Dernières séances: Louisa en hiver – Sully – Swagger – Premier contact

Louise en Hiver : Affiche

de Jean François Laguionie

4.5/5

Louise, une dame très âgée, passe toutes ses vacances d’été dans la ville balnéaire Bigilen sur mer. La ville a pour particularité de ne vivre qu’en été, et de fermer entièrement toutes ses portes dès le 1er septembre. La ville ne vit qu’au rythme des vacanciers. Mais Louise rate le dernier train à cause d’une horloge en panne, et doit se résoudre à rester dans sa maison. Le téléphone ne marche pas, et Louise passe les trois premiers jours enfermée chez elle, à cause d’une violente tempête. Finalement, Louise décide de partir à pied, en suivant les voies ferrées, mais ces dernières sont englouties sous les flots à cause de la marée. Elle décide alors de rester à Bigilen sur mer, en attendant que sa famille vienne la chercher, quelqu’un finira bien par se rendre compte de son absence.

Louise en Hiver : Photo

Je suis une grande fan du travail de Jean François Laguionie. J’ai vu la plupart de ses films, Le château des singes, l’ile de Black Mor, Le tableau…C’est rare aujourd’hui de pouvoir admirer un dessin animé qui ne soit pas totalement en image de synthèse, de beaux dessins, de belles couleurs, qui servent une histoire bien construite.

Louise en Hiver : Photo

Louise en hiver nous raconte les états d’âme d’une vieille dame seule, qui se retrouve isolée dans une ville morte, avec aucun moyen de communiquer avec le monde extérieur ou pour appeler à l’aide. On l’a voit s’installer sur la plage, se construire une petite cabane, s’étonner de voir le climat plus doux et plus agréable que celui de l’été, de sentir la mer chaude, le sable chaud, d’admirer les animaux qui ont repris possession de la plage maintenant que tous les vacanciers sont partis.

Louise en Hiver : Photo

J’ai adoré voir son quotidien, son ménage, ses promenades, la voir pêcher, casser des vitrines de magasins pour prendre ce dont elle a besoin, entendre sa voix stoïque, déterminée, qui prend les choses comme elle vienne sans jamais se démonter. La voir se demander pourquoi à noël, aucun membre de sa famille n’est venue la chercher. Car Louise disparaitra une année entière sans que personne dans son entourage ne s’inquiète de sa disparition. C’est la seule chose qui la dépite, bien qu’elle apprécie de plus en plus sa vie de solitaire.

Louise en Hiver : Photo

Les images sont justes sublimes, chaque plan donne l’impression de voir un tableau, les couleurs sont douces. Quand Louise s’assoit sur le sable chaud, on a l’impression d’être avec elle sur cette plage déserte. On replonge avec Louise dans une jeunesse depuis longtemps oubliée, on l’a voit enfant puis adolescente, confier ses craintes à un cadavre en décomposition, un anglais parachutiste mort durant la seconde guerre mondiale. C’est souvent drôle, poétique, beau, jamais triste, ni mélancolique et j’adore la fin avec les quelques mots que Louise écrit dans son journal et qui nous font comprendre qu’elle est décidée à repasser le prochain hiver seule et isolée à Biligens sur mer. Un beau petit bijou à ne pas manquer!

Swagger : Affiche

Swagger

de Olivier Babinet

3,5/5

Dans une banlieue difficile de la région parisienne, une caméra va à la rencontre de jeunes collégiens, entre 12 et 15 ans. D’origine maghrébins, africains ou indiens, les ados parlent de sécurité, de liberté, de futur, de perspective, de rêves, de religion, de solidarité, d’amitié, des relations qu’ils ont les uns avec les autres.

Swagger : Photo

Après avoir vu la bande annonce de Swagger, j’avais très envie de voir ce film documentaire, qui semblait être décalé et drôle. En réalité, ça n’est pas si drôle que ça, et pas du tout décalé. On écoute ces ados face caméra, qui se lâchent petit à petit et parle de tous les sujets possibles et imaginables. Ils témoignent avec leurs mots, leurs expressions, leurs façons parfois décousues de parler, pour sortir parfois des choses étonnantes, intelligentes, matures.

