Le médecin d’Ispahan

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de Noah Gordon

2.5/5

Rob est un jeune enfant de 9 ans, qui vit dans le Londres médiéval du 11e siècle. Étant l’ainé, il s’occupe de ses deux plus jeunes frères et de sa petite sœur tandis que ses parents s’acharnent à ramener de quoi manger chaque soir, entre une mère aimante qui vend des broderies, et son père menuisier qui peine à trouver du travail. Rapidement, Rob se retrouve orphelin. Sa mère d’abord qui meurt des suites d’un accouchement difficile et de son père ensuite, mort de fatigue et de maladie. La guilde, organisation qui s’occupe des menuisiers et de leurs familles, dispatche les enfants dans différentes familles, ou en apprentissage, tandis que Rob est “confié” à un barbier chirurgien, les médecins de l’époque. Ce dernier avait besoin d’un apprenti et Rob est déjà bien content de ne pas avoir été vendu comme esclave pour rembourser les frais d’enterrement de ses parents. Il quitte donc Londres et part de ville en ville avec son nouveau Maitre qui lui apprend les quelques rudiments de médecine qu’il connait, mais il doit aussi faire le show dans les villes qu’ils visitent, savoir jongler, distraire et vendre l’élixir maison sensé guérir tous les maux mais qui n’est rien d’autre qu’un alcool artisanale. En grandissant, Rob développe le désir de devenir médecin, jusqu’à ce que ça devienne une obsession. Une fois adulte, doué dans son travail, il décide de traverser le monde pour se rendre à Ispahan, l’un des rares endroit à enseigner la vraie médecine.

J’ai croisé à plusieurs reprise ce roman dans les rayons des librairies et j’ai fini par lire quelques avis sur des blogs avant de me décider à l’acheter. Les différents avis étaient plutôt positifs même si personne n’avait eu de coup de cœur.

Finalement, les 583 pages auront été facile à lire, l’écriture est fluide et les pages tournent rapidement. Le coté historique est assez intéressant, on plonge dans l’histoire d’Ispahan, le chah, les mullahs, la loi et la justice, les différents quartiers selon les ethnies, et bien sur l’école de médecine dirigée par Ibn Sina plus connu en Europe sous le nom d’Avicenne, qui fut l’un des plus grands scientifiques de son époque. On suit le jeune Rob dans bien des aventures et des voyages, de l’Angleterre moyenâgeux, où la chasse aux sorcières est courante, l’ignorance reine, et la misère trop souvent rencontrée, à Ispahan, riche en couleurs, en savoir, en connaissances, en odeurs et épices, en soleil et chaleur, en passant par la longue caravane qui fera passer Rob par la France, avant de passer l’hiver dans un village juif où il en profitera pour apprendre le persan et les pratiques juives.

Dis comme ça, le roman avait de grande chance de beaucoup me plaire, j’adore les romans d’aventure historique dans lesquels on voyage au coté d’un personnage qui évolue au fil des rencontres qu’il fait. Mais en réalité ce fut un peu la douche froide. Le roman se divise en plusieurs parties, son enfance et adolescence en Angleterre auprès du barbier chirurgien qui va le former, son voyage jusqu’en Perse, son apprentissage à Ispahan. Si on apprécie pas tant que ça le roman, c’est sa froideur. Pendant tout le roman on ne s’attache pas aux personnages. L’écriture y ait pour beaucoup, l’auteur décrit ses personnages, les drames qui les touchent, les évènements de manière détaché et sans émotion. Il passe d’ailleurs parfois très vite sur certains sentiments ou émotions qui sont sensés être important. On a presque une impression de synthèse dès qu’il s’agit des émotions, du caractère de ces personnages, comme si l’auteur manquait d’empathie, qu’il écrivait de manière très distante et détaché, alors qu’il apporte parfois beaucoup de précision et de détails concernant des techniques médicales ou les pratiques et traditions juives. Ce coté très détaillé ne m’a pas intéressé non plus. Autant les pratiques médicales peuvent être intéressante à lire dans une certaine mesure, autant les nombreux détails technique sur les pratiques et traditions de la religion juive sont lourds à lire, parfois ennuyant.

