Dernières séances: Le crime de l’orient express – A ghost story – Florida project – Lucky – Tout l’argent du monde

Le Crime de l'Orient-Express : Affiche

de Kenneth Brannagh

Kenneth Branagh, Johnny Depp, Judy Dench, Michelle Pfeiffer, Daisy Ridley, Penelope Cruz, Olivia Coleman, Derek Jacobi, Willem Dafoe

3.5/5

Dans les années 30, le célèbre détective privé Hercule Poirot est en vacances à Istanbul lorsqu’il est demandé de toute urgence à Londres pour régler une affaire. Grace à un très bon ami qui se trouve être le directeur de la compagnie de l’orient express, Poirot trouve de justesse une place à bord du célèbre train pour rejoindre le plus vite possible Londres. A bord, mr Ratchett, un homme d’affaire à la mauvaise réputation, lui demande d’assurer sa protection le temps d’arriver à destination, car il a reçu dans le train plusieurs lettres de menaces. Poirot décline et le lendemain Ratchett est retrouvé mort poignardé de douze coups de couteau. Le meurtrier ne peut être qu’un passager du train.

Le Crime de l'Orient-Express : Photo Judi Dench, Olivia Colman

Au départ, j’étais très curieuse de voir ce film, mais le jour de sa sortie je n’attends rien de particulier et je me demandais au final si ça servait à quelque chose de refaire une énième version.

Finalement, j’ai plutôt bien apprécié cette nouvelle adaptation. J’ai en particulier beaucoup aimé la première moitié du film. J’ai aimé le Hercule Poirot de Kenneth Branagh, on retrouve un peu tout ce qui fait qu’on aime ce personnage, la moustache et le soin que le héros y apporte, le coté dandy, le coté mégalo avec cette façon de parler de soi à la 3e personne. J’ai retrouvé son assurance, sa confiance en lui, son humour si particulier et sa méticulosité digne de Monk, notamment avec son obsession des œufs, ou encore son amour de la bonne nourriture.

Résultat de recherche d'images pour "le crime de l'orient express kenneth branagh"

Il y a beaucoup de touche d’humour dans cette première partie, j’ai aimé son départ depuis Istanbul, sa rencontre avec le directeur de la compagnie Orient express, son départ. J’ai trouvé les dialogues du film bien tournés, c’est bien écrit, du moins concernant les phrases qui sortent de la bouche de Poirot. Car Kenneth Branagh s’est surtout concentré sur son personnage, un peu au détriment des autres. Les personnages qui occupent le train sont tous joués par de grands acteurs connus, Olivia Coleman, Judy Dench, Michelle Pfeiffer, Johnny Depp, Derek Jacobi, Willem Dafoe, Penelope Cruz, Daisy Ridley… Finalement à la fin du film , on a comme un sentiment de peu les concernant, on ne les vois pas des masses je trouve, certains plus que d’autres (Pfeiffer, Ridley, Josh Gad). Ils jouent leurs rôles sans se démarquer, si ce n’est le couple Andrenyi qui m’a un peu exaspéré, too much dans leurs réactions et leurs agissements.

Résultat de recherche d'images pour "le crime de l'orient express kenneth branagh"

J’ai moins aimé la dernière partie, notamment celle dans laquelle Poirot est un peu trop dans l’action, avec une poursuite à pied dans la structure du pont, ou encore avec le personnage du médecin qui lui tire dessus et le blesse au bras. C’était en trop et pas du tout nécessaire. J’ai aussi trouvé ça dommage que la scène finale, dans laquelle Poirot réuni tout le monde pour expliquer les faits et révéler le coupable, se fasse dehors dans un tunnel, plutôt que dans le wagon du célèbre train, car l’intérêt de cette histoire est qu’il s’agit d’un quasi huis clos et le train faisant partie des personnages principaux.

Résultat de recherche d'images pour "le crime de l'orient express kenneth branagh"

Au final, une adaptation intéressante malgré quelques défauts, on retrouve la personnalité du détective belge, le luxe décadent de l’orient express, l’humour british, c’est déjà pas mal.

A Ghost Story : Affiche

A ghost story

de David Lowery

Casey Affleck, Rooney Mara

3,5/5

Un couple amoureux vit dans une maison à la campagne. Alors qu’ils vivent heureux, l’homme meurt brutalement dans un accident laissant sa femme veuve. Mais l’homme est toujours présent dans la maison, sous la forme d’un fantôme. Recouvert d’un drap blanc, il est témoin de la vie de sa femme qui essaye de reprendre le dessus. Petit à petit, le temps n’a plus d’emprise sur lui, surtout à partir du moment où sa femme déménage et quitte leur maison. Les locataires se suivent alors dans un monde en évolution, tandis que lui ne change pas.

