Dernières lectures: En ce sanctuaire de Ken Bruen – Tortilla flat de John Steinbeck – Le tour du monde du roi Zibeline de Jean Christophe Ruffin

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En ce sanctuaire

de Ken Bruen

4/5

On retrouve encore une fois le détective privé le plus torturé de Galway. Depuis la mort de Serena May dont il se sent responsable, Jack Taylor ne boit plus et pourtant ce ne sont pas les coups durs qui manquent dans sa vie. Cette fois ci, les mauvaises nouvelles sont annoncées dans une lettre, dans laquelle un dingue a décider de tuer certaines personnes par vengeance. Deux flics, une bonne sœur, un enfant… Lorsque Taylor prend connaissance de la lettre la liste est déjà entamée et les cadavres s’accumulent dans l’indifférence totale.

J’ai encore une fois adoré ce roman. Après autant de tomes tournant autour de Jack Taylor, j’ai toujours l’appréhension d’en commencer un autre, persuadé que je vais finir par être déçue. Peur de voir l’auteur tourner en rond car après tout, le lecteur en aura peut être marre de voir le héros de l’histoire se torturer, se souler, se droguer, se faire du mal, finir à l’hosto, repartir enquêter sur des histoires sordides…Mais au fil des tomes aucune lassitude.

J’adore retrouvé le style, l’écriture de Bruen, ces phrases courtes et efficaces, une écriture pleine de noirceur de cynisme, de réparties cinglantes, comme l’est son héros Jack Taylor, auquel on ne peut s’empêcher de s’attacher malgré les défauts nombreux du monsieur. En fait quand on y pense, Jack Taylor est presque un saint, il ne s’intéresse pas à l’argent, ni à s’enrichir, il ne cherche ni la gloire ni la reconnaissance, il rêve seulement qu’on lui fiche la paix, mais ne peut s’empêcher d’intervenir face à une injustice.

Ici, Taylor replonge dans l’alcool après plusieurs tomes d’abstinence, suite à des révélations qui le font vaciller de colère. J’ai encore une fois adoré retrouvé son ami, toujours aussi énigmatique, j’aime la relation qu’il a avec Taylor. Vivement le prochain tome…

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Tortilla flat

de John Steinbeck

3.5/5

Tortilla flat c’est un quartier sur la cote californienne au début du 20e siècle. La première guerre vient de se finir, et les habitants du quartier sont toujours aussi pauvres. Certains s’en sortent mieux que d’autre. Danny, un homme pauvre qui dort là où il peut, apprend un matin qu’il a hérité de son père de deux maisons dans le quartier de tortilla flat. Deux ruines diraient certains mais pour Danny ce sont de vrais châteaux. Une des maisons brule par accident, reste encore à Danny un toit, sous lequel ne tarde par à venir certains amis de Danny, comme Pilon, Pablo, Jesus Maria, Big Joe, ou encore Pirate. Mais être propriétaire entraine des responsabilités que Danny n’a pas forcément envie d’assumer.

J’avais adoré Des souris et des hommes et j’ai donc continuer ma découverte de l’auteur avec Tortilla flat. La plupart du roman nous présente les différents personnages qui gravitent autour de Danny. Ici, la morale n’est pas très présente, les habitants du quartier vivent en toute liberté, peu importe la morale sociale des hommes. Ainsi, les amis de Danny sont parfois voleurs, vils, menteurs, malhonnêtes même entre eux, mais dans les coups durs souvent, ils peuvent compter les uns sur les autres. Parfois ils peuvent être sans pitié, et parfois ils peuvent se mettre en quatre quand ils découvrent une famille qui n’a plus de nourriture à donner aux enfants faute de récolte annuelle. Parfois ils peuvent se battre pour un rien ou se voler entre eux, et parfois ils peuvent s’émouvoir devant l’historie d’un inconnu père d’un bébé mourant.

