Dernières séances: Opération Beyrouth – Sans un bruit – Sicario 2

Opération Beyrouth : Affiche

John Ham, Rosamund Pike

3.5/5

Beyrouth au début des années 70, la vie est belle pour les expatriés européens et américains. Adam Skiles, un diplomate américain, organise une soirée où tout le gratin est invité. Avec sa femme Nadia, il s’active pour que la soirée reste dans les mémoires et serve sa carrière. Il reçoit cependant la visite de collègues travaillant pour l’ambassade et surtout pour les services secrets. Ils souhaitent emmener sans tarder Karim, un enfant de 13 ans que Adam et sa femme ont recueillis et espèrent adopter bientôt. La CIA veut l’interroger car il est en réalité le frère d’un homme connu pour ses actes de terrorisme dans la région. Karim l’aurait rencontré récemment. Adam n’a pas le temps de réagir, que des terroristes attaquent sa maison pour enlever Karim. Dans la bataille Nadia est tuée. 10 ans plus tard, Adam a fondé son entreprise de négociation entre employeur et employés. Depuis 10 ans, il n’a plus mis un pied au Liban, a mis un terme à sa carrière de diplomate, et n’a plus eu de nouvelle de Karim. Il est alors contacté par la CIA. Cal, un ami du Liban agent secret, a été capturer par des terroristes libanais. Ces derniers souhaitent négocier sa libération uniquement avec Adam.

Opération Beyrouth : Photo Jon Hamm, Rosamund Pike

On retrouve le héros de la série Mad men dans le rôle d’un diplomate qui a tout perdu, sa femme, son métier, sa position, son optimisme et qui doit revenir sur les terres sur lesquelles il a vécu tous ces drames pour aider un vieil ami qu’il a laisser derrière lui.

Opération Beyrouth : Photo Jon Hamm

Sur fond de guerre du Liban dans les années 80, on déambule dans les rues de Beyrouth défoncées et entre les immeubles en ruines ou criblés de balles. Entre l’OLP, les israéliens qui veulent envahir le Liban, et la CIA qui veut sécuriser sa présence dans la région et assurer ses intérêts personnels,  on suit le personnage d’Adam qui se retrouve dans une situation géo politique qu’il ne maitrise plus.

Ici il n’y a pas de gentils, tout le monde ne pense qu’à son intérêt propre, la paix, la stabilité, tout le monde s’en fou. Faire de l’argent, favoriser sa carrière et s’en sortir sans trop de casse.

Opération Beyrouth : Photo Rosamund Pike

John Ham et Rosamund Pike jouent très bien leurs rôles, j’ai apprécié de voir le seul rôle féminin important être un agent de la CIA maligne, intelligente et débrouillarde, sans qu’il y ait forcément une romance quelque part. Un bon film d’espionnage, sans grande surprise ni originalité, servis par de bons acteurs.

Sans un bruit : Affiche

de John Krasinsky

Emily Blunt, John Krasinzky, Milicent Simmonds

4/5

Dans un futur très proche, la Terre est frappée par l’invasion d’une race probablement extra terrestre, qui attaque tout être vivant. Puissantes, rapides, les créatures semblent être uniquement attirer par le bruit qui leur permet de repérer leurs futures victimes au millimètre près. Les rares survivants doivent donc vivre dans le silence absolu. Les Abott survivent au jour le jour, en espérant qu’aucun membre de la famille ne fasse le bruit de trop. La famille se prépare surtout à l’accouchement prochain de la mère de famille, et à l’arrivée d’un nouveau qui ne pourra pas rester silencieux à volonté.

Sans un bruit : Photo Millicent Simmonds, Noah Jupe

J’adore Emily Blunt, j’étais contente de la voir dans un film, on ne l’a voit pas si souvent que ça. Sans un bruit n’est pas un film d’horreur mais plutôt un film angoissant. On ne rentre pas trop dans les détails de l’origine de ces créatures, ni dans quel état est le reste du monde, mais certains indices nous laissent penser qu’une grande partie de l’humanité n’est plus et que les créatures sont probablement extraterrestres.

Sans un bruit : Photo John Krasinski, Noah Jupe

J’ai beaucoup aimé Sans un bruit, c’est intéressant de suivre la famille et l’adaptation à leur nouvel environnement, les jeux, les relations humaines, les repas, les promenades, la manière de se nourrir et de se ravitailler, avec interdiction d’émettre le moindre son.

