Derniers films vus: Coup de torchon, L627, Le juge et l’assassin, Police Python 357, Niagara, The best offer, Invasion Los Angeles

Avec la crise Covid et la fermeture des cinémas (jusqu’à hier, les cinémas ont enfin réouvert), je continue de voir des classiques que je n’ai pas encore vu quand l’occasion se présentent, des films policiers, américains, français et trois films de Bertrand Tavernier, les chaines de télé ont diffusé plusieurs de ses films suite à son décès.

Achat Coup de Torchon en DVD - AlloCiné

de Bertrand Tavernier,

Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Jean Pierre Marielle, Stéphane Audran, Eddy Mitchell

4/5

En 1938 en afrique occidentale française, Lucien est le policier en poste dans un petit village ordinaire. Considéré comme un raté par les autres français vivant au village, Lucien s’est habitué à ne plus faire attention aux moqueries de ces concitoyens. Marié à une femme qui a accueillie son amant, il ne se prive pas non plus pour entretenir des liaisons. Mais après que son patron l’ai humilié une fois de trop, Lucien l’assassine. Ce meurtre est le premier d’une série, Lucien étant déterminé à punir tous les hypocrites et fauteurs de trouble de son village.

Coup de torchon" de Bertrand Tavernier, un polar dans l'Afrique coloniale -  rts.ch - Cinéma
Chroniques du Cinéphile Stakhanoviste: Coup de torchon - Bertrand Tavernier  (1981)

Evidémment je connaissais Coup de torchon et pourtant je n’avais jamais eu l’occasion de le voir. J’ai beaucoup aimé le film, Lucien est un personnage qu’on a poussé à bout, qui a toujours pris sur lui et qui fini par péter les plombs. Il se venge à sa manière de tout ce qu’on lui a fait subir, parfois avec cruauté. Le film ne m’a pas ennuyé une seconde, on a de la sympathie pour Lucien malgré ses actes, il y a aussi beaucoup d’humour. Philippe Noiret est excellent dans le rôle tout comme Stephane Audran (que j’avais adoré dans le festin de babette) et Isabelle Huppert. Je ne m’attendais pas à autant aimé.

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de Bertrand Tavernier

Didier Bezace, Jean Paul Comart, Charlotte Kady, Niels Tavernier, Philoppe Torreton

5/5

Au début des années 90, Lucien un policier ordinaire et très compétent, change de brigade après avoir traité son chef d’incompétent. Il travaille désormais dans une brigade qui lutte contre le trafic de drogue à Paris. Il s’intègre rapidement avec ces nouveaux collègues, Marie, Dominique ou encore Manu. Il découvre vite le terrain et la réalité de la drogue, des gens dépendants, la pauvreté et la misère. Il a notamment une relation assez fusionnelle avec une prostituée séropositive qui lui sert d’indic.

Bertrand Tavernier filme le quotidien de policiers parisiens dans L.627

Gros coup de coeur pour ce film passé tard un soir à la télé. J’ai commencé en me disant que je m’endormirais surement devant, le film ayant commencé tard et durant 2h30, et ben absolument pas. Comme pour Coup de torchon, Tavernier sait captiver son public, on est tout de suite intéressé par Lucien et son travail de flic.

Base de données de films français avec images

Ici rien de spectaculaire, de mélo dramatique, pas de plan impressionnant, pas de cascades, on a presque l’impression de voir un documentaire, le tout très réaliste. Les locaux de la brigade sont au célèbre 36 quai des orfèvres, mais Lucien et ses collègues sont logés dans des préafabriqués qui tiennent plus du sauna que de bureau, les machines à écrire datent de l’antiquité, et les fournitures de bureaux nécessaires à la bonne marche du service sont plus difficiles à trouver qu’une place assise dans le métro 13 à l’heure de pointe. Pas de grosses têtes d’affiches dans ce film, mais les acteurs sont tous excellents. Le temps passe vite en regardant L627, c’est réaliste sans que ce soit terne ou trop dramatique, il y a beaucoup d’humour, on trouve les personnages tous sympathiques et on découvre un Paris loin des sites touristiques, avec parfois des immeubles ou des pâtés de maison qui donnent l’impression d’être dans une ville d’un pays pauvre ou en guerre, (notamment la concierge qui explique qu’il y a jamais l’électricité dans son immeuble, quand les policiers sonnent à sa porte en se faisant passer pour des agents EDF). Tavernier arrive à nous brosser un portrait de la police très réaliste, presque documentaire sans pour autant perdre ce côté cinéma et fiction ainsi que des personnages bien développés. Le film aurait fortement inspiré Maiwenn pour filmer son film Polisse que ça ne m’étonnerait pas. A voir absolument.

