Sublime expo Ghibli au musée des arts ludiques

Au musée des arts ludiques sur les bords de seine, se déroule en ce moment une expo consacrée aux films d’animations des studios Ghibli. Des centaines de dessins originaux des différents films qui ont fait le succès des studio Ghibli mais aussi certains films qui ont précédés sa création, sont présentés. Ce sont les layouts, ces dessins qui sont la base d’un film, qui permettent de déterminer le décor d’une scène, les personnages, leurs positions, leurs mouvements, les couleurs, et aussi des choses plus techniques comme le cadrage, la direction de l’image, la perspective, la profondeur, la lumière. Des indications apparaissent aussi sur les bordures de ces dessins destinés aux autres membres de l’équipe de création, puisque chaque tâches est divisée, chaque étape est l’affaire d’un spécialiste différent.

Sur certains layouts, on peut lire des annotations de Miyazaki dans lesquelles il donne des recommandations, demandent des changements à ses collaborateurs ou s’excuse de ses erreurs sur certains dessins. On se familiarise avec les termes de book, de celluloid.

Bref, les layouts c’est beau à voir mais c’est aussi très complexe, et permet de transmettre des détails très techniques aux membres de l’équipe. En parcourant les allées, et en entendant les explications sur l’utilité des différents éléments des layouts, on découvre qu’un film d’animation c’est beaucoup plus compliqué à faire et à réaliser que ce qu’on avait pu imagier, et on comprend vite pourquoi il faut souvent deux ou trois ans pour finaliser un film d’animation.

On entre donc dans une première salle, qui nous explique vaguement ce qu’est un layout, et certains termes techniques. Au fur et à mesure que l’on avance et qu’on découvre certains détails, on commence à mieux cerner l’utilité des layouts, mais ça reste une technique complexe, ultra précise, et difficile à maitriser.

Les plus grands films d’animation des studios Ghibli sont représentés, mais aussi des films crées avant les studios. Chacun à son lot de layouts présentés, Princesse Mononoke, Nausicaa, Le château dans le ciel, Le château dans le vent, Le château de Cagliostro, Porco Rosso, Le vent se lève, kiki la petite sorcière, Totoro. Une grande salle, contenant plus de 600 layouts, est consacrée au Voyage de Chihiro, on en perd presque la tête!

Un audio guide permet d’en savoir plus sur la méthode du layout, ce que ça implique, et petit à petit on comprends de mieux en mieux son rôle. On nous présente aussi des layouts sur les films de Takahata, Mes voisins les Yamada, le magnifique Souvenirs goutte à goutte, Le tombeau des lucioles, Pompoko, son dernier long La princesse Kaguya, et quelques films qui ne sont n’y de Takahata ni de Miyazaki, comme Whisper in the heart de Kondo, La colline aux coquelicots de Goro Miyazaki, et Arrietty de Yonebayashi.

Quelques salles sont consacrées aux premières œuvres comme Conan, Marco, Heidi, ou Sherlock Holmes, une interview de Miyzaki qui nous parle de sa façon de créer l’illusion et de ne surtout pas être fidèle à la réalité, et une interview de Takahata qui nous parle du rôle des layouts dans les animés séries qu’ils faisait avec Miyazaki, notamment Heidi.

On traverse une salle qui donne l’illusion d’une galerie des glaces, celle que l’on voit dans le couloir qui mène au bureau de Yubaba dans le voyage de chihiro, et on finit avec quelques layouts du dernier né des studio Ghibli, Souvenirs de Marnie, qui sortira en France en janvier prochain.

En bref, une expo juste magnifique où on apprend beaucoup et où on découvre que la création d’un film d’animation est encore plus complexe que ce que j’avais pu imaginé. il y a vraiment de sublimes dessins, on passe de salle en salle sans se lasser, toujours émerveiller. Sachez que j’y suis allée vers 12h45 un jour de semaine pendant les vacances de la toussaint, que j’ai du attendre environ une demi heure pour commencer l’expo, et que je suis restée plus de 2H30 à l’intérieur. L’expo est très riche et très grande, on y passe un temps fou. On finit par la traditionnelle boutique souvenir mais là j’ai été un peu refroidi par les prix exorbitants !! du coup, je n’ai rien acheté. A ne pas manqué surtout si on est fan des films d’animation japonais.

