Ecrits fantômes de David Mitchell

https://leschoixdetrilliandotcom.files.wordpress.com/2013/11/untitled-2.jpg?w=660

4,5/5

Écrits fantômes nous raconte l’histoire de différents personnages du Japon à New York, en passant par Londres, la Mongolie, Saint-Pétersbourg, Hong Kong, l’Irlande…Chaque personnage, plus ou moins importants, interagissent sur le destin d’autres personnages. Ils s’entrecroisent, au présent, dans le futur, ou dans le passé. Le business man Neal qui pète un câble, le terroriste Quasar qui répand un gaz mortel dans le métro de Tokyo, le passionné de jazz Satoru qui tombe amoureux, un être incorporel qui s’amuse à transmuter dans différents personnages à travers la Mongolie à la recherche d’un conte perdu, une surveillante de l’ermitage à Saint-Pétersbourg qui se laisse entrainé dans des arnaques de haut vol, un play boy londonien à la vie marginale, la scientifique de renommée mondiale, Mo, qui fuit ses employeurs, l’animateur de radio new-yorkaise qui entretient une conversation intéressante avec ce qui semble être une intelligence artificielle….

C’est officiel, David Mitchell fait partie de mes auteurs préférés, c’est certain. Après La cartographie des nuages, puis les 1000 automnes de Jacob de Zoet que j’ai adoré, je me suis plongée dans l’un des deux autres romans de l’auteur qui ont été traduits en français, Ecrits fantômes, son premier roman.

C’est un roman vraiment surprenant, découpé en plusieurs parties, chacune racontant l’histoire d’un personnage, dans un lieu différent. Chaque partie est prenante, chaque histoire est fascinante, et les personnages tous complexes et importants, même les plus insignifiants. J’ai été transporté à Okinawa dans la fuite d’un terroriste, qui croit dure comme fer aux croyances de sa secte, j’ai adoré rencontrer le jeune Satoru à Tokyo, musicien et passionné de jazz qui tombe amoureux d’une métisse moitié chinoise moitié japonaise, j’ai particulièrement été passionnée par l’histoire de la petite chinoise, qui tient une hutte à thé et qui voit passer du haut de sa montagne sacrée, l’histoire de la  chine sur cinquante ans.

C’est parfois très surprenant, comme de suivre cette entité spirituelle, cet être non corporel passer d’un corps à un autre, traverser la Mongolie, à la recherche d’un conte mongol ancestral qui pourrait être l’origine de son existence.

Les choses prennent une ampleur plus dangereuse, avec la scientifique Mo Muntervary qui se réfugie sur son île irlandaise, avec un dilemme entre avancée scientifique et responsabilité quant aux répercutions possibles.

Certains éléments raccordent les différentes histoires, ainsi Mo est l’héroïne du chapitre Clear island, mais apparait en tant que figurant dans la partie Londres. La vie de Neal, le héros de la partie Hong Kong, aura d’énormes conséquences sur la vie d’autres personnages dans d’autres chapitres, chaque histoire de chaque chapitre nous semble indépendant sans relation, mais dans le suivant, les ramifications se font.

J’ai adoré voir apparaitre en clin d’œil des personnages qui deviendront les héros de Cartographie des nuages, comme Tim Cavendish ou Louisa Rey. Il y a aussi une fameuse comète qui apparait dans le ciel et que quasiment tous les personnages remarqueront, sans compter que pas mal des protagonistes ont un tatouage en forme de comète comme ce fut le cas dans Cartographie des nuages. Tous prend sens au final.

Je n’ai donc qu’une envie c’est de me lancer dans les autres romans de David Mitchell, Number9dream qui n’a pas été traduit, et Le fonds des forêts, en attendant la sortie du prochain roman de Mitchell, The bone clocks.

