Dernière lecture: La mort dans les nuages d’Agatha Christie – L’ile de Peter de Alex Nikolavitch – Wildfire de Ilona Andrews – Agatha Raisin la quiche fatale de MC Beaton

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La mort dans les nuages

de Agatha Christie

4/5

Hercule Poirot rentre à Londres par le vol de 8h45. A son bord que le gratin: une lady, une vénérable, une jeune femme qui a gagné au loto, un dentiste, un père et son fils célèbres archéologues français, un écrivain, un médecin…et une vieille dame qui à l’atterrissage ne se réveille pas. Hercule Poirot n’est pas content, comment un meurtrier à pu avoir l’audace d’assassiner sous ses yeux? hors de question de se laisser humilier de la sorte pour le détective belge. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne découvre qui a fait le coup.

Un bon cru que cet Hercule Poirot! le célèbre détective prend l’avion et bien entendu, un meurtre à lieu durant le vol. J’ai beaucoup aimé suivre l’enquête, surtout que Poirot est très actif dans ce tome ci. Il fait des filatures, part à Paris, revient en Angleterre, côtoie la haute société, des archéologues, un romancier, un dentiste. J’ai aussi beaucoup aimé la collaboration amicale entre l’inspecteur Japp, l’inspecteur Fournier et Poirot. Son duo avec la jeune et jolie Jane Grey est très sympathique. Il y a quelques touches d’humour, du suspense, on ne s’ennuie pas! J’ai revu l’adaptation télé peu de temps après et pour le coup, le roman est bien meilleur.

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L’ile de Peter

de Alex Nikolavitch

2.5/5

L’inspectrice Wednesday et son coéquipier parcours les rues de Manhattan. Ils gardent à l’œil un certain Joab, un chef de gang. Ce dernier est à la recherche d’un certain petit homme à lunette et au ventre rebondi appelé Mouche. Elle retrouve le Mouche en question mais  alors que Mouche semble s’évaporer dans une vapeur étrange, Wednesday et Joab sont entrainés dans son sillage et se réveillent sur une ile tropicale aussi étrange que mystérieuse. Wednesday y découvre des pirates, des indiens, un crocodile qui fait tic tac, et un homme enfant qui semble boudé au sommet de l’ile…

Le principe de départ est originale,  une flic de New York propulsée sans le vouloir sur une ile perdue dans l’espace temps et qui s’avère être l’ile de Peter Pan, une ile aux propriétés magiques, surnaturelles, figée dans le temps depuis plusieurs siècles. J’ai eu l’impression qu’il s’agissait d’un mix entre Peter Pan et la série Lost. Les personnages sont plutôt intéressants, notamment celui du capitaine crochet et de Mouche, qui racontent leurs passés de marin et de pirate avant de se retrouver coincés sur l’ile et de devenir des personnages légendaires. J’ai bien aimé les parties où l’on découvre un peu la vie passé de Crochet et de Mousse, surtout ce dernier d’ailleurs, un roman entièrement consacré à leur vie de pirates partis piller les bateaux avant d’entendre parler de cette ile mystérieuse et d’en faire leur obsession aurait été plus intéressant que l’histoire que j’ai lu. Reste un roman originale et un peu étrange, avec quelques bonnes idées, mais qui manquent de développement.

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Wildfire

de Ilona Andrews

3.5/5

3e tome des aventures de Nevada et de Rogan. Dorénavant Nevada ne peut plus se cacher et doit absolument se déclarer comme Prime et déclarer sa famille comme une Maison pour obtenir la protection des Primes de Houston et ainsi éviter les attaques de sa grand mère paternelle qui a retrouver leur trace. La grand mère de Nevada voudrait bien récupérer ses petits enfants pour reconstituer sa Maison. Nevada décide alors d’enregistrer comme Maison Baylor toute sa famille afin d’assurer leur sécurité. Entre temps, elle reçoit la visite de Rayna, l’ex fiancée de Rogan. Elle vient demander de l’aide à Nevada pour retrouver son mari qui a mystérieusement disparu.

Les couvertures de cette série sont toujours aussi moches mais encore une fois une lecture pleine de rebondissement, d’action, d’humour. On découvre enfin quels sont les pouvoirs de certains membres de la famille de Nevada, on a droit à un tête à tête entre Nevada et sa diabolique grand mère qui garde le sens de la famille malgré tout, on retrouve des personnages attachants comme Bug, Cornelius, Mathilda, par contre dommage que l’on ne voit pas Augustine auquel je m’étais un peu attaché. L’intrigue est prenante, la disparition du mari de Rayna est intéressante et bien ficelée. Et puis bien sur la relation entre Rogan et Nevada est très réussie dans son évolution. Une série Urban fantasy sympathique, distrayante, pleine d’action et d’humour avec des personnages bien développés. Il devrait y avoir un 4e tome selon l’auteur, si les ventes du 3e tome sont à la hauteur des attentes, la maison d’édition en commandera un 4e et si ce n’est pas le cas l’auteur le publiera sur son site. Mais aux dernières nouvelles les ventes étaient plus qu’excellentes. A suivre.

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Agatha Raisin tome 1, la quiche fatale

de MC Beaton

3/5

 

Agatha Raisin aura bientôt 50 ans et vient de vendre son entreprise de relations publiques pour qu’elle puisse couler une retraite dorée et réaliser son rêve, celui d’acheter un cottage dans les cotswolds. Agatha dit donc adieu à la vie trépidante de Londres pour s’installer dans un jolie cottage dans un charmant petit village. Agatha se rend vite compte que les habitants, si ils sont tous très polis avec elle, ne cherchent pas du tout à la connaitre. Les relations restes superficielles. Elle décide alors de participer à un concours de quiches et pour s’assurer la victoire elle décide d’acheter sa quiche chez l’un des meilleurs traiteurs londonien plutôt que de la faire elle même. Hélas, le président du jury ne déclare pas Agatha vainqueur et en plus il a le mauvais gout de mourir empoisonné plus tard chez lui après avoir mangé les restes de la quiche. Bien que la police décide de se prononcer pour un accident, Agatha renifle le meurtre et commence à fouiner.