Au final, Tortilla flat c’est surtout des petites anecdotes, des petites histoires de quartier qui décrivent la vie d’une petite ville pauvre dans le début des années 20. C’est aussi toute une philosophie sur la liberté de l’homme. Quand Danny était pauvre et sans toit, il était finalement plus heureux que lorsqu’il devient propriétaire. Car du moment où il possède une maison, les demandes des autres, les responsabilités, les factures, les actes administratifs lui tombent dessus, ce qui entrainera la dépression de Danny qui au final, était bien plus heureux quand il dormait sous des cartons dans la forêt, rencontrait ses amis au hasard des chemins, et dont la seule préoccupation du jour était de trouver de quoi manger et surtout de quoi boire. L’incendie volontaire de la maison de Danny par les survivants de l’histoire viennent rendre la liberté de chacun de faire ce que chacun désire. J’ai de loin préféré Des souris et des hommes, qui est une histoire plus construite que Tortilla flat qui ressemble plus à des nouvelles qu’à un roman.

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Le tour du monde du roi Zibeline

de Jean Christophe Ruffin

3/5

Au 18e siècle, Auguste Benjowski, un noble polonais, rencontre aux États Unis un Benjamin Franklin vieillissant. En compagnie de sa femme, Auguste s’emploie à lui raconter son histoire. Sa jeunesse dans le château familiale avec un père rustre, ses campagnes militaires à travers l’Europe, son exil en Sibérie, sa rencontre avec sa femme, sa fuite à travers les mers, jusqu’en Chine puis au Japon, avant d’échouer en France puis à Madagascar.

J’aime beaucoup les romans de Jean Christophe Ruffin, en particulier les romans historiques. J’avais adoré Rouge Brésil, L’abyssin et Sauvez Hispahan, mais j’avais moins accroché à des romans plus contemporains comme Le parfum d’Adam. Du coup quand l’auteur sort un roman historique qui parle de voyage et de pays étrangers, j’étais motivée au point d’aller l’acheter sans passer par la case livre de poche, même si je l’ai quand même acheté d’occasion.

Et bien finalement, j’ai été un peu déçue. On lit les aventures assez extraordinaires d’Auguste, j’ai beaucoup aimé la partie dans laquelle il raconte son enfance dans le château familiale froid et lugubre, au coté d’un père un peu barbare et du fantôme de sa mère qu’il n’a jamais vraiment connue. Il passe ses années pré adolescentes auprès d’un précepteur français, qui lui inculque les valeurs du siècle des lumières, ce qui lui vaudra d’être renvoyer comme un malpropre par le père, mais qui aura un impact énorme sur le jeune Auguste.

Auguste laisse ensuite la place à sa femme Aphanasie, qui raconte sa vie de jeune fille dans un camp pour exilés en Sibérie. Cette partie là aussi était assez intéressante, la vie dans la ville-camp, son père alcoolique et méprisant, sa mère qui a souffert d’un mariage sans amour ni respect, et ses sœurs ainées, toutes mariées par leur père en fonction de leur statut social, sans qu’elles aient eu leur mot à dire sur le choix du conjoint et qui subissent leurs mariages comme une agression perpétuelle. Aphanasie va alors rencontrer Auguste et tout va changer.

