Dernière séance: Dans un jardin qu’on dirait éternel

Dans un jardin qu'on dirait éternel : Affiche

 

de Tatsushi Omori

Haru Kuroki, Kirin Kiki, Mikako Tabe, Shingo Tsurumi

4/5

A 20 ans, Noriko est étudiante à l’université et ne sait pas quoi faire de sa vie, contrairement à ses amies qui ont toutes l’air de savoir le chemin qu’elles souhaitent prendre. Indécise, rêveuse, toujours dans le doute, sa mère lui propose de suivre les cours de cérémonie du thé de Mme Takeda. Elle commence les cours en compagnie de sa cousine Michiko. Apprendre la cérémonie du thé c’est difficile, exigeant, et c’est long, un apprentissage de toute une vie. Deux ans passent, les filles ont terminés sans briller leurs études supérieures, et tandis que Michiko prend sa vie en main, Noriko est toujours aussi indécise et perdue sur les routes qu’elle souhaitent suivre.

Dans un jardin qu'on dirait éternel : Photo

2e séance depuis la réouverture des cinémas en juillet dernier. Un film japonais à la séance de midi en plein milieu de semaine, on était trois dans la salle moi comprise!

Dans un jardin qu’on dirait éternel, c’est doux, c’est beau, c’est poétique, mais jamais ennuyant. On suit la jeune Noriko à travers les années qui se cherche et tente de comprendre la signification d’un bandeau affiché chez maitre Takeda “chaque jour est un bon jour”. A travers ce personnage, on a une belle réflexion sur la vie et le sens qu’on lui donne.

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Noriko à 20 ans comme à 30 ans, est indécise, elle ne sait pas ce qu’elle veut faire de sa vie, contrairement à ses amies et surtout contrairement à sa cousine, Michiko qui a un caractère très différent. A la fin de leurs études universitaires, Michiko sait déjà quel métier elle veut faire, à 25 ans, Michiko décide d’accepter un mariage arrangé pour fonder une famille, après avoir compris qu’elle n’avait aucune perspective de promotion, ne possédant ni passion ni vocation. Nochiko n’envie ni le métier de sa cousine, ni le fait d’accepter un mariage arrangé pour devenir mère au foyer, et pourtant Nochiko envie sa cousine, car contrairement à elle, elle prend des décisions et s’y tient, elle choisit une route sans hésiter pour construire sa vie, alors que Nochiko à 30 ans, se laisse toujours porter par la vie, vie au jour le jour, sans projet ni plan.

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Les scènes qui détaillent la cérémonie du thé sont apaisantes et relaxantes à regarder. Tous ces détails, la manière de plier ou déplier sa serviette, de tenir la louche, de verser l’eau, de tourner la tasse, de s’agenouiller, tout ça donne l’impression que ces gestes ont été crée par une personne atteinte de toc. Et puis on se rend compte que tous ces gestes permettent de vider l’esprit de celui qui les exécute, de ne se concentrer que sur une seule chose. Il y a une satisfaction de voir ses mains agirent toutes seules sans que Noriko ait besoin de réfléchir.

 

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On voit passer les saisons, on voit les deux jeunes femmes devenir adultes, s’envoler, construire leurs vies. Noriko cherche le sens des choses. Il y a des moments drôles, d’autres touchants, comme la relation entre les deux cousines et surtout la relation de Nochiko avec son père. Une relation qui donne des moments très émouvants. Il y a des instants de grace dans ce film. Et bien sur c’est l’occasion de voir la dernière apparition au cinéma de Kirin Kiki avant sa mort, actrice qui dans ses dernières années, a souvent jouée les mamans et grand mère, comme dans Les délices de Tokyo et dans de nombreux films de Kore Eda comme dans Après la tempête, Une histoire de famille et surtout Still walking. Ici elle joue maitre Takeda, l’experte de la cérémonie du thé, qui sait distiller des petites leçons de vie à travers les rituels du thé qu’elle enseigne à Noriko. Parfois gentille et compréhensive, parfois plus acerbe pour secouer un peu Noriko. Un très jolie film qui fait du bien.