Toxic blues

de Ken Bruen

4/5

coup de coeur

Jack Taylor est de retour dans sa ville adorée, Galway, après quelques mois d’exil à Londres, qui ne lui auront pas du tout réussi, puisque voilà que notre détective amateur irlandais est devenu accroc à l’héroine en plus de sa dépendance à l’alcool. Il n’a pas finit de terminer son premier verre dans son bar préféré, qu’il se fait déjà aborder par Sweeper, un tinker (sorte de gitan local), qui lui demande son aide pour découvrir qui se cache derrière les meurtres violents et sadiques qui frappent sa communauté. Taylor se laisse convaincre et commence son enquête.

J’étais très contente de retrouver Jack Taylor, ce détective ex policier, alcoolique, nouvellement accroc à la drogue, qui vient de passer quelques mois à Londres pour son plus grand malheur. Toujours aussi accroc à la bouteille, toujours aussi accroc aux romans et à la lecture, en particulier les romans policiers noirs, toujours d’une humeur inégale, entre espoir et bonne humeur et mélancolie désespérée.  On retrouve les personnes (encore en vie ) qu’on a croisé dans le premier tome, Cathy l’ex punk enceinte, Jeff le barman, le pilier du bar, mais on fait aussi connaissance de Sweeper, ce leader tinker charismatique et mystérieux, qui se prend d’affection pour Taylor, ou      , flic londonien rencontré pendant son exil et qui vient lui rendre une visite.

On a droit aux habituels passages à tabac que le pauvre Taylor subit, comme d’habitude, je dois dire que je suis impressionnée par son degré de tolérance vis à vis de la violence qu’il subit, des dents qui volent, des coups dans le dos, des coups dans le nez, ça en plus de ces cuites mémorables qui le laissent dans un état second et une hygiène de vie bien mauvaise, c’est étonnant de le voir reprendre le dessus rapidement, à cinquante ans.

Les réparties sont toujours aussi cinglantes, j’ai apprécié les références littéraires et les citations de romans, j’ai adoré le voir reprendre en main sa bibliothèque, j’aime toujours autant son humour cynique et violent, sa vision noir du monde, son fatalisme, mais aussi son humanité et sa sensibilité, lui qui ne s’attache à aucun bien matériel, mais qui prend toujours les plus faibles sous sa protection, sans hésité à se mouiller le pantalon.

En bref, encore une enquête mener de manière bancale. Encore pas mal de violence, encore un Jack Taylor à la vie dissolue, encore de l’alcool, de la drogue, de l’humour  noir, mais jamais de situations dramatiques ou de personnages dépressifs.

 

Delirium tremens

de Ken Bruen

4,5/5

coup de coeur

Jack Taylor, ancien garda (policier) irlandais, s’est reconvertie en détective privé dans sa ville de Galway. Son bureau c’est le pub du coin, endroit dans lequel il se sent mieux que chez lui. Son quotidien c’est boire jusqu’à plus soif, parler avec Sean le barman, Sutton son plus vieux pote et sa bouteille. Ses petites habitudes sont chamboulées par la visite d’une mère de famille, qui ne croit pas au suicide de sa fille, et qui apporte certains éléments troublants à Jack Taylor qui finissent par le convaincre qu’il s’agit peut être d’un meurtre. Il décide donc de mener l’enquête.

C’est en lisant l’avis de Dasola que je me suis rappelé l’existence de ce roman dans ma pal. J’y vis un signe du destin, il était temps de le lire et je ne regrette pas parce que ce fut un coup de cœur!

“il y avait toujours eu des livres. au cours de ma vie dissolue ils ont été la seule constante.Même Sutton, mon ami le plus proche, s’était exclamé: -“C’est quoi cette manie de bouquiner mec? tu as été flic nom de Dieu!” La logique irlandaise dans sa plus belle expression.”

On est donc à Galway, on suit l’alcoolique détective privée Jack Taylor, dont le bureau est son pub de prédilection. L’enquête en elle même n’est pas véritablement le premier intérêt du roman, c’est plus la personnalité de Jack Taylor qui nous tient en haleine, apprendre à le connaitre, ses passions, son passé, ses démons intérieurs.

“Aucune décoration au bar. (…) il y a un triple cadre. on y voit un pape, saint Patrick et JFK. JFK est au centre. Les saints irlandais. Autrefois le pape occupait le poste de centre mais après le concile du Vatican il s’est fait viré. Maintenant il s’accroche à l’aile gauche. Position précaire”.

On y croise un clochard alcoolique philosophe qui parle comme un chevalier du 18e siècle, un barman attentionné, des piliers de bar qui font penser à des sentinelles, un hôtel à l’abandon terriblement attachant, une assistante chanteuse de rock, et un Jack Taylor que j’ai adoré voir enquêter, ou rechercher un nouveau bar dans lequel il puisse boire avec dignité, le tout écrit d’une main de maitre virevoltante, avec un langage qui fait mouche, des réparties intelligentes, un humour noir qui vous rentre dedans, une façon d’écrire simple, direct, efficace dont certains passages m’ont particulièrement frappés.

“Sean m’apportait du café. Avec une dose de brandy dedans. Pour tuer l’amertume.(…) La tasse tremble dans la soucoupe, comme la pire des mauvaises nouvelles. Je lui dis:

– Prends un mug.

Horrifié, il me réponds:

– Y’a des règles!

Un jour où il tremblait au même rythme que la tasse, je lui ai demandé:

– Tu penses prendre ta retraite?

– Tu penses arrêter de boire?

Normal.”

ça se lit avec passion, avec entrain, c’est rythmée comme c’est pas permis. J’ai adoré trainer dans les rues de Galway au coté de Jack et des gens qui l’entourent, écouter son franc parler, son honnêteté, ses réparties directs et sans concessions, et quand on tourne la dernière page on en redemande. La suite n’attendra pas trop longtemps dans ma PAL avant d’être lu.

“Je trouvais Nestor’s par hasard. Je descendais Forster street quand une averse éclata, le genre de pluie qui vous en veut.”

“J’allais m’assoir dans un coin. Table en bois vieille chaise. La porte s’ouvrit un fermier costaud entra et lança à la cantonade:”On aura pas d’été”. Un endroit fait pour moi.”