Dernière séance: Le grand jeu

Le Grand jeu : Affiche

de Aaron Sorkin

Jessica Chastain, Idris Elba, Kevin Costner, Chris O’Dowd

3.5/5

Molly Bloom est une battante et une gagnante. Elle a été élevée par un père exigeant, intransigeant, qui voulait faire d’elle la championne olympique de ski à bosse. Mais une grave chute met fin à sa carrière. Elle décide de prendre une année sabbatique avant de commencer ses études de droit afin de devenir avocate.  Pour gagner sa vie, Molly est repérée et embauchée par un joueur de poker invétéré qui organise des parties privées de poker qui réunit des grosses célébrités hollywoodiennes. Molly gagne beaucoup d’argent en pourboire et apprend beaucoup sur ce monde rien qu’en ouvrant les yeux et les oreilles. Un jour, son boss l’a renvoi et elle décide alors de voler de ses propres ailes en organisant ses propres parties.

Le Grand jeu : Photo Idris Elba, Jessica Chastain

Je suis une fan inconditionnelle de Jessica Chastain, j’adore son jeu, j’adore ses films, et j’adore son état d’esprit et ses déclarations. Bref je suis fan. Après l’excellent Miss Sloane l’année dernière, elle continue sur sa lancée en jouant encore une femme forte dans Le grand jeu. Il faut dire que c’est son truc les femmes fortes avec Zero dark thirsty, Interstellar, A most violent year, Miss Sloane…

Le Grand jeu : Photo Jessica Chastain

Dans Le grand jeu, tirée d’une histoire vraie, elle interprète Molly Bloom, une jeune femme déterminée, forte, qui ne se décourage pas, qui ne se laisse pas intimidée. Ici elle part de rien, apprend beaucoup, monte ses propres parties de poker; c’est un mélange de boulot, de courage, de culot. J’ai beaucoup aimé le personnage de Molly, une bosseuse, intelligente, qui ose, qui prend des risques. L’histoire est prenante, intéressante, même si le langage un peu trop pro qui tourne autour du poker ne m’a pas des masses parlé. Il y a certains moments tendus et l’humour est souvent présent.

Le Grand jeu : Photo Jessica Chastain

Ce qui m’a moins plut, c’est la mise en scène. Aaron Sorkin est connu pour être un scénariste de talent avec Des hommes d’influences, Social network, La guerre selon Charlie Wilson et surtout la série télé politique A la maison blanche. Mais si il est un scénariste de talent, je n’ai pas trouvé que ce soit le cas en tant que réalisateur. La mise en scène est au mieux classique, au pire un peu ringarde. En regardant certaines scène ou certains plans, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir  presque l’impression de regarder un de ces téléfilms qui passe les après midi. Certaines choses auraient pu être mieux traitées. Certaines choses sont abordées sans subtilité,  amenées avec de gros sabots pour être sur que le spectateur ne passe pas à côté et c’est parfois lourdingue et manque de finesse.

Une histoire intéressante avec une Jessica Chastain à la hauteur de son talent même si je l’a préfère dans Miss Sloane ou A most violent year. Une meilleure réalisation aurait permis de donner une autre dimension à ce film.

 

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Miss Sloane

Miss Sloane : Affiche

de John Madden

Jessica Chastain, Mark Strong, Gugu Mbatha Row, Allison Pills, Sam Waterstone

4/5

Miss Sloane est une lobbyiste de génie qui évolue dans les hautes sphère d’une des plus grosses boite de lobby de la ville. Froide, stratégique, intelligente, très calée, personne ne l’égale. Une loi qui devrait permettre un meilleur contrôle des ventes d’ arme aux États Unis est sur le point d’être présentée au congrès, et le patron de Sloane lui demande de prendre le groupe pro arme comme client, afin de faire en sorte que la loi ne passe pas. Mais malgré son cynisme et son sang froid, elle aimerait bien voir cette nouvelle loi prendre acte. Elle décide alors d’accepter la proposition d’embauche d’une entreprise concurrente de lobbying, qui a pour but de faire passer cette loi au congrès.

Miss Sloane : Photo Jessica Chastain

J’ai donc été voir Sloane ce weekend, probablement le meilleur film 2017 jusqu’ici. Le film repose pour beaucoup sur le personnage de Sloane, cette carriériste qui fait des choix et qui se tient à la voie qu’elle a choisie. C’est un personnage féminin très intéressant et pas si courant que ça au cinéma de nos jours, je trouve. Une femme indépendante, qui n’a besoin de personne ni de rien. Forte, déterminée, très calée dans son domaine, et surtout très intelligente.