C’est à partir de leur départ de Sibérie que les choses se gâtent un peu. C’est pourtant la partie que je pensais le plus aimé, moi qui avait adoré les romans de l’auteur qui racontaient des voyages, des périples, des rencontres. Ici, les choses restent trop superficielles. Il arrive à nous faire imaginer la vie des exilés sur le bateau que prennent Auguste, Aphanasie et d’autres exilés pour fuir, on sent les difficultés du voyage en mer, mais la façon de raconter l’histoire joue un rôle important dans le fait que je n’ai pas particulièrement accroché. Auguste raconte les étapes de son voyage sans passion ni émotion, tout comme Aphanasie. Il y a peu de dialogue, il n’ y a pas beaucoup de vie dans les phrases énoncées par les personnages. C’est un peu froid et on a donc du mal à s’attacher aux personnages. Ils iront entre autre au Japon et en Chine, mais il n’y a que très peu de description. Autant dans ces précédents romans on avait l’impression d’y être rien qu’en lisant les descriptions des paysages, les senteurs, les détails des villes, de la population, des rencontres, autant ici il n’y a rien de tout ça. Au Japon il n’y a quasi pas de détails, de descriptions, les personnages que les héros rencontres sont quasi invisibles car très peu décrits, et le manque de dialogue n’arrangent rien. Pareil lorsqu’ils sont en chine. Seul leur voyage à Madagascar prend une autre dimension, on ressent plus les paysages, l’atmosphère, le peuple, leur tradition, les interactions qu’ils ont avec les héros, même si il n’y a pas beaucoup de place pour présenter ces nouveaux personnages. D’ailleurs on n’en sait pas beaucoup sur ceux qui entourent Aphanasie et Auguste, les personnes qui passent des années en mer à leur coté sont à peine d’écrites, exception faite de l’amie qu’Aphanasie se fait à Paris, le temps de leur passage.

Et puis je n’ai pas compris l’intérêt qu’il y avait à les faire raconter leur histoire à Benjamin Franklin. Que vient il faire là dedans? Pas grand chose. J’attendais la fin du livre pour voir la raison de leur venue, mais au finale, cette raison n’a pas vraiment lieu d’être, aucun intérêt. La fin du livre et de la destinée d’Auguste est bien décrite et assez poétique, ça rattrape un peu le reste, mais je ne peux m’empêcher d’être déçu, le potentiel était intéressant pourtant, on aurait pu avoir là un grand roman d’aventure à la mesure de Sauvez Hispahan/l’Abyssin ou Rouge Brésil, dommage.

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Chemin de croix de Ken Bruen

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de Ken Bruen

4/5

Jack Taylor, le détective privée irlandais est toujours en proie à ses démons. L’alcool, la culpabilité, son passé trouble. Alors qu’il est confronté à un drame personnel, on lui demande d’apporter sa lumière sur une enquête difficile, le meurtre d’un jeune homme qui a été retrouvé crucifié. En même temps, le représentant d’un quartier bourgeois lui demande son aide sur la disparition de plusieurs chiens.

Toujours un plaisir de retrouver Jack Taylor, ses démons, son passé, son alcoolisme, sa solitude, et les horreurs qui croisent sa route. Comme dans chaque tome, Jack est un survivant. Cody, son nouveau pote qu’il considère comme un fils d’adoption, se meurt à l’hopital, et tout son monde s’écroule. Comme pour la météo irlandaise, à chaque fois qu’un rayon de soleil arrive à éclairer la vie de Jack un gros nuage bien sombre vient gacher la fête.

Avec tout les malheurs qu’il a vécut ou dont il a été témoin, on se demande comment Jack réussi à continuer, à vivre chaque jour, à se lever de son lit, et à ne pas retomber dans l’alcool. Car ça fait bien trois tomes qu’il n’a pas bu une goutte, et on se demande comment il tient, tant les mauvaises nouvelles s’enchainent pour lui.

Avec Ken Bruen, même en faisant subir des choses bien difficiles à son personnage central, on ne ressent jamais de malaise, de mélancolie, de tristesse. Les dialogues fusent comme dans chacun de ses romans, toujours le même style littéraire qui me plait: phrase courte, dialogues bien tournés, avec le lecteur qui suit les pensées de Jack, qui avance dans les rues de Galway à ses coté, comme un témoin muet et invisible. On se promène entre les pubs, les resto, les quartiers bobo, les quartiers populaire avec une ville en pleine transformation, des immeubles anciens démolis, des logements beaucoup plus cher qui se construisent à la place.

