Un homme très recherché

Un Homme très recherché : Affiche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

de  Anton Corbijn

Philip Seymour Hoffman, Rachel McAdams, Robin Wright, Willem Dafoe, Grigori Dubryguine

3.5/5

A Hambourg, Gunther Bachman fait partie d’une agence d’espionnage allemande clandestine. Alors qu’il surveille les activités du milieu islamique, son chemin croise celui de Issa, un tchétchène qui vient d’arriver en ville et qui semble suspect à son équipe. Aidé par des gens qui le prenne en pitié, il contact une avocate, Annabel Richter, pour l’aider à contacter un grand banquier qui fut autrefois en contact avec son père. Gunther comprend vite que Issa n’est pas un futur terroriste, mais il décide se servir de lui pour atteindre un suspect intéressant. Il n’a donc aucun scrupule pour atteindre son objectif, ni envers les innocents ni envers les autres organismes d’espionnage, allemand et surtout américain.

Un Homme très recherché : Photo Philip Seymour Hoffman

Je n’ai jamais lu les romans de John Le Carré, mais il faut dire que les films adaptés de ces romans sont en générale très bons. J’avais apprécié the constant gardener, j’avais beaucoup aimé le tailleur de panama, mais surtout j’avais adoré La taupe.

A l’instar de La taupe, plus que l’histoire en elle même , ce sont surtout les personnages qui sont très intéressants, ce sont eux qui sont mis en avant. Et contrairement à la taupe, ici l’histoire reste bien moins compliqué, il fallait quand même suivre et pas se disperser devant la taupe!

Un Homme très recherché : Photo Philip Seymour Hoffman, Robin Wright

Un Homme très recherché : Photo Philip Seymour Hoffman

Évidemment, Philip Seymour Hoffman est le grand intérêt du film. Il joue Gunther, cet espion qui se retrouve à Hambourg à surveiller le milieu islamique, un vieux loup de mer, qui a rouler sa bosse à travers le monde, qui possède un recul précieux dans la lutte anti terroriste, qui sait doser les actes répréhensibles pour atteindre son but tout en sachant rester humain, notamment quand il faut savoir faire la différence entre les innocents, et les véritables cibles. J’ai beaucoup aimé son personnage, blasé, sans illusion, qui connait trop bien le monde de l’espionnage et qui malgré des trahisons passées par les américains, retombe dans les même pièges. Philip Seymour Hoffman est excellent dans ce film, surtout dans la scène finale où les dernières illusions s’envolent.

Un Homme très recherché : Photo Grigoriy Dobrygin, Rachel McAdams

Les seconds rôles sont aussi intéressants, avec Issa, ce Tchétchène qui hérite de plusieurs millions d’euros de son père russe et qui n’en veut pas le considérant comme sale, Annabelle (MacAdams) la jolie avocate aux principes pacifistes mais qui devra mettre de l’eau dans son vin ou encore Sullivan (Robin Wright), en agent de liaison avec la CIA qui derrière un visage d’ange cache ses véritables intentions comme dans son rôle de Claire Underwood dans House of cards d’ailleurs.

Un Homme très recherché : Photo Rachel McAdams, Willem Dafoe

Un Homme très recherché : Photo Philip Seymour Hoffman

En bref, un film d’espionnage réaliste et loin des scènes d’action ébouriffantes. Le film dénonce l’absurdité des décisions des organismes d’espionnage, leur manière de se marcher dessus, une lutte inter agence, plus qu’une lutte réelle contre le terrorisme, juste un besoin d’arrêter n’importe qui pour faire plaisir aux supérieurs hiérarchiques, sans chercher à véritablement régler les vrais problèmes. Un système absurde tenu par ce qui reste être de simples fonctionnaires au final. Le film n’est pas sans lenteur, mais il vaut vraiment le détour ne serait-ce que pour la présence de Philip Seymour Hoffman vraiment excellent, quel dommage qu’il soit parti si tôt…

House of cards saison 1 et saison 2

Voilà, j’ai enfin terminé les deux saisons de House of cards.  J’avais commencé la série au début de sa diffusion, j’avais les vu les trois premiers épisodes, puis allez savoir pourquoi, occupée à autre chose, j’ai un peu laisser les choses de coté! Je me suis remise à la série cette été, et en juillet, la saison 1 était bouclée, puis en aout la saison 2.

