Dernière séance: Frères ennemis

Frères Ennemis : Affiche

de David Oelhoffen

Reda Kateb, Matthias Schoenaerts, Adel Bencherif, Sabrina Ouazzani

4/5

Driss, Imrane et Manuel ont grandi dans la même cité de la banlieue parisienne. Adulte, Imrane et Manuel sont devenus des dealers importants au sein de la cité tandis que Driss est devenu lieutenant dans la brigade anti drogue. Imrane et Manuel sont sur un gros coup mais ils tombent dans une embuscade laissant Imrane mort. Manuel doit très vite découvrir la vérité autour de cette exécution à laquelle il a échappé de justesse.

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L’une des raisons pour lesquelles ce film me tentait c’est la présence de Reda Kateb que j’adore. Il joue ici un flic au passé lourd, qui est considéré comme un traitre au yeux des gens avec qui il a grandit. Il a tourné le dos à tous ceux qu’il connait en entrant dans la police et a du couper les ponts. Ses deux meilleurs amis d’enfance, Manuel et Imrane ne sont jamais partis de leur cité, et sont devenus presque naturellement dealers. Chacun a fondé sa petite famille et fait son chemin dans leur métiers respectifs.

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J’ai beaucoup aimé Frères ennemis, on ressent la tension et le stress qui entourent Imrane au début du film puis Manuel après l’embuscade. La réalisation est énergique, tendue, nerveuse, c’est visuellement réussi, on ressent les émotions et les tensions.

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C’est fluide, bien filmé, les acteurs sont tous excellents à commencer par Reda Kateb mais aussi Matthias Schoenaerts et Adel Bencherif. Le scénario reste bien mené mais sans surprise, l’histoire et les rebondissements restent classiques. J’aurais aimé aussi en savoir plus sur la vie de Driss (notamment sa relation avec ses parents). Un bon film noir, bien interprété et bien filmé, à voir.

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Lost river

Lost River : Affiche

de Ryan Gosling

Christina Hendricks, Saoirse Ronan, Iain De Caestecker, Matt Smith, Reda Kateb, Ben Mendelsohn

3.5/5

A Lost river, tout est en ruine et à l’abandon. La ville se meurt, les gens déménagent, et petit à petit la ville devient fantome. Seuls quelques irréductibles s’acharnent comme Billy, mère célibataire de deux garçons, Bones presque adulte et Franky qui encore tout petit. Il y a la voisine aussi, Rat, que Bones apprécie et qui s’occupe de sa grand mère, qui ne parle plus depuis la mort de son mari. Bones s’attire des ennuis en volant le cuivre des maisons abandonnées alors que les ruines ont été “revendiquées” par la petite frappe du quoi, Bully, qui n’hésite pas à découper les lèvres de ceux qui l’énerve, tandis que sa mère, Billy, accepte l’offre de boulot particulièrement étrange du directeur de la banque qui l’a menace d’expulsion, faute de crédit remboursé.

Contrairement à ce que nous fait croire Allociné, non Lost river n’est pas un film fantastique, pas l’ombre d’un élément surnaturelle dans ce film, bien au contraire. On suit plusieurs personnage dans une ville quasi fantôme, des personnages dont la vie est de plus en plus difficile, qui se sentent acculés au pied du mur, qui perdent peu à peu le reste d’espoir qu’ils possèdent. Alors que la ville se vide des rares habitants restant, Billy la mère célibataire se voit  menacée d’expulsion par le directeur de la banque et accepte une proposition de job étrange et flippant, Rat, la voisine, est coincée dans sa vieille bicoque en ruine à cause de sa grand mère qui ne bouge pas ni ne parle depuis la mort de son mari et passe son temps à regarder de vieux films de son mariage, et Bones, le fils de Billy, qui passe son temps à éviter Bully, qui rêve de lui découper les lèvres.

Rien de fantastique ou de surnaturelle dans ce film, si ce n’est l’atmosphère étrange et pesante, une musique souvent angoissante, une bande originale très intéressante, et une peur pour les personnages, et leurs devenir, on s’attend à chaque minute à les voir sombrer dans une destinée violente, dramatique et sanglante. Mais à chaque fois qu’on s’attend à voir le pire, Ryan Gosling épargne ses personnages. Ici pas de drame démesuré, par de mélo, ce qui rend les faits de l’histoire et le contexte sociale encore plus réaliste.