Encore une fois j’ai adoré. Ici l’intrigue policière est importante et bien menée, c’est sombre, cynique. J’ai adoré retrouver le personnage de Stewart qu’on avait connu dans un tome précédent. Je ne pensais pas le revoir, mais Jack croise sa route et j’ai beaucoup aimé l’évolution de son personnage. Stewart a changé suite à son séjour en prison, il fait dans le minimalisme et la zen attitude, sans pour autant abandonner certains de ces démons. J’ai beaucoup aimé leur duo. Et la fin du roman contient  une très belle scène, celle où Jack règle un problème dans l’océan. Je pouvais voir la scène dans ma tête comme si j’étais au cinéma. Vivement la suite.

La main droite du diable de Ken Bruen

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4.5/5

On retrouve Jack Taylor dans son Galway natal, en Irlande. A la suite des évènements tragique dans la fin du tome précédent (Le dramaturge), Jack Taylor, détective privé à ses heures perdues, est en hopital psychiatrique, en mode légume. Finalement, grâce à quelques mots que lui diront un autre patient, Jack sort du brouillard et reprend sa vie là où il l’avait laissé. Plus d’alcool, et même plus de cigarette, c’est la révolution chez Jack Taylor. Il a même un peu de chance qui lui sourit. Mais voila que son ennemi de toujours, le père Malachy, vient lui demander son aide. Un prêtre vient d’être retrouver décapiter dans son église. Le père Joyce était soupçonné fortement d’être un pédophile. Malachy lui demande de retrouver le meurtrier et Taylor accepte, bien qu’il pense que ça risque de lui apporter des ennuis. Il croise également la route de Cody, un jeune homme persuadé d’être un Taylor plus jeune, et qui rêve d’ouvrir avec lui une agence de détective digne de ce nom.

J’adore Jack Taylor, cet homme trop écorché vif, trop à fleur de peau, qui ne laisse rien couler, qui est trop dans l’émotion, toujours dans la rage, la colère, le manque de retenu. Toujours dans l’alcool, la clope et même la drogue à un moment de son passé bien lourd. J’adore le suivre dans les rues de Galway, l’entendre décrire les irlandais, l’Irlande, sa météo, son caractère. J’aime le voir remarquer les changements et la modernité dans sa ville, pour le pire et le meilleur.

J’ai adoré les quatre premiers tomes, même si j’ai un gros faible pour le premier, Delirium tremens. Dans La main droite du diable, on commence comme souvent avec Taylor, par un Jack qui se sent mieux, qui fait des efforts, qui reste sobre. Souvent dans les romans de cette série policière, Jack finit par déraper, par se laisser submerger par ses émotions, par sa colère, et finit dans le fond d’une bouteille de whisky. Cette fois ci, ce n’est pas le cas, enfin Jack Taylor a réussi à vaincre un peu ses démons. Les occasions de replonger sont nombreuses pourtant, les tentations très présentes, mais Jack tient bon, car sa culpabilité est plus forte, il ne se pardonne pas les évènements horribles de la fin du tome 4. J’ai d’ailleurs mis du temps à digérer et à lire le tome suivant.

L’intrigue est intéressante, mais les anecdotes et témoignages des pauvres victimes du prêtre pédophile, qui sont maintenant adultes, c’est dure à lire, violent. Taylor nous raconte comment les prêtres et les nonnes étaient adulés, et comment les pauvres petites victimes ne pouvaient rien dire et de toute façon personne ne les entend.

Un excellent tome, avec un Jack Taylor qui doit rester sobre, plus pour certaines personnes qu’il espère voir aller mieux, que pour lui même. Comme d’habitude, c’est bourrer de références littéraires et musicales et ce style sobre, court, un humour noir et pleines de réparties cinglantes. J’ai beaucoup aimé son amitié avec le jeune Cody, et la fin m’a laisser encore une fois un peu traumatisé, mais cette fois ci, j’ai bien envie de lire très vite le tome suivant.

