Dernière séance: 3000 ans à t’attendre

De George Miller

Tilda Swinton, Idris Elba

2/5

Alithéa, anglaise spécialiste dans l’art de la narration et des histoires, est en Turquie pour une conférence. Après avoir acheté une fiole ancienne en cristal, elle découvre qu’elle renferme un djinn, enfermé depuis plus d’un siècle. Il lui explique qu’elle a droit à 3 vœux mais Alithéa connaît les nombreuses histoires des djinns et des vœux qui se retournent souvent contre ceux qui les formules. Le djinn se met alors à raconter son histoire personnelle qui commença 3000 ans plus tôt, au temps de la reine de Saba.

Une histoire de djinn, de vœux, Idris Elba qui raconte son histoire, un djinn coincé dans sa bouteille, ses rencontres avec la reine de Saba et Soliman le magnifique, Tilda Swinton en conteuse professionnelle qui a envie de boire les paroles du djinn mais qui reste en même temps sur ses gardes. Tout ça aurait pu énormément me plaire, me parler, me charmer mais la mayonnaise ne prend jamais vraiment.

La première moitié m’a assez plut, j’ai aimé me plonger dans les histoires du djinn, que ce soit au royaume de la reine de Saba ou à l’époque du royaume ottoman en Turquie au temps des sultans, bien qu’au bout d’un moment les choses deviennent un peu répétitives. Les décors, les costumes, le souci du détails avec ces très nombreux objets, les mosaïques, les vitraux, les tapis, les tissus…C’est visuellement réussi et beau dans ces reconstitutions historiques.

Je pensais vraiment que l’histoire allait quelque part, qu’il y aurait une chute, une révélation, une surprise, un rebondissement dans le scénario, mais en fait rien. A la moitié du film les choses changent, voilà que Alithéa, qui ne pensait rien vouloir, se découvre un désir, un souhait, celui d’aimer et d’être aimée et pourquoi pas par le djinn lui même. Alithéa c’est une femme solitaire, sans famille, peu d’amis. On découvre qu’elle a été mariée mais que ça n’a pas marché et que sa vie telle qu’elle est lui convient très bien. Et voilà que d’un coup, sortie de nulle part, elle décide qu’elle aussi veut découvrir l’amour passionnel et pourquoi pas avec son nouvel ami le djinn qu’elle ne connait que depuis 10 minutes. Et ça je n’ai pas compris. Le véritable sens de la vie c’est l’amour, on se serait cru dans un disney des années 90, on s’attend presque à voir Ariel la petite sirène ou Belle se mettre à chanter une chanson mièvre. Le message reste naïf, facile, presque enfantin, j’ai même failli me lever et quitter la salle mais j’espérais quand même un revirement vers la fin, quelque chose qui donne sens, sans jamais le voir arriver et c’est dommage.

La 2e moitié du film n’est pas mieux, le djinn accompagne Alithéa qui repart en Angleterre pour vivre leur nouvelle histoire d’amour (enfin histoire d’amour si on veut…) mais malheur, l’électromagnétisme de Londres (les antennes relais, la 5G etc etc) perturbe les « chakras » du djinn qui se sent se déliter dans ce pays. J’ai soufflé tout l’air de mes poumons et mes yeux ont roulé dans leurs orbites. Parce que à Istanbul, il n’y a pas de technologie, d’antennes relais ou de 5G bien sur…et d’un coup à l’aide de deux mini séquences, on nous explique que les djinns sont fait d’électromagnétisme….Honnêtement plus les jours passent et plus je trouve des défauts à ce film étrange qui ne charme jamais. On ne s’attache absolument pas aux personnages qui sont bourrés de clichés et l’histoire est absurde. L’impression que George Miller a fumé la moquette avant de tourner son film. Je suis sortie du cinéma déçue.