Quand on connait un peu l’univers de Ryan Gosling, on est pas du tout surpris finalement, de la tournure de l’histoire, de l’ambiance, de ce coté effrayant sans l’être réellement, de ce coté bizarre, parfois un peu morbide, qu’on peut voir dans les clips et les chansons de son groupe Dead man’s bones.

Lost River : Photo

En sortant de la salle, j’avais une forte impression que Gosling s’est inspiré de nombreux films des années fin 80 et début 90, dans son ambiance, son étrangeté. J’ai beaucoup aimé Katherine Hendricks, qui sort du lot dans ce film, même si la jeune Saoirse Ronan n’est pas en reste, et Ben Mendelshon fait froid dans le dos.

Lost River : Photo Christina Hendricks

C’est donc un ovni, avec une jolie maitrise de la caméra , certaines scènes sont vraiment très réussie, quelques moments de grace. Prise à part certains morceau du film sont d’une jolie virtuosité, mais le film dans son ensemble, c’est un peu bordélique, un peu trop bizarre,

PS : J’ai vu le film dans le cadre d’une avant première, avec Ryan Gosling et Reda Kateb venus présentés le film; Pas de photos cette fois ci, j’étais un peu loin dans la salle, puisque j’ai eu des places à la dernière minutes, (on y est allées sachant très bien qu’ à chaque fois, les avant première ne sont jamais vraiment complète, les personnes ayant réservées ne venant pas toujours à la séance, au final), On a tenter le coup à la dernière minute. C’est toujours un plaisir de voir les acteurs de près, même si il n’y a eu aucun échange comme ce fut le cas avec Russell Crowe.

Loin des hommes

Loin des hommes : Affiche

de David Oelhoffen

Viggo Mortensen, Reda Kateb

4/5

1954. Daru est instituteur dans une petite école perdu dans les montagnes loin de tout. Il adore faire la classe aux petits élèves algériens qui lui sont confiés. Un jour débarque à sa porte un ami gendarme qui lui annonce que les algériens s’insurgent et demandent leur indépendance. Débordé, il n’a pas le temps d’emmener le jeune Mohamed à la gendarmerie la plus proche qui se trouve à une journée de marche, afin qu’il soit jugé, Mohamed ayant tué son cousin. Daru n’a aucune envie de mener cet inconnu à une mort certaine, mais n’a pas d’autre choix que de l’y emmener, la pression venant à la fois des algériens qui réclament vengeance et des français qui veulent s’en débarrasser.

Loin des hommes : Photo Viggo Mortensen

J’ai voulu voir ce film surtout pour deux raisons, d’abord Viggo Mortensen que l’on ne voit pas assez souvent au cinéma, et ensuite pour Reda Kateb, que j’adore. Le film se situe dans le contexte du tout début de la guerre d’Algérie mais se concentre surtout sur l’histoire de deux hommes, un français d’origine espagnol, ancien commandant lors de la seconde guerre mondiale, et qui aspire à une vie calme perdue au milieu des montagnes, à enseigner les bases à de jeunes enfants algériens. Et Mohamed, ce jeune paysan qui a tué son cousin dans le cadre d’une vengeance familiale, et qui espère se faire tuer par les gendarmes français, pour mettre un terme au cycle de la vengeance familiale. Car le pauvre homme est coincé, il ne peut fuir, sinon ses cousins se vengeront sur les petits frères, et ne peut se rendre car s’il se fait tuer par ses cousins, ses frères auront l’obligation de le venger à leur tour.

Loin des hommes : Photo Reda Kateb, Viggo Mortensen

Le film nous montre donc la rencontre de ses deux hommes qui n’ont rien en commun. C’est un long chemin, d’abord sur une piste trop fréquentée à leur gout, recherché de toute part, puis dans les montagnes, isolés, se nourrissant de ce qu’ils trouvent, s’abritant des intempéries comme ils peuvent. Il rencontreront des algériens qui ont pris le maquis, puis des soldats français. Quelques coups de projecteurs sur les affres de la guerre d’Algérie qui ne fait que commencer, de la prise des maquis par les algériens, qui se réfugient dans les montagnes, et des soldats français qui agissent plus comme des mercenaires aux méthodes douteuses, que comme des soldats en guerre.