Le Juge et l'Assassin - film 1976 - AlloCiné

de Bertrand Tavernier

Michel Galabru, Philippe Noiret, Isabelle Huppert

4/5

A la fin du 19e siècle, Emile Bouvier est réformé de l’infanterie après avoir été blessé à la tête lors d’une bataille. De retour à son village, il espère épouser Louise, qui lui avait laissé l’espoir qu’elle dirait peut être oui. Cependant Louise ne veut plus épouser Emile. Ce dernier estime qu’il a bien mérité Louise et qu’il est assez bien pour elle, Emile ayant reçu une éducation correcte. Devant le refus insistant de Louise qui voit bien qu’Emile n’a plus toute sa tête, il lui tire dessus avant de se suicider. Mais les deux survivent à leurs blessures. Emile, après un temps passé en asile, est relâché faute de moyen. Malgré ses protestations, Emile est laissé livrer à lui même. Il parcourt alors la campagne en violant et tuant les bergères et bergers isolés qu’ils rencontrent sur sa route. Rousseau, un juge de province ambitieux découvre que le tueur en série est Emile et le fait arrêter quand il arrive dans sa région. Il fait croire à Emile qu’il comprend sa folie mais fait tout pour faire condamner Emile à mort, en espérant avoir ainsi une promotion.

Finale du film « Le juge et l'assassin » de Bertrand Tavernier – Anti-K

Michel Galabru a reçu le césar du meilleur acteur pour son rôle, l’un des rares rôles dramatiques de sa carrière. Tavernier aborde plusieurs thèmes dans ce film, la société de province de la fin du 19e siècle, la folie, le fonctionnement des asiles, le monde ouvrier aussi. On comprend au début du film que Emile a reçu une bonne éducation, il est assez cultivé et on devine qu’il est devenu fou suite aux coups reçus à la tête pendant ses années de soldat. Après sa tentative de meurtre et de suicide, il est d’abord interné dans un asile qui ressemble plus à une prison dans laquelle les conditions de vie sont excécrables, les patients traités comme des sous humains, battus et torturés, puis ensuite il intègre un asile plus moderne, où les médecins ont de nouvelles idées thérapeutiques. Emile peut être un homme charmant, intelligent et sociable avant de devenir un tueur sans pitié et sadique.

Le Juge et l'Assassin, un film de 1976 - Vodkaster

Philippe Noiret incarne un juge assez antipathique au final, qui ne cherche que sa gloire personnelle alors qu’Emile n’a cessé de réclamer son internement en asile depuis le départ. En arrière plan, Tavernier nous dépeint une société française de la fin du 19e dans laquelle les ouvriers n’ont pas le droit de grève, et où les enfants sont employés dans les usines comme des esclaves. Le juge Rousseau pour faire condamner Emile, souligne la cruauté qu’il a eu envers de jeunes enfants, alors que juste à côté du tribunal, les mêmes jeunes enfants sont torturés et battus en toute légalité dans les usines. Un film très intéressant, bien que j’ai pris moins de plaisir à le voir que les deux précédents.

Police Python 357 - film 1976 - AlloCiné

de Alain Corneau

Yves Montand, Simone Signoret, François Perier

3,5/5

Le commissaire Férot rencontre un peu par hasard la jolie et mystérieuse Sylvia avec qui il entame une liaison. Férot comprend vite que la jeune femme est entretenue par un autre amant mais accepte la situation. En réalité cet autre amant n’est autre que le commissaire Ganay, le supérieur de Férot, qui connait sa liaison avec Sylvia. Ganay a toujours eu des maitresses avec l’accord de sa femme, une riche héritière qui est malade et se déplace en fauteuil roulant. Mais un jour Ganay comprend que Sylvia va le quitter pour Férot et sur un coup de colère, l’assassine dans son appartement. Férot se voit confier l’affaire.