A Ghost Story : Photo

Pour être honnête j’ai eu du mal au début du film. On suit un couple installé dans une maison, ils ont l’air heureux, on ne sait pas grand chose à leur sujet, ont-ils de la famille, des amis, que font-ils dans la vie, on ne connait pas non plus leurs prénoms. Les premières scènes ont le mérite de mettre le spectateur dans l’ambiance mais le souci c’est que ça ne décolle pas tout de suite. Pour un film qui dure 1h30 je m’attendais à ce que les choses décollent plus vite. Certaines scènes sont inutilement longues et figées, notamment la scène dans laquelle le couple s’enlace dans leur lit après avoir été réveillé par un bruit inconnu. Enlacement, respiration, silence…et rien. Pendant 3 bonnes minutes au moins ce qui est long dans un film. Je m’attendais à une chute, un autre bruit mystérieux, une réplique, une discussion, mais rien et finalement pas de chute puisque la scène suivante n’a rien à voir…Autre scène du même style, dans laquelle on voit l’héroïne assise par terre en train de dévorer une tarte à même le plat, cuillerée par cuillerée, sans prendre le temps de mâcher ou d’avaler et ça dure au moins 3 ou 4 minutes. Je ne vois pas l’intérêt de tout ça, je l’ai regardé manger en me disant que la scène suivante ça allait être l’héroïne qui se lève pour aller vomir et j’ai pas eu tort…

A Ghost Story : Photo Rooney Mara

Mais passée les 30 ou 40 premières minutes durant lesquelles ont s’ennuie, il faut le dire, et durant lesquelles j’ai eu envie plus d’une fois de me lever et de sortir, les choses prennent leurs envols et on voit enfin l’intérêt du film. L’homme du couple meurt brutalement mais se réveille à l’état de fantôme. Il rentre alors chez lui couvert d’un drap, celui de la morgue, dans lequel deux trous lui permettent de voir. J’ai trouvé l’idée osée car on pourrait trouver ça ridicule de voir cet homme déambulé couvert d’un drap sans qu’on ne voit jamais son visage. Mais au final l’idée est bonne. On voit donc ce fantôme mais on ne voit pas les traits de son visage, ni son expression, car étant mort il n’est pas censé avoir une enveloppe, un corps, une apparence et j’ai trouvé le concept intéressant.

A Ghost Story : Photo

Dès lors, il insiste passivement à la vie de la maison qu’il aimait tant de son vivant. Il voit sa fiancée endeuillée, il l’a voit faire les cartons et quitter la maison alors que lui semble être coincé entre les murs. A partir du départ de la fiancée, le fantôme ne vit plus le temps qui passe de manière logique, il peut tourner la tête une seconde à gauche et découvrir que la maison encore meublée juste avant est vide. Il passe de la cuisine au salon et une nouvelle famille s’est installée. Il regarde par la fenêtre et la maison qu’il habitait autrefois est à l’abandon, totalement dévastée.

A Ghost Story : Photo Rob Zabrecky

J’ai beaucoup aimé cette partie à partir du moment où le fantôme se retrouve seul témoin de la vie. Un moment de colère, beaucoup de passivité, un moment de dépression, la solitude. La fin, ou du moins les dix dernières minutes, est originale et intéressante, cette plongée dans le temps, le passé, le futur. L’atmosphère du film est assez prenante alors. Ces dix dernières minutes m’ont un peu rappeler le cinéma de Terrence Malick. Ce n’est ni aussi beau ni aussi bien filmé, mais l’idée aurait pu être la sienne sur ces dernières minutes, ce coté métaphysique et poétique.

Une expérience un peu hors norme donc avec du moins bon et de l’excellent dans un même film. C’est originale et intéressant, même si certaines parties du film m’ont ennuyé.

The Florida Project : Affiche

Florida project

de Sean Baker

Willem Dafoe, Bria Vinaite, Brooklyn Kimberley Prince

4/5

En Floride, non loin du mythique Disney world, des quartiers pauvres constitués de motel bas de gammes s’enchainent dans des couleurs et des design qui rappellent ceux du célèbre parc. Rose, violet, bleu, des marchands de glace avec un toit en forme de magicien, des supermarchés aux allures de fort enchanté, tout est fait pour coller au rêve Disney, inaccessible pour ces gens malgré la proximité. Au magic castle motel, peint tout en rose, Moonee 6 ans, passe ses vacances d’été avec ces deux copains à parcourir les parkings des motels, à quémander de l’argent pour s’acheter une glace, à cracher sur les voitures garées devant le motel et à embêter le manager, Bobby. Haute comme trois pommes Moonee n’a pas sa langue dans sa poche, c’est la reine des 400 coups et des aventures enfantines sous le soleil de plomb de Floride, sous l’œil lointain de sa mère Hailey, qui passe son temps à essayer de récolter l’argent nécessaire au paiement du loyer hebdomadaire.

The Florida Project : Photo Bria Vinaite, Brooklynn Prince

J’en ai beaucoup entendu parler de ce film et sa réputation n’est pas volée. J’ai beaucoup aimé Florida project qui s’acharne à filmer l’enfance. D’ailleurs le réalisateur film les aventures des enfants en se mettant à leurs hauteurs, on voit leurs regards, leurs visions. Moonee est une fillette très attachante. Avec son imagination d’enfant, elle passe ses après midi à rire, à s’amuser, à inventer des tas de jeux et surtout à faire des tas de bêtises avec ces deux copains de motel, et une copine nouvellement arrivée et qui habite au motel d’à coté.

