Après la tempête de Hirokazu Kore Eda

Après la tempête : Affiche

Après la tempête

de Hirokazu Kore Eda

Hiroshi Abe, Kirin Kiki, Yoko Maki

4.5/5

Ryota est un gentil loser. Après un premier roman qui a eu son petit succès et quelques prix, Ryota n’a plus écrit. Aujourd’hui divorcé, père d’un enfant de 11 ans qu’il ne voit pas beaucoup faute de payer une pension alimentaire dans les temps. Pour payer les factures, Ryota est employé dans une agence de détective privé, et passe son temps à filer les maris et épouses infidèles. Il dépense le peu d’argent qu’il gagne aux courses de vélo. Entre deux boulots, il passe voir sa vieille mère, qui vit son récent veuvage comme une libération et un soulagement. Ryota espère se réconcilier avec son ex femme, mais cette dernière commence déjà à refaire sa vie.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe

“C’est difficile de devenir l’adulte de ses rêves”. Cette phrase que prononce le héros pour remettre à sa place un ado, résume bien le dernier film de Hirokazu Kore Eda. On retrouve un peu l’atmosphère de son meilleur film, Still Walking, les relations intergénérationnelles, les désillusions des personnages, les regrets.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe

Ryota, le héros du film, est un gentil loser. Tout le monde pensait le voir devenir un grand écrivain, mais finalement il n’a jamais confirmer son talent. Dorénavant, Ryota est divorcé, père d’un fils de 11 ans qu’il ne voit pas souvent, et pour gagner sa vie il passe son temps à épier les maris et épouses infidèles pour le compte d’une agence de détective privé minable. Il dépense son salaire dans les courses de vélos et peine à payer son loyer et sa pension alimentaire.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe

Les personnages sont très attachants. Ryota en loser pathétique qui fait ce qu’il peut, mais aussi sa mère, une vieille dame qui vit son récent veuvage comme une libération et une renaissance. J’ai beaucoup aimé les relations entre les personnages, Ryota et sa mère, Ryota et son fils Shingo, Ryota et son collègue, ou encore Shingo et sa grand mère.

C’est drôle, émouvant, il y a surtout beaucoup d’humour. Kore Eda mélange toujours le sombre et la lumière, les joies de la vie, et les petites aigreurs du passé. La mère de Ryota rêvait de finir ses jours dans une jolie maison et pas dans un appartement minuscule d’une cité hlm. Ryota rêvait de devenir un grand écrivain mais fait des boulots alimentaires sans intérêt. L’ex femme de Ryota espérait vivre sa vie au coté d’un homme qu’elle aime, mais préfère faire des concessions et se trouver un parti correcte.

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La mère de Ryota reste un des personnages les plus attachants du film, une vieille dame contente d’être débarrassé d’un mari qui lui piquait son argent pour aller jouer aux courses et qui sait jouer les victimes pour apitoyer son entourage sur son sors. On passerait bien l’après midi avec elle à l’écouter parler franchement de son fils, sans filtre, qui sait dire des choses franches l’air de rien, sur un ton neutre.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe, Yoko Maki

Après la tempête est un film plus profond qu’il n’y parait. Des personnages attachants, de l’humour parfois tranchant, des relations intergénérationnelles compliquées, et encore une fois Kore Eda fait mouche, les dialogues superbes, des petites phrases parfois lourdes de sens, une dernière partie excellente. J’ai adoré revoir Kirin Kiki, qui jouait déjà une mère acide dans ses paroles dans Still Walking tout comme Hiroshi Abe qui joue Ryota. Probablement le film de Kore Eda que je préfère après Still Walking.

Vu dans le cadre du challenge, Un mois au Japon

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire, manga, japon, plats japonais, challenge un mois au japon

Tel père tel fils

Tel père, tel fils : Affiche

de Hirokazu Kore Eda

Masaharu Fukuyama, Machiko Ono, Lily Francky, Yoko Maki, Keita Ninomiya, Shogen Hwang

4.5/5

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Ryota et Midori forment un couple très aisé à Tokyo. Lui est un homme d’affaire très occupé, elle est la parfaite mère au foyer. La seule inquiétude dans leur vie réside dans le fait que Ryota aimerait bien que son fils Keita soit plus combatif et ambitieux. Tout bascule le jour où l’hopital dans lequel Midori a accoucher leur annonce que leur enfant a été échangé à la naissance. Leur véritable fils est élevé par une autre famille. Ryota et Midori rencontre donc Yudai et Yukari Saiki, un couple de commerçants plutôt modeste qui ont deux autres enfants. Durant les mois qui s’écouleront, les deux familles vont apprendre à se connaitre, et ils devront alors décidés si ils procèdent à un échange ou non.

Tel père, tel fils : Photo

J’aime énormément le cinéma de Hirokazu Kore Eda, de lui j’ai vu Nobody Knows, Air Doll, I wish et mon favori  du monsieur l’excellentissime Still walking. Alors quand UGC  a annoncé qu’il venait présenter son nouveau film en avant première j’ai pas hésité!

Tel père, tel fils : Photo Machiko Ono, Masaharu Fukuyama

Le réalisateur est tout étonné de voir son film projeté dans une si grande salle, et de voir autant de monde, il nous raconte qu’il était hier au festival de Marrackech, et qu’il avait eu la chance de diner avec Juliette Binoche. Bref, le monsieur nous dit à plusieurs reprise qu’il a l’impression d’être dans un rêve. Il nous explique aussi qu’il a eut l’idée de faire ce film en réalisant qu’il ne voyait pas beaucoup sa fille de 6 ans, à force de trop travailler. Il s’est alors interrogé sur la notion de paternité, est ce un lien de sang ou de temps?

Tel père, tel fils : Photo Masaharu Fukuyama

Quant est il du film , et bien j’ai adoré je pense tenir mon coup de cœur de l’année. Je pense aussi que Still walking reste légèrement au dessus, mais Tel père tel fils m’a énormément plut.

On suit le regard de ce couple riche et privilégié, la découverte de cet échange d’enfant 6 ans plus tôt, leur rencontre avec la famille qui élève leur fils biologique et qui n’ont rien à voir avec eux ou avec leur mode de vie. La froideur du père homme d’affaire qui prend tout le problème comme dans le cadre de son travail, avec détachement et professionnalisme; la tendresse de la mère qui ne veut pas renier celui qu’elle a élevé et qui se demande si elle ressentira quelque chose pour cet inconnu, et qui culpabilise, elle la mère, aurait du sentir et savoir.

J’ai adoré faire connaissance avec ces deux familles, leurs défauts, leurs faiblesses, on s’attache très vite à eux, aux enfants, aux deux couples, aux grands parents. Ce qui est bien et agréable avec Hirokazu Kore Eda, c’est que malgré un sujet dramatique, l’humour n’est pas absent et on rit plus d’une fois.

Et comme souvent chez le réalisateur japonais, on a droit à de vrais scènes de la vie quotidienne japonaise, l’importance du bain, qu’il soit pris tout seul ou en famille, l’importance du coucher le soir, l’importance des repas en famille, et des obligations familiale.

En bref, un film magnifique, tout en douceur, on est pris par l’intrigue et on attend de voir comment tous ça va finir. C’est magnifiquement interprété par d’excellents acteurs tout en subtilité, et pas du tout cliché. A voir absolument!

Sortie le 25 décembre