Dernières séances: Dilili à Paris – Sale temps à l’hôtel El Royale

Dilili à Paris : Affiche

de Michel Ocelot

3,5/5

Au début du 20e siècle, Dilili, moitié Kanake moitié française, est à Paris pour participer à un “zoo humain” dans lequel elle doit reproduire avec d’autres Kanake, la vie quotidienne d’une tribu telle que ce la représente les français. Elle fait la rencontre de Orel, conducteur de triporteur qui fut subjugué par la petite fille. Les deux font connaissance et partent visiter Paris à bord de son triporteur. Mais Dilili est choqué de découvrir qu’une sorte de groupuscule appeler “mâles maitres”, fait régner la peur dans la ville notamment avec les enlèvements de plusieurs fillettes. Dilili veut faire libérer les fillettes et faire arrêter les mâles maitres. Avec l’aide d’Orel, elle parcours tout Paris et fait des rencontres extraordinaires, Pasteur, Marie Curie, Gustave Eiffel, Erik Satie, Camille Claudel, Rodin, Marcel Proust, Emma Calvé, Colette, Toulouse Lautrec.

Dilili à Paris : Photo

J’aime beaucoup Michel Ocelot, j’avais adoré Kirikou, Princes et princess, Azur et Asmar. Concernant Dilili j’ai globalement apprécié mais j’ai quelques réserves. Au début c’est sympa de se balader dans le Paris de la belle époque, en compagnie de Dilili et d’Orel. Le message anti racisme est bien intégré à l’histoire avec Dilili, lorsqu’elle indique ses origines, moitié français moitié Kanake. J’ai bien aimé les rencontres que fait Dilili, les grandes figures de ce Paris du début du siècle.

Dilili à Paris : Photo

Le personnage de Dilili est un exemple pour toute les petites filles: courageuse, intelligente, curieuse, elle assume son image dans une société qui ne l’accepte pas toujours. J’ai aimé la façon dont les deux héros mènent l’enquête, avec toutes les rencontres historiques c’est assez ludique.

Dilili à Paris : Photo

Cependant le défilé des différentes rencontres avec les personnalités de l’époque, si c’est sympa et ludique au début, fini par devenir un peu lourd au fil du temps. C’est parfois des rencontres qui ne servent ni l’intrigue ni l’histoire.

Dilili à Paris : Photo

La première moitié du film m’a donc plut mais la seconde moitié est moins captivante. Visuellement, le mélange de dessin et de prise de vue rend le résultat moins magique, coloré et enchanteur que les précédents films de Ocelot. Je n’ai pas trop aimé les mâles maitres, on découvre lors d’une scène un peu lourde, le but poursuivi par ces criminels, celui de rendre les femmes serviles pour les hommes. On ne sait pas vraiment d’où vient le chef, qui il est, à part un accent indéterminable. Les fillettes sont donc captives dans les égouts où elles sont forcées à se déplacer uniquement à quatre pattes, couvertes d’un drap noir qui laisse penser à un niqab. J’ai trouvé ce choix étrange, qui ne correspond pas à l’époque en question. Le message féministe est donc étrange, politiquement tourné, et pas subtile du tout. Le résultat laisse perplexe, le discours autour de la liberté des femmes qui tiennent à leurs tenues lumineuse, pailletée, et féminine reste léger et pas efficace. Quant à la fin je l’ai trouvé longuette et sortant un peu de nulle part. Un résultat un peu mitigé donc.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Affiche

de Drew Goddard

Jeff Bridges, Cynthia Erivo, Dakota Johnson, Jon Hamm, Chris Hemsworth

4/5

En 1969, l’hôtel El Royale a pour particularité de se situer au milieu de nulle part à cheval entre l’état du Nevada et de la Californie. L’hôtel était autrefois fréquenter par le gratin du monde riche et célèbre mais est aujourd’hui un hôtel désert. Plusieurs personnes se retrouvent par hasard dans l’hôtel pour passer la nuit, une chanteuse soul en perdition, un représentant en aspirateur, une jeune hippie, et un prêtre catholique. Miles, seule employé de l’hôtel, installe tout ce petit monde. Mais chacun a son petit secret.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Photo Jon Hamm

je ne savais pas trop à quoi m’attendre de ce film, la bande annonce m’avait plut et finalement j’ai  bien aimé le film.

La fin des années 60, un hôtel désert, des personnages qui semblent avoir tous une chose à caché. Petit à petit on découvre le passé et ce qui a amener ces personnes si différentes les unes des autres dans cet hôtel.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Photo Cynthia Erivo, Jeff Bridges

J’ai beaucoup aimé la mise en scène, il y a des choses assez originales, drôles, surprenantes. Le film comporte pas mal de rebondissements et j’ai été très surprise à plusieurs reprises au point même de sursauter ce qui ne m’arrive pas souvent! il y a aussi deux ou trois moments très drôles qui ont fait rire la salle, mais en partie au fait qu’on est surpris par certaines choses.

Sale temps à l'hôtel El Royale : Photo Cynthia Erivo, Jeff Bridges, Jon Hamm

Je ne peux pas en dire trop pour ne pas gâcher le plaisir. Les acteurs sont tous très bons, John Hamm, Jeff Bridges, ou encore Cynthia Erivo. De ce réalisateur, j’avais déjà vu La cabane dans les bois que j’avais bien aimé et qui était encore une fois, assez originale.

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Dernière séance: Le grand bain

Le Grand Bain : Affiche

de Gilles Lellouche

Mathieu Amalric, Benoit Poelvoorde, Jean Hugues Anglade, Philipe Katherine, Marina Fois, Leila Bekti, Virginie Effira, Guillaume Canet

4/5

Bertrand, la quarantaine, est marié et père de deux enfants. Dépressif depuis deux ans, Bertrand n’arrive plus à se sortir du cercle chômage, antidépresseurs, errance. Un jour après quelques longueurs à la piscine municipale il tombe sur annonce. L’équipe de natation synchronisée masculine cherche  un membre supplémentaire à leur équipe. Bertrand s’inscrit. Il découvre une coach ancienne championne, qui entraine une bande d’hommes qui ressemble beaucoup à Bertrand. Les entrainements sont légers et restent un prétexte pour la séance de sauna qui suit et durant laquelle les hommes, qui ont tous des problèmes, prennent le temps d’échanger et de discuter de leurs ennuis respectifs.

