Dernière séance: Sorry we missed you de Ken Loach

Sorry We Missed You : Affiche

de Ken Loach

4/5

Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone, Katie Proctor, Ross Brewster

Rick et Abbie forment un couple solidaire et aimant. Avec leurs deux enfants, Sebastian et Lisa, ils vivent en location. Rick rêve de devenir propriétaire pour garantir un toit pour sa famille. Mais à la suite de la faillite de l’entreprise pour laquelle Rick travaillait, il n’a fait qu’enchainer les contrats à durée déterminée, les intérims ou les remplacements, en tant qu’ouvrier, paysagiste, électricien…Sans contrat stable, aucune banque ne veut prêter de l’argent à Rick. Il décide alors de se lancer dans un nouveau type de travail, être livreur mais sans rendre compte à des patrons. Pas de contrat de travail, pas de devoir, pas de droits, mais malgré les apparences, Rick rend quand même compte à une sorte de superviseur, et la moindre erreur ou faiblesse l’oblige à régler des amandes et à être noter de manière négative dans son dossier personnel. Rick travaille 14h par jour pour rembourser l’achat d’un camion de livraison, et sa femme Abby a du renoncer à sa voiture, ce qui rend son travail d’infirmière à domicile très pénible. L’absence des parents et leurs fatigues grandissantes se répercutent sur leur vie de famille. Sebastian, qui est déjà un ado rebelle, a un comportement de plus en plus destructeur, et la petite Lisa se sent de plus en plus angoissée et responsable du bien être de sa famille…

Sorry We Missed You : Photo Debbie Honeywood, Rhys Stone

J’aime beaucoup les films de Ken Loach, même si je suis loin d’avoir tout vu. La plupart des films de Loach sont assez dure à voir, car le réalisateur met en scène des personnages souvent attachants vivre des situations socialement difficiles, des gens biens broyés par un système impitoyable. Ken Loach sait aussi faire des comédies et avec brio, notamment avec Looking for Éric ou encore La part des anges.

Ici, on est à nouveau face à des gens biens, honnêtes, travailleurs, mais qui vont se retrouver broyer par un système injuste, un système qui est fait pour enfoncer les gens pauvres ou qui ont des situations précaires. Ici Rick travaillait bien dans l’entreprise qui l’employait, il allait enfin réaliser son rêve d’avoir sa propre maison pour mettre à l’abri sa famille, mais le voila de nouveau sur le marché du travail et si Rick n’a jamais été au chômage, si il a toujours du travail, le manque de contrat à durée indéterminée l’empêche d’obtenir un prêt.

Sorry We Missed You : Photo Kris Hitchen, Ross Brewster

Dans Sorry we missed you, Ken Loach se penche sur le phénomène de plus en plus important des achats par internet et des livraisons incessantes. L’uberisation de la livraison à domicile. On fait miroiter à Rick qu’en devenant l’un de ces livreurs, il n’aurait plus à rendre compte à un patron, il n’aurait plus à se retrouver dans une hiérarchie défavorable. Plus Rick travaillera plus il gagnera d’argent, payer à la livraison. Mais finalement dès le départ, Rick comprend que ce n’est pas aussi simple. Il faut acheter un camion, il faut se pointer au dépôt aux aurores 6 jours sur 7, il faut scanner tous les colis lors de la réception jusqu’à la livraison. La machine calcule tout, le temps de livraison, le respect des horaires indiqués par les clients…Maloney, le chef du dépôt, prend le rôle du “patron”, en punissant les livreurs qui arrivent en retard, ceux qui n’ont pas livrés les colis à l’heure, ceux qui ont eu des plaintes. Tout est prétexte à une amende, retenue sur le salaire du livreur. Ton camion tombe en panne, un accident de la route, une perte de colis, un retard, l’impossibilité de venir un jour quelque soit l’urgence, tout engendre une amende, même si le livreur est victime d’une agression violente, les colis volés devront être remboursés par le livreur…Tous les inconvénients d’un boulot contrôlé par un patron et aucun avantage des salariés d’une entreprise, aucune couverture sociale, aucune assurance, aucun contrat, aucun congé. Rick tombe dans un engrenage, où chaque coup dure de la vie se répercute sur son revenu. Des conséquences que Rick ne peut supporter puisque cela impacte directement le paiement du loyer, l’achat de nourriture, le paiement des écoles des enfants.

