Le médecin d’Ispahan

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de Noah Gordon

2.5/5

Rob est un jeune enfant de 9 ans, qui vit dans le Londres médiéval du 11e siècle. Étant l’ainé, il s’occupe de ses deux plus jeunes frères et de sa petite sœur tandis que ses parents s’acharnent à ramener de quoi manger chaque soir, entre une mère aimante qui vend des broderies, et son père menuisier qui peine à trouver du travail. Rapidement, Rob se retrouve orphelin. Sa mère d’abord qui meurt des suites d’un accouchement difficile et de son père ensuite, mort de fatigue et de maladie. La guilde, organisation qui s’occupe des menuisiers et de leurs familles, dispatche les enfants dans différentes familles, ou en apprentissage, tandis que Rob est “confié” à un barbier chirurgien, les médecins de l’époque. Ce dernier avait besoin d’un apprenti et Rob est déjà bien content de ne pas avoir été vendu comme esclave pour rembourser les frais d’enterrement de ses parents. Il quitte donc Londres et part de ville en ville avec son nouveau Maitre qui lui apprend les quelques rudiments de médecine qu’il connait, mais il doit aussi faire le show dans les villes qu’ils visitent, savoir jongler, distraire et vendre l’élixir maison sensé guérir tous les maux mais qui n’est rien d’autre qu’un alcool artisanale. En grandissant, Rob développe le désir de devenir médecin, jusqu’à ce que ça devienne une obsession. Une fois adulte, doué dans son travail, il décide de traverser le monde pour se rendre à Ispahan, l’un des rares endroit à enseigner la vraie médecine.

J’ai croisé à plusieurs reprise ce roman dans les rayons des librairies et j’ai fini par lire quelques avis sur des blogs avant de me décider à l’acheter. Les différents avis étaient plutôt positifs même si personne n’avait eu de coup de cœur.

Finalement, les 583 pages auront été facile à lire, l’écriture est fluide et les pages tournent rapidement. Le coté historique est assez intéressant, on plonge dans l’histoire d’Ispahan, le chah, les mullahs, la loi et la justice, les différents quartiers selon les ethnies, et bien sur l’école de médecine dirigée par Ibn Sina plus connu en Europe sous le nom d’Avicenne, qui fut l’un des plus grands scientifiques de son époque. On suit le jeune Rob dans bien des aventures et des voyages, de l’Angleterre moyenâgeux, où la chasse aux sorcières est courante, l’ignorance reine, et la misère trop souvent rencontrée, à Ispahan, riche en couleurs, en savoir, en connaissances, en odeurs et épices, en soleil et chaleur, en passant par la longue caravane qui fera passer Rob par la France, avant de passer l’hiver dans un village juif où il en profitera pour apprendre le persan et les pratiques juives.

Dis comme ça, le roman avait de grande chance de beaucoup me plaire, j’adore les romans d’aventure historique dans lesquels on voyage au coté d’un personnage qui évolue au fil des rencontres qu’il fait. Mais en réalité ce fut un peu la douche froide. Le roman se divise en plusieurs parties, son enfance et adolescence en Angleterre auprès du barbier chirurgien qui va le former, son voyage jusqu’en Perse, son apprentissage à Ispahan. Si on apprécie pas tant que ça le roman, c’est sa froideur. Pendant tout le roman on ne s’attache pas aux personnages. L’écriture y ait pour beaucoup, l’auteur décrit ses personnages, les drames qui les touchent, les évènements de manière détaché et sans émotion. Il passe d’ailleurs parfois très vite sur certains sentiments ou émotions qui sont sensés être important. On a presque une impression de synthèse dès qu’il s’agit des émotions, du caractère de ces personnages, comme si l’auteur manquait d’empathie, qu’il écrivait de manière très distante et détaché, alors qu’il apporte parfois beaucoup de précision et de détails concernant des techniques médicales ou les pratiques et traditions juives. Ce coté très détaillé ne m’a pas intéressé non plus. Autant les pratiques médicales peuvent être intéressante à lire dans une certaine mesure, autant les nombreux détails technique sur les pratiques et traditions de la religion juive sont lourds à lire, parfois ennuyant.

