Avant première – Snowden d’Oliver Stone

Snowden : Affiche

d’Oliver Stone

Joseph Gordon Levitt, Rhys Ifan, Shailene Woodley, Melissa Leo, Zachary Quinto

4/5

Mardi soir j’ai eu l’occasion d’aller voir en avant première Snowden, le dernier film d’Oliver Stone, et cerise sur le gâteau, le réalisateur américain est venu présenter son film en restant après la séance pour discuter, répondre à quelques questions du journaliste Lavoignat et de quelques spectateurs inspirés.

Le film reprend la véritable histoire d’Edward Snowden, analyste informaticien qui a travaillé pour la CIA puis la NSA. Grand patriote, il s’engage à la CIA en tant que petit génie de l’informatique, après que sa condition physique ne lui ait pas permis de finir sa formation de marine. Petit à petit, il se rend compte de l’énorme système de surveillance de masse que les États Unis exerce dans le monde entier, sous couvert d’une autorité juridique secret défense. Mais bientôt Snowden comprend que ce système de surveillance de masse espionne beaucoup plus les citoyens américains que les étrangers, et de manière illégale…

Snowden : Photo Joseph Gordon-Levitt, Shailene Woodley

Le film dans sa forme, est assez classique. Snowden est enfermé dans une chambre d’hôtel à Hong Kong avec trois journalistes qui enregistrent son témoignage sur caméra. Il citera des noms, des agences, des logiciels, des méthodes, pour dénoncer la surveillance de masse par son pays, avec preuve à l’appui. Durant son témoignage dans cette chambre d’hôtel, Snowden se remémore son passé.

Sur le fond, l’histoire est prenante. Je suis allée voir le film un mardi soir, après une longue journée de travail, je n’avais pas vraiment envie d’aller au cinéma, et je pensais que j’allais m’endormir devant le film alors que pas du tout. Le film nous raconte comment Snowden, patriote, amoureux transi de son pays, aveugle devant ses défauts, est devenu le petit génie de l’informatique pour la CIA et la NSA, comment il a découvert la surveillance de masse par son pays, surveillance à l’étranger mais surtout une surveillance des citoyens américains. Il découvre comment les logiciels qu’il crée servent à tuer à distance des personnes suspectées d’être des “méchants”, comment il découvre que la surveillance de masse sert à beaucoup de chose mais pas uniquement à la lutte contre le terrorisme.

Snowden : Photo Joseph Gordon-Levitt

Snowden découvre la désillusion. De patriote aveugle, il remet en question certaines choses et comprend que son pays a été bâti sur un principe disparut, celui de la possibilité pour le peuple de remettre en question l’autorité, de demander des comptes. Désillusion aussi concernant son mentor, joué par Rhys Ifans. Snowden qui l’admirait, finit par comprendre la vraie nature du monsieur. La scène de vidéo conférence entre Snowden et son mentor est impressionnante, on a l’impression de voir l’empereur Palpatine essayer de faire basculer le jeune Anakin Skywalker vers le coté obscur de la force, sauf qu’ici, Snowden ressemble plus à Luke.

Snowden : Photo Joseph Gordon-Levitt, Scott Eastwood

Comme beaucoup de gens, je connaissais un peu l’histoire de Snowden, mais je n’en connaissais pas vraiment les détails. Le film éclair parfaitement et clairement sur l’histoire de Snowden, la révélation de son témoignage par les médias, les détails de la surveillance de masse. J’avais vu il y a des années de ça, un documentaire très intéressant et aussi très inquiétant, sur le programme d’écoute mondiale, échelon.

Snowden : Photo Rhys Ifans

Finalement, on ne retient pas Snowden pour son casting (les acteurs font le job), on ne retient pas Snowden pour l’originalité de sa mise en scène, mais on retient Snowden pour son sujet, pour cet homme qui croyait en son pays, qui était patriotique comme peut l’être un enfant, et qui se réveille dans un monde différent, et qui décide de faire la différence.