The Florida Project : Photo Brooklynn Prince, Valeria Cotto

J’ai beaucoup aimé suivre Moonee et sa bande dans leurs jeux, dans leurs imaginaires, j’ai beaucoup aimé les entendre discuter, écouter leurs logiques d’enfant, c’est rafraichissant, parfois très drôle, parfois touchant. Mais au delà d’un film quasi documentaire sur l’enfance, Florida project nous montre aussi le quotidien de ces motels, qui servent plus de logements précaires pour des gens trop pauvres pour avoir un appartement classique que de réels hôtels à touristes. D’ailleurs les seuls touristes que l’on peut croiser au magic castle motel, ce sont ceux qui se sont perdus sur la route de Disney world. Un monde socialement triste dans un décor de cartoon, à quelques pas d’un monde de rêve et d’illusions inaccessibles.

The Florida Project : Photo Willem Dafoe

On suit le manager Bobby, qui répare, qui alerte, qui surveille, qui reçoit les nouveaux clients, qui déplace les locataires de chambre en chambre, ces locataires qui sont le plus souvent des petites familles qui vivent au jour le jour en attendant une meilleure situation, qui vient parfois (le départ d’un des camarades de Moonee) ou qui ne vient pas.

The Florida Project : Photo Willem Dafoe

C’est aussi tout une communauté avec ces défauts mais aussi ces qualités. Les parents ne sont pas présentés comme des irresponsables, mais souvent comme des adultes qui n’ont pas eu la vie facile et qui s’acharnent à améliorer les choses, comme la meilleure amie de Hailey, ou encore la grand mère de Jancey, la nouvelle copine de Mooney. Les choses ne sont pas toujours sombres et les gens ne sont pas entièrement ni mauvais ni bons. Hailey n’est pas une mère parfaite, Moonee a une éducation qui laisse à désirer mais on sent son coté attentionnée, son amour pour sa fille, son envie de lui faire plaisir et de lui cacher les misères de leurs vies. Et puis il y a Bobby, qui voit beaucoup de choses dures, qui n’est pas toujours bien traité par les locataires, mais qui est toujours serviable, qui prend son travail très à cœur et qui reste toujours à l’affut, notamment concernant les enfants, livrés à eux même durant la journée.

The Florida Project : Photo Brooklynn Prince, Valeria Cotto

Un film plein de joie, un film sur les enfants, leurs jeux, leur imagination, leur tendresse, leur capacité à oublier, leur tolérance, c’est souvent drôle parfois émouvant. Le casting est lui aussi très réussi, j’aime beaucoup Willem Dafoe dans le rôle de Bobby, Bria Vinaite est très crédible dans celui de la mère célibataire Hailey, mais on retiendra surtout Brooklyn Kimberly Prince dans le rôle de Moonee qui est juste incroyable, rien que pour elle le film vaut le détour.

Lucky : Affiche

Lucky

De John Carroll Lynch

Harry Dean Stanton, Ron Livingston, David Lynch

4,5/5

Lucky est un vieux cow boy de 90 ans. Seul dans sa vieille maison dans le désert, tous les jours se suivent et se ressemblent. Toilette du matin, exercice de yoga, passage dans son café préféré pour sa tasse quotidienne et ses mots croisés, pause télé devant son jeu préféré et soirée dans son bar pour boire un bloody mary. Mais Lucky sent la fin approchée et s’interroge sur le pourquoi de la vie, ce qu’il y a après, l’absence de l’âme, l’absurdité de la vie sur Terre.

Lucky : Photo Harry Dean Stanton

J’en avais entendu parler en bien et grâce à certaines circonstances, j’ai finalement été voir le film. Et j’en suis très contente, car Lucky est l’un des films que j’ai préféré voir cette année, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu de coup de cœur.

Lucky : Photo

Lucky est semi autobiographique, le personnage de Lucky est fortement inspiré par la personnalité et la vie de Harry Dean Stanton. On suit cet homme très âgé, qui porte tout les jours la même chemise à carreaux, le même vieux jean, les même bottes de cow boy, la même veste et le même chapeau. C’est un homme solitaire qui a ses habitudes. Il a eut la vie qu’il a eut, sans regrets, pour le pire et le meilleur. Il en est à un stade de sa vie dans laquelle il sait que la fin est forcément proche, malgré le fait qu’il soit en bonne santé. Il fume, ne mange pas grand chose, boit son café avec trop de sucre, fait des exercices tous les jours.

Lucky : Photo Harry Dean Stanton

Au delà de la vie quotidienne de Lucky, le film présente une réflexion sur le sens de la vie, sur l’absurdité de l’existence, le pourquoi de notre présence sur Terre. Lucky ne croit ni à l’âme ni à la vie dans l’au delà.

Lucky : Photo Harry Dean Stanton

J’ai adoré les images, la manière de filmer, j’ai adoré le personnage de Lucky qui est parfois en colère, qui se pose des questions au crépuscule de sa vie, j’ai adoré écouter les conversations parfois philosophiques, parfois métaphysiques des personnages, le gérant du café, la serveuse, la propriétaire du bar, ces amis. Il y a des moments de grâce purs dans Lucky, notamment lorsque Lucky va à une fête d’anniversaire latinos et qu’il improvise de chanter une chanson mexicaine, juste magnifique. Ou encore lorsque Lucky explique sa façon de réagir face à la vie et à la mort. Le film ne manque pas d’humour, c’est très poétique, c’est touchant, la fin est particulièrement réussie, un coup de cœur, un bel hommage à l’acteur Harry Dean Stanton qui est mort en septembre dernier.