Dernières séances: Vesper chronicles – Bullet train

de Krystina Buozite et Bruno Samper

Raffiela Chapman, Eddie Marsan, Rosie McEwen

4/5

Dans un futur lointain, la Terre est ravagée par les trop nombreuses manipulations génétiques faites par l’homme pour modifier l’adn des organismes vivants. Les végétaux et les animaux sont pratiquement tous éteints. Une petite partie très privilégiée de la population s’est retranchée dans des cités protégées appelées citadelles où nourritures, technologie et confort sont de rigueur, tandis que les humains vivants en dehors de ces citadelles sont livrés à eux même, à la violence des autres et à l’absence de nourriture. Ayant besoin de sang jeune à des fins d’expériences et de test, les citadelles échangent volontiers avec les humains restés sur terre, des graines contre des poches de sang, graines qui leur permettent de faire pousser légumes et fruits, mais pour s’assurer la collaboration des laissés pour compte, les graines procurées sont génétiquement modifiées pour qu’elles ne germent qu’une fois et ne permettent pas de nouvelle récolte. Vesper habite avec son père dont le corps est maintenue en vie par des machines, tandis que son esprit, toujours vif, accompagne sa fille partout grâce à un robot ambulant. La plus grande menace est de trouver de quoi manger mais il y a aussi son oncle, une sorte de despote qui mène à la baguette ces ouailles. Il aimerait beaucoup que Vesper qui commence à devenir grande, rejoigne la protection de sa ferme, mais en échange de sa protection et de nourriture, le prix à payer est trop grand. Tout change quand une capsule venant de la citadelle s’écrase. Vesper tombe alors sur Camelia, une jeune femme venant de la citadelle. Elle espère qu’en l’aidant, Camélia pourra lui permettre d’aller vivre dans la citadelle avec son père.

J’étais intriguée par ce film et en même temps je ne savais pas trop à quoi m’attendre n’ayant pas vu de bande annonce et ne connaissant quasi rien de l’histoire. Au final ce fut une bonne surprise. Le visuel du film est vraiment original, ici on sent qu’on n’est pas dans un futur proche mais dans un futur assez lointain voir très lointain. La technologie utilisée même par la population laissée pour compte, est très avancée.

L’histoire de départ n’est pourtant pas très originale. Une catastrophe mondiale déclenchée par une trop grand manipulation génétique et une trop grande envie d’aller toujours trop loin jusqu’à l’autodestruction, a engendrée une terre stérile où faune et flore sont quasiment inexistants. Comme d’habitude l’humanité s’est alors divisée en deux catégories, une minorité qui représente l’élite, vivant dans des cités protégées et inaccessibles aux autres, vivant dans le luxe et le confort, tandis que la majorité restante survit tant bien que mal, entre victimes et despotes qui profitent d’un système brisé pour s’octroyer le peu d’avantages existants.

C’est surtout donc le visuel qui frappe dans le film. Les décors, le quotidien, la vie difficile et morne, les nouvelles formes de vies qui ont su s’adapter au nouvel ordre mondial. Vesper est une héroïne intéressante. Tous ses efforts, et tous les risques qu’elle prend ont pour but d’aider son père, dont le corps, quasiment mort, est maintenue en vie par une machine complexe, tandis que son esprit est toujours aussi vif. La technologie utilisée dans le film par Vesper et les autres laissés pour compte, mixe le savoir et l’organique et donne un visuel qui n’est pas sans rappeler un peu le dernier Cronenberg ‘les crimes du futur’.

Il y a aussi un coté conte pour enfant dans Vesper chronicles avec Vesper bien sur mais aussi la maison au fond des bois dans laquelle elle habite ou encore avec le personnage de Camélia qui, avec ces cheveux presque blancs, son regard elfique et sa peau translucide, ressemble à un être magique, une bonne fée, venue pour aider une héroïne qui mérite une autre destinée que de rejoindre la ferme de son oncle pour engendrer la nouvelle génération de gosses (on ne veut pas savoir comment d’ailleurs), oncle qui ressemble à un ogre de conte de fée d’ailleurs, impeccablement joué par Eddie Marsan, qui pour rien au monde, quitte à tout perdre, ne renoncerait à son pouvoir malsain, dans ce monde perdue.

Bref un film de SF intéressant, qui parle d’écologie, de technologie, de juste équilibre, de despotes, de profiteurs de misère, d’espoir. Un visuel originale, une atmosphère de conte, interprété par d’excellents acteurs. A voir.

Brad Pitt, Bryan Tyree Henry, Aaron Taylor Johnson, Hiroyuki Sanada, Sandra Bullock

de David Leitch

3/5

A Tokyo, Coccinelle, un tueur à gage en pleine crise existentielle, monte à bord du shinkansen pour Kyoto pour une mission imprévue. En effet sa référente, la mystérieuse Maria Beetle, lui demande de remplacer à la dernière seconde un collègue malade. La mission est simple, récupérée une mallette et descendre à la prochaine station. Mais coccinelle n’est pas seul dans le train, les tueurs à gage Mandarine et Citron sont chargés de ramener à bon port le fils d’un des plus grand parrain de la mafia russe qui œuvre au Japon « la mort blanche » ainsi qu’une mallette remplie de fric. Il y a aussi une jeune femme aux allures d’ado qui fait chanter un japonais dans le but d’assassiner la mort blanche, frelon et le loup, deux autres tueurs à gages qui se retrouvent dans le train. Et très vite les cadavres s’amoncellent.