Sorry We Missed You : Photo Katie Proctor, Rhys Stone

Rick souffre mais Abby elle aussi est sur le point de craquer. Ken Loach se penche en arrière plan sur le traitement des personnes âgées qui n’ont aucune aide de leur famille. Abby est une infirmière à domicile qui tente malgré toutes les difficultés de rester humaine avec celles que la société qui l’emploie appelle “clientes”. Tout cela se répercute sur la vie de famille qui devient difficile. Sebastian joue les rebelles et ne pense pas du tout à la vie difficile que mène ses parents, et Lisa angoisse tous les jours concernant le futur de sa famille: ses parents vont ils divorcés, son frère va t-il partir pour ne plus revenir?

Sorry We Missed You : Photo Katie Proctor, Kris Hitchen

Ken Loach tape encore une fois dure et pointe du doigt une société de moins en moins humaine de plus en plus dure, et ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Kris Hitchen qui joue Rick et Debbie Honeywood qui joue Abby sont excellents dans le rôle des parents, et les enfants ne sont pas en reste. A voir.

Dernières séances: Midsommar – Once upon a time in Hollywood – Le flic le gangster et l’assassin

Midsommar : Affiche

de Ari Aster

Florence Pugh, Jack Reynor, Will Poulter

4/5

Dani, une jeune étudiante, se remet très difficilement de la mort tragique et brutale de ses parents et de sa sœur. Elle se raccroche à Christian, son petit ami depuis les trois dernières années, malgré son manque d’engagement vis à vis d’elle. Ce dernier souhaite rompre avec Dani, mais n’osant pas le faire alors qu’elle est toujours en deuil, il décide de l’inviter à un voyage d’été en Suède. Christian et ses deux amis, Josh et Mark ont été invité par leur ami suédois, Pelle, pour participer à la célébration du solstice d’été organisée par la communauté dans laquelle Pelle a grandit. Les 4 américains se retrouvent au sein de cette communauté qui semblent avoir des rites et des coutumes ancestraux. Perdu en pleine nature suédoise, chacun est venu pour des raisons différentes: Christian et Josh espèrent pouvoir finir leur thèse d’anthropologie en étudiant les coutumes de cette communauté, Mark lui espère juste pouvoir profiter des jolies suédoises, quant à Dani elle espère pouvoir faire son deuil et tourner la page.

Midsommar : Photo Isabelle Grill

Midsommar : Photo Florence Pugh, Jack Reynor

J’étais très curieuse de voir Midsommar, même si j’ai eu un peu de mal à me motiver. Je n’avais pas envie de voir un film qui serait déprimant ou choquant. Le film dure 2h30 et on ne voit pas le temps passé, aucune longueur. Si la bande annonce nous laisse penser que Midsommar est plus un film d’horreur à l’intrigue classique (des jeunes étudiants coincés dans un lieu d’abord sympathique et qui se révèle de plus en plus sombre), il possède en réalité plusieurs niveaux de lecture.

Midsommar : Photo Florence Pugh

On peut le voir comme un simple film d’horreur, une communauté isolée dans la nature pour fêter le solstice d’été, accueillante, gentille et très polie, mais qui cache en réalité des rites et coutumes qui paraissent vite horribles pour les touristes en visite. Mais on peut aussi voir Midsommar comme un film sur la nature humaine, sur le deuil, sur sa relation à l’autre. Rien de mieux qu’un voyage dans un lieu inconnu pour découvrir la vraie nature et la vraie personnalité des gens que vous côtoyez au quotidien et que vous pensez connaitre. Notamment le personnage de Christian, le parfait pote qui joue le rôle du fiancé persécuté par sa copine qu’il présente à son entourage comme hystérique et lourdingue. Il souhaite rompre avec Dani mais ne le fait à aucun moment, préférant l’inviter à leur voyage en Suède plutôt que de rompre, car Christian est un personnage lâche, feignant, cherchant la facilité. Il cache son manque total d’empathie envers les autres en jouant son rôle de gentil garçon en société. Josh, l’un de ses meilleurs amis, fera les frais de cette hypocrisie, de sa lâcheté, tout comme Dani qui découvrira bien vite que Christian a bien caché son jeu, montrant son arrivisme, sa lâcheté et son absence d’émotion. C’est simple, il ressemble tout à fait à un sociopathe.