Un an de plus

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Et voila, le jour de mon anniversaire s’achève doucement! Aujourd’hui le 7 février, c’était ma journée et ça tombe bien on est dimanche, je vais pouvoir faire ce que je veux! Mais pas de grasse matinée et de farniente à regarder la télé, levée 9h du matin, je me suis préparée rapidement pour aller à la piscine pas loin de chez moi. ça fait donc plus d’un mois que j’ai commencé la natation, deux fois par semaine. Je nage environ 1h par séance et je vais à mon rythme. Je sentais ces derniers temps que j’avais besoin d’exercice, physiquement mais aussi mentalement, et rien ne me tentais, sauf la natation et je dois dire que j’en suis très contente. Les séances me dont du bien, ça me détends, j’adore! Après la natation, direction un très bon restaurant indien en famille, puis retour maison pour dévorer des patisseries. Rien d’extraordinaire, mais j’étais contente de pouvoir profiter un peu du ciel bleu et du soleil, ça a été une belle journée! J’ai pu aussi inspecter un peu mon balcon, et dans mes bacs on peut déjà voir les jonquilles, les jacynthes, les iris, les crocus et même quelques feuilles de tulipes, j’ai hâte de voir tous ça en fleurs!

Je vous laisse avec des nouvelles du mois de janvier.

J’ai débuté l’année en Belgique chez une amie avec qui j’ai passé le nouvel an. Journée à la mer à Koksijde ; la journée fut très grise, froide, et venteuse, mais ça fait toujours du bien de respirer l’air marin. Et on a pu manger de délicieuses brochettes d’agneau! Puis le lendemain, ce fut Gent très jolie ville aux airs de Bruges, j’aurais aimé prendre le temps de me promener autour du château, mais faire les soldes avec des amis nous a pris tout notre temps! On a aussi été passée la soirée à Bruxelles voir des amis, bref, un petit weekend très sympa, même si j’ai failli rater mon train!

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J’ai pu tester l’afternoon tea au peninsula, délicieux sandwichs, délicieux scones, mais surtout très bonnes petites pâtisseries, notamment le banoffe et la verrine vanille mangue. A signaler, les boissons sont à volonté, on nous a resservi café et thé quand nos tasses fut vides et l’accueil et le service est parfait!

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L’expo Osiris à l’institut du monde arabe, excellente expo que j’ai pu voir dans les tous derniers jours du mois de décembre. On en apprend beaucoup sur le mythe Isis-Osiris-Horus. C’est très intéressant, très bien raconté, une musique subtile et une lumière tamisée nous plongent dans une ambiance mystique et zen, j’ai pris mon temps pour faire le tour, sans trop de monde, et on peut admirer des pièces remontées récemment des eaux dans la baie d’Aboukir. L’expo a été prolongée jusqu’au 6 mars, je l’a conseille fortement!

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Je n’ai pas pu voir énormément de films au cinéma ce mois ci, j’ai débuté un tout nouveau boulot qui m’a pris du temps, mais j’ai pu voir Carol dont je reparlerais bientôt.

J’ai pu assister à mon premier concert de l’année, avec Stereophonics, à l’olympia, excellent concert, j’en reparlerais aussi plus tard, avec photos à l’appui!

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J’ai lu R&B Le gros coup de Ken Bruen

Au sud de Londres, dans les quartiers populaires, l’inspecteur principal Roberts et son second le sergent Brant, appliquent la loi et les règlements façon old school. Eux c’est plutôt les interrogatoires violents, c’est plutôt on frappe d’abord on discute ensuite. Mais les méthodes de cogneurs on en veut plus dans la police métropolitaine. Les grosses pontes veulent redorer le blason de la police, finit les méthodes pas propres, finit les intimidations et la violence, place à une police nickel et surtout qui respecte à la lettre les règlements et autres lois. Roberts et Brant font partis d’un autre temps, une autre époque, et ils se demandent s’ils vont survivre au grand ménage quand des meurtres particulièrement violents se produisent dans le quartier. D’un côté il y a un gang dérangé et violent qui torture et assassine brutalement des personnes connus comme étant des petits dealers ou voleurs, d’un autre côté, un homme sortie de nulle part se met à assassiner un à un les membres de l’équipe nationale de cricket. Les médias se jettent sur ces news sanglantes et Brant et Roberts espèrent conclure les deux affaires en espérant que ça les sauve du grand coup de balais prévu.