Je m’attendais à un film barré et j’ai eu un film barré, mais un peu trop peut être. Le début est un peu chaotique, avec tous ses personnages qu’on doit apprendre à connaitre, toutes ces situations, tous ces flashback pour comprendre les implications des uns avec les autres. C’est un peu bavard, un peu brouillon.

Je pensais rire plus aussi, le film n’est pas aussi drôle que je pensais même si plusieurs scènes sont très drôles. J’ai surtout accroché au personnage de Coccinelle interprété par Brad Pitt, qui passe son temps à mentionner les leçons de vie apprises chez son psy lors des conversations qu’il a continuellement avec son commanditaire au téléphone, Mme Beetle. J’ai aussi beaucoup aimé le duo Mandarine et Citron (Tangerine et Lemon) qui sont très drôles.

L’histoire et la façon de raconter, avec les flashbacks et les liens qui relient au finale tous ses personnages qui ne semblaient pas avoir grand chose en commun au départ, rappelle un peu le style de Tarantino, Reservoir dogs et Pulp fiction en particulier, mais si le résultat n’est pas désagréable ce n’est pas non plus une totale réussite, n’est pas Tarentino qui veut. Bien sur il faut prendre le film au second degré, rien n’est crédible, (les cadavres qui se multiplies à la barbe et au nez du contrôleur, les autres voyageurs qui disparaissent pour ne laisser que les personnages du film; la gare de Kyoto remplie de yakuzas prêts à en découdre, un trajet Tokyo-Kyoto qui dure des heures…) ni réaliste, et si on ne prend pas le film au sérieux on peut passer un bon moment. Personnellement, c’est assez rare pour le mentionner, mais j’ai préféré la seconde moitié du film qui vire dans l’absurde complet.

Dernière séance: Decision to leave

de Park Chan Wook

Park Hae Il, Tang Wei

4/5

En Corée, Hae Joon est capitaine de police. Alors qu’il recherche un homme coupable de meurtre depuis plus d’un an, il doit avec son adjoint enquêter sur une mort suspecte, celle d’un homme à la retraite qui serait tomber accidentellement d’une montagne en faisant de l’escalade. Il rencontre alors sa jeune épouse qui ne semble pas émue par la mort de son mari.

De Park Chan Wook j’ai vu déjà de nombreux films, Lady Vengeance, Sympathy for Mr vengeance, Je suis un cyborg, Stoker, Mademoiselle et puis mon préféré Old boy. Decision to leave tourne d’abord autour du capitaine de police Hae Joon: carrière brillante, respecté, il est marié à une femme qu’il aime, mais ne vivent ensemble que certains week end du fait que leur fils est en internat et que chacun mène sa carrière dans des villes différentes. Quand il se voit confier l’enquête sur la mort de l’alpiniste amateur, il est déjà absorbé par une chasse à l’homme qui l’accapare un peu. Il aurait sûrement conclu à une mort accidentelle rapidement s’il n’avait pas développé une obsession pour l’épouse du défunt, Seo Rae.

J’ai beaucoup aimé Decision to leave. Visuellement c’est très beau, c’est parfaitement mis en scène, quelques originalités, une manière originale de filmer le ressenti de Hae Joon et de Seo Rae. D’ailleurs le film a reçu le prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes. La scène finale sur la plage est juste magnifique. Les acteurs sont tous très bons et incarnent des personnages complexes et intéressants, j’ai aimé les découvrir et les connaître petit à petit.

Entre enquête policière, histoire d’amour platonique, Decision to leave manque parfois d’un peu de cohérence notamment dans la motivation de certains personnages. J’ai aimé les touches d’humour en générale apportés par les deux adjoints successifs de Hae Joon. Un beau film, de belles scènes et de belles images.

Dernière séance: Irréductible

de Jérôme Commandeur

Jerôme Commandeur, Laetita Dosch, Pascale Arbillot, Gérard Darmon, Christian Clavier, Nicole Calfan

3.5/5

Depuis tout petit, le rêve de Vincent Peltier est de devenir fonctionnaire, après avoir passer une journée au bureau de son père à la préfecture. Aujourd’hui, Vincent vit son rêve tous les jours. A Limoges, Vincent habite en face de son bureau,, son boulot est facile et routinier, ses horaires flexibles, les réunions de bureau se passent au bar du coin, tous les monde le connait et il connait tous le monde. Sa mère est au petit soin, et sa fiancée facile à vivre. Mais un jour le ministre de l’économie annonce une réforme de licenciements dans la fonction publique et Vincent qui n’est ni handicapé ni père de famille, n’y échappe pas: son poste est supprimé. Au ministère à Paris Isabelle Baillencourt est chargée d’accompagner les départs volontaires, en remettant des chèques de départ. Mais Vincent joue les irréductibles, hors de question de renoncer au statut de fonctionnaire. Conseillé par un syndicaliste chevronné, il accepte la mutation plutôt que la démission. Vincent est donc muté dans des coins paumé à faire des tâches ingrates, mais ne craque pas. Baillencourt décide donc de le muter au Groenland…

