L’âme des horloges de David Mitchell

L'âme des horloges par Mitchell

4,5/5

1984, Holly Sykes a 15 ans et après une énième dispute avec sa mère, décide de fuguer du foyer familiale estimant que quelques jours à s’inquiéter de son sort fera du bien à sa mère. Ses errements lui rappelleront certains aspects de son enfance qu’elle ne s’explique pas. Ces quelques jours auront un impact immense sur le reste de sa vie. 1991, Hugo Lamb est un étudiant de bonne famille mais qui ne possède pas l’héritage aristocrate de ces camarades de classe de l’université d’Oxford qu’il fréquente. Ambitieux, sans pitié, Hugo cache derrière une camaraderie factice, un manque totale d’empathie. En cette fin d’année 1991, il fera deux rencontres déterminantes. 2015, Crespin Hershey n’est plus que l’ombre de lui même. Autrefois écrivain à succès, il n’écrit plus rien de valable, son mariage est un échec il jalouse le succès des autres écrivains plus jeunes, notamment celui d’une certaine Holly Sykes. Tous ces personnages sont malgré eux entrainés dans une guerre invisible qui les dépasse et qui met en scène deux groupes qui vivent depuis des centaines de siècles…

Depuis que j’ai découvert David Mitchell avec les 1000 automnes de Jacob de Zoet, j’ai adoré tous les romans de cet auteur, Cloud atlas, Écrits fantômes, Number9dream, Black swan green. L’âme des horlogers ne fait pas exception, c’est encore un gros coup de cœur.

Comme pour les autres romans de l’auteur, on retrouve certains personnages secondaires de ces autres romans comme Marinus qui était dans Les 1000 automnes de Jacob de Zoet, ou encore Hugo Lamb qui apparaissait dans le roman Black Swan green. Si les intrigues diffèrent toujours, et qu’il n’y a pas de liens entre elles, les personnages restent toujours l’élément qui lient les différents romans.

Certains thèmes aussi reviennent, comme la réincarnation, la transmigration, l’humanité. Mitchell aime décrire l’humain, ce dont il est capable, du pire et du meilleur, de sa capacité à se sacrifier pour autrui, de sa capacité à s’autodétruire, de sa générosité, de son égoïsme, de son égocentrisme, de son ambition.

Comme dans cloud atlas, le roman est divisé en plusieurs parties se passant à des époques différentes et mettant en scènes des personnages différents. C’est plusieurs parties plus tard qu’on découvrira de manière détournée ce qui est arrivé au personnage qui tenait le rôle principale de la première partie.

On débute en 1984 avec l’histoire qui peut sembler banale d’Holly, une ado de 15 ans qui fugue suite à une dispute violente avec sa mère. Comme beaucoup d’ado de son age, Holly est persuadée avoir tout compris de la vie, des gens, que son petit copain est l’homme de toute sa vie future.

L’histoire tournera toujours autour d’Holly et de certaines dispositions qu’elle possède et qui fait d’elle un personnage à part. En 1991, on la retrouve en Suisse au travers des yeux et de l’histoire d’Hugo Lamb, un étudiant d’Oxford en vacances avec ces camarades qui ont l’avantage d’être tous issu de l’aristocratie anglaise, alors que lui ne l’est pas. On découvre un étudiant qui sous un aspect sympathique et solidaire n’est en fait qu’un loup solitaire, imbu de lui même, ambitieux et prêt à tout, limite sociopathe.

En 2004 on retrouve Holly Sykes au travers des yeux de son fiancé, Ed Brubeck, reporter de guerre. En 2015 on retrouve Holly au travers de Crispin Hershey, la cinquantaine, écrivain autrefois de génie qui  peine aujourd’hui a sortir un livre suffisamment potable pour être éditer. Il surf sur son succès d’antan, digère son récent divorce, alors qu’une certaine Holly Sykes bat tout les records de vente avec son historie personnelle.

On retrouve ensuite Holly en 2025 dans une partie beaucoup plus fantastique, parlant de transmutation, l’un thème récurrent de Mitchell, ces âmes qui peuvent changer de corps à volonté, ou ces âmes qui se réincarnent à chaque mort.

Enfin on retrouve Holly en 2043. Mitchell nous dépeint un futur apocalyptique. Là aussi c’est un thème qui revient régulièrement dans ses romans, une humanité qui se disloque, qui paye les excès des générations passées, un futur assez noire sans grand espoir. Une dernière partie assez sombre et déprimante.

J’ai été pris par l’intrigue, par les différents personnages tous intéressants, toutes leurs histoires prenantes. On a du mal à reposer le roman et les pages tournent toutes seules comme c’est souvent le cas avec les romans de Mitchell. Il y a quelque chose de particulier qui se dégage de ses romans; L’âme des horloges est un roman qui nous colle à la peau, qu’on a du mal à oublier la dernière page tournée. C’est assez fascinant de voir la vie d’Holly Sykes, de son adolescence à ces derniers jours, parfois de manière indirecte, aux travers des vies et témoignages des autres personnages qui vont croisés sa route.

J’ai particulièrement aimé la partie centrée sur Crispin Hershey, c’est bourré d’humour cinglant, de cynisme, d’humour noir. Crispin Hershey, ce romancier si prometteur qui n’a pas sur transformer l’essai et qui nous raconte ses déboires et désillusions en s’adressant directement aux lecteurs. Il m’a rappelé Timothy Cavendish, l’éditeur raté du roman Cloud Atlas.

Un gros coup de cœur donc pour ce roman de David Mitchell, qui devient l’un de mes romanciers préférés, puisque j’ai aimé tous ses romans jusqu’ici. Me reste dans ma pal son dernier Slade House.

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Dernières lectures : Le sorceleur tome 2 l’épée de la providence – The innkeeper serie d’Ilona Andrews – La source de Estelle Vagner – Le nuage d’obsidienne

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Le sorceleur tome 2, L’épée de la providence

de Andrzej Sapkowski

4/5

On retrouve Géralt le sorceleur sur la route comme à son habitude, qui va de rencontre en rencontre, de pays en pays. Il va retrouver au fil de ses aventures, son ami le barde Jaskier, son amour la sorcière Yennefer et il va aussi rencontrer son destin, en la personne de Ciri, une fillette pas commune.

