Alice Crane de NM Zimmermann

 

Tome 1, Alice Crane, les corbusards de NM Zimmermann

Tome 2, Alice Crane, Les anciens dieux de NM Zimmermann

4/5

Alice Crane, médecin légiste et petit génie, vient de démarrer à son nouveau poste, la morgue d’Edencity. Passionnée par la science, Alice espère qu’elle a trouvé sa place avec ce job, jusqu’à ce qu’elle perde l’un de ces cadavres. Elle devient vite la risée de la morgue, entre son patron qui ne l’aimait déjà pas beaucoup et ses collègues qui l’ignorent encore plus, la perte de ce cadavre n’arrange pas les choses. Mais son monde rationnel régit par la science, s’effondre quand elle aperçoit dans la rue son cadavre, bien vivant, se promenant l’air de rien. En décidant de le suivre, Alice entre dans un monde qu’elle ne soupçonnait pas, celui des corbusards, ces être surnaturels que personne n’imagine exister. Les vampires, les mages, les gargouilles, les djinns…Alice quitte son monde calme et routinier pour pénétrer une sphère pleine de mystère mais aussi d’instabilité.

L’auteur nous crée ici un monde bien développé, prenant et originale, dans lequel évolue ses personnages, un monde qu’elle nous avait déjà présenté dans sa précédente trilogie, Edencity, une trilogie qui m’avait énormément plut.

Ici, elle reprend l’univers qu’elle a crée via le regard de personnages inédits, comme Alice qui suit son cadavre miraculeusement ressuscité, qui tel le lapin blanc emmène Alice Crane dans un monde qui va changer sa vie. Les personnages principaux de sa précédente trilogie apparaissent parfois furtivement, parfois de manière plus prononcé.

Avec Alice, on découvre Edencity, ses différentes races qui composent les êtres surnaturelles qui vivent parmi les humains sans que ces derniers ne soient au courant. On fait connaissance avec l’Organisation, cette agence chargée de gérer les relations entre les corbusards et les humains, s’assurant de la sécurité de ces derniers. Alice sera la cible de mauvaises personnes et collera au train de James Flynn, cet agent de l’Organisation qui va assurer sa sécurité le temps d’éliminer les intrus.

Dans le second tome, Alice travaille désormais pour la mystérieuse Organisation, en tant que biologiste. Suite à un chantage, elle n’a pas d’autre choix que d’avancer dans ses travaux sur les corbusards, sans trop savoir où elle met les pieds. Une première moitié se concentre surtout sur les états d’âme de l’héroïne, qui s’en veut de devoir mentir à James, qui est devenu un ami proche. Alice n’a pas trop de mal à faire bonne figure devant les uns et les autres, et son génie lui permet d’avoir une vision claire de ce qui se passe autour d’elle et de pouvoir analyser avec perspicacité les informations qu’elle déterre. Avec un sang froid sans faille, elle avance petit à petit, comprend qui parmi les êtres qui l’entourent, sont les plus dangereux. Elle arrive à manipuler son monde par son intelligence, et à comprendre bien plus que certains autre personnages qui sont plongés dans cet univers depuis plus longtemps qu’elle.

J’ai beaucoup aimé la seconde moitié, plein de rebondissement, d’action, de découvertes, et de révélations. J’ai beaucoup aimé la relation qu’elle a avec James et surtout la relation intelligente qu’elle a avec Démétrius. Alice n’est pas une héroïne, elle essaye avant tout de se maintenir en vie dans un monde où elle n’est peut être pas indispensable, et tente en second plan de ne pas nuire par ses travaux, à des tiers qu’elle ne connait pas  ou trop peu.

Un roman prenant donc, un univers toujours aussi intéressant, les pages tournent toutes seules, mais le roman est peu trop court. J’attends la suite avec impatience!

Dream box

de NM Zimmermann

4/5

Aux Etats unis en 1979, Jeffrey est un petit garçon tout à fait commun. Sauf que depuis quelques temps, il voit les ombres, des formes fantasmagoriques que lui seul semble voir. Jeffrey ne les supporte plus, elles sont la peur, la colère, le doute et provoque chez lui d’horribles cauchemars la nuit. Plus le temps passe et plus les ombres ont prise dans la vie de Jeffrey. Son père, vétéran du Vietnam, n’est plus le même, de plus en plus soul, de plus en plus violent. Et sa mère en fait les frais, trop occupée à éviter les coups pour s’apercevoir de la peur de Jeffrey. Même le chien semble se transformer en animal psychopathe.

J’aime beaucoup les romans de NM Zimmermann, j’ai eu un coup de cœur pour sa première trilogie, Edencity, j’ai beaucoup aimé Apparitions, j’ai encore plus aimé Sous l’eau qui dort, et voilà que je viens de finir son dernier roman publié par L’école des loisirs.