J’y suis allée sans conviction, j’aime bien Commandeur, alors pourquoi pas et finalement, ce fut une très bonne surprise. Bien sur le film use des clichés concernant le fonctionnaire ou les syndicalistes mais ça reste drôle. Vincent est énervant et en même tellement sympathique et attachant. A Limoge il mène une vie pantouflard, il habite en face de son bureau mais n’arrive pas tôt et fait badger à la pointeuse son ami de l’accueil. Son boulot il le connait par cœur, c’est une routine qu’il apprécie, il sait tous de son domaine et reste dans sa zone de confort. Sa copine, il ne l’aime pas mais à le mérite d’être là. Sa mère est au petit soin.

J’ai adoré le voir tenir tête à Baillencourt, leurs discussions et bataille verbale sont drôle, les réparties sont bien écrites, les deux s’entêtent à ne pas vouloir lâcher. Les acteurs sont tous bons, que ce soit Arbillot dans le rôle de cette carriériste qui tente de faire craquer un simple fonctionnaire ou Dosch dans celui de la jolie scientifique qui a adopté le style de vie suédoise et que rencontre Vincent lors de sa mission au Groenland. Sans parler de Commandeur, ce fonctionnaire endormi qui aime sa vie mais qui ne lâche rien, magouilleur dans l’âme. Et puis de nombreux guest apparaissent tout le long du film dans des petits rôles, Valerie Lemercier, Malik Bentalla ou encore Christian Clavier loin de ses rôles habituels de bourgeois.

Irréductible, c’est drôle, court, rythmé, on ne s’ennuie pas une seconde, on passe un très bon moment, on a envie de voir où Vincent va terminer au fil de ses nombreuses mutations, on ri souvent durant le film et bonus, on voyage un peu partout.

Dernière séance: Les crimes du futur de David Cronenberg

de David Cronenberg

Viggo Mortensen, Lea Seydoux, Kristin Stewart, Scott Speedman, Tanaya Beatty, Nadia Litz

3,5/5

Dans un futur indéterminé, une partie de l’humanité est confrontée à de nombreuses mutations et transformations étranges. Certaines personnes développent des changements organiques, de nouveaux organes indépendants apparaissent, rendant certaines modalités comme dormir ou manger, difficiles, nécessitant certaines machines perfectionnées. Saul fait partie de ces personnes qui se réveillent avec certains nouveaux organes. Pouvant être dangereux pour sa santé, il est obligé de les faire retirer comme des tumeurs. C’est Caprice, sa partenaire et ancienne chirurgienne, qui s’en occupe. Artiste performeur, Saul met en scène les extractions chirurgicales devant un public, élevant cette pratique au rang d’art avant gardiste. Il intéresse énormément Wippet et Timlin, les fondateurs d’un nouveau service, le bureau du registre des nouveaux organes qui tentent de répertorier et enregistrer les nouveaux organes. Il est également abordé par un certain Lang Dotrice, qui souhaite par l’intermédiaire de Saul, mettre en lumière une évolution en partie créée par la main de l’homme et en partie par la nature, une évolution des organes digestives permettant à l’Homme de manger et digérer le plastique.

De Cronenberg, je suis loin d’avoir tous vu, mais j’ai beaucoup aimé Dead Zone, Existenz, les promesses de l’ombre, A history of violence. Que penser de ce film, en compétition à Cannes cette année? Je m’attendais à un film bizarre, à l’atmosphère étrange et c’est exactement ce que j’ai vu.

Ce futur ne semble pas jolie à voir, tout y es assez glauque. A l’instar des organes internes d’une partie de la population qui voit leur corps s’écrouler et se transformer pas dans le bon sens du terme (ici les mutations ne donnent pas naissance à des pouvoirs cools), la ville dans laquelle les personnages évolue semble s’écrouler aussi: des immeubles délabrés, des peintures qui s’écaillent, des appartements qui ressemblent à des squats abandonnés, des murs recouvert de graffitis qui semblent d’une autre époque.

Cronenberg nous montre une humanité qui vit avec ces nouvelles mutations. Certaines personnes doivent pour manger et digérer ou pour dormir, se munir de machines sophistiquées qui permettent de remplacer et compenser certaines fonctions du corps. D’autre ne ressentent plus aucune douleur physique et pratiquent des mutilations au couteau comme si de rien. Les mutations semblent emmener les humains vers de nouvelles fonctionnalités qui ne sont pas encore connues.