Après avoir lu le tome 1 je retrouve Géralt dans une nouvelle suite d’histoires indépendantes les unes des autres. Il y aura une chasse au dragon qui n’est pas ce qu’il semble être, une histoire qui me rappelle fortement les hobbits et la comté, un triangle amoureux avec Yennefer au centre, une histoire d’amour contrarier entre un seigneur et une sirène. On retrouve l’humour, les histoires fantasy bien racontées, l’univers de Géralt qu’on découvrait dans le premier tome, un recueil de nouvelles. Les deux dernières nouvelles font le lien avec une des histoires importantes racontées dans le premier tome. Geralt rencontre Ciri qui serait sa destinée, et qui permet de faire le lien entre les différentes petites nouvelles des deux premiers tomes et la suite des histoires de Géralt et de son entourage, qui seront développés dans les prochains tomes. J’ai donc hâte de lire la suite.

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The innkeeper serie

de Ilona Andrews

3/5

Dina est une “innkeeper”, elle est humaine mais s’occupe d’un bed and breakfast pas comme les autres, une auberge destinée aux extraterrestres de passage. L’univers est vaste, les créatures extraterrestres multiples et nombreuses. Un pacte très ancien permet à la Terre de vivre sans être détruite, colonisée ou exploitée par une race extraterrestre plus évoluée. Aucun extraterrestre ne doit révéler aux être humains de la Terre leur existence. En contrepartie, ils peuvent considérés la terre comme une escale paisible lors de leur voyage intergalactique. Ils doivent alors être discret et ne séjourner que dans les b&b tenus par les innkeepers qui sont liées biologiquement, magiquement et spirituellement à leur auberge. Relation qui leurs octroi des pouvoirs issus de leurs auberges qui leurs permettent de protéger et accueillir les extraterrestres. Leur mission première est la protection de leurs hôtes, qu’ils doivent servir au mieux.

J’aime énormément les deux autres séries écrites par Ilona Andrews et son mari, à savoir la série Kate Daniels, sa première série qui se terminera en aout avec le 10e et dernier tome et la série The hidden legacy composée de trois tomes. Les deux séries m’ont énormément plut, je me suis donc lancée dans cette 3e série encore inédite, the innkeeper. Je dois dire que l’histoire de Dina the innkeeper ne m’a pas autant plut. Le premier tome est réussi, on retrouve ce mélange d’urban fantasy, d’originalité, d’humour et de personnages intéressants. Dina est une jeune femme qui sous des apparences fragile reste une puissante innkeeper aux pouvoirs plus puissants qu’il n’y parait. Sa relation symbiotique avec son auberge est intéressante.

Les personnages qui gravitent autour de l’héroïne sont tous tout aussi intéressants, Sean le voisin loup garou, Arland un vampire guerrier de l’espace ou Lady Caldonia une dame dangereuse. J’ai moins aimé le second tome, l’histoire ne m’a pas passionnée des masses, j’ai ressenti quelques longueurs, même si j’ai aimé retrouver les personnages du premier tome et faire la rencontre du cuisinier de l’auberge, qui apporte de l’humour. J’ai préféré le 3e tome, dans lequel Dina tente de protéger de l’extinction l’un des derniers représentant d’une race victime d’un génocide, en lui accordant asile. J’ai beaucoup aimé le personnage de Maud, la sœur de Dina et surtout sa fille, moitié vampire, Hélène au caractère bien trempée, et aux réactions bien étranges; Une série sympathique même si elle ne m’a pas autant divertie que les deux autres séries écrites par l’auteur, ça reste une lecture détente agréable. L’auteur écrit d’ailleurs une histoire centrée sur Maud et sa fille, disponible gratuitement sur le blog de l’auteur.

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La source

d’Estelle Vagnier

3/5

Suite aux évènements des deux premiers tomes de la série, on retrouve Kayla en compagnie de Jeremiah et Jade en route vers la Source, qui permettra à Kayla d’obtenir tout le potentiel de ses pouvoirs et espérer ainsi avoir une chance de vaincre son ennemi éternel.

J’ai donc terminé la série de roman jeunesse que j’avais commencé l’année dernière. J’avais aimé l’héroïne, attachante, sympathique. J’ai aimé voir une héroïne forte et indépendante, et les personnages secondaires étaient aussi attachants, entre Jade, Jeremiah ou encore Max.

J’ai trouvé l’histoire intéressante, originale et bien ficelée. La fin est assez originale aussi et pas décevante, comme c’est souvent le cas dans les séries fantastiques young adult.

L’écriture est parfois un peu trop orale, il n’y a pas beaucoup de description, c’est pas toujours bien écrit, mais cette trilogie offre une lecture détente et agréable.

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Le nuage d’obsidienne

de Eric McCormack

4/5

Harry Steen, la cinquantaine, est de passage au Mexique pour une convention professionnelle. Par une après-midi pluvieuse, Harry trouve refuge dans une librairie poussiéreuse. Il découvre en se baladant entre les piles de livres, un ouvrage nommé Le nuage d’obsidienne qui mentionne le village écossais de Duncairn, un lieu dans lequel Harry a vécu un épisode de jeunesse qui a bouleversé sa vie et qui a déterminé sa destinée. Harry se replonge alors dans son passé.

La découverte d’un livre qui rappelle à un homme un évènement qui a définit le restant de sa vie. On fait la connaissance de Harry à travers ses souvenirs, son enfance dans les quartiers pauvres de Glasgow auprès de parents aimants dans les années 30, ses études universitaires dans les années 40, son passage dans le fameux village de Duncairn dans lequel il vécut une histoire qui le bouleversa au point de chambouler sa vie entière. Au lieu de devenir un instituteur à Duncairn, Harry deviendra marin, débarquera en Afrique, rencontrera un médecin canadien, partira en Amérique du sud pour enseigner l’anglais à des mineurs.

J’avais adoré L’épouse hollandaise du même auteur, qui fut un coup de cœur. Le nuage d’obsidienne ne m’a pas autant plut que l’épouse hollandaise, mais j’ai beaucoup aimé ma lecture. On retrouve ici le style mystique de McCormack, son écriture fluide, une fois commencé le roman se lit d’une traite, les pages tournent toutes seules. Toute une vie défile à travers les pages du roman, l’enfance, la jeunesse, l’entrée dans l’âge adulte, la maturité.