Le Grand Bain : Photo Balasingham Thamilchelvan, Félix Moati, Jean-Hugues Anglade, Philippe Katerine

La bande annonce m’avait beaucoup plut, elle était très drôle. En réalité Le grand bain n’est pas vraiment une pure comédie. Bertrand joué par Amalric, est un homme à la moitié de sa vie, qui ne travaile plus depuis deux ans, qui se nourrit d’antidépresseur. Avec ces entrainements de natation synchronisée il sympathise avec les autres nageurs, tous des “losers” déprimés comme lui. Laurent à des difficultés relationnelles avec son fils ado qui a des troubles de prononciation et une mère aux problèmes psychiatriques, Simon réalise difficilement qu’il ne deviendra jamais la rock star qu’il a toujours voulu être, Marcus voit son entreprise de vente de piscine prendre le chemin de la liquidation judiciaire, ou encore Thierry gérant de la piscine, qui peine a trouver une compagne et qui voit l’informatique lui voler son boulot.

Le Grand Bain : Photo Alban Ivanov, Balasingham Thamilchelvan, Benoît Poelvoorde, Félix Moati, Guillaume Canet

La première moitié nous montre la vie de toutes ces personnes qui n’ont pas la vie dont ils ont rêvé, qui sont déprimés, acculés, perdus. Les entrainements, la coach qui passe sont temps à les encourager et à leur lire des romans. Et puis tout change quand ils décident de s’inscrire aux championnats du monde quand ils découvrent qu’il n’y a pas d’équipe française de natation synchronisée masculine. Entre en scène la coach numéro 2 jouée par Leila Bekti.

Le Grand Bain : Photo Virginie Efira

Tous les personnages ont un passif, une complexité, des douleurs, des blessures. Le film oscille entre humour, certaines scènes sont très drôles et toutes ne sont pas dans la bande annonce, et entre drame, avec les désillusions des personnages, des blessures.

Le Grand Bain : Photo Leïla Bekhti, Philippe Katerine

Le Grand Bain : Photo Alban Ivanov, Balasingham Thamilchelvan, Benoît Poelvoorde, Guillaume Canet, Jean-Hugues Anglade

On ne s’ennuie pas, on prend plaisir à passer du temps même si le film a un coté déprimant parfois, mais certaines scènes très drôles viennent compenser. Et puis chaque acteur joue parfaitement bien dans Le grand bain. Leila Bekti est surprenante dans le rôle de la coach style sergent instructeur de full metal jacket, Amalric est touchant dans sa dépression, Poelvoorde fidèle à lui même; J’aime toujours autant Marina Fois qui est excellente comme d’habitude. Mais je retiens surtout Philippe Katherine qui confirme de plus en plus son talent d’acteur dans des rôles toujours décalés et intéressant. J’ai beaucoup aimé son personnage et sa façon de le jouer. Et je retiens Virginie Effira qui a bien fait de laisser les plateaux de télé pour faire carrière au cinéma, je l’ai trouvé très bonne dans le rôle de cette coach qui frôle la folie. Une comédie douce amère dont la fin est peut être le point faible du film (un peu trop absurde).

Dernière séance: Frères ennemis

Frères Ennemis : Affiche

de David Oelhoffen

Reda Kateb, Matthias Schoenaerts, Adel Bencherif, Sabrina Ouazzani

4/5

Driss, Imrane et Manuel ont grandi dans la même cité de la banlieue parisienne. Adulte, Imrane et Manuel sont devenus des dealers importants au sein de la cité tandis que Driss est devenu lieutenant dans la brigade anti drogue. Imrane et Manuel sont sur un gros coup mais ils tombent dans une embuscade laissant Imrane mort. Manuel doit très vite découvrir la vérité autour de cette exécution à laquelle il a échappé de justesse.

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L’une des raisons pour lesquelles ce film me tentait c’est la présence de Reda Kateb que j’adore. Il joue ici un flic au passé lourd, qui est considéré comme un traitre au yeux des gens avec qui il a grandit. Il a tourné le dos à tous ceux qu’il connait en entrant dans la police et a du couper les ponts. Ses deux meilleurs amis d’enfance, Manuel et Imrane ne sont jamais partis de leur cité, et sont devenus presque naturellement dealers. Chacun a fondé sa petite famille et fait son chemin dans leur métiers respectifs.

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J’ai beaucoup aimé Frères ennemis, on ressent la tension et le stress qui entourent Imrane au début du film puis Manuel après l’embuscade. La réalisation est énergique, tendue, nerveuse, c’est visuellement réussi, on ressent les émotions et les tensions.

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C’est fluide, bien filmé, les acteurs sont tous excellents à commencer par Reda Kateb mais aussi Matthias Schoenaerts et Adel Bencherif. Le scénario reste bien mené mais sans surprise, l’histoire et les rebondissements restent classiques. J’aurais aimé aussi en savoir plus sur la vie de Driss (notamment sa relation avec ses parents). Un bon film noir, bien interprété et bien filmé, à voir.

Dernières séances: Première année – Les frères sisters – Mademoiselle de Joncquières – The little stranger

Première année : Affiche

de Thomas Lilti

Vincent Lacoste, Willam Lebghil

4/5

Antoine recommence pour la 3e fois la première année de médecine dans l’espoir de réussir enfin le fameux concours et réaliser son rêve d’être médecin. Blasé par le système, Il rencontre Benjamin, tout droit sorti du lycée. Contrairement à Antoine, médecine est un choix par défaut, il ne sait pas vraiment ce qu’il veut faire de sa vie. Alors que tous les étudiants de première année se mettent à fond dans les révisions et se mettent déjà la pression. Benjamin se laisse vivre dans sa petite chambre d’étudiant. Il sympathise tout de suite avec Antoine et décident de réviser ensemble.

Première année : Photo Vincent Lacoste, William Lebghil

J’avais beaucoup aimé du même réalisateur Hippocrate, qui racontait le quotidien d’un étudiant en médecine qui débute son internat, au coté d’un médecin plus âgé d’origine algérienne, obliger de recommencer son internat en France. Cette fois ci le réalisateur s’intéresse à la première année de médecine, qui est en fait une année commune à plusieurs métiers de la santé (dentiste, kiné etc…) plus connu chez les étudiants sous le nom de PACES et qui consiste en un bachotage intensive de diverses matières.

Première année : Photo Vincent Lacoste, William Lebghil

On nous montre donc le quotidien d’un étudiant qui tente le concours PACES, la pression, le bachotage de matières dont certaines ne servirons pas dans la suite des études, le par cœur bête et méchant de manuels entiers, les universités qui ressemblent à des usines, la distribution de centaines de pages de TD, les cours, le burn out de certains, la compétition malsaine entre les élèves, les résultats des concours affichés sur les murs…

Première année : Photo Vincent Lacoste, William Lebghil

C’est assez passionnant de voir comment se déroule leur année, l’inhumanité du processus, l’injustice lorsqu’on voit un Benjamin je m’en foutiste, pas vraiment intéressé par la médecine mais qui semble avoir des facilités pour le système des concours, alors que Antoine, motivé et passionné, voit son rêve s’éloigner à chaque tentative, sans parler du temps perdu à recommencer encore et encore cette fameuse année déprimante.

