir?

Sorry We Missed You : Photo Katie Proctor, Kris Hitchen

Ken Loach tape encore une fois dure et pointe du doigt une société de moins en moins humaine de plus en plus dure, et ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Kris Hitchen qui joue Rick et Debbie Honeywood qui joue Abby sont excellents dans le rôle des parents, et les enfants ne sont pas en reste. A voir.

Deux week end à Londres

Je n’ai pas eu le temps de parler ici de deux week end que j’ai passé à Londres durant le 1er trimestre de l’année. A la fin du mois de janvier et à la fin du mois de mars.

A la fin du mois de janvier, je suis partie trois jours à Londres. Chaque année ou presque, je passe toujours deux ou trois jours à Londres en début d’année, grâce aux promo eurostar. D’habitude j’attends la fin du mois de février pour partir, et en générale j’ai toujours du beau temps. Cette fois ci le temps n’était pas très agréable!

Je connais bien la capitale anglaise maintenant, alors quand je m’y rend j’essaye de ne pas trop en faire et de profiter. Hôtel dans le quartier d’Algate, je me suis promenée à Little Venice près de Regent Park le long des canaux, quelques premiers signes printaniers, de jolies maisons cossues à admirer, des péniches colorées. Je débouche dans un quartier beaucoup plus populaire dans Marylebone road avant de revenir vers Marylebone high street, puis Marylebone lane qui nous ramène dans le quartier d’oxford street. Je trouve refuge dans Wardour street chez Princi, que je ne connaissais pas. Très bonne pizza vendu à la part, et des pâtisseries très tentantes.

Durant ce petit week end, j’ai pris le temps de rendre visite à la librairie waterstone, de faire quelques magasins, de me promener dans Kensington, de visiter la Leighton house museum que j’aime beaucoup et en particulier une des peintures exposées dans ce musée. Vu la météo à ce moment là, j’ai privilégié les musées et j’ai donc été faire l’expo Pierre Bonnard à la tate modern, de jolies tableaux dont les sujets sont un peu trop répétitifs (sa maison de campagne, des jardins et sa femme qui dort, sa femme qui se peigne, sa femme qui prend son bain…). J’ai testé un resto Clos Maggiore à covent garden, qui s’avère un peu trop snob, bien que les serveurs soient tous très gentils. Les plats sont bons mais ce n’est pas non plus le repas de ma vie, et vu les prix, j’aurais pu m’en passer!

Enfin, j’ai pu visiter Houses of parliament, c’est un peu cher (18£) mais ça vaut le coup d’œil. File d’attente, fouille comme à l’aéroport, audioguide, photos autorisées uniquement dans le premier hall. On peut voir entre autre, le central lobby dont le plafond est magnifique, la chambre des lords en rouge, la chambre des communes en vert. La visite est très intéressante, j’ai beaucoup aimé. Dernière promenade à Hampstead pour profiter du beau temps avant le retour.

 

Le second week end n’était pas tout à fait prévu à l’avance, en tout cas pas autant à l’avance que dans mes habitudes. Cette fois ci c’est en avril, il fait beaucoup plus chaud et surtout beaucoup plus beau. On se rend à la sky tower pour profiter de la vue, shopping, relève de la garde à Buckingham palace, promenade à Borough market pour acheter du très bon miel, balade à Chiswick house, ou plutôt son grand parc car la maison est fermée ce jour là. Je déjeune à Dishoom, un resto indien qui propose des plats qui n’ont rien à voir avec les resto indiens habituels en France. C’est très bon.

Retour un peu chaotique car problème de manif sur les voies et retard des eurostars depuis la veille au soir. Heureusement on en a pas trop souffert au final.

Une soirée à l’opéra Garnier, La traviata

Il y a deux semaines, je me suis rendue un dimanche soir à l’opéra pour voir La traviata de Verdi. J’ai réservé les places en juin dernier, avec difficulté car les places sont parties en un temps record.