Sans un bruit : Photo Emily Blunt

La scène de l’accouchement et tout ce qui suit est particulièrement prenant, tendu, flippant, on a peur pour tous les membres de la famille. Le film n’en fait pas plus que nécessaire, et la fin m’a rappelé un peu mars attacks! Emily blunt est excellente dans le rôle de cette mère courage. Milicent Simmonds qui joue la fille ainée muette de la famille, est sourde et muette dans la vraie vie et est particulièrement douée à l’écran.

 

Sicario La Guerre des Cartels : Affiche

de Stefano Sollina

Benicio Del Toro, Josh Brolin, Catherine Keener

2,5/5

Quelques années après les évènements de Sicario, on retrouve l’ancien procureur Alejandro. Avec Matt Graver, les deux hommes s’attaquent encore aux cartels de drogue à la frontière mexicaine, qui financeraient indirectement des actes terroristes perpétués sur le sol américain. Ils décident de s’en prendre à Carlos Suarez, et pour cela ils doivent s’éloigner des procédures et de la loi. Avec l’accord du gouvernement, les deux hommes décident de monter les cartels les uns contre les autres pour les affaiblir.

Sicario La Guerre des Cartels : Photo Josh Brolin

Au départ, j’étais très sceptique, je n’imaginais pas de suite à Sicario. Et puis après avoir vu les critiques majoritairement positives, j’ai décidé de laisser une chance au film malgré l’absence au casting d’Emily Blunt qui ne reprend pas son rôle de l’agent Kate Macer.

Sicario La Guerre des Cartels : Photo Benicio Del Toro, Isabela Moner

Finalement, je n’ai pas apprécié plus que ça cette suite, que j’ai trouvé inutile. Son plus gros défaut c’est qu’elle n’apporte pas grand chose. Le film ouvre sur une scène de terrorisme perpétrée par des arabes musulmans, le nouvel ennemi Hollywoodien, et on se demande ce que ça vient faire dans un film qui parle de cartels mexicains. Tous les clichés passent en quelques minutes, l’explosion dans un supermarché, des tapis de prières bien étalés par terre à la frontière mexicaine…J’ai continué le film en me disant qu’il y aura peut être un lien, une explication, un bouc émissaire ou quoi mais non. En réalité, le film délaisse très vite les terroristes qui sont finalement délogés, originaires des États Unis et qui n’ont pas grand chose à voir avec les cartels, bref, tout ça pour rien donc.

Sicario La Guerre des Cartels : Photo Benicio Del Toro

Le reste du film reprend un peu les codes du premier Sicario, la musique très angoissante qui ajoutait une dimension supplémentaire aux scènes de suspenses et qui continuent à jouer son rôle ici, la façon de filmer les trajets en voiture vu depuis le ciel, caractéristique du premier Sicario, l’ambiguïté du rôle de la CIA façon barbouze à passer outre toutes les lois existantes notamment avec le personnage de Graver. Moi qui suit fan de Catherine Keener, elle interprète ici un rôle sans importance et assez insipide. Quant à Josh Brolin j’ai trouvé qu’il en faisait trop, son personnage était plus subtile dans le premier film.

Sicario La Guerre des Cartels : Photo Benicio Del Toro, Josh Brolin

Seul Benicio del Toro sort son épingle du jeu, j’ai beaucoup aimé le revoir dans le rôle d’Alejandro. Hélas, la scène d’exécution dans le désert (sans vouloir en dire trop), est un peu absurde, on se dit “c’est n’importe quoi”, en voyant la scène même si elle n’est pas impossible…Dommage donc que le scénario ne soit pas à la hauteur d’un personnage aussi intéressant que celui d’Alejandro, surtout quand il est interprété par un si bon acteur. La fin du film laisse penser à une possible suite, en espérant qu’elle soit meilleure.

