Dernière séance: 3 billboards outside Ebbing Missouri

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance : Affiche

de Martin McDonagh

Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Lucas Hedges, Peter Dinklage, Clarke Peters

4,5/5

Ca fait 9 mois que Mildred Hayes a perdu sa fille, sauvagement assassinée par un inconnu sur une route déserte. La police n’a jamais eu la moindre piste et le crime reste impuni. Mildred, en colère, décide de louer les 3 panneaux publicitaires à l’entrée de la ville pour y afficher un message critiquant l’inefficacité de la police en citant le nom du chef de la police local, William Willoughby.

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance : Photo Frances McDormand

Tout le monde en parle depuis quelque temps, surtout depuis les Golden globes qui ont consacré le film avec le golden globes du meilleur film, du meilleur scénario, de la meilleur actrice et du meilleur acteur masculin dans un second rôle.

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance : Photo Sam Rockwell, Woody Harrelson

Tout le monde le dit favori pour les oscars, et franchement, je vois pas quel film mériterait plus l’oscar que 3 billboards. La première chose que je me suis dit en sortant de la séance, c’est que ça allait être difficile de faire mieux pour 2018.

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance : Photo Frances McDormand, Sam Rockwell

3 billboards se présente comme un film policier, mais l’enquête policière n’est pas très présente, ici pas de suspect, pas d’enquête, pas d’indice. On nous parle de l’Amérique profonde, celle qui est loin des paillettes, avec les communautés, le racisme, l’ignorance.

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance : Photo Frances McDormand, Woody Harrelson

Le point fort du film ce sont les personnages, que ce soit le chef de la police Willoughby qui doit faire face à une maladie incurable et à des agents de police raciste et inculte, Dixon l’agent de police qui se prend pour un cow boy et qui baigne dans la violence, Mildred qui a soif de vengeance et de justice, tous les personnages sont dans le gris. Pas de manichéisme, il n’y a pas de bons et de méchants, chacun à sa part de noirceur, de bêtises, de sagesse, de coup de génie.

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance : Photo Frances McDormand

Frances Mcdormand crève l’écran dans le rôle de cette mère hors norme que rien n’effraie quand il s’agit de rendre justice à sa fille. Elle mérite l’oscar mais elle n’est pas seule à crevée l’écran dans 3 billboards, j’ai adoré la performance de Woody Harrelson dans le rôle du chef de police et Sam Rockwell dans le rôle de Dixon, qui confirme ici son talent. Chaque personnage, avec ses défauts, ses faux pas, ses atrocités parfois, sont attachants chacun à sa façon, profond, très vrai.

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance : Photo Frances McDormand, John Hawkes, Lucas Hedges

L’autre point fort c’est le scénario. On ne sait pas ce qui va se passer d’une scène à l’autre, j’ai été surprise plusieurs fois par la tournure des choses, ce qui n’est pas souvent le cas, l’histoire, les faits, sont au plus proche de la réalité, c’est à dire imprévisibles. Dans la réalité, tout peut arriver et en même temps il arrive aussi que rien n’arrive.

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance : Photo Frances McDormand

Les dialogues sont aussi très forts et le film a surtout réussi à doser comme il faut la violence, la réalité, la noirceur et l’humour, car le film est très souvent drôle, notamment avec le franc parler de Mildred.

J’ai adoré 3 billboads, un film sur l’humanité, dans toute sa splendeur et dans toute son horreur. J’ai pas vu le temps passé, j’étais complètement dans le film, l’intrigue, les personnages. Harrelson, Rockwell et McDormand mériteraient tous les trois d’avoir un oscar pour leurs performances. A ne pas manquer.

Les brasiers de la colère

Les Brasiers de la Colère : Affiche

de Scott Cooper

Christian Bale, Casey Affleck, Woody Harrelson, Zoe Saldana, Forest Withaker, Sam Sheperd, Willem Dafoe

3/5

Dans une petite ville ouvrière de l’Amérique profonde, Russell Baze essaye de s’en sortir du mieux possible. Il travaille comme technicien dans une aciérie, comme son père le faisait avant lui. Il passe son temps libre entre sa copine, son frère vétéran qui revient d’Irak et qui passe son temps à s’endetter en pariant surtout et n’importe quoi et son père mourant. La misère, les problèmes de famille, le travail difficile, rien ne vient cependant entachée l’envie de vivre et l’optimisme de Russell jusqu’au jour où un drame et un accident de voiture l’envoi en prison pour quelques long mois. A sa sortie, les choses ont changé, son père est mort, sa copine l’a quitté, et son petit frère, de retour d’Irak, est encore plus perturbé qu’avant.

Les Brasiers de la Colère : Photo Casey Affleck, Christian Bale

Le film est beaucoup moins versé dans l’action que ce que ne laisse penser l’affiche ou même la bande annonce. Je m’attendais à voir un film qui ne parle que de vengeance et de rédemption, mais la partie se faire justice soi même n’est vraiment qu’une petite partie du film. La majeur partie du temps est consacré à faire connaissance avec Russell, son frère Rodney, la misère dans laquelle ils vivent, le peu, voir l’absence totale d’espoir de pouvoir changer de vie, et d’avoir d’autre perspectives que celles qui consistent à vivre dans cette ville, et à faire le même emploi que leur père. Les choses avancent doucement, on prend le temps d’approfondir les personnages, leurs vies, leurs quotidiens.