Snowden : Photo Melissa Leo

Après le film, Oliver Stone est donc venu nous rencontrer. Il nous parle de la surveillance de masse fait sans garde fou, sans cadre légale, il nous parle de liberté individuelle, du droit à la vie privée, de la sécurité, de l’excuse terroriste pour faire n’importe quoi. Il parle des médias de masse, pour lui la télé est toujours le média le plus influent, derrière internet qui est au final, moins pervers, car moins contrôlé. Il nous parle de Snowden qu’il a rencontrer plusieurs mois pour pouvoir faire son film de manière juste. Il nous parle de 1984 de George Orwell, il nous parle de la nouvelle génération qui est moins attachée à sa vie privée  que ne l’est les autres générations et que ça peut être inquiétant, il nous parle du financement de son film, pratiquement européen, car les grandes boites de productions de films aux États Unis appartiennent dorénavant à de gros groupes d’entreprises dont les intérêts sont ailleurs que dans celui de servir le 7e art.

Snowden : Photo Zachary Quinto

Il nous parle de la surveillance de masse, des États Unis qui utilisent les données non pas pour lutter contre un terrorisme, mais pour l’argent, le pouvoir, la domination, pour pouvoir gagner un nouveau marché, éliminer un concurrent, évincer des leaders indésirables.

C’est toujours intéressant, agréable et juste d’entendre Oliver Stone parler de ses sujets préférés, il a généreusement partagé ses arguments et ses idées. Dommage que le traducteur prenait trop de temps pour traduire les paroles du réalisateur, allant parfois jusqu’à broder ses réponses, rajoutant des petites choses par ci par là. On a du partir quelques minutes avant la fin, histoire de ne pas rater notre train. Une très bonne soirée. Snowden reste donc un film à voir, un film d’utilité publique.

Sortie le 1er novembre 2016.

White bird in the blizzard

White Bird : Affiche

de Gregg Araki

Eva Green, Shailene Woodley, Christopher Meloni

3.5/5

1988. Kat est une ado de 17 ans. Son quotidien c’est son petit ami, ses deux meilleurs amis, le lycée et ses parents, un couple étrange, un père effacé, une mère dépressive à la limite de la folie. Mais Kat ne s’intéresse pas du tout aux états d’âmes de sa mère, jusqu’au jour où elle rentre du lycée pour découvrir que sa mère a disparut.

White Bird : Photo Gabourey Sidibe, Shailene Woodley

White bird est un film qui parle de l’adolescence à travers le personnage de Kat. A 17 ans, elle n’est pratiquement plus une ado, mais pas encore une adulte. Kat apprend à mieux se connaitre à travers les autres, son petit ami, ses deux meilleurs amis, et grâce à certaines expériences. Quand sa mère disparait, elle ne ressent quasiment aucun manque ni émotion. Auto centrée sur elle même, elle n’est préoccupée que par son petit ami, qui semble s’être éloigné d’elle depuis la disparition de sa mère.

White bird c’est aussi un film sur Eve la mère de Kat, une jeune femme belle, élégante, aux airs de star de cinéma comme l’a décrit sa fille, qui se retrouve enfermée, voir emprisonnée dans un mariage ennuyeux, avec un mari qu’elle finit par méprisé totalement, sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi. Une femme qui n’a dans la vie que le ménage de sa maison, le diner de son mari tout les soirs, et sa fille Kat, qui avec les années devient de plus en plus belle, comme si cette fille qui a achever de l’enterrer dans cette vie terne, lui volait sa jeunesse et sa beauté. Kat représente l’espoir de la jeunesse, la promesse d’une vie future, alors qu’Eve elle, a jouer son tour, et qu’elle a perdu. La déprime évolue en dépression, qui frise la folie mentale, notamment dans les scènes entre la mère et la fille.