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Seul sur Mars – Petite sœur – Sicario – et en bonus ressortie de Blade runner

Seul sur Mars : Affiche

Seul sur Mars

de Ridley Scott

Matt Damon, Jessica Chastain, Kristen Wiig, Jeff Daniels, Kate Mara, Sean Bean, Chiwetel Ejiofor

4/5

Une équipe d’astronaute vient de passer plusieurs jours sur mars à effectuer des relevés scientifiques. Une tempête inattendue les obligent à quitter la planète rouge plus tôt que prévue et dans la précipitation. Mais Mark, le botaniste de l’équipe, reçoit un débris qui l’assomme. La commandante de l’équipe part à sa recherche mais les relevés de sa combinaison annonce que Mark est probablement mort du à la décompression de sa combinaison. Le commandant n’a pas d’autre choix que d’abandonner les recherches  pour sauver le reste de son équipe, en difficulté pour le décollage. Alors que toute l’équipe est partie depuis plusieurs heures, Mark se réveil bien en vie seul sur une planète déserte, sans moyen de communication. il organise donc la vie de naufragé.

Seul sur Mars : Photo Donald Glover

J’aime beaucoup le cinéma de Ridley Scott, même si je n’aime pas tout ses films. Quand on lit le résumé de Seul sur Mars et qu’on voit la bande annonce, on pense à Interstellar ou à Gravity. Seul sur mars n’a pas la dimension métaphysique ou complexe de Interstellar, mais est plus intéressant que le trop simple gravity. J’ai beaucoup aimé suivre les aventures du pauvre astronaute qui ne se laisse pas démonter quand il se réveil seul sur Mars, sans être sur d’un retour possible sur Terre. La vie sur Mars s’organise, le rationnement, la station de survie, la récup de tout ce qui peut être recyclé pour lui assurer une meilleure vie, et essayer de communiquer avec la Terre.

Seul sur Mars : Photo Aksel Hennie, Sebastian Stan

Entre deux scènes qui nous montrent Matt Damon essayer de s’adapter à la vie martienne, notamment par la culture de pommes de terre de manière bien naturel finalement, on voit aussi les grosses pontes de la Nasa découvrir que l’astronaute Mark est en vie, et gérer un moyen de communication avec Mars, gérer la communication avec le reste de l’équipe d’astronautes qui a abandonné Mark sur Mars et qui sont toujours dans l’espace, et gérer aussi la communication avec la presse et le reste du monde.

Seul sur Mars : Photo Matt Damon

Seul sur Mars : Photo Matt Damon

Le film possède sa dose de suspense, de scènes rigolotes, de moments plus dramatiques et reste scientifiquement assez juste, même si parfois on peut sentir quelques raccourcis, quelques facilités et une utopie gentillette. On arrive pas toujours à se rendre compte du temps qui passe sur Mars, entre la prise de contact avec la Terre et le moment de tenter un retour sur Terre. J’ai beaucoup aimé la fin, et si le film ne m’a pas autant plut que Interstellar, il reste beaucoup plus ancré dans la réalité, et servi par un excellent casting.

Notre petite soeur : Affiche

Notre petite sœur

de Hirokazu Kore Eda

Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho, Suzu Hirose

4,5/5

Sachi, Yoshino et Chika sont trois sœurs d’une vingtaines d’années, qui vivent dans la grande et vieille maison familiale à Kamakura. L’ainée est infirmière et reste la figure la plus adulte de la maisonnée, Yoshino est la cadette, travaille à la banque et reste un peu délurée, quant à Chika la plus jeune, elle reste encore assez enfantine dans son comportement. Lorsqu’elles apprennent la mort de leur père, qui les a abandonné il y a bien longtemps pour refaire sa vie avec une autre femme, les trois sœurs décident de remplir leur devoir et de se rendre à l’enterrement. Elles font la connaissance de Suzu, leur demi sœur de 14 ans. Désormais orpheline, elles décident de l’invité à vivre avec elles à Kamakura.

Notre petite soeur : Photo

Encore une fois Hirokazu Kore Eda tape juste. Cette chronique familiale nous raconte tout simplement le quotidien de ces trois jeunes femmes qui se cherchent, entre amours déçues, relations étranges avec une mère absente, leur relation avec cette maison vieillotte mais qui fait partie d’elles. J’ai adoré les suivre et faire connaissance avec leur jeune sœur qui s’adapte bien naturellement dans sa nouvelle vie avec ses trois grandes sœurs.