Midsommar : Photo

Au travers du personnage de Dani, le film nous parle du deuil. Comment faire son deuil, tourner la page, aller de l’avant. Midsommar nous parle également de la communauté face à l’individualité. La communauté de Pelle fait passer le collectif toujours avant l’individu. L’individu lui même n’a presque pas d’existence dans cette société. Chacun à un rôle à jouer, selon son âge et selon ses talents, pour le bien de la communauté, sa survie et sa pérennisation. Tout le contraire du comportement des 4 étudiants étrangers. Lorsqu’une personne souffre c’est toute la communauté qui souffre, les autres mimant les cris et les douleurs physiques de ceux qui souffrent, comme pour alléger les souffrances de l’un des leurs, en partageant leurs émotions. Cette communauté et ce choix de vie n’est pas sans hypocrisie aussi…

Midsommar : Photo Florence Pugh, Henrik Norlén, Jack Reynor

Le film possède une atmosphère bien particulière, certaines scènes sont très étranges et d’autres très dérangeantes et brutales, Midsommar n’est pas pour tout le monde, il peut choquer. On pardonnera le comportement parfois pas très malin ou pas très crédibles des personnages, du au fait que leurs hôtes passent leur temps à leur faire boire des tisanes hallucinogènes. Midsommar est un film très intéressant, prenant, dérangeant, qui remue et avec la confirmation que Florence Pugh est une excellente actrice.

Once Upon a Time… in Hollywood : Affiche

De Quentin Tarentino

Brad Pitt, Leonardo Dicaprio, Margot Robbie, Emile Hirsch, Margeret Qualley, Bruce Dern, Al Pacino, Damian Lewis, Dakota Fanning, Kurt Russell

4/5

En 1969, Hollywood est en pleine mutation. Les années 60, les gentlemen en smoking, les dames déguisées en vraie poupée, sont révolues. Les années 70 pointent leur nez, la mode change, les mœurs aussi, les valeurs hollywoodiennes ne font pas exception. Rick Dalton est un acteur sur le déclin, lui aussi à un tournant de sa vie. Sa carrière d’acteur avait bien commencé, en décrochant le rôle principal dans un western télévisé qui raconte le quotidien d’un chasseur de prime. Sa doublure cascade Cliff a bien vécu durant les 8 années que dure la série, mais dorénavant c’est les vaches maigres pour l’acteur et sa doublure. Alors que Rick décroche un rôle secondaire dans un western, Cliff peine à trouver un boulot de cascadeur à cause de sa réputation. Sous des airs d’homme calme et serein, Cliff a tendance à laisser parler les poings, sans parler des doutes concernant la mort de sa femme, que Cliff aurait peut être assassiné. Entre deux crises de doutes et de soulerie, Rick garde espoir de voir sa carrière reprendre un second souffle, surtout quand il découvre que ses voisins ne sont autre que Sharon Tate et Roman Polanski.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Brad Pitt

Le dernier né des films de Tarantino dure tout de même 2h45! même si c’est parfois long quand on est assis dans un fauteuil sans bouger, le film n’ennuie pas une seconde. J’ai beaucoup aimé suivre le duo de l’acteur sur le retour et de sa doublure Cliff, leur relation, leurs discussions. Rick est un acteur qui se prend très au sérieux, qui est resté figé dans les années 50 et 60, et ne comprend pas très bien cette nouvelle ère qui commence à pointée, celle des hippies. Rick est un acteur stressé, peu sur de lui au finale, qui doute beaucoup. J’ai beaucoup aimé la longue partie durant laquelle on le voit sur le tournage de ce nouveau western, un rôle secondaire mais qui lui tient à cœur. Sa manière de s’investir à fond et sa relation avec une enfant actrice. Rick est un acteur à fleur de peau, trop émotif. A l’inverse de Cliff, sa doublure, toujours la maitrise de soi et de ses émotions, tout sous contrôle. Il incarne la force tranquille, car si de prime abord il semble être calme, Cliff devient vite violent quand on le cherche. Et même dans la violence, Cliff garde un contrôle non pas de sa violence mais de ses émotions; Tout est résumé dans sa relation avec son chien, notamment quand il est l’heure de la nourrir.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Brad Pitt, Leonardo DiCaprio

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

En arrière plan bien sur, c’est aussi le meurtre horrible de Sharon Tate, enceinte de 8 mois, et de ses invités. On suit Sharon dans son quotidien de jeune actrice, sa relation avec Roman Polanski et avec son meilleur ami. La tuerie perpétrée par plusieurs disciples de Charles Manson est revue et corrigée selon le fantasme du réalisateur (fantasme partagé). J’ai adoré voir la scène finale donc, dans laquelle les choses ne se passeront pas comme dans les faits réels, notamment grâce à Cliff. Comme sait le faire Tarentino, c’est un mélange de violence pure et d’humour tordu.