Première année : Photo William Lebghil

Le film ne manque pas d’humour, le coté blasé d’Antoine, la nonchalance de Benjamin, qui passe son temps à jouer aux jeux vidéo et dont la passion première reste la nourriture. J’ai beaucoup aimé les voir réviser ensemble et j’ai beaucoup aimé la fin, pas surprenante mais touchante.

Les Frères Sisters : Affiche

de Jacques Audiard

John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal, Riz Ahmed

4,5/5

En 1851, Eli et Charles Sisters sont deux frères tueurs à gage pour le compte du Commodore, une sorte de notable local qui a tout pouvoir. Ils sont envoyés sur les traces de Herman Kermitt Warm qui aurait voler quelque chose au Commodore. En réalité, Herman a mis au point une formule chimique qui permet de faire briller les pépites d’or dans les lacs et rivières. En pleine ruée vers l’or, ce procédé pourrait apporter une richesse sans limite sans faire les efforts habituels des prospecteurs d’or.

Les Frères Sisters : Photo

J’aime beaucoup le cinéma de Jacques Audiard, bien que je n’ai pas vu tous ces films. J’ai beaucoup aimé Un prophète, De battre mon cœur s’est arrêté, Sur mes lèvres, Dheepan.

Audiard nous livre sa version du western. Certains cotés sont classiques du genre, les deux frères gangsters, les saloons, l’alcool, la gachette facile, les chevauchées sans fin, pister des proies, la ruée vers l’or, la recherche de la richesse.

Les Frères Sisters : Photo John C. Reilly

J’ai beaucoup aimé la relation des deux frères. Au début on nous laisse penser que Charlie (Joaquin Phoenix) est le frère dominant du duo et Eli (John C Reilly), le frère dominé bien qu’il soit l’ainé. Au fur et à mesure on devine qu’aucun des frères n’est le dominant, chacun ayant ses démons, ses défauts, chacun soutenant l’autre dans les moments de faiblesse.

Les Frères Sisters : Photo Jake Gyllenhaal

Certains aspects du film sortent du western classique, la narration, les relations entre les personnages qui prennent parfois le dessus sur l’histoire, une intrigue parfois un peu étrange.

Les Frères Sisters : Photo Joaquin Phoenix, John C. Reilly

Jacques Audiard réussi sa mise en scène à travers des paysages époustouflants, entre montagnes, terrains arides, forêts. Les frères sisters fleurtent souvent avec la comédie, des touches d’humour régulières détentent l’atmosphère. Difficile de ne pas s’attacher à ces deux frères malgré leurs défauts, ils n’ont pas volé leur réputation de meilleure gachette du coin. J’ai aussi beaucoup aimé la fin, d’abord à la limite du comique puis touchante et douce assez surprenante. John C Reilly et Joaquin Phoenix sont vraiment très très bons dans leurs rôles.

Mademoiselle de Joncquières : Affiche

de Emmanuel Mouret

Edouard Baer, Cécile de France, Alice Isaaz, Natalia Dontcheva, Laure Calamy

4,5/5

Au 18e siècle, Madame de la Pommeraye est veuve, riche, et encore jeune. Elle reçoit dans son domaine à la campagne le marquis des Arcis, connu pour être un collectionneur de femmes. Il croit tomber follement amoureux de ces femmes, mais une fois séduites, il se lasse vite et passe à une autre conquête. Madame de la Pommeraye est sa nouvelle cible mais cette dernière n’a pas une conception romanesque de l’amour et ne se laisse pas séduire par les techniques habituelles du marquis. Ce dernier ne peut se résoudre à ne pas séduire une conquête et s’entête à rester plusieurs mois chez madame de la Pommeraye, jusqu’au jour où cette dernière se laisse séduire. Après deux années de bonheur totale, madame de la Pommeraye se rend compte que le marquis s’est lassé d’elle bien qu’il ne demande pas de rupture. Le cœur brisé elle décide de se venger.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Alice Isaaz

Je ne pensais pas avoir assez de temps pour aller voir ce film mais à force de lire des éloges, j’ai décidé d’aller le voir et c’est sans regret ce fut une très bonne surprise.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Cécile de France, Edouard Baer

Madame de Joncquière, inspiré par une œuvre de Denis Diderot, ressemble assez dans son intrigue de départ, aux Liaisons dangereuses. Il y a bien sur des différences, le marquis est loin d’être un goujat finalement, il croit sincèrement tomber amoureux des femmes qu’il séduit mais au bout d’une période plus ou moins longue, il se lasse et passe à une autre femme. Madame de la Pommeraye n’est pas dupée car elle connaissait le personnage et sa réputation lorsqu’elle cède à ses avances.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Cécile de France, Laure Calamy

La moitié du film est centré sur la relation entre le marquis et madame de la Pommeraye, leurs joutes verbales, les idées sur l’amour et le romantisme, sur l’illusion que ça peut être, sur le pourquoi de l’inconstance du marquis. La seconde moitié est plus centrée sur la vengeance de madame de la Pommeraye.

Mademoiselle de Joncquières : Photo Cécile de France, Edouard Baer

Il y a beaucoup d’humour durant le film mais les réflexion sur les relations humaines et la société sont passionnantes à suivre. Les dialogues sont vraiment bien écrits et rendent le film vivant et prenant. Un jolie film à ne pas rater.

The Little Stranger : Affiche

de Lenny Abrahamson

Ruth Wilson, Domnhall Gleeson, Charlotte Rampling

4/5

A la fin des années 40, en Angleterre, le docteur Faraday revient exercer dans sa région d’origine, à la campagne. Il est un jour appelé sur le domaine Hundreds, appartenant à la famille Ayres. Faraday se remémore la première fois qu’il est venu dans cette maison, à l’âge de 8 ans avec sa mère ancienne domestique pour la famille Ayres. A l’époque, Faraday fut impressionné par des lieux et ces gens qu’il ne fréquenterait jamais à cause de son origine sociale. Aujourd’hui le domaine familiale est en délabrement, madame Ayres est vieille et fatiguée, Roderick l’héritier est handicapé et brulé depuis la seconde guerre et Caroline sa sœur, est piégée dans une maison qu’elle ne supporte plus. Faraday lui, est toujours aussi impressionné par cette famille et leur maison.

The Little Stranger : Photo Charlotte Rampling, Domhnall Gleeson, Ruth Wilson

The little stranger c’est une atmosphère bien particulière. Certains éléments sont classiques du genre, une grande famille de la noblesse anglaise, une grande maison qui a connu des jours meilleures, une famille anglaise sur le déclin, des fantômes du passé qui ressurgissent, la société rurale anglaise des années 40-50.