La traviata c’est l’histoire de Violetta, inspirée par la Marguerite Gautier de La dame aux camélia de Dumas. Violetta est une femme qui parcours les salons, les bals, les fêtes, une courtisane qui profite de la vie sans penser aux lendemains. Elle finira par tomber amoureuse et laisser de coté sa vie de courtisane, mais sa santé dépérira petit à petit…

costume de Paquita, un ballet que j’avais vu et beaucoup aimé il y a deux ans;

J’ai appris quelques semaines avant la représentation, que La traviata avait été revu et modernisé. L’action ne se déroule pas au 19e siècle mais de nos jours. Violetta n’est pas une courtisane mais une instagrameuse, youtubeuse reconnue, suivie par des millions de gens, devenue égérie d’une grande marque de parfum…

Je dois dire que sur le papier l’idée ne me plaisait pas trop. Les premières minutes sur scène, c’est deux écrans géants posés sur la scène, qui nous montre la vie des réseaux sociaux de Violetta. Son compte instagram, ces soirées, ces fêtes, sa vie sociale, et puis son médecin qui lui demande par sms interposé de passer le voir pour discuter des résultats de ses dernières analyses. Car Violette est gravement malade.

Visite de l’opéra Garnier

Avait-je envie de passer trois heures un dimanche soir à voir la déperdition d’une jeune femme atteinte d’un cancer? non pas vraiment. On est loin de l’idée de ce que je m’en faisais, des costumes du 19e siècle, les robes, les salons bourgeois, les fêtes. Non ici, les tableaux qui s’enchainent sur scène c’est une boite de nuit parisienne, le départ de la fête dans une vraie voiture Uber, un kebab ouvert toute la nuit, une start up, une boite de nuit aux mœurs bizarres, ou alors des tableaux minimalistes avec un décor qui se résume en un carré en trois dimensions blanc pour représenter la vie à la campagne, dans lequel le héros écrase du raisin dans un bac en bois, ou encore Violetta qui trait une vache, là comme ça sur un fond blanc. Sans parler du dernier tableau qui alterne entre séance de chimio et lit médicalisé.

Si La traviata est modernisé sur le plan de l’époque, des décors et des costumes, la musique, les chants et l’histoire ne sont pas transformés. Alors quand on lit les sous titres des chants dans lesquels Violetta demande à écrire une lettre, dans laquelle Violetta demande à sa servante de partir apporter le courrier, ça semble bien anachronique. Et puis cette histoire de sacrifice avec Violetta qui accepte de rompre avec son grand amour sur la demande de son père afin de servir les intérêts de sa famille, semble aussi hors du temps.

Heureusement, comme je voyais bien la scène, je pouvais parfois me concentrer en admirant tous les musiciens et le chef d’orchestre, et écouter les chanteurs tous très bons bien sur.

C’est dommage il n’y a aucun intérêt à moderniser de cette manière une pièce comme la traviata. Si on veut parler des problèmes de société actuels, libre aux auteurs, chorégraphes et autres de créer des opéras, spectacles, pièces, au lieu d’adapter un opéra. L’histoire ne colle pas avec notre époque, ni les réactions des personnages, ni les émotions ni les dialogues. Le rendu est bizarre et ce coté moderne avec les réseaux sociaux et les décors tristes et souvent laids tout comme les costumes, font perdre tous le charme de cet opéra.

Quant aux sièges de l’opéra Garnier, c’est honteux, une vraie arnaque. On se trouvait au dernier rang de l’amphithéâtre, qui se trouve tout en haut de la salle, face à la scène. On avait une très bonne visibilité de la scène et de l’orchestre mais la largeur des rangs est grotesque, un vrai foutage de gueule. Imaginé qu’on rajoute tout simplement une rangée entre deux rangées. Les sièges sont petits mais surtout impossible de plier ses jambes lorsqu’on s’assoit sans taper la tête de la pauvre personne qui se trouve devant nous, aux spectateurs d’alterner entre se prendre le bois du siège de devant dans les genoux, ou écartés les jambes façon grand écart. Les deux entractes étaient plus que les bienvenus pour s’étirer un peu, surtout que le 2e acte durait 1h05. Quand on voit la moyenne d’âge des spectateurs, ils ne devraient pas être autorisés à vendre des places comme celle ci, elles ne devraient même pas avoir droit de s’appeler “place”, surtout quand elles valent quand même 50€ à la vente. D’ailleurs une vieille dame fera un malaise dans le 2e acte, et on apprendra qu’un médecin est en permanence présent lors des représentations, car en plus des sièges qui sont de vrais instruments de torture pour le corps humain, la chaleur dans la salle n’arrange rien.