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

Once Upon a Time… in Hollywood : Photo Leonardo DiCaprio

Once upon a time in Hollywood c’est prenant, bien interprété, bien réalisé, on retrouve le style de Tarentino dans certaines scènes. J’ai beaucoup aimé les personnages, leurs interactions, l’époque dans laquelle les héros ne se sentent pas à leur place. J’ai beaucoup aimé la revisite de la réalité historique.  Des trouvailles scénaristiques, des scènes parfois longues sur un détail et pour autant jamais ennuyant.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Affiche

de Lee Won Tae

Ma Dong Seok,  Kim Yu Yeol

3/5

Jang Dong Soo, un chef de gang redouté et respecté, est gravement agressé par un inconnu après un accrochage sur l’autoroute. Il s’agit en fait d’un tueur en série qui frappe au hasard après avoir fait exprès d’accrocher la voiture de sa future victime pour la forcer à s’arrêter. Mais Dong Soo n’est pas une victime comme les autres et arrive à blesser et à faire fuir l’assassin.  Jeong Tae Seok, inspecteur de police qui aime titiller les gangster sous les ordres de Dong Soo, souhaite être le flic qui arrêtera le tueur en série. Mais sa hiérarchie en est encore à se demander s’il s’agit bien d’un assassin en série et ne souhaite pas aller plus loin. Les deux hommes que tout opposent vont alors s’allier et mettre en commun leurs ressources pour arrêter cet assassin, chacun pour des raisons différentes.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo Kim Moo-yul, Ma Dong-seok

J’adore le cinéma coréen alors je n’ai pas hésité avant d’aller voir ce film. Le concept de l’histoire est assez classique, le gangster intouchable qui s’allie à un inspecteur frustré afin d’arrêter un tueur en série qui frappe au hasard. Si le film était américain, il est clair que les deux hommes auraient fini meilleurs potes à la fin du film mais heureusement on est en Corée du sud, et les choses sont plus complexes que ça.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo Ma Dong-seok

Dong Soo souhaite à tout prix arrêter le tueur pour en faire un exemple auprès de ses hommes et de ses concurrents, car sa réputation en a pris un sacré coup: lui le chef de gang redouté, envoyé à l’hôpital par un inconnu qui l’agresse dans la rue. La concurrence voit là une faiblesse qu’il faut exploitée. De son coté, Tae Seok, flic frustré par le manque de réaction de sa hiérarchie face aux gangs, espère jouer les héros et les supers flics en étant celui qui arrêtera le tueur en série dont tout le monde parle. En arrière plan on peut voir la protection des gangs par la police grâce à des hauts fonctionnaires corrompus, payés pour regarder ailleurs et pour faire regarder ailleurs les policiers sous leurs ordres.

Le Gangster, le flic & l'assassin : Photo

J’ai trouvé Ma Dong Seok, dans le rôle du chef de gang, très bon. La force tranquille, l’homme ne pers pas souvent son sang froid, en tout cas pas sans une bonne raison et quand il frappe, on le voit pas toujours venir et ça frappe dure! J’avais déjà vu l’acteur dans Le bon la brute et le cinglé et dans Dernier train pour Busan. Par contre j’ai été assez agacé par le jeu de Kim Yu Yeol qui joue le rôle du flic. Il en fait des caisses, parfois c’est vraiment trop au point qu’il en devient agaçant. Un bon divertissement, de l’action, de la violence, de l’humour, le film ne se prend pas au sérieux et j’ai bien aimé la fin.

Dernières séances: The young lady – La colère d’un homme patient – Les gardiens de la galaxie 2

The Young Lady : Affiche

The young lady

de William Oldroyd

Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton, Naomie Ackie

4/5

Au 19e siècle, en Angleterre, Katherine épouse Lord Lester. Comme beaucoup de jeune fille de son époque, c’est un mariage arrangé par les deux familles, où chacun y trouve son compte. Katherine n’est ni choquée, ni malheureuse ou heureuse d’épouser cet homme qu’elle ne connait pas. Mais lors de leur nuit de noce, son époux ne la touche pas, pas plus que les jours et les semaines qui suivent. Elle vit dans la grande demeure familiale auprès d’un beau père austère et d’un mari silencieux qui ne l’autorise pas à sortir dans le domaine prendre l’air. Jour après jour, Katherine passe son temps engoncée dans un corset qui la maintien bien droite, assise dans le sofa ou le fauteuil, sans que personne ne lui parle, à lutter contre le sommeil de l’ennui. Un jour, son beau père et son mari quitte la demeure pour régler des affaires urgentes. Katherine apprécie enfin sa tranquillité. Elle rencontre le nouveau palefrenier, Sebastian, qui devient très vite son amant.