On a l’impression de ne pas lire un roman. Finalement il me faudra environ 550 pages, pour me sentir un peu proche de son héros Rob, et des personnages qui l’entourent comme Mary. Ce n’est que vers la fin que je me suis un peu attaché à eux, mais sans plus. Alors que le roman aurait pu dégagée une belle chaleur, notamment l’amitié entre Rob et Mirkin qui aurait pu être une belle histoire mais qui reste encore une fois froide et mal développée. L’histoire d’amour entre Rob et Mary est tout aussi froide que le reste, et les scènes entre les deux personnages sont décrites un détachement comme j’en ai rarement vu, comme si il décrivait encore une autre technique médicale.

En bref, un roman facile à lire, une écriture fluide, une histoire qui aurait pu être passionnante, mais aucune émotion qui se dégage des personnages ou de l’histoire, une impression de lire un manuel, j’ai refermé le roman soulagé, j’ai même pensé à abandonner la lecture. Si vous voulez vous évader à Ispahan, je vous conseille plutôt le roman de Jean Christophe Ruffin, Sauvez Ispahan.

Dernières lectures: Les délices de Tokyo et Kayla Marchal l’exil

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De Durian Sukegawa

4/5

Sentaro est gérant d’un petit boui boui qui vend des dorayakis, des petites crêpes japonaises fourrées à la pâte de haricot confit. Il gère les lieux pour le compte d’un patron envers qui il a une dette. Un jour, une vieille dame, Tokue, se présente et se propose pour être engagée comme aide aux cuisines. Au début, Sentaro ne l’engage pas, la dame est vieille et n’a pas l’air bien solide, et ses mains toutes recroquevillées ne plaident pas en sa faveur. Mais après qu’elle lui ai fait gouter à sa pâte de haricots confits qu’elle confectionne elle même, Sentaro est convaincu: Tokue est engagée et viendra un matin sur deux pour lui apprendre et l’aider à faire les haricots confits, processus qui prend plusieurs heures. Dès lors, les ventes explosent et la clientèle augmente.

J’avais vu le film il y a quelques semaines, et j’avais adoré, alors quand j’ai vu que c’était adapté d’un roman, j’ai pas hésité. Le roman reprend donc la trame du film, Sentaro qui vend des dorayakis pour le compte d’un patron envers qui il a une dette. Il rencontre Tokue, vieille dame qui sait confectionner de la pâte de haricot confit comme personne et qui va transmettre son savoir à Sentaro. Au fil des pages, on découvre de Tokue a souffert dans sa jeunesse de la lèpre et à travers son personnage et son histoire, on découvre comment la lèpre a touché le Japon après la seconde guerre mondiale, et comment les malades étaient traités. Emmener dans des sanatoriums, on traitait les malades comme de vrais prisonnier. Ils avaient interdiction de sortir du camp, coupaient tout les ponts avec leurs familles pour qui ils étaient une honte, les malades se voyaient attribués de nouveaux noms et prénoms et toutes leurs affaires étaient brûlés à leur arrivée. Tokue raconte son histoire, son arrivée au sanatorium à l’âge de 14 ans, son mariage avec un autre malade qui sera stérilisé pour qu’il n’y ait pas d’enfant, son absence totale de contact avec sa mère, qui l’accompagna en pleure sur le quai qui l’emmenait au sanatorium de Tokyo.

J’ai adoré le roman, qui se concentre plus que le film sur la destinée des malades de la lèpre au Japon, ceux qui étaient touchés que légèrement, ceux qui conservaient de graves séquelles, la joie que les ex malades, guéri depuis longtemps, ont ressenti lorsqu’en 1996, la loi de confinement des anciens malades a été abrogée, et leur tristesse quand ils se sont rendus compte qu’à leur âge, ils ne pouvaient plus espérer ni reprendre contact avec leurs familles, ni refaire une vie en dehors du sanatorium.