Tout l'argent du monde : Affiche

Pour tout l’argent du monde

de Ridley Scott

Christopher Plummer, Michelle Williams, Mark Wahlberg, Romain Duris, Charlie Plummer

3,5/5

Dans les années 70, Paul Getty 3e du nom se balade à Rome et se fait enlever par des malfaiteurs. Paul étant le petit fils de l’homme le plus riche du monde, JP Getty, les kidnappeurs demandent 17 millions de dollars. Mais Getty est un homme qui ne dépense jamais d’argent, il en gagne. Il refuse donc de payer la rançon. Gail, la mère de Paul, fait tout son possible pour faire libérer son fils, mais elle ne possède aucune fortune…

Tout l'argent du monde : Photo Andrew Buchan, Charlie Shotwell, Christopher Plummer, Michelle Williams

Tiré d’une histoire vraie, celle de JP Getty un milliardaire qui refusa de dépenser le moindre centimes pour libérer son petit fils, enlever par des maffieux italiens. On suit la mère, Gail qui fait tout son possible pour libérer son fils, JP Getty qui ne pense qu’à accumuler les œuvres d’art et à accumuler les millions, et le jeune Paul, qui passe des mois entiers entre les mains de maffieux, sans savoir si il en sortira vivant.

Tout l'argent du monde : Photo Charlie Plummer

Tout l’argent du monde est prenant, même en sachant avant de voir le film comment ça se terminerait. On ne s’ennuie pas une seconde. J’ai particulièrement aimé la performance de Christopher Plummer en vieux gripsou, qui fait penser à Burns des Simpsons mais en pire.

Tout l'argent du monde : Photo Christopher Plummer, Mark Wahlberg

Tout l'argent du monde : Photo Michelle Williams

La manière qu’il a de manipuler son monde, son manque total d’empathie, la seule chose qui l’intéresse c’est son argent et comment faire pour en gagner plus sans en perdre. Les décisions du vieil homme  m’a donné plus d’une fois la nausée. J’ai aussi énormément aimé la performance de Michelle Williams, une actrice que j’adore et que je suis au cinéma depuis son départ de la série Dawson.

Un bon film prenant servie par des acteurs talentueux.

 

Dernières lectures: Du policier, de la jeunesse, du manga et de la littérature anglaise

Afficher l'image d'origine

Le train bleu

D’Agatha Christie

4/5

Comme chaque année, les londoniens de la bonne société fuient les hivers anglais pour se rendre sur la rivièra. Et quoi de plus chic que de s’y rendre en prenant le luxueux train bleu. Dans les compartiments de luxe, on peut y croiser Mme Kettering, fille d’un millionnaire américain qui est décidée à entamer une procédure de divorce dès son retour de vacance. Elle voyage en compagnie de sa femme de chambre et de son cœur de feu, un célèbre collier de rubis, cadeau de son père. Mais lorsque le train arrive à Nice, Mme Kettering est retrouvée assassinée, et les rubis envolés. Malheureusement pour le meurtrier, se trouvait à bord du train un certain Hercule Poirot…

J’avais vu il y a un bon moment, l’adaptation bbc de ce roman, mais en commençant ma lecture, je ne me souvenais plus du tout du coupable, et c’est tant mieux!

On suit donc la belle et déterminée Mme Kettering monter à bord du train bleu en compagnie de ses rubis. J’ai beaucoup aimé les personnages qu’on croise dans ce roman, mr Kettering qui n’aime plus sa femme, et qui se rend compte que sa maitresse reste avec lui uniquement pour son argent, j’ai beaucoup aimé Katherine Grey, issu d’une bonne famille qui a été ruinée et qui a du passer les dix dernières années de sa vie comme dame de compagnie pour une vieille femme acariâtre, mais qui a eu la bonne surprise d’hériter de la fortune de la vieille dame, fortune dont personne ne soupçonnait l’existence. Elle décide de profiter de la vie en s’offrant un voyage en train bleu. J’ai aussi beaucoup aimé sa visite chez des cousins lointains, qui se rappellent à son bon souvenir quand ils découvrent sa nouvelle fortune. Lady Tamplin est agaçante au possible à la limite du supportable, alors que sa fille Lennox est attachante et sympathique.

J’ai adoré suivre l’enquête d’Hercule Poirot, très actif et très présent, les interrogatoires, les indices, les coups de colère, l’amitié, l’indulgence et l’attachement qu’il ressent pour les plus jeunes, notamment envers Katherine, Lennox et Zia. Un de mes Agatha Christie préféré!

Discussion entre Hercule Poirot et son majordome George:

– la personnalité d’un criminel, George, est une chose passionnante. Les meurtriers sont souvent des gens charmants.

– j’ai entendu dire que la compagnie du docteur Crippen était très recherchée. Et pourtant il a coupé sa femme en petits morceaux.

-vos observations sont toujours pertinentes Georges.