The Young Lady : Photo Florence Pugh

A lire le résumé sur les différents sites, on pourrait croire à une énième histoire du style Lady Chatterley, une femme aisée enfermée dans un mariage stérile, qui décide de prendre un amant pour enfin ne plus être frustrée. Ici on est loin de Lady Chatterley.

Katherine n’a rien d’une jeune fille émotive et effrayée quand elle se marie à Lord Lester. On sent qu’elle a été élevée loin de toute idée romantique du mariage. C’est un accord, un arrangement, un acte de commerce. Katherine sait qu’on attend d’elle qu’elle soit une bonne maitresse de maison et surtout pourvoyeuse de petits héritiers de la famille Lester.

The Young Lady : Photo Florence Pugh, Naomi Ackie

Katherine se retrouve dans une maison vide, un mari fantomatique, un beau père pas content de voir sa belle fille pas capable de provoquer le désir de son mari. Chaque jour ressemble à un autre, avec sa femme de chambre, Anna qui vient la réveiller à heure fixe, qui la coiffe, l’habille, les repas en silence, les longues heures assises dans le salon, seule, à lutter contre un sommeil provoquer par un ennui profond. Pour seul bruit de fond, le tic tac de l’horloge qui tape sur le système de la prisonnière.

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Katherine est un personnage étrange, elle ne ressent pas vraiment d’émotion. Elle frôle surement la folie par ces longues semaines enfermées à ne parler à personne, à ne voir personne, à ne rien faire. Avec le départ du beau père et du mari, Katherine se sent libre de sortir, de faire la sieste si elle s’ennuie, de s’allonger ou de se prend un amant. Elle revit. Mais en réalité, Katherine n’a pas vraiment de sentiment ni d’émotion. Elle est très attachée à Sebastian, mais on ne peut pas appeler ça de l’amour. Ses différents crimes la laisse marquée, mais on sent à chaque nouveau pas qu’elle fait vers l’horreur, qu’elle saura surmonter et passer au travers, ce qui n’est pas le cas de Sebastian. En réalité, Katherine est probablement une sociopathe. Elle aurait pu faire une parfaite maitresse de maison chez les Lester, et donner tous les héritiers que son beau père souhaitait, si seulement son mari l’avait laisser un peu libre et s’il avait pris la peine de consommer son union.

The Young Lady : Photo Cosmo Jarvis, Florence Pugh

Difficile donc de s’attacher au personnage de Katherine, même si on peut comprendre certains de ses actes, ou sa frustration à chaque obstacle venant se mettre en travers de la vie indépendante et tranquille qu’elle recherche. Encore plus difficile de s’attacher à Sebastian, un homme rustre, qui s’avèrera être un lâche et un faible, notamment lorsqu’il demande à Katherine de faire une chose dont il n’a pas le courage, pour lui reprocher ensuite cet acte.

The Young Lady : Photo Florence Pugh

Le film reste prenant, il ne dure qu’1h30, on ne s’ennuie pas une une seconde. Malgré certaines horreurs, le film n’est jamais lourd ou pesant. Tout y est froid, la maison, le mobilier, les tenues, à l’image de Katherine. On est très curieuse de voir comment les choses vont finir pour ces personnages, Katherine, Sebastian, mais aussi la femme de chambre. Il n’y a pratiquement aucune musique et la mise en scène est impeccable, et va à la perfection avec le caractère de Katherine jouée par une excellente Florence Pugh.

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Affiche

Les gardiens de la galaxie vol. 2

de James Gunn

Chris Pratt, Zoe Saldana, Bradley Cooper, Vin Diesel, David Bautista, Michael Rooker, Karen Gillan, Kurt Russell, Pom Klementieff

4/5

On retrouve Peter Quill, en compagnie de sa fine équipe. Ils viennent de finir une mission pour le compte des Souverains, engagés pour se débarrasser d’un monstre. Mais avant de repartir, Rocket décide de voler quelques batteries par simple défi et s’attire les foudres de leur reine, Ayesha. Elle envoie sa flotte à leur poursuite et sont sur le point d’être annihilés lorsqu’ils sont sauvés in extremis par un mystérieux vaisseau. Il s’agit en réalité de Ego, le géniteur de Peter, qui a passé la moitié de sa vie à le recherché. Peter décide de faire connaissance avec son père et part sur la planète d’Ego, en compagnie de Gamorra et de Drax, laissant Rocket, bébé groot et Nébula faite prisonnière, sur la planète Berhert, pour que Rocket puisse réparer les dégâts.

