The fall

Affiche

Crée par Alan Cubitt

Gillian Anderson, Jamie Dornan, Bronagh Waugh, Archie Panjabi, John Lynch

4/5

A Belfast, plusieurs femmes sont victimes d’agressions violentes, elles sont agressées, violées, et étranglées. Après plusieurs semaines sans résultat, les dirigeants de la police de Belfast font appel au super intendant Gibson, de la police de Londres, pour qu’elle reprenne le dossier avec un œil neuf. Elle fait le lien entre les différents meurtres et un autre plus ancien, met à jour l’existence d’un tueur en série qui sévirait dans la région et met tout en œuvre pour recouper les informations et témoignages pour découvrir l’identité du coupable. Le tueur, Paul Spector, marié et père de famille, mène une vie sans tâche aux yeux de son entourage. Personne ne pourrait soupçonner ce père de famille d’être en réalité le meurtrier sans pitié qui sévit dans la région…

En 2013, la saison 1 de The Fall m’avait énormément plut, j’ai regardé les 5 épisodes sans temps mort, complètement absorbée par l’enquête du super intendant Gibson. L’univers de la série est à l’image du personnage du détective Gibson, froid, dure, sans concession.

On est tout de suite happé par l’atmosphère tendue, flippante, glauque, violente de The fall. Les attaques de Paul Spector font froid dans le dos, comme rarement ce fut le cas. de jolies femmes brunes, célibataires, intelligentes, sans attache, indépendantes, ayant un poste à responsabilité, il les repère, les traque, et les attaque chez elles, quand elles se sentent le plus en sécurité. C’est rapide, violent, brutale, les scènes des agressions font penser au monde animal, un prédateur qui vient de blesser une pauvre proie, la ficelle et l’achève. C’est assez dure à regarder et la saison 1 ne fait pas dans la dentelle, une jeune femme qui se sent pris au piège dans sa propre maison, ficelée comme un animal, qui n’a pas la force physique de se défendre, on peut la voir se débattre, lutter, et cesser le combat abandonnant toute résistance, on peut voir la volonté de vivre quitter les yeux de la victime et c’est pas facile à voir. Dans un autre épisode, c’est une nouvelle victime qui garde espoir d’un sauvetage par l’intervention de la police passant à proximité de sa maison, mais qui finalement passera son chemin, plongeant la victime dans un désespoir noir.

Photo Gillian Anderson, John Lynch, Niamh McGrady

Ce qui fait que The Fall est une série glaçante, c’est les personnages d’abord, entre Spector un mari attentionné, un père aimant et chaleureux, qui se transforme en tueur froid, sans pitié pour sa proie, méthodique, méticuleux et extrêmement calme, et Stella Gibson, la super intendante, une vraie chef qui s’impose à tous, qui inspire le respect, qui est aussi froide, méticuleuse, méthodique que Spector, et qui est d’un calme olympien sans faille. Avec ses talons aiguilles, ses tailleurs sexy, ses cheveux blonds platine, Gibson affirme sa féminité, l’assume complètement, et sait s’imposer comme personne, aux hommes comme aux femmes, c’est un personnage surprenant, fort, déterminé, intelligent, posé, calme.

Photo Emmett J. Scanlan, Gillian Anderson, Niamh McGrady

Si The Fall est aussi glaçante, c’est aussi la mise en scène, sans fioriture, une musique très discrète, des scènes d’agressions très réaliste, sans musique, sans effet, qui rend la scène difficile à digérer, dans le sens où on n’arrive pas forcément à prendre les distances que l’on a quand on regarde une fiction. C’est sobre, c’est efficace, beaucoup de gros plan sur le visage sans émotion de Stella. Et l’enquête policière est à l’image des deux personnages principaux, froide, lente, calme, méthodique, sans action, ni effet à l’américaine, très réaliste.

Photo Gillian Anderson, Tim Loane

J’ai adoré le personnage de Stella, on ne voit pas beaucoup de personnage féminin de cette envergure. C’est une femme forte, indépendante, intelligente, qui n’a besoin de personne pour s’accomplir, s’imposer, réussir. Elle est très féminine, elle arbore tout les artifices visuelles de la femme fatale, des cheveux blonds, au maquillage en passant par les vêtements ou une voix ultra douce, elle n’a pas besoin d’avoir des pouvoirs magiques, ou d’être une super agent secret surentrainée, ou encore avoir un caractère de chien, ni faire le garçon manqué pour montrer sa puissance, en cela, elle ressemble un peu à Scully, même si cette fois ci, son caractère est très loin de celui de l’agent fédéral un peu trop sceptique. Gillian Anderson est vraiment exceptionnelle dans ce rôle, c’est une excellente actrice.