On retrouve le visuel de Cronenberg, notamment dans ces films des années 80. Les machines ressembles à des choses organiques faites de tendons et de chairs, on a droit à des scènes un peu gore de chirurgies, des autopsies, des corps qui s’ouvrent, qui exposent les chaires et les organes, le sang qui coulent. Passer les premières scènes, je pensais que ça me donnerait un peu la nausée mais finalement non, car ces scènes me semblent tellement exagérées et me semblent visuellement « vintage » ou d’une autre époque, que j’ai l’impression de voir un film de SF des années 80. Même la musique ajoute cette dimension nostalgique.

Le film soulève des questions comme l’environnement, la planète malade rendant malade les humains qui y vivent et qui sont la cause de leur propre mal. Il y a aussi des questionnements autour de l’art, des « performeurs », leurs légitimités et la question de qu’est ce que l’art finalement.

Viggo Mortensen retrouve pour la 4e fois si je ne me trompe pas, David Cronenberg pour incarner cet artiste étrange, ambigu et en plein doute sur beaucoup de chose. Comme d’habitude Mortensen est excellent dans son rôle. J’avais entendu des critiques très positives concernant Kristen Stewart, personnellement je n’ai jamais adhérer à son jeu d’actrice et ce film ne fait pas exception. Moi qui ne suis pas une fan de Léa Seydoux, j’ai trouvé qu’elle s’en sortait un peu mieux que Stewart.

Reste un film étrange, un peu bizarre. On ne s’ennuie pas et c’est appréciable de voir un film qui ne prend pas le temps de nous raconter un peu grossièrement le contexte de cette société du futur, on découvre petit à petit ce monde et ces particularités, par petite touche, tout le long du film.

Dernière séance: Coupez!

de Michel Hazaniavicius

Romain Duris, Finnegan Oldfield, Berenice Bejo, Gregory Gadebois, Lyes Salem, Mathilda Lutz, Jean Pascal Zadi

4/5

Sur le tournage d’un film de zombie, les techniciens sont fatigués, les acteurs usés et le réalisateur hystérique, jusqu’à ce que de vrais zombies débarquent sur le lieu de tournage…Retour en arrière, trois mois plus tôt, Rémi un réalisateur de doc, docu fiction, pub et autres commandes, réalise à la demande. Il voit bien que sa fille, qui rêve d’être réalisatrice a perdu toute admiration pour son père, qui n’a rien d’un vrai artiste. Quand on lui demande de réaliser un film de zombie qui sera diffusé sur internet en live et en un seul plan séquence de 30 minutes, Rémi refuse, mais quand il découvre qu’un jeune acteur que sa fille admire fait partie du casting, il décide de prendre le risque et accepte.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en allant voir le film. Je pensais avoir affaire à un tournage de film de zombie envahie par de vrais zombies mais en fait non, il s’agit d’une commande de concept de film par les japonais. 30 minutes en direct en un seul plan séquence, un exercice casse gueule qui n’attire pas beaucoup les réalisateurs, de peur de se ridiculiser mais que ne ferait pas un père pour impressionner sa fille et la voir fier de lui.

J’ai adoré coupez, c’est original, le film se découpe en plusieurs parties, le fameux plan séquence tel que les spectateurs ont pu le voir en direct, la préparation du tournage durant les trois mois précédents, le casting, le scénario, les répétitions, les conversations avec les commanditaires japonais du projet, puis le tournage en lui même, c’est à dire le fameux plan séquence de 30 minutes mais du point de vue de l’équipe technique, des coulisses, des producteurs, l’envers du décor en somme.

J’ai rarement autant ri au cinéma, en particulier durant les deux dernières parties du film. Le plan séquence de 30 minutes du début est un peu bizarre, on ne sait pas vraiment à quoi on a affaire, une farce, une parodie, un mauvais film, un ovni étrange, mais passée la première demi-heure je n’ai plus vu le temps passé, c’est prenant et vraiment très très drôle. Le casting est plein de seconds rôles réussis, Lyes Salem dans le rôle du producteur, Jean Pascal Zadi dans celui du compositeur du film et puis on retrouve le jeune Finnegan Oldfield vu l’année dernière dans Gagarine. Une bonne surprise.

