Taxi Téhéran – broadway therapy – Jauja – Une belle fin

Un peu de retard dans mes chroniques ciné, donc je condense les derniers films vu au cinéma dans ce billet! y’a du bon, du moyen, du très bon!

Taxi Téhéran : Affiche

Taxi Téhéran de Jafar Panahi

3/5

De nos jours, à Téhéran, le réalisateur iranien Jafar Panahi, s’est transformé en chauffeur de taxi anonyme afin de filmer discrètement les clients et leurs conversations. Il prend à son bord à revendeur de films et séries piratées interdits par le régime, deux vieilles dames qui transportent un poisson rouge dans un bocal pour des raisons de superstition, ou encore sa propre petite nièce, qu’il passe chercher à son école.

Taxi Teheran : Photo

Taxi Téhéran nous donne un aperçu de la société actuelle, à travers des personnages ordinaires. En réalité, le film n’est pas un documentaire, les clients qui montent dans le taxi sont donc des acteurs amateurs, mais le film n’est pas totalement fictif puisque Panahi joue son propre rôle en prenant le volant d’un taxi. Le film veut nous montrer certaines réalités du quotidien d’un iranien, notamment au travers du client qui passe son temps à vendre des dvd piratés introuvables de manière officielle, la conversation qu’il a avec sa nièce et qui nous montre les limites que la politique impose concernant l’art et la création (notamment dans la réalisation de films), ou encore la discussion que Panahi a avec son ami concernant les lois répressives pour les voleurs et autres racketteurs.

Taxi Teheran : Photo

Taxi Téhéran n’est ni une fiction ni un documentaire, il mélange un peu les genres, sans exploité à fond les possibilités. Les petites anecdotes et conversations que Panahi a avec ces “clients”, ne sont pas toujours très pertinentes, énergiques ou prenantes, ces petites anecdotes auraient pu être plus nombreuses et plus actives. Même si le film est très intéressant et qu’il a un intérêt évident, sur le plan cinématographique le film n’est pas très abouti et présente quelques longueurs.

Broadway Therapy : Affiche

3.5/5

Broadway therapy de Peter Bogdanovich

Imogen Poots, Owen Wilson, Jennifer Aniston

Isabella, ancienne call girl devenue star à Broadway, raconte ses débuts à une journaliste, comment elle est passée de prostitué à actrice pleine de succès, et elle commence son récit par sa rencontre avec l’infidèle Arnold, metteur en scène, marié et père de famille, qui a une tendance maladive à tromper sa femme et a aider financièrement ses maitresses.

Broadway Therapy : Photo Imogen Poots, Will Forte

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en allant voir ce film, ce fut finalement une bonne surprise, une comédie drôle et rafraichissante, surtout grâce à la pétillante Imogene Poots, qui raconte son histoire à une journaliste. L’histoire se déroule sur quelques jours, qui vont changés la vie et la destinée de la jolie Isabella, qui rêve de paillette et de planche de théâtre.

Broadway Therapy : Photo Imogen Poots, Owen Wilson

C’est un peu bavard, c’est très énergique, les personnages sont nombreux et virevolte dans le New York de broadway, c’est souvent très drôle, et outre la performance joyeuse d’Imogene Poots, je retiens la perfomance de Jennifer Aniston en psychologue psychopathe, égocentrique et hystérique, elle m’a fait oublier Rachel Green, c’est la première fois qu’elle m’épate au cinéma. Très bonne comédie, histoire de se distraire, bourrée de référence aux films de l’âge d’or hollywoodien.

Jauja : Affiche

Jauja de Lisandro Alonso

Viggo Mortensen, Viilbjorg Malling Agger

3/5

A la fin du 19e siècle, un capitaine et ingénieur d’origine danoise, se trouve en Patagonie pour une mission de construction en compagnie de sa fille la jolie Ingeborg. Au milieu de nulle part, un soir, Ingeborg s’enfuit en compagnie d’une jeune homme. Le père part à sa recherche seul avec son cheval à travers les paysages désertiques de la Patagonie.

Jauja : Photo

Le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire Jauja c’est spéciale, ou étrange. Dans les beaux paysages désertiques et quelques fois lugubres, on suit les efforts d’un père pour retrouver une fille en fuite. Jauja est filmé dans un format peu habituel pour le cinéma, il n’y a quasiment pas de musique, (sauf dans une seule scène) ce qui donne une dimension très réaliste et sans romantisme aucun au voyage que fait Viggo Mortensen. Les quelques jours pendant lesquels le père cherche sa fille sont parfois longuets, certaines scènes sont un peu trop lentes, le réalisateur prend son temps, mais nous spectateur on sent parfois un peu l’ennui. Jauja est un peu trop contemplatif et pas dans le sens envoutant ou hypnotisant, mais plutôt du genre ennuyant.