Les Brasiers de la Colère : Photo Christian Bale, Forest Whitaker, Sam Shepard

Plus qu’un film sur la vengeance, c’est un film qui nous présente un cadre classique de l’Amérique profonde, loin des grandes mégapoles, avec très peu de perspectives professionnelles, très peu de possibilité de changement. C’est aussi ces groupes, mafieux ou non, retranché dans les montagnes, là où même la police ne met pas les pieds, hors de toute justice légale et exerçant une violence absurde. J’ai beaucoup aimé le personnage de Russell, persévérant et résistant à toute les épreuves qui pourraient miner n’importe qui, et certaines scènes sont touchantes.

Les Brasiers de la Colère : Photo Christian Bale, Zoe Saldana

En bref, un film sombre, assez lent, qui vaut le détour surtout pour ces acteurs Christian Bale excellent et Casey Affleck tellement plus doué que son frère, ou encore la présence charismatique de Sam Shepperd.

Hunger games Embrasement

Hunger Games - L'embrasement : Affiche

de Francis Lawrence

Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Sam Claffin, Elisabeth Banks, Woody Harrelson, Donald Sutherland, Jena Malone, Philip Seymour Hoffman, Amanda Plummer

4/5

2e volet des aventures de Katniss Everdeen. Après avoir remporté avec Peeta les hunger games, les voilà de retour au district 12. Elle retrouve Gale et sa famille, mais le repos est de courte durée, avec le début de la Tournée, qui emmène chaque année le gagnant des hunger games autour des 12 districts afin de se faire applaudir par la foule et ensuite au Capitole afin de terminer “la fête” en apothéose. Mais pour Katniss, il s’agit aussi de faire croire à tous que son amour pour Peeta est réel, sinon le président Snow lui a bien fait comprendre que tous ceux qu’elle aimait serait exécuter avec elle. Cependant, il est quasi impossible pour Peeta et Katniss de ne pas remarquer que dans les districts, des révoltes, rébellions et autres soulèvements se font sentir, et qu’un mouvement de révolution commun à tous les districts est en train de prendre de l’ampleur. Leur amour fictif n’a pas réussi à apaiser la foule et pour essayer de se débarrasser des deux vainqueurs du district12, les deux ado sont à nouveaux envoyés dans l’arène où ils affronteront cette fois ci que des anciens champions, à l’occasion du 75e anniversaire des jeux.

Hunger Games - L’embrasement : Photo Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Woody Harrelson

J’avais lu et beaucoup aimé le premier tome et j’avais aussi beaucoup apprécié le premier film. J’ai trouvé ce deuxième volet encore plus abouti. Je n’ai pas eu le temps de lire le second volet avant d’aller voir le film, je n’ai pu lire que le premier quart.

Hunger Games - L’embrasement : Photo Jennifer Lawrence, Liam Hemsworth

On entre tout de suite dans l’histoire, d’abord la nouvelle vie de Katniss, sa famille qui vit à l’abri de la faim et de la pauvreté. Pourtant Katniss vit dans l’angoisse, elle ne se remet pas de ce qu’elle a vécut dans l’Arène, et la visite du président Snow n’arrange rien avec ces menaces très claires.

Hunger Games - L’embrasement : Photo Philip Seymour Hoffman, Woody Harrelson

Visuellement, le film est une vrai réussite, aussi bien la visite des deux gagnants dans les différents districts (même si j’aurais aimé en voir plus), que leur passage au Capitole, on sent bien la différence de vie et de technologie entre les districts et le Capitole. Le film montre aussi très bien la montée des révoltes et de la colère des habitants des districts qui n’en peuvent plus de cette vie d’esclave, de répression et de voir chaque année emmenée leurs enfants se faire trucider violemment pour le bon plaisir du Capitole.

Hunger Games - L’embrasement : Photo Elizabeth Banks, Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson

Les nouvelles horreurs introduites dans l’Arène sont particulièrement vicieuses. Parmi les nouvelles figures j’ai adoré le personnage de Johanna qui n’a plus personne dans la vie et n’a donc rien à perdre, la langue bien pendue, elle apporte beaucoup d’humour et aussi beaucoup de franchise. Et bien sur j’étais très contente de voir Philip Seymour Hoffman, j’adore cet acteur et dans le rôle du haut juge Heavensbee on peut dire qu’il a vraiment la classe, (même si j’avais compris dès le départ son rôle), j’adore les discussions aussi courtes soi t-elles qu’il a avec Katniss.

Hunger Games - L’embrasement : Photo Lynn Cohen, Sam Claflin

Hunger Games - L’embrasement : Photo Philip Seymour Hoffman

Quant à Jennifer Lawrence, elle est toujours aussi talentueuse, cette actrice m’a toujours beaucoup plut, dans tous les films que j’ai pu voir, c’est vraiment une excellente actrice qui dégage quelque chose de bien particulier. Et le fait qu’elle ne soit pas maigrichonne ou au bord de l’anorexie me plait énormément, car Jennifer Lawrence est une personne mince, n’allez pas croire qu’elle soit ronde, mais elle est loin d’être squelettique et visuellement ça repose les yeux, c’est agréable et j’espère qu’elle continuera à ne pas céder à la pression hollywoodienne.

Hunger Games - L’embrasement : Photo Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson

En bref, la preuve qu’on peut allier divertissement et très bon film, un film qui ne souffle jamais une seconde, qui nous emporte le temps de 2h30 dans un monde qui nous fait oublier le notre, on prend part complètement à leurs problèmes et leurs conflits intérieurs, il va de soi que j’ai hâte de voir ce qu’il va se passer dans la suite, car la fin du second volet est beaucoup plus tendue que la fin du premier. Le 3e tome fera l’objet d’un double film (c’est la mode de diviser en deux films les deniers tomes d’une série apparemment), la première partie en novembre 2014 et la seconde en novembre 2015. En attendant je compte bien finir le second tome et me lancée tout de suite dans le troisième, histoire de savoir comment tous ça va finir.