Le majordome

Le Majordome : Affiche

de Lee Daniels

Forest Whitaker, Oprah Winfrey, Terrence Howard, Cuba Gooding Jr, John Cusak, Jane Fonda, Robin Williams, Lenny Kravitz,  Mariah Carey, Alan Rickman…

3.5/5

1926, dans le sud, le jeune Cécil gaines assiste impuissant à l’exécution de son père dans un champ de coton, par le propriétaire des lieux. Cécil se voit alors offrir pour le consoler, une place de “nègre de maison”, dans la demeure, éduqué personnellement par la matriarche de la famille. A l’âge adulte, Cécil comprend qu’il doit partir faire sa vie, loin des gens qui sont les responsables de la mort de son père, et fais ses adieux à sa mère, devenue folle depuis le drame. Il décide de tenter sa chance dans le nord, où le racisme ne fait pas autant de drame. Il est employé dans un grand hôtel comme serveur avant d’être repérer et embauché comme majordome à la maison blanche.

Le Majordome : Photo

Le majordome s’inspire de la vie d’un homme qui fut majordome durant plusieurs décennie à la maison blanche. Le récit est forcément romancé, mais il permet de nous relater le combat pour les droits civils des noirs américains, qui malgré l’abolition de l’esclavage au siècle dernier ne sont toujours pas traité comme des êtres humains.

Le Majordome : Photo

Le récit est très linéaire, l’enfance difficile de Cécil dans les champs de coton, ses premières années en tant que serveur dans un grand hôtel, et ses débuts en tant que majordome à la maison blanche. Une fois installé, on reste surtout dans les années fin 50/60, la lutte pour les droits civiques des noirs, la rébellion du fils ainé de Cécil qui abandonne ses études pour se lancer dans les manifestations souvent violentes, puis ensuite se rallier aux mouvements des black panthers après la mort de Martin Luther King.

Le Majordome : Photo

Le film est sur le plan historique, très intéressant à suivre, avec Cécil qui verra passer Eisenohwer, Kennedy, Johnson, Nixon, Reagan, Carter…La question des droits civiques des noirs américains toujours au centre des scènes dans lesquelles Cécil servira sans broncher, ces politiciens prenant des décisions concernant directement la vie de son fils, lancé dans le militantisme. On survolera a mort de Kennedy, le watergate de Nixon, la décision ambiguë de Reagan concernant l’apartheid en Afrique du Sud…

Le Majordome : Photo Robin Williams

Le casting est le point fort du film, Forest Withaker est magistrale dans le rôle de cet homme, fière de devenir majordome à la maison blanche, effrayer de voir son fils partir à la conquête de l’égalité raciale, et le voir plus tard, essayer de se battre pour avoir des salaires égaux à celui des employés blancs. Il forme un couple touchant avec sa femme, jouée par Oprah Winfrey. J’aurais aimé en voir et en savoir plus sur les présidents, les voir se succéder au fil des décennies, mais ce n’était pas vraiment le sujet.

Le Majordome : Photo Forest Whitaker, Oprah Winfrey

Bien sur, si le film est intéressant, si les acteurs (Withaker, Oprah Winfrey excellente, Terrence Howard…), le film est bien américain et ne peut s’empêcher de faire dans l’émotionnel et le tire larme, sans pour autant être niais, le film sait émouvoir le public à l’américaine.

En bref, un film historiquement intéressant, même si les différents présidents sont présentés de façon un peu trop romancés, on sent que le réalisateur a voulu les rendre sympathiques (sauf Nixon!). A voir pour son coté documentaire concernant la lutte pour les droits civiques, et pour Forest Withaker dans le rôle du majordome.

Diana

Diana : Affiche

de Oliver Hirschbiegel

Naomi Watts, Naveen Andrews

2/5

Dans les années 90 la princesse de Galles, Diana, est séparée de son mari et vit seule (entourée de tout une batterie de serviteurs quand même) au palais de Kensington. Elle rencontre lors d’une visite à l’hôpital, le docteur Hasnat Khan, cardiologue renommé. Elle est sous le charme et décide de l’inviter au palais pour faire connaissance. Durant presque deux ans, ils vont s’aimer et se déchirer. Hasnat aime beaucoup Diana, la femme et pas la personnalité médiatique, et Diana, une fois le divorce officiellement prononcé, rêve de pouvoir peut être épouser ce médecin aux gouts simples. Mais la célébrité de Diana n’est pas une chose que le médecin arrive à gérer, très discret et détestant se trouver sous les feux des projecteurs. Tout change quand la presse découvre l’existence de ce nouvel amant.

