Le spectre – L’homme irrationnel

007 Spectre : Affiche

James Bond, le spectre

de Sam Mendes

Daniel Craig, Léa Seydoux, Ben Wishaw, Ralph Fiennes, Christopher Waltz

3/5

Mercredi, jour férié j’en ai profité pour aller voir le dernier James bond, Le spectre, accessoirement le dernier James bond de Daniel Craig.

J’avais adoré Casino royale, j’ai trouvé que James bond était dépoussiéré, modernisé, on sentait l’influence du réalisme des Jason Bourne de Paul Greengrass, et ça faisait du bien. Des combats à main nues plus crédibles et réalistes tout en restant spectaculaire, des personnages féminins plus intéressants et moins cons, ce qui est une prouesse (rare sont les James bond girls qui m’ont plut, je citerais en plus d’Eva Green, Diana Rigg et Michelle Yeo). Mais avec le spectre, j’ai l’impression qu’on est repartie en arrière, dans les vieux travers des James bonds.

007 Spectre : Photo Ben Whishaw, Daniel Craig, Rory Kinnear

Passons le générique que j’ai trouvé un peu ridicule. Le film s’ouvre sur une scène d’action qui se passe à Mexico city. La scène est ultra longue mais bien foutue, c’est plein d’action, un peu d’humour, bien menée. J’ai beaucoup aimé le passage à Londres, avec le grand chef, le rivale, money penny, Q, toujours un peu d’humour. Ensuite ça se gâte doucement avec Monica Bellucci qui nous joue le cliché de la veuve italienne, tout en haute couture, voilette de deuil et maquillage à outrance qui ne mettra pas plus de cinq seconde pour se laisser séduire par Bond et s’octroyer une nuit, enfin plutôt une heure d’ivresse avec l’agent secret anglais. J’ai trouvé son corset et autre fanfreluches plutôt de mauvais gout, et pas très digne pour la pauvre Bellucci, mais bon, c’est James bond, personne n’est sensé résister, sans savoir pourquoi.

007 Spectre : Photo Daniel Craig

Quelques scènes d’actions bien pensées, avant de voir débarquer la vraie James bond girl, Léa Seydoux, qui joue la fille de mister white. Bilan de cette James bond girl, ba bof. Le personnage est un peu vide, on ne sait rien d’elle (médecin, psychologue ???), on nous fait miroiter qu’elle sait manier les revolvers et se défendre, mais en fait rien du tout, elle ne fait que suivre Bond partout, sans vraiment agir sauf dans la scène du train où elle vient en aide à Bond. Scène du train qui rappelle d’ailleurs un peu beaucoup casino royale, lorsque Bond rencontre Vesper Lynd, mais passons ce manque d’originalité, c’est James bond…

007 Spectre : Photo Daniel Craig, Léa Seydoux

Dans cette scène du train, on peut rire ou pleurer, quand on voit Bond se faire fracasser la tête par une véritable armoire à glace et se relever miraculeusement sans aucun bleus, aucune trace de sang, rien qu’un peu de sueur, même sa chemise ne sera pas sortie du pantalon, alors qu’un homme normalement constitué aurait été hospitalisé d’urgence, mais bon, c’est James bond…quant à sa James bond girl qui ne sert pas à grand-chose, elle recevra la baffe de sa vie de la part de monsieur armoire à glace, elle se relèvera avec…rien, pas même une tracette rouge au coin de la bouche, rien, mais bon, c’est James bond…

007 Spectre : Photo Daniel Craig

Donc un James bond qui tombe amoureux plus vite qu’il ne tue, on ne sait pas trop pourquoi ni comment, (je dis tomber amoureux, pas coucher), un James bond qui en prend plein la gueule, mais qui en ressort avec aucune marque, aucune blessure, aucun bleu, aucun froissement de chemise, une James bond girl vide, qui était prometteur mais qui tombe vite dans un classicisme vieillot et dépassée, sans grand intérêt, un méchant pas mal mais pas très présent, mais qui ne suffit pas à relever le reste. Reste des scènes d’actions réussies, mais l’intrigue est banale, elle fait franchement penser à un épisode du dessin animé Minus et Cortex, la petite souris intelligente qui rêve de conquérir le monde, et qui échoue à chaque fois. Le tout saupoudré de scènes déjà vu et parfois ringardes, comme le fameux sauvetage de la belle Léa Seydoux attachée sur une chaise entourée d’explosifs prêt à détruire un bâtiment entier, on se serait presque crut dans un dessin animé de Tex Avery…

007 Spectre : Photo Christoph Waltz, Léa Seydoux

C’est peut être un peu sévère, mais après Casino royale, et même skyfall, j’en attendais autre chose, une continuité dans le dépoussiérage de la franchise, et pas un retour en arrière. Reste tout de même un peu d’humour, de jolies scènes d’action, et un film qui n’ennuie pas les spectateurs (sauf la personne à ma gauche qui a ronflé du début à la fin, littéralement), j’aurais aimé avoir un peu plus que ça.