Photo Gillian Anderson

J’avais attendu avec impatience la saison 2 et j’avais commencé à la regarder, puis avec les fêtes de fin d’année, je n’étais plus trop dans l’ambiance pour regarder la série, et cette semaine je m’y suis remise, et j’ai enchainé les épisodes. Toujours la même qualité, toujours une tension extrême, toujours cette pression, on n’est hypnotisé par les épisodes et quand on commence on a du mal à s’arrêter. La seule chose que je reproche, c’est la facilité déconcertante avec laquelle Spector agit dans cette saison, un peu trop facile sous le nez de la police, mais à part ça, les épisodes sont de la même grande qualité que ceux de la première saison, l’atmosphère oppressante est de nouveau là, les personnages toujours aussi intenses, et les interprétations excellentes.

Entre Spector et Gibson les choses se resserrent, les similitudes entre les deux personnages sont plus visibles, même si la différence reste déterminante, Gibson reste humaine, et derrière son visage impassible qui ne reflète aucune émotion, elle est touchée par certaines choses, qui laissent bien sur de marbre Spector. Il y aurait beaucoup de chose à dire sur cette sérié, la fin de saison est saisissante, intense, intéressante, le travail fait autour du personnage de Spector est prenant et les dernières secondes tendu comme pas possible. Pour l’instant, il semblerait qu’une 3e saison soit envisagée, mais rien d’officielle n’a été annoncé. Une série à ne pas manquer!

Hard day

de Kim Seong-hun

Lee Seon Gyoon, Jo Jin Woong, Shin Jung Keun,

3,5/5

 L’inspecteur Go passe une mauvaise journée. Une accusation de corruption est en train de lui tomber dessus, la police des polices menace d’ouvrir les tiroirs de son bureau alors qu’il est en route pour les funérailles de sa mère. En plein dilemme, il percute sur la route un homme et constate son décès. Pris de panique, il cache le cadavre dans son coffre. Sur la route, il apprend que les tiroirs ont été ouverts, et des tas de billets de banques découverts. Aux obsèques de sa mère, il apprend que les services de police sont en route pour fouiller sa voiture. Il décide alors de planquer le cadavre dans le cercueil de sa mère.

Premier film de l’année, j’ai longuement hésité entre Cold in july et Hard day. Finalement j’ai choisi le film coréen, de peur qu’il ne reste pas très longtemps à l’affiche. Hard day nous raconte les quelques journées difficiles que l’inspecteur va passer, entre l’enterrement de sa mère, l’enquête pour corruption qui pèse sur sa tête avec des preuves qui s’accumulent contre lui, et un accident de la circulation entrainant la mort d’un homme. Et tout ça ne suffit pas à son malheur, il est aussi la victime d’un maitre chanteur qui a tout vu de la scène et le harcèle.

Le film ne fait pas dans la subtilité, les acteurs en font parfois des tonnes, ça frôle parfois la comédie parodique ou caricaturale, mais passer les premières minutes où tout s’emballe, les choses se calment, les acteurs en font moins, et c’est peut être plus appréciable.

La scène de la chambre mortuaire dans laquelle le héros cache son cadavre dans le cercueil de sa mère est tendue, haletante et drôle à la fois, on suit l’inspecteur dans ses efforts, physique et psychologique, on se fatigue avec lui des rebondissements incessants qui l’embête dans sa démarche, et on est soulagé quand ça se termine! La seconde moitié du film change de ton, puisqu’un maitre chanteur fait son apparition. Le film est assez indéfinissable, entre comédie, film policier, suspense, thriller, tout se mêle, avec en décor de fond, la présentation d’une police corrompue à tout les étages, et une solidarité entre collègues pour se couvrir mutuellement.

Entre certaines scènes et rebondissement too much qui frôle la parodie et le n’importe quoi, et des scènes hilarante, Hard day reste un bon divertissement, qui nous change des grosses productions US sans intérêt.  Très bien pour se changer les idées et rire un peu, notamment un échange entre l’inspecteur Go et son chef, sur le but et l’objectif du policier de base, quand il s’engage dans la police, qui m’a bien fait rire.

 

Balade entre les tombes

Balade entre les tombes : Affiche

de Scott Frank

Liam Neeson, Brian Bradley, Boyd Holbrook, Dan Stevens

3,5/5

A la veille de l’an 2000, à New York, Matt Scudder, un ancien flic, joue les détective privée sans licence pour arrondir les fins de mois. Il est un jour abordé par Peter un junkie alcoolique qu’il a rencontrer lors de l’une de ses séances aux alcooliques anonymes. Il souhaiterait que Matt rende visite un son frère, Kenny, qui a fait fortune dans le trafique de drogue. Ce dernier aimerait que Matt retrouve les kidnappeurs de sa femme. Il n’a plus espoir de la retrouver vivante, elle a été sauvagement assassinée et découpé en morceau deux jours auparavant, mais voudrait pouvoir se venger des coupables. Au départ Matt refuse, puis il finit par accepter l’affaire et découvre vite que les  coupables n’en sont pas à leur première victimes, toutes ayant un lien avec des trafiquant de drogue.