Advertisements

L’épouse hollandaise de Eric McCormack

4.5/5

https://leschoixdetrilliandotcom.files.wordpress.com/2013/11/untitled-2.jpg?w=660

Un écrivain en mal d’inspiration s’installe dans une maison au Canada, seul, pendant que sa femme est partie à l’autre bout du pays pour son travail. Il s’installe dans une maison louée et sympathise avec le voisin, Thomas Vanderlinden, un érudit solitaire qui se met à lui raconter sa vie. Elle commence au début du siècle, avec la rencontre de ses parents,    Rachel la fille d’un juge intransigeant et Rowland Vanderlinden, un anthropologue. Après un an de mariage, les deux époux se rendent compte qu’ils n’ont rien en commun et Rowland décide de partir en Angleterre pour des travaux d’anthropologie, et pour leur laisser le temps de réfléchir quant à leur couple. Au bout de quelques mois, Rachel a la surprise de voir débarquer un homme qu’elle ne connait pas et qui se présente comme Rowland, son mari.

Je n’en dis pas trop concernant le résumé de l’histoire, sachez seulement que ce n’est qu’une partie de l’intrigue, une partie des personnages, et que c’est le point de départ. C’est l’écrivain en mal d’inspiration qui nous raconte l’histoire, à travers la narration de Thomas, le fils de Rachel, vieux et malade, alité à l’hôpital. Il lui raconte comment une fois adulte, Rachel lui annonce que son père n’était en fait pas son mari, que le véritable Rowland Vanderlinden est parti un jour pour ne jamais revenir. Thomas part donc à la recherche de l’anthropologue, jusqu’au fin fond des iles pacifiques.

J’ai adoré ce récit, entre l’histoire de Rachel, celle de Thomas parti à la recherche de son mari, l’histoire de cet homme qui un jour est venu remplacer le véritable Rowland Vanderlinden auprès de Rachel, ou encore l’histoire du vrai Rowland, parti à la découverte du monde et découvrant les us et coutumes de différents peuple, de l’Inde, jusqu’au Tibet, de l’Amérique du sud, jusqu’en Écosse, en passant par les iles pacifiques.

On voyage, on embarque avec Thomas sur les bateaux qui traversent le pacifique, on sent la chaleur moite suffocante, on sent les piqures de moustiques et autres insectes, on ressent la soif, l’envie de boire de l’eau sur des iles où cette boisson est contaminée par des parasites, on ressent la peur d’attraper le fameux vers de Guinée. On ressent le mal de mer de Thomas sur le bateau minuscule balloté par les creux des vagues, on voyage avec lui.

J’ai aussi adoré entendre les anecdotes de voyages de Rowland, sa rencontre avec la femme d’un maharadja en Inde, l’horrible histoire qui lui arrive quand il explore des grottes en compagnie d’une archéologue, son expérience affreuse dans un monastère tibétain. J’ai adoré avancé dans ma lecture, en savoir plus sur Rowland, sur le mystérieux homme qui prendra sa place, sur Rachel et sa vie au Canada. Certains personnages ne font que passé mais m’ont marqué et intéressé comme le père de Rachel, le juge connu pour sa sévérité, ou encore MacPhee, qui accueille Thomas après son long voyage en mer.

Le roman est très visuel, c’est tellement facile de voir les  mots s’animer, de prendre vie, c’est simple, ce livre ferai un superbe film, le genre de film que pourrait réaliser Terrence Malick, entre scènes d’aventure et de voyage et moment plus onirique, moins palpable, moins réel.

Dark Island

de Vita Sackville West

3.5/5

Shirin, jeune et belle jeune femme qui fait tourner la tête à tous les hommes, décide d’accepter la demande en mariage de Venn Le Breton. Si elle accepte, c’est surtout parce qu’elle est folle amoureuse de l’ile de Storn, le domaine de Venn, depuis son enfance. Mais Shirin n’est pas une femme facilement apprivoisable, et Venn n’a pas un caractère facile, sans parler de la grand mère de Venn, qui peut parfois dire les mots qui blessent.

Je n’ai lu qu’un seul livre de Vita Sackville, Au temps du roi Edouard, et j’avais beaucoup aimé. Donc comme prévu je me suis plongée dans un autre de ces romans. J’ai retrouvé toutes les qualités que j’avais trouvé a ma première lecture, son style, sa façon d’écrire, de nous raconter ses personnages. Mais j’ai de loin préféré Au temps du roi Edouard.