Comme dans l’épouse hollandaise, on voyage beaucoup, en Afrique, en Amérique du sud, en écosse, au canada.  Entre deux moments importants dans la vie de Harry, l’auteur s’interroge à travers le personnage d’Harry sur l’amour, ce qu’il représente, sur la passion, la raison, le raisonnable, le sens de la vie, les espérances, la différence entre la vie que l’on mène et la vie que l’on s’était imaginée. Un beau roman.

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Iron and magic

de Ilona Andrews

3,5/5

Hugh, ancien bras droit de Roland, le plus puissant être vivant, ne se remet pas d’avoir été exclu par celui qu’il considérait comme son père. Mais il est aussi le leader des Iron dogs, et il a la responsabilité de la survie de ses hommes qui placent la loyauté au dessus de tout. Sans argent, sans moyens ni appui depuis sa déchéance, Hugh recherche désespéramment un refuge. L’un de ses hommes lui parle alors d’un château occupé par une sorte de sorcière, Elara et tout son peuple. Elle a besoin de soutien logistique pour assurer la sécurité de son peuple face à une menace qu’elle ne peut gérer et il a besoin d’un refuge pour lui et ses hommes. Afin de faire illusion d’une parfaite alliance aux yeux de tous leurs ennemis respectifs, Elara et Hugh scellent leur association par un mariage. La cohabitation n’est pas facile, Elara et Hugh ayant des personnalités fortes, chacun possédant ses propres démons et un passé trouble.

Voila le premier tome d’une nouvelle série urban fantasy écrite par Ilona Andrews, spin off de la série des Kate Daniels, puisqu’on retrouve Hugh, le bras droit de Roland, le père de Kate. Après le tome 7 de la série des Kate Daniels, Hugh se voit écarter par Roland qui n’a pas apprécié ses initiatives concernant sa fille Kate.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome. Hugh qui était un méchant dans la série des Kate Daniels ne se transforme pas en gentil agneau dans ce roman dont il est le héros. On en apprend beaucoup sur son enfance, ses origines, sa rencontre avec Roland, sa relation avec ses hommes les Iron dogs, armée légendaire de Roland. J’ai beaucoup aimé la relation avec Elara, les deux caractères difficiles se clash à tout bout de champs. Elara fait penser à Danaerys de Game of throne sur le plan physique, mais la comparaison s’arrête la. On découvre rapidement qu’elle n’est pas qu’une simple sorcière mais une créature mystérieuse, dangereuse, hors norme. On apprend aussi qu’elle traine des démons, un lourd passé, et qu’elle et son peuple se sont autrefois séparés d’un autre groupe, pourquoi, on ne nous le dit pas encore.

On retrouve ce qui fait le succès des séries écrites par Andrews, l’action, un univers bien décrit et bien défini, des personnages forts et beaucoup d’humour. Les deux personnages principaux sont passionnants à suivre, mais les personnages secondaires ne sont pas en reste. Comme dans les autres séries de l’auteur, elle ne néglige pas les personnages qui gravitent autour du couple principale, et j’ai hâte d’en apprendre plus sur certains d’entre eux.

 

 

Dernière lecture: Kayla Marchal tome 2: L’ascension de Estelle Vagner – Le joueur de croquet de HG Wells – Hidden legacy tome 2: White hot – Park life de Shuichi Yoshida

L’ascension

de Estelle Vagner

3.5/5

Le tome 2 des aventures de Kayla Marchal. On retrouve donc Kayla et Jade qui découvrent la vie des polymorphes et du clan des protecteurs. Elle est sensée s’entrainer à développer son pouvoir et à trouver sa deuxième forme animale, mais hélas pour elle rien ne fonctionne. Alors qu’elle pensait enfin trouvée sa place parmi les polymorphes, elle comprend très vite qu’elle n’est pas acceptée par les autres. Encore une fois, elle a l’impression de ne pas être à sa place et de ne pas être acceptée. Heureusement elle trouve du réconfort auprès de Jade, mais Max lui manque énormément. Les mois passent et elle n’a aucune nouvelle…les choses auraient pu continuer ainsi si Kayla n’avait pas découvert le véritable but des polymorphes protecteurs. Elle décide alors qu’il est temps d’aller voir ailleurs.

j’avais beaucoup aimé le premier tome des aventures de Kayla. Les dialogues sont parfois un peu trop ado mais il faut dire que l’héroïne n’a que 18 ans. J’ai moins aimé le début du roman, lorsque Kayla et sa nouvelle copine Jade sont coincés dans les quartiers des Protecteurs et qu’elles sont obligées de suivre des cours. Le coté lycée n’était pas des plus passionnant, mais heureusement cette partie là passe très vite. On se retrouve donc ensuite dans le vif du sujet, et dans tous ce qui a fait que j’ai aimé le premier tome: de l’action, des rebondissements, de l’aventure, de l’humour. On découvre grâce à Jeremiah, l’univers des Traditionalistes.

Avec les rêves de plus en plus vivant et détaillés de Kayla, on découvre enfin ses vies antérieures, notamment le passé de Kania et Max/Mydan, mais aussi une autre vie antérieure plus lointaine. Les rêves apprennent à Kayla sa destinée et les sacrifices qu’elle a fait et qu’elle devra surement faire encore.

Une lecture très sympa, parfois légère, parfois drôle, Kayla évolue doucement, et les personnages secondaires sont pour la plupart attachant. Je lirais le 3e tome avec plaisir.

 

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Le joueur de croquet

de HG Wells

4/5

Dans les années 30, George est un homme de la bonne société, oisif et lisse. Il dépend du bon vouloir de sa riche tante, avec qui il passe tout son temps. George boit, voyage, et joue du croquet, sport dans lequel il excelle. Bref, George est un anglais respectable. Il est un jour aborder sur la terrasse d’un hôtel par le docteur Finchatton, qui lui demande s’il peut lui raconter ses mésaventures récentes afin d’avoir l’opinion d’un homme extérieur. Finchatton lui raconte comment il est devenu médecin dans une petite ville paumée. Il a été témoin de certains faits qui l’ont persuadé que le mal à l’état pure agissait dans la région, au point de hanter ses nuits et ses rêves et de perturbé sa tranquillité.