Dernières séances: Sentinelle sud – The duke

de Mathieu Gerault

Neils Schneider, Sofian Khammes, India Hair, Denis Lavant

4/5

Christian Lafayette, soldat dans l’armée française, vient de rentrer d’Afghanistan. Traumatisé par la violence qu’il a vécu pendant la guerre il essaye de reprendre une vie de civile normale, bien décidé à convaincre les psy qu’on peut le renvoyer sur le terrain. Mais les choses ne sont pas si simple: toute la brigade a été victime d’une mission qui a très mal tournée en Afghanistan. Hubert, un de leur ami soldat est revenu endommagé par la guerre, le « père », leur supérieur hiérarchique, est sous le coup d’une enquête suite à la débâcle lors de leur dernière mission, Lafayette doit faire face à ses démons et à un stress post traumatique. Il doit aussi gérer son ami d’enfance et frère d’arme, Mounir, qui n’a pas eu la chance de revenir intact d’Afghanistan.

Sentinelle sud est un film bien plus complexe qu’il n’y parait et qui aborde des thèmes bien nombreux. A travers le personnage de Mounir, le film nous parle des blessures de la chaire, de cette vie qui ne sera plus jamais la même, des espoirs et des rêves qui s’envolent. Le film nous parle également de l’identité et la quête d’identité avec les personnages de Mounir et Lafayette. Mounir, d’origine algérienne, a toujours souffert du mal être que son père ressentait dans un pays qu’il souhaitait faire sien mais qui ne l’a jamais accepté comme il était. Changer pour satisfaire autrui ne fonctionne jamais.Lafayette, orphelin qui ne connait quasi rien de ces origines, il a grandit au côté de Mounir et de sa famille au point qu’il se considère comme un membre de leur famille, parlant arabe aussi bien que son frère d’arme. Lafayette cherche partout quelque chose à laquelle se raccrocher, sa famille d’adoption officieuse, la famille que représente l’armée avec ces « frères d’armes » ou « le père », ce grand père qui n’était pas vraiment son grand père mais qui lui lègue une terre dans laquelle il pourrait bien y faire ses racines.

De désillusion en déception, Lafayette va devoir essayer de maintenir la tête hors de l’eau, et par la même occasion celle de son « frère » Mounir.

J’ai beaucoup aimé Sentinelle, des personnages qui tentent de s’en sortir sur fond de trafic de drogue et de mystère à résoudre: que s’est-il vraiment passé en Afghanistan ce jour là dans ce village perdu? le « père » est-il aussi dévoué à ses poulains, l’armée a t-elle quelque chose à cacher? Lafayette cherche la vérité tout en se cherchant lui même; un beau film, bien réaliser, de belles images avec d’excellents acteurs, en particulier Sofian Khammes, Niels Schneider. A voir.

de Roger Michell

Jim Broadbent, Helen Mirren, Fionn Whitehead

3/5

En 1961, M. Kempton Bunton vit modestement dans un quartier populaire du nord de l’Angleterre en compagnie de sa femme et de son plus jeune fils, qui bosse dans la rénovation de vieux bateaux. M. Bunton, toujours entre deux jobs, ne supporte pas les injustices sociales et passe son temps à manifester pour x ou y raison, au plus grand désarroi de son épouse, qui travaille dure comme femme de ménage chez un riche couple. Un jour, le portrait du duc de Wellington, que la national portrait gallery vient d’acquérir pour 140 000£, disparait. M. Bunton le cache dans le fond de sa vieil armoire…

Tiré d’une histoire vraie, le film raconte le quotidien de M. Bunton, un vieil homme autodidacte qui aime écrire des pièces de théâtre. M. Bunton tente toujours de garder sa bonne humeur et sa détermination quand il s’agit de défendre une cause perdue, la dernière en date étant le boycott de la redevance télé.

Je ne m’attendais pas à grand chose en allant le voir, j’y suis surtout allée parce que j’adore Jim Broadbent et Helen Mirren. C’est d’ailleurs les deux atouts du film, en particulier Jim Broadbent. Ce couple qui s’aime mais qui ne se comprend pas toujours, cache une lourde souffrance, celle de la mort de leur fille. L’histoire n’a rien d’exceptionnelle, la réalisation plutôt ordinaire et certains effets manque de subtilités, je pense surtout aux scènes autour du procès vers la dernière demi heure de film, dans lesquelles la caméra ne cesse de faire des gros plans sur certains visages pour montrer à quel point ils sont touchés par l’histoire de M. Bunton et par son humour.

Jim Broadbent vaut à lui seul de voir The duke. J’ai bien aimé le suivre dans son quotidien, dans ses luttes pour une meilleure justice sociale, toujours à défendre le plus faible, j’ai bien aimé le suivre dans sa maison, le voir écrire ses pièces, regarder sa télé, discuter avec ses fils ou sa femme. Il est touchant et drôle, toujours aussi bon acteur. Reste un film sympathique et distrayant.