-l’écureuil mon bon George, ramasse des noisettes. Il les emmagasine à la fin de l’automne afin d’en profiter plus tard. L’humanité,  George, devrait tirer des leçon du comportement de ses frères inférieurs. C’est ce que j’ai toujours fait. J’ai été le chat guettant la souris, le bon chien flairant sa piste sans jamais la quitter. J’ai emmagasiné un petit fait par ci, un petit fait par là. Et à présent je vais dans ma réserve chercher une certaine noisette, une noisette que j’ai mise de coté il y a environ 17 ans. Vous me suivez George?

– J’étais loin de penser monsieur, que l’on puisse garder des noisettes aussi longtemps. Mais je sais qu’à présent on fait des merveilles avec les bocaux à conserves.

Poirot le regarda et sourit.


Afficher l'image d'origine

Les ombres de Kerohan

de NM Zimmermann

3.5/5

Au 19e siècle, Viola 12 ans et Sébastian 7 ans, viennent de perdre leur mère. Leur père les envoi chez leur oncle qui habite le manoir familiale en Bretagne, le temps de régler certaines affaires. Le plus dure pour les deux enfants, c’est qu’ils doivent s’installer pour un temps indéterminé chez un oncle qu’ils ne connaissent pas, seuls. Après un long voyage en train, ce n’est pas leur oncle qui les attends dans une gare déserte, mais un homme étrange, le docteur Vesper, un ami de leur oncle. Ils arrivent au manoir tard dans la nuit. Viola s’inquiète vite de leur quotidien dans ce manoir désolé. Son oncle est rarement présent, et sa tante et cousine toujours enfermées dans leur chambre. Seule la gouvernante s’occupe de les nourrir et de l es coucher le soir. Sebastian par contre ne parle que de créatures étranges et de fantômes qu’il aperçoit parfois. Viola pense que son petit frère a trop lu de contes mais elle se rend vite compte que le manoir renferme bien des mystères.

J’ai lu beaucoup de romans de cette romancière jeunesse, et j’ai beaucoup aimé la plupart de ces romans. J’avais eu notamment un gros coup de cœur pour sa trilogie Eden city, le premier roman que j’avais lu d’elle. Et j’avais aussi beaucoup aimé ces autres romans, Disparition, Alice Crane, Dream box ou encore Sous l’eau qui dort. NM Zimmermann a un univers originale et bien à elle, un univers sombre, parfois trop pour du jeunesse, mais en tant qu’adulte, j’aime beaucoup! Certaines histoires sont très sombres, d’autre vraiment flippantes.

Dans les ombres de Kerohan, on part s’installer dans un manoir de Bretagne au 19e siècle. Ce roman est destiné à un public plus jeune que les romans que j’ai lu jusqu’ici, c’est donc un peu moins sombre, moins dure, mais il y a toujours un univers fantastique, des personnages ambigus. C’est l’une des choses que j’aime énormément dans les romans de cet auteur, les personnages ne sont pas du tout manichéens.

On est tout de suite mis dans l’ambiance avec ce manoir perdu au milieu de nulle part, ce voyage en train presque fantomatique, et ces deux pauvres enfants, trop jeunes pour pouvoir s’en aller, mais assez grand pour se rendre compte que quelque chose cloche. J’ai beaucoup aimé Viola et son frère Sébastian, Viola très pragmatique, qui a les pieds sur terre, et ne veut pas se laisser influencer par l’imaginaire enfantine de son frère qui est beaucoup plus ouvert face aux choses surnaturelles.

C’est un huis clos de plusieurs semaines qui se déroule dans le manoir. Les deux enfants se sentent fragiles et dans l’insécurité suite au décès de leur mère et à la fuite de leur père dans les affaires. Les enfants doutent quant au retour de leur père. Et puis ces évènements surnaturels étranges, mystérieux et qui deviennent très vite angoissants.


Afficher l'image d'origine

Le bras de la vengeance

de Thomas De Quincey

3/5

1816, dans une petite ville allemande tranquille, des meurtres sanglants sont perpétrés. Les tueurs semblent attaquer que durant la nuit. Des vieilles personnes ou des personnes un peu plus jeunes, des femmes, des hommes, des célibataires, des personnes mariées, tout le monde y passe. Il semble que les tueurs n’agissent pas au hasard, puisqu’ils épargnent certains membres de la famille, quand ils s’attaquent à une maison. Mais qui se cache derrière ses meurtres horribles?

L’histoire est racontée par l’un des personnages du roman et il nous plonge dans un village allemand qui connait durant plusieurs mois l’horreur, avec des meurtres violents et sanglants, qui semblent frapper un peu au hasard. Les victimes sont toutes tuées dans leur propre maison. Alors que le narrateur nous relate ces meurtres qui secouent la ville et qui ne semblent pas se calmer, il nous raconte aussi en parallèle, l’arrivée d’un jeune homme remarquable, beau, intelligent, issu d’une bonne famille avec des origines anglaises, et qui a servit l’armée de l’empereur. Il est accueilli chez le narrateur, le temps pour lui de faire quelques années d’études bien méritées. Il nous raconte comment l’une des plus jolies et des plus gentilles filles de la ville est tombée sous son charme et vice versa, au grand désespoir d’un autre jeune homme qui espérait l’épouser.

C’est tragique, mélancolique, finalement les meurtres passent au second plan dans la deuxième moitié de l’histoire. Une nouvelle qui commence comme une histoire d’horreur et qui finit à la limite du roman gothique. Une lecture intéressante qui n’ennuie pas, l’écriture est fluide et on a bien entendu, envie d’aller jusqu’au bout et savoir le pourquoi de ces meurtres.