Notre petite soeur : Photo

C’est doux, tendre, les personnages sont tous très attachants, et comme il l’avait déjà fait dans son film Still walking, Kore Eda sait nous hypnotiser avec les scènes du quotidien, comme le traditionnel bain, faire la cuisine, les recettes familiales de la liqueur de prune…

Notre petite soeur : Photo

Comme souvent aussi Kore Eda sait nous raconter l’enfance avec poésie. Dans ce film comme dans Still walking, les femmes ont une importance capitale, elles sont fortes, douces et déterminées, entre la mère, les quatre sœurs, la grande tante, les hommes n’ont que peu d’importance et sont souvent montrés sous un jour peu flatteur, mis à part quelques personnages masculins très secondaires. Encore un très bon film de ce réalisateur japonais!

Sicario : Affiche

Sicario

de Denis Villeneuve

Emily Blunt, Benicio del Toro, Josh Brolin

4/5

L’agent Macer travaille au FBI à la section des kidnappings, sur le terrain. Alors qu’une de ses enquêtes est liées à l’un des plus gros cartel de drogues du Mexique, elle est temporairement détachée auprès de Matt Graver et de son équipe, soi disant rattaché au département de la défense. Elle se retrouve alors en plein dans la lutte contre les cartels de drogue mexicains, les barbouzes, et doit alors essayer de démêler le vrai du faux.

Sicario : Photo Daniel Kaluuya, Emily Blunt

J’avais entendu parler en bien de ce film que j’avais un peu oublié lors de sa sortie, heureusement les vacances m’ont aidé à le voir. Sicario nous parle des cartels de drogues puissant, des problèmes frontaliers entre les USA et le Mexique, les flics corrompus des deux cotés, et puis la gestion de ce problème par les américains, la version officielle, et la version officieuse, façon barbouze, avec CIA impliquée et autre manipulations et contournement des lois.

Sicario : Photo Benicio Del Toro

Sicario : Photo Benicio Del Toro, Jon Bernthal, Josh Brolin

Le film possède une tension très forte par moment, une musique discrète mais qui renforce le suspense et la tension palpable tout le long du film. Certaines scènes sont très prenantes, la violence n’est jamais gratuite mais reste dure, la vie de l’agent Macer est dénuée de tout romantisme déplacé, et reste réaliste. Le tout servi par un excellent casting, Emily Blunt est géniale dans le film, et Benicio del Toro crève l’écran. J’ai beaucoup apprécié l’absence de concession dans le film, aucune tiédeur, aucun compromis, notamment pour ce qui concerne la fin, et ça fait du bien.

Blade Runner

de Ridley Scott

Harrison Ford, Sean Young, Rutger Hauer, Edward James   Olmos, Daryl Hannah

4/5

Dans un futur lointain, les animaux sont artificiels, les humains sont encouragés à partir vivre sur les colonies spatiales et les robots humanoides, appelés répliquants, sont devenus banals. Mais certains types trop similaires aux vrais êtres humains sont difficiles à repérer et pour certains, devenus violents, cherchant à se libérer de leur état d’esclaves. Les blades runner sont des policiers qui se consacrent à la traque et à l’exécution des robots illégaux. Rick Deckard, un blade runner réputé mais quelque peu retiré des affaires, est appelé à la rescousse, lorsque plusieurs répliquants rebelles sont recherchés pour être exécuter.

Blade Runner : Photo

J’avais vu ce classique de la SF il y a longtemps, au point que je ne me souvenais plus des détails. J’ai profité de sa ressortie au cinéma pour me rafraichir la mémoire. Le film se passe en 2019, donc ça fait un peu sourire de voir comment la vie et la société humaine est décrite, avec un Los Angeles constamment pluvieux, un soleil tamisé probablement par la pollution, les animaux qui ont disparus de la planète remplacés par des animaux artificiels qui coutent les yeux de la tête, et les répliquants, ces nouveaux esclaves des temps modernes.

Blade Runner : Photo Edward James Olmos, Harrison Ford

Visuellement, les décors, les rues bondées, j’ai trouvé ce futur très réussi, même si peu réalistes au final. C’est marrant de voir certains détails devenus obsolètes, dans la vision du futur de l’époque de création du film, comme la marque Pan Am, toujours présente dans les affiches publicitaires de la ville.

Blade Runner : Photo Sean Young

C’est surtout le visuel du film qui est assez impressionnant, malgré quelques effets spéciaux un peu vieillot, par contre, certaines lenteurs, certaines scènes contemplatives sont parfois ennuyeuses, et un peu longuettes, d’ailleurs, dans la salle de cinéma, une petite dizaine de personnes sont sorties durant la projection! Je suis quand même bien curieuse de voir ce que donnera Blade runner 2!