Dernières séances: Au poste – Paranoia – Have a nice day – Les indestructibles 2 – Une pluie sans fin – Hotel Artemis

Au Poste ! : Affiche

de Quentin Dupieux

Benoit Poolvoerde, Gregoire Ludig

4/5

Un homme est convoqué au poste pour enregistrer son témoignage suite au décès d’un homme en bas de son immeuble. Le commissaire prend en charge son interrogatoire. La nuit va être pour les deux hommes, entre flash back et rebondissements inattendus…

Au Poste ! : Photo Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludig

J’étais prévenu que l’humour de Quentin Dupieux était spécial, mais la bande annonce m’a donné envie d’aller voir ce film d’à peine 1h13 et il en faut pas plus pour un résultat réussi. J’aime beaucoup l’humour absurde et là j’en ai eu plus qu’il n’en faut. Des dialogues complètements barrés, des rebondissements surprenants, une soirée pas banale, Benoit Poolvoerde et Gregoire Ludig sont très bons dans les rôles du suspect et celui du commissaire. Les règles de la narration sont décortiquées et détournées. J’ai adoré les décors rétro, on a l’impression d’être dans un film des années 70 mais les personnages ont tout de même leurs smartphones en main…

C’est originale, drôle, ça sort de l’ordinaire et en bien, un petit bijou.

 

Paranoïa : Affiche

de Steven Soderbergh

3,5/5

Une jeune femme vient de refaire sa vie dans une nouvelle ville. Nouvel appart, nouveau boulot, elle ne semble pas avoir d’attache ou d’amis intimes. Alors qu’elle ressent le besoin de parler du harcèlement violent qu’elle a subi dans son passé, elle se rend dans un centre médicale spécialisé dans les soins psychiatriques. Mais après un rendez vous avec une des psychiatres, elle se retrouve enfermée contre son gré pour 72h soi disant pour la protéger de ses envies de suicide. Alors qu’elle est là depuis 24h, elle découvre qu’un des infirmiers est justement l’agresseur qu’elle a fuit. Mais est il réellement là ou est ce que c’est le fruit de son imagination?

Paranoïa : Photo Claire Foy, Polly McKie

Je pensais que Paranoia allai jouer sur l’ambiguïté du personnage principal, à savoir est elle folle, ou est ce réellement une victime? finalement le film ne tarde pas à nous révéler la réponse à la question et ne joue pas du tout sur l’ambiguïté de sa santé mentale. On est donc très vite dans un thriller classique. L’atmosphère de l’asile psychiatrique est étouffant, on se sent claustrophobe et il est facile de se mettre à la place de l’héroïne enfermée contre sa volonté.

Paranoïa : Photo Claire Foy

Sous couvert de thriller qui prend bien les tripes, Paranoia dénonce une pratique américaine horrible, voir terrifiante, celle d’obliger des gens sains d’esprit à être enfermé dans des asiles psychiatriques privés contre leurs gré sous prétexte qu’ils ont une mutuelle prête à payer les nuitées forcées. Vous redevenez sain d’esprit quand la mutuelle est à sec.

Paranoïa : Photo Jay Pharoah

Claire Foy est excellente dans ce rôle, son personnage ne se laisse pas démonter et la folie n’est jamais loin.

Les Indestructibles 2 : Affiche

de Brad Bird

4/5

La célèbre famille des indestructibles se voit interdite de sauver le monde, car ils provoquent trop de dégâts, leur image n’est plus au beau fixe. Bob et Hélène et leurs trois enfants ne peuvent plus mettre leurs uniformes et aller sauver la ville pour le compte de l’état. Cependant un fan multimilliardaire décide d’améliorer l’image des héros afin de les réintroduire dans la société. Il choisit Hélène pour devenir le porte parole des super héros et redorer leurs  images. Bob doit donc rester à la maison pour s’occuper des enfants, notamment Jack Jack, leur petit dernier, un bébé turbulent qui découvre ses pouvoirs.

Les Indestructibles 2 : Photo

Je ne me souvenais quasi plus de l’intrigue du premier Indestructible. J’ai beaucoup aimé retrouver la famille, la mère avec ses sa force, sa détermination, le père débordé par les enfants, Violette en pleine adolescence, dans un décor fin 60 début 70.

Les Indestructibles 2 : Photo

Humour, action, on ne s’ennuie pas, c’est un très bon divertissement et mon préféré reste Jack Jack le petit dernier de la famille, difficile de ne pas craquer.