 L’homme irrationnel

L'Homme irrationnel : Affiche
de Woody Allen
Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey

3/5

Abe Lucas professeur de philosophie, vient d’être embauché dans une fac bon chic bon genre. Dégouté par la vie, Abe Lucas n’a plus le gout à rien mis à part la bouteille, donne ses cours sans grande passion, et ne s’intéresse à personne. Il sympathise uniquement avec une de ces élèves, avec qui il aime parler. Un jour, après avoir entendu par hasard le témoignage d’une mère de famille dont la vie risque d’être détruite par un juge des affaires familiale, Abe décide d’aider cette inconnu en planifiant le meurtre de ce dernier. Abe reprend alors gout à la vie, grâce à ce nouvel objectif.
Les films de Woody Allen, du moins parmi ceux de ces 20 dernières années, c’est un peu toujours la même chose, un peu toujours les même personnages. Comme souvent donc avec ces films, l’homme irrationnel c’est une histoire sans originalité, sans grand intérêt, tout comme ses personnages pour lesquels ont a aucune sympathie finalement.
L’Homme irrationnel : Photo Joaquin Phoenix
J’avais bien aimé Blue Jasmine, mais je m’étais ennuyée à mourir devant Magic in the moonlight . Avec l’homme irrationnel, je ne me suis pas ennuyée, mais l’histoire ne me touche pas trop pas plus que les personnages.
L’Homme irrationnel : Photo Emma Stone, Joaquin Phoenix
Reste de bons acteurs, dans un film qui n’est ni lent ni ennuyant, mais qui manque cruellement d’intérêt ou d’originalité. A moins d’être un grand fan de Joaquin Phoenix ou de Woody Allen, c’est pas indispensable à voir!
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Magic in the moonlight

Magic in the Moonlight : Affiche

de Woody Allen

Colin Firth, Emma Stone, Jacki Weaver, Marcia Gay Harden, Eilean Atkins

 

3/5

Dans les années 20, Stanley est un grand illusionniste connue dans le monde entier sous le nom de Wei Lin Soo. Il reçoit un soir la visite d’un très vieil ami illusionniste aussi, qui lui propose de venir avec lui sur la cote d’azur pour rencontrer la jeune et jolie Sophie, qui se dit être une vraie médium, afin de la confondre et de prouver sa fraude. Elle et sa mère se sont installées dans la grande demeure d’une riche famille après avoir convaincu tout le monde de son talent de médium. Stanley se fera t-il lui aussi embobiner?

 colin firth 2

Hier donc, c’était l’avant première à Paris du nouveau film de Woody Allen. Ce réalisateur est très aimé en France mais je dois dire que je ne fais pas partie de ses fans inconditionnels. Depuis une bonne dizaines d’année, Woody Allen nous sert des films agréables, sympas à regarder, pas mal, sans plus, bref, rien de transcendant, rien qui retienne l’attention plus de l’heure trente que dure le film. J’avais beaucoup aimé Vous allez rencontrer un sombre et bel inconnu et j’avais pas mal apprécié Blue Jasmine, mais ce  fut surtout plus pour la performance d’actrice que pour le reste. Le must de ses films récents reste Match Point.

colin firth

Donc hier soir, j’étais à moitié motivée pour aller voir son dernier film, mais quand Monsieur Colin Firth fait le déplacement, difficile de dire non! Il est venu présenter le film en compagnie d’ Emma Stone. J’ai bien failli ne pas le voir, car je n’avais pas de billet pour le film, j’ai tout simplement attendu pour voir si il y avait des désistements, et finalement, entre les journalistes et VIP invités qui ne se sont pas présentés, UGC était bien content de nous trouver à attendre, histoire de ne pas présenter une salle vide à Colin Firth et Emma Stone.

colin

Voir Colin/Mr Darcy/Firth en chair et en os, c’est assez impressionnant, il en impose et même si il a un peu vieilli, il a toujours la classe! La classe anglaise. Il présente le film , nous dit quelques mots, et nous fera l’honneur de rester visionner le film avec nous du début à la fin, ce qui est assez surprenant, puisqu’en générale, les acteurs ne restent pas.

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth, Emma Stone

Quant est-il du film? et bien comme d’habitude avec Woody Allen, c’est pas mal, ça se laisse voir, c’est parfois drôle, c’est parfois sympa, mais c’est aussi parfois long. Pour un film qui dure 1h30, j’ai senti le temps passé, je me suis même demandée, ne voyant pas le film finir, si je ne m’étais pas trompé sur sa durée. Évidemment, Woody Allen fait du Woody Allen, c’est bavard, parfois trop, le style est le même, même façon de filmer même façon de diriger. Il prend plaisir à filmer les beaux paysages du sud de la France et les jolies tenues des années 20 et puis c’est tout.