Les premières pages tournent toutes seules, on fait connaissance avec Shirin à l’âge de 16 ans, encore enfant mais qui fait déjà tourner la tête des jeunes garçons autour d’elle, dont celle de Venn qui l’emmène sur son ile le temps d’une après midi, sous le charme de la jeune fille. On retrouvera Shirin à l’âge de 26 ans, mariée, divorcée , mère de 4 enfants, et que Venn décide d’épouser malgré tout et l’emmène à nouveau sur son ile. On retrouvera Shirin à l’âge de 36 ans, avec sa meilleure amie Cristina, venue sur l’ile pour aider Shirin dans ces affaires mais surtout pour l’aider à supporter une situation qui l’use de plus en plus, puis une dernière fois à l’âge de 46 ans.

On suit donc une relation maritale entre Venn et Shirin, une femme qui ne montre jamais ses émotions, fermé aux autres, qui ne partage rien, qui ne communique jamais. On a du mal à la comprendre, pourquoi se marie t-elle, pourquoi se comporte t-elle ainsi avec ces propres enfants, pourquoi supporte t-elle Venn toute ces années, pourquoi elle se punit elle même toute sa vie durant? on a donc aussi du mal à l’apprécier ou la plaindre.

Pareil pour Venn, difficile de l’apprécié, ou même de le comprendre, c’est un homme froid, sauvage, jaloux, mesquin, cruel et parfois sadique, bref, on pourrait se demander pourquoi Shirin reste marié à cet homme mais au final on se dit que cette situation ne lui déplait pas tant que ça, et que ces deux être malades se sont finalement bien trouvé; car ce qui est un peu gênant, c’est de voir deux personnes aux personnalités parfois perverse, qui donne l’impression de rechercher la souffrance, sans avoir véritablement de raison d’être cassé à ce point. On pourrait croire que la relation entre les deux adultes est perturbé et tâché par l’ile, ce troisième personnage. Shirin est follement amoureuse de Storn tout comme Venn, mais on finit par comprendre que même sans cet amour pour cette ile qui déclenche souvent des crises de jalousie de la part de Venn (qui ne supporte pas que sa femme puisse aimer son ile à lui, pathétique), Venn aurait toujours des crises de jalousie et de cruauté pour un oui ou pour un non, et Shirin aurait toujours ce manque de sentiments et de compassion, cette froideur. L’île n’est qu’un prétexte, une excuse, pour leur comportement pervers, leur réactions étrange, et leur relation malsaine.

En bref, j’ai retrouvé le style et la plume que j’avais aimé dans Au temps du roi Edouard, l’humour british en moins. Mais le fond ne m’a pas particulièrement plus, entre personnages qui se complait dans le malheur, un couple qui ne communique absolument jamais et une relation malsaine. J’ai été assez soulagé de quitter ses gens étranges!

N ou M

d’Agatha Christie

3.5/5

Les Beresford se font vieux, en tout cas c’est que leur dit les services secrets alors que la seconde guerre mondiale vient d’éclater et qu’ils aimeraient bien servir leur pays comme ils l’avaient servi durant la première guerre mondiale. Mais tout le monde estiment que des vieux de leur ages feraient mieux de rester à l’abri chez eux, que ce soit les dirigeants des services secrets auxquels ils ont appartenu ou leurs enfants devenus grands. Finalement, alors qu’ils dépriment et se demandent s’ils sont vraiment si vieux que ça, on fait appel à eux. Envoyés sous une fausse identité dans un tout petit village côtier, dans une pension, les Beresford sont sensé démasquer des agents doubles cachées parmi les pensionnaires et qui espionneraient pour le compte des allemands. Les Beresford vont donc rencontrer la propriétaire et sa fille, un allemand réfugié, une jeune femme et son bébé, un vieux couple, une vieille dame veuve, un colonel à la retraite…

Je n’avais jamais lu de roman mettant en scène les Beresford, et j’ai plutôt aimé ma lecture. L’intrigue est assez classique, démasqué un traitre qui se cache dans une pension au milieux de gens tout à fait ordinaires. L’intrigue et les rebondissements sont intéressants mais un peu évidents et sans grande surprise.

Ce qui m’a beaucoup par contre, dans ce roman, c’est les Beresford. Le couple est très attachant, très drôle, l’humour anglais est partout, les dialogues et les petits pics qu’ils s’envoient m’ont fait souvent rire, rien que pour ça, je lirais bien d’autre romans mettant en scène le couple d’espions!