Miss Sloane : Photo David Wilson Barnes, Jessica Chastain

On plonge à ces cotés dans le monde du lobbyisme, les coups bas, les coups tordus, les contournements des lois, le contournement de l’administration, tout est bon pour arriver à ses fins, peu importe les moyens employés. On y voit les grosses pontes du lobby faire la loi à la place des politiques, à coup de manipulation ou de chantage, c’est eux qui mènent la danse.  Au cinéma on ne parle pas souvent des lobbys comme puissance de décision, mais quand il s’y intéresse, ça donne souvent de très bon films, comme Révélation de Michael Mann sur le lobby du tabac, ou encore Thank you for smoking sur les lobby tout court, notamment tabac, alcool, arme à feu.

Miss Sloane : Photo Alison Pill, Michael Stuhlbarg, Sam Waterston

Sloane est sophistiquée, le maquillage et les talons aiguilles toujours de rigueur, elle est calée en tout et mène sa petite équipe au sein de la grosse entreprise, comme personne. Mais elle n’est pas sans faille, notamment sa dépendance à quelques pilules qui lui permettent de rester éveiller, car les journées du lobbyiste aussi en vue qu’elle ne sont jamais terminées et sa réputation ne s’est pas fait sans dommage personnelle, notamment sur le plan de la santé.

Miss Sloane : Photo Mark Strong

J’ai adoré le personnage qu’on ne peut qu’admirer, les dialogues fusent, les scènes s’enchainent sans temps morts ni ennui, la bataille entre pro et anti loi est passionnante et très tendue. Je m’attendais à quelques surprises et rebondissements mais pas à celui là.

Miss Sloane : Photo Jessica Chastain

SPOILER

j’ai beaucoup aimé la fin, la manière dont Sloane gagne sur tout les plans. Elle a manipulé son monde et à réussi son coup, même si le prix à payer est celui de la solitude, mais ça elle le savait depuis le départ et l’a accepté depuis longtemps. Sa manière qu’elle a de faire d’une pierre deux coups est intéressant aussi, puisque à la fin, pour se venger de son ancien patron qui essaye de la détruire et pour faire passer la loi qu’elle défend, elle se met en danger et se fait condamnée à quelques temps de prison. Comme un joueur d’échec, elle sacrifie certains pions pour arriver à ses fins. Mais son passage en prison n’est finalement pas un mal pour elle, car c’est la seule façon qu’elle a trouver de pouvoir se désintoxiquer de ces petites pilules miracles et d’améliorer une santé qui ne pouvait que se dégrader rapidement.

FIN SPOILER

Miss Sloane : Photo Jessica Chastain, Mark Strong

Un très bon film donc, et surtout une actrice que j’aime beaucoup, Jessica Chastain, excellente entourée de seconds rôles tous intéressants et bien interprétés, comme Gugu Mbatha Row, Mark Strong ou encore Allison Pills et Sam Waterstone.

Crimson peak – Le nouveau stagiaire

Crimson peak

Crimson Peak : Affiche

de Guillermo del Toro

Mia Wasikowska, Tom Hiddleton, Jessica Chastain

4/5

A la fin du 19e siècle, la jeune Edith évolue dans la bonne société de Buffalo. Elle vit seule avec son père, aimant et chaleureux, depuis la mort de sa mère, des années plus tôt. Et depuis, Edith voit de temps en temps des fantômes effrayants. Elle ambitionne de devenir romancière et seuls son père et son ami d’enfance, le docteur McMicheal l’encouragent. Elle rencontre alors le baronnet Thomas Sharpe, venu d’Angleterre pour convaincre le mère d’Edith, un riche homme d’affaire, d’investir dans le financement de sa nouvelle machine, capable d’extraire l’argile rouge, principale richesse de sa propriété familiale. Il est venu à Buffalo accompagné de sa sœur, l’étrange Lucille. Alors que son père n’a aucune confiance en Lucille et Thomas, qu’il trouve étrange, Thomas séduit rapidement la jolie Edith, qui ne tarde pas à succomber aux charmes du baronnet…

Crimson Peak : Photo Jessica Chastain, Tom Hiddleston

Je n’en dis pas plus, sachez seulement que le résumé correspond au tout début du film. J’avais très envie de voir le film mais je me suis très peu renseignée sur l’histoire avant d’y aller, je n’avais même pas vu la bande annonce.

Crimson Peak : Photo

Le film est vraiment coupé en deux, avec cette première partie américaine, le film est assez captivant, Edith est attachante et sympathique, sa relation avec son père touchante, et une pointe d’humour est la bienvenue. Tout change avec la seconde partie qui se déroule en Angleterre, dans la demeure de Lucille et Thomas, un manoir perdue au milieu de nulle part, dans une campagne désolé et lugubre, dont l’intérieur ressemble plus à un film d’horreur qu’à une demeure familiale, avec son trou dans le toit qui laisse tomber sur le sol, les eaux de la pluie, les feuilles des arbres ou la neige, ou encore son argile rouge qui remonte le long des murs ou dans les tuyauteries.