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Photo

Si le premier film était pas mal le second est bien meilleur.

J’ai beaucoup aimé l’humour, j’ai beaucoup plus ri dans ce film que dans le premier volet. J’adore chacun des personnages, Drax et sa franchise parfois blessante, Rocket et son cynisme, Gamorra et sa relation avec sa sœur Nebula, et bien sur Quill. Il y a certaines scènes vraiment très drôles, notamment quand Quill se fait lire ses émotions par Mantis, ou encore toutes les scènes impliquant bébé Groot. Moi qui était déçue de voir ce personnage détruit à la fin du premier film pour le revoir renaitre à état de brindille, j’étais contente de voir que, à l’état de “bébé” le personnage est encore plus réussi et attachant, impossible de ne pas craqué pour bébé groot.

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Photo Chris Pratt, Dave Bautista, Karen Gillan, Zoe Saldana

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Photo Chris Pratt, Dave Bautista, Zoe Saldana

On passe un excellent moment, on en apprend plus sur les origines de Quill, j’ai beaucoup aimé l’évolution dans la relation entre les deux sœurs Gamorra et Nebula, j’ai trouvé leur relation très touchante. Pareil pour Yondu et Quill, avec une fin très touchante. Sous des airs très comique, les personnages ont beaucoup évolués dans leurs caractères et dans leurs sentiments, que ce soit Rocket, Gamorra ou Quill.

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Photo Michael Rooker

Un second volet bourré d’humour, d’action, de rebondissements, on ne s’ennuie pas, on ne se lasse pas, avec des personnages plus en profondeurs. Je l’ai trouvé bien au dessus du premier volet. On s’attache beaucoup aux personnages, j’ai beaucoup ri, toujours avec ses références et sa musique des années 80, et j’ai hâte de voir le 3e volet.

La Colère d’un homme patient : Affiche

La colère de l’homme patient

3/5

de Raul Arevalo

Antonio de la Torre, Luis Callejo

José est un homme taciturne qui passe son temps dans un café de son quartier au point qu’il a sympathisé avec les propriétaires. En réalité José est un homme brisé qui a passé 8 ans à attendre pour venger un crime qui a brisé sa vie.

La Colère d’un homme patient : Photo Antonio de la Torre, Luis Callejo

J’y suis allée sans trop savoir à quoi m’attendre, j’avais seulement vu la bande annonce. On suit donc ce personnage de José qui attend 8 ans pour se venger. De qui, pourquoi, ce sont des questions auxquelles le film répond au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire. Il attendra 8 ans qu’un des responsable sorte de prison, afin de trouver les autres responsables, dont les identités n’ont jamais été découverte par la police à l’époque des faits.

La Colère d’un homme patient : Photo Antonio de la Torre

Le film ne dure qu’1h30 mais j’ai senti le temps passé, au point qu’à un moment je me suis demandée si je ne m’étais pas trompée dans la durée du film. C’est pas si lent que ça, mais ça tarde à démarrer. On ne s’intéresse pas énormément aux personnages. On découvre au milieu du film pourquoi José est celui qu’il est aujourd’hui, si froid, si taciturne, on découvre l’horreur que certaines personnes de sa famille on vécut et comment ça a briser sa vie. Si l’un des responsables a passé 8 ans en prison, José a lui aussi passé 8 ans enfermé même s’il n’avait pas de cellule.

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Le film nous parle de pardon, de remord, et pose la question. Un homme qui a commis un crime inhumain dans sa jeunesse a t-il le droit de rester impuni en vivant une vie honnête et irréprochable? José découvre qu’un des coupables est devenu un fermier honnête, parfait mari et futur père dévoué. Mais doit -il rester impuni d’un crime commis 8 ans auparavant parce qu’il va soudain devenir père?

Un sujet intéressant servi par de bons acteurs. Mais au finale le temps passe lentement avec José, et on ne s’attache pas vraiment à sa mission de vengeance.