Je suis tombée sur ce court roman un peu par hasard et j’ai tenté le coup. Le roman se passe exclusivement sur la terrasse de cet hôtel dans lequel le héros, George, va rencontrer Finchatton, persuadé d’avoir été contaminé par le mal qui règne dans la ville où il est établi. Un petit roman étrange. J’ai été intéressée par l’histoire de Finchatton; est t-il tout simplement fou, l’est-il devenu en se laissant convaincre que le mal est contagieux, ou a t-il vraiment été témoin du mal qui prendrait véritablement forme? Tout est sujet à questionnement dans ce roman, même le médecin psychiatre de Finchatton n’est pas dénué d’ambiguïté; est-il fou lui aussi? a t-il été contaminé par Finchatton? et si c’est le cas, George va t-il être contaminé aussi?

Ce qui sauve George de la folie finalement, c’est tout simplement son caractère. George est un anglais dilettante, qui ne se prend pas la tête, qui a des idées très terre à terre et zéro imagination. Ce qui intéresse George c’est d’en faire le minimum, de se prélasser le maximum et de satisfaire sa tante qui tient les cordons de la bourse, alors le mal, la folie et la contagion il s’en fout, et c’est finalement ça qui le sauve.

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Hidden legacy tome 2: White hot

de Ilona Andrews

4/5

Nevada Baylor est toujours détective privée et tente de se remettre des évènements récents (Burn for me tome 1). Mad Rogan n’a pas reparue dans sa vie et c’est tant mieux, du moins le pense t-elle. La routine a repris  le dessus jusqu’à ce que Cornelius Harrison sonne à sa porte. Sa femme a été sauvagement assassinée en compagnie de plusieurs autres collègues de travail. Il aimerait venger la mort de sa femme, d’autant que son employeur ne semble pas intéressé de le faire. Nevada accepte l’affaire et doit pour enquêter, remettre les pieds dans le monde des Primes, ces êtres qui ont des pouvoirs importants et qui les placent au dessus du commun des mortels.

Bon je ne comprend toujours pas les couvertures affreuses pour cette série. En plus d’être vraiment très moches, elles donnent l’impression qu’on est sur le point de lire des romans arlequins ou érotiques, alors que non, ce n’est pas le cas. C’est d’ailleurs à cause de la couverture que je ne m’étais lancée dans la lecture du tome 1 Burn for me, que un an après sa sortie alors que je suis très fan des romans d’Ilona Andrews. Heureusement j’ai lu des articles qui m’ont fait réalisé que c’était bien de l’urban fantasy avant tout.

Dans la série des Hidden legacy, nous sommes dans un monde qui pourrait être le notre aujourd’hui mais qui a été chamboulé à la fin du 19e siècle par l’invention d’un sérum qui permet aux êtres qui se l’injecte de développer des pouvoirs extraordinaire comme la télékinésie, la télépathie, contrôler les éléments, ou autre. Certains développent des pouvoirs à un niveau très élevé, d’autre à un niveau minuscule. Ces pouvoirs pouvant se transmettre d’une génération à l’autre, ces personnes sont très vite rangées dans des cases selon le niveau de la magie. Moyen, élevée, ou encore Prime, qui sont les plus puissants. Ce ne sont plus des “familles” mais des “maisons”, qui suivent leurs propres règles, qui ont leurs propres institutions, même si ils respectent un minimum les êtres humains lambda et leurs lois pour ne pas soulever la haine et la rébellion de la population. Pour les membres des “maisons”, les mariages sont arrangés selon les pouvoirs des uns et des autres, dans l’espoir qu’une union engendrera des enfants puissants, avec des mélanges de différents types de pouvoir. C’est dans ce contexte qu’on fait connaissance dans le précédent tome de Nevada, dont le pouvoir est de savoir si quelqu’un ment ou pas. C’est un pouvoir rare et facile à cacher. Seule sa famille le sait et pour le reste du monde Nevada n’est qu’une simple petite détective privée qui s’occupe surtout d’infidélité.

J’ai adoré ce tome. On retrouve Nevada et toute sa petite famille, la mère ancienne militaire, la grand mère Frida qui adore bricoler les tanks dans le garage, Catalina et Arabella, les deux jeunes sœurs de Nevada et Leon et Bern ses deux cousins. On en apprend plus sur les origines de Nevada, d’où vient son pouvoir, on en apprend plus aussi sur les sœurs et cousins de Nevada qui ont eux aussi des pouvoirs intéressants.

Il y a beaucoup d’actions, beaucoup d’humour aussi, les dialogues sont toujours très drôles à lire, comme c’est déjà le cas dans les autres romans de Ilona Andrews (Kate Daniels). J’aime vraiment les romans urban fantasy de cette auteur, surtout pour ses héroïnes, toujours des personnages forts, déterminés, indépendants. Contrairement à son personnage de Kate Daniels, Nevada ne sait pas se battre et n’a pas de capacité physique particulière, mais son pouvoir devient de plus en plus maitrisé et puissant. Et surtout Nevada gère beaucoup de choses, j’adore son indépendance d’esprit, son coté malin. J’ai adoré son évolution. Avec des pouvoirs de plus plus puissant, elle devient quelqu’un qu’elle n’est peut être pas prête à assumer.

J’ai beaucoup aimé l’intrigue aussi, Cornelius est un personnage sympathique tout comme sa petite fille entourée d’animaux magiques; et puis bien sur le roman tourne beaucoup autour de la relation entre Nevada et Rogan qui évolue énormément. C’est drôle, bourré de rebondissement et d’action, on ne voit pas les pages tournées. Il se sera passé quasiment 3 ans pour que la suite sorte mais heureusement le tome 3 écrit dans la foulée sortira fin juillet 2017. J’ai hâte de le lire,  on devrait notamment voir la confrontation entre Nevada et sa grand mère paternelle.

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Park life

de Shuichi Yoshida

3.5/5

Un employé de bureau, son chef direct, une jeune employée de bureau, un vieux monsieur qui s’amuse avec son drone, une dame qui fait du jogging, un homme d’âge mur qui fait des exercices d’équilibre, tout ce monde se croise dans le parc Hibiya à Tokyo.

Park life parle du quotidien d’un jeune tokyoïte comme beaucoup d’autre. Célibataire, solitaire, employé de bureau, pas trop d’ambition. Il passe alors toutes ses pauses dans le parc à coté de son bureau, parfois seule, parfois en compagnie de son chef avec qui il a des discussions sur le sens de la vie. Il y a aussi la mystérieuse jeune femme qui vient tous les jours boire son café dans le parc avec qui il sympathise.

