Opération sweet tooth

de Ian McEwan

3,5/5

Fin des années 60, Serena, une jeune femme belle et intelligente, fan de lecture de romans, intègre une prestigieuse université anglaise, pour étudier à son grand regret, les mathématiques. Petit ami qui s’avère gay, liaison avec un professeur beaucoup plus âgé et marié, qui lui apprendra beaucoup de choses avant d’intègrer le MI-5. Mais elle est vite déçue d’être traitée comme une simple secrétaire, pro de l’archivage. Le travail est souvent absurde, répétitif, pas du tout valorisant. Heureusement elle sympathise avec Shirley, la seule jeune femme qui n’est pas issu de famille aisée et bourgeoise. Puis vient enfin une mission intéressante pour la férue de littérature. Il s’agit d’approcher un écrivain en herbe, Tom Haley, et de lui proposer une bourse professionnelle qui lui permettra de ne plus avoir à travailler, pour pouvoir entièrement se consacré à son art. C’est l’opération sweet tooth, aider financièrement des jeunes auteurs en espérant qu’ils écrivent des romans valorisant les idées occidentales faces à l’idéologie communiste.

 Dernier roman en date pour Ian McEwan, j’ai profité de le trouver en occasion pour le lire, j’en avais entendu beaucoup de bien.

Fin des années 60, une héroïne intelligente, belle, boulimique de littérature et de romans, qui passe ses premières années d’adulte entre des études de maths qu’elle n’aime pas et un amant plus âgé qui refait toute sa culture, avant de se retrouver engagée au MI5. Là où elle pensait trouver une vie professionnelle exaltante, Serena est déçue d’être reléguée comme toute les autres employées féminines, aux archives, aux classements, aux tâches de bureaux répétitives.

Les pages tournent toutes seules, que l’on soit au presbytère avec sa famille, ou en cours de maths à l’université, on suit Serena écrire dans une revue littéraire universitaire, on la voit absorbé un nombre incroyable de romans, on la voit devenir la maitresse d’un vieux professeur, puis entrer au MI5 pour enfin rencontrer le jeune écrivain Tom Haley.

Je ne me suis pas ennuyée malgré quelques longueurs, mais cependant j’ai trouvé l’histoire est peu faible. On est plongée dans les pensées d’une héroïne bourgeoise, conservatrice, qui est restée coincée à ses années d’université. J’ai parfois été intéressée par ce personnage féminin qui se veut indépendante mais qui reste assez vieillotte dans sa tête, mais j’ai aussi été souvent agacé par son coté faible. Serena est une jeune femme qui se laisse souvent marcher sur les pieds, qui manque de passion pour appuyer ses décisions, ses choix ou tout simplement son opinion. Je n’ai pas aimé sa relation avec Caning, ce professeur qui se permet de remodeler et redéfinir la personnalité, la culture et la façon de pensée de Serena, une fille sufiisamment influençable et faible de caractère pour se laisser rééduquer par des tiers sans poser de question, Serena avalant toutes les informations dont Caning l’engraisse.

Je n’ai pas aimé non plus la manière dont elle s’écrase face à Max, ce collègue du MI5, ou encore face à ses supérieurs, alors que son boulot ne lui plait absolument pas. Le roman dépeint un monde professionnelle sexiste et discriminant quant à l’origine sociale des employés.

McEwan plonge le lecteur dans une Angleterre morose et terne, entre crise énergétique, terrorisme de l’IRA, et des relents de guerre froide, avec des politiques anti communiste. Ian McEwan prend un plaisir fou aussi à nous lâcher toute une série de références littéraire, Soljenitsyne, Jane Austen, Martin Amis, et j’en passe. A travers le personnage de Tom Haley et ses premiers pas d’écrivain publié, on plonge aussi dans le monde de l’édition, dans les nombreuses attentes et pressions des éditeurs, et dans les difficultés de création des auteurs, leur travail de création, leur source d’inspiration…

J’ai plus apprécié la seconde moitié du roman, à partir de la rencontre entre Serena et Tom, leur relation, la muse et l’écrivain, leur histoire d’amour, j’ai aussi beaucoup aimé certains personnages secondaires, comme Shirley, la meilleure amie de Serena issu d’un milieu plus populaire. Le roman se termine par une petite pirouette, une longue lettre qui reste une belle déclaration d’amour.