The Little Stranger : Photo

The Little Stranger : Photo Charlotte Rampling

On suit le docteur Faraday issu d’une classe sociale d’ouvrier et qui a réussi à devenir docteur en étudiant. Enfant, il fut impressionné par la maison des Ayres, par l’opulence de leur vie, le faste des repas, la grandeur du domaine, ce coté interdit pour lui de mettre les pieds dans ce monde, excepté ce jour de fête pour célébrer la fin de la première guerre mondiale alors qu’il n’a que 8 ans. Son passage éclair chez les Ayres le marqua profondément. Son métier de médecin le ramène dans la vie des Ayres qui a bien changé. Demeure délabrée, terres vendues à la commune, le fils ainé horriblement marqué par la guerre…

The Little Stranger : Photo Charlotte Rampling, Domhnall Gleeson

Ce qui marque dans le film c’est l’atmosphère prenante, on a envie de savoir pourquoi Faraday est aussi obnubilé par la demeure des Ayres, on a envie de savoir comment les trois membres de la famille Ayres vont survivre aux changements sociales, vont-ils dépérir avec leur maison on s’adapter aux changements. L’obsession du docteur Faraday est intriguante. Mais en plus d’être un film historique et sociale, The little stranger a aussi une dimension horrifique. Le bon vieux truc de la maison aux planchers qui grincent, aux bruits mystérieux, aux nuits sombres et effrayantes, marche à la perfection ici. Notamment dans la dernière heure du film on sent la tension, la peur, l’effroi. On a peur avec la jeune domestique qui est malgré tout bien courageuse, on ressent le doute avec la rationnelle Caroline, on ressent la nostalgie avec la mère de famille vieillissante. La fin du film est même angoissante et n’a rien à envier aux films d’horreur pour donner le frisson aux spectateurs.

The Little Stranger : Photo Ruth Wilson

Un film qui crée une atmosphère bien particulière, la mise en scène très réussie, on a très envie de savoir comment tous ces personnages et cette histoire va se finir. Domnahll Gleesson est remarquable dans le rôle de ce médecin qui frôle la sociopathie, obsédé par le domaine des Ayres, Ruth Wilson est parfaite dans le rôle de Caroline, cette femme intelligente coincée par son devoir familiale et qui rêve de partir pour Londres et Charlotte Rampling toujours aussi classe.

Dernières séances: Under the silver lake – Le monde est à toi – The guilty – The silent voice – Blackkklansman – Burning

Avec beaucoup de retard, voici mes avis sur les derniers films vu au cinéma.

Under The Silver Lake : Affiche

de David Robert Mitchell

Andrew Garfield, Riley Keough, Topher Grace

3/5

A Los Angeles, Sam est un loser qui se laisse vivre. Sans emploi, sans but, il vit au jour le jour sans se soucier des relances concernant le loyer. Il rencontre sa nouvelle voisine Sarah, dont il tombe très vite amoureux, mais alors qu’ils viennent juste de faire connaissance, elle disparait du jour au lendemain sans laisser de trace. Sam décide de tout faire pour la retrouver et explore les fêtes underground de Los Angeles. Partout où il passe il s’imagine voir des signes cachés, des codes secrets, des messages à déchiffrer, persuadé que résoudre ces énigmes le mèneront à Sarah.

Under The Silver Lake : Photo Andrew Garfield

Du même réalisateur, j’avais vu son précédent film, It follows, qui n’avait rien à voir avec Under the silver lake. Le héros, Sam, nous plonge dans un Los Angeles psychédélique, les appartements motels, les grandes artères de Los Angeles, le soleil, les palmiers, les fêtes underground dans des cimetières, sur des toits d’hôtels, dans des maisons immenses, dans des salles souterraines…

Under The Silver Lake : Photo

Parfois le film dans son atmosphère, me rappelle les films policiers noirs des années 40/50, avec ce personnage solitaire qui tombe sans le vouloir dans des histoires qui ne le concernent pas mais qui l’intrigue.

C’est aussi une plongée dans la pop culture, avec ces codes, ces mystères, ces objets cultes. Sam joue à Mario des années 90, des boites de céréales avec les joujoux cachés au fond des corn flakes ou ces jeux au dos des boites, il y a plusieurs références pendant le film. Visuellement le film est très réussi, l’atmosphère est étrange, mystérieuse, tendue malgré la nonchalance de son personnage principal. L’intrigue est un peu bordélique, on suit Sam dans les rues d’un Los Angeles festif et très jeune à la recherche de sa jolie blonde, suivant des codes, des messages cryptées, des indices et des signes qui pourraient ne pas du tout en être. Sam est il dingue ou les “signes” qu’il voit partout sont réels? L’histoire n’a rien de surnaturelle au finale, bien que certaines scènes semblent tout droit sorti d’un film fantastique ou d’un film d’horreur (avec un petit clin d’oeil à It follows), ou alors tout droit sortie de l’esprit quelque peu instable du jeune Sam et des substances pas toujours très nettes qui croisent son chemin (comme le cookie-invitation par exemple).

Under The Silver Lake : Photo Andrew Garfield, Grace Van Patten

L’histoire ne semble pas totalement aboutie ou maitrisée pour faire de Under the silver lake le film culte auquel je m’attendais. Malgré sa durée, on ne s’ennuie pas une seconde. Il manque un petit quelque chose, une histoire moins bordélique peut être, pour faire de Under  the silver lake un film culte qui marque les esprits.

Le Monde est à toi : Affiche

de Romain Gavras

Karim Leklou, Isabelle Adjani, Oulaya Amara, Vincent Cassel, Philippe Katherine, François Damiens

4/5

François galère dans une cité de banlieue à faire du deal de drogue et à vivre avec sa mère, une arnaqueuse et voleuse. Il a un rêve, celui de décrocher le monopole dans la distribution des mister freeze au Maroc. Avec l’aide de son ami avocat, il décroche le marché et doit virer une somme d’argent pour sceller leur accord, mais sa mère a dépenser sans lui dire, les 80 000€ qu’il avait mis de coté. Il décide alors d’accepter un gros coup pour se refaire, qui consiste à ramener pour le compte du caïd de la cité, des kilos de cannabis depuis l’Espagne.

Le Monde est à toi : Photo Vincent Cassel

Difficile de ne pas aimer Le monde est à toi, d’abord avec le personnage principale, François, qui a grandit dans les cités de la banlieue parisienne auprès d’une mère manipulatrice. La relation mère fils est intéressante à suivre, avec Isabelle Adjani dans le rôle de cette mère célibataire, capable de tout, surtout du pire, qui a toujours su manipuler son fils sur le plan émotionnel. François, qui n’a pas ou peu connu son père, n’a jamais su prendre ses distances avec une mère à la fois poule, qui infantilise son fils adulte, à lui préparer son petit déjeuner et lui servir des céréales, à l’obliger à faire le clown devant ses amis, comme si il avait encore 10 ans.