On le suit dans l’appart d’un couple d’amis qui se sont séparés et qui lui ont laissé les clés pour un temps indéterminé. ça tombe bien, puisque sa mère est de passage à Tokyo et squatte son appartement, comme elle le fait tout les ans pour quelques jours, pour respirer un autre air que celui de sa maison et pour voir d’autre tête que celle de son mari. La relation mère fils est parfois drôle.

Il y a une ambiance douce amère qui se dégage du roman, des petites choses du quotidien qui n’ont pas de réels importance. Le roman est court, il n’est pas exceptionnelle, mais j’imagine qu’entre les mains d’un bon scénariste et d’un bon réalisateur, ça pourrait faire un chouette film plein de douceur.

 

Chemin de croix de Ken Bruen

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de Ken Bruen

4/5

Jack Taylor, le détective privée irlandais est toujours en proie à ses démons. L’alcool, la culpabilité, son passé trouble. Alors qu’il est confronté à un drame personnel, on lui demande d’apporter sa lumière sur une enquête difficile, le meurtre d’un jeune homme qui a été retrouvé crucifié. En même temps, le représentant d’un quartier bourgeois lui demande son aide sur la disparition de plusieurs chiens.

Toujours un plaisir de retrouver Jack Taylor, ses démons, son passé, son alcoolisme, sa solitude, et les horreurs qui croisent sa route. Comme dans chaque tome, Jack est un survivant. Cody, son nouveau pote qu’il considère comme un fils d’adoption, se meurt à l’hopital, et tout son monde s’écroule. Comme pour la météo irlandaise, à chaque fois qu’un rayon de soleil arrive à éclairer la vie de Jack un gros nuage bien sombre vient gacher la fête.

Avec tout les malheurs qu’il a vécut ou dont il a été témoin, on se demande comment Jack réussi à continuer, à vivre chaque jour, à se lever de son lit, et à ne pas retomber dans l’alcool. Car ça fait bien trois tomes qu’il n’a pas bu une goutte, et on se demande comment il tient, tant les mauvaises nouvelles s’enchainent pour lui.

Avec Ken Bruen, même en faisant subir des choses bien difficiles à son personnage central, on ne ressent jamais de malaise, de mélancolie, de tristesse. Les dialogues fusent comme dans chacun de ses romans, toujours le même style littéraire qui me plait: phrase courte, dialogues bien tournés, avec le lecteur qui suit les pensées de Jack, qui avance dans les rues de Galway à ses coté, comme un témoin muet et invisible. On se promène entre les pubs, les resto, les quartiers bobo, les quartiers populaire avec une ville en pleine transformation, des immeubles anciens démolis, des logements beaucoup plus cher qui se construisent à la place.

Encore une fois j’ai adoré. Ici l’intrigue policière est importante et bien menée, c’est sombre, cynique. J’ai adoré retrouver le personnage de Stewart qu’on avait connu dans un tome précédent. Je ne pensais pas le revoir, mais Jack croise sa route et j’ai beaucoup aimé l’évolution de son personnage. Stewart a changé suite à son séjour en prison, il fait dans le minimalisme et la zen attitude, sans pour autant abandonner certains de ces démons. J’ai beaucoup aimé leur duo. Et la fin du roman contient  une très belle scène, celle où Jack règle un problème dans l’océan. Je pouvais voir la scène dans ma tête comme si j’étais au cinéma. Vivement la suite.

Témoin muet Agatha Christie

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De Agatha Christie

4/5

Miss Arundel, une vieille demoiselle comme on en fait plus, est affublée de neveux et nièces qui sont tous après son argent. Bella et son mari, un docteur grec, Richard, un vaurien plein de charme, et Thérésa, la sœur de Richard, qui ne sait pas vivre autrement que dans le luxe. Miss Arundel reçoit tout ce beau monde dans sa maison pour le week end de pâques. Un soir, la voilà qui tombe dans les escaliers. Elle aurait pu facilement mourir, mais elle a la chance de s’en sortir sans mal. C’est encore la faute du chien, Bob, qui laisse toujours trainé sa balle dans les escaliers, c’est bien connu dans la maison. Mais miss Arundel n’est pas tranquille et décide d’écrire à Hercule Poirot.

Un bon vieux Hercule Poirot! c’est comme retrouver un vieil ami. J’ai beaucoup aimé cette histoire qui part d’une mort naturelle, passe par une tentative d’homicide avant de se lancer dans une enquête pour meurtre. Les habituelles suspects défilent, les neveux et nièces assoiffés d’argent qui courent après l’héritage. Et une vieille dame lucide, qui ne supporte pas les vautours qui se disent être sa famille.

Toujours une enquête intéressante à lire, les incontournables interrogatoires, les innombrables suspects. J’ai pris plaisir à écouter Hasting nous raconter cette histoire, la manière dont il a de percevoir les choses et sa nouvelle amitié avec le chien de la victime, Bob. Et son amitié avec Hercule Poirot. Hasting en a assez de l’arrogance de son ami, de sa clairvoyance là où Hasting ne comprend rien. Mais il aime quand même le voir résoudre toutes les énigmes les unes après les autres. Il y a pas mal de rebondissements, et surtout beaucoup d’humour, comme d’habitude.

Encore un très bon roman policier de la part d’Agatha Christie, entre Londres et la campagne anglaise.

Dernières lectures: La ronde de l’amour de Somerset Maugham – Pauline de Alexandre Dumas – Un coupable presque parfait de Robin Stevenson – Un train pour Ballarat de Kerry Greenwood

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La ronde de l’amour (cakes and ale)

de Somerset Maugham

4/5

William Ashenden, écrivain peu connu, est un jour contacté par un vieil ami écrivain qu’il n’a pas vu depuis quelques temps, Roy. Ce dernier lui parle de monsieur Driffield, un écrivain à succès qui depuis sa mort, est devenu un auteur culte, que les élites anglaises commencent à considérer comme un monument de la littérature. Roy ne cache pas son intention de vouloir écrire une biographie sur Driffield. Mais en ce qui concerne sa jeunesse, du temps de sa première femme Rosie, il aurait besoin des souvenirs de William. En effet, ce dernier à été quasiment intime avec Driffield, du temps où il écrivait des romans qui avait un certains succès, mais qui étaient considérés comme vulgaires par les élites et les critiques. William n’a pas trop envie de se remémorer cette partie de sa vie, sa jeunesse, son adolescence et ses 20 ans. Mais il finit par se laisser convaincre et plonge dans ses souvenirs.