Avant première: Joker

Joker : Affiche

de Todd Philips

Joaquin Phoenix, Robert de Niro, Frances Conroy, Zazie Beetz

4/5

Gotham City s’enfonce doucement mais surement dans une misère de plus en plus dure et permanente. Parmi les laissés pour compte, Arthur Fleck tente de rester positif comme le lui a appris sa mère. Mais Arthur n’a pas beaucoup de joie dans sa vie. Il partage un appartement miséreux avec sa vieille mère, il travaille comme clown là où on veut bien l’envoyer, il n’a pas d’amis ni de relation sociale à cause de son handicap, Arthur souffrant de névrose et de problèmes nerveux qui se déclenchent par des rires crispés qui mettent mal à l’aise les gens qui croisent sa route. Les coups dures s’enchainent sans temps mort pour le pauvre Arthur qui pourtant ne se laisse pas déprimé, jusqu’au jour où c’est le coup dur de trop…

Joker : Photo Joaquin Phoenix

Vendredi soir je me suis rendue à l’avant première du Joker, film qui raconte comment le gentil Arthur Fleck est devenu le terrible Joker, l’un des ennemis les plus redoutables de Batman. Pour ceux qui n’aime pas les films de super héros, vous pouvez y aller, Joker n’a aucun point commun avec les films DC ou Marvel.

Joker : Photo Joaquin Phoenix

La bande annonce du Joker est probablement l’une des plus belles bande annonce que j’ai pu voir depuis que j’en vois. Je l’a trouve même supérieure au film.

Ici c’est l’histoire d’un pauvre homme qui accumule les malchances. Arthur Fleck, pour des raisons qu’on apprendra dans la 2e moitié du film, souffre de nombreuses névroses et surtout d’un problème du système nerveux. Lorsqu’il est crispé ou stressé, Arthur se met à rire très bruyamment, un rire nerveux qui va jusqu’à l’étouffement parfois. Arthur n’a pas d’amis, pas de vie sociale, ses collègues de travail ne sont pas à l’aise avec lui. Comme le dira Arthur à sa psy, ce qu’il y a de plus difficile quand on a une maladie mentale ce n’est pas la maladie mais les gens qui attendent qu’on se comportent normalement.

Joker : Photo Joaquin Phoenix

Pour Joker, aucune règle des films de super héros n’est appliquée. Le début du film est même un peu lent. On découvre la vie et le quotidien de cet homme qui n’a rien pour lui et peu d’espoir d’améliorer sa vie. Les coups durs s’enchainent, les choses empirent jour après jour pour Arthur comme pour le reste des habitants de Gotham qui n’ont pas la chance de faire partie de l’élite. La colère monte chez Arthur comme dans le reste de la ville.

Joker : Photo Joaquin Phoenix

L’évolution chez Arthur est lente, logique, normale, inévitable. Toute sa vie Arthur Fleck aura nager à contre courant, luttant contre tous les obstacles que la vie lui envoi, luttera contre tous ce qui lui tombe dessus, jusqu’à ce que la fatigue l’emporte et que Arthur n’ai plus la force de lutter, plus la force de rester poli, gentil, aimable, joyeux, comme le lui a toujours demandé sa mère. Les coups que se prend Arthur, physiquement et surtout psychologiquement le mèneront à son point de rupture, jusqu’à ce qu’il lâche prise et se laisse enfin porter par le courant, se libérant de la société, du monde, des autres, une libération salvatrice pour Arthur, dans la violence et le sang.

Joker : Photo Robert De Niro

Sans surprise Joaquin Phoenix est excellent dans le rôle d’Arhur, il y a un coté danseur dans sa façon d’interpréter Joker, on a parfois l’impression qu’un chorégraphe le suit dans sa gestuelle, surtout lorsqu’il perd pied et tombe de plus en plus dans la violence. J’ai été aussi contente de pouvoir voir Frances Conroy, que j’avais adoré dans le rôle de la mère dans la série Six feet under.

Pour finir, juste en dessous, la bande annonce avec la chanson Smile de Jimmy Durante. Si il devait y avoir l’oscar de la meilleure bande annonce, celle ci le remporterait sans problème.