Le Monde est à toi : Photo Gabby Rose, Karim Leklou

Dès les premières minutes ont est captivé par l’histoire de François, sa vie dans la cité, sa relation avec sa mère, son rêve d’émancipation, s’émanciper de la banlieue, s’émanciper de sa mère, s’émanciper des perspectives d’avenir qu’offre la cité. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage interprété par Vincent Cassel, loin de ces rôles de durs à cuire. Ici, son personnage est un lent, vieilli et ralenti par des années passées en prison qui l’ont coupé un peu de la vie moderne. Il monologue souvent tout seul, un peu naïf et très attachant.

Le Monde est à toi : Photo François Damiens, Isabelle Adjani, Vincent Cassel

L’histoire est prenante, les acteurs très bons et les personnages vraiment intéressants à suivre. Le tout avec des notes d’humour très réussi sur fond de “la vie ne m’apprend rien” de Balavoine qui va très bien au film.

The Guilty : Affiche

de Gustav Moller

Jacob Cedergren, Jessica Dinnage

3.5/5

Un officier de Police à Copenhague, suspendu le temps d’un procès, est obliger de faire ses heures de garde au service d’appels d’urgence. L’officier s’y ennui ferme et a hâte de reprendre sa place dans la brigade criminelle. Lors de son dernier soir de garde, il reçoit l’appel d’une jeune femme qui lui fait comprendre qu’elle vient de se faire enlever par son compagnon et que sa fille est restée seule à la maison. Le policier tente de tout faire pour l’aider, peu importe le règlement.

The Guilty : Photo Jakob Cedergren

Je pensais que the guilty était une sorte de film d’action haletant, via un téléphone portable, en fait pas du tout. Le filme est un huis clos en temps réel. Durant 1h30 on est au plus près de ce policier qui tente tout pour découvrir qui est la jeune femme qui appel à l’aide et comment faire pour la sauver des mains de son ravisseur. Tous ce passe au téléphone, avec la victime, avec le ravisseur, avec la petite fille de la victime, seule chez elle, avec les autres services policiers. On ressent la frustration et l’angoisse du policier, qui ne peut agir, ni s’éloigner de son poste d’appel, qui ne peut se rendre sur le terrain.

The Guilty : Photo

Au final, The guilty a réussi à rendre l’histoire qui peut paraitre banale, haletante, prenante, un peu stressante. Le suspense est réussi, tout repose sur l’acteur principale, constamment filmer en gros plan, les yeux, les mains, les lèvres du personnage, qui permettent de faire passer ses émotions, ses doutes, ses frustrations. Le tout est réussie, on ne s’ennuie pas une seconde.

Silent Voice : Affiche

de Yaoko Yamada

3.5/5

Dans son école primaire, Ishida est heureux. Il a  sa bande de potes avec qui il fait les 400 coups, ses professeurs, sa maman qui l’élève seule avec sa grande sœur. Son petit quotidien est chamboulé par l’arrivée dans sa classe de Nishimiya, une petite fille sourde. Cette dernière tente de s’intégrer sans utiliser le langage des signes que les autres enfants ne connaissent pas. Si certains élèves tentent de sympathiser avec la douce et gentille Nishimiya, petit à petit les élèves en ont un peu marre de devoir l’assister régulièrement. Ishida lui ne s’est jamais intéressé à Nishimiya, mais petit à petit il se met à la martyriser. Certains élèves tournent la tête, d’autre en profite pour l’embêter également dans une moindre mesure. Mais les conséquences seront terribles pour toute la bande d’amis. Ishida, aujourd’hui lycéen, tente de réparer ses erreurs passées.

Silent Voice : Photo

Je ne rate presque jamais les sorties ciné des films d’animation japonais. Mon avis sur silent voice est un peu mitigé. J’ai beaucoup aimé l’histoire, la trop gentille Nishimiya, les relations sociales des jeunes enfants, les règles sociales des écoles et des élèves entre eux. Le film raconte le quotidien difficile d’un enfant qui ne s’intègre pas. La vie des écoliers n’est pas facile, certains enfants sont martyrisés, d’autres adulés et entre les deux, la majorité qui se fond dans la masse.

Silent Voice : Photo

On suit le pauvre Ishida qui au lycée n’est plus le leader qu’il était à l’école primaire. Ces camarades lui ont tous tournés le dos après les évènements passés et le harcèlement de Nishimiya. Il n’a jamais oublié et tente de la revoir afin de se faire pardonner. On retrouve donc les enfants devenue adolescents, se remettre en question. Ceux qui détournaient la tête sont ils aussi coupable que ceux qui harcelaient Nishimiya?

Silent Voice : Photo

Certaines scènes sont belles, les personnages attachants, mais il y a aussi quelques longueurs, un peu trop de mélancolie, un coté mélo, certaines choses dramatisés de manière exagérée rend le film un peu trop tire larme. Silent voice reste tout de même un jolie animé.

BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan : Affiche

de Spike Lee

John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier, Topher Grace

4/5

A la fin des années 70, Ron Stallworth vient d’entrée dans la police de Colorado springs. Il est le seul afro américain policier et est ambitieux. Alors qu’il s’ennuie à son bureau, il tombe sur une publicité dans un journal, pour entrer dans le Klukluxklan. Il convint ses supérieurs d’infiltrer le kkk avec l’aide d’un de ses collègues blanc.

BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan : Photo

J’avais hâte de voir le dernier Spike Lee. Blackkklansman est une comédie sociale qui profite de l’infiltration du klukluxklan pour faire une peinture de la situation des afro américain à la fin des années 70. Les luttes pour les droits civiques afin de consolider les derniers acquis et en obtenir d’autre, les étudiants qui se réunissent le soir afin de militer pour leurs droits, le racisme des policiers blancs.

BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan : Photo Adam Driver, John David Washington

Certaines scènes sont très drôles, Spike Lee se moque de la bêtise et de l’absurdité des membres du klukluxklan. John David Washington est excellent dans le rôle de ce flic ambitieux qui décide d’infiltrer le KKK, tout comme Adam Driver. J’ai aussi beaucoup aimé le beau clin d’œil à la série The wire au début du film. Les images réelles qui viennent conclure le film dans le générique de fin et qui montre les manifestations des fascistes racistes américains, les affrontements entre noirs et policiers, viennent plomber l’ambiance mais montrent aussi que en 2018 les choses n’ont pas changé depuis les années 70.