White bird nous parle aussi du rôle que l’enfant occupe dans un couple lorsque celui ci ne fonctionne pas. Doit elle être triste pour son père qui ne comprend pas pourquoi sa femme se sent si mal, doit elle être inquiète pour sa mère qui semble perdre pied, et plonger dans une dépression agressive. Kat n’est pas du genre à s’angoisser pour la souffrance que ressent ses parents bien au contraire, mais ne supporte pas entendre sa mère se plaindre à elle de ses malheurs conjugaux. Kat n’a pas à supporter le mal être perturbant de sa mère, mais à 17 ans, elle ne peut pas non plus faire l’autruche et se désintéresser complètement de leurs problèmes.

Entre les affres de l’adolescence et de la vie d’épouse et de mère, le film avance aux travers de flashback, dans lesquels on découvre la relation entre Eve et Kat, Eve et son mari, dans lesquels on découvre la vie de cette famille moyenne et ordinaire. On devine au bout d’une petite moitié de film, qu’elle est le destin de Eve, les indices s’accumulant sans trop de subtilité, reste une petite révélation finale quant au détail qui déclencha tout.

White bird nous montre une Shailene Woodley très douée dans le role de cette presque adulte, un Christopher Meloni qui joue parfaitement un père de famille effacé et terne en apparence. Et puis une Eva Green toujours aussi douée, qui crève toujours autant l’écran, et qui confirme une fois de plus son talent. Assez effrayant, d’ailleurs de la voir jouer si bien la folie (cf Penny Dreadful!). White bird in the blizzard reste intéressant, certaines scènes et détails font froid dans le dos, et offre de beaux rôles à d’excellents acteurs, mais reste au final, une histoire pas très originale même si il n’y a aucun cliché dans les personnages ce qui est appréciable.

Divergente

Divergente : Affiche

de Neil Burger

Shailene Woodley, Theo James, Zoe Kravitz, Kate Winslet, Ashley Judd, Maggie Q

3.5/5

Sur Terre dans un futur qui pourrait être le notre, le monde a été soufflé par une terrible guerre dont on ne sait rien. A Chicago, la société s’est organisée pour établir une paix dans une ville entourée de barrières électriques, les protégeant de ce qui pourrait surgir venant de l’extérieur. La population est divisée en plusieurs catégories, les érudits (les savants), les altruistes qui sont dévoués aux autres et renient tous égocentrisme, les sincères qui disent la vérité quelque soit les circonstances, les fraternels qui s’occupe de l’agriculture, les audacieux qui sont courageux et téméraires, chargés de la sécurité de la ville. Quand les enfants atteignent l’âge de 16 ans, ils doivent passés un test qui déterminera leur futur faction, à eux cependant de choisir la faction de leur choix, même si ce n’est pas celui du test. Ceux qui choisiront une faction différente de leurs parents, devront à jamais dire adieu à leur famille car la faction est plus importante que les liens du sang, la faction avant le sang. Béatrice est stressée le jour de son test, elle hésite entre rester dans sa faction et ainsi ne pas quitter ses parents, les altruistes, sachant que ce n’est pas là qu’elle trouvera sa place, et les audacieux, qu’elle a toujours admiré et qu’elle aimerait rejoindre. Mais lors de son test, elle découvre qu’elle est cataloguée comme étant une divergente, une personne qui ne rentre dans aucune faction, des cas très rares.