Loin des hommes : Photo Viggo Mortensen

J’ai beaucoup aimé la rencontre et l’amitié naissante entre les deux hommes, les voir ensemble, se parler, ils apprennent à se connaitre, leur voyage est très intéressant à suivre. Sans parler des magnifiques paysages du sud, le film est parfaitement réalisé, j’ai beaucoup aimé la mise en scène qui met en valeur les magnifiques paysages, et l’amitié naissante entre les deux protagonistes.

Loin des hommes : Photo Reda Kateb

Un beau film, interprété par deux excellents acteurs, en bonus une belle mise en scène et de beaux paysages.

Hippocrate

Hippocrate : Affiche

de Thomas Lilti

Vincent Lacoste, Reda Kateb, Marianne Denicourt, Jacques Gamblin

4/5

Benjamin est un jeune interne, qui vient de commencer un nouveau stage en internat dans le service de son père un professeur en médecine. Sur de son choix professionnel. Il fait la connaissance d’un autre interne, le docteur Rezzak, qui vient d’Algérie et qui est obligé de refaire son internat pour pouvoir exercer un jour en France. Plus expérimenté, Benjamin ne sait pas trop si il doit faire ami ami avec Rezzak ou si il doit garder ses distances. Les journées passent et avec les patients, les choix difficiles à prendre, les erreurs qui peuvent entrainer de graves conséquences, le jeune Benjamin perd confiance et doute.

Hippocrate : Photo Jacques Gamblin, Marianne Denicourt, Reda Kateb

ça fait vraiment longtemps que je n’avais pas vu de film français au cinéma. La bande annonce d’Hippocrate me tentait bien et je n’ai pas été déçu.

Le film est tourné à la manière d’un docu fiction, la caméra en mouvement constant, suivant dans les couloirs de l’hôpital, les médecins, les infirmiers, les voir prendre leur pauses dehors dans le froid pour échapper quelques minutes à la pression. On est beaucoup plus proche de la réalité que les nombreuses séries médicales que l’on peut voir en ce moment, comme grey’s anatomy ou docteur house. Ici les hôpitaux n’ont pas l’aspect parfait du neuf et de l’ultra moderne, la peinture s’écaille, les parties privées pour le repos du personnel est vieillot, mal entretenue, couvert de dessins et tags, contributions direct des internes pour éagyer la pièce de repos.

Hippocrate : Photo Vincent Lacoste

Entre petites blagues du quotidien, patients difficiles, conflits avec la hiérarchie, moments de détentes, défouloirs improvisés, la vie de ces internes qui travaillent trop, qui sont confrontés à des cas difficiles à gérer sur le plan humains, n’est pas facile! ça ne m’a pas donné envie d’être médecin! j’ai été très intéressée par le personnage du docteur Rezzak, d’origine algérienne, qui est obligé à son arrivée en France de reprendre depuis le début son internat pour obtenir à nouveau le droit d’exercer. Ce personnage est touchant, humain, intègre, et sa vie n’est pas facile. J’ai beaucoup aimé aussi le personnage de Benjamin, tout jeune, confiant un jour, aucune assurance le lendemain. Touchant lui aussi, dans sa manière de vouloir faire ami avec Rezzak tout en étant jaloux de son assurance, son coté sympathique finira par le remporter.

On ne s’ennuie pas une seconde, c’est prenant, la vie hospitalière intéressante à suivre, et on nous présente très rapidement, les gros problèmes que peuvent rencontrer des centres hospitaliers publics, notamment les problèmes de budget. Le casting est excellent aussi, avec de très bons seconds rôles (Marianne Denicourt dans le rôle du docteur Denormandy ou Carole Franck dans le rôle de l’infirmière Myriam), et surtout les deux acteurs principaux, Vincent Lacoste, très bon et le très doué Reda Kateb.