Swagger : Photo

La mise en scène reste étrange, certains éléments fictionnels viennent parfois s’intégrer dans le récit. J’ai trouvé ces éléments inutiles, mais qui ne gâchent rien pour autan,t d’autant que le film est très court. Il y a quelques moment très drôles, notamment lorsque l’un des ados raconte les péripéties des héros des Feux de l’amour, qui aurait pu croire que la nouvelle génération regardait encore les tribulations de la famille Newman? Ou encore quand Naila, l’une des plus jeunes intervenantes, nous parle de sa théorie concernant Mickey et Barbie, des personnages diaboliques et cauchemardesques!

Swagger : Photo

C’est assez frappant de les entendre parler de leurs futurs, de leurs ambitions, de leurs rêves, de les voir se considérer comme des non français. Pour eux, la France et les français se sont les “blancs de souches ” comme ils ont du l’entendre sans cesse dans la bouche des politiciens relayés par les journalistes. On comprend alors leur sentiment de frontière quand ils disent “bah les français…enfin nous aussi on est français mais…”, ça résume beaucoup de choses.

Swagger : Photo

Swagger n’est pas le film drôle et décalé auquel je m’attendais, mais entendre les paroles de ces ados qui parlent librement est assez étonnant, certaines figures marquent beaucoup comme cette jeune fille très solitaire, qui n’a jamais su faire confiance aux autres depuis qu’une enseignante en maternelle l’a brimer. Ou encore l’ado originaire d’Inde, qui se défoule en jouant de la batterie comme un pro et qui ne porte que des costumes cravates.

Sully : Affiche

Sully

de Clint Eastwood

Tom Hanks, Aaron Eckhart

4/5

L’histoire de Sully, pilote pour une compagnie aérienne américaine, qui n’a pas d’autre choix que d’amerrir sur l’Hudson, suite à la perte des deux moteurs.

Sully : Photo Tom Hanks

Au départ, le film ne me faisait pas particulièrement envie, je ne voyais pas comment on pouvait faire un long métrage basé uniquement sur un amerrissage d’urgence après un vol qui n’a duré que 4 minutes. Finalement, la bande annonce m’a interpellé et le fait que ce soit Clint Eastwood qui réalise m’a convaincu.

Sully : Photo Aaron Eckhart, Tom Hanks

Finalement, j’ai été surprise de voir que le film ne contient aucun ralentissement, aucune redite, rien qui remplisse inutilement une histoire qui tient en deux lignes. On voit le capitaine Sully qui après avoir sauver la vie des 155 passagers de son vol, est acclamé en héros par la presse et la foule, mais qui est mis au pilori par l’aviation civile et l’administration fédérale, qui estime qu’après la perte de ses deux moteurs, il aurait pu aisément faire demi tour vers l’aéroport, au lieu de risquer un amerrissage difficile.

Sully : Photo Aaron Eckhart, Tom Hanks

J’ai beaucoup aimé le film, les doutes qui assaillent le capitaine, les pontes de l’aviation civile qui met le doute à Sully sur sa décision d’effectuer un amerrissage. On peut voir l’amerrissage catastrophe du point de vue des hôtesses, des passagers, de la tour de contrôle et des secouristes, sans jamais ressentir des répétitions.

Sully : Photo Tom Hanks

Le film est court, et malgré l’absence de suspense, vue que tout le monde connait l’histoire, on ressent une forte tension du début à la fin. On vit l’instant d’angoisse des passagers, le professionnalisme des hôtesses, le sang froid du capitaine et de son second. La scène d’amerrissage est impressionnante comme la sortie des passagers sur les ailes de l’avion, sur une eau à 2 degrés, dans l’attente des secours.

Tom Hanks est parfait dans le rôle du capitaine qui garde son froid et qui relâche la tension qu’une fois qu’il apprend qu’officiellement aucun passager n’est mort. La seule chose que j’ai trouvé inutile, ce sont les coups de fil entre Sully et sa femme, des scènes que j’ai trouvé un peu fausses.