Le roman est très sombre pour un roman jeunesse, du moins dans son premier quart. Un jeune enfant témoin des maltraitances de sa mère, des actes horribles de son père, la folie agressive de son chien adoré. C’est parfois dure, violent, jamais déprimant pour autant, mais on se demande où réside l’espoir, où réside une possibilité de rédemption.

Le roman nous présente des personnages vraiment passionnant à suivre, que ce soit le jeune Jeffrey, et l’adulte qu’il finit par devenir, Thérésa si naïve et innocente, sa famille si vieillotte, si vieux jeu, si étroite d’esprit, tout droit issu d’un siècle révolu. Ou encore Andy, ce petit garçon qui avait un avenir radieux mais que les ombres viendront ternir, un petit garçon tellement clairvoyant et intelligent, accompagné de son rat, étrangement malin.

Petit à petit le roman retrouve la lumière et l’espoir face à ces ombres qui détruisent des familles entières. L’auteur sait parfaitement nous tenir en haleine, les pages tournent toutes seules, je les ai parcourus sans temps morts. L’auteur sait installer une atmosphère bien particulière, parfois flippante, parfois sombre, parfois hypnotisante, toujours très bien écrit. Je verrais bien cette histoire être adaptée en mini série, un livre qui aurait pu se trouver en littérature adulte sans problème. J’ai beaucoup aimé!

Sous l’eau qui dort

de NM Zimmermann

4,5/5

coup coeur

Dans la petite ville de Dentown, Claudia, l’une des filles les plus populaire de son lycée tape dans l’oeil de Gabriel, la star de l’école, tandis que John Stillman, invisible dans le meilleur des cas, victime dans le pire, rêve d’une autre vie. Dans la famille Preston, qui vit reclus dans leur maison, le père infirme reprend mystérieusement des forces au grand désarroi de son fils et de sa femme. Quant au docteur Swampton, il découvre que de nombreux habitants de la ville sont victimes de la même maladie grippale. On dit que dans les bois de Den vivent deux sorcières et une petite fille, chassées de la ville 10 ans plus tôt et qu’il ne serait pas sage de réveiller l’eau qui dort du lac.

J’aime beaucoup cette auteur de romans young adult, j’ai lu tous les titres qu’elle a écrit. Je retiens surtout la trilogie Edencity, une histoire et des personnages qui m’avaient énormément plut et marqués. Le roman aurait d’ailleurs plus sa place dans le rayon adulte que ados.

Du coup, je me suis jetée sur son nouveau roman, parut à l’école des loisirs. J’ai tout de suite plongé dans l’histoire. Le point fort de cette auteure, c’est son talent à nous plonger dès les premières lignes dans son univers. Dès les premiers mots on est pris, et on a du mal à décrocher. J’avais ressenti la même chose quand j’ai lu son premier roman, Edencity.

L’histoire est donc tout de suite prenante, l’atmosphère parfaitement installée. Les personnages sont pleins de défauts et de faiblesses, il n’y a pas de héros, de gentils, ou de méchants, que des humains faibles et influençables, que ce soit John pour qui ont a de la compassion jusqu’à ce qu’il utilise son pouvoir et devient aussi détestable sinon pire que ces bourreaux. Ou Gabriel, détestable dans sa voiture de luxe, se croyant tout permis, qui devient de plus en plus attachant quand il perd tout. Il reste téméraire même si il ne devient un héros pour autant.

Ce que j’ai beaucoup aimé aussi, c’est la narration. On suit les pensées de tous les personnages, en passant d’un personnage à l’autre, à chaque phrase ou presque, ce n’est pas découpé en chapitre, les choses sont moins découpés que ça, c’est tout au long du récit que l’on suit le point de vue de l’un puis de l’autre, et le tout reste très fluide sans jamais embrouiller le lecteur.

En lisant ce roman, j’avais un peu l’impression de voir un film d’horreur américain des années 80 quand on savait encore en faire des bons, comme poltergeist, Carrie au bal du diable, ou l’exorciste (pas pour l’histoire ou le scénario mais pour l’ambiance, et les personnages). des personnages ordinaires, qui ont une vie ordinaire, qui se croit parfois géniaux ou au dessus des autres, mais les évènements vont remettre les pendules à l’heure et au final personne ne termine comme héros, personne ne se révèle vraiment, il y a les chanceux qui finissent en vie, les malchanceux qui ne se relèvent pas et parmi les survivants, rare sont ceux qui s’en remettront dans leur vie. Le roman est donc assez sombre.

cafe1

En bref, un roman très bien écrit, une belle narration, des personnages tout en faiblesse, qui nous parle de la faiblesse humaine, des préjugés, de l’hystérie collective. Encore une fois, l’auteur à su nous accrocher dès les premières lignes, et a su installer une atmosphère particulièrement réussi!