On a l’impression de ne pas lire un roman. Finalement il me faudra environ 550 pages, pour me sentir un peu proche de son héros Rob, et des personnages qui l’entourent comme Mary. Ce n’est que vers la fin que je me suis un peu attaché à eux, mais sans plus. Alors que le roman aurait pu dégagée une belle chaleur, notamment l’amitié entre Rob et Mirkin qui aurait pu être une belle histoire mais qui reste encore une fois froide et mal développée. L’histoire d’amour entre Rob et Mary est tout aussi froide que le reste, et les scènes entre les deux personnages sont décrites un détachement comme j’en ai rarement vu, comme si il décrivait encore une autre technique médicale.

En bref, un roman facile à lire, une écriture fluide, une histoire qui aurait pu être passionnante, mais aucune émotion qui se dégage des personnages ou de l’histoire, une impression de lire un manuel, j’ai refermé le roman soulagé, j’ai même pensé à abandonner la lecture. Si vous voulez vous évader à Ispahan, je vous conseille plutôt le roman de Jean Christophe Ruffin, Sauvez Ispahan.

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Dernières lectures: Le sorceleur tome 1, le dernier vœu de Andrzej Sapkowski – Les neiges du Kilimandjaro de Ernest Hemingway – Des souris et des hommes de Steinbeck – Magic binds de Ilona Andrews

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Le sorceleur, le dernier vœu

de

3.5/5

Géralt de Riv est un sorceleur, un être humain qui a acquis des pouvoirs surnaturels après une formation durant son enfance, incluant de boire certaines potions et de subir certaines transformations. Parfois les enfants meurt de ce traitement, parfois ils survivent comme Géralt, et deviennent des sorceleurs qui acceptent, moyennant finance, de débarrasser certaines villes ou campagne de monstres et créatures malfaisantes. Avec son cheval et son épée, Géralt parcours le monde entre deux missions qui lui permettent de se faire un peu d’argent.

Le dernier vœu est le premier tome d’une série de fantasy très connue, qui a inspiré un jeux vidéo et que j’ai découvert sur le blog du Capharnaum éclairé. Dans ce premier tome ce n’est pas une intrigue unique qui occupe les pages, mais plusieurs petites nouvelles qui mettent en scène Géralt. Mais même si ce sont des nouvelles, ce ne sont pas juste de simples petites intrigues indépendantes les unes des autres. Elles permettent de faire connaissance doucement et tranquillement avec le héros, de connaitre son entourage, notamment son meilleur ami Jaskier le barde, avec qui il vit quelques aventures, Nenneke, la prêtresse du temple de Melitele, qui connait depuis très longtemps Géralt et qui connait ses blessures intérieures, ou encore la femme qu’il aime plus que tout, Yennefer, dont la première rencontre nous ait raconté dans la dernière nouvelle.

Pour devenir l’un des meilleurs sorceleurs du monde, si ce n’est pas le meilleur, Géralt a subit des transformations plus importantes que les autres, du fait de sa grande résistance aux potions. Depuis, il a perdu toute coloration des cheveux, mais aussi une partie de son humanité. Il s’oblige ainsi à suivre une ligne directrice, il met en place un système de valeurs à ne surtout pas transgresser, pour se rappeler qu’il est bien encore un être humain.

Les histoires de ce premier tome m’ont toutes plut, mais j’ai mes préférées, notamment Un grain de vérité, dans laquelle Géralt va rencontre Nivellen, un homme transformé par un sort en bête hideuse. C’est tout simplement une revisite de La belle et la bête, sans tomber dans le romantisme. Ici, la bête Nivellen a su tirer parti de son apparence,  de sa fortune et de son château. L’histoire est bien tournée et l’humour bien présent. J’ai aussi beaucoup aimé Le moindre mal, dans laquelle on fait connaissance avec une femme surnommée Pie grièche, qui est à la tête d’une troupe de nains brigands. Vous l’aurez compris, ici c’est une revisite de Blanche neige. Sauf que la pauvre princesse à du fuir sa belle mère qui voulait sa mort, à subit des violences extrêmes avant de pouvoir trouver les moyens de se rebeller et de se sauver, en devenant la chefs des brigands. L’histoire est très prenante, mais j’ai trouvé le passé de la Pie Grièche vraiment glauque…