L’apprentissage des haricots confits ne représente qu’une petite partie du roman, c’est plus une métaphore d’apprentissage de la vie. Tokue essaye de transmettre à Sentaro qui pourrait être son fils et à Wakana qui pourrait être sa petite fille, les leçons de vie qu’elle a apprise dans sa dure existence. C’est d’ailleurs dommage que dans le roman, la relation entre Tokue et Wakana ne soit pas plus développé, elle l’est est peu plus dans le film, car dans le roman, c’est surtout le point de vue de Sentaro qui est mis en avant, du coup on approfondie pas le personnage de Wakana suffisamment.

La première moitié du roman est parfois un peu étrange dans sa construction, dans les mots choisis, comme si la traduction du japonais au français nous fait perdre un peu de la poésie ou de la qualité d’écriture. La seconde moitié est mieux écrite, et la fin poignante, avec les déclarations de Tokue, les visites de Sentaro et Wakana au sanatorium, et les dernières pages sont très touchantes, pleines de poésie et de douceurs. Un jolie roman.

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de Estelle Vagnier

3.5/5

Kayla Marchal est une jeune morph, c’est-à-dire une humaine capable de se changer en animal et dans son cas, en loup. Les morph vivent répartis en clans et meutes, chaque clan vivant selon leurs propres règles. Kayla n’a pas connu sa mère, morte assassinée quand elle avait un an, et a été élevée durement par son grand père, le chef de meute, l’alpha. Mais alors que tous les autres membres de la meute se sont transformés en loup dès la puberté, Kayla n’a toujours pas réussi. Depuis elle est au mieux ignorée au pire battue par ses pairs. Pour son 18e anniversaire Kayla est mise à la porte par son grand père, qui décide qu’elle ne peut plus vivre parmi eux tant qu’elle n’aura pas réussi à se métamorphosée en loup. Se sentant trahie par sa seule famille, Kayla n’a pas d’autre choix que de prendre la route. En s’arrêtant en ville, elle fait la connaissance d’une nouvelle meute et décide de rester. Elle fait alors la connaissance d’autre morph.

J’ai découvert ce titre d’urban fantasy sur amazon, et après avoir lu quelques avis positifs, je me suis lancée. C’est écrit par une française et j’aime bien donnée une chance aux écrivains français dans le domaine de l’urban fantasy ou du fantastique, on a parfois de bonnes surprises.

Ici au départ, on ne sort pas trop des sentiers battus, un monde de morph (ou changeforme), des clans, des meutes, une héroïne jeune et jolie un peu naïve et un triangle amoureux en apparence.

Mais pas d’inquiétude, finalement je ne trouve pas que l’auteur soit tombé dans le piège du triangle amoureux et c’est tant mieux. Car même si les trois héros masculins sont décrits comme de vrais apollons, Kayla ne ressent rien pour deux d’entre eux, et c’est assez vite que le lecteur s’en rends compte.

J’ai beaucoup aimé finalement. L’univers est bien décrit, bien maitrisé par l’auteur, les clans, les meutes, la mythologie et l’histoire de ce peuple qui vit parmi les humains ou pas, sans pour autant se mélanger. Ce premier tome présente cet univers et ces caractéristiques, son passé et ses conflits intérieurs. Il présente aussi les personnages et si j’ai adhéré dès les premières pages à ce roman, c’est surtout pour son héroïne, Kayla, qui m’a plut. Elle n’est pas une pauvre jeune fille sans défense qui doit toujours être sauvée in extremis par de beaux mâles en puissance, en tant que morph elle a une force supérieur à la majorité et en tant que futur Alpha, elle a une puissance souvent supérieur aux communs des morph. C’est elle qui raconte l’histoire, elle a de l’humour, de la répartie, mais n’est pas sans défauts, car la belle Kayla n’est quasiment pas sortie de son clan durant ces 18 premières années, et coté relationnel elle n’est pas très douée.

