Une soirée à l’opéra Garnier, La traviata

Il y a deux semaines, je me suis rendue un dimanche soir à l’opéra pour voir La traviata de Verdi. J’ai réservé les places en juin dernier, avec difficulté car les places sont parties en un temps record.

La traviata c’est l’histoire de Violetta, inspirée par la Marguerite Gautier de La dame aux camélia de Dumas. Violetta est une femme qui parcours les salons, les bals, les fêtes, une courtisane qui profite de la vie sans penser aux lendemains. Elle finira par tomber amoureuse et laisser de coté sa vie de courtisane, mais sa santé dépérira petit à petit…

costume de Paquita, un ballet que j’avais vu et beaucoup aimé il y a deux ans;

J’ai appris quelques semaines avant la représentation, que La traviata avait été revu et modernisé. L’action ne se déroule pas au 19e siècle mais de nos jours. Violetta n’est pas une courtisane mais une instagrameuse, youtubeuse reconnue, suivie par des millions de gens, devenue égérie d’une grande marque de parfum…

Je dois dire que sur le papier l’idée ne me plaisait pas trop. Les premières minutes sur scène, c’est deux écrans géants posés sur la scène, qui nous montre la vie des réseaux sociaux de Violetta. Son compte instagram, ces soirées, ces fêtes, sa vie sociale, et puis son médecin qui lui demande par sms interposé de passer le voir pour discuter des résultats de ses dernières analyses. Car Violette est gravement malade.

Visite de l’opéra Garnier

Avait-je envie de passer trois heures un dimanche soir à voir la déperdition d’une jeune femme atteinte d’un cancer? non pas vraiment. On est loin de l’idée de ce que je m’en faisais, des costumes du 19e siècle, les robes, les salons bourgeois, les fêtes. Non ici, les tableaux qui s’enchainent sur scène c’est une boite de nuit parisienne, le départ de la fête dans une vraie voiture Uber, un kebab ouvert toute la nuit, une start up, une boite de nuit aux mœurs bizarres, ou alors des tableaux minimalistes avec un décor qui se résume en un carré en trois dimensions blanc pour représenter la vie à la campagne, dans lequel le héros écrase du raisin dans un bac en bois, ou encore Violetta qui trait une vache, là comme ça sur un fond blanc. Sans parler du dernier tableau qui alterne entre séance de chimio et lit médicalisé.

Si La traviata est modernisé sur le plan de l’époque, des décors et des costumes, la musique, les chants et l’histoire ne sont pas transformés. Alors quand on lit les sous titres des chants dans lesquels Violetta demande à écrire une lettre, dans laquelle Violetta demande à sa servante de partir apporter le courrier, ça semble bien anachronique. Et puis cette histoire de sacrifice avec Violetta qui accepte de rompre avec son grand amour sur la demande de son père afin de servir les intérêts de sa famille, semble aussi hors du temps.

Heureusement, comme je voyais bien la scène, je pouvais parfois me concentrer en admirant tous les musiciens et le chef d’orchestre, et écouter les chanteurs tous très bons bien sur.

C’est dommage il n’y a aucun intérêt à moderniser de cette manière une pièce comme la traviata. Si on veut parler des problèmes de société actuels, libre aux auteurs, chorégraphes et autres de créer des opéras, spectacles, pièces, au lieu d’adapter un opéra. L’histoire ne colle pas avec notre époque, ni les réactions des personnages, ni les émotions ni les dialogues. Le rendu est bizarre et ce coté moderne avec les réseaux sociaux et les décors tristes et souvent laids tout comme les costumes, font perdre tous le charme de cet opéra.

Quant aux sièges de l’opéra Garnier, c’est honteux, une vraie arnaque. On se trouvait au dernier rang de l’amphithéâtre, qui se trouve tout en haut de la salle, face à la scène. On avait une très bonne visibilité de la scène et de l’orchestre mais la largeur des rangs est grotesque, un vrai foutage de gueule. Imaginé qu’on rajoute tout simplement une rangée entre deux rangées. Les sièges sont petits mais surtout impossible de plier ses jambes lorsqu’on s’assoit sans taper la tête de la pauvre personne qui se trouve devant nous, aux spectateurs d’alterner entre se prendre le bois du siège de devant dans les genoux, ou écartés les jambes façon grand écart. Les deux entractes étaient plus que les bienvenus pour s’étirer un peu, surtout que le 2e acte durait 1h05. Quand on voit la moyenne d’âge des spectateurs, ils ne devraient pas être autorisés à vendre des places comme celle ci, elles ne devraient même pas avoir droit de s’appeler “place”, surtout quand elles valent quand même 50€ à la vente. D’ailleurs une vieille dame fera un malaise dans le 2e acte, et on apprendra qu’un médecin est en permanence présent lors des représentations, car en plus des sièges qui sont de vrais instruments de torture pour le corps humain, la chaleur dans la salle n’arrange rien.