J’adore Somerset Maugham, je ne sais pas pourquoi je met autant de temps entre chaque lecture, car jusqu’ici je n’ai pas encore été déçue. J’avais déjà adoré Il suffit d’une nuit, le fugitif et son plus connu peut être, La passe dangereuse.

Ici on fait connaissance avec Willie, cet auteur peu connue, qui s’acharne a écrire, tout en sachant qu’il ne deviendra jamais une référence en littérature. Il a cinquante ans passé quand il se replonge dans ses souvenirs de jeunesse. J’ai adoré la plume de Maugham, ce cynisme sans être déprimant ou trop sombre.

“Quand un ami, en votre absence, vous a demandé au téléphone en insistant pour être rappelé, soyez sur qu’il s’agit d’une affaire plus importante pour lui que pour vous. S’il pense à vous offrir un cadeau ou à vous rendre un service, il sait modéré son impatience.”

“On ne regrette pas, prétend-on, les plaisirs qu’on ignore, pourtant leurs journées se trainaient dans un incurable ennui.  Ils attendaient avec une impatience fiévreuse ces thés où tout le monde chantait sa romance de Maud Valérie White. Condamnés à vivre à un kilomètre les uns des autres, ils se disputaient avec aigreur.”

“Depuis l’origine des temps, les vieux ne se font ils pas passer auprès des jeunes pour les plus sages et le jour où les jeunes commencent à douter, ne sont ils pas eux même déjà vieux et disposés à profiter de la légende?”

J’ai surtout aimé les chapitres qui nous raconte la jeunesse de William. On est dans une petite ville balnéaire où tout le monde se connait, où les touristes n’existent pas encore. On est au tout début du 20e siècle, la bourgeoisie campagnarde anglaise est très bien décrite par l’auteur, entre la hiérarchie sociale à respecter au pied de la lettre, entre le docteur, le pasteur, le vicaire et autre. William grandit auprès de son oncle et sa tante, qui ne supportent pas de voir leur neveu discuter avec des gens qui lui sont inférieurs. Une éducation que William met de coté lorsqu’il rencontre Driffield et sa femme la sulfureuse Rosie, qui sont socialement bien en dessous de son rang. Mais il  retrouvera les automatismes sociales de son oncle quand il reviendra en ville, à 50 ans passé, et qu’il dédaignera parler au fils du docteur de l’époque, devenue médecin à son tour.

Outre ces personnages très intéressants, William, Driffield, sa femme Rosie, outre l’analyse sociale des villages de province anglaise, l’auteur nous parle aussi beaucoup du processus de création et d’écriture, pourquoi un roman devient un succès, pourquoi un autre fait un flop. Pourquoi un écrivain passe de l’anonymat ou du rejet total à la postérité éternelle.

Je me suis laissée entrainée dans ma lecture, dans le début de ce 20e siècle encore coincé dans un carcan social sévère,  j’ai aimé voir le personnage principal prendre du recul, le voir analyser avec pragmatisme les épisodes de sa jeunesse qui l’ont passionné. Toujours un coté cynique et moqueur, et la fin m’a beaucoup plut.

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Pauline

de Alexandre Dumas

3.5/5

Alfred de Nerval, à l’abri du besoin avec l’héritage paternel, se charge de sa mère et sa sœur. Il part quelques temps en voyage en Normandie. Sur place, alors qu’il est sortie pêcher seul, une tempête le fait échouer sur la cote. Après avoir trouver refuge dans les ruines d’une église, le temps de passer la nuit, il découvre la jeune et jolie Pauline de Meulien, enfermée dans les geôles des ruines. Alfred connait Pauline pour l’avoir rencontrer deux ans plus tôt à un bal. Il aurait voulu l’épouser, mais à l’époque il n’avait pas encore la fortune qui lui permettrait d’oser faire sa demande. Que s’est il passer pour que Pauline, qui a épouser un certain Horace de Beuzeval, se retrouve enfermée dans une cellule abandonnée?

C’est mon 2e roman d’Alexandre Dumas, après les Trois mousquetaires. Ici, c’est Alexandre Dumas lui même qui raconte le début de l’histoire, comme personnage. Il rencontre alors à plusieurs reprises, lors d’un voyage en Italie, son très bon ami, Alfred de Nerval, avec une jeune femme mystérieuse qui lui rappelle une vague connaissance, qui ne se laisse pas approcher, et qui semble apeurée et affaiblie. Finalement, il retrouvera son ami Alfred un an plus tard qui lui racontera toute l’histoire. Comment  il est tombé fou amoureux de la belle Pauline de Meulien, comment il n’avait pas assez d’argent à l’époque, pour la demander en mariage. Il raconte son désarroi, quand il a su que la belle avait accepté la demande en mariage d’Horace de Beuzeval, comment il est alors partie en voyage, comment il a découvert que Pauline avait été enfermée dans une cellule, et qu’elle avait été déclaré officiellement morte par son mari.

A partir de là commence le sauvetage de Pauline. Alfred raconte comment il a sauver d’une mort affreuse et lente la pauvre Pauline, comment il a gagner sa confiance, leur fuite de France, et ensuite, le récit de Pauline elle même qui se met à raconter à Alfred, comment elle a rencontré Horace, comment il a réussi à la séduire pour finalement l’épouser et pourquoi son mari l’a condamnée à mort.

J’ai aimé certains passages très gracieux et bien écrit du roman. Notamment le début, quand Alfred raconte son aventure en bateau sur la cote normande. La description de l’orage, le naufrage, le refuge dans les ruines de l’église, la pluie battante puis la lumière éblouissante apporter par la pleine lune, on est dans un vrai roman romantique du 19e siècle.

On se laisse facilement emporté par le récit de Pauline, quand elle raconte sa vie, le contexte dans lequel elle rencontre le comte de Beuzeval. Là, on tombe vraiment dans le roman gothique, avec des manoirs lugubres, abandonnés, isolés, des serviteurs mystérieux, un mari plein de secret qui fait penser à barbe bleu, des meurtres, des enlèvements, des héros qui vous sauvent in extremis.

