Dernières séances: Tunnel – Get out

Tunnel : Affiche

Tunnel

de Kim Seong Hun

Ha Jung Woo, Doona Bae, Dal Su Oh

3.5/5

Jung Soo est en route pour apporter le gâteau d’anniversaire de sa fille. Alors qu’il traverse un tunnel nouvellement inauguré, ce dernier s’écroule. Lee est ensevelie sous des tonnes de terre et de roches, coincé dans sa voiture qui l’a protégé de l’effondrement. Par miracle il n’a aucune blessure. Dans la voiture Lee a deux petites bouteilles d’eau, le gâteau d’anniversaire de sa fille, des lampes torches, du liquide à vitre, et son téléphone portable qui capte les appels. Alors que les secours s’activent à l’extérieur du tunnel, Jung Soo va devoir survivre et tenir le coup.

Tunnel : Photo Ha Jung-Woo

Un homme seul coincé dans sa voiture sous des tonnes de terres et de roches après l’effondrement d’un tunnel, c’est le point de départ. Le héros organise sa survie, et comme souvent, l’homme ne met pas longtemps avant d’instaurer une routine, des habitudes quotidiennes qu’il répète comme une cérémonie, qui l’oblige à diviser sa journée, son temps d’attente sous le tunnel, pour ne pas devenir fou. Ainsi il boit tout les jours à midi une toute petite quantité d’eau, il allume la radio pour écouter la seule station qu’il capte, radio classique, pour entendre des messages d’encouragement de proches ou d’inconnu, et il appelle avec son téléphone pour une ou deux minutes le responsable de la mission de sauvetage qui le met au courant des avancées et essaye de l’encourager.

Tunnel : Photo Doona Bae

Outre le quotidien difficile du pauvre Jung Soo qui va passer de longues journées seul dans le froid, à supporter la faim et la soif mais aussi la fatigue physique et mentale, on voit ce qui se passe à l’extérieur. L’épouse inquiète qui se met à aider les ouvriers qui creusent nuit et jour un puits pour atteindre son mari, la ministre qui tente de faire  bonne presse, les entrepreneurs qui râlent de voir leur chantier du second tunnel suspendu le temps de sauver une seule personne, ou encore les médias, qui court au scoop sans penser à la vie du prisonnier du tunnel, et qui dénonce en même temps des malfaçons dans la construction.

Tunnel : Photo Doona Bae

Je pensais que Tunnel dénoncerais plus violemment et plus franchement les médias, les politiques, la corruption. Le film aborde un peu les problèmes mais de manière très rapide, préférant se concentrer sur l’état d’esprit de Jung Ho, coincé dans le tunnel. Finalement, autant on ressent ses difficultés d’être avec lui au début du film, autant on a du mal à imaginer son mal être vers les derniers jours d’enfermement. Il y a quelques touches d’humour et les acteurs sont très bons, mais il n’empêche qu’on est loin de la réussite des films de Bong Joon Ho par exemple, qui mélange souvent les genres avec succès pour dénoncer les problèmes de société de son pays, comme Memories of murder, Barking dogs ou The host.

Get Out : Affiche

Get out

de Jordan Peele

Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener, Bradley Whitford

4/5

Chris, un jeune photographe talentueux afro américain est en couple depuis 4 mois avec Rose, une femme blanche. Leur couple mixte ne pose pas de problème à New York, mais lorsque la jeune femme lui demande de l’accompagner chez ses parents pour le week end, à la campagne, il n’est pas très motivé. Il finit par se laisser convaincre, et part sans grand enthousiasme. La maison familiale est perdue au milieu de nulle part, mais les parents de Rose s’avèrent chaleureux et accueillants. Pour autant, Chris ne se sent pas à l’aise dans cette maison, notamment quand il fait la rencontre des deux domestiques noirs qui ont l’air, au mieux drogués, au pire de zombies.

Get Out : Photo Catherine Keener

Je n’en dis pas plus, inutile d’en savoir davantage si vous ne voulez pas vous gâcher le film. Au départ, je pensais aller voir un film qui, sous couvert de thriller, dénonce le racisme aux États Unis. Au final, le film est fait de faux semblants. Get out n’est pas un film d’horreur, c’est plutôt un thriller, un film à suspense, avec quelques moments bien flippants. Il y a aussi dans Get out, énormément d’humour, on rigole plus d’une fois, surtout avec le personnage de Rod, le meilleur ami du héros. Un humour parfois sadique, qui m’a fait penser aux films d’horreur de Wes Craven.

Get Out : Photo Betty Gabriel, Marcus Henderson

SPOILER:

J’avais compris depuis le départ que Rose, la copine du héros, était une rabatteuse d’homme pour sa famille, et qu’elle devait avoir ramener chez elle un grand nombre de petit copain, mais j’étais persuadé qu’il s’agissait en fait d’un marché aux esclaves moderne, dont les victimes étaient tenues au silence grâce aux séances d’hypnose de la mère de Rose. En réalité, il s’agit plus d’un marché pour que les vieilles personnes en fin de vie puissent transférer une partie de leur cerveaux dans des corps jeunes. Le fait que les victimes soient toutes noires est justifié par le fait que les “acheteurs” considèrent qu’être noir c’est “à la mode” et que les noirs sont plus vigoureux et fort physiquement que les blancs.

J’ai adoré la scène dans laquelle le héros se met à dégommer toute la famille, de manière extrêmement violente, des coups répétés à la tête notamment, et on se rend compte que, comme le reste de l’audience, on se délecte à chaque coup qu’il inflige à cette famille de dégénérée, qui sous des aspects très civilisés, se cache en réalité de véritables monstres. J’ai pris plaisir à le voir les frapper sans fin, on sentait que tous les spectateurs avaient envie de prendre sa place pour les frapper aussi. Une violence qui d’habitude fait tourner la tête, ou fermer les yeux, mais ici, c’est presque thérapeutique de voir leurs têtes se fracasser et le sang gicler, même si c’est loin d’être le film le plus gore que j’ai vu.

Le film nous dénonce tout de même le racisme, notamment lors de la dernière scène. Le héros est ensanglanté et vient de tuer tout ses ennemis, lorsqu’une voiture de police arrive. Là tout le monde se dis que le pauvre va être exécuté par les flics qui voient un noir en sang entouré de cadavres blancs, mais soulagement générale quand on découvre qui débarque. Une fin qui est donc dans la lignée du film, pleine d’humour.

FIN SPOILER

 

Get Out : Photo Allison Williams, Daniel Kaluuya

En bref, un thriller qui cache bien son jeu, une histoire intelligente, des rebondissements malins, un film divertissant qui fait aussi réfléchir sur le racisme et les préjugés et surtout beaucoup d’humour décalé. A ne pas rater!