Burning : Affiche

de Lee Chang Dong

Yoo Ah In, Steven Yeun, Jeon Jong Seo

3,5/5

A Séoul, Jongsu croise par hasard Haemi, une ami d’enfance qui a grandit dans le même village de campagne. Haemi séduit rapidement Jongsu mais doit partir pour un voyage en Afrique. A son retour de voyage, Jongsu réalise qu’Haemi lui a manqué. Alors qu’il vient la chercher à l’aéroport comme convenu, Haemi reevient accompagner de Ben, un coréen qu’elle a rencontrer à l’aéroport durant l’escale. Ce dernier très riche et sur de lui, s’immisce dans leur relation naissante. A chaque fois que Jongsu rencontre Haemi, Ben est toujours là. Jusqu’au jour où Ben avoue un secret étrange à Jongsu…

Burning : Photo Jeon Jong-seo

Tiré d’une nouvelle de Murakami, le film se divise en deux parties. on suit d’abord ce triangle particulier entre Haemi, Ben et Jongsu. Haemi est une jeune femme isolée, qui vit de petits boulots mal payé. Son voyage en Afrique l’a bouleverse complétement. C’est aussi une jeune femme mélancolique et souvent triste. Jongsu a des soucis familiaux, entre une mère partie 16 ans plus tôt qui réapparait et un père poursuivi en justice pour avoir agresser un policier. Ben est très riche et membre d’une famille qi semble uni, mais semble avoir une personnalité bien sombre.

Burning : Photo Steven Yeun, Yoo Ah-In

La première heure est parfois un peu longue, on fait connaissance avec les trois personnages principaux et il ne se passe pas grand chose. Ce n’est qu’au milieu du film qu’un évènement change la donne. Burning prend un tout autre sens et change de genre.

Burning : Photo Yoo Ah-In

Les trois acteurs sont vraiment excellents. Jeon Jong Seo est touchante en jeune femme perdue, Steven Yeun parfait en homme froid et Yoo Ah in attachant en jeune homme peu sur de lui et amoureux. Du même réalisateur j’avais vu et beaucoup aimé Poetry et Secret sunshine.

Dernières séances: Au poste – Paranoia – Have a nice day – Les indestructibles 2 – Une pluie sans fin – Hotel Artemis

Au Poste ! : Affiche

de Quentin Dupieux

Benoit Poolvoerde, Gregoire Ludig

4/5

Un homme est convoqué au poste pour enregistrer son témoignage suite au décès d’un homme en bas de son immeuble. Le commissaire prend en charge son interrogatoire. La nuit va être pour les deux hommes, entre flash back et rebondissements inattendus…

Au Poste ! : Photo Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludig

J’étais prévenu que l’humour de Quentin Dupieux était spécial, mais la bande annonce m’a donné envie d’aller voir ce film d’à peine 1h13 et il en faut pas plus pour un résultat réussi. J’aime beaucoup l’humour absurde et là j’en ai eu plus qu’il n’en faut. Des dialogues complètements barrés, des rebondissements surprenants, une soirée pas banale, Benoit Poolvoerde et Gregoire Ludig sont très bons dans les rôles du suspect et celui du commissaire. Les règles de la narration sont décortiquées et détournées. J’ai adoré les décors rétro, on a l’impression d’être dans un film des années 70 mais les personnages ont tout de même leurs smartphones en main…

C’est originale, drôle, ça sort de l’ordinaire et en bien, un petit bijou.

 

Paranoïa : Affiche

de Steven Soderbergh

3,5/5

Une jeune femme vient de refaire sa vie dans une nouvelle ville. Nouvel appart, nouveau boulot, elle ne semble pas avoir d’attache ou d’amis intimes. Alors qu’elle ressent le besoin de parler du harcèlement violent qu’elle a subi dans son passé, elle se rend dans un centre médicale spécialisé dans les soins psychiatriques. Mais après un rendez vous avec une des psychiatres, elle se retrouve enfermée contre son gré pour 72h soi disant pour la protéger de ses envies de suicide. Alors qu’elle est là depuis 24h, elle découvre qu’un des infirmiers est justement l’agresseur qu’elle a fuit. Mais est il réellement là ou est ce que c’est le fruit de son imagination?

Paranoïa : Photo Claire Foy, Polly McKie

Je pensais que Paranoia allai jouer sur l’ambiguïté du personnage principal, à savoir est elle folle, ou est ce réellement une victime? finalement le film ne tarde pas à nous révéler la réponse à la question et ne joue pas du tout sur l’ambiguïté de sa santé mentale. On est donc très vite dans un thriller classique. L’atmosphère de l’asile psychiatrique est étouffant, on se sent claustrophobe et il est facile de se mettre à la place de l’héroïne enfermée contre sa volonté.

Paranoïa : Photo Claire Foy

Sous couvert de thriller qui prend bien les tripes, Paranoia dénonce une pratique américaine horrible, voir terrifiante, celle d’obliger des gens sains d’esprit à être enfermé dans des asiles psychiatriques privés contre leurs gré sous prétexte qu’ils ont une mutuelle prête à payer les nuitées forcées. Vous redevenez sain d’esprit quand la mutuelle est à sec.

Paranoïa : Photo Jay Pharoah

Claire Foy est excellente dans ce rôle, son personnage ne se laisse pas démonter et la folie n’est jamais loin.

Les Indestructibles 2 : Affiche

de Brad Bird

4/5

La célèbre famille des indestructibles se voit interdite de sauver le monde, car ils provoquent trop de dégâts, leur image n’est plus au beau fixe. Bob et Hélène et leurs trois enfants ne peuvent plus mettre leurs uniformes et aller sauver la ville pour le compte de l’état. Cependant un fan multimilliardaire décide d’améliorer l’image des héros afin de les réintroduire dans la société. Il choisit Hélène pour devenir le porte parole des super héros et redorer leurs  images. Bob doit donc rester à la maison pour s’occuper des enfants, notamment Jack Jack, leur petit dernier, un bébé turbulent qui découvre ses pouvoirs.

Les Indestructibles 2 : Photo

Je ne me souvenais quasi plus de l’intrigue du premier Indestructible. J’ai beaucoup aimé retrouver la famille, la mère avec ses sa force, sa détermination, le père débordé par les enfants, Violette en pleine adolescence, dans un décor fin 60 début 70.

Les Indestructibles 2 : Photo

Humour, action, on ne s’ennuie pas, c’est un très bon divertissement et mon préféré reste Jack Jack le petit dernier de la famille, difficile de ne pas craquer.

Have a Nice Day : Affiche

de Liu Jian

3,5/5

Dans la chine profonde, un jeune homme qui fait le chauffeur pour la mafia locale, agresse un jour un de ses collègues et lui vole une grosse somme d’argent destiné au chef du gang. Son but est de payer une opération de chirurgie esthétique très chère afin de réparer les dégâts du à une première opération exécutée par un charlatant. La nouvelle ne tarde pas à faire le tour de la ville et tout le monde se met à la recherche du voleur et surtout du butin.