Ce coté gothique peut paraitre parfois too much, à la limite du ridicule. On peut pas dire que j’ai été fan du personne de Pauline. Elle a un comportement très crédible lorsqu’elle se réveille enfermée dans les sous sols des ruines, mais sa façon de gérer sa vie après son sauvetage est trop romantique, à se laisser aller dans une mélancolie trop poétique, on sent qu’elle perd la vie petit à petit. Aucune combativité, aucune tentative d’aller mieux, si ce n’est de se laisser aller. Aucune envie de vengeance, de colère, ça manque de réalité humaine. Mais au finale, j’ai beaucoup aimé ce roman, l’amour passif entre Alfred et Pauline, leur voyage, son sauvetage, le récit de Pauline quand elle raconte son mariage, la cruauté perverse du comte et de ses amis quand ils se retrouvent seuls. On a tous les ingrédients, des enlèvements, des meurtres, des voyages, des sauvetages, du romantisme exacerbé, de la mélancolie, des évanouissements, un vrai roman gothique.

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Un coupable presque parfait

de Robin Stevens

3/5

Dans les années 30 Hazel et Daisy sont deux ado scolarisées dans la prestigieuse école pour jeune fille, Deepdean, en Angleterre. Daisy, blonde, yeux bleus, teint de porcelaine, populaire et surtout très sur d’elle, et Hazel, chinoise, brune, très timide, n’avaient pas grand chose en commun et pourtant elles sont devenues les meilleures amies du monde. Un soir, alors que Hazel retourne dans le gymnase à la recherche d’un pull oublié, elle tombe sur le cadavre de Miss Bell, la professeur de sciences. Mais le temps de revenir accompagné de Daisy et d’une autre élève, le corps a disparu. Seule Daisy veut croire à l’histoire d’Hazel. Daisy décide donc d’enquêter sur le meurtre de Miss Bell et ça tombe bien puisque les deux jeunes filles viennent de créer leur propre club de détective.

J’en avais entendu du bien sur plusieurs blogs, et j’avais envie d’une lecture facile et légère. On plonge dans les années 30, dans un pensionnat pour jeunes filles en Angleterre. Tout est raconté du point de vue de Hazel, une chinoise origine d’Hong Kong, qui a été envoyé dans le pensionnat pour avoir une culture anglaise, volonté d’un père qui a lui même suivi des études en Angleterre et qui est tombé amoureux de la culture anglaise depuis. J’ai trouvé dommage que le coté asiatique de Hazel ne soit pas plus exploité, j’ai aimé les anecdotes d’Hazel concernant ses parents, entre un père très ouvert, amoureux de la culture anglaise au point de ne parler presque que en anglais chez lui, alors que sa mère ne comprend pas cette obsession et refuse de parler anglais comme son mari. Mais ce n’est pas le sujet du roman.

L’enquête policière est le centre de l’histoire, mais c’est aussi un roman sur l’amitié entre adolescentes. Daisy est maligne, belle, populaire, elle sait quoi dire ou quoi faire pour s’attirer la sympathie des élèves comme des professeurs. Hazel en parle avec lucidité. Pour elle Daisy est la parfaite jeune fille, quand il fait froid Hazel est couperosé, Daisy a les joues légèrement rosées, quand Hazel a un bouton d’acné sur le nez, Daisy n’en a jamais. Daisy est sur d’elle, toujours, alors qu’Hazel est maladroite et timide. Je n’ai pas trop aimé la relation entre les deux filles, il y a clairement un dominant et un dominé dans cette amitié. Daisy rabaisse souvent son amie, ne tient pas compte de ses remarques, est trop souvent hautaine, même si on devine que Daisy adore Hazel et qu’en cas de coup dure elle ne lui tournera pas le dos, mais je n’ai pas trouvé leur amitié attachante.

L’enquête policière avance de manière régulière et sans temps morts, mais on devine vite le coupable, et le pourquoi des crimes est assez banale et déjà vu cent fois, rien d’originale ou de surprenant. Je ne me suis pas attachée plus que ça aux personnages, même si j’ai un petit faible pour Hazel. Une lecture agréable mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

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Un train pour Ballarat

de Kerry Greenwood

3/5

Australie dans les années 20. Phryne Fisher est une riche héritière, belle, jeune, intelligente et fonceuse. Comme elle est complètement indépendante, elle mène la vie qu’elle souhaite, notamment en devenant détective privée. Alors qu’elle se rend à Ballarat en train, avec sa secrétaire Dot, tout le wagon première classe se retrouve asphyxié par du chloroforme. Phryne réussie à tirer la sonnette d’alarme et à briser les vitres. Une fois le train évacué, il manque un passager à l’appel, une vieille dame qui voyageait avec sa fille. On la retrouve assez rapidement, étranglée et bien abimée. La vieille dame n’était pas du tout sympathique, mais qui aurait pu lui en vouloir à ce point? Autre mystère, on retrouve dans le train une jeune fille de 12 ans, Jane, qui ne se souviens plus des derniers mois de sa vie. Phryne décide de mener l’enquête.

J’avais déjà lu le premier tome il y a quelques années. Je l’avais moyennement aimé, mais j’ai voulu redonner une chance aux livres. Cette série de romans policiers a été adaptée en série télé et j’avais beaucoup aimé le résultat. Au départ, je n’avais pas trop accroché, mais au bout de quelques épisodes, on s’attache vite aux personnages, aux décors et aux somptueuses tenues de l’héroïne. Comme pour le premier tome des aventures de Phryne Fisher, je n’avais pas trop aimé ce coté trop parfait de l’héroïne, qui a tout fait, tout appris, tout vu, tout visiter, c’est un peu trop surréelle pour une jeune femme des années 20. Mais la série a su donner à son héroïne quelques faiblesses, notamment quand elle doit se battre, ou encore concernant un passé trouble qui l’a touche et l’a traumatise encore aujourd’hui.