Magic in the Moonlight : Photo Emma Stone, Marcia Gay Harden

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth, Eileen Atkins, Simon McBurney

Heureusement, Colin Firth est toujours aussi géniale, c’est sur il fait partie des acteurs les plus doués de sa génération, toujours un plaisir que de le voir jouer à l’écran. Emma Stone est mignonne en ingénue. Y’a de beaux seconds rôles, mais ils ne sont hélas, pas assez exploités (dommage que Marcia Gay Harden ne fait quasiment que de la figuration), sauf Eilean Atkins qui nous joue une tante Vanessa très attachante. Le film sort en France le 22 octobre prochain.

Blue jasmine

Blue Jasmine : Affiche

De Woody Allen

Cate Blanchett, Sally Hawkins, Alec Baldwin, Bobby Canavale

3.5/5

Jeannette, dite Jasmine, est une enfant adoptée tout comme sa soeur, Ginger. Mais les deux sœurs ont des vies diamétralement opposées. Ginger est caissière à San Fransisco, plutôt pauvre, mariée et mère de deux enfants, et peu ambitieuse, alors que  Jasmine est mariée à l’un des hommes les plus riche de la coté est, pourrie gâtée, et élève son beau fils entre deux fêtes mondaines dans lesquelles elle peut exposer dernière robe à la mode et bijoux de luxe. Snob et hautaine, Jasmine a du mal à supporter sa sœur et sa vie de ratée, jusqu’au jour où le mari de Jasmine est arrêter et condamné pour escroquerie. Jasmine perd tout, son mari, ses biens, son argent et décide d’aller vivre quelques temps chez sa sœur, le temps de se remettre du choc.

Je suis allée hier soir donc à l’avant première de Blue Jasmine, le dernier film de Woody Allen. Le réalisateur new yorkais, Cate Blanchett et Sally Hawkins sont venues présentés le film. Ce n’est pas la première fois que j’assiste à ce genre d’avant première, et même si ce sont souvent de grosses stars, c’est rarement aussi impressionnant. La presse est partout, le public pressé tout autour du cinéma, là où les voitures vont s’arrêter pour faire descendre les stars, et les gardes du corps à la men in black aux aguets; j’ai bien failli ne pas voir le film hier soir, on avait réserver par internet, mais au moment de retirer nos places la mienne ne sort pas, j’ai du donc aller la réclamer à un guichet, qui m’a dit ne rien pouvoir faire avant la mise à jour du nombre de places non récupérées par ceux qui ont réservé comme moi. On plaisante un peu avec monsieur UGC bien sympathique et plein de sang froid et de recul malgré l’effervescence. “tout ça pour Woody Allen”, dit il, moi je répondrais que je suis surtout venu pour Cate Blanchett.

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blue jasmine1

Quant est il du film? Et bien j’ai beaucoup aimé! Certes ce n’est pas un film majeur dans la carrière de Woody Allen. Au regards des derniers films (7/8 dernières années), Blue Jasmine se place très bien. Match point reste mon favoris, mais j’avais aussi beaucoup aimé Vous allez rencontrer un sombre et bel inconnu et j’avais trouvé Scoop sympathique (même si peu de gens ont apprécié ses deux films).

Blue Jasmine : Photo Andrew Dice Clay, Sally Hawkins

Blue Jasmine : Photo Cate Blanchett, Sally Hawkins

Blue Jasmine repose essentiellement sur la performance de Cate Blanchett; comme tous les films de Woody Allen, c’est très bavard, mais toujours du bavardage bien écrit et intelligent. Cate Blanchett porte le film, elle est assez incroyable dans le rôle de cette ancienne femme riche, qui a connu la gloire, l’amour, la richesse, l’adulation et le luxe et qui se retrouve brutalement sans rien, se rattachant à ses souvenirs, à son xanax et à ses cocktails, la folie la guette, la chute est dure, le film l’a montre à un moment de sa vie où tout peut changer, soit retrouver une stabilité, soit sombrer dans la folie.

Blue Jasmine : Photo

Blue Jasmine : Photo

J’ai beaucoup aimé les aller et retour en flashbacks entre la vie pleine de faste d’avant et sa vie de nouvelle pauvre. Les personnages ne sont pas non plus trop caricaturaux, la sœur Ginger, qui vit simplement, et le portrait de la Jasmine riche ne sont pas non plus des pubs pour “l’argent ne fait le bonheur”, c’est plus complexe que ça.

En bref, une comédie amère, des scènes d’un humour un peu acerbe, avec une Cate Blanchett géniale dans son role de Jasmine/Jeanette. On retrouve le coté bavard de Woody Allen et son style, pour un film qui m’a fait passer une bonne soirée.