Cette sacrée vertu

de Winifred Watson

3.5/5

Miss Pettigrew, la quarantaine, est une gouvernante qui se présente un matin auprès de Miss Lafosse. Pour miss Pettigrew, c’est l’emploi de la dernière chance, avant que sa logeuse ne la mette à la porte. Mais dès que miss Pettigrew franchit la porte de l’appartement de Miss Lafosse, tout n’est que voltige, folie douce, aventure, rebondissements, amants mécontents, frivolité. Miss Pettigrew se prend tout de suite d’amitié pour la sublime et sympathique Miss Lafosse.

C’est le dernier jour pour le mois anglais et il me reste encore quelques heures pour parler du roman que j’ai finis de lire aujourd’hui. Le roman se déroule sur une journée ou presque, dans laquelle Miss Pettigrew va pour la première fois dans sa vie, se laisser vivre et mettre de coté sa vertue et son éducation rigide. Il faut dire que ces habitudes morales seront écartées assez facilement au final. Miss Pettigrew se laisse vite emporté par la vie trépidante de Miss Lafosse, qui possède trois amants, qui ne sait pas choisir, qui passe la moitié de sa journée à se préparer, se maquiller, se coiffer et s’habiller, entre deux visites impromptues, pour aller chanter dans un cabaret le soir, en attendant que sa carrière d’actrice décolle. Femme entretenue, frivole, aux moeurs légères, Miss Pettigrew s’adapte pourtant très vite, et s’attache rapidement à Miss Lafosse, tellement gentille, accueillante et surtout ayant désespérément besoin d’aide et d’assistance, pour se débarrasser d’un amant trop malhônnete, ou pour l’aider à choisir lequel parmi ses prétendants fera un bon mari, sans pour autant enfermer la pétillante Miss Lafosse dans une vie trop bourgeoise et ennuyeuse, ce qui ne lui conviendrait absolument pas.

C’est sur, c’est une lecture agréable, légère, rapide, les pages tournent sans temps morts, et les chapitres découpés en fonction des horaires et de l’emploi du temps chargé de Miss Lafosse, grasse matinée, amie déprimée à consoler, amants à éconduire, cocktails, diner, soirée, Miss Pettigrew se sent utile et quelques verres de sherry, lui donnera l’audace nécessaire pour se révéler particulièrement efficace et ingénieuse pour sauver Miss Lafosse et son amie de situation désespérées.

the2

En bref, une gentille comédie vaudeville, aux personnages sympathiques, même si la transformation rapide de Miss Pettigrew est un peu rapide et radicale en une petite journée!

Lu dans le cadre du mois anglais organisé par Lou et Titine

mois anglais, thomas hardy, metamorphoses, littérature anglaise, littérature anglaise xixe, nouvelles, angleterre, angleterre xixe

La bienfaitrice

de Élisabeth Von Arnim

2,5/5

Anna vient d’avoir 25 ans et n’est toujours pas mariée, ce qui n’est pas acceptable aux yeux de la société anglaise de ce début du 20e siècle, ni pour sa belle sœur Susie, la femme de son frère, qui aimerait bien enfin se décharger d’Anna auprès d’un mari bien nanti. Tout change pour Anna lorsqu’elle reçoit en héritage de la part de son oncle Joaquim, une maison au milieu de nulle part en pleine Poméranie, en Allemagne, propriété qui permettrait à Anna de toucher 200 £ par an. Elle part donc en Allemagne pour voir en quoi consiste son héritage, en compagnie de Susie, Letty sa nièce et Melle Leech, la préceptrice de Letty. En arrivant dans sa nouvelle demeure, elle se sent enfin libre et indépendante, n’ayant plus besoin de personne pour subvenir à ses besoins et lui acheté la moindre chose. Elle est tellement heureuse, qu’elle décide d’ouvrir sa grande maison à douze dames de bonne famille qui aurait tout perdu, pour qu’elles soient enfin heureuses.

J’avais trouvé Avril enchanté plutôt sympathique et le résumé de ce roman en plus des bonnes critiques que j’ai lu sur plusieurs blogs, m’a donné envie de le lire.