Afficher l'image d'origine

Orange tome 1

4/5

Naho, 16 ans, lycéenne ordinaire, reçoit une bien étrange lettre en ce premier jour de rentrée scolaire. La Naho du futur, âgée de 26 ans, lui écrit. Elle espère que la Naho de 16 ans pourra éviter de faire les erreurs qu’elle a commise pour ne pas avoir les même regrets. Chaque matin ou presque, Naho reçoit donc une lettre, dans laquelle son elle du futur lui raconte les évènements importants et les décisions qu’elle doit prendre.

Ce manga je l’ai découvert sur le blog d’ori, et son avis m’a vraiment donné envie de le lire. En générale, j’aime bien les mangas, mais je ne me lance dans quasiment plus de série, car la plupart du temps elles sont interminables, et au bout d’une dizaine de tomes, c’est souvent une lassitude que je ressens. Dans le cas d’Orange, la série ne comporte que cinq tomes, ce qui m’a encore plus motivée.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome, Naho est, comme souvent dans les mangas dits pour fille, une jeune ado peu sur d’elle, qui n’ose pas, mais finalement elle reste un personnage très crédible, et pas aussi fleur bleue et mièvre que certains autre mangas shojos que j’ai pu lire. On s’attache vite à son groupe d’amis, tous ayant des caractères différents. Voir Naho prendre le risque d’oser faire ou dire des choses parce que la lettre de son elle du futur le lui conseille, est intéressant à voir. Ces décisions changent finalement peu de choses, ou de manière très subtil, c’est un peu comme l’effet papillon, sur le moment ces choix différents n’entrainent que très peu de changement dans le quotidien de Naho, mais on devine qu’un effet boule de neige peut tout changer pour la Naho du futur. C’est aussi une lecture assez émouvante, notamment quand on lit les passages se situant 10 ans dans l’avenir et qu’on voit ce qu’il est advenu du groupe d’amis de Naho. Hâte de lire la suite.


Afficher l'image d'origine

Le bras atrophié et Les intrus de la maison haute

de Thomas Hardy

4/5

Le bras atrophié: Dans une ferme, Rhoda la laitière fut autrefois la maitresse du maitre des lieux, mr Lodge, mais pour des raisons qu’on ignore, il n’a jamais voulu l’épouser. Aujourd’hui Rhoda est solitaire parmi les autres laitières, et élève seule le fils qu’elle a eut avec mr Lodge. Un jour ce dernier revient en ville avec sa toute jeune épouse, Gertrude, jolie et joyeuse. Rhoda est aigrie de se retrouver mère célibataire. Une nuit, Rhoda rêve qu’elle agrippe violemment le bras de Gertrude. Le lendemain, Gertrude vient se présenter à Rhoda. Finalement entre les deux femmes, une certaine amitié est en train de naitre. Mais Gertrude découvre sur son bras, une marque laide qui ne fait que s’aggraver. Serait-ce une malédiction issu du rêve de Rhoda?

Les intrus de la maison haute: Darton, un riche fermier, se rend de nuit à la Maison Haute, pour rejoindre sa fiancée Sally. Dans quelques jours ils célèbreront leur mariage, pour le plus grand plaisir de la mère de Sally, contente de voir sa fille épouser un si bon parti. Mais voilà, alors que le fiancé tarde, le frère de Sally, parti plusieurs années auparavant faire fortune en Australie, débarque sans prévenir. Il revient chez lui aussi pauvre qu’un mendiant avec sa femme Hélène, et leurs deux enfants. Au même moment, Darton arrive aussi et semble être reconnaitre la jolie Hélène. Sally ne manque pas le regard que pose son fiancé sur sa nouvelle belle sœur…

J’ai beaucoup aimé ces deux nouvelles, l’auteur sait installé une atmosphère et sait développer des personnages en très peu de pages, c’est très réussi.

J’ai beaucoup aimé Le bras atrophié, l’amitié entre ces deux femmes qui n’étaient pas faite pour se rencontrer, une Rhoda aigrie d’être mère célibataire sans avoir pu se faire épouser par son amant, et la belle et jeune Rhoda, qui voudrait que son mariage marche mais dont le monde s’écroule doucement brique par brique, quand elle comprend que sa marque sur le bras ne disparaitra pas. On ressent le désespoir de Gertrude, ses visites chez le vieux sorcier, sa motivation à aller jusqu’au bout pour essayer de sauver son mariage, plutôt que de rester sans rien faire à attendre que le temps passe.

Mais je pense que j’ai préféré la seconde nouvelle. Dans Les intrus de la maison haute, on s’attache très vite aux personnages, on apprend à les connaitre, aussi bien que si on avait lu un roman de 300 pages, et c’est un vrai exploit je trouve. Sally est un personnage indépendant et intéressant à suivre, j’ai beaucoup aimé lire les rebondissements, l’intrigue, lire les choix malheureux de Darton. Deux nouvelles aussi riche que des romans, Thomas Hardy a un don pour raconter les histoires.

