Dernières séances: Le lac des oies sauvages – La vérité

 

Le Lac aux oies sauvages : Affiche

de Yinan Diao

Hu Ge, Gwen Lun Mei, Liao Fan

4/5

Zhou Zenong est le chef d’un gang spécialisé dans le vol des motos. Après un altercation violente entre deux gangsters rivaux, Zhou tire et tue par erreur un policier. Seul et isolé, il est traqué par toute la police du coin. Ses hommes les plus fidèles oscillent entre loyauté aveugle et désir de trahison, il faut dire que la récompense pour dénoncer Zhou est de 300 000 yuan. Zhou s’estime perdu et souhaiterais que sa femme, qu’il n’a pas vu depuis plusieurs années, puisse venir le dénoncer afin qu’elle puisse profiter de la récompense pour élever leur fils. Une prostituée embarquée dans l’histoire un peu par hasard, va croiser le chemin de Zhou.

Le Lac aux oies sauvages : Photo

Le Lac aux oies sauvages : Photo

J’en avais entendu beaucoup de bien mais je ne m’attendais pas vraiment à ça. Le lac aux oies sauvages est en fait une simple chasse à l’homme. En tuant le policier Zhou a tout perdu et sait qu’il n’a aucun espoir pour lui même. Le lac des oies sauvages, c’est une gigantesque partie de cache cache avec la police. La jeune prostituée ou “baigneuse” (car les prostitués prospectent autour du lac et utilise le prétexte de s’amuser au bord de l’eau pour faire leurs passes), va jouer les intermédiaires entre la femme de Zhou et ce dernier pour qu’elle puisse toucher la récompense. Elle va alors jouer à un jeu dangereux, espionner les autres chefs de gangs sans se faire prendre, aider Zhou du moment que ça l’aide elle même, et voir venir.

Le Lac aux oies sauvages : Photo

Si le film n’est pas aussi palpitant que je l’avais imaginé, et si l’histoire n’est pas celle d’une enquête policière comme ce fut le cas avec l’excellent dernier film du réalisateur (black coal), on ne s’ennuie pas car il y a une certaine atmosphère tendue qui tient éveillée. C’est surtout visuellement que le film est un vrai petit bijoux. La scène de cache cache géant dans une sorte de cité bétonnée est excellente, tendue, brillamment mise en scène. J’avais adoré Black coal, je ne suis pas autant emballée par Le lac aux oies sauvages même si c’est visuellement très très réussie.

La Vérité : Affiche

de Hirokazu Kore Eda

Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ethan Hawke, Manon Clavel, Ludivine Sagnier

4/5

Fabienne, une grande actrice vieillissante, vient de sortir ses mémoires et pour l’occasion sa fille, Lumir accompagnée de son mari, un acteur américain pas très connu et de leur fille de 8 ans, viennent à Paris pour lui rendre visite. En plein tournage d’un film, Fabienne doute de son talent face à la jeune étoile montante qui joue le rôle principale du film. La jalousie et les petites mesquineries venant de Fabienne restent discrets pour un œil extérieur mais pas pour sa famille qui l’a connait bien. Lumir, qui a toujours souffert de l’absence de sa mère qui s’intéressait plus à sa carrière qu’à ce que faisait sa fille, tente de mieux la comprendre durant ces quelques jours à Paris.

La Vérité : Photo Catherine Deneuve, Juliette Binoche

Évidement je ne pouvais pas finir l’année sans aller voir le dernier film de Hirokazu Kore Eda, l’un de mes réalisateurs préférés. Le fait que son film se passe à Paris avec des acteurs français ne m’emballait pas trop, puisque l’un des éléments qui fait le charme de ses films, c’est sa manière d’étudier les relations familiales dans la société japonaise. Mais finalement, les difficultés et relations familiales sont un peu les mêmes partout. Dans cette grande maison parisienne, Fabienne vit ses dernières années d’actrice. Elle a du mal à retenir son texte, elle est capricieuse, a la répartie facile, elle sait quoi dire pour faire mal sans en avoir l’air. Pourtant le personnage de Fabienne n’est pas la caricature de la divan jalouse et méchante. Elle vit bien le fait qu’elle vieillit et le fait qu’elle ne sera plus jamais la jeune première. Son statut de “monstre du cinéma”, elle l’apprécie et la flatte. La relation avec sa fille est elle aussi loin des clichés auxquels je m’attendais, il n’y a pas la méchante mère qui ne s’est pas du tout occupée de sa fille d’un coté et la gentille fille dont les problèmes ne sont causés que par le comportement d’une mère égoïste, tout est beaucoup plus subtile dans le film de Hirokazu Kore Eda, ce qui rend le film beaucoup plus intéressant et réussie que ce à quoi je m’attendais.

La Vérité : Photo Catherine Deneuve

Fabienne a ses propres démons, ses regrets, ses erreurs passées qui ont fait souffrir plus d’une personne, mais telle est la vie, faite d’erreur et de regrets. Fabienne reste un personnage sage, qui ne nie pas ses erreurs et assume ses regrets, ce qui est fait est fait. J’ai beaucoup aimé découvrir la personnalité plus complexe qu’il n’y parait de Fabienne, voir la relation mère fille, elle aussi plus complexe.

La Vérité : Photo Juliette Binoche

C’est joliment réalisé, avec les couleurs de l’automne, il y a beaucoup de touche d’humour, de cynisme. Les scènes entre Fabienne et sa petite fille Charlotte sont touchantes. Un jolie film.

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