Premier Contact : Affiche

Premier contact

de Denis Villeneuve

Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Withaker

4/5

12 vaisseaux extraterrestres se positionnent un peu partout autour du globe à quelques mètres du sol. Aux États Unis, en Amérique du sud, en Angleterre, en mer noire, en Russie, en Australie, au Japon, en Chine, en Afrique et en Océanie. En tant que spécialiste en science du langage, Louise Banks est contactée par l’armée afin d’entrer en contact avec les extraterrestres. En effet, dans chaque vaisseau, une équipe est envoyée afin de crée un contact et de communiquer avec les extraterrestres qui ont l’air pacifiques. Louise doit découvrir le but des extraterrestres.

Premier Contact : Photo Amy Adams

J’avais adoré le dernier film de Villeneuve, Sicario fut un coup de cœur l’année dernière. Cette fois ci, il se lance dans la SF. Au départ ce n’est pas vraiment originale, puisque douze vaisseaux se positionnent partout à la surface de la Terre, et les humains essayent de nouer un contact avec eux.

Premier Contact : Photo Amy Adams, Jeremy Renner

Sans rien dévoiler, j’ai beaucoup aimé le film mais le coté SF est un peu un prétexte pour parler d’autre chose. Premier contact nous parle de langage, de communication, du manque de communication. L’histoire personnelle de l’héroïne se mêle à l’histoire de ce premier contact mondiale. Je préfère ne pas trop en dire, mais j’ai beaucoup aimé tout ce qui tourne autour de la destinée de Louise qui l’accepte pleinement, son passé, son présent et son futur qui s’entremêlent.

Premier Contact : Photo

Premier Contact : Photo Amy Adams, Forest Whitaker, Jeremy Renner

J’ai trouvé la manière de traiter visuellement les extraterrestres assez originale. Ici Villeneuve prend le risque de ne pas jouer sur les mystères, et de nous montrer les extraterrestres, l’intérieur de leur vaisseau. J’ai trouvé ce traitement assez originale, on essaye ici de ne pas voir ça d’un œil humain, le vaisseau ne connait pas les mêmes règles de gravité, d’atmosphère et de pression que celles des humains. Les scènes dans lesquelles Louise, Ian et les militaires entrent dans le vaisseau pour aller communiquer avec les extraterrestres sont très tendues, on vit le stress et l’appréhension que ressent Louise. Le langage des extraterrestres est lui aussi très originale, on ne s’y attend pas.

Premier Contact : Photo

Le film est très prenant, on ne s’ennui pas une seconde, il y a une tension palpable qui m’a rappeler celle que j’avais ressenti avec Sicario. Il y a beaucoup d’originalité dans la manière de traité les extraterrestres, et même si il y a un coté un peu utopiste, j’ai beaucoup aimé.

Saving Mr Banks

Dans l’ombre de Mary - La promesse de Walt Disney : Affiche

de John Lee Hancock

Emma Thompson, Tom Hanks, Paul Giamatti, Colin Farrell, Ruth Wilson, Bradley Withford

3.5/5

Ce sera Saving Mr Banks, titre qui donne tous son sens au film, et parce qu’on ne peut pas faire plus long et plus balourd que le titre français (dans l’ombre de mary: La promesse de Walt Disney…).

La rencontre en 1961 entre PL Travers, l’auteur de Mary Poppins, et Walt Disney, à Los Angeles, pour se mettre d’accord sur la manière dont le célèbre roman va être adapter pour le cinéma.

Le film raconte donc la visite de plusieurs semaines de Travers dans les studios Disney et les difficultés des scénaristes face aux exigences de Travers sur le moindre détail. Les scènes de studios sont alternées par des flash back dans l’enfance australienne de Travers, à l’âge de sept ans, quand la petite Élisabeth fait face à la descente aux enfers de son père, atteint d’alcoolisme aigu. On l’a voit avec son père, parfait papa, toujours attentionné, et adorant sa petite fille, et on la voit aussi aux prises avec l’alcoolisme de son père, sa déchéance et aussi la souffrance de sa mère, qui ne sait plus quoi faire.