Alors évidemment elle n’est pas très douée pour communiquer avec les garçons, elle perd souvent tous ses moyens. Mais j’ai justement aussi beaucoup aimé sa fraicheur, son naturel, son manque d’assurance, ses maladresses, après tout elle a 18 ans tout juste et ne connait pas grand-chose du monde extérieur.

C’est un roman qui se lit facilement, l’auteur ne s’embête pas de descriptions lourdes, juste ce qu’il faut, il y a de nombreux rebondissements plus ou moins importants, souvent de l’action, toujours bien écrit, et les dialogues sont souvent drôles. Bref, je l’ai lu en une nuit et une matinée, je l’ai commencé  à 00h30 je me suis arrêtée à contre cœur à 5h du matin et heureusement pour moi on était vendredi soir, donc après une grasse matinée je me suis remise à la lecture pour terminer ce roman assez vite.

Ce n’est pas souvent que je tombe sur un roman qui me tient en otage comme ça, pour qui je n’arrive pas à reposer le livre, avec les pages qui tournaient presque toutes seules. Bon après ce n’est pas le roman du siècle, mais c’est une histoire qui m’a beaucoup divertie, qui m’a bien changé les idées, et ce sont des personnages pour lesquels je me suis tout de suite attachée et que j’ai eu un peu de mal à quitter. La fin du roman nous fait bien comprendre que l’ont vient de voir seulement le haut de l’iceberg concernant le monde des morphs et des clans, et que toute une histoire bien plus importante se joue. J’ai vraiment hâte de lire la suite et de retrouver cet univers, en espérant que l’auteur garde la même fraicheur, et ne noircisse pas trop l’univers et la destinée des personnages comme c’est souvent le cas dans la fantasy que j’ai pu lire jusqu’ici. Le roman n’est paru que début avril, donc je me doute que je ne lirais pas la suite dans les semaines à venir, en espérant que l’auteur à déjà écrit le second tome, à suivre…

 

Lady Susan

de Jane Austen

4/5

Lady Susan, jolie veuve de 35 ans, est une véritable peste, hypocrite et menteuse, et adore faire tourner son monde en bourrique. Avec son jolie minois, la société est prête à lui décrocher la lune, surtout les hommes, alors qu’en réalité, Lady Susan n’est que mépris, condescendance et haine. Après avoir séduit le mari du couple qui l’a accueilli durant quelques mois, Lady Susan décide de rendre visite à son beau frère.

ça faisait longtemps que je ne m’étais pas plongé dans les romans de Jane Austen, le mois anglais m’a permis de le faire. Je n’ai toujours pas lu Mansfield park, j’ai préféré d’abord me lancer dans Lady Susan.

J’ai beaucoup aimé ce court roman, écrit par l’auteur dans sa jeunesse et laissé de coté. Il a finalement été publié après sa mort. D’après une note de l’éditeur, Lady Susan a été laissé de coté par l’auteur, qui espérait le réécrire sous une autre forme que épistolaire.

Le roman m’a beaucoup fait penser aux liaisons dangereuses, cette femme qui arrive par sa beauté et son charme légendaires à séduire n’importe qui, et à faire oublier tous les témoignages négatifs énoncés par les précédentes victimes de Lady Susan. C’est le cas de Réginald, le frère de madame Vernon, la femme du beau frère de Lady Susan. Les lettres que s’envoient Lady Susan et sa confidente, la seule personne avec qui elle se montre sous son vrai jour, et parle honnêtement de ses sentiments et de ces intentions. Ces lettres sont cyniques et on peut voir tout le coté sournois de Lady Susan. Dans les lettres de Madame Vernon avec sa mère, elle nous montre qu’elle comprend le jeu de Lady Susan et sa fausseté, toujours à se cacher derrière un visage et des manières charmantes. L’enjeu du roman c’est Frédérica, la jeune fille de Lady Susan, qui a toujours été négligé par sa mère mais qui s’y intéresse enfin, maintenant que sa fille à 16 ans, elle veut un mariage riche pour elle, afin d’en profiter aussi sans pour autant devoir se remarier. Car Lady Susan est avant tout une femme indépendante et libre, et qui n’a pas envie de s’enchainer à nouveau à un mari.