Dernières séances: Babysitter – Icare

de Monia Chokri

Monia Chokri, Patrick Hivon, Nadia Tereszkiewicz, Steve Laporte

4/5

Cédric, ingénieur et nouvellement papa d’un nouveau né, sort avec des amis un soir. Complètement soul, le voila qui embrasse sur la joue une présentatrice télé en plein direct alors qu’elle couvrait un sujet dans la rue. Misogynie, agression sexuelle, tout le monde y va de son avis et avec la mauvaise image que ça véhicule, les supérieurs de Cédric décide de le mettre à pied en attendant une enquête interne. Coincé à la maison, il se retrouve à s’occuper de son nourrisson, car sa femme Nadine n’en peut plus des pleurs incessant de sa fille, et décide sur un coup de tête de reprendre le travail. Cédric, dépassé, décide d’engager une baby sitter, afin de se laisser le temps d’écrire un livre sur la misogynie sur les conseils de son beau frère. La baby sitter qui semble un peu écervelée et bimbo, s’avère être très douée avec le bébe. La jolie babysitter serait peut être plus que ça…

J’en avais entendu du bien et j’avais aimé la bande annonce. Le film dénonce la misogynie des hommes, mais aussi des femmes et de la société. L’image négative de la femme n’est pas du uniquement aux hommes, le film dénonce aussi la responsabilité des femmes qui se transmettent de génération en génération des idées, des préjugés et des valeurs qui n’aide pas. Sans parler de la société bien sur. Alors que Cédric s’interroge sérieusement sur les causes de sa prétendue misogynie, sa femme Nadine a d’autre soucis, une dépression post partum, une perte de repère, un sentiment d’isolation sans parler que son bébé n’est pas facile au quotidien.

J’ai beaucoup aimé la première moitié du film, c’est très drôle, j’ai beaucoup ri et les conversations impromptues entre Cédric, son beau frère et Nadine sur le sujet de la misogynie, la place de la femme, l’image de la femme sont très drôle et en même temps très intelligentes. La deuxième moitié m’a un peu moins plut, on perd un peu l’humour bien que le coté décalé de l’histoire et des personnages demeurent. Il y a aussi beaucoup d’effet de mise en scène qui rendent le visuel original mais qui prend parfois un peu trop de place et prenant de plus en plus le dessus sur l’histoire ou les personnages. La deuxième moitié prend aussi un virage vers le surnaturelle, ou l’inexpliquée. La baby sitter, loin d’être une sorte de petite ingénue blonde, semble se rapprocher d’une Mary Poppins pour adulte, venue remettre de l’ordre dans la vie de cette famille.

Reste un film intelligent qui a le mérite de nous offrir une mise en scène originale avec des acteurs très très bons, en particulier Monia Chokri dans le rôle de Nadine et Patrick Hivon dans le rôle de Cédric.

de Carlos Vogele

3,5/5

Dans la Crête antique, le roi Minos a perdu son fils aîné dans une guerre contre la Grèce. Il vit dans son palais avec sa femme et sa fille Ariane. Il y a aussi, caché dans un recoin abandonné du palais, une créature mi homme mi taureau, engendrée par la reine avec une créature mythique. Le roi Minos le punit en le maltraitant à l’occasion. L’architecte et inventeur Dédale qui est au service de Minos, lui demande de créer un labyrinthe complexe dans lequel sera enfermée la créature hybride. Mais Icare, le fils de dédale, rencontre par hasard la créature dotée d’un pouvoir télépathique et les deux deviennent très vite de grands amis.

J’avais entendu beaucoup de bien sur ce dessin animé. J’avais un peu peur de m’ennuyer car le film est conseillé à partir de 8 ans. Et bien pas du tout car pour ma part, je trouve que c’est plus destiné aux adultes qu’aux enfants, car l’histoire est plus complexe qu’elle n’y parait, certaines subtilités peuvent échapper aux plus jeunes et surtout l’histoire qui reprend le mythe antique n’est pas très adaptée pour les plus jeunes: adultère, mariage toxique, mari violent, enfants battus, sans parler des destinées tragiques de la quasi totalité des personnages que l’ont suit durant tout le film.

Il reste une histoire intéressante, une ambiance parfois mystique parfois onirique qui donne lieux à de jolies images. Avec ces dessins qui sont loin des animés 3D articifiel, on a droit à de jolies couleurs, de jolies animations.