Heureusement, les nouvelles Une question de prix et Le bout du monde apportent plus d’humour, surtout la nouvelle Le bout du monde, avec Jaskier, le barde poète qui n’en rate pas une. Je lirais très vite la suite je pense, peut être pas tous les tomes, on verra si l’histoire me lasse, mais en tout les cas, les deux prochains tomes sont déjà dans ma PAL.

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Les neiges du Kilimandjaro

de Ernest Hemingway

3/5

Un homme atteint de gangrène attend les secours dans son campement en Afrique. Parti avec sa maitresse, une femme très riche, l’homme devient cynique, méchant, mélancolique, au fil que les heures passent et que la gangrène envahit son système. En attendant des secours qui ne viendront peut être jamais, l’homme blessé se remémore certains épisodes de sa vie, se souvient de ses amours, analyse sa relation actuelle.

Pour ma première lecture d’Hemingway, j’ai choisi ce recueil de nouvelle. La plus connue, qui a été adapté en film, Les neiges du Kilimandjaro, se lit bien. Les scènes se déroulant dans le présent, durant lesquels ont peut lire les paroles souvent dure du héros, sont les plus intéressantes. J’ai moins aimé les flashback dans son passé, même si on comprend un peu mieux le personnage, son coté cynique. Il passe son temps à dénigrer la femme dont il est sensé être amoureux, celle qui le soigne et reste à ses cotés en attendant les secours. Il passe son temps à dénigrer les gens riches en incluant sa maitresse, tout en nous faisant comprendre que lui même n’a fait que rechercher toute sa vie leur compagnie. Bref, on ne se prend pas de sympathie pour les personnages, mais la fin est assez frappante.

L’autre nouvelle qui m’a beaucoup plut, probablement plus que Les neiges du Kilimandjaro, c’est l’heure triomphale de Francis Macomber. On suit un couple marié de la haute société en safari en Afrique. Les Macomber sont accompagnés par un guide professionnel, monsieur Wilson. En quelques pages ont en apprend beaucoup sur ces trois personnages. Wilson est un guide et chasseur passionné par son métier mais assez froid, respectueux des règles et des animaux malgré son métier de chasseur, chaque chasse est abordé comme un duel. Les animaux sont décrit comme des créatures gracieuses et dignes, et le couple Macomber dégouline de défauts humains. Margaret Macomber est une femme assez exécrable, mais son mari n’est pas mieux. Entre les deux, c’est une lutte entre dominant et dominé, Margaret profitant de la moindre faiblesse de son mari pour s’affirmer, et Francis capable de tout dès qu’il a repris confiance en lui. Le trio infernal est passionnant à suivre et la fin surprend le lecteur comme rarement, c’est la nouvelle que j’ai préféré.

Pour ce qui est des autres nouvelles, ce sont parfois deux ou trois pages de rien du tout. On passe des États Unis à Madrid, en passant par la Suisse, mais je n’ai accroché à aucune autre de ces nouvelles. Pour la plupart, il ne s’y passe rien, ça ne raconte pas grand chose, comme l’impression de lire des amorces de romans, qui auraient ensuite été abandonné par l’écrivain, plutôt que de véritables nouvelles.

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Des souris et des hommes

de John Steinbeck

4.5/5

Dans les années 30 aux États Unis, George et Lennie sont  deux amis d’enfance qui ne se quittent jamais. Ensemble ils vont de ranch en ranch pour travailler comme ouvrier agricole. George doit toujours s’occuper de Lennie, un colosse qui ne sait pas contrôler sa force physique et qui est attardé mentale depuis l’enfance. Naïf et enfantin dans son comportement, George le traine comme un boulet, mais ne peut se résoudre à l’abandonner. Ils finissent par se faire engager dans un nouveau ranch, le temps de se faire un peu d’argent. Car George et Lennie ont un rêve, celui de s’acheter un petit lopin de terre pour vivre tranquille dans leur coin, loin du monde, un endroit sur lequel ils feront ce qu’ils veulent, quand ils veulent, sans rendre de compte à personne.