En bref, un court roman qui se lit vite, les lettres sont passionnantes et tellement bien tourner que je pouvais voir dans ma tête les scènes s’enchainer, on a presque pas l’impression de lire seulement une simple succession de lettres, elles sont bien explicites, et le lecteur connait parfaitement chaque personnages, même ceux qui n’écrivent pas de lettres eux même.

Une adaptation cinéma va bientôt sortir, et c’est étonnant qu’il n’y ait pas eu de version ciné ou télé avant, car Lady Susan est tellement bien écrite, dans ses personnages et leurs sentiments, que les scénaristes n’auront pas besoin de beaucoup de boulot pour en faire un scénario assez étoffé. Hâte de voir ce que va donner cette adaptation.

Lu dans le mois anglais

 

Ecrits fantômes de David Mitchell

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4,5/5

Écrits fantômes nous raconte l’histoire de différents personnages du Japon à New York, en passant par Londres, la Mongolie, Saint-Pétersbourg, Hong Kong, l’Irlande…Chaque personnage, plus ou moins importants, interagissent sur le destin d’autres personnages. Ils s’entrecroisent, au présent, dans le futur, ou dans le passé. Le business man Neal qui pète un câble, le terroriste Quasar qui répand un gaz mortel dans le métro de Tokyo, le passionné de jazz Satoru qui tombe amoureux, un être incorporel qui s’amuse à transmuter dans différents personnages à travers la Mongolie à la recherche d’un conte perdu, une surveillante de l’ermitage à Saint-Pétersbourg qui se laisse entrainé dans des arnaques de haut vol, un play boy londonien à la vie marginale, la scientifique de renommée mondiale, Mo, qui fuit ses employeurs, l’animateur de radio new-yorkaise qui entretient une conversation intéressante avec ce qui semble être une intelligence artificielle….

C’est officiel, David Mitchell fait partie de mes auteurs préférés, c’est certain. Après La cartographie des nuages, puis les 1000 automnes de Jacob de Zoet que j’ai adoré, je me suis plongée dans l’un des deux autres romans de l’auteur qui ont été traduits en français, Ecrits fantômes, son premier roman.

C’est un roman vraiment surprenant, découpé en plusieurs parties, chacune racontant l’histoire d’un personnage, dans un lieu différent. Chaque partie est prenante, chaque histoire est fascinante, et les personnages tous complexes et importants, même les plus insignifiants. J’ai été transporté à Okinawa dans la fuite d’un terroriste, qui croit dure comme fer aux croyances de sa secte, j’ai adoré rencontrer le jeune Satoru à Tokyo, musicien et passionné de jazz qui tombe amoureux d’une métisse moitié chinoise moitié japonaise, j’ai particulièrement été passionnée par l’histoire de la petite chinoise, qui tient une hutte à thé et qui voit passer du haut de sa montagne sacrée, l’histoire de la  chine sur cinquante ans.

C’est parfois très surprenant, comme de suivre cette entité spirituelle, cet être non corporel passer d’un corps à un autre, traverser la Mongolie, à la recherche d’un conte mongol ancestral qui pourrait être l’origine de son existence.

Les choses prennent une ampleur plus dangereuse, avec la scientifique Mo Muntervary qui se réfugie sur son île irlandaise, avec un dilemme entre avancée scientifique et responsabilité quant aux répercutions possibles.

Certains éléments raccordent les différentes histoires, ainsi Mo est l’héroïne du chapitre Clear island, mais apparait en tant que figurant dans la partie Londres. La vie de Neal, le héros de la partie Hong Kong, aura d’énormes conséquences sur la vie d’autres personnages dans d’autres chapitres, chaque histoire de chaque chapitre nous semble indépendant sans relation, mais dans le suivant, les ramifications se font.