Police Python 357 - Film policier sur Télé 7 Jours
Police Python 357, polar à couper le souffle | Premiere.fr

On ne perd pas intérêt tout au long du film surtout à partir du meurtre. Yves Montand doit enquêter sur la femme qu’il aimait tout en taisant à ses collègues sa relation. Il comprend vite que tout l’incrimine dans l’appartement, et la police recherche activement son amant. Férot fait tout pour retrouver la trace de l’autre amant de Sylvia, sans savoir qu’il s’agit de son patron et tout en se débattant contre la montagne de preuves qui le désigne comme coupable. Bientôt son propre collègue et ami va se rendre compte que toutes les preuves désignent Férot qui se retrouve bien seul face à Ganay qui a le soutien de sa femme jouée par Simone Signoret, intelligente et futée, et qui va guider son mari pour être sur que personne ne remonte jusqu’à lui. La fin est haletante, un bon film policier avec de bons acteurs.

Achat Niagara en DVD - AlloCiné

de Henri Hathaway

Marilyn Monroe, Joseph Cotton, Jean Peters, Casey Adams

4/5

Ray et Polly Cutler, jeune couple marié, viennent passer des vacances aux chutes du Niagara dans un bungalow situé coté Canada. Ils ont pour voisin George et Rose Loomis qui se font remarqués par les autres vacanciers. Disputes, cris, Rose qui défilent en robes provocantes, n’hésitant pas à faire du charme auprès des autres touristes juste pour énerver son mari. Les deux couples sympathisent malgré tout et très vite, Polly surprend la jolie Rose dans les bras d’un inconnu, qu’elle comprend être son amant. En réalité, Rose a demandé à son amant de tuer son mari. Mais alors qu’on a retrouvé un corps au bas des célèbres chutes, Rose qui s’attent à identifié son mari, découvre que le corps est celui de son amant.

Niagara (Henry Hathaway, 1953) - Allen John's attic

J’ai lu pas mal de choses sur Marilyn Monroe, sa vie, sa carrière, j’ai vu des documentaires, des téléfilms qui racontent sa vie, et pourtant je n’ai pas vu beaucoup de films avec elle. J’ai seulement vu Certains l’aiment chaud et Le milliardaire ( qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable). J’ai aimé Niagara, ces deux couples que tout opposent, le couple de la classe moyenne, absolument conventionnel, et ce couple orageux, un mari jaloux et une épouse qui souhaite vivre libre. Quelques rebondissements, retournements de situations, une Rose si sur d’elle et de son plan qui se retrouve aux aguets, perdue et flippée. Marilyn Monroe est très bonne dans le film. Niagara aurait pu être un film d’Hitchcock (avec notamment le rôle que joue le son de cloche de l’église locale), aussi bien dans l’histoire que dans les personnages, un bon film noir avec une scène finale dans les chutes du Niagara très réussie.

The best offer, film de Giuseppe Tornatore - Bigmammy en ligne

de Guiseppe Tornatore

Geoffrey Rush, Jim Sturgess, Donald Sutherland, Sylvia Hoeks

2,5/5

Virgil Oldman est un commissaire priseur extrêmement réputé et respecté. Froid, calculateur, si tout le monde le connait et lui montre des marques de respects, il n’a ni famille ni vrais amis. Cela ne le dérange en rien, il aime sa vie, vit dans le luxe, ne dine que dans des palaces, et ne cotoie que des gens riches. Il n’a qu’une passion, son métier, toujours à la recherche de trésors pour les prochaines ventes aux enchères qu’il organise. Un jour il est contacté par une jeune femme, Claire, qui lui demande de venir estimer ses biens. Elle vit depuis sa naissance dans une très grande demeure de famille. Depuis la mort de ses parents, elle envisage de mettre aux enchères meubles, objets, peintures entassés par son père durant des années et qui seraient de véritables trésors. Mais si Virgil s’occupe d’estimer les biens avec toute une équipe qui investit la propriété immense, Claire reste invisible. En effet la jeune femme est agoraphobe et occupe une pièce cachée dans la maison, de laquelle elle ne sort jamais.