Photo

L’histoire est celle de Frank Underwood, un député démocrate, qui a fait élire grâce à son influence au congrès, le nouveau président des Etats Unis. Alors qu’il s’attend à obtenir le poste promis en récompense, secrétaire d’état aux affaires étrangères, il a la mauvaise surprise d’apprendre que le président n’honorera pas sa promesse, et donne le poste à quelqu’un d’autre. Il décide alors, avec sa femme Claire, de tout faire pour se venger de cette administration et de monter en grade à la maison blanche.

Photo Kevin Spacey, Michel Gill

Tout de suite j’ai été emballée par cette série. L’histoire est prenante, les imbroglio politiques sont intéressants, les manipulations, les mensonges, les compromis, les alliances, les amis d’aujourd’hui sont les ennemis de demain et vice versa. La politique est un monde impitoyable.

Photo Kate Mara

House of cards nous dépeint aussi les rouages et les différentes strates du pouvoir législatif avec le congrès, et du pouvoir exécutif avec la maison blanche, et c’est passionnant à suivre. Les procédures électorales, ou comment contourner les lois.

Photo Robin Wright

Mais surtout, ce qui fait le succès de la série, ce sont ces personnages. Frank Underwood est un personnage complexe, intelligent, sournois et malin. Avec sa femme Claire, ils forment le parfait duo, sans remords, sans scrupules, tout est bon pour atteindre leur but, être important et avoir encore plus de pouvoir. Ils se complètent, se soutiennent, se disent tout. Derrière les moyens malsains qu’ils mettent en œuvres pour atteindre leur but, leur complicité de couple est exemplaire et sans faille, assez étonnant et impressionnant cette complicité totale.

Autour de ce couple venimeux, entre un Frank Underwood qui sait convaincre son monde et manipuler son entourage, et une Claire toute en douceur et sourire mais qui est plus dangereuse qu’un crotale, d’autre personnages gravitent autour. Des personnages ambitieux, talentueux ou pas, qui veulent aussi leur place au soleil, qui sont plus ou moins prêt à tout mais jamais autant que le couple Underwood. Des personnages qui sont prêt à passer un pacte avec le diable, mais qui finiront toujours par le payer, et rarement à obtenir leurs récompenses. Peter Russo, député alcoolique qui rêve de grandeur, Zoe Barnes, journaliste débutante prête à tout pour être une star dans les news politiques, ou encore Jacqueline Sharp, député aux dents longues qui met ses scrupules de coté. Tous le monde se sert les uns des autres, tout le monde le sait, c’est du donnant donnant, la loi du plus fort, la loi de la jungle.

Outre les personnages, la série reste originale dans sa forme puisque Frank Underwood se tourne souvent vers la caméra, regardant droit dans les yeux les spectateurs pour nous dire ce qu’il pense vraiment de telle personne, ou pour nous traduire les politesses politiques qui cachent des vérités peu reluisantes. Frank Underwood prend alors un ton dure, plein de cynisme et de franc parler, ses pensées les plus sombres nous sont révélées.

Les deux saisons sont excellentes, sans temps morts, j’ai enchainé les deux saisons sans me lasser une seconde des stratagèmes de Underwood, et Kevin Spacey et Robin Wright sont excellents.

Dans la saison 2, le personnage de Claire Underwood est plus approfondi, on découvre une femme qui aurait pu vivre une tout autre vie, si elle avait choisi l’homme qu’elle aimait dans sa jeunesse, un photographe de renom avec qui elle aurait pu vivre une histoire d’amour et d’eau fraiche, mais alors qu’elle le revoit le temps d’un week end et qu’elle est tentée de le rejoindre, se posant des questions sur son choix, elle découvre très vite que ce genre de vie n’est pas pour elle, que son envie d’importance, de pouvoir est plus fort, et qu’une vie d’amour et d’eau fraiche l’ennuierait très vite au final.

Dans la saison 2 on voit aussi de plus près le couple présidentielle, un président très influençable, une première dame qui l’est tout autant. Voir les Underwood évoluer et abattre les obstacles les uns après les autre reste hypnotisant à voir, palpitant à suivre, et vivement la suite!