J’avais entendu parler des romans, mais j’ai d’abord regarder l’adaptation télé. La série m’a beaucoup plut, j’ai trouvé ça drôle, pétillant, surtout grâce à l’actrice qui joue Agatha, Ashley Jensen. Du coup j’ai eu envie de lire le premier tome.

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On se rend compte assez vite en lisant le livre, que le roman a été écrit il y a un moment (début 90), et qu’il n’y avait donc ni internet ni téléphone portable pour aider à résoudre les enquêtes. Le personnage d’Agatha, quoique parfois agaçant dans son comportement, reste attachante. Sure d’elle, déterminée, volontaire, elle a créer seule une entreprise florissante et décide de couler des jours calmes à la campagne. Mais très vite elle déchante, elle s’attendait à de véritables amitiés avec les gens du coin, mais elle trouve leur relation avec elle superficielle et distante, alors qu’en réalité, Agatha ne se rend pas compte que progressivement, elle tisse des liens profond avec certains membres du village.

J’ai bien aimé ma lecture au finale, l’intrigue policière est sympa à suivre, on découvre la vie de village, les points négatifs, les points positifs, on apprend à connaitre les différents personnages qui entourent Agatha, comme l’inspecteur de police qui s’attache très vite à Agatha, son ancien employé Roy, qui apporte pas mal d’humour, la femme du révérend, les piliers du pub local…

Il y a quelques traits d’humour, pas mal de rebondissements, les questionnements d’Agatha concernant sa nouvelle vie. Une lecture sympa, mais dommage que les tomes ne sortent pas en poche, ce sont des formats entre deux, qui coute quand même 14 eur l’unité. Je lirais peut être la suite si ils sortent en poche ou si je les trouve d’occasion.

 

 

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Chemin de croix de Ken Bruen

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de Ken Bruen

4/5

Jack Taylor, le détective privée irlandais est toujours en proie à ses démons. L’alcool, la culpabilité, son passé trouble. Alors qu’il est confronté à un drame personnel, on lui demande d’apporter sa lumière sur une enquête difficile, le meurtre d’un jeune homme qui a été retrouvé crucifié. En même temps, le représentant d’un quartier bourgeois lui demande son aide sur la disparition de plusieurs chiens.

Toujours un plaisir de retrouver Jack Taylor, ses démons, son passé, son alcoolisme, sa solitude, et les horreurs qui croisent sa route. Comme dans chaque tome, Jack est un survivant. Cody, son nouveau pote qu’il considère comme un fils d’adoption, se meurt à l’hopital, et tout son monde s’écroule. Comme pour la météo irlandaise, à chaque fois qu’un rayon de soleil arrive à éclairer la vie de Jack un gros nuage bien sombre vient gacher la fête.

Avec tout les malheurs qu’il a vécut ou dont il a été témoin, on se demande comment Jack réussi à continuer, à vivre chaque jour, à se lever de son lit, et à ne pas retomber dans l’alcool. Car ça fait bien trois tomes qu’il n’a pas bu une goutte, et on se demande comment il tient, tant les mauvaises nouvelles s’enchainent pour lui.

Avec Ken Bruen, même en faisant subir des choses bien difficiles à son personnage central, on ne ressent jamais de malaise, de mélancolie, de tristesse. Les dialogues fusent comme dans chacun de ses romans, toujours le même style littéraire qui me plait: phrase courte, dialogues bien tournés, avec le lecteur qui suit les pensées de Jack, qui avance dans les rues de Galway à ses coté, comme un témoin muet et invisible. On se promène entre les pubs, les resto, les quartiers bobo, les quartiers populaire avec une ville en pleine transformation, des immeubles anciens démolis, des logements beaucoup plus cher qui se construisent à la place.

Encore une fois j’ai adoré. Ici l’intrigue policière est importante et bien menée, c’est sombre, cynique. J’ai adoré retrouver le personnage de Stewart qu’on avait connu dans un tome précédent. Je ne pensais pas le revoir, mais Jack croise sa route et j’ai beaucoup aimé l’évolution de son personnage. Stewart a changé suite à son séjour en prison, il fait dans le minimalisme et la zen attitude, sans pour autant abandonner certains de ces démons. J’ai beaucoup aimé leur duo. Et la fin du roman contient  une très belle scène, celle où Jack règle un problème dans l’océan. Je pouvais voir la scène dans ma tête comme si j’étais au cinéma. Vivement la suite.

Témoin muet Agatha Christie

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De Agatha Christie

4/5

Miss Arundel, une vieille demoiselle comme on en fait plus, est affublée de neveux et nièces qui sont tous après son argent. Bella et son mari, un docteur grec, Richard, un vaurien plein de charme, et Thérésa, la sœur de Richard, qui ne sait pas vivre autrement que dans le luxe. Miss Arundel reçoit tout ce beau monde dans sa maison pour le week end de pâques. Un soir, la voilà qui tombe dans les escaliers. Elle aurait pu facilement mourir, mais elle a la chance de s’en sortir sans mal. C’est encore la faute du chien, Bob, qui laisse toujours trainé sa balle dans les escaliers, c’est bien connu dans la maison. Mais miss Arundel n’est pas tranquille et décide d’écrire à Hercule Poirot.

Un bon vieux Hercule Poirot! c’est comme retrouver un vieil ami. J’ai beaucoup aimé cette histoire qui part d’une mort naturelle, passe par une tentative d’homicide avant de se lancer dans une enquête pour meurtre. Les habituelles suspects défilent, les neveux et nièces assoiffés d’argent qui courent après l’héritage. Et une vieille dame lucide, qui ne supporte pas les vautours qui se disent être sa famille.