Le conte de la princesse Kaguya

Le Conte de la princesse Kaguya : Affiche

de Isao Takahata

4/5

Il y a fort longtemps, un vieux coupeur de bambous trouve dans dans sa récolte une minuscule princesse. Pour lui, c’est un cadeau du ciel et il la ramène chez lui. Sa femme décide de s’en occuper, mais la minuscule princesse se transforme en bébé qui grandit anormalement vite. Le vieux coupeur de bambous et sa femme sont très heureux de l’arrivée de cette fillette. Lorsqu’il découvre des pépites d’or dans un autre bambou, puis des étoffes raffinées, il comprend qu’il doit faire de la fillette une véritable princesse.

Le Conte de la princesse Kaguya : Photo

Les studio Ghibli c’est surtout Miyazaki, et Takahata. Là où MIyazaki reste dans l’imaginaire, et le fantastique, Takahata lui très réaliste dans sa façon de dépeindre la société japonaise.

De Takahata, les gens retiennent surtout le très triste Le tombeau des lucioles, mais j’avais aussi adoré Mes voisins les Yamada, Pompoko et surtout le très beau Omoide Poroporo (souvenirs goutte à goutte).

Le Conte de la princesse Kaguya : Photo

Le conte de la princesse Kaguya s’inspire d’un conte populaire japonais du Xe siècle. Le film nous montre d’abord l’enfance de Kaguya, ses amitiés, sa vie simple qui consiste à se promener dans la nature, chasser, cueillir, et rentrer chez ses parents aimants. Tout change quand Kaguya devient plus grande, et son père qui décide de partir pour la capitale du pays, afin de l’installer dans une grande demeure acheté grace aux pépites d’or. Son père décide d’en faire une véritable princesse, pour qu’elle épouse un noble qui lui soit digne. La beauté de Kaguya se répand dans toute la ville et cinq des plus grands nobles décident de l’épouser. Mais Kaguya refuse et pour se débarrasser de ces prétendants, elle les envoit chercher des objets mythiques impossible à trouver.

Le Conte de la princesse Kaguya : Photo

J’ai beaucoup aimé Le conte de la princesse Kaguya mais 2H17 c’est un peu long pour un film d’animation, et d’ailleurs le film souffre parfois de quelques longueurs. le premier quart du film est excellent, dès le générique, je sens que je vais aimé, et j’adore cette première partie, la découverte du bébé par le coupeur de bambou, la petite enfance de Kaguya, sa découverte du monde, je suis complètement emportée par la petite fille et sa vie simple, par les dessins sublimes, ce trait de crayon, ses couleurs pastels, cette façon juste parfaite qu’il a de dessiner la nature, les arbres, les fleurs, les fruits, les animaux, ou encore les expressions des visages des parents, tellement heureux par la présence de la petite Kaguya.

Le Conte de la princesse Kaguya : Photo

J’ai aussi beaucoup aimé la partie se déroulant dans le palais de la capitale, le coté rebelle de Kaguya, son naturel, sa joie, ses leçons pour en faire une princesse éduquée, ses prétendants et les obstacles qu’ils doivent surmontés si il veulent épouser la belle Kaguya. Cette partie est tout autant enchanteur, les dessins sont toujours sublimes, on a vraiment l’impression de voir des estampes japonaises prendre vie. Kaguya est confrontée à l’adolescence, sa mélancolie, ses difficultés, finit l’insouciance de l’enfance.

Le Conte de la princesse Kaguya : Photo

Le Conte de la princesse Kaguya : Photo

Finalement, le seul bémol, c’est la dernière partie, où l’on découvre l’origine de Kaguya, sa vraie identité. C’est une princesse de la lune, et qui doit bientôt retourné chez elle, les siens descendront sur terre pour la chercher. J’ai eu du mal avec cette conclusion, j’ai eu l’impression d’être sortie de la poésie pure, pour tomber dans un épisode de sailor moon. J’aurais aimé une fin plus subtile, plus fine, quant à la manière de nous faire découvrir l’identité de Kaguya et son destin de devoir retourner chez elle. C’est vraiment la fausse note du dessin animé. Mais rien que pour pouvoir apprécier les magnifiques dessins, ces estampes vivantes, et s’amuser avec Kaguya dans la première partie du film, s’amuser dans la nature, découvrir le printemps et l’été à ses coté, ça vaut le coup.