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Je suis tombée dessus complètement par hasard. Geoffrey Rush interprète un homme froid qui vit dans le luxe. Aucune chaleur dans son quotidien, sa maison ressemble à un palace cinq étoile dénué de personnalité, ses repas solitaires sont tous servis dans des restaurants. Sa rencontre avec la msytèrieuse Claire va tout changer, il se remet en question, et voit en Claire une deuxième chance. Finalement, il se rend compte qu’il n’a jamais connu le bonheur et ne souhaite rien d’autre que de vivre auprès de Claire.

Le film ne m’a jamais surpris dans son scénario. Les rebondissements et la révélation finale sont faciles à deviner dès le début du film. Le tout est très classique, reste un très bon Geoffrey Rush.

Julien a vu: They Live (Invasion Los Angeles, John Carpenter, 1988)

de John Carpenter

Roddy Piper, Keith David, Meg Foster

3,5/5

A Los Angeles, John Nada vient de débarquer dans la cité des anges et erre dans les rues à la recherche d’un travail. Embauché au noir sur un chantier, John s’installe aussi dans une sorte de bidonville dans lequel les marginaux et travailleurs pauvres vivent. Il remarque également l’activité très étrange d’une soi disant église qui aide les plus pauvres mais qui semblent cacher des activités parallèles. Quand les autorités débarquent pour tout saccager dans le bidonville et l’église, John est témoin de la fuite de certains employés de l’église. Il trouve dans les décombres une boite en carton remplie de lunettes de soleil. Mais quand il porte l’une d’entre elle, il se rend compte que le monde dans lequel il évolue est mensonge: les pancartes publicitaires cachent des messages subliminaux qui poussent les humains à consommer, se marier pour procréer, obéir sans conteste aux ordres des autorités. Et certains humains qui semblent tout à fait normaux apparaissent avec une tête d’extraterrestre. John comprend alors la vérité du monde et tente d’avertir la population.

John Carpenter – «Invasion Los Angeles (They Live)» (1988) | Culturopoing

J’en avais tellement entendu parler de ce film, depuis que je suis ado, mais je n’avais jamais eu l’occasion de le voir. Il a une sorte de statut de film culte. Le héros part en croisade contre cette société qui pousse la masse à consommer des objets dont ils n’ont pas besoin, à travailler sans relâche, à obéir au gouvernement sans broncher, à se marier pour procréer et fournir à la société une nouvelle génération d’esclaves silencieux. Les extraterrestres qui ont mis en place tous ces messages subliminaux qui passent par les publicités mais aussi par la télé, n’arrivent à exploiter la majorité de la population que grâce à la complicité d’une petite élite d’êtres humains, qui en échange de statut sociaux élevés et d’argent (promotion, accès aux postes les plus importants, accès aux informations qui permettent de s’enrichir sur les autres), trahissent leur propre espèce au profit de cette invasion silencieuse.

INVASION LOS ANGELES (They Live) de John Carpenter - 1988 - Globrocker

Invasion Los Angeles bénéficie d’un tout petit budget et ça se ressent. Effets spéciaux limités, tournage court, on sent le manque de moyen, mais le message reste le même et passe très bien. Si dans sa forme le film ne casse pas des briques, ni sur le déroulé de l’histoire, ni sur le jeu d’acteur, il reste intéressant à voir pour son fond. Il est devenu culte avec le temps, avec son message politique anti capitaliste, critique des médias de masse qui lobotomisent les cerveaux de la majorité de la population qui n’a pas d’autres sources d’information ni les clefs nécessaires pour accéder à la vérité et dans le film accéder à cette élite. A voir, personnellement je l’ai vu en vf qui est affreuse et qui donne un coté parodique au film, peut être que en vo ça passe mieux, mais finalement, ça ne m’a pas gêné.