Toujours une enquête intéressante à lire, les incontournables interrogatoires, les innombrables suspects. J’ai pris plaisir à écouter Hasting nous raconter cette histoire, la manière dont il a de percevoir les choses et sa nouvelle amitié avec le chien de la victime, Bob. Et son amitié avec Hercule Poirot. Hasting en a assez de l’arrogance de son ami, de sa clairvoyance là où Hasting ne comprend rien. Mais il aime quand même le voir résoudre toutes les énigmes les unes après les autres. Il y a pas mal de rebondissements, et surtout beaucoup d’humour, comme d’habitude.

Encore un très bon roman policier de la part d’Agatha Christie, entre Londres et la campagne anglaise.

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Le train bleu

D’Agatha Christie

4/5

Comme chaque année, les londoniens de la bonne société fuient les hivers anglais pour se rendre sur la rivièra. Et quoi de plus chic que de s’y rendre en prenant le luxueux train bleu. Dans les compartiments de luxe, on peut y croiser Mme Kettering, fille d’un millionnaire américain qui est décidée à entamer une procédure de divorce dès son retour de vacance. Elle voyage en compagnie de sa femme de chambre et de son cœur de feu, un célèbre collier de rubis, cadeau de son père. Mais lorsque le train arrive à Nice, Mme Kettering est retrouvée assassinée, et les rubis envolés. Malheureusement pour le meurtrier, se trouvait à bord du train un certain Hercule Poirot…

J’avais vu il y a un bon moment, l’adaptation bbc de ce roman, mais en commençant ma lecture, je ne me souvenais plus du tout du coupable, et c’est tant mieux!

On suit donc la belle et déterminée Mme Kettering monter à bord du train bleu en compagnie de ses rubis. J’ai beaucoup aimé les personnages qu’on croise dans ce roman, mr Kettering qui n’aime plus sa femme, et qui se rend compte que sa maitresse reste avec lui uniquement pour son argent, j’ai beaucoup aimé Katherine Grey, issu d’une bonne famille qui a été ruinée et qui a du passer les dix dernières années de sa vie comme dame de compagnie pour une vieille femme acariâtre, mais qui a eu la bonne surprise d’hériter de la fortune de la vieille dame, fortune dont personne ne soupçonnait l’existence. Elle décide de profiter de la vie en s’offrant un voyage en train bleu. J’ai aussi beaucoup aimé sa visite chez des cousins lointains, qui se rappellent à son bon souvenir quand ils découvrent sa nouvelle fortune. Lady Tamplin est agaçante au possible à la limite du supportable, alors que sa fille Lennox est attachante et sympathique.

J’ai adoré suivre l’enquête d’Hercule Poirot, très actif et très présent, les interrogatoires, les indices, les coups de colère, l’amitié, l’indulgence et l’attachement qu’il ressent pour les plus jeunes, notamment envers Katherine, Lennox et Zia. Un de mes Agatha Christie préféré!

Discussion entre Hercule Poirot et son majordome George:

– la personnalité d’un criminel, George, est une chose passionnante. Les meurtriers sont souvent des gens charmants.

– j’ai entendu dire que la compagnie du docteur Crippen était très recherchée. Et pourtant il a coupé sa femme en petits morceaux.

-vos observations sont toujours pertinentes Georges.


-l’écureuil mon bon George, ramasse des noisettes. Il les emmagasine à la fin de l’automne afin d’en profiter plus tard. L’humanité,  George, devrait tirer des leçon du comportement de ses frères inférieurs. C’est ce que j’ai toujours fait. J’ai été le chat guettant la souris, le bon chien flairant sa piste sans jamais la quitter. J’ai emmagasiné un petit fait par ci, un petit fait par là. Et à présent je vais dans ma réserve chercher une certaine noisette, une noisette que j’ai mise de coté il y a environ 17 ans. Vous me suivez George?

– J’étais loin de penser monsieur, que l’on puisse garder des noisettes aussi longtemps. Mais je sais qu’à présent on fait des merveilles avec les bocaux à conserves.

Poirot le regarda et sourit.


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Les ombres de Kerohan

de NM Zimmermann

3.5/5

Au 19e siècle, Viola 12 ans et Sébastian 7 ans, viennent de perdre leur mère. Leur père les envoi chez leur oncle qui habite le manoir familiale en Bretagne, le temps de régler certaines affaires. Le plus dure pour les deux enfants, c’est qu’ils doivent s’installer pour un temps indéterminé chez un oncle qu’ils ne connaissent pas, seuls. Après un long voyage en train, ce n’est pas leur oncle qui les attends dans une gare déserte, mais un homme étrange, le docteur Vesper, un ami de leur oncle. Ils arrivent au manoir tard dans la nuit. Viola s’inquiète vite de leur quotidien dans ce manoir désolé. Son oncle est rarement présent, et sa tante et cousine toujours enfermées dans leur chambre. Seule la gouvernante s’occupe de les nourrir et de l es coucher le soir. Sebastian par contre ne parle que de créatures étranges et de fantômes qu’il aperçoit parfois. Viola pense que son petit frère a trop lu de contes mais elle se rend vite compte que le manoir renferme bien des mystères.

J’ai lu beaucoup de romans de cette romancière jeunesse, et j’ai beaucoup aimé la plupart de ces romans. J’avais eu notamment un gros coup de cœur pour sa trilogie Eden city, le premier roman que j’avais lu d’elle. Et j’avais aussi beaucoup aimé ces autres romans, Disparition, Alice Crane, Dream box ou encore Sous l’eau qui dort. NM Zimmermann a un univers originale et bien à elle, un univers sombre, parfois trop pour du jeunesse, mais en tant qu’adulte, j’aime beaucoup! Certaines histoires sont très sombres, d’autre vraiment flippantes.

Dans les ombres de Kerohan, on part s’installer dans un manoir de Bretagne au 19e siècle. Ce roman est destiné à un public plus jeune que les romans que j’ai lu jusqu’ici, c’est donc un peu moins sombre, moins dure, mais il y a toujours un univers fantastique, des personnages ambigus. C’est l’une des choses que j’aime énormément dans les romans de cet auteur, les personnages ne sont pas du tout manichéens.