C’est mon premier roman de Steinbeck. Ce fut une lecture assez particulière. L’histoire se déroule sur deux ou trois jours, tout au plus, et quasiment en huis clos, dans ce ranch, et en particulier dans le baraquement des ouvriers. George est un homme pauvre, intelligent, dans la moyenne, qui aurait pu se faire une petite vie simple quelque part, s’il n’avait pas ce besoin de trainer partout Lennie, un colosse qui ne maitrise pas sa force, qui est attardé sur le plan mental, et qui a le comportement d’un enfant simplet. George et Lennie sont amis d’enfance, et George considère Lennie comme un petit frère. Lennie se rend utile dans les ranchs grâce à sa force supérieure, mais il s’attire des ennuis, créer des catastrophes, et oblige George à prendre le large.

Steinbeck décrit particulièrement bien et avec peu de mots l’ambiance et le décor des baraquements des ouvriers agricole du ranch, on imagine sans difficulté comme les ouvriers sont installés, comment ils vivent, comment ils interagissent entre eux. Il y a une sorte de hiérarchie parmi les ouvriers, comme Slim, l’homme de sagesse, vers qui tout le monde se tourne quand il y a une décision à prendre. On fait connaissance avec Candy, l’homme à tout faire depuis qu’un accident l’a privé d’une de ses mains, Curley, le fils du patron un peu égocentrique, qui se croit invincible, et qui ne sait pas contrôler sa femme qui avait des rêves d’actrice, ou encore Crooks, palefrenier noir qui vit à l’écart des autres hommes.

Tout au long du récit, George et Lennie évoquent leur rêve simple et pourtant si inaccessible, celui d’acheter un petit lopin de terre qu’il a repéré et qui est dans leur moyen s’ils arrivent à bosser plus d’un mois dans le même ranch, ce qui n’est pas simple avec Lennie. Ils rêvent d’avoir leur petite maison, avec un poêle bien chaud au milieu, de la terre autour pour élever quelques poules, quelques cochons, quelques brebis, quelques lapins, vivre à l’abri du monde, de ses méchancetés, vivre sans avoir de compte à rendre à un patron, sans devoir trimer toute la journée.

On n’est pas surpris par la fin, je m’y attendais, l’atmosphère est décrit très justement par Steinbeck, avec des mots simples il retranscris toute la dureté de son récit, de ces hommes, de leurs destinées impitoyables, de leurs vies qui n’en est pas vraiment une. Les dernières pages sont très belles.

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Magic bind

de Ilona Andrews

4/5

9e tome des aventures de Kate Daniels, qu’on retrouve ici en plein préparatif de son mariage avec Curran, préparatifs qui ne l’intéresse pas. Les sorcières l’appellent toutes les cinq minutes ou presque pour lui annoncer l’apocalypse et la guerre avec son père, le puissant Roland. Les visions des sorcières sont toutes plus horribles et pessimistes les unes que les autres. Sa meilleure amie Andrea est sur le point d’accoucher, Julie joue les héroïnes solitaires, et Christopher révèle sa véritable nature. Sans parler que Saiman est enlevé par Roland, ce qui constitue un acte de guerre…

Bref, encore beaucoup d’actions, beaucoup de rebondissements, beaucoup de petits drames, j’adore toujours autant suivre Kate dans sa vie. J’adore toujours autant tous les personnages qui l’entoure, Derek, Julie, Jim, Andrea, Barabas, Christopher, Ghastek, bien que tous ne soient pas toujours très présent, la part belle est faite à Christopher ou Julie. J’ai adoré la présence de la tante de Kate, c’est à dire la sœur de Roland, qui revient d’entre les morts sous forme de fantôme, pour donner des conseils à Kate afin qu’elle batte son père sur le terrain de la guerre. J’ai adoré leurs discussions, leurs interactions. Et la relation père-fille est toujours aussi passionnante, entre un père très très énervé par les agissements de sa fille chérie, et un père souriant et fier quand il assiste à son mariage, complètement paradoxale! Difficile de savoir comment il réagira et comment finiront les choses…