Have a Nice Day : Affiche

de Liu Jian

3,5/5

Dans la chine profonde, un jeune homme qui fait le chauffeur pour la mafia locale, agresse un jour un de ses collègues et lui vole une grosse somme d’argent destiné au chef du gang. Son but est de payer une opération de chirurgie esthétique très chère afin de réparer les dégâts du à une première opération exécutée par un charlatant. La nouvelle ne tarde pas à faire le tour de la ville et tout le monde se met à la recherche du voleur et surtout du butin.

Have a Nice Day : Photo

Film d’animation chinois loin des films d’animations asiatiques que l’on peut voir en France au cinéma. Ici, c’est la réalité d’une Chine capitaliste qui est dépeinte. Dans un coin reculé, entre commerces et usines, chacun essaye d’obtenir sa part du gâteau.

Have a nice day se déroule sur une longue journée, entre tueur à gage aux ordres du chef de gang, cousins qui tentent de reprendre l’argent du voleur pour leurs comptes, inconnus qui profitent de certaines opportunités.

Have a Nice Day : Photo

L’idée, l’histoire et le contexte social, tous ça est très intéressant, mais je pense que ça aurait été mieux servit par un film avec de vrais acteurs plutôt qu’en version animé.

Une Pluie sans fin : Affiche

de Dong Yue

Duan Yihong, Jiang Yiyan, Du Yuan

3,5/5

1997, Hong Kong est sur le point d’être rétrocédé à la Chine. Loin des lumières de Hong Kong, Yu Guowei est chef de la sécurité d’une vieille usine dans une ville industrielle grise et morne. Très intéressé par des cadavres de femmes sauvagement assassinées dans les alentours de l’usine, Yu décide de mener l’enquête avec son assistant. Il rêve de prêter main forte à la police et de peut être, devenir policier si il arrive à faire ses preuves. La résolution des meurtres devient vite une obsession de tous les instants pour Yu.

Une Pluie sans fin : Photo Duan Yihong, Jiang Yiyan

Le début d’Une pluie sans fin me fait fortement penser au film coréen the strangers, la pluie, des meurtres sanglants, un flic dépassé. Mais la comparaison s’arrête la. Une pluie sans fin débute comme un film policier. Yu n’est qu’un chef de la sécurité d’une usine décrépite et rêve de devenir un vrai policier afin d’enquêter légitimement. Il doit se contenter d’enquêter avec l’aide de son assistant comme il peut, à diffuser des fausses informations en espérant faire sortir le tueur de sa  cachette, à voler des pièces à conviction sur les scènes du crime et à discuter le plus souvent avec le lieutenant en charge de l’enquête, un vieux monsieur fatigué qui fait tout son possible pour découvrir l’identité du tueur. Entre deux rebondissements dans l’enquête, Yu passe souvent discuter avec Yanzi, une prostituée qui rêve de partir s’installer à Hong Kong pour ouvrir un salon de coiffure.

Une Pluie sans fin : Photo Duan Yihong

La première partie du film est celle qui m’a le plus plut. L’enquête, la détermination de Yu, sa façon un peu pathétique de coller le lieutenant en charge de l’enquête, ses idées pour déloger le coupable qui sont finalement assez intéressantes et la course poursuite dans l’usine entre Yu et le coupable encapuchonné. La deuxième moitié du film est plus lente et plus ennuyeuse, et la fin aussi triste que le climat de la petite ville industrielle. Les illusions et espoirs sombres sur fond d’une catastrophe climatique. J’ai bien aimé les dernières minutes et le casting est impeccable.

Hotel Artemis : Affiche

de Drew Pearce

Jodie Foster, Sterling K Brown, Sofia Boutella, Dave Bautista, Jeff Goldblum

4/5

Dans un futur proche à Los Angeles, des émeutes comme la ville n’en a jamais connu ont lieux suite à l’augmentation des tarifs d’eau potable par la société privée qui la gère. Dorénavant, l’eau est devenu un produit que seuls les plus riches peuvent se procurer. Alors que la ville est à feu et à sang, deux frères en profitent pour braquer une banque. Le braquage tourne mal. Blessés, ils se rendent à l’hôtel Artemis. Dans les derniers étages de cet ancien hôtel, se cache en réalité une clinique privée. Chaque chambre est privée et anonyme et permet à ceux qui se sont abonnés de se faire soigner en toutes discrétion à l’abri de la justice et de la police. Les lieux répondent à des règles très strictes que l’infirmière Thomas, une vieille dame portée sur la bouteille, appliquent avec l’aide d’Everest, un homme de main costaud.