On est tout de suite mis dans l’ambiance avec ce manoir perdu au milieu de nulle part, ce voyage en train presque fantomatique, et ces deux pauvres enfants, trop jeunes pour pouvoir s’en aller, mais assez grand pour se rendre compte que quelque chose cloche. J’ai beaucoup aimé Viola et son frère Sébastian, Viola très pragmatique, qui a les pieds sur terre, et ne veut pas se laisser influencer par l’imaginaire enfantine de son frère qui est beaucoup plus ouvert face aux choses surnaturelles.

C’est un huis clos de plusieurs semaines qui se déroule dans le manoir. Les deux enfants se sentent fragiles et dans l’insécurité suite au décès de leur mère et à la fuite de leur père dans les affaires. Les enfants doutent quant au retour de leur père. Et puis ces évènements surnaturels étranges, mystérieux et qui deviennent très vite angoissants.


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Le bras de la vengeance

de Thomas De Quincey

3/5

1816, dans une petite ville allemande tranquille, des meurtres sanglants sont perpétrés. Les tueurs semblent attaquer que durant la nuit. Des vieilles personnes ou des personnes un peu plus jeunes, des femmes, des hommes, des célibataires, des personnes mariées, tout le monde y passe. Il semble que les tueurs n’agissent pas au hasard, puisqu’ils épargnent certains membres de la famille, quand ils s’attaquent à une maison. Mais qui se cache derrière ses meurtres horribles?

L’histoire est racontée par l’un des personnages du roman et il nous plonge dans un village allemand qui connait durant plusieurs mois l’horreur, avec des meurtres violents et sanglants, qui semblent frapper un peu au hasard. Les victimes sont toutes tuées dans leur propre maison. Alors que le narrateur nous relate ces meurtres qui secouent la ville et qui ne semblent pas se calmer, il nous raconte aussi en parallèle, l’arrivée d’un jeune homme remarquable, beau, intelligent, issu d’une bonne famille avec des origines anglaises, et qui a servit l’armée de l’empereur. Il est accueilli chez le narrateur, le temps pour lui de faire quelques années d’études bien méritées. Il nous raconte comment l’une des plus jolies et des plus gentilles filles de la ville est tombée sous son charme et vice versa, au grand désespoir d’un autre jeune homme qui espérait l’épouser.

C’est tragique, mélancolique, finalement les meurtres passent au second plan dans la deuxième moitié de l’histoire. Une nouvelle qui commence comme une histoire d’horreur et qui finit à la limite du roman gothique. Une lecture intéressante qui n’ennuie pas, l’écriture est fluide et on a bien entendu, envie d’aller jusqu’au bout et savoir le pourquoi de ces meurtres.


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Orange tome 1

4/5

Naho, 16 ans, lycéenne ordinaire, reçoit une bien étrange lettre en ce premier jour de rentrée scolaire. La Naho du futur, âgée de 26 ans, lui écrit. Elle espère que la Naho de 16 ans pourra éviter de faire les erreurs qu’elle a commise pour ne pas avoir les même regrets. Chaque matin ou presque, Naho reçoit donc une lettre, dans laquelle son elle du futur lui raconte les évènements importants et les décisions qu’elle doit prendre.

Ce manga je l’ai découvert sur le blog d’ori, et son avis m’a vraiment donné envie de le lire. En générale, j’aime bien les mangas, mais je ne me lance dans quasiment plus de série, car la plupart du temps elles sont interminables, et au bout d’une dizaine de tomes, c’est souvent une lassitude que je ressens. Dans le cas d’Orange, la série ne comporte que cinq tomes, ce qui m’a encore plus motivée.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome, Naho est, comme souvent dans les mangas dits pour fille, une jeune ado peu sur d’elle, qui n’ose pas, mais finalement elle reste un personnage très crédible, et pas aussi fleur bleue et mièvre que certains autre mangas shojos que j’ai pu lire. On s’attache vite à son groupe d’amis, tous ayant des caractères différents. Voir Naho prendre le risque d’oser faire ou dire des choses parce que la lettre de son elle du futur le lui conseille, est intéressant à voir. Ces décisions changent finalement peu de choses, ou de manière très subtil, c’est un peu comme l’effet papillon, sur le moment ces choix différents n’entrainent que très peu de changement dans le quotidien de Naho, mais on devine qu’un effet boule de neige peut tout changer pour la Naho du futur. C’est aussi une lecture assez émouvante, notamment quand on lit les passages se situant 10 ans dans l’avenir et qu’on voit ce qu’il est advenu du groupe d’amis de Naho. Hâte de lire la suite.


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Le bras atrophié et Les intrus de la maison haute

de Thomas Hardy

4/5

Le bras atrophié: Dans une ferme, Rhoda la laitière fut autrefois la maitresse du maitre des lieux, mr Lodge, mais pour des raisons qu’on ignore, il n’a jamais voulu l’épouser. Aujourd’hui Rhoda est solitaire parmi les autres laitières, et élève seule le fils qu’elle a eut avec mr Lodge. Un jour ce dernier revient en ville avec sa toute jeune épouse, Gertrude, jolie et joyeuse. Rhoda est aigrie de se retrouver mère célibataire. Une nuit, Rhoda rêve qu’elle agrippe violemment le bras de Gertrude. Le lendemain, Gertrude vient se présenter à Rhoda. Finalement entre les deux femmes, une certaine amitié est en train de naitre. Mais Gertrude découvre sur son bras, une marque laide qui ne fait que s’aggraver. Serait-ce une malédiction issu du rêve de Rhoda?