L’humour est d’ailleurs très présent malgré les menaces qui grondent, l’action ne retombe pas, les pages défilent toutes seules. Je trouve toujours cette série de romans aussi prenante. Les personnages sont tous très attachants et intéressant à suivre dans leurs défauts et dans leurs qualités, Kate est un personnage féminin fort mais pas sans faille, j’adore toujours autant la relation entre Kate et Curran, qui forment l’un de mes couples de roman préféré, leur relation est toujours parfaitement équilibré, pas de dominant ici, et ça fait du bien à lire. Une série vraiment réussie, et j’ai hâte de lire la suite de leurs aventures.

Dernière lecture: Le brigand bien aimé de Eudoria Witby – Trois hommes sur un bateau de Jerome K Jerome

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Le brigand bien aimé d’Eudoria Witby

3.5/5

Dans le sud des États Unis, Clément est un homme qui a réussi à faire fortune. Clément a une femme laide et méchante, cupide et arrogante qui sert de marâtre à sa fille  la trop jolie Rosamonde. Alors qu’il vient d’être sauvé in extremis d’un bandit qui voulait l’assassiner, Clément fait la connaissance de son sauveur, un certains Jaime Lockhart, qui en réalité, est le chef d’une bande de bandit sans scrupule. Ce dernier va tomber amoureux de la belle Rosamonde, sans pour autant renoncer à sa belle carrière de voleur.

En voilà un roman bien étrange ! écrit par une grande écrivaine américaine, j’ai découvert ce roman un peu par hasard, dans les rayons. Une histoire qui se passe dans le sud des états unis, entre champs à cultivés, esclaves, indiens, nature sauvage et impitoyable, et personnages étranges. Le roman nous mélange humour bizarre, personnages de contes de fées, on a parfois l’impression de lire un conte des frères Grimm ou de Charles Perrault et parfois on a l’impression de baigné dans l’absurde total. Un père gaga de sa fille,  une marâtre aussi laide que jalouse, une jeune fille belle comme le jour et innocente comme un enfant, une maison perdue au milieu des champs de tabac et de coton, des indiens sanguinaires, des bandits sans foi ni loi, une maison perdue au fond des bois digne de la maison en pain d’épice de Hansel et Gretel, tout ça forme un mélange étrange. Ajouter à ça une histoire « d’amour » spéciale et limite. Si on lit le roman sans le prendre au premier degré , il y a des passages amusants. Ce qui est sur c’est qu’au delà de cette histoire et de ces personnages bizarres, j’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur, j’aimerais donc beaucoup lire un autre de ses romans.

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Trois hommes sur un bateau de Jérôme k Jérôme

3.5/5

Jérôme et ses deux amis, Harris et George, se sentent mal en cette fin du 19e siècle. Ils s’imaginent avoir toutes les maladies du monde et décident donc de prendre quelques jours de vacances et de partir en canot sur la tamise. Quitter Londres, sa foule, sa grisaille, son mauvais air, et partir à la campagne, sa verdure, son fleuve, ses soirées au coin du feu sous les étoiles. L’organisation n’est pas simple, et le réveil raté, mais les trois amis arrivent enfin à embarquer sur leur canoé en compagnie du chien de Jérôme, Montmorency.