J’ai découvert Ken Bruen avec sa série Jack Taylor, des romans policiers très noires qui racontent le quotidien d’un détective privé irlandais, alcoolique et souvent à la dérive, installé à Galway.

Cette fois ci l’intrigue se déroule à Londres, dans les quartiers populaires de la capitale, loin des jolies quartiers qu’on a l’habitude de voir. Roberts est un inspecteur principale en fin de carrière, qui attend de pouvoir partir à la retraite, bedonnant, vieillissant, marié et père d’une ado. Roberts est blasé, fatigué des politiques, fatigué de faire des ronds de jambes.

Brant lui, est sergent, il est encore jeune et vigoureux comparé à Roberts, mais lui aussi est blasé, il en a vu des horreurs dans sa carrière, il est difficilement ému par les affaires qu’il s’active de résoudre, et comme Roberts, le seul flic de son commissariat qu’il apprécie, il n’est pas prêt à renoncer à ses méthodes pas nettes pour mener ses enquêtes, les interrogatoires musclés, les fouilles pas règlementaires, les descentes improvisées et les passages à tabac dans les ruelles sombres.

Encore une fois, j’ai beaucoup aimé la plume de Ken Bruen, sa façon de décrire sans concession, brutale et sombre.

Dans le gros coup, on retrouve l’humour cynique de Bruen, qui se mélange à des situations parfois grotesques, parfois tragiques et souvent violentes. Ce premier tome des aventures de Brant et Roberts se lit vite, les pages tournent toutes seules, et se termine sur un petit suspense qui me donne bien sûr, envie de me lancer dans la suite.

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Et enfin, une amie m’a fait découvrir Kaffehaus rue poncelet, près de la place des ternes, un salon de thé qui sert des pâtisseries autrichiennes, un vraie délice! Les pâtisseries sont gourmandes, savoureuses, et légères, accompagné d’un café liégeois très aérien. Il faut juste passer la vendeuse du rez de chaussée, aimable comme une porte de prison, mais une fois à l’étage, on est gentillement servie par un gentil monsieur! Lambris de bois partout et coucou sur les murs, les prix sont raisonnables, une adresse que je retiens!

 

Le dramaturge de Ken Bruen

4/5

Jack Taylor, toujours détective privé à Galway en Irlande, est dans une phase saine. Plus d’alcool, plus de drogue, et bientôt plus de cigarette qui l’eut crut? mais comme toujours avec Jack Taylor, son équilibre et son bien être sont des choses très fragiles, reposant sur des bases peu solides, qui ne demandent qu’à s’effondrer. Les choses commencent à noircir à l’horizon, quand Jack est quasiment sommé par son amie Cathy, de se rentre à la prison de Dublin pour rendre visite à Stewart, ancien dealer de drogue qui vient d’entamer sa peine de prison. Il lui demande de découvrir le responsable de la mort de sa soeur, retrouvée sans vie au pied des escaliers. La police à conclut à un accident, mais Stewart est persuadé qu’il s’agit d’un meurtre. Jack repart pour Galway et commence à enquêter.

Ahhhh Jack Taylor, ce personnage cynique, blasé, accroc à tout et n’importe quoi, mais qui ne ferait pas de mal à un innocent, m’avait manqué! J’ai retrouvé avec plaisir les rues pluvieuses et venteuses de Galway, le pub de son pote, qui ne boit plus, orné d’un pilier de bar inamovible, Ridge, une garda désagréable mais qui reconnait le bon enquêteur chez Jack, Madame Bailey qui gère l’hotel poussiéreux dans lequel Jack vit. J’ai adoré retrouver les citations, les références que Jack sort à longueur de temps, ses visites à la librairie d’occas du coin chez qui il se fournit en romans.