Les intrus de la maison haute: Darton, un riche fermier, se rend de nuit à la Maison Haute, pour rejoindre sa fiancée Sally. Dans quelques jours ils célèbreront leur mariage, pour le plus grand plaisir de la mère de Sally, contente de voir sa fille épouser un si bon parti. Mais voilà, alors que le fiancé tarde, le frère de Sally, parti plusieurs années auparavant faire fortune en Australie, débarque sans prévenir. Il revient chez lui aussi pauvre qu’un mendiant avec sa femme Hélène, et leurs deux enfants. Au même moment, Darton arrive aussi et semble être reconnaitre la jolie Hélène. Sally ne manque pas le regard que pose son fiancé sur sa nouvelle belle sœur…

J’ai beaucoup aimé ces deux nouvelles, l’auteur sait installé une atmosphère et sait développer des personnages en très peu de pages, c’est très réussi.

J’ai beaucoup aimé Le bras atrophié, l’amitié entre ces deux femmes qui n’étaient pas faite pour se rencontrer, une Rhoda aigrie d’être mère célibataire sans avoir pu se faire épouser par son amant, et la belle et jeune Rhoda, qui voudrait que son mariage marche mais dont le monde s’écroule doucement brique par brique, quand elle comprend que sa marque sur le bras ne disparaitra pas. On ressent le désespoir de Gertrude, ses visites chez le vieux sorcier, sa motivation à aller jusqu’au bout pour essayer de sauver son mariage, plutôt que de rester sans rien faire à attendre que le temps passe.

Mais je pense que j’ai préféré la seconde nouvelle. Dans Les intrus de la maison haute, on s’attache très vite aux personnages, on apprend à les connaitre, aussi bien que si on avait lu un roman de 300 pages, et c’est un vrai exploit je trouve. Sally est un personnage indépendant et intéressant à suivre, j’ai beaucoup aimé lire les rebondissements, l’intrigue, lire les choix malheureux de Darton. Deux nouvelles aussi riche que des romans, Thomas Hardy a un don pour raconter les histoires.

Dernières lectures: La ronde de l’amour de Somerset Maugham – Pauline de Alexandre Dumas – Un coupable presque parfait de Robin Stevenson – Un train pour Ballarat de Kerry Greenwood

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La ronde de l’amour (cakes and ale)

de Somerset Maugham

4/5

William Ashenden, écrivain peu connu, est un jour contacté par un vieil ami écrivain qu’il n’a pas vu depuis quelques temps, Roy. Ce dernier lui parle de monsieur Driffield, un écrivain à succès qui depuis sa mort, est devenu un auteur culte, que les élites anglaises commencent à considérer comme un monument de la littérature. Roy ne cache pas son intention de vouloir écrire une biographie sur Driffield. Mais en ce qui concerne sa jeunesse, du temps de sa première femme Rosie, il aurait besoin des souvenirs de William. En effet, ce dernier à été quasiment intime avec Driffield, du temps où il écrivait des romans qui avait un certains succès, mais qui étaient considérés comme vulgaires par les élites et les critiques. William n’a pas trop envie de se remémorer cette partie de sa vie, sa jeunesse, son adolescence et ses 20 ans. Mais il finit par se laisser convaincre et plonge dans ses souvenirs.

J’adore Somerset Maugham, je ne sais pas pourquoi je met autant de temps entre chaque lecture, car jusqu’ici je n’ai pas encore été déçue. J’avais déjà adoré Il suffit d’une nuit, le fugitif et son plus connu peut être, La passe dangereuse.

Ici on fait connaissance avec Willie, cet auteur peu connue, qui s’acharne a écrire, tout en sachant qu’il ne deviendra jamais une référence en littérature. Il a cinquante ans passé quand il se replonge dans ses souvenirs de jeunesse. J’ai adoré la plume de Maugham, ce cynisme sans être déprimant ou trop sombre.

“Quand un ami, en votre absence, vous a demandé au téléphone en insistant pour être rappelé, soyez sur qu’il s’agit d’une affaire plus importante pour lui que pour vous. S’il pense à vous offrir un cadeau ou à vous rendre un service, il sait modéré son impatience.”

“On ne regrette pas, prétend-on, les plaisirs qu’on ignore, pourtant leurs journées se trainaient dans un incurable ennui.  Ils attendaient avec une impatience fiévreuse ces thés où tout le monde chantait sa romance de Maud Valérie White. Condamnés à vivre à un kilomètre les uns des autres, ils se disputaient avec aigreur.”

“Depuis l’origine des temps, les vieux ne se font ils pas passer auprès des jeunes pour les plus sages et le jour où les jeunes commencent à douter, ne sont ils pas eux même déjà vieux et disposés à profiter de la légende?”

J’ai surtout aimé les chapitres qui nous raconte la jeunesse de William. On est dans une petite ville balnéaire où tout le monde se connait, où les touristes n’existent pas encore. On est au tout début du 20e siècle, la bourgeoisie campagnarde anglaise est très bien décrite par l’auteur, entre la hiérarchie sociale à respecter au pied de la lettre, entre le docteur, le pasteur, le vicaire et autre. William grandit auprès de son oncle et sa tante, qui ne supportent pas de voir leur neveu discuter avec des gens qui lui sont inférieurs. Une éducation que William met de coté lorsqu’il rencontre Driffield et sa femme la sulfureuse Rosie, qui sont socialement bien en dessous de son rang. Mais il  retrouvera les automatismes sociales de son oncle quand il reviendra en ville, à 50 ans passé, et qu’il dédaignera parler au fils du docteur de l’époque, devenue médecin à son tour.

Outre ces personnages très intéressants, William, Driffield, sa femme Rosie, outre l’analyse sociale des villages de province anglaise, l’auteur nous parle aussi beaucoup du processus de création et d’écriture, pourquoi un roman devient un succès, pourquoi un autre fait un flop. Pourquoi un écrivain passe de l’anonymat ou du rejet total à la postérité éternelle.

