Foxcatcher

Foxcatcher : Affiche

de Bennett Miller

Channing Tatum, Steve Carell, Mark Ruffalo

4/5

1987. ça fait 3 ans que les frères Schultz ont remporté leurs médailles d’or olympiques à la lutte gréco romaine. L’ainé, David, est marié et père de famille. Il entraine son jeune frère en vue des championnats du monde. Mark est alors contacté par John E Du Pont, un des hommes les plus riches des États Unis, qui lui propose de venir s’installer chez lui dans son grand domaine, afin qu’il puisse profiter des infrastructures qu’il a installé. Délaissé par la fédération officielle, complètement à sec, Mark accepte l’offre alléchante de monsieur Du Pont.

Foxcatcher : Photo Channing Tatum, Steve Carell

Foxcatcher baigne dans une atmosphère froide et sans joie, à la limite de la dépression. Mark et David, deux frères médaillés olympiques, vivent différemment l’après JO. L’un est marié, père de famille, content de sa vie, et se reconvertie en coach talentueux. Mark est célibataire, déprimé, seul, et passe ses journées à s’entrainer avec son frère, vivant dans une modestie limite, complètement délaissé par les officielles de son sport, il arrive à peine à subvenir à ses besoins.

Foxcatcher : Photo Channing Tatum, Mark Ruffalo

Foxcatcher, nous parle donc de beaucoup de choses, du sport de haut niveau, des sacrifices que ça implique, la solitude, Foxcatcher nous parle aussi des officielles de ce sport, qui ont quasiment abandonné les deux champions après leurs médailles, livrés à eux même, en particulier Mark, dont on sent la difficulté qu’il a eut de reprendre le quotidien.

Foxcatcher : Photo Channing Tatum, Mark Ruffalo

Le film nous parle aussi de ses deux frères, l’ainé qui a une vie plus stable, qui a su reporter son attention sur sa famille, ses enfants, et ne pas trop sentir le manque de la compétition, qui a su se reconvertir en coach talentueux, et Mark qui se sent perdu en dehors des compétitions, qui se sent perdu sans son frère, et qui voit dans l’offre de monsieur Du Pont, l’occasion de se démarquer de son frère ainé, et de remporter une médaille sans son soutien.

Foxcatcher : Photo Channing Tatum, Mark Ruffalo

Foxcatcher nous parle aussi de cet homme étrange et complexe, Du Pont, un homme extrêmement riche, puissant, enfermé dans son énorme domaine, autoritaire, qui sait impressionner par son dialogue, le jeune et naïf Mark. Au fil du film, on apprend à connaitre cet homme d’une cinquantaine d’année, qui s’avère en fait être un homme seul, écraser par le poids de sa mère qui n’approuve rien de son fils, qui ne l’a jamais respecté. Un homme qui a toujours rechercher l’approbation d’une mère passionner de chevaux, qui payait le fils du chauffeur pour qu’il soit l’ami de son fils quand il était petit.

Bennett Miller film Foxcatcher sombrement, pas une once de lumière, pas une once d’espoir, tout est sombre dans les humeurs, tout est assez dépressif. Du Pont est parfois pathétique, ridicule, un petit enfant pourri gâté, qui s’invente des problèmes et des psychoses pour faire face à un vide et un ennui profond, sans parler d’un isolement totale qui rendrait dépressif n’importe qui. Le casting reste incroyable, le point fort du film, avec un Channing Tatum méconnaissable, Mark Ruffalo en sage zen, et Steve Carrell en héritier despotique. Rien que pour les performances de ces trois acteurs, le film vaut la peine d’être vue, plus un sujet parfaitement traité et intéressant, à voir sans se renseigner sur la vie de ces personnages qui ont véritablement existé, ce serait se gâcher la fin du film!