Les enquêtes policières sont encore une fois qu’en arrière plan, elles avancent doucement voir pas du tout pour enfin être résolus dans les dernières pages, les romans de Ken Bruen se concentrant surtout sur Jack Taylor et ses malheurs, car on ne peut pas dire que la vie y met du sien pour lui facilité les choses, quelques moments de douceurs qui ne dure jamais, de la violence aussi bien physique que psychologique, s’abattent sur lui en permanence, le désespoir n’est jamais loin, et si on est surpris de le voir tenir tout le long de ce tome sans boire ni se drogué, la dernière page du roman le pousse dans l’horreur et nous avec, je ne m’attendais pas à un final aussi dure et sombre.

En bref, toujours aussi géniale à lire, j’adore la plume de Bruen, j’aime ses personnages sombres, dures, tourmentés par la vie, cassé parfois, j’aime Jack Taylor, ses réparties, entre celles qu’il dit tout bas dans sa tête et celles qu’il sort tout haut, j’aime l’humour cynique, noir, dure. Me reste encore trois tomes, je vais les faire durer, bien que la fin de ce tome me donne très envie de commencer le suivant.

Le martyre des magdalènes

de Ken Bruen

4/5

On retrouve Jack Taylor, toujours accroc à la bouteille, et un peu moins à la cocaïne. Deux affaires lui tombent dessus en même temps, d’abord celle d’un petit avocat snob qui souhaite voir Jack enquêter sur sa belle mère, persuadé qu’elle a assassiner son père, mort quelques mois plus tôt. Ensuite et surtout, Bill Cassel, un gros malfrat de Galway connue pour sa violence et sa froideur, fait appel à Jack pour retrouver Rita Monroe, qui travailla autrefois dans le couvent des magdalènes. Un couvent dirigé par des sœurs qui réduisait à l’esclavage les jeunes filles dont leur famille ne voulait plus, certaines à cause de leur grossesses non désiré, que ce soit des viols ou des relations hors mariages, certaines à causes de leur désobéissance. Jack n’a pas le choix, il a une dette envers Bill, et si  il veut essuyer l’ardoise, et se maintenir en vie, il doit rendre service à Bill. Jack va renoncer à la cocaïne, et même à l’alcool, puisqu’il a trouver mieux, les médicaments et autre pilules miracles.

J’ai retrouvé avec plaisir Jack Taylor, ce détective dilettante, la cinquantaine, seul, et accroc depuis trop longtemps à l’alcool. Dans les aventures décrites par Bruen, les enquêtes policières ne sont pas toujours ce qui est mis le plus en avant, mais reste quand même central dans le roman. Ici, l’enquête est vraiment très secondaire. On plonge quand même dans ce monde cauchemardesque, celui des magadalènes, des jeunes filles dont personnes ne voulaient. Des jeunes filles tombées en disgrace parce que tomber enceinte, et que certaines aient été violées, parfois par un parent, n’avait pas d’importance. D’autre avaient commis de léger larcins, d’autres avaient à peine mal répondu à leur père, d’autre étaient atteinte de débilité. Ces pauvres filles étaient envoyées dans ces couvents pour “expier leur pêchés”, maltraitées, humiliées, et surtout exploitées jusqu’à l’os, pire que la prison, et les soeurs et autres religieuses, sont souvent plus perverses et inhumaines, que n’importe quel surveillant de prison ou co détenus.

Si on nous fait apercevoir parfois le quotidien horrible de ces jeunes filles autrefois détenues, le roman se concentre surtout sur Jack, mon alcoolique préféré. On ne peut s’empêcher d’avoir de la sympathie pour cet homme qui se raccroche à son passé de flic en gardant comme un doudou sa veste de Garda, qui adore lire et qui ne peut pas se passer d’une petite bibliothèque chez lui. D’ailleurs, à chaque fois que son foyer est dégommé par ses ennemis, la première chose qu’il rachète ce sont ses romans favoris.