Crimson Peak : Photo Mia Wasikowska , Tom Hiddleston

On retrouve dans Crimson peak certaines choses qui avaient fait le succès du Labyrinthe de pan, par son ambiance, son atmosphère, ses décors, ses scènes bien gores et bien sanglantes, et sa façon de suivre dans les couloirs du manoir le jeune Edith qui découvre petit à petit les secrets et les mensonges, comme ce fut un peu le cas de la jeune Ophélie dans le labyrinthe de pan. Le trio d’acteurs est d’ailleurs excellent, Mia Wasikowski qui sait incarné l’innocence sans pour autant tombée dans la naïveté ou la bêtise, ce qui est appréciable, Tom Hiddleston qui est décidément toujours aussi excellent, et bien sur la jolie Jessica Chastain qui est brune cette fois ci et qui donne bien la chair de poule dans certaines scènes.

Crimson Peak : Photo Mia Wasikowska

En bref, un film visuellement très réussie, tout est très bien fait, les acteurs excellents, et une ambiance qui m’a rappeler le Labyrinthe de pan, mais dont l’histoire est finalement très classique, et n’a rien d’originale, si ce n’est le coté fantastique qui est rajouté.

Le nouveau stagiaire

Le Nouveau stagiaire : Affiche

de Nancy Meyers

Robert de Niro, Anne Hathaway, Adam Devine Rene Russo, Anders Holm

3/5

Ben Withaker à 70 ans, il est veuf, à la retraite, et ne sait pas quoi faire de ses journées. Il a beaucoup voyagé, à rendu visite à son fils et ses petits enfants, mais s’ennuie dans sa vie de tous les jours. Lorsqu’il tombe sur une petite annonce pour le compte d’une start up qui recherche un stagiaire senior, il se lance et se présente. Autrefois PDG le voilà devenu stagiaire de la patronne, Jules, une jeune femme qui a monté une entreprise de vente de vêtements par correspondance.

Le nouveau stagiaire : Photo Robert De Niro

Au départ, je n’étais pas trop motivée pour aller voir ce film, mais la présence de Robert de Niro que je n’avais pas vu au cinéma depuis longtemps m’a convaincu.

Finalement, Le nouveau stagiaire reste une comédie de Nancy Meyers, donc beaucoup de bons sentiments, un peu d’humour, un peu de gnangnan. Le début du film est attachant, car le personnage de Withaker est très sympathique, on a envie de mieux le connaitre. Dans l’entreprise il détonne avec ces costumes stricts, sa mallette des années 70 et ses manières polies, loin du coté fashion de l’entreprise et de ses cadres qui s’habillent de manière décontractée et à la mode.

Le Nouveau stagiaire : Photo Adam DeVine, Jason Orley, Robert De Niro, Zack Pearlman

Robert de Niro est le point fort du film, je ne l’avais pas vu depuis un moment au cinéma, il a maigri, et j’ai trouvé qu’en costume, avec sa mèche sur le coté, il ressemblait beaucoup à Lino Ventura dans ses dernières années. De Niro est excellent dans son rôle, il n’en fait jamais trop, il est touchant sans tombé dans le larmoyant à l’américaine. Mais les bons points du films s’arrêtent là. Beaucoup trop de bons sentiments, une Anne Hathaway qui en fait trop et qui ne m’a pas convaincu, j’en ai un peu marre de la voir dans des roles de fashion victim new yorkaise, qui se balade toujours dans les plus beaux vêtements, perchés sur des talons aiguilles. Elle m’a rappeler son personnage dans Le diable s’habille en Prada.

Le Nouveau stagiaire : Photo Anders Holm, Anne Hathaway

Son personnage est froid, on a plus l’impression de voir un défilé de mode qu’un personnage réel vivre quelque chose; pareil pour sa petite famille, le mari joué par Anders Holm n’a aucune expression, et on sent que la réalisatrice à tout fait pour que les spectateurs soit attendri par la petite fille du couple, qui est beaucoup trop mise en scène, ce qui rend le tout pas très naturel, on y croit pas à cette famille, d’autant que la maison du couple est à l’image des tenues d’Anne Hathaway, tout est trop parfait on a l’impression d’évoluer dans un catalogue ikea.

Le Nouveau stagiaire : Photo Anne Hathaway

En bref, une comédie sympathique à voir surtout pour Robert de Niro excellent, ça fait plaisir de le revoir comme ça, et les scènes entre son personnage et les autres stagiaires jeunes de l’entreprise sont souvent drôles et sympathiques; Mais le reste tombe à plat, trop gnangnan avec une bande originale plus mauvaise et répétitive qu’une musique d’ascenseur, et l’histoire de couple de Jules et ses dilemmes ne m’ont pas touchés.