Témoin à charge

de Agatha Christie

4/5

Un recueil de nouvelles policières mettant en scène Hercule Poirot: Un joueur de golf particulièrement naïf qui croit entendre des voix, un avocat qui doit innocenter son client d’un meurtre atroce, une tante riche qui entend la voix de son défunt mari à la radio, voilà pour les trois nouvelles n’incluant pas de détective.

Puis vient plusieurs nouvelles dont les enquêtes sont menées par Hercule Poirot, parfois avec Hasting, parfois avec Miss Lemon, sa très efficace mais peu imaginative secrétaire. Poirot doit résoudre des mystères bien variés dans ces nouvelles, le client d’un restaurant qui change subitement de régime alimentaire avant de mourir, une jolie dame qui se fait voler un bien précieux et qui charme le romantique Hasting, des triangles amoureux qui finissent mal pendant les vacances de Poirot au bord de mer, un vieux milliardaire excentrique qui rêve qu’il se suicide et qui demande l’aide de Poirot, persuadé qu’on veut l’assassiner, ou encore un homme retrouver mort dans un bahut espagnol, dont l’épouse est trop jolie pour ne pas attirer les ennuis! Hercule Poirot à de quoi faire!

Les trois premières nouvelles indépendantes des aventures de Poirot sont plutôt bien faites et réussies, même si j’ai deviné la fin très tôt dans le récit (T.S.F., Témoin à charge, Le vase bleu), il n’empêche que Témoin à charge en particulier, ferait un excellent film en développant un peu plus les personnages (cette nouvelle a d’ailleurs été plusieurs fois adapté à la télévision et au cinéma).

Les nouvelles mettant en scène Hercule Poirot ont presque toutes été adapté en épisodes par la série de la BBC, Hercule Poirot. Toutes les nouvelles sont plaisantes à  lire, et j’ai adoré pouvoir lire les conversations entre Hasting et Poirot, entre Poirot et Miss Lemon, et lire Poirot à qui Hasting manque énormément! On retrouve l’humour british si particulier de Poirot, ça me donne envie de me faire un autre Agatha Christie pour le mois anglais!

Lu dans le cadre du mois anglais!

Hercule Poirot, le rideau tombe

Saison 13

Série uk 1989/2013

Une mémoire d’éléphant

Les quatre

Poirot joue le jeu

Les traveaux d’Hercule

Hercule Poirot quitte la scène

Voilà, fini, après 13 saisons, après 25 ans de bons et loyaux services, Hercule Poirot nous quitte, les adaptations des célèbres romans d’Agatha Christie prennent fin. J’ai connu la série télé produite par la chaine anglais ITV, dans la deuxième moitié des années 90 avec des diffusions sur France 3, tous les matins vers 9h il me semble. Étant lycéenne, c’était surtout pendant les vacances scolaires que je pouvais les regarder, sacrifiant les grasses matinées pour le plaisir de voir mon détective préféré résoudre des énigmes. J’ai toujours beaucoup aimé les romans d’Agatha Christie, j’avais commencé au collège, avec Le crime de l’orient express, suivi de près de l’un de mes favoris, Le meurtre de Roger Acroyd, dont le dénouement m’avait complètement retournée!

La série fut tout de suite un coup de cœur, une de mes séries chouchou, je ne me suis jamais lassée de voir et revoir les épisodes. Évidemment, ce qui fait le succès de la série en plus des histoires policières parfaitement menées, c’est les prestations et le casting, à commencer par l’excellent David Suchet, qui incarne à la perfection Hercule Poirot, entre sarcasme, belle assurance, fierté, prétentieux pour certains, plein d’humour et souvent plein de tendresse envers la jeunesse. Hercule Poirot tel que jouer par David Suchet ne peux être qu’attachant.

On peut voir d’ailleurs l’évolution du personnage au travers les saisons, au début très précieux, centré sur sa moustache, et toujours accompagné de Hastings sont fidèle ami, il évoluera vers un personnage plus âgé, plus posé, plus mélancolique, et qui essaye toujours d’être de bons conseils envers les jeunes gens qu’il rencontre lors de ces enquêtes, toujours ému par leurs amours naissants, lui l’éternel célibataire.

Hastings reste lui aussi un personnage excellent, qui apparait surtout dans la première moitié de la série (jusqu’à la saison 8 de manière régulière). Fidèle ami de Poirot, ils se connaissent depuis la première guerre mondiale, et se retrouve dans l’épisode, La mystérieuse affaire de styles (saison 3). Impossible de ne pas aimer Hastings, simple, presque simplet quand il est question de nature humaine, souvent naïf, un peu trop innocent, il voit le bien partout et a du mal à imaginer les manœuvres parfois diaboliques des criminels qu’il rencontre avec Poirot. Il soupçonne ou tout le monde ou personne, et voit toujours dans les jeunes dames, de potentielles futurs madames Hastings, le personnage étant un indécrottable romantique, voir fleur bleu dans certains épisodes.