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J’ai eu l’occasion d’assister à l’avant première de Diana à l’ugc Normandie, en présence des producteurs et des deux acteurs principaux. On a du attendre 45 minutes de plus que l’heure indiquée avant de pouvoir voir les deux acteurs sur scène; on a eut droit à une présentation par les producteurs, présentant leur film comme un hommage aux films d’amour, plus particulièrement un hommage au film Un homme et une femme de Lellouch. Puis c’est au tour des deux acteurs principaux de faire leurs entrées, Naveen Andrews et Naomi Watts, qui ne resteront sur scène que 45 secondes je dirais, le temps pour la jolie australienne de tourner un peu dans sa robe de poupée et à Naveen Andrews de sourire quelques secondes, puis salut au public et sortie de scène aussi vite que des voleurs. J’ai été assez surprise, car en générale, même quand ce sont de grandes stars, elles prennent toujours la peine de prendre la parole, ne serait-ce que pour dire “bonsoir”, “merci” et “j’espère que vous aimerez ce film”, mais là rien, c’est à peine si on a vu les lèvres de Naomi Watts s’ouvrir pour laisser voir ses dents blanches. A quoi bon se mettre sur son trente et un (et ça a du lui prendre des heures), pour venir sur scène moins d’un minute top chrono??

Mis à part cette déconvenue, on est tout de même venue surtout pour le film. Je ne savais pas du tout par quel coté le film allait aborder la vie de Diana, tout ce que je savais c’est que le film se concentrait sur les deux dernières années de sa vie. Je ne connaissais pas du tout l’existence de ce docteur Hasnat Khan avant de venir voir le film.

Diana : Photo Naomi Watts, Naveen Andrews

Pour faire court, j’ai trouvé le film long à se mettre en place, d’ailleurs il m’a fait l’impression de duré au moins deux heures alors qu’il ne dure qu’une heure 40. C’est dire si le film est en fait lent, mou, on ne ressent pas vraiment de sympathie, ni pour Hasnat ni pour Diana. On s’ennuie à voir comment Diana s’ennuie ferme dans sa vie de célibataire, comment elle enchaine les visites officielles, comment elle gère les paparazzis, comment elle sympathise avec son nouvel ami, comment leur relation devient de plus en plus sérieuse. Le film se concentre donc uniquement sur sa relation avec Hasnat, comment ce dernier s’emporte quand il se retrouve en première page. J’ai eu l’impression que le film peinait à faire avancer les choses, peinait à aller de l’avant, tout va au ralenti.

Diana : Photo

Le problème vient surement du fait qu’il n’y a pas assez de fond pour faire tout un film. Leur rencontre, leurs sorties en incognito, leurs disputes, malgré le fait qu’il s’agit de Diana j’ai eu l’impression de voir l’histoire banale de n’importe quel couple qui se serait aimer et déchirer. Quant aux acteurs, je trouve que leurs jeux ne sonnent pas tout à fait juste, on a l’impression d’assister à quelque chose de fictif, je vois des acteurs joués et je ne vois pas les personnages Diana et Hasnat. Certaines scènes frisent le ridicule et le cliché, comme une dispute dans Hyde park, où une Diana hystérique s’enfuit en courant, ou encore une scène pathétique de dégustation d’hamburgers…Naomi Watts n’a pas l’air du tout à l’aise dans ce rôle et ça se voit, sa ressemblance avec Diana n’est au final pas terrible (on sent que l’affiche du film à jouer avec photoshop), et le couple qu’elle forme avec Naveen Andrews n’a aucune alchimie, c’est froid, on à presque l’impression qu’ils se forcent à jouer le sentiment amoureux à l’écran.

En bref, un film long, lent, ennuyant, une histoire d’amour filmée avec des tas de clichés et de banalité, des acteurs pas à l’aise, une histoire sans intérêt. Deux avants première qui m’ont déçu, et quand j’y pense, ça fait longtemps que je n’ai pas vu un excellent film au cinéma, et je ne pourrais même pas dire quel est le dernier film qui m’a soufflé dans les salles obscures, ça devient inquiétant…