J’ai adoré voir apparaitre en clin d’œil des personnages qui deviendront les héros de Cartographie des nuages, comme Tim Cavendish ou Louisa Rey. Il y a aussi une fameuse comète qui apparait dans le ciel et que quasiment tous les personnages remarqueront, sans compter que pas mal des protagonistes ont un tatouage en forme de comète comme ce fut le cas dans Cartographie des nuages. Tous prend sens au final.

Je n’ai donc qu’une envie c’est de me lancer dans les autres romans de David Mitchell, Number9dream qui n’a pas été traduit, et Le fonds des forêts, en attendant la sortie du prochain roman de Mitchell, The bone clocks.

Druide d’ Olivier Peru

De Olivier Peru

3.5/5

En l’an 1123 après Le Pacte, les deux royaumes des hommes vivent dans une paix relativement fragile: Le Sonrygar, à l’ouest et le Rahimir à l’est, séparé par la cicatrice, une énorme faille millénaire qui se creuse au milieu du continent. Seul  le territoire de la forêt au centre reste neutre, peuplé par les druides, connus pour leur sagesse, leur don particulier et leur droiture. Alors qu’un crime horrible est perpétré à Wishneight, un fort isolé du royaume du Sonrygar, le druide Obrigan et ces deux apprentis, sont envoyés sur place pour enquêter. Même les plus valeureux des soldats du sonrygar ne peuvent rester insensible face à l’atrocité des meurtres et à l’état des cadavres. Le roi du Sonrygar est persuadé qu’il s’agit de l’œuvre de son ennemi de toujours, le roi du Rahimir, et donne 21 jours à Obrigan pour prouver le contraire, sans quoi, les deux royaumes entreront en guerre.

J’en avais entendu parler sur le blog de Faelys, et son avis m’avait donné envie de me lancer. Au départ on peut penser qu’il s’agit d’un roman classique de fantasy, un univers proche du moyen age, deux royaumes ennemis, des druides au milieu, et puis finalement, l’univers créer est bien plus originale et profond qu’il n’y parait. Certains personnages restent clichés, notamment le roi du Sonrygar, têtu, hautain, royale, mais qui s’avère bien plus chaleureux et sympathique dans le privée.

j’ai beaucoup aimé découvrir cet univers, suivre Obrigan quitter sa forêt, son domaine de paix et de tranquillité pour se rendre dans le monde des hommes qui n’est que guerre et conflits.  Mais le roman est plus gore et horreur que fantastique, pas de magie, pas d’elfes, seulement le don développer par les druides qui leur permettent de lancer leurs esprits pour contrôler dans une certaine mesure les animaux, ou pour ouvrir leurs sens à un monde imperceptible pour les humains lambda.

On découvre petit à petit les différents ordres des druides, leurs fonctionnement, leurs règles, leurs lois, leur foi. J’ai beaucoup aimé la première partie, voir Obrigan avec ces deux apprentis Kesher et Tobias, faire leurs connaissances, découvrir la personnalité complexe de Jarekson, le roi du Rahimir, ou encore d’Arkantia, après qu’elle est vécu une expérience bien étrange.

Le roman est parfois sanglant avec les descriptions des cadavres laissés par un ennemi invisible, ou les démonstrations de force dans la seconde moitié du livre, alors que la forêt est en état de siège. L’ambiance est prenante, l’intrigue aussi et on est de plus en plus pressé de connaitre le fin de l’histoire au fur et à mesure qu’on en apprend.

En bref, sans être un coup de cœur, Druide est une histoire prenante, et des personnages intéressants. Durant toute ma lecture, je me suis souvent répété que ça ferait un très bon film plein de suspense, de révélations, de rebondissements, voir une mini série. La lecture est très visuelle et agréable, les pages tournent toutes seules, et j’ai été bien contente de faire la connaissance de certains personnages, notamment Obrigan.