Le passeur de Lois Lowry

de Lois Lowry

4/5

Jonas, 12 ans, vit dans un monde réglé comme une horloge. Cette société futuriste ne laisse place à aucune imagination, ne laisse aucun choix à ces habitants. Ainsi les habitants de ce microsome sont constamment surveillé, des règles de politesse et de savoir vivre très strict sont respecté à la lettre. des médicaments permettent de refréner tout sentiments et émotions. Tout ce qui peut entrainer la destruction ou l’évolution trop brutale de leur société est banni, le libre arbitre, les choix, la liberté, et surtout les émotions. Jonas vient d’avoir 12 ans et lors d’une cérémonie il se voit attribuer son futur métier et rôle dans la société, il sera le nouveau dépositaire de la mémoire passée. Il sera celui qui apprendra le passé et l’histoire douloureuse de l’humanité afin de mieux conseiller les dirigeants qui eux reste dans l’ignorance du passé. Mais si devenir le nouveau dépositaire est un honneur, c’est aussi un statut qui plonge le dépositaire dans une profonde solitude.

A l’occasion de la sortie du film adapté du roman, je participe à une lecture commune organisée par Adalana, l’occasion pour moi de lire ce roman qui prend la poussière depuis plusieurs années dans ma bibliothèque.

Le livre est assez court, et on met du temps avant d’apprendre la vraie nature de la société dans laquelle vit Jonas et ce que cache le dépositaire aux autres citoyens. Le roman est court, et c’est assez impressionnant de voir comment l’auteur à réussi à nous présenter toute une société, tout ces défauts, tout ces personnages en peu de pages et peu de fioriture, malgré le nombre de pages limité, on apprend suffisamment de chose pour comprendre le monde inventé par l’auteur et s’attacher à certains personnages.

Dans le petit monde de Jonas, les citoyens doivent respectés des règles qui peuvent paraitre absurdes mais qui permettent de gérer les émotions et qui permettent de maintenir un ordre impeccable. Le matin, les enfants et les parents doivent se raconter leurs rêves, le soir, ils doivent se raconter leurs journées, et les choses qui ont pu les contrarier. A chaque âge correspond une cérémonie, à 8 ans, on doit abandonner son objet de bien être (doudou), à 12 ans, on nous attribue un métier, et on commence l’apprentissage de ce dernier, pour être utile à la société. A l’âge adulte, on peut demander un conjoint, qu’on ne choisit pas, et ensuite demander un enfant, qu’on ne procrée pas, une mère porteuse s’en charge. A la puberté et jusqu’à la vieillesse, on prend des médicaments qui annihile les émotions et les sentiments. Les personnes jugées inaptes (les personnes âgées et certains nourrissons) sont “élargis”.

Si la société de Jonas ne comporte ni violence, ni injustice, ni délinquance, ni crime, ni manque, ni pauvreté, elle est aussi froide, stérile, aseptisée, bridée. Ces citoyens ne décident de rien, et ne se révoltent contre rien, ils ne ressentent pas d’amour, pas même pour leur enfants, qu’ils élèvent à la perfection ceci dit.

Le roman se lit vite, mais comme dans le monde de Jonas, l’histoire, et les personnages sont un peu froids. Jonas en tant que dépositaire, arrête de prendre ses médicaments, et commence à ressentir toutes sortes d’émotions, révolte, colère, solitude, mélancolie, déprime, amour pour le nourrisson que ses parents gardent pour quelques semaines. Il comprend ce que veut dire le terme élargir. L’auteur nous présente une société parfaite, sans tâche, mais pour que l’humanité arrive à ce résultat, il faut déposer sa liberté et son libre arbitre, éliminer toute individualité et se défaire de son humanité. Lois Lowry nous montre le prix a payer et nous montre que ce prix est bien trop cher. Il se dégage une certaine froideur du récit, à l’exception de la relation entre Jonas et le passeur, seule relation qui implique des émotions humaines pures.

Si ce n’est pas un coup de cœur, Le passeur est vraiment une lecture intéressante et qui fait réfléchir les jeunes lecteurs. La réflexion est privilégiée par rapport à l’action, contrairement aux autres romans jeunesse du même genre qui se sont plus que clairement inspiré du passeur. On pense un peu à Hunger games, mais on pense surtout à Divergente, qui reprend pas mal d’éléments du roman de Lowry. ça m’a donné envie de lire les trois autres romans qui se déroulent dans le même monde que celui de Jonas. Par contre, en regardant la bande annonce de l’adaptation cinéma, on se demande si ils n’ont pas juste pris l’idée de départ pour faire tout autre chose, la bande annonce laisse penser que le film s’est beaucoup trop éloignée du roman de départ. Le film sort aujourd’hui, j’essairais de le voir dans la semaine;