Have a Nice Day : Photo

Film d’animation chinois loin des films d’animations asiatiques que l’on peut voir en France au cinéma. Ici, c’est la réalité d’une Chine capitaliste qui est dépeinte. Dans un coin reculé, entre commerces et usines, chacun essaye d’obtenir sa part du gâteau.

Have a nice day se déroule sur une longue journée, entre tueur à gage aux ordres du chef de gang, cousins qui tentent de reprendre l’argent du voleur pour leurs comptes, inconnus qui profitent de certaines opportunités.

Have a Nice Day : Photo

L’idée, l’histoire et le contexte social, tous ça est très intéressant, mais je pense que ça aurait été mieux servit par un film avec de vrais acteurs plutôt qu’en version animé.

Une Pluie sans fin : Affiche

de Dong Yue

Duan Yihong, Jiang Yiyan, Du Yuan

3,5/5

1997, Hong Kong est sur le point d’être rétrocédé à la Chine. Loin des lumières de Hong Kong, Yu Guowei est chef de la sécurité d’une vieille usine dans une ville industrielle grise et morne. Très intéressé par des cadavres de femmes sauvagement assassinées dans les alentours de l’usine, Yu décide de mener l’enquête avec son assistant. Il rêve de prêter main forte à la police et de peut être, devenir policier si il arrive à faire ses preuves. La résolution des meurtres devient vite une obsession de tous les instants pour Yu.

Une Pluie sans fin : Photo Duan Yihong, Jiang Yiyan

Le début d’Une pluie sans fin me fait fortement penser au film coréen the strangers, la pluie, des meurtres sanglants, un flic dépassé. Mais la comparaison s’arrête la. Une pluie sans fin débute comme un film policier. Yu n’est qu’un chef de la sécurité d’une usine décrépite et rêve de devenir un vrai policier afin d’enquêter légitimement. Il doit se contenter d’enquêter avec l’aide de son assistant comme il peut, à diffuser des fausses informations en espérant faire sortir le tueur de sa  cachette, à voler des pièces à conviction sur les scènes du crime et à discuter le plus souvent avec le lieutenant en charge de l’enquête, un vieux monsieur fatigué qui fait tout son possible pour découvrir l’identité du tueur. Entre deux rebondissements dans l’enquête, Yu passe souvent discuter avec Yanzi, une prostituée qui rêve de partir s’installer à Hong Kong pour ouvrir un salon de coiffure.

Une Pluie sans fin : Photo Duan Yihong

La première partie du film est celle qui m’a le plus plut. L’enquête, la détermination de Yu, sa façon un peu pathétique de coller le lieutenant en charge de l’enquête, ses idées pour déloger le coupable qui sont finalement assez intéressantes et la course poursuite dans l’usine entre Yu et le coupable encapuchonné. La deuxième moitié du film est plus lente et plus ennuyeuse, et la fin aussi triste que le climat de la petite ville industrielle. Les illusions et espoirs sombres sur fond d’une catastrophe climatique. J’ai bien aimé les dernières minutes et le casting est impeccable.

Hotel Artemis : Affiche

de Drew Pearce

Jodie Foster, Sterling K Brown, Sofia Boutella, Dave Bautista, Jeff Goldblum

4/5

Dans un futur proche à Los Angeles, des émeutes comme la ville n’en a jamais connu ont lieux suite à l’augmentation des tarifs d’eau potable par la société privée qui la gère. Dorénavant, l’eau est devenu un produit que seuls les plus riches peuvent se procurer. Alors que la ville est à feu et à sang, deux frères en profitent pour braquer une banque. Le braquage tourne mal. Blessés, ils se rendent à l’hôtel Artemis. Dans les derniers étages de cet ancien hôtel, se cache en réalité une clinique privée. Chaque chambre est privée et anonyme et permet à ceux qui se sont abonnés de se faire soigner en toutes discrétion à l’abri de la justice et de la police. Les lieux répondent à des règles très strictes que l’infirmière Thomas, une vieille dame portée sur la bouteille, appliquent avec l’aide d’Everest, un homme de main costaud.

Hotel Artemis : Photo Dave Bautista, Jodie Foster

Jodie Foster dans un film au cinéma, c’est de plus en plus rare, alors je n’ai pas hésité. J’ai finalement beaucoup aimé le film. Sur fond de révolte sociale de plus en plus violente suite à une privatisation de l’eau potable à Los Angeles, (ce qui a pour conséquence un nombre de plus en plus important qui n’ont plus accès à l’eau courante, chose qui pourrait tout à fait se produire dans un futur pas si lointain), plusieurs criminels de hauts vols se retrouvent dans les couloirs de l’hôtel Artemis. Bien à l’abri et loin des violences de la rue, les criminels qui ont payé un abonnement peuvent venir se faire soigner sans que la police ne soit au courant, comme les deux frères braqueurs de banque ou Nice une tueuse à gage de luxe.

Hotel Artemis : Photo Jodie Foster

On suit donc à travers les couloirs, les ascenseurs d’un autre temps, les chambres individuelles décorées selon un pays ou une ville, l’infirmière Thomas qui procure des soins futuristes un peu brutalement mais avec efficacité.

Hotel Artemis : Photo Sofia Boutella, Sterling K. Brown

J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de l’hôtel, les décors, les personnages, en particulier l’infirmière Thomas jouée par Jodie Foster, son passé, sa façon de gérer l’hôtel Artemis, sa façon de gérer les criminels, sa relation avec Everest. Pas mal d’action, de suspense, et une fin ouverte.

Dernières séances: Opération Beyrouth – Sans un bruit – Sicario 2

Opération Beyrouth : Affiche

John Ham, Rosamund Pike

3.5/5

Beyrouth au début des années 70, la vie est belle pour les expatriés européens et américains. Adam Skiles, un diplomate américain, organise une soirée où tout le gratin est invité. Avec sa femme Nadia, il s’active pour que la soirée reste dans les mémoires et serve sa carrière. Il reçoit cependant la visite de collègues travaillant pour l’ambassade et surtout pour les services secrets. Ils souhaitent emmener sans tarder Karim, un enfant de 13 ans que Adam et sa femme ont recueillis et espèrent adopter bientôt. La CIA veut l’interroger car il est en réalité le frère d’un homme connu pour ses actes de terrorisme dans la région. Karim l’aurait rencontré récemment. Adam n’a pas le temps de réagir, que des terroristes attaquent sa maison pour enlever Karim. Dans la bataille Nadia est tuée. 10 ans plus tard, Adam a fondé son entreprise de négociation entre employeur et employés. Depuis 10 ans, il n’a plus mis un pied au Liban, a mis un terme à sa carrière de diplomate, et n’a plus eu de nouvelle de Karim. Il est alors contacté par la CIA. Cal, un ami du Liban agent secret, a été capturer par des terroristes libanais. Ces derniers souhaitent négocier sa libération uniquement avec Adam.