Hotel Artemis : Photo Dave Bautista, Jodie Foster

Jodie Foster dans un film au cinéma, c’est de plus en plus rare, alors je n’ai pas hésité. J’ai finalement beaucoup aimé le film. Sur fond de révolte sociale de plus en plus violente suite à une privatisation de l’eau potable à Los Angeles, (ce qui a pour conséquence un nombre de plus en plus important qui n’ont plus accès à l’eau courante, chose qui pourrait tout à fait se produire dans un futur pas si lointain), plusieurs criminels de hauts vols se retrouvent dans les couloirs de l’hôtel Artemis. Bien à l’abri et loin des violences de la rue, les criminels qui ont payé un abonnement peuvent venir se faire soigner sans que la police ne soit au courant, comme les deux frères braqueurs de banque ou Nice une tueuse à gage de luxe.

Hotel Artemis : Photo Jodie Foster

On suit donc à travers les couloirs, les ascenseurs d’un autre temps, les chambres individuelles décorées selon un pays ou une ville, l’infirmière Thomas qui procure des soins futuristes un peu brutalement mais avec efficacité.

Hotel Artemis : Photo Sofia Boutella, Sterling K. Brown

J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de l’hôtel, les décors, les personnages, en particulier l’infirmière Thomas jouée par Jodie Foster, son passé, sa façon de gérer l’hôtel Artemis, sa façon de gérer les criminels, sa relation avec Everest. Pas mal d’action, de suspense, et une fin ouverte.

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Elysium

Elysium : Affiche

de Neil Blomkamp

Matt Damon, Jodie Foster

3/5

En 2154, le monde est divisé en deux catégories: ceux qui vivent sur Elysium une station spatiale en orbite autour de la planète, là où vivent le gouvernement et les gens suffisamment riche pour y vivre, la population ne connait ni la maladie, ni la pauvreté, et il y a les humains restés sur la planète dévastée par des années de mauvais traitements, ils souffrent de tout les maux et sont considérés et traités comme des sous hommes. Max, un ancien voleur de voitures de luxe, est devenu un ouvrier honnête après un passage en prison. Mais lors d’un accident à l’usine, où le rendement passe avant la sécurité, Max est irradié et n’a plus que cinq jours à vivre. Sa seule chance est de se rendre à Elysium pour utiliser l’une des medbox, un appareil permettant de soigné tout mal. Pour ça il décide de faire une mission pour un caïd du coin, le seul à pouvoir pirater des codes d’entrées sur Elysium.

Elysium : Photo Matt Damon

Je suis toujours preneuse pour les films de sf d’anticipation. Ici, on reprend le bon vieux thème d’un monde futuriste bien sombre et bien manichéen qui sépare les hommes considérés comme des bêtes de somme, la masse de travailleurs qui n’a aucun droit et que des devoirs, et un petit nombre, ceux qui ont tous les privilèges, la richesse, la santé, l’opulence.

Elysium : Photo

Si je suis allée voir Elysium c’est aussi pour son casting, j’ai toujours adoré Jodie Foster, depuis que j’ai vu le Silence des agneaux à l’âge de 13 ans. Ici elle joue la ministre de la défense et à en charge de protéger le mode de vie des privilégiés d’Elysium, quitte à tuer ceux qui essayent d’y mettre un pied sans autorisation. Elle joue une femme froide, inhumaine, sans scrupules, rien ne l’arrête, elle fera tout pour préserver la vie sur Elysium, pour ses enfants et petits enfants. Comme tous les membres d’Elysium, elle considère les humains restés sur Terre comme des insectes.

J’aurais d’ailleurs apprécié que l’on voit un peu plus les élus d’Elysium, qu’on voit un peu plus leurs vies, leurs quotidiens, ce qu’ils pensent de cette division injuste entre les très riches et les autres, voir si certains y voient une injustice ou si ils pensent tous de la même façon que la ministre de la défense. C’est à peine si on voit le président qui n’est pas d’accord avec les usages violents et sans concession de la ministre, mais rien de plus.

Elysium : Photo

Par contre, on nous montre bien le quotidien et les structures sociales des humains restés sur Terre: la pauvreté, la maladie, les conditions d’hygiène, l’administration automatisé par des robots, tout comme la police.

J’ai su comment le film allait se terminer au bout d’une petite demi heure, je n’ai donc pas du tout été surprise par la fin qui est très bien trouvé finalement, En bref, un film d’anticipation pas assez approfondi au profit de scène d’action parfois trop longue. Matt Damon et Jodie Foster sont très bien dans leurs rôles respectifs, et le scénario, si il n’est pas tout à fait originale, ne nous sort pas des rebondissements ou une fin sortie du congélateur et passé au micro onde, les choses restent assez sombres sans être dénués d’espoir. A voir si on est fan de Damon, de Foster ou d’anticipation, même si ce n’est pas un film majeur.