J’aime toutes les saisons, mais ma grande préférence va quand même aux 8 premières saisons, dans lequel Hastings apparait toujours comme le second de Poirot. Leur duo ressemble plus à un vieux couple qui se tape mutuellement sur les nerfs, mais ils ne peuvent pas se passer l’un de l’autre pour autant. Et dans ces saisons là, on retrouve aussi dans beaucoup d’épisodes, l’inspecteur Japp, de scotland yard, qui au début était agacé de se voir voler la vedette par Poirot, créant une sorte de compétition saine entre eux, mais qui finira par devenir un très bon ami du détective belge. Contrairement à Hastings, Japp n’est ni naïf, ni romantique, et reste beaucoup plus blasé quant aux talents de Poirot, n’admettant pas toujours la supériorité du belge. Mais leur amitié, tout comme celle avec Hastings, apporte énormément d’humour à la série. Tout comme l’autre personnage récurrent de cette moitié de série, avec Melle Lemon, la secrétaire de Poirot, elle aussi beaucoup plus blasée que Hastings, et qui participera souvent aux enquêtes.

Ces épisodes entre les saisons 1 et 8, sont pour la majorité d’une durée de 45 minutes et on sent que les moyens ne sont pas toujours au rendez vous, même si la reconstitution de l’Angleterre de l’entre deux guerre est toujours bien faite. L’humour et la légèreté prennent le dessus.

A partir de la saison 9, les choses changent, la chaine a plus de moyens et ça se sent à l’image, c’est visuellement plus clair, plus beau, et les épisodes sont systématiquement plus longs, 1h30 et il y en a moins par saison. Ce qui change surtout, c’est la quasi absence d’Hastings, qui dans l’histoire est parti en Argentine avec sa nouvelle femme, laissant Poirot seul. Il n’y a plus de Miss Lemon ou d’inspecteur Japp non plus. Du coup, si les épisodes sont plus somptueux visuellement, l’humour manque quand même cruellement. Mais je n’ai pas pour autant délaissé la série, j’aimais toujours autant suivre les épisodes. Poirot aura d’ailleurs parfois la visite d’une nouvelle alliée, Ariadne Oliver, écrivaine de roman policier, et qui croise souvent le chemin de son ami Poirot, dans des affaires de meurtre. Si le personnage apporte parfois de l’humour, je ne me suis jamais sentie proche d’elle comme je l’étais de Miss Lemon, Japp ou Hastings.  Si les personnages secondaires me manquent, il y a quelques épisodes vraiment excellents, comme Les cinq petits cochons, Je ne suis pas coupable, Les indiscrétions d’Hercule Poirot, Le chat et les pigeons, ou encore l’excellent Rendez vous avec la mort.

Rendez vous avec la mort

En 25 ans, la série aura su garder une qualité d’écriture et de jeu, quelques très beaux morceaux, et pas mal de stars du grand ou du petit écran qui seront venus le temps d’un épisode comme James D’Arcy, Elliott Gould, Toby Stephens, Emily Blunt, Judy Parfitt, David Soul, Micheal Fassbender, Amanda Root, Tim Curry, Christina Cole, Elizabeth McGovern, Jessica Chastain, David Morissey, Sinead Cusak, Damien Lewis…

Les indiscrétions d’Hercule Poirot

Le chat et les pigeons

Quant à la 13e et dernière saison, elle ne regroupe pas mes épisodes préférés. L’épisode Les quatre est intéressant mais un peu étrange, j’ai préféré Une mémoire d’éléphant dont l’histoire était prenante. L’épisode Poirot joue le jeu se rapproche des épisodes classiques de la série, à savoir un grand domaine, une fête, des invités à domicile, et un meurtre, l’histoire m’a un peu trop rappelée celle de l’épisode Le crime d’halloween, mais il fut très bien menée, avec une excellente Sinead Cusak. J’ai aussi beaucoup aimé les douze travaux d’Hercule, cette brochette de clients si différents les uns des autres, coincés dans un hôtel perché au sommet d’une montagne enneigée, à cause d’un éboulement, un concierge comique mais malhonnête, et un Poirot qui a soif de vengeance. J’ai trouvé l’intrigue prenante, mais seul bémol, ce fut l’une des rares fois où j’ai découvert le meurtrier presque tout de suite, sans difficulté ce qui rend la fin de l’épisode moins palpitant.

Les travaux d’Hercule

Poirot quitte la scène

Quant au dernier épisode, Poirot quitte la scène, j’ai été triste de voir mon détective favori, mourant, dans un fauteuil roulant, diminué physiquement mais heureusement, ces petites cellules grises étaient bien en forme, son analyse de la nature humaine toujours affutée. J’ai beaucoup aimé cette histoire de meurtre par procuration, d’assassin qui n’en ai pas un aux yeux de la loi, j’ai surtout adoré revoir Hastings, qui a bien vieilli. J’ai été surprise de la philosophie de vie de la fille d’Hastings, dure et intransigeante, tellement pas comme son père. Et la fin fut assez surprenante, de voir Hercule Poirot, l’homme qui respectait les chemins de la loi et les procédures juridiques comme personne, traverser la frontière qu’il a longtemps gardée, pour devenir lui même ce qu’il a toujours traquée, avant de rendre son dernier soupir. J’ai beaucoup aimé voir la résolution de l’enquête au travers de la lettre que lit Hastings, qui n’a bien entendu pas résolu l’enquête tout seul, 4 mois après la mort de Poirot. J’ai pas pu résister et j’ai bien sur versé ma petite larme. Heureusement, me reste encore plein de romans de Christie que je n’ai pas encore lu, mais la série me manquera énormément.