Je connaissais de nom l’auteur Jérôme K Jérôme, mais je ne l’avais jamais lu. Je suis tombée dessus par hasard à la librairie, et le ton humoristique m’a donné envie de le lire. On suit donc trois jeunes hommes londoniens, qui travaillent pour gagner leur vie, mais de manière assez dilettante. Ce sont en réalité des personnes très feignants, qui ne veulent jamais faire d’effort, qui se fatiguent vite, qui sont un peu de mauvaise foi. Ils adorent la nature, et surtout la bonne chair, car ils passent leur temps à manger, du petit déjeuner jusqu’au diner du soir, en passant par le déjeuner et le souper. On dirait presque trois hobbits partis en excursion. Ils n’ont l’air jamais rassasié, et leur humeur est très influencée par le contenu de leurs estomacs et la qualité de leurs repas.

Jérôme est le narrateur de l’histoire et le maitre du chien Montmorency, qui a sale caractère. On remonte avec eux la tamise, depuis Hampton court jusqu’à Oxford, en passant par de nombreux villages qui ont marqués l’histoire d’Angleterre. Jérôme nous raconte d’ailleurs beaucoup d’histoires et d’anecdotes concernant des rois, des invasions, des conquêtes. Et entre deux récits historiques, Jérôme se laisse volontiers aller à la rêvasserie et son ton romantique reprend le dessus quand il décrit la nature, les forêts, la couleur du fleuve qui l’entourent et l’enchantent.

J’ai bien aimé cette lecture, on a l’impression d’être avec eux dans ce canoé, avec leurs réserves de nourritures intarissables, leur bouilloire chérie car il ne faudrait manquer le thé pour rien au monde, leur whisky pour les moments difficiles, leurs disputes pour savoir qui rame, qui en fait trop et surtout qui n’en fait pas assez, leurs petites aventures et mésaventures. Parfois, la lecture est un peu lente quand l’auteur délaisse la description de leurs vacances pour nous relater certaines aventures vécut par lui-même ou par d’autre personnes de sa connaissance. Ces histoires parallèles qui sont parfois un peu longues sont inégales, certaines sont drôles, d’autre sont sans intérêt.

J’ai aussi beaucoup aimé la fin et la manière dont les trois héros mettent un terme à leur voyage. Une lecture reposante, qui m’a fait sourire plus d’une fois avec cet humour britannique souvent ironique. On peut aussi se rendre compte que, finalement, la jeunesse de l’époque (fin 19e) n’est pas si différente de celle d’aujourd’hui, ce sont de jeunes personnes qui sont considérées comme feignantes, toujours fatiguées, partisanes du moindre effort, mangeant trop, irrespectueux, voire de petites racailles ! Bref, tous ce que les adultes reprochent toujours à la génération plus jeune.

La fille au revolver de Amy Stewart

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4/5

1914, dans une petite ville de la cote est américaine, vivent les sœurs Kopp. Constance l’ainée de 35 ans, Norma sa cadette et Fleurette la petite dernière qui va bientôt fêter ses 16 ans. Les sœurs Kopp vivent isolées dans une ferme à l’extérieur de la ville de Paterson, au grand désespoir de leur frère ainé, Francis, qui aimerait bien voir ses soeurs venir s’installer chez lui et sa femme afin de garder un œil vigilant sur elles. Mais il n’en est pas question pour les sœurs Kopp, indépendantes et qui aiment leur liberté. Alors qu’elles se rendent en ville dans leur carriole, elles sont percutées de plein fouet par une automobile, conduite par un certains Henry Kauffman et ses amis. Constance réclame alors 50 dollars à Monsieur Kauffman, le prix des réparations de la carriole, mais ce dernier, patron d’une usine de soie, n’est pas d’accord. C’était sans compter l’obstination de Constance mais Kauffman avec sa bande de bons à rien, se met à harceler les sœurs Kopp et à leur envoyer des menaces en tout genres.

J’avais croisé ce roman à plusieurs reprises sur les blogs, et les avis m’avaient plutôt donnés envie. L’histoire des sœurs Kopp est tirée de véritables faits divers et de véritables personnages. Ainsi les trois sœurs Kopp ont réellement existé, elles ont vraiment fait l’objet d’harcèlement et de menace de la part de Kauffman et de ses acolytes. Certains autres personnages secondaires ont réellement existé aussi.