Dernière séance: Contes du hasard et autres fantaisies de Ryusuke Hamaguchi

de Ryusuke Hamaguchi

Kotone Furukawa, Hyunri, Shouma Kai, Aoba Kawai, Katsuki Mori, Ayumu Nakajima, Kiyohiko Shibukawa, Fusako Urabe

4/5

3 histoires dans le Japon d’aujourd’hui. Une jeune femme qui raconte à sa meilleure amie sa rencontre avec un homme qui pourrait bien être le bon. Une étudiante plus âgée que les autres qui se laisse convaincre par son amant de piéger un professeur de littérature dont il veut se venger. La jeune femme entame alors une conversation déterminante avec le professeur. Enfin, une femme se rend à la réunion d’anciens élèves de son lycée dans l’espoir de rencontrer une ancienne camarade de classe mais qui fera à la place une autre rencontre.

En allant voir le dernier film de Senses et de Drive my car, j’avais un peu peur de m’ennuyer, car la première scène de la première histoire donnait le ton, deux femmes qui ont une conversation des plus banales dans un taxi. Au bout de quelques minutes on se rend compte que la conversation est filmée en temps réel, tout comme la scène suivante, quand l’une des deux femmes part discuter avec un homme, la conversation assez banale est filmée en temps réel et dure plusieurs minutes. Mais on ne s’ennuie absolument pas, je me suis sentie emportée par leurs conversations.

Au fil des minutes on apprend à connaître tous ces personnages, leurs passés, leurs présents, leurs relations les uns aux autres. J’ai aimé les trois histoires, avec une préférence pour les deux dernières. Il n’y a pas vraiment de conclusion aux histoires mais sans pour autant frustrer le spectateur, il faut dire qu’il n’y pas non plus de rebondissements ou de suspense particulier.

J’ai beaucoup aimé me plonger dans ces trois histoires, dans la vie de ces personnages, me balader avec eux en taxi, dans les cafés, dans leurs maisons. Le film est apaisant sans ennuyer sans lasser, avec une légèreté apportée par certains détails qui est très appréciable. J’ai beaucoup aimé.

Dernière séance: Belfast de Kenneth Branagh

de Kenneth Branagh

Jamie Dornan, Caitriona Balfe, Ciaran Hinds, Judy Dench, Jude Hill

4/5

1969, Buddy profite de son enfance dans un quartier populaire de Belfast, auprès de ses parents, son frère aîné et ses grands parents paternels. La tranquillité de son quotidien est perturbé par des émeutes et actes de violences qui opposent catholiques et protestants. Dans la petite rue de Buddy, des protestants attaquent les maisons et les voitures des habitants, souhaitant pousser les catholiques vers la sortie. Buddy a du mal à comprendre ce qu’il se passe, d’autant que lui même est protestant et est entouré de voisins aussi bien catholiques que protestants et tout le monde s’entend bien.

Je n’étais pas plus motivée que ça pour aller voir Belfast. La bande annonce m’avait assez plut, les critiques assez mitigées, mais surtout c’est le fait que je n’ai jamais été vraiment emballée par les films de Branagh. Finalement, j’ai beaucoup aimé Belfast (qui serait en partie inspiré de l’enfance de Branagh), ce n’est pas le film de l’année, mais j’ai passé un moment sympathique en compagnie de Buddy et de sa famille attachante.

Le film est presque entièrement filmé en noir et blanc et les évènements violents et politiques sont vus en grande majorité du point de vue de Buddy. Âgé de 9 ans, Buddy vit une enfance heureuse, ses parents, son frère aîné, ses grands parents dont il est très proche, ses jeux d’enfant dans la rue près de chez lui, son quartier dans lequel il connaît tous le monde, les commerçants, les voisins, sa petite amourette avec la meilleure élève de la classe. C’est à travers ses yeux que l’on découvre la vie du quartier, les actes de violences, les problèmes financiers et personnels de ses parents, les menaces de certains profiteurs de guerre…

Il y a des moments de grâce dans le film, notamment les scènes entre le père et la mère de Buddy et des moments très touchants autour des grands parents de Buddy et leur relation avec leur petit fils. Belfast aborde un peu le thème des conflits entre catholique et protestant, mais surtout le thème de l’exil, du départ, de la séparation.

J’avais un peu peur que le film prenne une tourne mélodramatique ou misérabiliste mais pas du tout même si la fin du film est émouvante. Une histoire d’enfance, joliment mise en scène mais surtout parfaitement interprété. Je crois que le casting est vraiment le point fort du film. Judy Dench est incroyable dans le rôle de cette grand mère attachante et triste, tout comme Ciaran Hinds. J’ai aussi adoré Jamie Dornan et Caitriona Balfe dans le rôle des parents, et puis bien sur ce petit garçon Jude Hill, excellent dans le rôle de Buddy et bluffant notamment dans la scène de noël, dans laquelle ses parents lui annoncent leur probable projet de quitter Belfast.