Divergente : Photo Ansel Elgort, Shailene Woodley

Le film est une adaptation de divergente, de Veronica Roth, que je n’ai pas encore lu, mais quand on voit le film et qu’on lit le résumé, bien évidemment, on devine que l’auteur a été fortement inspiré par les Hunger games. Le film nous présente donc cette société, parfaitement organisée, dont les règles sont appliquées et suivit à la lettre. Le point fort de l’histoire c’est tout de même le personnage de Béatrice, cette jeune fille un peu effacée, qui ne se sent pas du tout à sa place dans la faction des altruistes, l’abnégation de soi pour ne penser qu’à autrui, cette philosophie de vie est un peu trop extrême et Béatrice ne se voit pas vivre sa vie selon leurs principes. J’ai donc beaucoup aimé suivre son évolution, la voir prendre la décision, seule, de choisir la faction des audacieux, sans savoir ce qui l’y attends, tout en sachant qu’elle ne pourra probablement plus voir ses parents. J’ai adoré la scène de la cérémonie du choix. ça fait vraiment du bien de voir un film de ce genre sans avoir lu le roman avant, et de se laisser surprendre par les révélations, ça m’a donc fait du bien de la voir hésité au dessus des vasques, de devoir choisir sa faction, j’ai pu sentir avec elle le stress, de devoir choisir entre sa propre nature et sa famille, Béatrice est si ordinaire à ce moment là, qu’il est très facile de se mettre à sa place et de sentir la pression et le stress face au choix qui orientera toute sa vie.

Divergente : Photo Shailene Woodley, Zoë Kravitz

Divergente : Photo Shailene Woodley

J’ai beaucoup aimé la suivre parmi les audacieux, la voir sauter du train, la voir sauter du haut de l’immeuble, sa première épreuve parmi sa nouvelle faction, car étant un transfert, elle devra prouver sa valeur au risque de se faire rejeter et de finir sans faction, les SDF de cette société futuriste. La voir se montrer complètement nulle, en combat, en tir, elle qui n’a jamais rien fait d’autre que d’aider son prochain, elle doit se muscler et son entrainement et évolution est intéressant à suivre.

Divergente : Photo Shailene Woodley, Theo James

 

J’ai beaucoup aimé son amitié avec Christina, et bien sur sa relation avec leur instructeur, Four est très réussie et prenante. Le casting est aussi bien choisi, avec Shailene Woodley (pas sublimissime ce qui l’a rend très réaliste et crédible), j’aime beaucoup voir des héroïnes adolescentes qui ne soit pas des fils de fer, comme ce fut le cas avec Jennifer Lawrence dans Hunger games, ça fait du bien au yeux de ne pas voir que des os. Theo James dans le rôle du sexy Four est très bien aussi, tout comme Zoe Kravitz dans le rôle de Christina ou Kate Winslet dans le rôle de la méchante (ça lui va très bien les rôles de méchantes, je trouve).

Divergente : Photo Maggie Q, Shailene Woodley

La réalisation est on ne peut plus classique mais reste efficace, et le film qui dure 2h15 ne comporte aucun temps morts, aucun ralentissements, j’étais partie pour voir un film qui me changerait les idées sans m’ennuyer, j’ai eu un film très divertissant et plein de charme. quelques scènes sont bien marquantes aussi, je retiens en particulier la scène dans laquelle l’héroïne doit s’attacher à un filin pour se laisser porter entre les buildings démolis de la ville, impressionnant visuellement, on a presque l’impression d’être avec elle, suspendu au câble.

Un bémol cependant, celui de l’histoire même des factions et de la motivation de la méchante de service. Je n’ai pas été vraiment convaincu par cette histoire de sans faction, de divergent, de faction. Quant au rôle de Kate Winslet, j’aurais compris si sa motivation était de prendre le pouvoir, et d’acquérir plus de puissance, car c’est dans la nature humaine, (qu’elle aime à dire vouloir combattre), mais au finale, on nous fait comprendre que sa vrai motivation c’est juste détruire les altruistes, par fanatisme, je n’ai pas trop compris le but, ni son discours, mais peut être que dans le livre les choses sont plus clairs…

La fin appel une possible suite, mais apporte une certaine conclusion histoire de ne pas frustrer le spectateur en cas d’échec commerciale. En bref, divertissant, charmant, quelques touches d’humour, de l’action, pas de temps mort, si vous avez aimé le style hunger games, vous aimerez probablement Divergent, même si je garde un faible pour la trilogie de Suzanne Collins.