La dernière demi heure nous plonge dans une dimension fantastique, surnaturelle, la scène de la grotte réveil mon intérêt pour le film mais les dix dernières minutes me plonge dans l’incompréhension totale, en bref, un film bien étrange…

Une belle fin : Affiche

Une belle fin de Uberto Pasolini

Eddie Marsan, Joanne Frogatt, Andrew Buchan

4/5

John May travaille dans les services administratifs d’une des morgues londonienne. Son travail consiste à retrouver des membres de la famille des défunts que personne n’a réclamé et qui semblent seul au monde. La plupart du temps, John ne retrouve personne que ça intéresse et il finit par organiser les obsèques de ces solitaires, écrivant éloge funèbre et choisissant la musique d’accompagnement; il assiste bien sur à chaque fois à la cérémonie. Un jour, le défunt dont il doit s’occuper est son voisin d’en face, mort seul et sans famille. John se rend compte aussi qu’il fait parti de ces solitaires, lui non plus n’a pas de famille, il se pose alors des questions pour quand son heure viendra.

Une belle fin : Photo Eddie Marsan

Une belle fin, ou still life en anglais, est un film touchant d’abord par son personnage John, seul sans famille ni amis. Son quotidien est identique jour après jour, son travail dans son bureau parfaitement rangé, sa pomme de l’après midi, son repas du soir avec sa boite de conserve et son toast grillé, toujours la même façon de s’habiller, toujours sa même sacoche en cuir. Sa vie n’est ni triste ni joyeuse, elle est tout simplement morne, à chercher des indices dans les logements des défunts, à passer quelques coups de fil, et à se faire son propre album de photos de famille, en utilisant les photos des décédés qui ne trouvent aucune famille pour leur rendre un dernier hommage.

Une belle fin : Photo Eddie Marsan

Malgré son sujet et son personnage, Une belle fin n’est pas triste, ce n’est pas un mélo. On retrouve toujours cet humour british, un humour intelligent, fin et assez noir! J’ai passé un très bon moment en compagnie de John May, je me suis beaucoup attachée à son personnage. Le message du film reste assez simple mais très vrai, finir seule et mourir isolé, ça arrive bien plus souvent qu’on ne le pense dans nos sociétés, l’illusion d’avoir une vie joyeuse et remplie disparait doucement avec l’âge, l’isolement se fait sans qu’on s’en aperçoive. Finalement, il n’y a que la fin du film qui est assez émouvante, c’est un très beau film sur un sujet qui aurait pu être déprimant mais qui ne l’est pas, à voir.

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inherent vice

de Paul Thomas Anderson

Joaquin Phoenix, Katherine Waterston, Josh Brolin, Owen Wilson, Benicio del Toro

4/5

« Doc » Sportello, détective privé hippie et fumeur de marijuana dans la Californie des années 70, reçoit un soir la visite de Shasta, son ex copine et probable grand amour, qui est partie du jour au lendemain sans laisser de trace quelques mois plus tôt. Elle dit être devenue la maitresse de Wolfman, un homme d’affaire richissime et puissant. Elle explique qu’elle a été abordée par la femme de Wolfman et l’amant de cette dernière pour faire partie d’un complot visant à enfermer Wolfman dans un asile pour s’emparer de la fortune du monsieur. Shasta se comporte comme si elle était suivie et en danger et demande à Sportello de jeter un œil sur cette histoire.


Inherent vice commence comme un rêve, se poursuit comme une hallucination et se termine en trip bizarre. Un vrai film de drogué, il faut probablement se mettre dans le même état que le héros Sportello pour comprendre l’intrigue, parfois complètement farfelue, parfois d’une complexité qui perd le spectateur.


Certaines scènes ont l’air tout droit sortie du cerveau embrumé de Sportello, d’autre suivent une logique ordinaire, parfois on suit parfaitement l’intrigue, parfois on se sent complètement perdu, tout comme Sportello en fait.


Alors qu’il enquête sur Wolfman, on fait connaissance avec Sportello, un hippie qui évolue dans un monde de hippie, sous le soleil de la Californie, son bureau se trouve dans un service médicale, il vit au bord de l’eau, la moitié du temps il est pieds nus, l’autre en sandales, la moitié du temps il fume des joints et ressemble physiquement à Steven Hyde dans That’s 70 show, en plus vieux !


Certains moment de Inherent vice sont hilarant, j’ai ri en moyenne toutes les dix minutes, j’ai adoré le personnage de l’inspecteur de police Bigfoot, ami de longue date de Sportello, mais dont les vies sont diamétralement opposées, Sportello le célibataire hippie au cheveux longs qui fument tout le temps et Bigfoot, l’inspecteur tiré à quatre épingle, cheveux en brosses et femmes et enfants à charges.


Finalement, on se détache beaucoup de l’enquête policière, à la moitié du film on ne comprend plus grand chose même si au final, on a compris tout ce qui il y avait à comprendre.
En bref, un film psychédélique, hippie, embrumé, hallucinatoire, avec des acteurs géniaux, et deux personnages que j’ai beaucoup apprécié, Sportello et Bigfoot. Paul Thomas Anderson remonte dans mon estime après le très maitrisé mais superbement ennuyant The master.