Opération Beyrouth : Photo Jon Hamm, Rosamund Pike

On retrouve le héros de la série Mad men dans le rôle d’un diplomate qui a tout perdu, sa femme, son métier, sa position, son optimisme et qui doit revenir sur les terres sur lesquelles il a vécu tous ces drames pour aider un vieil ami qu’il a laisser derrière lui.

Opération Beyrouth : Photo Jon Hamm

Sur fond de guerre du Liban dans les années 80, on déambule dans les rues de Beyrouth défoncées et entre les immeubles en ruines ou criblés de balles. Entre l’OLP, les israéliens qui veulent envahir le Liban, et la CIA qui veut sécuriser sa présence dans la région et assurer ses intérêts personnels,  on suit le personnage d’Adam qui se retrouve dans une situation géo politique qu’il ne maitrise plus.

Ici il n’y a pas de gentils, tout le monde ne pense qu’à son intérêt propre, la paix, la stabilité, tout le monde s’en fou. Faire de l’argent, favoriser sa carrière et s’en sortir sans trop de casse.

Opération Beyrouth : Photo Rosamund Pike

John Ham et Rosamund Pike jouent très bien leurs rôles, j’ai apprécié de voir le seul rôle féminin important être un agent de la CIA maligne, intelligente et débrouillarde, sans qu’il y ait forcément une romance quelque part. Un bon film d’espionnage, sans grande surprise ni originalité, servis par de bons acteurs.

Sans un bruit : Affiche

de John Krasinsky

Emily Blunt, John Krasinzky, Milicent Simmonds

4/5

Dans un futur très proche, la Terre est frappée par l’invasion d’une race probablement extra terrestre, qui attaque tout être vivant. Puissantes, rapides, les créatures semblent être uniquement attirer par le bruit qui leur permet de repérer leurs futures victimes au millimètre près. Les rares survivants doivent donc vivre dans le silence absolu. Les Abott survivent au jour le jour, en espérant qu’aucun membre de la famille ne fasse le bruit de trop. La famille se prépare surtout à l’accouchement prochain de la mère de famille, et à l’arrivée d’un nouveau qui ne pourra pas rester silencieux à volonté.

Sans un bruit : Photo Millicent Simmonds, Noah Jupe

J’adore Emily Blunt, j’étais contente de la voir dans un film, on ne l’a voit pas si souvent que ça. Sans un bruit n’est pas un film d’horreur mais plutôt un film angoissant. On ne rentre pas trop dans les détails de l’origine de ces créatures, ni dans quel état est le reste du monde, mais certains indices nous laissent penser qu’une grande partie de l’humanité n’est plus et que les créatures sont probablement extraterrestres.

Sans un bruit : Photo John Krasinski, Noah Jupe

J’ai beaucoup aimé Sans un bruit, c’est intéressant de suivre la famille et l’adaptation à leur nouvel environnement, les jeux, les relations humaines, les repas, les promenades, la manière de se nourrir et de se ravitailler, avec interdiction d’émettre le moindre son.

Sans un bruit : Photo Emily Blunt

La scène de l’accouchement et tout ce qui suit est particulièrement prenant, tendu, flippant, on a peur pour tous les membres de la famille. Le film n’en fait pas plus que nécessaire, et la fin m’a rappelé un peu mars attacks! Emily blunt est excellente dans le rôle de cette mère courage. Milicent Simmonds qui joue la fille ainée muette de la famille, est sourde et muette dans la vraie vie et est particulièrement douée à l’écran.

 

Sicario La Guerre des Cartels : Affiche

de Stefano Sollina

Benicio Del Toro, Josh Brolin, Catherine Keener

2,5/5

Quelques années après les évènements de Sicario, on retrouve l’ancien procureur Alejandro. Avec Matt Graver, les deux hommes s’attaquent encore aux cartels de drogue à la frontière mexicaine, qui financeraient indirectement des actes terroristes perpétués sur le sol américain. Ils décident de s’en prendre à Carlos Suarez, et pour cela ils doivent s’éloigner des procédures et de la loi. Avec l’accord du gouvernement, les deux hommes décident de monter les cartels les uns contre les autres pour les affaiblir.

Sicario La Guerre des Cartels : Photo Josh Brolin

Au départ, j’étais très sceptique, je n’imaginais pas de suite à Sicario. Et puis après avoir vu les critiques majoritairement positives, j’ai décidé de laisser une chance au film malgré l’absence au casting d’Emily Blunt qui ne reprend pas son rôle de l’agent Kate Macer.

Sicario La Guerre des Cartels : Photo Benicio Del Toro, Isabela Moner

Finalement, je n’ai pas apprécié plus que ça cette suite, que j’ai trouvé inutile. Son plus gros défaut c’est qu’elle n’apporte pas grand chose. Le film ouvre sur une scène de terrorisme perpétrée par des arabes musulmans, le nouvel ennemi Hollywoodien, et on se demande ce que ça vient faire dans un film qui parle de cartels mexicains. Tous les clichés passent en quelques minutes, l’explosion dans un supermarché, des tapis de prières bien étalés par terre à la frontière mexicaine…J’ai continué le film en me disant qu’il y aura peut être un lien, une explication, un bouc émissaire ou quoi mais non. En réalité, le film délaisse très vite les terroristes qui sont finalement délogés, originaires des États Unis et qui n’ont pas grand chose à voir avec les cartels, bref, tout ça pour rien donc.

Sicario La Guerre des Cartels : Photo Benicio Del Toro

Le reste du film reprend un peu les codes du premier Sicario, la musique très angoissante qui ajoutait une dimension supplémentaire aux scènes de suspenses et qui continuent à jouer son rôle ici, la façon de filmer les trajets en voiture vu depuis le ciel, caractéristique du premier Sicario, l’ambiguïté du rôle de la CIA façon barbouze à passer outre toutes les lois existantes notamment avec le personnage de Graver. Moi qui suit fan de Catherine Keener, elle interprète ici un rôle sans importance et assez insipide. Quant à Josh Brolin j’ai trouvé qu’il en faisait trop, son personnage était plus subtile dans le premier film.

Sicario La Guerre des Cartels : Photo Benicio Del Toro, Josh Brolin

Seul Benicio del Toro sort son épingle du jeu, j’ai beaucoup aimé le revoir dans le rôle d’Alejandro. Hélas, la scène d’exécution dans le désert (sans vouloir en dire trop), est un peu absurde, on se dit “c’est n’importe quoi”, en voyant la scène même si elle n’est pas impossible…Dommage donc que le scénario ne soit pas à la hauteur d’un personnage aussi intéressant que celui d’Alejandro, surtout quand il est interprété par un si bon acteur. La fin du film laisse penser à une possible suite, en espérant qu’elle soit meilleure.