Dernières séances: Scandale – 1917

Scandale : Affiche

de Jay Roach

Charlize Theron, Nicole Kidman, Margot Robbie, John Lithgow, Allison Janney

3.5/5

En 2016, Gretchen Carlson, une présentatrice phare de la chaine d’info fox news est licenciée sans raison. Elle attaque alors le pdg Robert Ailes en justice pour harcèlement sexuel. Elle espère que beaucoup d’autres présentatrices de la chaine déposeront à leur tour plainte contre ce patron dont tout le monde connait les pratiques, consistant à harceler et agresser sexuellement des jeunes présentatrices qui sont obligées de se soumettre si elles ne veulent pas renoncer à leurs rêves de carrière. La célèbre Megyn Kelly, qui vient de passer une année entière à se faire insulter via twitter par Trump suite à une interview qu’il n’a pas apprécié, hésite à dénoncer le comportement de Ailes. La jeune et ambitieuse Kayla espère pouvoir présenter sa propre émission en rencontrant Ailes mais elle ne se doute pas du prix à payer.

Scandale : Photo Margot Robbie, Nicole Kidman

Le film suit surtout la journaliste présentatrice télé Megyn Kelly, respectée, admirée par ses collègues, qui a sa propre équipe, son émission, et ses entrées dans le monde politique. Elle fait partie des rares journalistes qui vont pouvoir poser des questions aux différents candidats à la primaire républicaine, à l’époque où Trump n’était pas encore président. Scandale montre comment Ailes, homme le plus puissant d’une des chaines les plus puissantes du pays, influençait l’opinion des américains, influençait les votes des téléspectateurs. Le film montre également le lien très étroit entre Trump et Fox news.

Scandale : Photo Kate McKinnon, Margot Robbie

Si Scandale nous parle donc de l’éthique bancale de fox news, ces liens avec les politiciens, le monde et les coulisses des médias télé, le sujet principal reste l’affaire de harcèlement sexuel. Comment les jeunes femmes sont recrutées en partie sur leurs physiques sous prétexte que c’est un “média visuel”, comment Ailes obligent les présentatrices à se maquiller à outrance, à porter uniquement des robes moulantes au dessus du genou, à se positionner uniquement derrière des bureaux vides pour être sur que la caméra puisse filmer les jambes, comment il leur interdit de porter des pantalons….En 2016 donc…

Scandale : Photo Charlize Theron, Liv Hewson

Gretchen, interprétée par une Nicole Kidman aux traits figés, est le symbole des présentatrices vieillissantes dont on se débarrassent à la moindre occasion pour prendre un modèle plus jeune, Megyn Kelly représente la présentatrice qui a réussi à devenir une vraie icône des médias, respectée et admirée, quant à la jeune Kayla elle représente les petites nouvelles, belles et charmantes mais qui doivent oser pour se démarquer. Va t-elle céder au harcèlement pour sécuriser sa carrière?

Scandale : Photo Connie Britton, John Lithgow

Le fond est donc très intéressant, on ne s’ennuie, parfois ça part un peu dans tous les sens avec cette volonté de parler et montrer les nombreuses anecdotes véridiques sur le quotidien des femmes de télé. C’est rythmée, mais je n’ai pas compris pourquoi Charlize Theron avait été “changée” physiquement à ce point. Avec des prothèses pour qu’elle puisse ressembler le plus possible à la vrai Megyn. On a l’impression que les trois actrices ont des visages en plastiques, qu’il y a quelque chose de faux dans leurs physiques. Reste un film intéressant et bien ficelé qui dénonce une pratique loin de disparaitre.

1917 : Affiche

de Sam Mendes

George MacKay, Dean Charles Chapman, Mark Strong, Benedict Cumberbatch

4.5/5

En 1917, dans les tranchées franco allemande en pleine première guerre mondiale, Schofield et Blake sont choisis pour mener une mission périlleuse. En une dizaine d’heures ils doivent rejoindre le 2e bataillon Devon qui se trouve à une dizaine de kilomètres du camp, afin de prévenir le colonel de ne pas donner l’assaut contre l’armée allemande, prévue à l’aube. En effet, le général a reçu la preuve qu’il s’agit d’un piège et que les 1600 hommes vont se faire massacrés. Schofield est choisi en particulier pour sa motivation à mener à bien la mission, car son frère ainé fait partie des 1600 hommes. Pour cela, encore faut-il que les deux hommes traversent un no man’s land, traversent ensuite les tranchées allemandes en espérant que ces derniers sont partis.