Je me suis laissée entrainée dans ma lecture, dans le début de ce 20e siècle encore coincé dans un carcan social sévère,  j’ai aimé voir le personnage principal prendre du recul, le voir analyser avec pragmatisme les épisodes de sa jeunesse qui l’ont passionné. Toujours un coté cynique et moqueur, et la fin m’a beaucoup plut.

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Pauline

de Alexandre Dumas

3.5/5

Alfred de Nerval, à l’abri du besoin avec l’héritage paternel, se charge de sa mère et sa sœur. Il part quelques temps en voyage en Normandie. Sur place, alors qu’il est sortie pêcher seul, une tempête le fait échouer sur la cote. Après avoir trouver refuge dans les ruines d’une église, le temps de passer la nuit, il découvre la jeune et jolie Pauline de Meulien, enfermée dans les geôles des ruines. Alfred connait Pauline pour l’avoir rencontrer deux ans plus tôt à un bal. Il aurait voulu l’épouser, mais à l’époque il n’avait pas encore la fortune qui lui permettrait d’oser faire sa demande. Que s’est il passer pour que Pauline, qui a épouser un certain Horace de Beuzeval, se retrouve enfermée dans une cellule abandonnée?

C’est mon 2e roman d’Alexandre Dumas, après les Trois mousquetaires. Ici, c’est Alexandre Dumas lui même qui raconte le début de l’histoire, comme personnage. Il rencontre alors à plusieurs reprises, lors d’un voyage en Italie, son très bon ami, Alfred de Nerval, avec une jeune femme mystérieuse qui lui rappelle une vague connaissance, qui ne se laisse pas approcher, et qui semble apeurée et affaiblie. Finalement, il retrouvera son ami Alfred un an plus tard qui lui racontera toute l’histoire. Comment  il est tombé fou amoureux de la belle Pauline de Meulien, comment il n’avait pas assez d’argent à l’époque, pour la demander en mariage. Il raconte son désarroi, quand il a su que la belle avait accepté la demande en mariage d’Horace de Beuzeval, comment il est alors partie en voyage, comment il a découvert que Pauline avait été enfermée dans une cellule, et qu’elle avait été déclaré officiellement morte par son mari.

A partir de là commence le sauvetage de Pauline. Alfred raconte comment il a sauver d’une mort affreuse et lente la pauvre Pauline, comment il a gagner sa confiance, leur fuite de France, et ensuite, le récit de Pauline elle même qui se met à raconter à Alfred, comment elle a rencontré Horace, comment il a réussi à la séduire pour finalement l’épouser et pourquoi son mari l’a condamnée à mort.

J’ai aimé certains passages très gracieux et bien écrit du roman. Notamment le début, quand Alfred raconte son aventure en bateau sur la cote normande. La description de l’orage, le naufrage, le refuge dans les ruines de l’église, la pluie battante puis la lumière éblouissante apporter par la pleine lune, on est dans un vrai roman romantique du 19e siècle.

On se laisse facilement emporté par le récit de Pauline, quand elle raconte sa vie, le contexte dans lequel elle rencontre le comte de Beuzeval. Là, on tombe vraiment dans le roman gothique, avec des manoirs lugubres, abandonnés, isolés, des serviteurs mystérieux, un mari plein de secret qui fait penser à barbe bleu, des meurtres, des enlèvements, des héros qui vous sauvent in extremis.

Ce coté gothique peut paraitre parfois too much, à la limite du ridicule. On peut pas dire que j’ai été fan du personne de Pauline. Elle a un comportement très crédible lorsqu’elle se réveille enfermée dans les sous sols des ruines, mais sa façon de gérer sa vie après son sauvetage est trop romantique, à se laisser aller dans une mélancolie trop poétique, on sent qu’elle perd la vie petit à petit. Aucune combativité, aucune tentative d’aller mieux, si ce n’est de se laisser aller. Aucune envie de vengeance, de colère, ça manque de réalité humaine. Mais au finale, j’ai beaucoup aimé ce roman, l’amour passif entre Alfred et Pauline, leur voyage, son sauvetage, le récit de Pauline quand elle raconte son mariage, la cruauté perverse du comte et de ses amis quand ils se retrouvent seuls. On a tous les ingrédients, des enlèvements, des meurtres, des voyages, des sauvetages, du romantisme exacerbé, de la mélancolie, des évanouissements, un vrai roman gothique.

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Un coupable presque parfait

de Robin Stevens

3/5

Dans les années 30 Hazel et Daisy sont deux ado scolarisées dans la prestigieuse école pour jeune fille, Deepdean, en Angleterre. Daisy, blonde, yeux bleus, teint de porcelaine, populaire et surtout très sur d’elle, et Hazel, chinoise, brune, très timide, n’avaient pas grand chose en commun et pourtant elles sont devenues les meilleures amies du monde. Un soir, alors que Hazel retourne dans le gymnase à la recherche d’un pull oublié, elle tombe sur le cadavre de Miss Bell, la professeur de sciences. Mais le temps de revenir accompagné de Daisy et d’une autre élève, le corps a disparu. Seule Daisy veut croire à l’histoire d’Hazel. Daisy décide donc d’enquêter sur le meurtre de Miss Bell et ça tombe bien puisque les deux jeunes filles viennent de créer leur propre club de détective.

J’en avais entendu du bien sur plusieurs blogs, et j’avais envie d’une lecture facile et légère. On plonge dans les années 30, dans un pensionnat pour jeunes filles en Angleterre. Tout est raconté du point de vue de Hazel, une chinoise origine d’Hong Kong, qui a été envoyé dans le pensionnat pour avoir une culture anglaise, volonté d’un père qui a lui même suivi des études en Angleterre et qui est tombé amoureux de la culture anglaise depuis. J’ai trouvé dommage que le coté asiatique de Hazel ne soit pas plus exploité, j’ai aimé les anecdotes d’Hazel concernant ses parents, entre un père très ouvert, amoureux de la culture anglaise au point de ne parler presque que en anglais chez lui, alors que sa mère ne comprend pas cette obsession et refuse de parler anglais comme son mari. Mais ce n’est pas le sujet du roman.