J’ai beaucoup aimé les sœurs Kopp. Elles ont chacune leur caractère et leur force, leur qualité et leur défaut. Constance l’ainée, qui se sent responsable de ces sœurs, à la particularité de mesurer 1,80m, ce qui pour l’époque devait être hors norme! C’est un personnage très attachant, elle est forte et déterminée, têtue, volontaire, mais à ses petites faiblesses, ses petites douceurs. Norma la cadette est  au final plus rude que sa soeur ainée, elle est plus acharnée et travailleuse que ses sœurs, c’est elle aussi qui apprécie le plus la vie à la ferme, et c’est une passionnée des pigeons voyageurs. Quant à Fleurette c’est celle qui a le plus de liberté dans le sens où elle est encore très inconsciente du danger. Elle est romantique, elle rêve d’aventure et de rencontres étranges, au grand désespoir de ces soeurs. Fleurette c’est aussi la plus coquette, elle adore les franfreluches, à un talent particulier pour la couture, et adore la danse et le théâtre. Chacune a un caractère bien trempée.

L’enquête criminelle n’est pas vraiment le plus intéressant du roman. L’histoire avec Kauffman permet de sortir les sœurs Kopp de leur torpeur, de leur petite vie monotone et sans saveur. Elles vont devoir sortir plus souvent de leur ferme, faire des rencontres, avoir des aventures palpitantes, apprendre à tirer au revolver. On en apprend beaucoup sur l’époque, les usines de soies de la région, le quotidien des ouvriers, les grêvistes, le système judiciaire, le système pénitencier, la technologie et les mœurs qui évoluent, l’image de la femme. C’est surtout ça qui m’a intéressé dans ma lecture, avec bien sur suivre le quotidien des soeurs Kopp, en apprendre beaucoup sur leurs origines et leurs passés.

Seul bémol, le livre est parfois, surtout dans sa seconde moitié, un peu répétitif, une menace de Kauffman, la réaction des soeurs Kopp, une visite chez le shériff pour en parler et retour case départ. Parfois, il y a certains épisodes qui ne sont pas utiles et une petite impression de tourner en rond, mais vraiment une ou deux fois, ce qui ralentit le rythme. Sur le site de l’auteur, on trouve des photographies d’époque sur lesquelles on peut voir les soeurs Kopp ou encore le shérrif Heath. Un 2e tome est sortie, j’attendrais qu’il sorte en poche pour le lire, en espérant ne pas trop attendre, car je me suis vraiment attachée aux sœurs Kopp!

 

Le grand sommeil

de Raymond Chandler

3.5/5

Dans le Los Angeles des années 40, le détective Philip Marlowe est demandé à la demeure des Sternwood, une riche famille qui a fait sa fortune dans le pétrole. Il croise les deux filles du patriarche, deux jeunes femmes un peu étranges, puis le père qui lui demande d’enquêter sur des menaces de chantages. Marlowe s’enfonce dans les tréfonds de  la ville et va croiser des petits truands, des maitres chanteurs, des cadavres à la pelle, des femmes fatales, et autre joyeusetés du genre.

Je connaissais de réputation Raymond Chandler, et je connaissais de nom le personnage de Philip Marlowe, le célèbre détective, mais je n’avais jamais lu ces aventures. Cet archétype du détective privée, insolent, blasé, qui croise souvent de jolies femmes, qui a la répartie facile, qui travaille et vit dans un petit appart un  peu minable, qui suit un régime plus liquide qu’autre chose et qui se balade dans le Los Angeles des années 40, a été repris encore et encore au cinéma, dans les séries télé et dans pas mal d’autre romans noirs. Ce personnage du détective, un peu macho, beaucoup blasé, on lui a rendu hommage plus d’une fois, d’où cette impression de déjà vu/lu, d’où cette impression de familiarité.