Dans le roman ce n’est pas le cas et c’est bien dommage. J’ai trouvé que l’auteur s’était un peu calmer dans la description qu’elle fait de son héroïne, par rapport au premier tome, où elle y allait avec ces gros sabots pour nous dire toutes les cinq pages, à quel point son héroïne est forte, intelligente, belle, débrouillarde. Mais ça reste tout de même très présent. Ainsi, au début du roman, quand tout le monde est victime du chloroforme, Phryne elle, a eut la force de tirer dans la fenêtre de son compartiment, de se lever pour abaisser toutes les fenêtres et de tirer tout le monde de sa torpeur. Ou encore cette discussion surréaliste qu’elle a avec un haïtien pro du vaudou qui essaye d’expliquer à Phryne la procédure pour désenvouter et qu’elle lui répondra qu’elle connait, elle a déjà voyager en Haiti, voui voui…

Dans le roman, Phryne sait tout faire, n’a aucune faiblesse ou lacune, ce qui l’a rend un peu trop froide pour le lecteur, on a du mal à s’attacher à elle et c’est dommage. Reste que j’aime toujours autant le personnage de Dot, le coté libérée de la maison avec le majordome et la cuisinière qui ne s’offusquent pas des mœurs de leur patronne. L’enquête policière est agréable à suivre, les rebondissements aussi, même si la fin est un peu précipitée, quelques pages de plus n’aurait pas été du luxe.

 

Dernière lecture: Le brigand bien aimé de Eudoria Witby – Trois hommes sur un bateau de Jerome K Jerome

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Le brigand bien aimé d’Eudoria Witby

3.5/5

Dans le sud des États Unis, Clément est un homme qui a réussi à faire fortune. Clément a une femme laide et méchante, cupide et arrogante qui sert de marâtre à sa fille  la trop jolie Rosamonde. Alors qu’il vient d’être sauvé in extremis d’un bandit qui voulait l’assassiner, Clément fait la connaissance de son sauveur, un certains Jaime Lockhart, qui en réalité, est le chef d’une bande de bandit sans scrupule. Ce dernier va tomber amoureux de la belle Rosamonde, sans pour autant renoncer à sa belle carrière de voleur.

En voilà un roman bien étrange ! écrit par une grande écrivaine américaine, j’ai découvert ce roman un peu par hasard, dans les rayons. Une histoire qui se passe dans le sud des états unis, entre champs à cultivés, esclaves, indiens, nature sauvage et impitoyable, et personnages étranges. Le roman nous mélange humour bizarre, personnages de contes de fées, on a parfois l’impression de lire un conte des frères Grimm ou de Charles Perrault et parfois on a l’impression de baigné dans l’absurde total. Un père gaga de sa fille,  une marâtre aussi laide que jalouse, une jeune fille belle comme le jour et innocente comme un enfant, une maison perdue au milieu des champs de tabac et de coton, des indiens sanguinaires, des bandits sans foi ni loi, une maison perdue au fond des bois digne de la maison en pain d’épice de Hansel et Gretel, tout ça forme un mélange étrange. Ajouter à ça une histoire « d’amour » spéciale et limite. Si on lit le roman sans le prendre au premier degré , il y a des passages amusants. Ce qui est sur c’est qu’au delà de cette histoire et de ces personnages bizarres, j’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur, j’aimerais donc beaucoup lire un autre de ses romans.

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Trois hommes sur un bateau de Jérôme k Jérôme

3.5/5

Jérôme et ses deux amis, Harris et George, se sentent mal en cette fin du 19e siècle. Ils s’imaginent avoir toutes les maladies du monde et décident donc de prendre quelques jours de vacances et de partir en canot sur la tamise. Quitter Londres, sa foule, sa grisaille, son mauvais air, et partir à la campagne, sa verdure, son fleuve, ses soirées au coin du feu sous les étoiles. L’organisation n’est pas simple, et le réveil raté, mais les trois amis arrivent enfin à embarquer sur leur canoé en compagnie du chien de Jérôme, Montmorency.

Je connaissais de nom l’auteur Jérôme K Jérôme, mais je ne l’avais jamais lu. Je suis tombée dessus par hasard à la librairie, et le ton humoristique m’a donné envie de le lire. On suit donc trois jeunes hommes londoniens, qui travaillent pour gagner leur vie, mais de manière assez dilettante. Ce sont en réalité des personnes très feignants, qui ne veulent jamais faire d’effort, qui se fatiguent vite, qui sont un peu de mauvaise foi. Ils adorent la nature, et surtout la bonne chair, car ils passent leur temps à manger, du petit déjeuner jusqu’au diner du soir, en passant par le déjeuner et le souper. On dirait presque trois hobbits partis en excursion. Ils n’ont l’air jamais rassasié, et leur humeur est très influencée par le contenu de leurs estomacs et la qualité de leurs repas.

Jérôme est le narrateur de l’histoire et le maitre du chien Montmorency, qui a sale caractère. On remonte avec eux la tamise, depuis Hampton court jusqu’à Oxford, en passant par de nombreux villages qui ont marqués l’histoire d’Angleterre. Jérôme nous raconte d’ailleurs beaucoup d’histoires et d’anecdotes concernant des rois, des invasions, des conquêtes. Et entre deux récits historiques, Jérôme se laisse volontiers aller à la rêvasserie et son ton romantique reprend le dessus quand il décrit la nature, les forêts, la couleur du fleuve qui l’entourent et l’enchantent.

J’ai bien aimé cette lecture, on a l’impression d’être avec eux dans ce canoé, avec leurs réserves de nourritures intarissables, leur bouilloire chérie car il ne faudrait manquer le thé pour rien au monde, leur whisky pour les moments difficiles, leurs disputes pour savoir qui rame, qui en fait trop et surtout qui n’en fait pas assez, leurs petites aventures et mésaventures. Parfois, la lecture est un peu lente quand l’auteur délaisse la description de leurs vacances pour nous relater certaines aventures vécut par lui-même ou par d’autre personnes de sa connaissance. Ces histoires parallèles qui sont parfois un peu longues sont inégales, certaines sont drôles, d’autre sont sans intérêt.

J’ai aussi beaucoup aimé la fin et la manière dont les trois héros mettent un terme à leur voyage. Une lecture reposante, qui m’a fait sourire plus d’une fois avec cet humour britannique souvent ironique. On peut aussi se rendre compte que, finalement, la jeunesse de l’époque (fin 19e) n’est pas si différente de celle d’aujourd’hui, ce sont de jeunes personnes qui sont considérées comme feignantes, toujours fatiguées, partisanes du moindre effort, mangeant trop, irrespectueux, voire de petites racailles ! Bref, tous ce que les adultes reprochent toujours à la génération plus jeune.