Un intérêt particulier pour les morts

de Ann Granger

3.5/5

Elizabeth Martin débarque un beau matin à Londres, en cette fin du 19e siècle. Originaire du nord de l’Angleterre, elle était autrefois la fille du docteur du village, le seul qui soignait avec bon coeur les mineurs de charbon, trop pauvres pour payer un médecin. Mais Lizzie Martin a du faire face aux dettes accumulées par son père et ses actes de bonté et de charité, après sa mort, et la voilà qu’elle doit accepter une place de dame de compagnie auprès de la femme de son défunt parrain. Mais à peine est elle arrivée à Londres, qu’elle croise l’évacuation du cadavre d’une jeune femme, sortie des décombres du chantier de la futur gare londonienne St Pancras. Elle découvre très vite qu’il s’agit de la dernière dame de compagnie de sa marraine, celle qui l’a précède dans ce poste, et qui avait mystérieusement disparus quelques semaines plus tôt.

J’en ai entendu parler sur le blog de Adalana durant le mois anglais en juin dernier, et son avis m’a donné envie de découvrir ce roman. Ann Granger nous plonge dès les premières lignes dans le Londres victorien de la fin du 19e siècle, à travers le personnage de Lizzie Martin, cette fille de docteur de province du nord de l’Angleterre, originaire d’une région minière. Elle débarque à Londres pour faire ses débuts de dame de compagnie auprès de Madame Parry la femme de son défunt parrain. Si Lizzie a eu une bonne éducation, un peu libre et un peu anarchique, et si elle possède une solide culture, elle n’a plus le moindre sou, son père étant un homme généreux qui a trop souvent aider les plus démunis au lieu de penser à l’avenir.

Le roman nous parle aussi au travers du regard de l’inspecteur Ben Ross, qui fut autrefois fils de mineur et qui était destiné à faire comme son père, mais qui a eut la chance de bénéficier de l’aide de Monsieur Martin et de pouvoir faire des études. Les deux personnages au passé commun, vont se retrouver autour d’une enquête policière, suite au meurtre de l’ancienne dame de compagnie de Madame Parry.

Les chapitres alternent les point de vue de Lizzie et de l’inspecteur Ross, chaque point de vue faisant évoluer l’enquête et nous présente les personnages qui entourent nos deux héros, Madame Parry la marraine porter sur les affaires juteuses et les pâtisseries, Franck son neveu, ambitieux et arrogant mais très drôle aussi. Certains personnages sont bien intégrés à l’intrigue comme Franck, Madame Parry, mais certains autres personnages sont prometteurs mais vite oubliés, comme Wally le cocher, qui aura son importance dans la première moitié du roman et qui disparaitra par la suite, tout comme certains membres des employés de maison, qui seront bien dessinés mais dont les finitions laissent à désirer.

J’ai beaucoup aimé découvrir petit à petit le passé de Lizzie et de Ben, leurs enfances, et les épreuves qu’ils ont vécut. Je suppose qu’on en apprendra un peu plus dans les autres tomes.

Lu dans le cadre de  A year in England

https://plaisirsacultiver.files.wordpress.com/2015/07/logo2.jpg

Toxic blues

de Ken Bruen

4/5

coup de coeur

Jack Taylor est de retour dans sa ville adorée, Galway, après quelques mois d’exil à Londres, qui ne lui auront pas du tout réussi, puisque voilà que notre détective amateur irlandais est devenu accroc à l’héroine en plus de sa dépendance à l’alcool. Il n’a pas finit de terminer son premier verre dans son bar préféré, qu’il se fait déjà aborder par Sweeper, un tinker (sorte de gitan local), qui lui demande son aide pour découvrir qui se cache derrière les meurtres violents et sadiques qui frappent sa communauté. Taylor se laisse convaincre et commence son enquête.

J’étais très contente de retrouver Jack Taylor, ce détective ex policier, alcoolique, nouvellement accroc à la drogue, qui vient de passer quelques mois à Londres pour son plus grand malheur. Toujours aussi accroc à la bouteille, toujours aussi accroc aux romans et à la lecture, en particulier les romans policiers noirs, toujours d’une humeur inégale, entre espoir et bonne humeur et mélancolie désespérée.  On retrouve les personnes (encore en vie ) qu’on a croisé dans le premier tome, Cathy l’ex punk enceinte, Jeff le barman, le pilier du bar, mais on fait aussi connaissance de Sweeper, ce leader tinker charismatique et mystérieux, qui se prend d’affection pour Taylor, ou      , flic londonien rencontré pendant son exil et qui vient lui rendre une visite.

On a droit aux habituels passages à tabac que le pauvre Taylor subit, comme d’habitude, je dois dire que je suis impressionnée par son degré de tolérance vis à vis de la violence qu’il subit, des dents qui volent, des coups dans le dos, des coups dans le nez, ça en plus de ces cuites mémorables qui le laissent dans un état second et une hygiène de vie bien mauvaise, c’est étonnant de le voir reprendre le dessus rapidement, à cinquante ans.

Les réparties sont toujours aussi cinglantes, j’ai apprécié les références littéraires et les citations de romans, j’ai adoré le voir reprendre en main sa bibliothèque, j’aime toujours autant son humour cynique et violent, sa vision noir du monde, son fatalisme, mais aussi son humanité et sa sensibilité, lui qui ne s’attache à aucun bien matériel, mais qui prend toujours les plus faibles sous sa protection, sans hésité à se mouiller le pantalon.

En bref, encore une enquête mener de manière bancale. Encore pas mal de violence, encore un Jack Taylor à la vie dissolue, encore de l’alcool, de la drogue, de l’humour  noir, mais jamais de situations dramatiques ou de personnages dépressifs.

 

N ou M

d’Agatha Christie

3.5/5

Les Beresford se font vieux, en tout cas c’est que leur dit les services secrets alors que la seconde guerre mondiale vient d’éclater et qu’ils aimeraient bien servir leur pays comme ils l’avaient servi durant la première guerre mondiale. Mais tout le monde estiment que des vieux de leur ages feraient mieux de rester à l’abri chez eux, que ce soit les dirigeants des services secrets auxquels ils ont appartenu ou leurs enfants devenus grands. Finalement, alors qu’ils dépriment et se demandent s’ils sont vraiment si vieux que ça, on fait appel à eux. Envoyés sous une fausse identité dans un tout petit village côtier, dans une pension, les Beresford sont sensé démasquer des agents doubles cachées parmi les pensionnaires et qui espionneraient pour le compte des allemands. Les Beresford vont donc rencontrer la propriétaire et sa fille, un allemand réfugié, une jeune femme et son bébé, un vieux couple, une vieille dame veuve, un colonel à la retraite…

Je n’avais jamais lu de roman mettant en scène les Beresford, et j’ai plutôt aimé ma lecture. L’intrigue est assez classique, démasqué un traitre qui se cache dans une pension au milieux de gens tout à fait ordinaires. L’intrigue et les rebondissements sont intéressants mais un peu évidents et sans grande surprise.

Ce qui m’a beaucoup par contre, dans ce roman, c’est les Beresford. Le couple est très attachant, très drôle, l’humour anglais est partout, les dialogues et les petits pics qu’ils s’envoient m’ont fait souvent rire, rien que pour ça, je lirais bien d’autre romans mettant en scène le couple d’espions!