L’enquête policière est le centre de l’histoire, mais c’est aussi un roman sur l’amitié entre adolescentes. Daisy est maligne, belle, populaire, elle sait quoi dire ou quoi faire pour s’attirer la sympathie des élèves comme des professeurs. Hazel en parle avec lucidité. Pour elle Daisy est la parfaite jeune fille, quand il fait froid Hazel est couperosé, Daisy a les joues légèrement rosées, quand Hazel a un bouton d’acné sur le nez, Daisy n’en a jamais. Daisy est sur d’elle, toujours, alors qu’Hazel est maladroite et timide. Je n’ai pas trop aimé la relation entre les deux filles, il y a clairement un dominant et un dominé dans cette amitié. Daisy rabaisse souvent son amie, ne tient pas compte de ses remarques, est trop souvent hautaine, même si on devine que Daisy adore Hazel et qu’en cas de coup dure elle ne lui tournera pas le dos, mais je n’ai pas trouvé leur amitié attachante.

L’enquête policière avance de manière régulière et sans temps morts, mais on devine vite le coupable, et le pourquoi des crimes est assez banale et déjà vu cent fois, rien d’originale ou de surprenant. Je ne me suis pas attachée plus que ça aux personnages, même si j’ai un petit faible pour Hazel. Une lecture agréable mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

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Un train pour Ballarat

de Kerry Greenwood

3/5

Australie dans les années 20. Phryne Fisher est une riche héritière, belle, jeune, intelligente et fonceuse. Comme elle est complètement indépendante, elle mène la vie qu’elle souhaite, notamment en devenant détective privée. Alors qu’elle se rend à Ballarat en train, avec sa secrétaire Dot, tout le wagon première classe se retrouve asphyxié par du chloroforme. Phryne réussie à tirer la sonnette d’alarme et à briser les vitres. Une fois le train évacué, il manque un passager à l’appel, une vieille dame qui voyageait avec sa fille. On la retrouve assez rapidement, étranglée et bien abimée. La vieille dame n’était pas du tout sympathique, mais qui aurait pu lui en vouloir à ce point? Autre mystère, on retrouve dans le train une jeune fille de 12 ans, Jane, qui ne se souviens plus des derniers mois de sa vie. Phryne décide de mener l’enquête.

J’avais déjà lu le premier tome il y a quelques années. Je l’avais moyennement aimé, mais j’ai voulu redonner une chance aux livres. Cette série de romans policiers a été adaptée en série télé et j’avais beaucoup aimé le résultat. Au départ, je n’avais pas trop accroché, mais au bout de quelques épisodes, on s’attache vite aux personnages, aux décors et aux somptueuses tenues de l’héroïne. Comme pour le premier tome des aventures de Phryne Fisher, je n’avais pas trop aimé ce coté trop parfait de l’héroïne, qui a tout fait, tout appris, tout vu, tout visiter, c’est un peu trop surréelle pour une jeune femme des années 20. Mais la série a su donner à son héroïne quelques faiblesses, notamment quand elle doit se battre, ou encore concernant un passé trouble qui l’a touche et l’a traumatise encore aujourd’hui.

Dans le roman ce n’est pas le cas et c’est bien dommage. J’ai trouvé que l’auteur s’était un peu calmer dans la description qu’elle fait de son héroïne, par rapport au premier tome, où elle y allait avec ces gros sabots pour nous dire toutes les cinq pages, à quel point son héroïne est forte, intelligente, belle, débrouillarde. Mais ça reste tout de même très présent. Ainsi, au début du roman, quand tout le monde est victime du chloroforme, Phryne elle, a eut la force de tirer dans la fenêtre de son compartiment, de se lever pour abaisser toutes les fenêtres et de tirer tout le monde de sa torpeur. Ou encore cette discussion surréaliste qu’elle a avec un haïtien pro du vaudou qui essaye d’expliquer à Phryne la procédure pour désenvouter et qu’elle lui répondra qu’elle connait, elle a déjà voyager en Haiti, voui voui…

Dans le roman, Phryne sait tout faire, n’a aucune faiblesse ou lacune, ce qui l’a rend un peu trop froide pour le lecteur, on a du mal à s’attacher à elle et c’est dommage. Reste que j’aime toujours autant le personnage de Dot, le coté libérée de la maison avec le majordome et la cuisinière qui ne s’offusquent pas des mœurs de leur patronne. L’enquête policière est agréable à suivre, les rebondissements aussi, même si la fin est un peu précipitée, quelques pages de plus n’aurait pas été du luxe.

 

La main droite du diable de Ken Bruen

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4.5/5

On retrouve Jack Taylor dans son Galway natal, en Irlande. A la suite des évènements tragique dans la fin du tome précédent (Le dramaturge), Jack Taylor, détective privé à ses heures perdues, est en hopital psychiatrique, en mode légume. Finalement, grâce à quelques mots que lui diront un autre patient, Jack sort du brouillard et reprend sa vie là où il l’avait laissé. Plus d’alcool, et même plus de cigarette, c’est la révolution chez Jack Taylor. Il a même un peu de chance qui lui sourit. Mais voila que son ennemi de toujours, le père Malachy, vient lui demander son aide. Un prêtre vient d’être retrouver décapiter dans son église. Le père Joyce était soupçonné fortement d’être un pédophile. Malachy lui demande de retrouver le meurtrier et Taylor accepte, bien qu’il pense que ça risque de lui apporter des ennuis. Il croise également la route de Cody, un jeune homme persuadé d’être un Taylor plus jeune, et qui rêve d’ouvrir avec lui une agence de détective digne de ce nom.

J’adore Jack Taylor, cet homme trop écorché vif, trop à fleur de peau, qui ne laisse rien couler, qui est trop dans l’émotion, toujours dans la rage, la colère, le manque de retenu. Toujours dans l’alcool, la clope et même la drogue à un moment de son passé bien lourd. J’adore le suivre dans les rues de Galway, l’entendre décrire les irlandais, l’Irlande, sa météo, son caractère. J’aime le voir remarquer les changements et la modernité dans sa ville, pour le pire et le meilleur.