J’adore Mary Poppins, j’adore le film qu’en a fait disney et il est vrai que la manière dont je perçois le personnage du père, Mr Banks, a changé en grandissant et n’est plus le même. Quand j’étais petite, Mary Poppins aidait les enfants à surmonter une période difficile dans leur vie familiale, et Mr Bank n’était à mes yeux qu’un personnage secondaire, qui empêchait les enfants de profiter pleinement de la joie et la bonne humeur apportée par Mary Poppins. Quand je le revois adulte, je ne peux m’empêcher d’être triste pour Mr Banks, qui doit tous les jours subir un emploi ennuyeux et répétitif, pour subvenir à tous les besoins de ses enfants. Une façon de voir différemment certains aspects du film, mais qui ne gâche en rien mon plaisir et je revois toujours le film en générale pendant les vacances de noël.

Dans l’ombre de Mary - La promesse de Walt Disney : Photo Emma Thompson

Saving Mr Banks nous montre une Madame Travers qui ne s’est jamais remise de la disparition de son père, et qui veut lui rendre hommage au travers du personnage de Mr Banks, d’où sa volonté farouche de ne pas en faire un personnage antipathique. Je ne sais pas si cette partie de la vie de PL Travers est vraie, je ne sais pas si la relation qu’elle avait avec son père était si fusionnelle, et si ce dernier est vraiment mort d’alcoolisme. Je suppose que les rencontres avec Disney étaient romancées par rapport à la réalité, et que les échanges avec les scénaristes sont rendus plus intéressants dans le film. Tous ça est arrangé, modifié, et romancé pour le bien être du film, et je dis pourquoi pas après tout, car le tout rend très bien.

Dans l’ombre de Mary - La promesse de Walt Disney : Photo Colin Farrell, Ruth Wilson

Dans l’ombre de Mary - La promesse de Walt Disney : Photo Colin Farrell

Certes, c’est parfois trop versé dans l’émotion, on devine que dans la réalité rien n’a du être si jolie, comme l’amitié qu’elle développe avec le chauffeur qui lui ait assigné, mais j’ai tout de même adoré voir la création des chansons, les flash backs dans l’enfance de Travers et  le processus d’adaptation, surtout quand on a lu le roman et qu’on sait que le film s’éloigne beaucoup du message passé dans le livre.

Dans l’ombre de Mary - La promesse de Walt Disney : Photo Tom Hanks

Dans l’ombre de Mary - La promesse de Walt Disney : Photo Emma Thompson

En bref, si on passe le coté romancé des personnages et de l’histoire on passe un très bon moment, les acteurs sont tous très bons, surtout bien sur Emma Thompson que j’adore, et qui m’a fait rire plus d’une fois dans le rôle de Travers, le film est souvent très drôle, et la scène finale dans laquelle on voit Travers assisté à la première du film est vraiment très émouvante, dure de ne pas verser une larme, tellement on est en empathie avec elle! A voir donc si on est fan d’Emma Thompson et surtout si on est fan de Mary Poppins.

Capitaine Phillips

Capitaine Phillips : Affiche

de Paul Greengrass

Tom Hanks, Barkhad Abdi

3.5/5

Le capitaine Philips prend les commandes du Maersk Alabama, un navire de fret transportant des marchandises et qui doit longer la cote somalienne avant d’arriver à bon port. Les risques face aux pirates de la corne d’Afrique sont élevés, et alors que le capitaine effectue un exercice, ils sont réellement attaqués par deux petits bateaux somaliens, qui ne doivent absolument pas rentrer les mains vides chez eux sous peine de passer un sale moment. Les efforts du gros navire sont vains, et les américains sont vite envahis par les pirates qui arrivent à prendre le controle du bateau.