A most violent year

A Most Violent Year : Affiche

de JC Chandor

Oscar Isaac, Jessica Chastain, Albert Brooks

4/5

1981, à New York, la ville connait des taux records de criminalité. Abel Morales vit le rêve américain. Il a construit seul et en partant de rien une entreprise prospère de vente de fuel domestique. Marié à Anna qui s’occupe des comptes, et père de deux fillettes, Abel est fier de pouvoir dire qu’il en est arrivé là en restant sur le droit chemin, sans jamais enfreindre la loi. Il décide de passer un marché très dangereux sur le plan financier, pour acquérir un terrain très important pour la suite de sa carrière, mais il a un mois seulement pour finaliser la vente sans quoi il perd tout. Alors qu’il vit le mois le plus stressant de sa carrière, le procureur lui tombe dessus, sa banque le lâche, et les chauffeurs de ses camions sont constamment pris pour cible et tabassés. Tout ça durant l’année la plus violente de l’histoire moderne de New York.

A Most Violent Year : Photo Jessica Chastain, Oscar Isaac

L’histoire d’Abel qui partit de rien à fondé une entreprise prospère. Et pour évoluer, pour aller de l’avant, pour ne pas rester sur place, stagner et donc forcément régresser et tout perdre, Abel prend des risques, Abel s’attire la jalousie de ses concurrents.

On plonge tout de suite dans le quotidien de cet entrepreneur new yorkais, partit de rien et à deux doigts de devenir riche et puissant ou tout perdre en quelques jours. On sent la tension parcourir le film du début jusqu’à la dernière seconde, on tremble pour Abel, on a envie de le voir réussir, on a peur de voir le film sombrer dans les clichés du mélo drame, où les personnages principaux vont forcément vivre des drames hors normes.

A most violent year nous plonge dans le New York des années 80; les permanentes gominées, les longs manteaux de cachemire aux épaulettes larges, les grosses berlines démesurées, les bijoux en or grossiers. On vit aussi avec Abel tout ses ennuis, on se sent acculé contre le mur tout comme lui, au fur et à mesure que s’accumule les obstacles et les ennuis: le procureur qui veut le poursuivre, les comptes financiers qui doivent être vérifiés, les concurrents qui sabotent son travail, qui tabassent les conducteurs de ses camions de fioul, le syndicat des chauffeurs qui met la pression pour que les conducteurs roulent armés…On a envie d’abandonner la lutte, on se demande comment Abel et sa femme Anna vont finir…

Certaines scènes sont vraiment impressionnantes, la course poursuite à pied et ensuite en métro entre Abel et un saboteur, ou encore la fuite de Jullian, un conducteur trop souvent pris pour cible, qui fuit sur le pont entre les voitures stoppés par les embouteillages, ou encore les personnages qui admirent la vue depuis l’entrepôt, qui donne sur Manhattan, les pieds dans la poudreuse. Entre deux attaques, entre Abel qui tente de survivre dans le monde des affaires sans avoir recours aux magouilles, on nous présente un New York qui ne fait pas envie. La radio crache sans cesse les faits divers de violences qui secoue la ville quotidiennement, les fusillades dans les écoles, les policiers pris pour cible, les cambriolages, viols, vols, meurtres, les rues délabrées, les métro couverts de tags…c’est pire que Gotham dans ses pires heures!

J’ai adoré les personnages aussi, Abel, entêté, qui ne veut faire appel à aucune option qui le ferait sortir du droit chemin malgré l’enjeu énorme pour lui et sa famille, ni armer les chauffeurs, ni faire appel à la famille mafieuse de sa femme. J’ai aussi adoré Anna, la femme d’Abel, très loin de l’épouse qui reste à la maison avec les enfants, et qui tremble en attendant la suite de l’histoire. Fonceuse, maline, elle a un sang froid infaillible, prenant des initiatives pour pallier le manque de réaction de son mari, elle n’hésite pas dans les décisions qu’elle prend, un personnage féminin très intéressant.

En bref, un très bon film, un suspens haletant, une tension palpable, des personnages têtues, ambitieux, déterminés, aux valeurs qui ne laissent place à aucun compromis. Le tout filmé dans un New York perturbé, qui connait un taux de criminalité qui frôle des records. J’ai aussi beaucoup aimé la fin, loin de tout mélodrame exagéré, saupoudré d’un peu de cynisme, et de quelques notes d’humour nerveux. A ne pas manquer, Oscar Isaac confirme son talent de comédien et Jessica Chastain s’offre l’un de ses meilleurs rôles au cinéma.