Je n’étais pas trop emballée au départ, parce que les films avec Liam Neeson ces derniers temps c’est pas souvent pour le meilleur, avec ces films d’action un peu crétins à répétition qu’il fait de plus en plus souvent. Heureusement Liam Neeson est aussi présent dans très bon films.

 

Balade entre les tombes aurait pu être du même acabit que Taken, mais ouf, ce n’est pas le cas. Ici il joue un retraité de la police. Autrefois inspecteur alcoolique, il devient sobre et prend sa retraite anticipée après une bavure. Il joue le détective amateur pour arrondir les fins de mois, discrètement et sans licence.

Le film est sombre, parfois dure, et souvent d’une violence un peu cru. Ce que j’ai apprécié dans ce film, c’est de voir un détective privée simple, mener une véritable enquête pour retrouver le coupable, suivre son instinct, interroger des suspects, avancer doucement mais surement, voir Liam Neeson vieillissant, enquêter sans tout démolir sur son passage, sans être un super héros, ni physiquement ni moralement, ça fait du bien de le voir dans un vrai rôle, avec un peu de profondeur.

Balade entre les tombes : Photo Dan Stevens

Même le rôle du jeune garçon des ruess avec qui il sympathise reste loin des clichés habituels, le film n’est pas attendu, n’est pas prévisible, n’est pas surréaliste, et ça fait du bien de retrouver un acteur comme Liam Neeson dans un rôle intéressant, évoluant dans un film intéressant.

Sans rien révolutionner, sans être le film du siècle, j’ai beaucoup apprécié ce film policier, noir, avec de bons acteurs, et une histoire simple mais bien travailler.

Crimes à l’affiche de Nicola Upson

4/5

1934, en Ecosse, Josephine Tey, la célèbre romancière, prend le train pour se rendre à Londres, assister aux dernières représentations de la pièce à succès, Richard de Bordeaux, adapté de son roman. Dans le train elle rencontre la très jeune Elspeth, une fan inconditionnelle de Josephine et de la pièce. Les deux femmes sympathisent. Le lendemain de son arrivée à Londres, Josephine reçoit en visite son vieil ami l’inspecteur Penrose, qui lui annonce une mauvaise nouvelle: la pauvre Elspeth a été retrouver assassiner dans le train.

J’avais entendu parler de cette série chez Clarabel qui avait lu le 4e tome de la série qui met en scène Joséphine et Penrose. Même si l’histoire de ce 4e tome me tentait plus, j’ai voulu commencer par le début avec Crimes à l’affiche. L’histoire se déroule sur à peine quelques jours (3 jours peut être), le temps d’un week end, celui de la dernière représentation de la pièce à succès, Richard de Bordeau, écrit par Joséphine, dans le Londres des années 30. On évolue donc dans le monde du théâtre de l’avant guerre.

J’ai beaucoup apprécié suivre l’enquête criminelle, menée par l’inspecteur Penrose et ses conversations avec son collègue le brigadier Fallowfield, il y a dans ces scènes pas mal d’humour malgré le crime horrible sur lequel ils enquêtent.

On fait la connaissance de Josephine, de son passé commun avec Penrose, des effets de la première guerre mondiale sur sa vie, de son entourage actuelle, de ses amis, mais j’ai trouvé qu’on en savait plus sur Penrose et sa personnalité que sur Joséphine. Au final, on a parfois l’impression que l’auteur veut nous en dire beaucoup mais qu’on en sait pas tellement. Certains chapitres n’apportent pas d’info sur les personnages principaux, du coup, on sent un manque quant à la personnalité de Joséphine Tey, manque qui sera surement comblé avec les tomes suivants. Je croyais que le personnage principal était Joséphine mais finalement, je pense que c’est plutôt Penrose.

L’enquête est intéressante, mais j’avoue avoir compris pas mal de chose un peu trop tôt à mon gout, j’aime bien être complètement surpris par les révélations finales, là je n’ai été surpris qu’en partie seulement. Je lirais bien les autres tomes disponibles, j’aime beaucoup les personnages de Penrose et Fallowfield, et je suis curieuse de voir comment va évoluer les choses entre Penrose et Josephine, et le résumé du tome 4 me fait vraiment envie!