Capitaine Phillips : Photo

J’aime beaucoup le style de Paul Greengrass, sa façon de tenir une caméra, et c’est surtout pour lui que je suis allée voir Captain Philips. Tom Hanks retrouve ici un jeu subtile et simple, celui d’un homme qui se retrouve dans une situation difficile, entre accepter son rôle de capitaine qui implique de devoir prendre tous les risques pour protéger son équipage, et sa volonté de survivre pour sa famille qui l’attend à des milliers de kilomètre de là. Donc oui Tom Hanks est excellent dans ce rôle, capitaine qui prend son poste au sérieux, sévère, sur le qui vive, qui ne perd pas son sang froid quand les pirates les attaquent, ni quand ils arrivent miraculeusement à monter à bord. Mais c’est surtout dans la 2e partie du film, quand Tom Hanks se retrouve dans un petit bateau de survie avec les trois pirates, qui m’a plut. On  peut voir le capitaine garder espoir, espérer, et perdre tout espoir, le voir se décomposer à l’arrivée des marines US. En capitaine de marine naviguant sur les eaux dangereuses de la corne africaine, il sait pertinemment, contrairement aux trois pirates, que si les marines sont là, c’est surtout pour mettre un terme à la situation, quitte à sacrifier le capitaine dans le processus si ils n’ont pas d’autre choix. Cette partie là était la plus tendue, la plus réussie.

Capitaine Phillips : Photo Barkhad Addirahman, Tom Hanks

On peut sentir la tension tout au long du film, mais c’est bien cette partie qui marque le plus les esprits, ce huis clos avec les pirates dans ce minuscule vaisseau de survie, avec la chaleur, le manque d’eau, le manque d’air, les heures qui ne passent pas, les marines qui les entourent avec leurs portes avions. Le face à face avec les marines puis avec les seals, est lui aussi assez palpitant et assez impressionnant, car tout reste très calme, pas d’action brutale, pas de musique grandiloquente, pas d’intervention qui tourne au vinaigre, pas de héroïsme mal placé, ici tout le monde reste très professionnel, ce qui renforce cet impression de tension et aussi de réalisme. On ne fait pas dans l’émotion, les militaires sont là pour mettre un terme à cette situation dérangeante, le plus vite et le plus calmement possible, la survie du capitaine Phillips est espérée, mais finalement pas une priorité.

Capitaine Phillips : Photo

J’ai aussi été intéressé par voir ce qui se passe du coté des somaliens, les exploitations des pays occidentaux qui ont tari leurs ressources naturelles, les poussant à la piraterie, s’adapter pour survivre.

En bref, un film qui met à l’honneur Tom Hanks, et qui permet au réalisateur Paul Greengrass de s’en donner à cœur joie. Le film reste cependant, dans sa première partie, assez lent, j’ai de loin été bien plus éveillée dans la seconde partie et heureusement.

Cloud atlas

Cloud Atlas : affiche

de Lana Washowski, Andy Washowski, Tom Tykwer

Ben Wishaw, James D’Arcy, Jim Sturgess, Doona Bae, Halle Berry, Tom Hanks, Jim Broadbent, Hugo Weaving, Keith David, Susan Sarandon, Hugh Grant

4/5

En 1880, Adam Ewing découvre que l’esclavage n’est pas une bonne chose, en 1936 Robert Frobisher tente de créer la symphonie de sa carrière, en 1973 la journaliste Louisa Rey tente de révéler au grand jour un énorme scandale, en 2012, le pauvre Monsieur Cavendish se bat pour retrouver une liberté volée, en 2146, Somni découvre le monde, et en l’an 106 après la Chute, Zachry rencontre son destin…

Cloud Atlas : photo Doona Bae, James d'Arcy

Je ne résume pas plus l’histoire de Cloud atlas, elle est difficilement résumable. J’en avais beaucoup entendu parler, et j’avais bien failli le voir lors de mon séjour à New York en novembre dernier, mais les critiques locales parlaient d’un film trop compliqué, ça plus la durée de 3h, on avait laissé tombé. J’ai enfin trouver le temps d’y aller ce week end, et je ne regrette pas;

Cloud Atlas : photo Doona Bae

Cloud Atlas : photo Doona Bae

Je ne connaissais pas grand choses de l’histoire en y allant, si ce n’est que le film se déroulait à différentes époques. Qu’en est t-il du film au finale? et bien j’ai beaucoup aimé, je suis rentrée dedans tout de suite, dès les premières minutes, et je n’ai pas décroché une seconde jusqu’à la fin.