J’ai parfois eu un peu de mal avec certains vocabulaire à la mode de l’époque, du genre appeler toutes les jeunes femmes “mon chou”, et les jeunes femmes appeler certains hommes aussi “mon chou”! faut s’y faire…il est vrai aussi que les personnages féminins ne sont pas des plus intéressants, souvent décrites comme de grands enfants irresponsables qu’il faut sauver ou consigner pour leur bien, mouais, une image de la femme un peu dépassée pour nous lectrices du 21e siècle! heureusement, certaines de ces femmes sont un peu plus intelligentes que d’autre, mais bon, il n’y en a qu’une qui ne sautera pas au cou du détective en cinq minutes!

C’est sombre, on a droit à un Los Angeles pluvieux, c’est le roman policier noir par excellence, avec son détective privée et sa brochette de truands à la petite semaine. J’ai pris plaisir à suivre l’enquête de Marlowe, ses rencontres, ses discussions avec le vieux Sternwood, un peu touchant en fin de vie. L’écriture est fluide , pas mal de dialogues, pas mal de rebondissements, ça avance vite, les pages tournent toutes seules. Un classique du genre à lire pour voir.

Lu dans le cadre du Mois Américain chez Titine.

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Huckleberry Finn

de Mark Twain

4/5

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Après les aventures de Tom Sawyer, on retrouve son meilleur copain, Huck, vivre ses propres aventures. Après avoir retrouver le trésor caché à la fin de Tom Sawyer, Huck n’a plus la liberté de vivre à sa guise dans la foret. Il est recueilli par une vieille dame riche qui a décidé de s’occuper de son éducation et de le civiliser. Mais voilà que revient en ville le père alcoolique et bon à rien de Huck qui réclame son fils histoire de pouvoir mettre la main sur sa nouvelle fortune. En attendant qu’un juge se décide, il emmène Huck se cacher dans la forêt. Huck profite de l’absence de son père pour mettre en scène sa propre mort pour que plus personne ne vienne l’embêter, ni la vieille dame qui veut le civiliser, ni son père violent. Il retrouve sa liberté, et dérive sur un radeau, sur le Mississippi, a pêcher son poisson, à vivre au jour le jour, jusqu’à ce qu’il rencontre Jim, l’esclave de son ancienne bienfaitrice, déterminé à passer dans les territoires libres afin de ne plus être esclave. S’en suit des aventures palpitantes comme seul un enfant de cet âge peut en vivre.

J’avais adoré les aventures de Tom Sawyer, j’étais fan du dessin animé japonais, et en lisant le roman, j’ai trouvé que l’adaptation était parfaitement fidèle, une vraie mise en image. Les aventures de Huck sont tout aussi géniales à lire, peut être un peu plus dangereuse, un peu moins enfantines, puisque Huck vit un quotidien plus sombre que celui de Tom. Un père violent et alcoolique qui l’enlève et le séquestre le temps de toucher le trésor de son fils, Huck qui met en scène son assassinat pour avoir la paix, puis un long voyage le long des fleuves du sud, à rencontrer des escrocs, à improviser et s’inventer de nouvelles identités au grès des nécessités comme seule sait le faire un enfant.

J’ai adoré suivre Huck dans ces aventures, ses rencontres, sa façon qu’il a si naturelle de s’adapter et de s’intégrer partout où il va. Certaines de ces rencontres et aventures se terminent parfois par quelques tragédies, mais Huck les vit de manière détachées, et reprend la route, toujours avec un but, sauver Jim de l’esclavage.

Car Huck s’attachera très vite à Jim, faisant de l’esclave en fuite son compagnon de route, avec qui il s’entend si bien avant de se rendre compte qu’il est en train d’aider un esclave à fuir ses maitres, est-ce juste? est-ce contraire à la morale? Mais Huck ne s’embêtera pas longtemps de ces questions moralistes, Jim est son ami avant tout.

En bref, un jolie coup de coeur, comme ce fut le cas pour Tom Sawyer, Huck est très attachant, débrouillard, tellement simple, qui se contenterait bien d’une vie sur un radeau, à pêcher du poisson et faire des siestes, mais qui est rattraper par la “civilisation” et sa horde d’adultes qui tentent désespérément de l’éduquer.

Lu dans le cadre du Mois américain chez Titine.

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