Maud Evelyn de Henry James

3/5

Lady Emma raconte lors d’une soirée, l’étrange destin de Marmaduke, le fils de son époux. Amoureux de la jolie Lavinia, il l’a demande en mariage, mais elle refuse par coquetterie. Pour oublier sa déception, il part en Europe et rencontre les Dedrick, un couple qui a perdu leur fille unique, Maud Evelyn. Au lieu de rentrer rapidement en Angleterre, il passe plusieurs mois en Europe en compagnie de ce couple vieillissant. A son retour, Lavinia espère qu’il lui proposera à nouveau le mariage, décidé à lui dire oui, mais Marmaduke ne pense plus qu’au Dedrick et à la mystérieuse Maud Evelyn, disparue trop tôt.

Henry James est un auteur qui ne m’attire pas plus que ça. J’ai lu deux autres nouvelles de l’éccrivain, le tour d’écrou qui m’a laissé complètement froide et De Grey, qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable!

Maud Evelyn est une autre nouvelle, qui raconte l’histoire d’un homme qui vit dans une illusion totale. A travers les yeux de lady Emma, on apprend ce qu’est devenue Marmaduke après le refus de Lavinia de l’épouser. Un voyage en Europe et une rencontre étrange, un couple en deuil de leur fillette Maud Evelyn. Petit à petit, Marmaduke s’enfonce dans un délire étrange. Les Dedrick eux, passent du temps auprès de médium, mais Marmaduke n’y croit pas. A force de passer du temps avec les Dedrick, son esprit perd peut à peut le sens des réalités, croyant de plus en plus les propose des Dedrick. Petit à petit, Maud Evelyn n’est plus une fillette mais une jeune femme, et Dedrick décide d’en faire sa femme, pour donner à l’enfant mort, une vie d’adulte pour compenser sa mort prématurée.

Le récit est étrange, Lavinia, qui espérait revoir Marmaduke lui proposer le mariage une seconde fois, devient sa confidente, et soutiens Marmaduke dans son délire, n’osant pas le contredire. Pareil pour Lady Emma, qui finit par se rendre compte de sa douce folie, mais n’arrive pas à trouver le courage de lui mettre le nez dans le monde réel et finissant par jouer le jeu elle aussi.

Comme à chacune de mes lectures des écrits de Henry James, j’ai trouvé le style un peu lourd, un peu plombant, malgré un récit court, on doit s’accrocher un peu au récit pour le terminer, on s’attache difficilement à l’intrigue, on met du temps à rentrer dans l’histoire.

Une courte nouvelle qui permet une plongée dans la société anglaise de la fin du 19e siècle, ses convenances, ses règles sociales strictes.

Lu dans le cadre du Mois américain chez Titine.

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Long week end

de Joyce Maynard

4/5

Fin des années 80, Henry vit avec sa mère Adèle. Depuis le divorce de ses parents, Adèle vit comme recluse, ne sortant que très rarement de sa maison et Henry, qui en est au tout début de l’adolescence, passe son temps a essayer de rendre sa mère un minimum heureuse. Le week end du labor day vient de débuter, et une chaleur étouffante s’abat sur la cote est. Adèle et Henry se rendent exceptionnellement au supermarché pour acheter de quoi vêtir Henry pour la rentrée scolaire toute proche, lorsqu’ils sont abordé par Franck. Grand, musclé, un physique imposant, des blessures sanglantes, un air de fuir la police, bref, Franck n’a rien de rassurant à première vue et pourtant ni Henry ni Adèle n’alertera le public, ni le fils ni la mère ne refuseront à Franck de l’emmener dans leur maison. Peut être que Franck leur inspirait confiance, peut être qu’Adèle et Henry avaient un trop grand besoin de changement, de bouleversement, besoin qu’il leur arrive quelque chose.

J’ai vu le film il y a quelques mois au cinéma, et il m’avait plut. Ce ne fut pas un coup de coeur, mais j’ai beaucoup aimé, les acteurs, l’histoire, l’atmosphère…

L’histoire est raconté par Henry, donc tout est de son point de vue. Son récit est ponctuée de flash back, dans lesquels Henry nous en dit plus sur sa mère, son père, leur couple avant le divorce, les traumatismes que sa mère a vécut et qui explique les raisons de son repli sur elle même, de son éloignement de la société. On découvre à travers les yeux de Henry la personnalité complexe d’Adèle, sa passion pour la danse, sa passion pour l’amour, ses nombreuses fausses couche qui l’ont cassé.

J’ai beaucoup aimé passé ces quelques jours en leur compagnie, sentir la chaleur étouffante de l’été, voir Adèle s’épanouir sous les yeux de son fils, au fil des heures passées avec Franck, leur relation. J’ai beaucoup aimé lire Franck passé du temps avec Henry, s’occuper de la maison, redonner vie à cette famille brisée par la vie, laissée à l’abandon.

On suit le réveil à la vie d’Adèle, qui n’a jamais été aussi heureuse, on découvre le passé de Franck et on découvre aussi Henry, sa façon à lui de vivre la présence de Franck, qui sera plus un père pour lui en 6 jours que son véritable père en 13 ans. On le voit vivre les affres de l’adolescence, les doutes, les premiers signes de puberté.

Long week end c’est un livre sur l’adolescence, sur la parentalité, les relations parents enfants, sur les blessures de la vie, les trahisons de nos semblables, et on peut voir le roman comme une très belle histoire d’amour. C’est tout ça à la fois. Sans être un coup de coeur, ce fut une belle lecture, et de belles rencontres.

Lu dans le cadre du Mois Américain chez Ttitine.

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