Le problème de Jack c’est qu’il est trop sensible, il ne peut pas s’empêcher de remettre à sa place avec ces poings, un père qui vient de frapper son gamin, il ne peut pas supporter l’injustice, il ne peut pas laisser un criminel impuni. Il ressent trop les choses, il est trop émotif. Il ne pleure pas dans son coin et ne pense pas au suicide, lui il évacue la colère par la violence, et n’hésite pas à aller jusqu’au meurtre. Jack s’emporte parfois très vite, s’énerve à tort contre ses amis.

Comme d’habitude on tombe dans le roman noir, parfois très sombre, mais le roman ne manque pas non plus d’humour, toujours les discussions à couteaux tiré avec le père Malachy, toujours des réparties incroyables de la part de Jack, j’adore toujours autant être dans sa tête. Quelques touches d’humour, comme Jack qui découvre la série Buffy à la télé puis enchaine avec Angel “lui, c’est un vampire gentil”. Les références littéraires et musicales sont toujours aussi nombreuses. Et puis cette fois ci, Jack innove dans la dépendance et remplace la cocaïne par les médicaments en tout genre, qui lui font avoir des hallucinations qui produiront notamment une discussion sympathique avec un prêtre.

Encore un tome que j’ai adoré lire, je laisse passer quelques temps avant de me lancer dans le 4e tome, Le dramaturge, mais pas trop quand même.

 

Toxic blues

de Ken Bruen

4/5

coup de coeur

Jack Taylor est de retour dans sa ville adorée, Galway, après quelques mois d’exil à Londres, qui ne lui auront pas du tout réussi, puisque voilà que notre détective amateur irlandais est devenu accroc à l’héroine en plus de sa dépendance à l’alcool. Il n’a pas finit de terminer son premier verre dans son bar préféré, qu’il se fait déjà aborder par Sweeper, un tinker (sorte de gitan local), qui lui demande son aide pour découvrir qui se cache derrière les meurtres violents et sadiques qui frappent sa communauté. Taylor se laisse convaincre et commence son enquête.

J’étais très contente de retrouver Jack Taylor, ce détective ex policier, alcoolique, nouvellement accroc à la drogue, qui vient de passer quelques mois à Londres pour son plus grand malheur. Toujours aussi accroc à la bouteille, toujours aussi accroc aux romans et à la lecture, en particulier les romans policiers noirs, toujours d’une humeur inégale, entre espoir et bonne humeur et mélancolie désespérée.  On retrouve les personnes (encore en vie ) qu’on a croisé dans le premier tome, Cathy l’ex punk enceinte, Jeff le barman, le pilier du bar, mais on fait aussi connaissance de Sweeper, ce leader tinker charismatique et mystérieux, qui se prend d’affection pour Taylor, ou      , flic londonien rencontré pendant son exil et qui vient lui rendre une visite.

On a droit aux habituels passages à tabac que le pauvre Taylor subit, comme d’habitude, je dois dire que je suis impressionnée par son degré de tolérance vis à vis de la violence qu’il subit, des dents qui volent, des coups dans le dos, des coups dans le nez, ça en plus de ces cuites mémorables qui le laissent dans un état second et une hygiène de vie bien mauvaise, c’est étonnant de le voir reprendre le dessus rapidement, à cinquante ans.

Les réparties sont toujours aussi cinglantes, j’ai apprécié les références littéraires et les citations de romans, j’ai adoré le voir reprendre en main sa bibliothèque, j’aime toujours autant son humour cynique et violent, sa vision noir du monde, son fatalisme, mais aussi son humanité et sa sensibilité, lui qui ne s’attache à aucun bien matériel, mais qui prend toujours les plus faibles sous sa protection, sans hésité à se mouiller le pantalon.

En bref, encore une enquête mener de manière bancale. Encore pas mal de violence, encore un Jack Taylor à la vie dissolue, encore de l’alcool, de la drogue, de l’humour  noir, mais jamais de situations dramatiques ou de personnages dépressifs.