J’ai adoré les quatre premiers tomes, même si j’ai un gros faible pour le premier, Delirium tremens. Dans La main droite du diable, on commence comme souvent avec Taylor, par un Jack qui se sent mieux, qui fait des efforts, qui reste sobre. Souvent dans les romans de cette série policière, Jack finit par déraper, par se laisser submerger par ses émotions, par sa colère, et finit dans le fond d’une bouteille de whisky. Cette fois ci, ce n’est pas le cas, enfin Jack Taylor a réussi à vaincre un peu ses démons. Les occasions de replonger sont nombreuses pourtant, les tentations très présentes, mais Jack tient bon, car sa culpabilité est plus forte, il ne se pardonne pas les évènements horribles de la fin du tome 4. J’ai d’ailleurs mis du temps à digérer et à lire le tome suivant.

L’intrigue est intéressante, mais les anecdotes et témoignages des pauvres victimes du prêtre pédophile, qui sont maintenant adultes, c’est dure à lire, violent. Taylor nous raconte comment les prêtres et les nonnes étaient adulés, et comment les pauvres petites victimes ne pouvaient rien dire et de toute façon personne ne les entend.

Un excellent tome, avec un Jack Taylor qui doit rester sobre, plus pour certaines personnes qu’il espère voir aller mieux, que pour lui même. Comme d’habitude, c’est bourrer de références littéraires et musicales et ce style sobre, court, un humour noir et pleines de réparties cinglantes. J’ai beaucoup aimé son amitié avec le jeune Cody, et la fin m’a laisser encore une fois un peu traumatisé, mais cette fois ci, j’ai bien envie de lire très vite le tome suivant.

La fille au revolver de Amy Stewart

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4/5

1914, dans une petite ville de la cote est américaine, vivent les sœurs Kopp. Constance l’ainée de 35 ans, Norma sa cadette et Fleurette la petite dernière qui va bientôt fêter ses 16 ans. Les sœurs Kopp vivent isolées dans une ferme à l’extérieur de la ville de Paterson, au grand désespoir de leur frère ainé, Francis, qui aimerait bien voir ses soeurs venir s’installer chez lui et sa femme afin de garder un œil vigilant sur elles. Mais il n’en est pas question pour les sœurs Kopp, indépendantes et qui aiment leur liberté. Alors qu’elles se rendent en ville dans leur carriole, elles sont percutées de plein fouet par une automobile, conduite par un certains Henry Kauffman et ses amis. Constance réclame alors 50 dollars à Monsieur Kauffman, le prix des réparations de la carriole, mais ce dernier, patron d’une usine de soie, n’est pas d’accord. C’était sans compter l’obstination de Constance mais Kauffman avec sa bande de bons à rien, se met à harceler les sœurs Kopp et à leur envoyer des menaces en tout genres.

J’avais croisé ce roman à plusieurs reprises sur les blogs, et les avis m’avaient plutôt donnés envie. L’histoire des sœurs Kopp est tirée de véritables faits divers et de véritables personnages. Ainsi les trois sœurs Kopp ont réellement existé, elles ont vraiment fait l’objet d’harcèlement et de menace de la part de Kauffman et de ses acolytes. Certains autres personnages secondaires ont réellement existé aussi.

J’ai beaucoup aimé les sœurs Kopp. Elles ont chacune leur caractère et leur force, leur qualité et leur défaut. Constance l’ainée, qui se sent responsable de ces sœurs, à la particularité de mesurer 1,80m, ce qui pour l’époque devait être hors norme! C’est un personnage très attachant, elle est forte et déterminée, têtue, volontaire, mais à ses petites faiblesses, ses petites douceurs. Norma la cadette est  au final plus rude que sa soeur ainée, elle est plus acharnée et travailleuse que ses sœurs, c’est elle aussi qui apprécie le plus la vie à la ferme, et c’est une passionnée des pigeons voyageurs. Quant à Fleurette c’est celle qui a le plus de liberté dans le sens où elle est encore très inconsciente du danger. Elle est romantique, elle rêve d’aventure et de rencontres étranges, au grand désespoir de ces soeurs. Fleurette c’est aussi la plus coquette, elle adore les franfreluches, à un talent particulier pour la couture, et adore la danse et le théâtre. Chacune a un caractère bien trempée.

L’enquête criminelle n’est pas vraiment le plus intéressant du roman. L’histoire avec Kauffman permet de sortir les sœurs Kopp de leur torpeur, de leur petite vie monotone et sans saveur. Elles vont devoir sortir plus souvent de leur ferme, faire des rencontres, avoir des aventures palpitantes, apprendre à tirer au revolver. On en apprend beaucoup sur l’époque, les usines de soies de la région, le quotidien des ouvriers, les grêvistes, le système judiciaire, le système pénitencier, la technologie et les mœurs qui évoluent, l’image de la femme. C’est surtout ça qui m’a intéressé dans ma lecture, avec bien sur suivre le quotidien des soeurs Kopp, en apprendre beaucoup sur leurs origines et leurs passés.

Seul bémol, le livre est parfois, surtout dans sa seconde moitié, un peu répétitif, une menace de Kauffman, la réaction des soeurs Kopp, une visite chez le shériff pour en parler et retour case départ. Parfois, il y a certains épisodes qui ne sont pas utiles et une petite impression de tourner en rond, mais vraiment une ou deux fois, ce qui ralentit le rythme. Sur le site de l’auteur, on trouve des photographies d’époque sur lesquelles on peut voir les soeurs Kopp ou encore le shérrif Heath. Un 2e tome est sortie, j’attendrais qu’il sorte en poche pour le lire, en espérant ne pas trop attendre, car je me suis vraiment attachée aux sœurs Kopp!