Insaisissables

Insaisissables : Affiche

de Louis Leterrier

Mark Ruffalo, Morgan Freeman, Michael Caine, Isla Fisher, Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Mélanie Laurent

2/5

Daniel, Merritt, Henley et Jack, sont quatre magiciens de talents qui ne sont pas encore reconnus par leur public. Ils sont réunis par de mystérieuses cartes, dont le symbole les motivent tous à suivre les instructions. Un an plus tard, le quatuor joue les star sur les scènes des plus gros casinos de Las Vegas grace à leur spectacle, le tout financer par le grand homme d’affaire Tressler. Pour leur final à Las Vegas, ils arrivent à cambrioler une banque française à distance, et à redistribuer l’argent dans la salle, directement aux spectateurs. Alors que le FBI ne peut rien contre eux, les 4 préparent leur second coup à la Nouvelle Orléans, sous les yeux attentifs de l’agent Rhodes, qui a jurer de les arrêter, aider par Alma Dray, une agent française envoyée par Interpol.

Insaisissables : Photo Dave Franco, Isla Fisher, Jesse Eisenberg, Woody Harrelson

Bon alors pour être franche, cette semaine c’est la sècheresse coté sortie cinéma, d’ailleurs pour preuve, la salle affiche complet vue le peu de concurrences. Il faut dire que cette fin de mois de juillet est particulièrement inintéressante…Je suis donc allée voir Insaisissables sans m’attendre à quoique ce soit, d’ailleurs la bande annonce ne m’avait pas emballée.

Et que dire au final? et bien pas grand chose, beaucoup de bruit pour rien aurait très bien convenu comme titre, ça lui va comme un gant! Le film ne fait qu’enchainer scène spectaculaire sur scène spectaculaire, entre show de magiciens et course poursuite avec le FBI, le tout entrecoupé de scènes explicatives concernant la magie, la scène et les trucs utilisés par les show-man que sont les 4 chevaliers. Des scènes didactiques absolument ennuyants.

Insaisissables : Photo Mark Ruffalo, Mélanie Laurent, Michael KellyLe film n’est à aucun moment lent, d’ailleurs il arrive parfois que certaines scènes explicatives soient lourdes à voir, avec des dialogues qui fusent à vitesse grand V, comme si le réalisateur n’avait pas le choix et devait caser ces scènes un peu lourdes pour que le spectateur puisse comprendre. Elles passent tellement vite, qu’on a l’impression que quelqu’un à appuyer la touche avance rapide.

Les acteurs ne sont pas non plus à la hauteur, entre une Isla Fisher inexistante, pas plus que la simple assistante du magicien, pareil pour Jesse Eisenberg. D’ailleurs les acteurs jouant les 4 magiciens qui sont sensés être les stars du film, m’ont plutôt fait l’impression de jouer le rôle de jolis figurants. Seul Woody Harrelson sort son épingle du jeu. Morgan Freeman et Michael Caine font le minimum syndicale et s’en sortent un peu près. La palme revient à Mélanie Laurent, agaçante dans le sempiternel role de “la française”, qui parle avec son accent frenchie, qui raconte des anecdotes parisiennes, qui cite ses balades matinales sur le pont des arts, pfff…et Mark Ruffalo partage la palme avec la blonde, pas du tout crédible dans son rôle, on a du mal à le reconnaitre…

Insaisissables : Photo Michael Caine, Morgan Freeman

Quant au scénario, est-on surpris ou “sur le cul” en sortant de la séance? et bien non, beaucoup de bruit, de fureur, de parlotte pour finalement pas grand chose, tout ça pour ça en gros. On a l’impression que le réalisateur ou le scénariste, au choix, a voulu à tout prix surprendre, embobiner le public, peu importe comment. En gros, il n’y a pas de fond, pas de raison, pas de but à tout ce chambardement. On prend la solution finale qui parait la moins évidente et on nous la balance en espérant que la digestion se fasse. Tout est complexifié à outrance en espérant que personne ne remarque pas l’arnaque. Là où un Usual suspect impressionnait par son final et par sa conclusion toute simple, Insaisissables est inutilement compliqué, faussement surprenant, les clichés sont juste un peu mieux emballés et encore, et la fin ridicule.

En bref, une histoire sans intérêt, des surprises qui n’en sont pas, de la poudre aux yeux sauf que ça ne prend pas et des acteurs pas au top (en particulier Laurent et Ruffalo), même si quelques scènes font sourire. SI vous avez mieux à faire passez votre chemin.