1917 : Photo Dean-Charles Chapman, George MacKay

1917 est tourné comme un long plan séquence, ou plutôt deux longs plans séquence, bien qu’en réalité le réalisateur utilise une technique qui donne cette impression en reliant plusieurs plans séquence courts pour en former un long et unique plan.

1917 : Photo

Dès les premières secondes c’est  prenant, on est cloué au siège. On suit donc en temps réel ces deux hommes qui espèrent sortir de la guerre indemne, une guerre qu’ils ne comprennent pas, qui n’est pas la leur dans un pays qui n’est pas le leur. De l’arrière du camp où les choses sont encore assez calmes pour essayer de se reposer quelques heures, on suit les deux hommes prendre leur ordre de mission, parcourir les tranchées pour se rendre dans les coins plus chauds, traverser le no man’s land, traverser les tranchées allemandes, subir épreuves et difficultés.

1917 : Photo Mark Strong

1917 : Photo George MacKay

Si sur le plan de l’histoire on a pas de grosses surprises (mais un peu quand même), si les acteurs sont excellents, (les deux et puis la classe de Mark Strong, qui ne gâche rien), c’est surtout sur le plan visuel que c’est une vraie réussite. Déjà la qualité des images, des plans séquences, cette façon de suivre en temps presque réel les deux soldats sans qu’il y ait pour autant des moments de lenteur ou d’ennui, cette impression d’être avec eux, sans qu’il y ait des images saccadées qui donneraient mal au crâne, je retiens surtout certains plans marquants (la plongée de la main dans le cadavre d’un allemand, l’explosion des tranchées souterraines à cause d’un rat gros comme un chat) en particulier la longue scène de nuit dans un village en ruine, avec ce jeu d’ombres et de lumières apporté par les fusées éclairantes ou un incendie, sur fond de musique de cathédrale, c’est envoûtant et prenant de voir le sergent courir entre les ruines à la faveur des lumières de guerre.

Un film prenant, hypnotisant, un visuel incroyable, à voir.

Le spectre – L’homme irrationnel

007 Spectre : Affiche

James Bond, le spectre

de Sam Mendes

Daniel Craig, Léa Seydoux, Ben Wishaw, Ralph Fiennes, Christopher Waltz

3/5

Mercredi, jour férié j’en ai profité pour aller voir le dernier James bond, Le spectre, accessoirement le dernier James bond de Daniel Craig.

J’avais adoré Casino royale, j’ai trouvé que James bond était dépoussiéré, modernisé, on sentait l’influence du réalisme des Jason Bourne de Paul Greengrass, et ça faisait du bien. Des combats à main nues plus crédibles et réalistes tout en restant spectaculaire, des personnages féminins plus intéressants et moins cons, ce qui est une prouesse (rare sont les James bond girls qui m’ont plut, je citerais en plus d’Eva Green, Diana Rigg et Michelle Yeo). Mais avec le spectre, j’ai l’impression qu’on est repartie en arrière, dans les vieux travers des James bonds.

007 Spectre : Photo Ben Whishaw, Daniel Craig, Rory Kinnear

Passons le générique que j’ai trouvé un peu ridicule. Le film s’ouvre sur une scène d’action qui se passe à Mexico city. La scène est ultra longue mais bien foutue, c’est plein d’action, un peu d’humour, bien menée. J’ai beaucoup aimé le passage à Londres, avec le grand chef, le rivale, money penny, Q, toujours un peu d’humour. Ensuite ça se gâte doucement avec Monica Bellucci qui nous joue le cliché de la veuve italienne, tout en haute couture, voilette de deuil et maquillage à outrance qui ne mettra pas plus de cinq seconde pour se laisser séduire par Bond et s’octroyer une nuit, enfin plutôt une heure d’ivresse avec l’agent secret anglais. J’ai trouvé son corset et autre fanfreluches plutôt de mauvais gout, et pas très digne pour la pauvre Bellucci, mais bon, c’est James bond, personne n’est sensé résister, sans savoir pourquoi.

