Dark Island

de Vita Sackville West

3.5/5

Shirin, jeune et belle jeune femme qui fait tourner la tête à tous les hommes, décide d’accepter la demande en mariage de Venn Le Breton. Si elle accepte, c’est surtout parce qu’elle est folle amoureuse de l’ile de Storn, le domaine de Venn, depuis son enfance. Mais Shirin n’est pas une femme facilement apprivoisable, et Venn n’a pas un caractère facile, sans parler de la grand mère de Venn, qui peut parfois dire les mots qui blessent.

Je n’ai lu qu’un seul livre de Vita Sackville, Au temps du roi Edouard, et j’avais beaucoup aimé. Donc comme prévu je me suis plongée dans un autre de ces romans. J’ai retrouvé toutes les qualités que j’avais trouvé a ma première lecture, son style, sa façon d’écrire, de nous raconter ses personnages. Mais j’ai de loin préféré Au temps du roi Edouard.

Les premières pages tournent toutes seules, on fait connaissance avec Shirin à l’âge de 16 ans, encore enfant mais qui fait déjà tourner la tête des jeunes garçons autour d’elle, dont celle de Venn qui l’emmène sur son ile le temps d’une après midi, sous le charme de la jeune fille. On retrouvera Shirin à l’âge de 26 ans, mariée, divorcée , mère de 4 enfants, et que Venn décide d’épouser malgré tout et l’emmène à nouveau sur son ile. On retrouvera Shirin à l’âge de 36 ans, avec sa meilleure amie Cristina, venue sur l’ile pour aider Shirin dans ces affaires mais surtout pour l’aider à supporter une situation qui l’use de plus en plus, puis une dernière fois à l’âge de 46 ans.

On suit donc une relation maritale entre Venn et Shirin, une femme qui ne montre jamais ses émotions, fermé aux autres, qui ne partage rien, qui ne communique jamais. On a du mal à la comprendre, pourquoi se marie t-elle, pourquoi se comporte t-elle ainsi avec ces propres enfants, pourquoi supporte t-elle Venn toute ces années, pourquoi elle se punit elle même toute sa vie durant? on a donc aussi du mal à l’apprécier ou la plaindre.

Pareil pour Venn, difficile de l’apprécié, ou même de le comprendre, c’est un homme froid, sauvage, jaloux, mesquin, cruel et parfois sadique, bref, on pourrait se demander pourquoi Shirin reste marié à cet homme mais au final on se dit que cette situation ne lui déplait pas tant que ça, et que ces deux être malades se sont finalement bien trouvé; car ce qui est un peu gênant, c’est de voir deux personnes aux personnalités parfois perverse, qui donne l’impression de rechercher la souffrance, sans avoir véritablement de raison d’être cassé à ce point. On pourrait croire que la relation entre les deux adultes est perturbé et tâché par l’ile, ce troisième personnage. Shirin est follement amoureuse de Storn tout comme Venn, mais on finit par comprendre que même sans cet amour pour cette ile qui déclenche souvent des crises de jalousie de la part de Venn (qui ne supporte pas que sa femme puisse aimer son ile à lui, pathétique), Venn aurait toujours des crises de jalousie et de cruauté pour un oui ou pour un non, et Shirin aurait toujours ce manque de sentiments et de compassion, cette froideur. L’île n’est qu’un prétexte, une excuse, pour leur comportement pervers, leur réactions étrange, et leur relation malsaine.

En bref, j’ai retrouvé le style et la plume que j’avais aimé dans Au temps du roi Edouard, l’humour british en moins. Mais le fond ne m’a pas particulièrement plus, entre personnages qui se complait dans le malheur, un couple qui ne communique absolument jamais et une relation malsaine. J’ai été assez soulagé de quitter ses gens étranges!