Cloud Atlas : photo Halle Berry, Tom Hanks

Cloud Atlas : photo Halle Berry, Tom Hanks

Cloud Atlas : photo Tom Hanks

Le point fort du film, ce sont les histoires et les personnages, chaque histoire qui se déroule à des époques différentes, sont assez indépendantes les unes des autres, et ne sont finalement reliées que par des thèmes commun, comme la vérité, la liberté, la dignité humaine, l’humanité qui aime tellement faire des différences entre les catégories (les noirs et les blancs, les sang purs et les fabrics). J’ai été entrainé et intéressé par toutes les histoires présentes, la folle histoire d’amour entre Robert et Sixsmith dans les années 30, la folie dévorante de Robert pour sa musique, l’histoire d’Adam qui découvre le vrai visage de l’esclavagisme à la fin du 19e siècle, Louisa qui ne veut pas décevoir la mémoire de son père en enquêtant sur un sujet délicat dans les années 70, monsieur Cavendish, cet éditeur qui a tout raté dans sa vie, mais qui saura se rattraper au finale, l’histoire d’Omni, qui découvre la liberté, l’amour et le sacrifice en 2146 ou encore l’histoire de Zachry et Meronym dans un futur encore plus lointain (je dirais 2252?).

Cloud Atlas : photo Jim Broadbent, Jim Sturgess, Tom Hanks

Cloud Atlas : photo David Gyasi, Jim Sturgess

J’ai beaucoup aimé aussi qu’un même acteur joue des rôles différents selon les époques, qu’ils deviennent le héros de l’histoire à un moment pour être un rôle secondaire à une autre époque. Je retiens en particulier Ben Wishaw dans le rôle de Robert Frobisher, cet acteur est décidément très intéressant à suivre, et puis je retiens aussi James D’arcy dans le rôle de Sixsmith, Jim Sturgess dans le rôle d’Adam et de Hae Joo Chang, Jim Broadbent dans le rôle de Cavendish et puis Halle Berry a trop la classe dans le rôle de Meronym…

Cloud Atlas : photo Ben Whishaw

Cloud Atlas : photo Ben Whishaw

Quant à la complexité du film, je ne l’ai trouvé à aucun moment complexe ou difficile à comprendre, on sent la volonté de simplifier au maximum les choses pour le spectateur, rien n’est laissé dans le doute ou l’incompréhension. Chaque histoire à une fin, une conclusion claire et nette, et on comprend quels sont les thèmes communs à chaque histoire, ce qui rend le film assez symphonique, chaque personnage ayant sa place sans que personne ne vole la vedette aux autres. Le film est donc parfaitement clair et simple à comprendre, reste certains éléments, tel que la marque de naissance chez certains personnages, que le spectateur peut interpréter comme il le souhaite, cela n’a pas vraiment d’importance, réincarnation, destinée, l’humanité qui répète les même erreurs peu importe l’époque…

Cloud Atlas : photo Halle Berry, James d’Arcy

Cloud Atlas : photo Jim Broadbent, Susan Sarandon

Cloud Atlas : photo Jim Broadbent

En bref, un film bien plus simple que ce qu’on m’avait dis, mais une très bonne surprise quand même. Je n’étais pas trop motivée et au finale j’ai été transportée par les différentes histoires, les différents personnages, les différentes époques. La liberté, les différences, les clivages, la dignité, la recherche de la vérité, des thèmes qui se retrouve à toute les époques. Le casting est un des points forts aussi, sans parler que les quelques pointes d’humour et de légèreté m’ont agréablement surpris, certaines scènes sont très drôles (la référence au film Soleil vert m’a bien fait rire dans une scène, et m’a bien dégouté dans une autre!). Le film dure 2h45, je n’ai absolument pas vu le temps passé, je ne me suis pas ennuyé une minute, le rythme ne retombe à aucun moment. Un film qui manque peut être de mysticisme, ou de complexité, le petit plus qui aurait pu faire de cloud atlas un film culte. En tout les cas, j’ai très envie de lire le roman!