007 Spectre : Photo Daniel Craig

Quelques scènes d’actions bien pensées, avant de voir débarquer la vraie James bond girl, Léa Seydoux, qui joue la fille de mister white. Bilan de cette James bond girl, ba bof. Le personnage est un peu vide, on ne sait rien d’elle (médecin, psychologue ???), on nous fait miroiter qu’elle sait manier les revolvers et se défendre, mais en fait rien du tout, elle ne fait que suivre Bond partout, sans vraiment agir sauf dans la scène du train où elle vient en aide à Bond. Scène du train qui rappelle d’ailleurs un peu beaucoup casino royale, lorsque Bond rencontre Vesper Lynd, mais passons ce manque d’originalité, c’est James bond…

007 Spectre : Photo Daniel Craig, Léa Seydoux

Dans cette scène du train, on peut rire ou pleurer, quand on voit Bond se faire fracasser la tête par une véritable armoire à glace et se relever miraculeusement sans aucun bleus, aucune trace de sang, rien qu’un peu de sueur, même sa chemise ne sera pas sortie du pantalon, alors qu’un homme normalement constitué aurait été hospitalisé d’urgence, mais bon, c’est James bond…quant à sa James bond girl qui ne sert pas à grand-chose, elle recevra la baffe de sa vie de la part de monsieur armoire à glace, elle se relèvera avec…rien, pas même une tracette rouge au coin de la bouche, rien, mais bon, c’est James bond…

007 Spectre : Photo Daniel Craig

Donc un James bond qui tombe amoureux plus vite qu’il ne tue, on ne sait pas trop pourquoi ni comment, (je dis tomber amoureux, pas coucher), un James bond qui en prend plein la gueule, mais qui en ressort avec aucune marque, aucune blessure, aucun bleu, aucun froissement de chemise, une James bond girl vide, qui était prometteur mais qui tombe vite dans un classicisme vieillot et dépassée, sans grand intérêt, un méchant pas mal mais pas très présent, mais qui ne suffit pas à relever le reste. Reste des scènes d’actions réussies, mais l’intrigue est banale, elle fait franchement penser à un épisode du dessin animé Minus et Cortex, la petite souris intelligente qui rêve de conquérir le monde, et qui échoue à chaque fois. Le tout saupoudré de scènes déjà vu et parfois ringardes, comme le fameux sauvetage de la belle Léa Seydoux attachée sur une chaise entourée d’explosifs prêt à détruire un bâtiment entier, on se serait presque crut dans un dessin animé de Tex Avery…

007 Spectre : Photo Christoph Waltz, Léa Seydoux

C’est peut être un peu sévère, mais après Casino royale, et même skyfall, j’en attendais autre chose, une continuité dans le dépoussiérage de la franchise, et pas un retour en arrière. Reste tout de même un peu d’humour, de jolies scènes d’action, et un film qui n’ennuie pas les spectateurs (sauf la personne à ma gauche qui a ronflé du début à la fin, littéralement), j’aurais aimé avoir un peu plus que ça.

 L’homme irrationnel

L'Homme irrationnel : Affiche
de Woody Allen
Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey

3/5

Abe Lucas professeur de philosophie, vient d’être embauché dans une fac bon chic bon genre. Dégouté par la vie, Abe Lucas n’a plus le gout à rien mis à part la bouteille, donne ses cours sans grande passion, et ne s’intéresse à personne. Il sympathise uniquement avec une de ces élèves, avec qui il aime parler. Un jour, après avoir entendu par hasard le témoignage d’une mère de famille dont la vie risque d’être détruite par un juge des affaires familiale, Abe décide d’aider cette inconnu en planifiant le meurtre de ce dernier. Abe reprend alors gout à la vie, grâce à ce nouvel objectif.
Les films de Woody Allen, du moins parmi ceux de ces 20 dernières années, c’est un peu toujours la même chose, un peu toujours les même personnages. Comme souvent donc avec ces films, l’homme irrationnel c’est une histoire sans originalité, sans grand intérêt, tout comme ses personnages pour lesquels ont a aucune sympathie finalement.
L’Homme irrationnel : Photo Joaquin Phoenix
J’avais bien aimé Blue Jasmine, mais je m’étais ennuyée à mourir devant Magic in the moonlight . Avec l’homme irrationnel, je ne me suis pas ennuyée, mais l’histoire ne me touche pas trop pas plus que les personnages.
L’Homme irrationnel : Photo Emma Stone, Joaquin Phoenix
Reste de bons acteurs, dans un film qui n’est ni lent ni ennuyant, mais qui manque cruellement d’intérêt ou d’originalité. A moins d’être un grand fan de Joaquin Phoenix ou de Woody Allen, c’est pas indispensable à voir!