On suit Anna, une jeune anglaise en terre allemande qui est plus qu’heureuse d’être libre, financièrement indépendante, sans avoir besoin de se chercher un mari. Elle décident d’accueillir douze femmes qui n’ont pas été heureuse et qui ne demandent qu’à vivre en paix. Anna est un personnage sincère, naïf, idéaliste, utopiste, rêveuse. J’ai bien aimé la voir partir sans trop réfléchir, prendre possession de son bien, et s’installer avec Letty et Melle Leech, la voir accueillir trois femmes plus une princesse désargentée qui accepte de devenir la gouvernante de la maison.

J’ai aimé la spontanéité de Letty, pour le meilleur et pour le pire, je l’ai trouvé attachante malgré ces bêtises. J’ai adoré lire les mesquineries de Madame von Treumann et la baronne, leur manière de dénigrer certaine personnes, la manière de critiquer Anna qui est pourtant celle qui subvient à tous les besoins financiers de ces dames qui vivent à ces crochets sans se rendre le moins du monde utiles.

Lire la cohabitation avec ces dames ingrates était intéressant. Là où Anna espérait gagner des amies, et vivre en harmonie et dans le bonheur avec elles, elle n’a gagner que deux sangsues qui ne seront jamais heureuses nulle part, trop aigries pour ça, entre une baronne tout le temps grincheuse, et une von Treumann qui tente désespérément à  marier son fils à Anna.

J’ai surtout adoré lire les conversations avec la princesse Ludwig, intelligente et pleine de bon sens, notamment la longue conversation qu’elle entretient dans le salon, avec les invités d’Anna, et les phrases à double sens, ou encore sa manière subtile pour éviter à Anna de se retrouver en tête à tête avec Karlchen, le fils opportuniste de Von Treumann.

On retrouve le style d’écriture de Von Arnim, son amour des descriptions de la nature, des jardins, et la cohabitation entre Anna, la princesse Ludwig, Von Treumann, la baronne et Kurhauber m’a un peu rappelé les vacances en commun des héroines de Avril enchainé.

Ce roman est donc très plaisant à lire et l’humour subtile de Von Arnim est toujours agréable à lire. Cependant, je n’ai pas réussi à m’attacher à Anna, que je trouve enfantin dans son comportement, qui a des réactions que j’ai du mal à saisir parfois, et qui a trop tendance à pardonner tout et n’importe quoi. Et puis surtout, ce qui m’a dérangé dans cette lecture simple, c’est la présence constante du mariage. Aucune femme ne peut rester célibataire, c’est un concept qui est inenvisageable pour tous les personnages, femme ou homme. Encore plus inenvisagable si la célibataire en question est jeune et jolie, si encore elle était laide, ça passerait peut être mieux, mais dans le cas de la jolie Anna, personne dans son entourage ne l’imagine restée célibataire, au point qu’on parle toujours d’elle comme une futur madame.

On sent cette pression de devoir absolument trouver un mari. La princesse Ludwig expliquera même à Anna, que le mariage n’est pas seulement fait pour avoir des enfants, et se mettre à l’abri du besoin, mais surtout parce qu’une femme seule est forcément perdue, incomplète, sans guide pour l’aider et donc vulnérable. Cette théorie on l’a lit tout au long du roman, jusqu’à en devenir lassant. Le roman finit par nous expliquer que l’idée de départ d’Anna, de vivre enfin libre et indépendante, sans avoir l’obligation de se trouver un mari pour la mettre financièrement en sécurité, était purement infantile, un rêve éveillé qui ne peut être que celui d’une petite fille qui ne vit pas dans la réalité mais dans le rêve. On comprend qu’à force d’entendre ces idées de tout cotés, Anna finisse par épouser son Von Lohm, à qui elle avait pourtant dit non une première fois, ne le considérant que comme un bon ami. L’auteur  nous montre donc que l’envie d’Anna d’être libre de toute contrainte, et libre sans avoir à rendre compte à un mari, est un échec, le bonheur ne se trouve pas totalement sans un mari.

En bref, une lecture agréable, une jolie plume, quelques moments de pure humour british, des rebondissements qui rendent le roman intéressant et jamais ennuyant, mais des idées sur la condition féminine et sur le mariage un peu étranges et trop dépassées pour me rendre les personnages attachants.

Lu dans le cadre du mois anglais organisé par Lou et Titine.

mois anglais, thomas hardy, metamorphoses, littérature anglaise, littérature anglaise xixe, nouvelles, angleterre, angleterre xixe